XV
iS* Nous groupons ici, pour éviter les longueurs, quelques dénominations qui dénotent la simplicité, l'innocence, Tamour de la paix et de la chasteté, la douceur el l'humilité, et que nous trouvons disséminées, soit dans les écrits des
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Pères, soit dans les monuments épigrapbiques V. Mamachi. i. § 9) : Parvuli, adoUscenluli, agm (V. Tari. Agneau)t viluli lactenies, infante$, coiumbœ, pulli columbarum^ vert hraelUœ, plii Dei, filii Altiuimi^ semen Ahrahœ.
19' Crhisti, chrids. Bien que ce titre n*appartienne à proprement parler qu'à Motre-Seigneur, plusieurs Pères Tont donné aux fidèles (Ambros. De obit. Valent, 0pp. t. u. ii89. epist. 1690. — Uieron. Iriptalm. civ), dans un sens plus large. Le mot christ, signiGant oint, a pu être appliqué à tous ceux qui ont reçu l'onction du chrême dans le Saint-Esprit. Mais cette appellation cessa bientôt d'être usitée, par respect pour le Sauveur à qui seul elle appartient en propre.
20* Chrestuni. Les païens, qui ignoraient rorîginedu nom de chrétien, et qui appelaient Notre- Seigneur Chrestuniy d'un nom usité parmi eux, furent amenés à introduire la même corruption dans le mot ChrUliani (Justin. Apol. i. p. 54. -edil. 1645. — Clément. Alex. Slrom. 1. u. n. 4. — Tertull. ApoL ui. — Lactant. iv et vu. etc.).
21* Catbolici. La véritable Église prit de bonne heure le nom de Catholique ou universelle, obligée qu'elle était de se distinguer des hérétiques qui n'avaient qu'une existence restreinte à certaines localités (Ignat. Ep. ad Smym. vui) ; et •ceux qui faisaient partie de cette Église reçurent aussi le nom de catholiqueêy qu'ils portent encore -aujourd'hui (Pacian. EpUt. ad Sempron, p. 81. t.u Concil. Hisp. edit. Aguirre).
22* DoGMATiGi. Dans les livres du Nouveau Testament, le mot dogma désigne quelquefois la religion •chrétienne, et les Pères adoptèrent ce langage (Chrysost. HomiL v !n EpUt. ad Ephes. — Theodoret. In Epist. ad Ephes, u. 15. •— Basil. De Spirit. S. c. xxvn). C'est pour cela que, dans leurs œuvres, les chrétiens furent souvent dits, ci rcû ^o^platcc, illi •dogmalis, ceux du dogme, ou dogmatiques (Euseb. Hist. eccl. 1. VII, cap. 50).
25* Ortbodoxi, orthodoxes. Les Pères ont souvent nommé ainsi ceux qui professaient la véritable religion de Jésus-Christ, le mot grec d'où est dérivé orthodoxe signifiant recte sentientes. Le mot orthodoxe était tellement reçu comme protestation contre les erreurs des non-catholiques, que les Grecs, d'après Tordre de l'empereur Michel et ■de son épouse Theodora, donnèrent au premier dimanche de carême les noms de dominica orthoéoxiœ^ dominica rectœ sententiœ, panegyris reciœ sententiasy solemnitas rectœ senteniiœ, parce que ce fut en ce jour que fut anathématisée, au septième siècle, l'hérésie des iconoclastes (l'hilot. patriarch. Constantinopl. In dom. Quadrages.).
24* Hellekistjb, hellétiistes. Les critiques ne sont pas d'accord sur l'origine de ce nom donné aux chrétiens. Mais l'opinion la plus probable est qu'on doit communément entendre par hellénistes ceux qui, avant de devenir chrétiens, étaient des prosélytes du judaïsme. Nous disons communément, parce qu'il est avéré qu'on nomma ainsi quelquefois les Grecs qui passaient directement de
ridolfttrie au christianisme (V. Mamachi. 1. 1. % il).
2. Noms injurieux, — A. — Noms injurieux donnés aux cbréUens par les Juifs et les idolâtres.
i* Athjbi, athées. De toutes les injures adressées aux fidèles par les idolâtres, celle-ci est la plus grave, et nous en avons connaissance par les réclamations des apologistes, notamment par celles de S. Justin (ApoL i. alias u. 6), de Tatien (Extrem, orat, ad. Grcec. in 0pp. Justin, p. 276. edit. ïaurin.), d'Athénagore (Légat, n. 5), de TertuUien (Apol, x), de Minucius Félix (Octav, p. 8. edit. 1652), d'Arnobe (I. x. p. 1 et 2 edit. 1651). Les païens, voyant que les disciples du Sauveur n'adressaient leurs hommages à aucune des divinités connues d'eux, leur infligèrent l'épithéte flétrissante i^alhées, hommes sans Dieu.
