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sidéraient la tombe comme un port, non point en tant qu'elle était un lieu de repos pour le corps dont nos pères prenaient peu de souci, mais parce que l'âme, agitée jusque-là par lestlols inconstants de celte vie mortelle, y trouvait le terme de ses vicissitudes et son entrée dans une cité permanente. Ce but suprême est souvent indiqué par un phare qui brille dans le lointain et vers lequel le navire dirige sa course (V. Mamachi. Oriijin. m. 31. — Perret, v. pi. m. 10 et la figure de l'art. Phare). Le navire serait donc ici le symbole de l'âme du défunt, qui, comme la femme forte dont il est parlé au livre des Proverbe* (imi. U), • est semblable au navire d'un marchand qui va chercher au loin son pain, i facta eêt quaii navii intlitorit, de longe porlont panem$aum. C'est pour cela peut-être qu'un nom est quelquefois écrit sur le liane du vaisseau comme dans un titulus du recueil de Passionei : kvseiiu (Passionei. Iterii. anl. p. 135). Celte intention de faire du navire un emblème de l'ime serait évidente, d'après le P. Lupi [Ditterl. e Ml. t. i. p. 20), sur un marbre du musée Kircher où dans le vaisseau sont figurés deux grands vases d'argile, lesquels représenteraient symboliquement les corps de deux chrétiens ensevelis dans le même tombeau (V. l'art. Yate, où celte signiDcation symbolique est développée). Hais elle nous parait plus claire encore, quand, h la place du phare, ta pierre sépulcrale fait voir le monogramme duChriït, qui est là pour le Christ lui* même et vers lequel le navire, c'esl-ànlire l'âme humaine, vogue à pleines voiles, comme vers l'objet de lous ses désirs, et la récompense de ses efforts et de ses vertus (V. Perret, v. pi, un. 6).
Le navire est encore le symbole de l'Église, surtout quand il repose sur le dos d'un poisson, comme dans la pierre annulaire illustrée par Alèandre (lYatP. ecclei. réfèrent, tymb. Bomœ. 16G), et dans une autre gemme du recueil de Ficoroni. {Gemm. ont. un. lab. ii. 8. p. 105). C'est Jésus-Christ, le divin ixeic, soutenant son Église. On doit assigner le même sens à un jaspe du cardinal Boigia {De cruce Yelil. p. 'il3),où l'on voit un pilote qui n'est autre que Jésus-Clirist , dont le nom incorc est gravé au revers de la pierre, et six rameurs qui en supposent six autres de l'autre calé, représentation symbolique des doute apôtres.
H. De'Itossi a publié un fragment de sarcophage de Spoleto en Ombrie, faisant partie de son cabinet, où le même sujet est sculpté en bas-relief, mais avec des variétés dignes de remarque. Ici les rameurs sonl les quatre évan<.élisles, dont deux seulement appartimnenl au collège apostolique. lOlX- Nathieu est supprimé -e. Il est probable que
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S. Pierre était à la poupe, jetant son filet à la mer : ce qui le suppose évidemment, c'est Tattitude du Sauveur qui, assis à la proue, élève la main droite et semble commander au prince des apôtres (Luc. v. 4) : « Avance en pleine mer et jette tes filets pour la pêche. • La nacelle cingle vers le port, où se voit un phare qui indique Theureux terme du voyage des chrétiens ici-bas, de même que la barque, qui est 1 Église, figure le véhicule qui les conduit aux rivages de la bienheureuse éternité. Le rôle des rameurs attribué ici aux évangélistes symbolise la doctrine évangélique, fondement de la foi enseignée dans i*ÉgIise, force et guide des fidèles dans la périlleuse navigation de cette vie.
