NOMB
loat le symbole du Christ que les écrivains des premiers siècles se sont plu à y voir. Voyez plus haut ce petit monument.
Nous transcrivons ici un curieux passage de S. Augustin (Serm, de iemp. dom. ant. Nativ.) qui ea dira plus à ce si^et que toutes les explications que nous pourrions donner : Nux trinam habet mmocorpore tubsianiiœ unionem, corium, testam, dnademn. In corio^ caro; in testa, ossa; in nudeo inierior anima comparalur. In corio nucis, carnem tignificai Salvatoris, quœ habuit in se aspe^ riiatem, tel anuiriludinem passionis; in nucleo, inieriorem déclarai dulcedinem deitatis^ quœ tri' huit pasiumy et Iwninis subministrat officium. In testa, lignwn interserens cruciSj quod nos discrevit id, quod forts, et intus fuit; sed quœ terrena et cœleistia fuerunt, Mediatoris ligni impositione socîarit, € la noix a dans son corps lunion de trois substances : le cuir (la pellicule), la coquille et le noyau. Dans le cuir est représentée la chair ; dans la coque les os ; dans le noyau Tàme intérieure. Le cuir de la noix signifie la chair du Sauveur, qui a éprouvé en elle l'aspérité, soit Tamertume de la passion; le noyau signifie la douceur intérieure de la divinité, qui donne la nourriture, et fournit roifice de la lumière. La coque représente le bois de la croix, qui, en s'interposant, a séparé en nous ce qui est extérieur de ce qui est en dedans, mais a réuni par Timposition du bois du Sauveur ce qui est terrestre et ce qui est céleste, i S. Paulin exprime à peu prés les mêmes idées daos ces vers (In nat. ix 5. Felicis) :
In nuce Christas.
Vv^ Bucis Christus, quoniam in nucibus cibas intas. Testa foris, ted araara super viridi cute cortex : Cerne Deum nostro velatum corpore Ghristura, Qai fragilts carne est, rerbo cibus, et cruce amarus.
■ ]>ans la noix, c'est le Christ; le bois de la noix, c'est le Christ, parce qu'à l'intérieur des noix est la nourriture; la coqae i l'extérieur; mais par-dessus est une écorce verte qui est amére : voyez là Dieu-Christ Toilé par notre corps, lequel est fragile par la chair, nourriture par le verbe, et «mer par la croix. •
HOMDRES (aukgories et significations des). — Q n'est pas douteux que, dans les saintes Écritures, à raison du double sens qu*elles renferment, les nombres niaient souvent une signification symbolique. Nous pouvons appeler ici en témoignage le Juif Philon, aussi bien que S. Clément d'Alexan- <irie, répitre attribuée à S. Barnabe, comme le Pasteur d'ilermas. Qui ne sait que S. Ambroise et ^. Augustin usent sans cesse du sens symbolique <Jes nombres dans leurs homélies? Preuve évi- <iente que ce langage était familier au commun <^es fîdèles, sans quoi les développements évangé- ^ iques des docteurs de l'Église eussent été pour ^ux lettre close.
l' Prenons pour exemple le nombre dii, nom- •bre parfait en tout point, dit S. Clément dWlexan- ^e (Strom. 1. vi. p. 782. edit. Polt.), undequaque P^fectus. c Le nombre dix, commente Hervet, est -'^ fin et le complément de tous les nombres, au
delà duquel le génie et la raison ne peuvent rien imaginer, car il n'y a rien au delà. • Philon, que S. Clément suit presque toujours en cette doctrine, tient ce nombre pour si parfait, qu'il en donne le nom à Dieu lui-même : il l'appelle deâmum {De cong, quœst, erudit. t. i. § 439). C'est pourquoi l'illustre prêtre d'Alexandrie ne trouve rien de plus apte que ce nombre à symboliser le salut éternel, qui est la perfection de tout ce que le chrétien peut espérer en cette vie et posséder dans l'autre. C'est le denier de la parabole évangélique, considéré dans sa valeur numérique, denarius, salaire qu'à la fin- de la journée le maitre de la vigne fait distribuer aussi bien à ceux qui ont travaillé quelques heures seulement qu'à ceux qui ont porté tout le poids du jour, hoc est salutis quam significat denarius {Strom. 1. iv. p. 580). S. Augustin se montre du même avis, quand il donne à la récompense qui nous attend au ciel, alors que la réalité aura remplacé l'espérance, cum fuerit de spe facta res, le nom de denarium, assignant pour base de cette interprétation le nombre dix dont ce mot est dérivé, qui accipit nomen a numéro decem (Tract, xvii In Joan,).
Ce n'est donc pas sans fondement qu'on interprète comme un souhait de salut certains nombres à base décimale, x, xx, etc., qui sont écrits sur des poissons de verre recueillis dans les catacombes (Boldelti. p. 51G). Il parait naturel de supposer à ces signes une signification équivalente à celle de Tacclamation cwcaic qui se trouve inscrite sur des poissons de bronze de la même provenance (V.Costadoni. Pesce. tav.), et qui, venant du verbe otâT^fù, salvo, est bien évidemment un de ces souhaits de salut éternel que les premiers chrétiens aimaient à échanger dans les tendres épanchements de leur charité fraternelle.
Les païens se servaient aussi du nombre x comme formule de salut. On lit : votis x, voUs xx, sur l'arc de Constantin, aussi bien qu'au revers d'un grand nombre de médailles. Cette formule est encore inscrite sur quelques colonnes milliaires, comme sur celle que donne la cardinal Mai (Collect Vatic, V. 268) : totis x multis xx, pour Valentinien, Valens et Gratien. Sur les pierres lettrées de Ficoroni on rencontre de simples signes numériques, de nature décimale (Gem. litt. lab. m. 24. otc), ce qui doit être un souhait de salut, attendu que ce souhait est exprimé en toutes lettres sur d'autres gemmes du même : recueil dvlcis vita — vita tibi — vtbrb FELIX (tab. vu).
Le nombre sept est encore un de ceux auxquels on attribue une valeur symbolique. Aux yeux de S. Jérôme (In Amos, y), « c'est un nombre saint, ce que prouve le sabbat, auquel jour Dieu s'est reposé de toutes ses œuvres. • Aussi avait-on un soin particulier de noter ce nombre sur les tombeaux, comme nous le voyons notamment dans l'épitaphe d'un enfant nommé nbrcvrivs, trouvée au cimetière de Sainte-Mustiola de Chiusi en Toscane (Cavedoni. Cimit. Chiusin. p. 38), lequel enfant était mort dans l'année sabbatique de sa vie»
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