NOTA
NUMI
ces notaires ne le furent pas moins parmi les premiers chrétiens. On sait que le martyr Cassien en exerça les fonctions, qu*il tenait même une école où il enseignait ce genre d*écrilure, et que c'est avec les instruments dont ils se serraient pour ce trarail, que ses élèves le mirent à mort (Prudent. Perittepk. n. 21 seqq.). Boldetti {Ouerv, p. 334) donne un ivoire représentant , pcnse-(-on, ce martyr au milieu de ses élèves, auxquels il enseigne fart d'écrire et de tracer des notes dans un pugillaire. Yoyèx plus haut ce curieux monument.
Le plus important de leurs offices fut de recueillir les actes des martyrs. Leur mode d'écriture, si expéditif, les mettait à même de tout releTer avec la plus complète exactitude, et aussi arec secret : les interrogatoires des martyrs et leurs ré penses, les arrêts de condamnation prononcés copntre eux, leurs dernières paroles, et jusqu*aux p\ us minutieuses particularités de leur supplice. Cest par ce moyen que nous sont parvenus les actes que nous possédons, publiés pour la plupart par le bénédictin Ruinart, et dont plusieurs remontent au commencement du deuxième siècle, fntre autres ceux de S. Ignace et de S. Polycarpe. Boldetti donne (p. 332) un style à écrire, trouvé par lui dans un loculuê chrétien, et dont le manche est en forme de dauphin. On peut sans trop d*in- Traisemblance supposer que le tombeau était celui d un notaire apostolique, et que le dauphin dont on connaît Textrême vélocité est ici Temblème de la rapidité de la main de cet écrivain ecclésiastique, de telle sorte qu*on pourrait appliquer à cet instrument le mot du psalmiste (xuv. 2) : Calamtu tcribœ ffelociier scribenlis, Mais il nous semble plus probable que cet instrument n*est autre chose qn une fibule.
Nous reproduisons ici, d'après le même Boldetti (p. 512, fig. G4), le dessin d'un style, aigu à Tune de ses extrémités et aplati à Fautre pour effacer les mots sur la cire : ce qu'Horace exprime par ces mots : sœpe itylum vertat.
La première institution des notaires apostoliques est attribuée à S. Clément, qui, ainsi que nous rapprend le livre pontifical (Ap. Anast. Bibl. in CUmenL l. u. 5), « partagea les diverses régions de Rome entre de fidèles notaires de TÉglise, lesquels, chacun dans son quartier, devaient rechercher avec sollicitude et curiosité les gestes des martyrs. • S. Fabien , qui souffrit le martyre sous Trajan-Dèce, parait avoir réorganisé cette institution; il établit sept diacres à la tète des sept régions de Rome, et plaça les sept notaires sous la surveillance d'autant de sous-diacres (Annst. In Fahian. n. 5). Une très-ancienne tradition suppose que Prochorus, Tun des sept premiers diacres (id. VI. 5), fut secrétaire de S. Jean Tévangéliste. Ine peinture antique publiée par Lambèce (Lih. ii. comm, c. vil) le représente écrivant sous la dictée
de Tapôtre. Le même sujet se voit dans des miniatures des bibliothèques de S. Marc et de S. Laurent à Florence.
Les notaires ecclésiastiques étaient aussi chargés d'écrire les actes des conciles, et de relever les discussions qui avaient lieu au sein de ces saintes assemblées. Ainsi nous savons par Eusèbe (HUL eccL vu. 29) que les notaires rapportèrent in extenso la dispute de Malchion avec Vî\u\ de Samosnte au concile d'Antioche, et Socr«ite (Hist. eccl, ii. 30) en dit autant de celle de Basile d*Ancyre et de Photin au concile de Smyrne.
A rexemple des plus célèbres orateurs de Tantiquité profane, Us Pères de TËglise étaient entourés de notant qui écrivaient leurs discours à mesure qu*ils étaient prononcés. Socrate (vu. Il) nous apprend que beaucoup d*homélies de S. Chrysostome furent ainsi recueillies. Les évêques en avaient à leur service pour écrire leurs lettres ; le grand S. Athanase, avant son élévation à l'épiscopat, avait rempli ces fonctions auprès du patriarche Alexandre (Sozoni. Hist. eccl. h. 1 7). Les recueils d'inscriptions nous ont transmis les noms de plusieurs notarii^ entre autres ceux d'un Galepodius etd*un Andréas (Muratori. p. 1847. x. 412. i).
Voici, d'après M. De* Rossi (Bullet. i871. p. 113), celle d'un notaire ecclésiastique, du quatrième ou du cinquième siècle, conservée à Spoleto en Ombrie :
IIIG QV1KSCIT DMTTIVS DALMATIVS ROTARI VS iECLESUE (tic)...
NUMISMATIQUE CHRÉTIENNE. — Cette matière ne sera considérée ici que sous le rapport des signes de christianisme que présente la monnaie publique pendant les six premiers siècles.
Rigoureusement, ce travail devrait commencer à Constantin le Grand, puisque c'est sous son règne que la religion nouvelle fait sa première apparition officielle dans la monnaie comme dans les monuments de toute nature. U est cependant quelques faits isolés antérieurs à ce prince que nous ne saurions nous dispenser d'enregistrer; car, à un titre quelconque, ils appartiennent à Thistoire de la science. Nous nous contenterons de les exposer simplement et brièvement, laissant au lecteur le soin d'en apprécier la valeur.
I. — Numismatique chrétienne avant Constan^ tin. Trois marques de christianisme ont été signalées par les numismatiques sur des médailles antérieures à la pacification de lÉglise : ce sont le monogramme du Chribt, la représentation du déluge, la formule in pagb.
!• Un médaillon à l'effigie de Trajan-Dèce, frappé à Moeonia de Lydie, offre cette particularité fort curieuse, que, au sommet du revers, lequel représente Bacchus dans un char traîné par deux panthères, les lettres X et P du mot apx qui fait partie de la légende, se trouvent combinées de
façon ï former eiaclemenl le monogramme du Chrisl:^.