Tracé sur les sépultures chrétiennes, le symbole du navire, pris dans ce sens, attesterait que le défunt avait vécu et était mort dans la communion de rÉglise. Il équivaudrait à la formule in page et à la colombe portant dans son bec une branche d*olivier. Bien plus, Tanalogie de ces emblèmes est tellement incontestable, que nous les trouvons quelquefois réunis tous trois sur le même sépulcre, comme par exemple sur celui du martyr ge- MULis. La colombe est posée sur la proue, et rinscription geniaus |{ ir page est tracée au-dessus de la barque (Perret, v. pi. xxxii). 11 arrive enfin que, par suite d*une coutume chrétienne bien connue des antiquaires, le navire n'est souvent qu'une simple allusion à un nom propre: la pierre sépulcrale d'une jeune fille nommée nabira (Boldetti. p. 573) en fournit un exemple.
NAVIS (nep). — Dans les monuments les plus anciens, TÉglise est toujours représentée comme un vaisseau, une nef; les apôtres sont des pêcheurs, des pilotes, qui conduisent ce grand navire, cette arche, hors de laquelle il n'y a pas de salut. C'est là sans doute l'un des motifs qui inspirèrent aux premiers chrétiens un goût si prononcé pour les emblèmes maritimes (Y. les art. Navire. — Phare. — Ancre. — Poisson, etc).
Cette idée se trouve développée sous toutes ses faces dans le passage suivant des Constitutions apostoliques (ii. 57), qui présente un tableau animé et des plus intéressants des assemblées de la primitive Église: c Évêque, lorsque tu réuniras l'assemblée des serviteurs de Dieu, veille* patron de ce grand navire, à ce que la décence et l'ordre y soient observés. Les diacres, comme autant de nautoniers, assigneront les places aux passagers, qui sont les fidèles.... Avant tout, l'édifice sera long, en forme de vaisseau, et tourné vers l'orient, ayant de chaque côlé, dans la même direction, un appartement contigu , pastophorium (V. I*arl. Pastophoria). Au milieu siégera l'évêque, ayant de part et d'autre les sièges de ses prêtres. Les diacres debout, vêtus de manière à pouvoir se porter où besoin sera, feront l'office des matelots qui manœuvrent les flancs du vaisseau.. Ils auront soin que, dans le reste de l'assemblée, les laïques observent l'ordre prescrit, et que les femmes sépa-
rées des autres fidèles gardent le silence. Au centre, le lecteur du haut d'un lieu élevé (c'est rarobon) lira les livres de l'ancienne loi, et, après sa lecture, un autre commencera le chant des psaumes, qui sera continué par le peuple. Puis on récitera les Actes des apôtres et les Lettres de S. Paul. Après quoi un diacre ou un prêtre fera la lecture de Tévangile, que tous, clergé et peuple, écouteront debout et en silence. Ensuite les prêtres, l*an après l'autre, et enfin l'évêque, pilote du navire, exhorteront le peuple; à l'entrée, du côté des hommes, les portiers ; du côté des femmes, les diaconesses, représentant Vhomme de Féquipage qui règle les frais avec les passagers. •
Durant (De ritib. EccL 1. i. c. 5) résume ainsi la doctrine de l'antiquité à cet égard : « Nous sommes avertis que nous sommes placés en ce monde comme dans une mer, qui est habit uel/ement agitée et troublée par la violence des vents, et ({ue Ton ne peut traverser en sûreté que dans le vaisseau de rEglise. »
NËGROLOGKS. — Lorsque Tusage des diptyques des morts commença à tomber en désuétude (V. notre art. Diptyques), ils furent peu à peu remplacés par les nécrologes, ou €)bituair€S, qu'on appela encore livres des morti et livres anniversaires (V. Du Cange. ad voc. Neciologium)^ et quelquefois même livres de vie. On y inscrirait, dans les églises cathédrales, coIlé<{iales, abbatiales, monastiques, les noms des défunts, évêques, chanoines, abbés, frères, amis, bienfaiteurs, ei de toutes les personnes agrégées (Le Brun. Dissert. XV. part, 2. art. 3. § 13), et même, si Ion encrait Salig (Dipt. c. xix), celui des étrangers.