2* MaGI, MALEnCI, PRiESTIGUTORES , HUf^'CfffU,
artisans de prestiges et de maléfices [Ad. S. Bonos. ap. Ruinart. p. 665 et alibi), à cause des miracles opérés par Notre-Seigneor, et de ceux qui se faisaient sans cesse parmi les clirétiens à cet âge d'or de notre foi.
3* Gr£ci, Grecs, de ce qu'ils portaient habituellement le pallium des philosophes grecs, aa lieu de la toge romaine.
4* Impostorks, imposteurs (Hieron. Ep. i. Ad Furiam). Notre-Seigneur le premier avait été appelé imposteur : on traita ses disciples comme od l'avait traité lui-même, ainsi qu'il l'avait annoncé. Ce titre injurieux était aussi la conséquence et comme le complément de celui de Grec, à cause du proverbe devenu vulgaire, Grœcus imposlor,
5* SoPBiarf, sophistes (Prudent. Carm, xiv. dt Roman.). Notre-Seigneur avait été nommé par Lucien crucifixus sophista, c le sophiste crucifié • (De mort, Peregrin»), et cette injure équivalait à peu près à la précédente, dans l'intention des ennemis du nom chrétien. On en peut dire autant de celle de séducteurs, qui fut aussi infligée à nos pères dans la foi (Augustin. In psalm. liui).
6<* SuPERSTinONIS ROVJt, PRàV£, MMODICf, EXITIABI-
Lis ATQDE MALEFICE, d*une superstition nouteUe, perverse, immodérée, portant ruine et mûléfice- Tous ces reproches se trouvent dans Suétone (xV^-o xvi), dans Pline, 1. x. epist. 97), dans Tacite (Annai 1. XV. 44), et aussi dans un grand nombre de monuments épigraphiques (Gruter. p. 258. — Baron. Annal, an. 504. n).
7* ReLIGIOKIS RARRARjB AC PERBGRI5£ ATQCE BlBRi-
RI, d^une religion barbare et étrangère, et barbares eux-mêtnes (Porphyr. ap. Euseb. Hist. eccl. 1. VI. 19. — Act. MM. Lugdun. ap. Rainart. p. 57. n. XVI, edit. 1689). Le prétexte de ces qualifications injurieuses venait probablement de ce que la religion chrétienne étaitl'œuvre d'un Juif et par conséquent d'un Barbare, aux yeux des Grecs et des Romains.
8* Mali djshones, méchants démons (Act. S. Içmtii, II. 11). C'est ainsi que les appelait Lucien (De mort. Peregrin.), xg(xo^aiu«v&;, desperah (Salmas. Ad Lactant\. 9), parabolarii (Tertull. Âp(^' xLii), RESTiARii (Ibid.). Tous ces noms étaieat
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. iiQigés aux fidèles à raison de leur constance dans ^ ^ (ourments et les supplices, constance qui, aux ^^^ des païens, ne pouvait être que TdTet du ^^pm et d*une sorte de folie.
9* SAMiBHnni et semaxii. Tertullien (ApoL l) ^plique ces dénominations : « Vous pouvez maintenant nous appeler Marmenliceê eisemaxes^ parce qoe, nous tenant attachés aune demi-perche, vous nous brûlez dans un cercle de sarments. C'est là notre genre de victoire ; c'est notre robe de parade, c'est sur ce char que nous triomphons, i Un évèque d'Afrique porta le nom de sarmbhtiys (Morcelli. Afr. chriMÎ, t. n, p. 311).
iO* BioTHANATi, qui meurent de mort violente ou de mort volontaire (Tertull. De anima, lvii). C'était en effet la fin ordinaire des chrétiens des trois premiers siédes, et, en pensant les flétrir, les païens ne faisaient que constater leur propre cruauté. La fosse où l'on précipita les sept enfants de Ste Syraphorose fut appelée ad septem biolha- Kdoi, c la tombe des sept suicidés. »
11* Id, plusieurs noms exprimant la folie, la simplidté, l'ignorance et la grossièreté, Tobstinatien dans une doctrine perverse : debetes, stolidi,
OBTUSf, BUDBS, IDIOTiE, INDOCTI, PATUI, OBSTINAn, ET mtOttATM, FEROFTf ATQUB INLICITiE FACTfORIS (Hama*
chi. I. p. 88).