Des savanis de premier ordre, Icis queN. le baron J. de Wlle
I — NUSII
poque et l'origine du monument ont (oui d'abord
mduit les antiquaires à prendre pour Deucalion el
E'yn'ha. Mais deui obeauz placés sur le couvercl«
de l'arche en-
qu'il gravait le signe encore mystérieui de la fui nouvelle (¥. Ch. Unonnanl. Signe» de ckruliaa. uir ilct moniim. nuiiiUm. (fti Iroiûèine liècle, dans les Héhng. d'arcliéol. l. ni).
L'inlerprélaiion des illustres numigmaliMes a rencontri', nous ne saurions le dissimuler, d'asseï noniljreux contradicteurs. Un a allégué à l'encon- Ire ijue des sigles absolument semblables se trouvent déj.i snrdes monnaies incontestablement antérieures au christianisme, par exemple, sur des méd;iillons de bronze des rtolémées et sur des lélraiiracbmes d'Aihénes ; el, après un einmen altenlir des pièces, nous avouons que les efTorls qui ont été faits pour constater de notables différeiices enire ces derniers monogrammes et celui du médaillon de Hœonia, ne nous ont pas pleinement convaincu.
Il y a plus encore : l'altribullon donnée par ces savants aux sigles dont il s'agit a l'inconvénient de Irancher une question grosse de diriîcuUés: celle de sawir si le clirisme était en usage avant Constantin. En dépit des raisons assurément trèsimposantes qui militent en faveur de l'aHirmative, aucun monument de date certaine n'est venu jusqu'ici donner à cette opinion les caractères de la certitude (V. notre art. Monogramme du Cbriil).
2' Kous avons à parler maintenant de quelques médailles d'Apamée de Phrjgie, à l'efliyie de Seplime-Sévère, de Macrin et de Hiilippe le père, portant au revers une double scène, qui, dcl'aveu de tous les inlerpréles de l'antiquité, se mllaclie à la tradition du déluge, sujet qui, comme on sait, est une des figures les plus vulgaires de la symbolique cil retienne (V. noire art. Noé).
Sur c.
daillons, on distingue, dans
l'arche d'abord, et ensuite hors de l'arche, deux personnages, un homme el une lemme, que l'é-
Prométhèe. Et, ce qui est bien plus décisif encore, c'est qu'un nom est gravé sur le devant de l'arche, dans lequel les érudils ont reconnu (et les ignorants le reconnaîtraient comme eui) le nom de Noé, KQE. écrit exactement comme dans le grec des Septante (V. le même mémoire de M. Lenormant).
Il restera toujours sans doute une grave difficulté à expliquer, celle de savoir comment un iujet judaïque, rendu chrétien par ridi!« delà rédemption qu'y allactiaieiit lesTidéles de la priniilite Église, a pu s'introduire sur les médailles d'Aiiamée, el même y élre répété sous plusieurs règnes. Kckel lui-même recule devant l'explicaliwi (De docfii'n. num. l. m. p. 157), tout en maintenant le fait. I car, dit-il. nul ne saurait élre ailinL> H le révoquer m doute, par la seule raison qu'il
3* Enlin, il exisle un denier de brome de l'iiDpéralrice Salonine, femme de Callien, au rewr* duquel selit la légende lout à fait insolite: iicv-t< m ptcE, légende qui entoure l 'impératrice assise à gauche, et tenant d'une main une branche d'olivier et un sceptre de l'antre.
C'est le savant H. de Witte qui, dans un remarquable mémoire imprimé à Bruxelles en 1852, à entrepris d'interpréter celle légeiiilf- Appliquant à l'intéressant monument qui nouoccupe les mlions que fournit l'archéotogie chrétienne sur 11 célèbrr ^tX^/wJ^WSlft formule arcl^ TTrèrï maloire i> rtci (Y. notre art- [), for-
force de proU' ver, et non sans succès A noire avis, tant par cet argument que par d'autres empruntés i l'Iiisloire
NUMI
NUMI
et lires surtout des vertus et du caractère de Salonine, que cetle princesse était chrétienne, et ({u'elle mourut dans la paix ou dans la coQimunion de l'Église.
II. — Numismatique chrétienne depuis Constantin le Grand jusqu'à Julien V Apostat. Si Ton considère attentivement la suite des monnaies de Constantin et de ses fils Césars, on sera naturellement amené à ces trois conclusions générales, savoir : que tant que vécurent ses adversaires et ses compétiteurs, cet empereur toléra sur ses médailles les images des divinités du paganisme, qui en effet s'y rencontrent très-lréquemnieirt ; mais que dès qu'il fut devenu, par la défaite de Licinius, arrivée en 5'25, maître et arbitre du monde romain tout entier, il les en exclut tout à fait, leur substituant des types commémoratifs de ses hauts faits militaires ou de ses institutions civiles, et probablement déjà quelques symboles chrétiens; et qu'enfin, lorsqu'il eut fondé une nouvelle métropole de l'empire, il plaça librement sur ses monnaies et sur celles des Césars ses fils, soit le monogramme du Christ, soit d'autres signes propres à la vraie religion.
Après ces données générales que nous empruntons à M. l'abbé Çavedoni (Ricerche critiche iniorno aile medaglie di Constantino Magno e de* suoi figliuoli insignite di tipi e di simboli Crisliani. Modena. t858), il serait difficile d'assigner d'une manière précise l'époque où les signes de christianisme apparurent pour la première fois dans la numismatique impériale, et plus encore de fixer l'ancienneté relative de l'apparition de chacun de ces
signes.
En outre du savant &fodénois dont nous venons de prononcer le nom, plusieurs numismatistes ont, dans ces derniers temps, tenté la solution du problème, entre autres M. Feuardent, dans une brochure intitulée : Essai sur Vépoque h laquelle ont été frappées les médailles de Constantin et de ut fils portant des signes de christianisme (Paris. 1857); et en dernier lieu le R. P. Garrucci, jésuite, dans un appendice à son ouvrage sur les verres dorés : Numismatica Costantiniana portante ugni di Cristianesimo (fioma. 1858).