Que ces livres tirent leur origine des diptyques, c'est ce qu'aftirment, entre autres, Bona (1. u. c. 14. n. 2) et Mabillon (Annal, ord. S. Benedid. t. ni. an. 859). Celui-ci dit formellement que les obituaires furent introduits chez Irs moines dés le début de l'ordre de Saint-Benoit, c^est-à -dire dès le commencement du sixième siècle; il atteste même en avoir vu des exemplaires datant de œlte première époque. Hais pour le septième siècle les témoignages abondent. .Nous lisons en eflet dans les Annales bénédictines du même Père (t. lu. loc. laud.), qu'une matrone du nom de Théodelaine, en la quarante-troisième année du règne de Clotaire, roi de France, c'est-à-dire en 650 à peu près, demanda que son nom fût inscrit dans le livre de la vie, en considération des libéralités qu'elle avait faites au monastère de Saint-Denys ; et dans le même temps, une demande toute semblable est formulée dans le testament de Berchramme, évèque du Mans. L'Angleterre adopta aussi, au même siècle, l'usage des obituaires. Bède rapporte en effet (Hisl. Anglic. 1. iv. c. ii) que le jour de la déposition d'Oswald, roi de Northumbrie, mort le 5 août G4'i, était inscrit dans le livre des défunts, qu'il appelle encore annale, ou anniversaire. Nous nous abstenons de citer les documents du huitième siècle et des suivants; ils sont
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innombrables, non-seulement pour la France et ringleterre, mais pour d'autres contrées encore ; et d'ailleurs notre tâche ne va pas jusque-là.
II. — Nabillon, à Tendroit déjà cité» donne de carieux détails sur les moyens expéditifs qu'employaient les moines pour faire inscrire leurs morts dans les obituaircs des monastères avec lesquels ils avaient contracté société. Aussitôt après la mort de Tabbé ou de quelque moine plus insigne, on expédiait un courrier avec un rouleau, rotulus (le courrier s'appelait pour cela rotuliger), ou une ieltre encyclique à tous les monastères ou églises de la même association, pour donner avis de celte mort à Fabbé, ou au prévôt ou doyen du lieu. Celte lettre portait en outre les noms de ceux qui étaient morts depuis Texpédition précédente. Dans chaque monastère où passait ce courrier, on inscrivait dans une cédule, avec les noms des personnes dont il venait annoncer la mort, le jour de son arrivée, afin qu'il pût justifier de sa fidélité à remplir son mandat. Enlin dans chacun des monastères associés, on inscrivait ces noms dans fobituaire avec la date précise de la mort. Quelquefois, on traçait dans ces polices ou cédules des vers lugubres sur la mort des personnes les plus considérables.
m. — Le nécrologe se lisait à prime après le martyrologe (Bona, loc, cit,), et, chez les moines, après la lecture de la règle (Mabill. loc, cit.). Hais on ne récitait à haute voix que les noms de ceux dont chaque jour ramenait l'anniversaire ; et si, dans le nombre, il s^en trouvait qui eussent fait quelques dons ou largesses aux églises ou monastères, on distinguai! ordinairement ces personnes en diantant le psaume De profundis avec l'oraison compétente.