12* LuCIFOGAX NATIO, AC LATEBROSA, ET MUTA IN ?U-
lUBo, nation fuyant la lumière^ cherchant les ténèhre$ et muette en public (Min. Fel. Octav vin), de ce qu'ils habitaient des lieux souterrains; et de ce que les païens les regardaient comme étrangers au devoirs de la vie publique.
15* PUCTISIA PAOSAPIA, ET PISTORES, CEBDONBS (Miu-
Fel. ibid,) ; ce qui veut dire, semblables à Plautus, qni, pressé par une extrême pauvreté, se loua à un meunier, pour gagner son pain en tournant la roue.
14* AsiNABii, AsiNicoLJE (TertuU. Apol. xvi), parce qu'on les accusait d'adorer la tète d'un âne (V. la figure de l'art. Calomnies),
15* Leioignement que les chrétiens témoignaient pour les pratiquesdu paganisme leur attira de la part des idolâtres ces autres dénominations flétrissantes : extranei, factiosi, rei ljess divixnAns atque imperii, sacrilegi, profani et vanî, étrangers, factieux, coupables de lèse-divinité et de lèse-empire, sacrilèges, profanes et vains (Mamachi. i. 91), nosTEs gei^bris hdiiani, ennemis du genre humain (Tertull. Apol. xxxn), pringipcm, des princes (Id. xxxv), pdblici, du public (Ibid.), rei MAJETTATis, coupobles dc lèsc-majesté (Id. xxxvm), BonciDjE (Id. n), incestuosi (îbid), pbssimi (Act, MM, Torachi etc. ap. Ruin. p. 458), sceleratis- 61X1 (Tertull. Apol. vu), rei omnium scelehum (Ibid, 11), infrcctuosi in kbgotiis (Ibid. xlii), homicides, incestueux, très-méchants, très-scélérats, coupo" blés de tous les crimes, inutiles dans les affaires,
16* SiBTLLisTic (Origen. Contr. Cels. 1. v. n. 61), de ce que les nôtres, pour convaincre les idolâtres, en appelaient quelquefois, et non sans succès, à Tauforité des Sibylles (V. l'art. Sibylles),
17* JuDiEi. On comprend que l'origine de la re-
ligion chrétienne, la patrie dtt Sauveur et des apôtres, la langue de la Bible, plusieurs dogmes communs aux deux religions, dont l'une n'était au fond que le complément de l'autre, aient pu donner lieu à une telle confusion (Lactant. De divin, instii. 1. V. c« 22). Aussi en racontant l'expulsion des chrétiens de la ville de Rome par l'empereur Claude, Suétone (Claud. xxv. ) les appelle-t-il Juifs.
18* Galiusi. Ce nom vint probablement aux fidèles de la part des Juifs, par mépris. Les païens l'adoptèrent, Julien TAposlat n'en employait pas d'autre (Julian, Ep, ap. Sozom. i. v. c 16), et S. Grégoire de Nazianze nous apprend qu'il défendit d'appeler les chrétiens autrement (Orat, ni).
i9*NAZAR£i. Ce sont encore les Juifs qui sont les premiers auteurs de celui-ci : ils appelaient notre religion sectam Nazarenorum (Act. xxiv. 5). En voici la raison : les Juifs professant un souverain mépris pour tout ce qui venait de la Galilée, province dans laquelle se trouvait Nazareth où ils savaient queNotre-Seigneur avait été élevé, croyaient injurier les fidèles en les appelant Nazaréens (Epiphan. Hœres. xxix. — Hieron. 1. ii In Isa. et I. I M Amos). Les païens à leur tour, de ce que cette dénomination était employée par les Juifs ennemis de la nouvelle religion, conclurent qu'elle renfermait un sens dérisoire et injurieux, et en conséquence ne l'épargnèrent pas aux disciples de Jésus-Christ (Prudent. Peristeph. hymn, II et XIV ).
B. — Noms injurieux donnés aux catholiques par les hérétiques.
1* PuTsiGi ou ÂNiMALiA.Ce uom fut inventé par les montanistes, parce que les catholiques méprisaient leurs oroc/es et leur paraclet Montan; ils les appelèrent pour cela animaux (Tertull. Adv. Praxeam. i. — De monogam. \,), comme si, privés d'âme, ils n'eussent eu que ce qui est commun à tous les animaux. D'autres hérétiques s'associèrent à cette injure contre les vrais croyants (Clem. Alex. Strom.