Ce dernier savant range les médailles de Constantin et de ses fils encore Césars en diverses séries, selon la conformité de la légende des revers, et, à l'aide des données que fournit l'histoire, il s'efforce de déterminer l'âge de chacune d'elles.
A. — Un certain nombre de pièces portent la 'égende virtvs eiercitvs ; et un fait digne de remarque et qui a été peu observé jusqu'ici, c'est que trois de ces pièces appartiennent aux deux licinius.
!• LiciRivs p. AVG. Buste de Licinius père à droite. R. VIRTVS EXERCiT. Euscigue terminée par une croix, avec vot. xx sur la draperie, et au pied de l'étendard deux prisonniers assis. — p. b.
2* Liamvs ivn . nob. cabs. Buste lauré de Licinius jeune.
R. Id. Enseigne sur aquellesont écrits les mots : VOT XX, et dans le champ le :^ — p. b.
3* LiGiNiTs ivN NOB CABS. Bustc de Licinîus fils à droite.
R. Id. comme le revers du n. 1. — p. b.
4* CONSTANT» vs AVG. Buste de Coustantiu à droite,, casqué et velu de la cuirasse.
R. VIRTVS EXEHCiT. Même type qu'au n. i. — p. B.
5* coHSTANTiNvs AVG. Têtc lauréc de Constantin.
R. Id. id. — p. B.
6** Id. Buste casqué de Constantin à droile.
R. Id. Enseigne avec l'inscription vot. xx, terminée par une sphère, le monogramme ^ à gauclie dans le champ. — p. b.
7** DN cRispo NOB cAEs. Bustc cosqué de Crispus ù droite, vêtu de la cuirasse.
R. Id. Comme au revers du n. 1. — p. b.
8* coNSTANTiNvs ivN NOB CAts. Buslc dc Coustanlin jeune à gauche, orné d^un riche diadème.
R. Id. Enseigne terminée par une lance, avec le VOT. XX, les deux prisonniers au pied, et, dans le champ à gauche, le S^. — p. b.
(Pour les provenances et les éditeurs de ces pièces, V. Garrucci. op. laud. p. 88.)
On est autorisé à penser que les pièces composant cette série ont été frappées entre les années 521 et 525. Car plusieurs d'entre elles faisaient partie d'une masse de près de ôO 000 médailles trouvée en 1644 dans le voisinage de Boulogne, où Ton remarquait les têtes des deux Licinius, de Constantin père et fils, de Crispus, de Fausla et d'Hélène, mais où celle de Constant faisait complètement défaut : ce qui prouve que l'enfoiiisio ment du trésor avait eu lieu avant l'année 325, qui est celle où ce dernier prince fut fait César par sou père. Peut-être môme pourrait-on supposer que ces monnaies furent frappées deux ans plus tôt En effet, Licinius père ayant persécuté les chrétiens dès l'an 319, il serait bien étonnant que, dans les officines monétaires de l'empire soumis à Constantin, on eût continué à frapper des types chrétiens au revers des deux Licinius.
B. — Les mêmes arguments concourent à assigner à peu près le même âge à une série de pièces fort intéressantes, aux effigies de Constantin i.:ère, de Crispus et de Constantin junior, portant au revers, avec plusieurs signes de christianisme que nous indiquerons sommairement, la légende victo-
RIAE LAETAB PRING PERP. (Y. GamiCCÎ. p. 90.
col. 1).
1" CONSTANTINVS AVG. Bustc dc Constautin dont le casque est partagé par une large bande sur laquelle est sculpté le ^ entre deux étoiles symboliques.
R, viCTORiAE.... Deux victoires soutenant un bouclier sur lequel on lit vot pr, et soutenu par un piédestal ou un autel, sur le fut duquel est sculptée la lettre I....
2' Id. Buste de Constantin à droite, le casque orné sur le devant du :^ et sur le derrière de cet autre monogramme ►f».
A. Id.
3' [d B t d Co t 1 gr me gn rebo rs p 2 a
^ séparés p ba
Quelques exemplaires frappés i Siscia ou a Arles ou à Trêves onl , h la place des ^, deux étoiles qui ne sont, de l'aTis des savants (Cavedoni. op. laud. p. 20), autre chose que le monogramme du Oirisl , composé, comme on en a beaucoup d'exemples, des lettres I et X, Jetut Chràtu*.
5' lap coNsTiNnuYs iax itg. Télé de Constantin à droite, coiiïée d'un casque orné d'une couronne de laurier.
fl. Id. Comme au n. 1 , avec celle difTérenre que sur l'autel est un carré en creux contenant un ^ en relief; et dnns un autre exemplaire une croix grecque +,
6" DitCHispoaoBCAEs. Buste de Crispus à droite.
R- Même légende, même type, avec la croix sur l'autel.
7* coNSTikirnnvs ivm k c. Busie de Constantin jeune i gauche, lauré et vêtu d'une cuirasse portant le ^ sur l'épaule.
R. TicTonuE... id., la même croix grecque sur l'aulel.
0* Banduri (t. a. p. S&O) et quelques autres auteurs publient une médaille d'or de Constanlin le Grand, ayant au revers le monogramme recliligne -f , et la légende hcioht» constirtihi avo. C'est, comme on sait, la seconde forme du chrisme; elle suppose par conséquent la pièce moins ancienne.
C. — cLomA EXEEcms. Celle légende se lit au revers d'un gr.nid nombre de pièces de Constantin jeune, et de Constant les fils, et de Ûelmace son neveu, avec divers types chrétiens dont voici le plus commun: «Deux soldais debout, casqués, tenant dàciin une basie et appuyés sur un boucTI^. Entre eux le labarum constantinien ■ (Banduri. t. it. p. 213).
Ailleurs, deux soldats tiennent une enseigne militaire surmontée du ^ (Garnicci. p. 94); ailleurs, un seul soldat debout avechasteet bouclier, et la croix dans le champ, ou le ^ à l'exergue
0 — NUMI
(Feuardent. pi. m. 3), ou encore une étoile symborq d celte dernière position.