ly. — Nous trouvons dans Marténe (De antiq, mtmach. ritib. 1. i. c. 5. n. 22) des renseignements plus précis sur l'ordre suivi pour la lecture des noms des défunts dans les nécrologes des monastères. On proclamait d'abord le nom des abbés, si le jour où se lisait le nécrologe était l'anniversaire de leur mort, ensuite celui des moines, et des étrangers qui avaient fait quelque bien au nxHiastère, de façon à mériter de voir leur ndm admis dans l'obituaire. Entre les abbés et les moines, et les autres, il y avait quelques différences : la mort des premiers était notée par les paroles suivantes : Depositio Dormi N, abbatU ; la mort des seconds par le seul mot obiii. L'ordre de leur inscription était réglé d'après les grades ou dignités qu'ils avaient occupés pendant la vie. En premier lieu venaient les abbés, et les moines après ; ensuite les prévôts, puis les chantres, et successivement les sacristains, puis les évéques, les prêtres, les empereurs, les rois, les reines, et enfin les soldats. Dans les obituaires des moines, on inscrivait aussi les SainU : ainsi nous lisons dans celui de Saint-Cermain-des-Prés au premier >nner : Depositio Dormi Odihnig abbatis. On trouve d'autres exemples de cette coutume dans "^ften (Disquuil mo/iiMi. — Cf. Donati. Ditt p. 74). |
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Ajoutons que, pour la plus grande commodité du lecteur, ou réunissait le plus souvent dans un seul livre le martyrologe, la règle et Tobituaire. Quand on récitait les noms des bienfaiteurs, les moines avaient coutume, non -seulement de rappeler la qualitédes bienfaits dont les monastèresleur étaient redevables, mais encore d'indiquer les prières qui devaient être dites pour eux; il nous est resté une formule de ce genre dans l'obituaire de Saint- Germain-des-Près déjà cité. Dans quelques monastères, on ne faisait qu'une mention générale des bienfaiteurs, par ces mois : Commemoratio omnium fratmm et familiarium defunctorum ordinis noêtri; celui qui tenait le chapitre répondait: Requiescant in pace, et tous, Amen (V. notre art. Moines). Nous devons borner là ces notions qui nous éloignent déjà un peu de l'antiquité proprement dite, mais que nous avons dû ajouter ici comme complément de ce que nous avons dit sur les diptyques.
NËOPHYTE. — I. — Du grec vïoçutoç, ce mot signifie au propre « nouvellement planté •. Dans le style de lÉglise primitive, il désignait les nouveaux baptisés, parce qu'ils étaient récemment plantés, ou greffés en Jésus-Christ, dans sa vi-ne qui est l'Église : telte est l'explication donnée par S. Cyriilii de Jérusalem (i Catech. in princip). Quand il est opposé au titre de fidèle, le mot néophyte équivaut à calhécumène (Y. à la fin de l'article) Dans son sixième sermon aux néophytes (In Biblioth. PP. (. xiv. p. 396). S. Zenon les appelle tripondes homine$, c'est-à-dire chargés du poids, ou de la pratique des trois vertus théologales. S. Augustin et d'autres Pères les nomment enfants, à raison de leur récente naissance à la grâce; et en cela ils ne faisaient que s'inspirer du langage de S. Pierre lui-même, qui dans sa première épilre (cap. 11. vers. 2) dit : c Comme des enfants nouveau-nés, désirez ardemment le lait spirituel et pur, qui vous fera croître pour le salut, » sictU modo geniti infantes, rationabile, sine dolo lac concupiscile, ut in eo crescatis in salutem. Aussi l'Église a-t-elle adopté ces mêmes paroles pour l'introït de la messe du dimanche dit in albis depositis, parce que les nouveaux baptisés déposa.ent ce jour-là la robe blanche qu'ils avaient portée pendant les huit jours qui suivaient leur liaptéme.
Comme l'usage, ou plutôt l'abus s'était introduit d'attendre, pour recevoir le baptême, un âge avancé, et ordinairement même un état de maladie extrême, on avait donné à ces tardifs néophytes le nomdec/imci, «couchés • (S. Cyprian. epist. Lxxvi. Ad. Magn.). Mais bientôt la sévérité des conciles s'éleva contre un pareil désordre : celui de Néocésarée déclara irréguliers ceux qui s'y livraient, et le sixième de Paris, confirmant celle sentence, substitua au nom de clinici celui de grabbatarii. Nous voyons aussi que cette pratique souleva la réprobation des Pères, et en particulier celle de S. Grégoire de Nazianze (Orat. il), de S. Clirysostome (Homil. xuiilnact. apost.),elc.