‹ Dictionnaire des antiquités chrétiennes [microform]Chapitre 185 sur 281 · I — NOÉ · texte numérisé non relu

I — NOÉ

NOE (iRCBR DR). — Tarcbe où Hoé (Ut sauvé du déluge avec sa famille a toujours été regardée comme la flgure de l'Église, hors de laquelle les hommes ne sauraient trouver le salul. C'est l'image de l'Église militante, qui leur ouvre un abri assuré d'où ils ne sortiront, après les tempêtes de celle vie. que pour jouir de la paix étemelle au sein de l'f^glise triomphante. Les innombrables représentations de ce Tait dans les monuments primitifs avaient donc pour but de rappeler aux fidèles l'amour que Dieu leur avait témoigné en les appelant i la Toi (S. Hippol. Homil. in Thtophan. 0pp. p. i63). S. Ambroisc l'avait fait peindre dans sa basilique, avec ces vers au bas du tableau (Puricelli. Batitic. Nmarian. p. 385) :

Dans les crj'ples et sur les tombeaux, il signifiait que tes fidèles dont les corps reposaient en ces lieux étaient morts dans la communion de l'élise : c'était l'équivalent de la formule la rkcx (Y. l'art. In pace], La même idée s'y trouvait encore exprimée par la présence deNoélui-même, dont lenmi signifie repoi (Epipb. Htere*. x»ix. n, 7).

L'arche a ordinairement, dans nos monuments figurés, la forme d'un coffre carré, juste asses grand pour contenir la personne de Noé. Dans le sarcophage de Saint-Amhroise à Uilan {Allegrania. Saer. monum. tav. v. n. 13], elle est de forme hexagonale, et marquée d'un F vu à rebours, double caractère dont nous ne connaissons pas d'autre exemple; dans une urne funéraire de Vérone, publiée par Mafléi {Un». Veronevit. p. 379), elle ressemble k un dé marqué du nombre cinq. Voici, d'après Boldetli (p. 365), une figure qui rappelle cette fonne, moins le signe numéral, remplacé par un 0. Dans une peinture du

cimetière delà voie Salaria (Boltari. tav. cliiii), elle est ronde, ornée de lètes de lions dans toute sa circonférence, ce qui rappelle exactement la forme de la ciste antique, el repose sur six pieds : cette dernière circonstance se reproduit toutes les fois que l'arche est arrèlée sur une montagne; c'est le contraire quand elle esl représentée voguant sur les Oots (Aom. tubl. passim). Une pcmture de voûte du cimetière des SjinIs-Marcellin-et-Pierre (BotL tav. cxiiii) la montre placée dans une barque, double symbole de l'Église.

NOÉ —l

Qudquefois uoe fenÊlre est ouverte sur le devant de l'ardw. U couvercle est ordinairemenl relevé par derrière comme celui d'un coffre, ou bien il est complètement supprimé. Noé étend les bras, dans l'attitude de la prière, ou bien il dirige ses mains du c4té de la colombe qui vole vers lui, apportant i son bec le rameau d'olivier. Il est ïètu d'une tunique large, sans ceinture, ornée le plus souvent d'une double bordure au bout des manches, et de deux bandes perpendiculaires de pourpre sur le devant,etquelqueroJB de lapfRuZa, qui était un vêtement de circonstance (V, l'art. Pmuia). On remarque sur un sarcophage des catacombes (Aringhi. I. 335) celle singulière circonstance que dans l'arche, à b place deNoé, surgit un arbre. Boltari (i. 193) pense que cet arbre est un olivier, et que, en le plaçant dans l'arche, symbole de l'Église, l'artiste a eu l'intention de désigner la paii qui peut-être, à l'époque de l'exécution du tombeau, lui avait été donnée après quelque persécution. On a aussi interprété ce sujet de la résurrection (V. rart. Ârbrn, 6-). Et en elfet, le bas-relief représmte en même temps l'Iiistoire de Jonas dont la signification est analogue, et l'arche est à l'abri près d'un rocher. 11 faut remarquer que ces deux siOets se trouvent fréquemment rapprochés, si bien que, dans un autre sarcophage (Boltari. tav. ciut), le sculpteur a placé la colombe sur la poupe du vaisseau de Jonas vers laquelle Noé tend ses mains pour la recevoir. Ailleurs (Id. lu), Koésaisit dans ses mains la branche d'olivier apportée par la colombe qui s'abat sur un arbre, dépouillé de ses feuilles, et même de ses branches, image de la désolation universelle causée par le déluge-

L'arche parait sur de simples pierres sépulcrales (Perret, vol. v. pi. «.. n. 132. lihvu. 8). On la voit aussi, au milieu de beaucoup d'autres symboles, et sous la forme d'un petit coffre surmonté de la colombe, sur une pierre gravée (Polidori. Petce. Amie. coll. \.i. p. 252). et sur une belle lampe de bronze (Bellori. Antiche lucernt. part. m. tav. 29), oii elle est encore associée à l'hisloire de Jonas, qui se montie au-dessous, vomi par le monstre marin; et enfm sur un médaillon de bronze (Buon. Yetri. Uv. i. lig. i). H. Sa^nien Petit a publié dans les Mélange» d'archéologie (vol. m. pi. iiix et iiï),

deni dessins, dont l'un n'est que ta reproduction plus eiade d'une peinture des catacombes déjà

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