D rei lices offrent cette variété que les deui
m es enlreeui deux enseignes, au milieu
sq égne le monogramme :^ ou la croit
B dn p. 359.— Feuardent. vii.T),dtmle
ch mp n sur la draperie des enseignes.
D jste quelques pièces avec h Me de
Co e, de Rome ou du peuple ronulD
Constanlin ou a ses fils. H. Feuardenl
Eita p . n. 5) en publie une inédite.
co noroLU. Buste jeunecasquéà gauclii>.
R Sa egende. Victoire debout tenant la liislc
b r, posant le pied droit sur une proue
re D s lechample^ ; àrexergues-CMiT.
{Signala Contlantinopoli).
2' vRBs noNi. Buste casqué de la nouvelle Rome
R. La louve allaitant Romulus et Hcmus, et dans le cliamp te ^ entre deux étoiles (^décrite par Eckel. Oocinn. vui.p. 97}.
E — Enlin, nous avons qudques médailles de contécrationoù le titre de oivvs est donné îi l'anslantin. Eckel (t.vui. p. iT3) ne connut, parmi les empereurs chrétiens, que (kinstantin. Constance, son (ils, Jovieo et Valenlinien 1", qui aient reçu ce titre après leur mort. Uji marbre de Cliiu^i en Toscane (V. Cavedoni. Cimil. Ckiut. p. 4b) permet d'ajouter i celte liste le nom de Valentinien III.
Voici la description de la pièce, t. b du module du quinaire.
Divo co>sTA^n>o. Buste voilé de Constantin â droile.
R. iBTEHiiA riETis. Constanliu debout à gaudie, en babit militaire, tenant une haste d'une main, et de l'autre un globe sunnonté de la croix monogrammatique sur un globe j (Banduri. ii. p. !07. — Coben. vi. p. 123). Banduri (ftirf. 368)d.mi une autre pièce du musée Baudelol qui ne dilTère de celle-(i qu'en ce que la croix simple y rem- Celte énumèralion, que nous sommes loin dr présenter comme complète, sufrit du moins à Taire voir combien les caractères de christ ianismeétaieol devenus fréquents sur la monnaie publique, sous le règne du premier empereur clirèiien.
Hais on a accusé ce prince d'avoir iiilroduit dans sa monnaie une confusion étrange des symboles du christianisme avec ceux des superïtiiiwis paioines, et en second lieu d'avoir laissé percer un allachement invincible aux fausses divinitésen y maintenant leurs images.
Deux mots sufllront pour expliquer ces crailiadictions apparentes.
La première allég.ilionest fondée sur une erreur de fait ; elle porte sur la supposition que le monogramme du Clirist ou la croix se trouvent traces soit dans le cliamp de médailles représentant Mars : mhti mtmi conservatobi, ou la Qgure du soleil : soLi uivicTo cowti, ou même quelquefois sur le bouclier du dieu de la guerre, liais, apiés mûr examen, on a reconnu (V. Cavedoni. p- i^j
NUMl
— bH —
NUMI
que la prétendue croix n'est qu'un signe numérique, peut-être mal formé, et moins le monogramoie du Christ que ce signe indifférent # (Garrucci. p. 99).
Quant aux pièces qui représentent les divinités du paganisme, on a quelquefois mis leur caractère mythologique sur le compte des ofliciers monétaires; d'autres Tont attribué à une certaine tolérance, à la faveur de laquelle les païens purent, pen<iant quelque temps, continuer à faire graver les images de leurs divinités sur les médailles qui devaient être distribuées dans leurs jeux ; cette judicieuse remarque, qui est dueàEckel (vm. 136), nous parait surtout pouvoir s'appliquer aux petits brcHizes frappés en Egypte, à l'occasion des vœux publics, VOTA pvBLiCA, avcc les figures d'Isis, de Sérapis et d'Ânubis (Y. Cohen, t. vi. p. 170. n. 551 suiv. 555. etc.).
Toutes ces raisons ont pu contribuer, chacune dans une certaine mesure, à produire un fait dont oo s est trop étonné, selon nous.
lais ce fait s^explique d'une manière bien plus naturelle et plus satisfaisante par les données de la chronologie.
On doit observer d*abord qu'aucune des médail les de Constantin où figurent Hercule, Mars et Jupiter ne lui donne le titre de nmimm qu'il reçut du sénat en 515; on est donc, ce semble, en droit de conclure de U que ces pièces ont été frappées avant celte époque. Nous n'avons d'une autre part aucune raison de les croire postérieures à 311 , qui est Tannée où) après la défaite de Maxence, Constaniin fit, à Rome, profession publique de christianisme; nous en avons au contraire une excellente pour les regarder comme plus anciennes : c*est qu'il y est tour à tour qualifié César et Auguste. Donc toutes les pièces qui portent la légende MARTI PATRI CO.^SERVATORI OU MARTI PROPVG.NA-
TORi, sur lesquelles il est appelé tantôt caes, tantôt ATc, doivent avoir été frappées entre 507 et 308, année où il fut fait Auguste par Maximien. 11 en est de même de celles qui font lire nsRCVLi coxservatori ou lovi coNSERVATORi, parcc qu*elles lui donnent tantôt le titre de César, tantôt celui d'Auguste, et jamais celui de max.
Pour ce qui est du type du soleil, soli invigto coMrri, il ne doit pas être antérieur à 315, à cause du titre max qu'il porte, sur deux pièces particulièrement (Banduri. n. 248. 285), où il est joint à la mention du quatrième consulat. 11 ne doit pas non plus être restreint à cette année, car le même type se rencontre sur les monnaies de Constantin jeuneetdeCrispus créés César, en 317. Mais il est essentiel d'observer que les pièces avec ce type sont frappées en bronze : or les monnaies de ce métal dépendaient du sénat ; elles ne prouvent donc rien par rapport à lempereur. En outre <le ces pièces qui sont communes au père et à ses <leox fils Césars, la même image se trouve reproduite sur les médailles de Constantin le Grand, de Crispus et de Constantin II, avec la légende claui- T^ R£ipvB, frappées dans les ateliers monétaires de
Trêves, d'Arles et de Lyon, d'où proviennent aussi celles au type sou ikvicto covm (Y. pour plus de détails Cavedoni, /yciMtm. — Garrucci.p. 101. etc.). Nous devons faire observer que ces dernières formules n'emportent pas nécessairement des idées païennes. L'admiration qu'inspiraient les hauts faits de Constantin put aisément, en ces temps de . rhétorique emphatique, le faire comparer au soleil qui, dès son apparition à Forient, inonde de ses rayons le monde entier. Et nous savons que les orateurs, comme, les poètes, employèrent souvent de telles figures pour célébrer sa gloire (V. Euseb. Vit CoruL I. 43. — Ottatian. Porphyr. Carm, m. vm. xTi. elc ).
On comprend que nous ayons dû donner certains développements sur ces premiers débuts de la numismatique chrétienne. Nous allons maintenant signaler rapidement les types nouveaux qui apparaissent sur les monnaies des fils Augustes et des successeurs de Constantin jusqu'à Julien.
1* La plus importante de ces innovations, et qui parait s*ètre produite dans l'année même qui suivit la mort de Constantin, c'est l'introduction de I'a et de l'u» aux côtés du chrisme. Ce type se voit au revers d'une médaille d'or de Constance (Danduri. 11. p. 227), et d'une pièce de même métal à l'effigie de Constantin le Grand avec la légende Victoria VAXvMA(Tanini. Stipp/. p. 265). La collection du Vatican possède un petit bronze reproduisant exactement ce dernier type. Le P. Garrucci le cite d'après le catalogue ms. de Vettori, p. 142.
L'a et r» se retrouvent encore peu après la mort de Constantin sur une médaille d'argent de grand module décrite par Eckel (Doclrin, vm. 1 12) et qui fut, selon toute apparence, frappée à l'occasion de la victoire remportée par Constance sur son frère Constantin en 540. Une pièce d'argent de Constant (Cohen, vi. p. 2i9) offre cette particularité, que le revers qui porte la légende virtvs EXERciTVM (sic) avoc quatre enseignes mililaires, fait voir la lettre a sur la seconde de ces enseignes, l'w sur la troisième et le :^ en haut. Quoi qu'il en soit, il est probable que ce ne fut qu'après la condamnation d'Arius à Nicée qu'on commença à ajouter ces sigles au monogramme sur les monuments (V. nos art. A et » et Monogramme du Christ), bien qu'il ne soit nullement douteux que le passage de V Apocalypse n'ait été cité antérieurement par les auteurs comme preuve de la divinité de Jésus-Christ.
2* Constant. — fl. ivl. coxstars piys felix avc Buste diadème de Constant à gauche avec une cuirasse ornée du ^.
R, Gloria reipvblic£. Constant et Constance en toge, assis, la tête laurée et nimbée : le ^ entre leurs têtes.
3Md. Buste diadème adroite.
R. Trivmfatorgentivmbarbararvv. Constant, lauré et en habit militaire, tenant le labarum et posant le pied sur une proue de vaisseau.
On retrouve ce type, quelquefois avec de légères modifications, parmi les monnaies de Constance, et
NUMI — f
"vec la légende pel. teup. refamiio, pnrmi celles de Hngnence et de Constance Galle (Cohen, ti pp. 354e[35l.)-
i- D. K. coNSTAM P. P. iTo. Buslc diadéiué.
A. F(L. TEMr. RKFARATto. Constant deboul en liabit militaire sur un vaisseau; il tient un globe surnwulé d'un pli^nix ou dune pelile Tictoire, et le labarum. Même type h Constance (Cohen. p. 263. 30J), a Hagnence (334) et a Cwistance Galle (351).
5* CoNSTANs r. p. *ïB. Buste diadème à droite.
n. VicTom* Aïf.fi. Victoire marchant h gniiclieel
lenant une couronne et une palme. Dans le champ
6' CnSSTAUCE l\. — CONSTASIIIS p. F. kia.
R. \lBITS (MdSTIlSTI AYC. OU ÏIBTYS DK. UN. AVnO.
OU vicTOH OHNivM GEïcTivH. Constance Irnnnl le labarum el appuyé de l'autre m »in surunbouclieri tenant une hasteet un bouclier orné du ^.
T H. Id.
R. CoscoBDii MiLiTTs. Figurc militaire debout et de face, regardant à droite, lenant de chaque main un labarum; sur la I6le une étoile. Kéme type it Vélrauion et à Constance Galle.
8* [t. w. cossTAimvs p. F, Aïc. Buste diadème a droite avec paludament.
R. Salis atg. nosthi. Dans le champ A^u : il y a ici une formule qui équivaut à peu près à la fameti'e devise de la vision contilaulinieune, que nous allons du resie Irouver en IouIps telires sur un moyen bronze du ni&me empereur : noc sigko tictor ehis (Cohen, vi. p. 3tT. n. 350). On y voit Constance tenant le labarum el un sceptre, et couronné par la Vicloire.
9" Népotiem, neveu de Conslantiii, ne régna que vingt'liuil jours. Il a néanmoins (musée du Vatican) une médaille d'or au revers de laquelle paraît Rome casquée, vhrs hoha, assise, tenant un globe surmonté du :^ et 'une haste renversée. Le droit porte autour du buste diadème de l'empereur ta légende : d. h. ivl. NEPOrrArivs p. p. aig.
10* V£thahioh, un moment collègue de Constance 11 (règne de tlix mois).
D. N. vETn.iNto p. p. ATc. Busie diadéméii droite.
it. Kestctutor reipudmcae. Vétraiiion tenant le labarum et une petite Vicloire sur un globe.
^ous avons cité ailleurs incidemment celtes des monnaies de ce prince qui offrent quelque intérêt à noire point de vue. Nous donnons ici la plus remarquable. Le labarum, en oulre du ^ sur la draperie, esl surmonté de la croix. Pendant la période qui suit immèdialemenlla mort de Constantin, ses lils. liraitlés par les iniluences contradictoires des défenseurs des idées nouvelles et de ceux des Ira-
ditions du passé, se montrent tour ï tour ntits. leurs courageux, et timides e.-claves desanùennËs
institutions ainsi que des préjugés qui les em'irt^ nnenl; tantôt ils font tes décrets les plus séïti— -■• contre les superstitions païennes, tantôt ils ppx'meltent que, sous leurs yeux, tes préfets dehorvir^ élèvent des temples à Apollon el au génie du pc <jple romain (V. M. Beiignot. Detlruclian du pay nnitme en Occident, t. i. p. I55|, Il n'est [^soli>i>. nant que ces mêmes hésitations se fassent r^ marquer dans leurs monnaies, tantôt ornées (i, i symboles triomphants de la foi chrétienne, laoïrt souillées des types les plus abjects du paganisnit- .
Il est remarquable que c'est sous le règne éph. mère des deux derniers princes que nous a>on> nommés, que les derniers vestiges de la mjllwliigie disparaissent de la numismatique.
Les marques du christianisme se multiplient wai leurs successeurs, Magnencc et te César Uéceri(f, son frère, princes à demi barbares. Hais leur;^ rvvers offrent peu de variété.
1 I' MaGSENCE. — D, FI. «AGNESmS P. P. IVS.
R. Félicitas rec pvBLin.tB. Magnence deboul portant le labarum et un globe surmonté d'une Victoire. Même type avec des légendes différentes -
Labarum el branche de laurier.
Ce prince a un grand bronze au revers duqmJ est Iracé, occupant tout le cliamp, le A:Ç» d'ajinle plus beau type, avec la légende : saus m. i»
Avc. BT ctES, type déjà connu sous Constat.» N (Banduri. ii. p. 3GN). Même type ï Décence.
Une autre pièce (m. b.), aussi fort inléressanl^ est celle qui présente deux Victoires deboat, l'nant une couronne au centre de laquelle on lit' ■vLT. i; el sur le bord de la couronne le ^ w le -^ (Cohen, vi. pp. 355 el 3U pour Décencpl
13° CoHiTANCE GiLLE. — Ce (^sar, qui par k~ injustices et ses cruautés s'était rendu inJInv du nom de chrétien, a laissé dans ses maonaies un nombre de types chrétiens relatit«n<nt restreint. Nous en avons déji cité quelques-uns: voici les autres.
cAEï. Tèle nue i dmile.
NUMl — 5
n. Éloile dans une couronne de laurier surmonta (j'ime croix.
Ailleurs (Cohen. 553. n. 4.) : R. Glohu rohakoma.GalInsdebouten habit militaire, lenani le laine pièce au revers d'Isis, ïorx rrhlica {Id. f.S'i. n, 49).se montre dans la suite de ce prince tomme un prélude aux apostasies de son Srtre, doni il avait partagé I éducation et probablement )us>i les sentiments, dans une certnine me-
III. — Numiâmatique ehrélienne rleptii» Julien r.ipadat jim/u'à Aiigiatale, toit ta [in de l'empire itkcident.
l' Celui qui, pnr la sanglante initiation du (aurobole, avait cru etTacer de son front le sceau inilclèliilede son baptême, ncpouvaitlaisserlesceau du Clirist sur ses monnaies. — Quelques numisniitistes attribuent néanmoins i Julien un mé- •laillon de bronie où ligure le ^ sur un éléndird <(ne lienl l'empereur. Mais si la pièce, décrite d'aftk le calal(^ue Wicxay, est authentique, ce dont il (st permis de douter, elle a dû être frappée aux fremiers débuta de Julien comme César, car elle représente au droit son buste trés-jeune, avec la lé;enle », y. cl. ivliajvs s. c.
Tuules ses autres pièces (et on en connaît de fat trente-quatre lypes i peu prés), ou ne portent jucmi sfmbole religieux, ou présentent les images de quelqu'une des divinités païennes, Apollon, Jupiter, le Nit-dieu, dbo saficto ?ci[.o, te Génie d'Anliuclie. mais surtout les divinités égyptiennes, .tnubis, Isis, Sérapis, le bceuT Apis, etc. Le plus s^mtent m£me, c'est le buste de Julien qui est iv]iré*enlé avec le nom et les attributs de Sénpis , de même que dans la tête d'Isis Faria tous les savants (V. Banduri. Tanini. pauim) s'acronienl i reconnaître le portrait d'Hélène, femme dp Julien. Quant aux bulles réunis, soit accolés. s<jil en r^ard de Sérapis et d'Isis, il n'est )ias douteux qu'ils ne représentent l'empereur et 1 impe-
0% types de divinités égyptiennes, sur les me d.iilles de ce règne, sont ex) rémement nombreux îlionnel (De Ja rareMrfea m^dni/(eî romniuM 1 n p. 3%) en énumére près de soixante pour Julien s^ut, sans compter celles où les deux I êtes sont réimies.el celles d'Hélène qui ne parait guère autrement quesous le nom d'Isis Faria et avec le diadème ou la tleur de lotus sur la tète.
'i" Sons Jovien, successeur immédiat de Julien «tdiint les persécutions de celui-ci avaient fait un confesseur de la foi, le cbrislianisme reprend sur la monnaie publique, sa place un moment usurpée et c'est pour ne plus la perdre à l'avenir On remarqtte, il est vrai, dans la suite de ce prince qnelquesreversavec les divinités égyptiennes mais c'étaient probablement des coins oubliés du règne précédent, ou àfs Juliens refaits. On peut encore npliqoer ce fait, pour Jovien, comme pour les empereurs suivants, à peu prés jusqu'à Tlieodose comme une concession faite à ce qui restait d ido-
î — NUHI
hires, et en vue de leurs vœux publics, car ces pièces portent toutes la légende tôt* rvH.ici.
En revanche, nous y trouvons des types cbréliens nouveaux, entre aulres celui que présente le revers d'un médaillon de bronxe (V. Mionnel. ». p. 306) où l'empereur est vu à cheval en pacilicateur, précédé par un soldat portant le labantm constantinien, et suivi par la Victoire qui le couronne : le tout entouré de la légende advextvs AVGTsn. Li courte durée du r^ne de Jovien (sept mois et vingt Jours) ne permet guère d'attribuer celte médaille à un autre événement que son airifée à Antioche, après la paix désastreuse qu'il avait conclue avec les Perses. Une autre pièce du mémo module présente, avec la légende viciobi. AVGvs. le labanim terminé en croix, en outre du :^ sur la draperie. M. Sabatier {Monnaiet btjtanline*. t. I. p. 25) attribue h Jovien un (rteni dor frappé à Ravenne.ornédu globe crucifère. L'altrihution est conleslèe par M, Cohen. Cependant l'apparition du globe surmonté de la croix ne constituerait point ici un fait isolé; car on va voir ce type se montrer incontestablement aux régnes suivauts, et s' établir d'une manière définitive sous lionorius et Arcadius.
5' Valentinien l", Valens , Procope. Gratien. Vatentinien 11, apportèrent peu de modifications dans la monnaie quant aux signes de christianisme. Le type le plus commun est toujours le labarum à la main de l'empereur, à cette légère différence prés que le simple X y remplace quelquefois le ^. El on sait, par le témoignase de Julien luimême, que le monogramme était souvent res- Ireint S celte première lettre du nom du Clirisl. Le ^ figure parfois au sommet d'un bouclier ou d'une couronne de laurier, renfermant l'iudicalion des vœux publics. Un type nouveau se produit sous Valentinien 1" : c'est un sceptre surmonté du ^ à la main de l'empereur, avec la légende rei- TiTVTon HEip. (Colien. vi. p. 390). Nous signalons celui-ci pour Valentinien une Victoin assise, tenani dans sa miin droite une crou sur un),lobe ;
et pour Gralien 1 empereur en habit militaire sur un vaisseau dont la \ictoire tient le*gou''ei'nail, d un cdté une couronne de 1 autre une
croix
*• Sous Theodose 1", justement appelé Grand,
fiUMf — o
qui eut t'insigne honneur d'élablir déHnilivemeut la foi romaine dans lout l'empire, et de remetlre toutes les églises entre les roains des catholiquei:, peu de tjpes nouveaux se font remarquer. On a de ce prince un certain nombre de pièces DÙ )e monogramme cruciforme ou la croii figurent dans le diamp, avec dirers sujets et légendes rappelant des souvenirs de victoires; d'autres revers présentent des Victoires portant un globe surmonté d'une croix. Ailleurs (Uanduri. i. p. 50j) c'est l'empereur lui-même qui porte ce globe. Au revers d'un petit bronze (Cohen. ti. p. iti9. n. 40), avec la légende cLonn hbifvblic^e, on voit une porte de camp surmontée de deui tours et du -f-.
Flaccille.épousede Théodose, a desreverscUarmants ou l'on semble avoir voulu faire allusion à la haute piété de celte impératrice. Le monogramme du Cbrist s'y montre entouré de plusieurs circonstances intéressantes. Le plus fréquent de ces revers est celui où se voit une Victoire assise, écrivant sur un liouclier le signe du l^rist, qui
fut le gaj^e de la victoire de Constantin et continua à être celui du salut de la république, comme le dit la légende de ces pièces, où le bouclier est tantût suspendu à un nrbre, et tanlût repose sur un cippe, sALïsmrPL'BMCAE. Un moyen brome avec la même légende montre Flaccille, debout de face, regardant à droite et se croisant les mains sur la poitrine; et dans le cliamp une croix, une palme, le -f-, ou une étoile et la croix.
5* Les médailles du tyran Maxime, celles de son fils Victor, ainsi que celles d'Eugène, usurpateur comme eux, ont des signes de christianisme plus rares, et ceux qui sy produisent ne sortent pas des types communs.
6* t"n se partageant l'empire de leur pêrL-, llonorms et Arcadius adoptèrent les mêmes types de monnaies ; il parait inème que pendnnt un cerlain temps les mêmes liûtels monétaires servirent pour les deux empires d'Orient et d'Occident. Une notable innovation est due à ces deux princes; c'est d'abord l'introduction du monogramme du Christ sur le sceptre : vicTonii kvaa. L'empereur debout, de face, posant le pied droit sur un lion, et tenant de la main gauche un sceptre surmonté du -^ et deux javelots de la droite (Cohen, ibid. Honor. n. 20); un autre type devint alors commun : le globe crucifère porté par une victoire (Ibid. n. 24, pour llonorius, et Sabatier. t. i. p. 104, pour Arcadius) 11 existe des pièces où les trois tètes, d'Arcadius, d'Ilonorius et de Tbèodose II, vues de face, sont surmontées d'une petite croix grecque (Sabalier. 1. 1. pi. ui.)
l— NUMI
7* Deux impératrices ont porté te nom d'Eudoiie, iKL. EVDoiu ou evudcu, l'une femme d'Ai^ cadius, l'autre de Théodose II ; cette ressemUance de nom rend dinicile la distinction des médailles de ces deux princesses. Il existe néanmoins un sou d'or qu'on regarde comme appartenant sûrement à la première : il porte au revers, autour duns couronne renfermant le chrisme, celte légende pieuse et insolite : salvi. oriëntis. feucitas. occident» (Sabatier. i. p. 109, et pi. iv. n. 3S), légeode où quelques numbmatistes voient une allu$ioo évidente au partage qui venait d'avoir lieu. La pièce appartient au cabinet de France.
8* Sous Placidie, fille de Théodose, mccessivement femme d'Ataulpbe et du patrice Constance, on peut signaler des marques de cliristianiinie dans des conditions inusitées jusque-là : par exemple, celte princesse porte souvent le ^ ou la croix sur l'épaule droite (Colien. Placid. n. t et 5). Ce type est, sur une médaille d'or t,Colien. n. tO), accompagné de la légende vicroait Mcc.ct le buste de l'impératrice y est couronné par une main venant d'en haut, et qui est la personnifiution de Dieu (V. l'art. Dieu). Ailleurs (n. 5], mis BEiFVBLiciiE, Victoife assise sur une cuirasse, arrivant le ;g sur un bouclier qu'elle tient sur ^ genoux. Quelquefois c'est une Victoire debout. s'appuyant sur une longuecroix.surmontéed'une étoile : ou encore le ^ ou la croix dans une cou-
ronne de laurier. On doit attribuer ces emblèmeaux mêmes motifs que nous avons indiquéii pi>ur Flaccille.
Désormais le globe crucifère devient de plus en plus fréquent et nous nous abstiendrons de le .signaler.
9* Au temps de Vatentinien III et de Tliéodo» le Jeune, la croix parait à peu pi es sur toutes Ift piécesdansdivcrses positions, et remplace presque complètement les deux formes du monognintue du Clirist.
On peut citer de Valentinien tll, empereur d Occident, un médaillon d'or vraiment rernarquatile par le luxe d'emblèmes chrétiens qu'il prêsenlt: au droit, d. k. placidivs vALEiimiAiivs r. r. i>c. Buste diadème de l'empereur à gauche, veto du manteau impérial, tenant un livre et un sceptre surmonté d'une croix -f-.
R. vcn. ixx. HVLT. xixx. Valentinien en habit consulaire, avec un diadème orné d'une croix, présentant la main â une figure agenouillée, et tenant un sceptre sui^onté d'une croix (Banduri. t. i[. p. 573). Deux dunes sont a observer id : d'abord le premier exemple, à notre connaissance du moins, de la croix sur le diadème impérial; et ensuite un emblème de vidoire qui ne dut être
INUMI
NUMI
probablement qo^un acte de basse adulation envers un prince si méprisable. La même réflexion s*applique à une autre pièce, où Ton voit, avec la légende f icTORu ATGO , Yalentinion debout le pied sur la tête d'undragon, et tenant d*une main une croix, de Tautre un globe surmonté d'une Victoire. Théodose le Jeime a un revers à peu près semblable. Sur une autre pièce portant la même légende, les deux collègues, debout de face, tien- Dent chacun une croix et un globe (Banduri. ibid.).
Voici encore un type digne d'attention : tictobu i\cTSToiiT]i. Victoire à demi nue, assise sur im bouclier, posant sur un bippe un autre bouclier que lui présente un Génie et sur lequel est inscrit le 5^.
Ailleurs (Cohen. Valent. IIL n. SU, Valentinien €0 buste, tenant d'une main la mappa des jeux publics, et la croix de Tautre.
Voici une intéressante pièce deLicinia Eudoxia, épouse de Valentinien; comme l'empereur, elle porte la croix sur son diadème. Banduri (n. p. 563)
rapporte un petit bronze, au droit duquel apparaît ta main divine tenant une couronne de perles suspendue sur la tète de cette princesse; la même scène est répétée au revers, avec une croix dans le cliamp, et la légende : gloru romakorvh.
10* Théodose le Jeune, qui gouvernait l'Orient, oe méritait pas beaucoup plus que son collègue de Toir célébrer sa vaillance et ses victoires. Il obtint Déanmoins à peu près les mêmes honneurs des monétaires complaisants.
GLORIA 0RBI8 TBRRAE (BanduH. u. p. 558). Cette Iè?eiide ambitieuse entoure l'empereur en habit militaire, portant le labarum de la main droite, et de la gauche un globe surmonté d'une croix.
ULvs RKIFVBUCAE. Ici les dcux empereurs sont ràinis. On les voit assis, de face, la tête nimbée, chacun une longue croix à la main gauche, et un volume dans la droite. Ailleurs, sous la même lép:ende. Théodose seul, la tête laurée, assis, une palme à la main droite, la croix à la gauche ; et à côté de lui, une autre figure avec les mêmes attributs. Quelquefois il a une longue croix qu*il appuie sur son épaule, à peu près comme S. Pierre dans les anciennes sculptures.
GLORIA ROMANORVM. Busto casqué, la haste à la main droite, et le ^ aii milieu de la cuirasse.
H* Le rapide passage de Pétrone Maxime et d'Avite sur le trône des Césars n'a laissé aucun souvenir spécial dans la numismatique chrétienne.
12' En Orient, sous Marcien et Léon, nous
voyons se reproduire les types familiers aux règnes
précédents ; l'empereur, avec paludament, appuyé
d'an c6té sur le laharum, et portant sur le bras
gauche un globe surmonté de la croix; l'empereur avec les attributs consulaires, la mappa, et une croix appuyée sur l'épaule; des Victoires soutenant de longues croix, etc., etc. Eckel (vui. 191) cite un sou d'or qui parait avoir été frappé en mémoire du mariage de Marcien et de Pulchérie. U porte la légende fbuciter rvptiis (sic), et l'empereur et l'impératrice s'y montrent nimbés, debout, se donnant la main, et au milieu, le Christ debout, avec le nimbe surmonté d'une croix. 11 y a ici un ensemble de circonstances d'un intérêt vraiment exceptionnel.
A Rome, Majorien est fréquemment représenté avec le :^ sur son bouclier, et au revers terrassant le dragon et s'appuyant sur la croix. Mais ce prince a un type nouveau. Au droit d'une pièce d'argent : o. m. ivuvs haioriaMvs. p. f. avc, il parait en buste, avec une fibule ornée du ^ au sommet du bras gauche.
13* Sous la légende salvs rbipvblicab, plusieurs pièces font voir Anthème et Léon nimbiés et en toge, soutenant ensemble une croix à longue haste, et tenant chacun un globe (Cohen. Anth, n. 1) ; ou bien soutenant un globe surmonté d'une croix, et une haste à l'autre main (Id. n. 5).
Ailleurs (n. 9), un type nouveau. Les deux empereurs diadèmes et en habit militaire, debout, se donnant la main. Entre leurs tètes est une tablette carrée surmontée d'une croix, sur laquelle est écrit le mot fax.
14* Mais dans tout ce que nous avons vu jus* qu'ici, rien ne s'est encore rencontré, si nous en exceptons la légende de la médaille d'Eudoxie d'Arcadius, d'aussi significatif ni d'aussi prononcé, comme profession de foi et témoignage de pieuse reconnaissance, que la légende salvs mvndi entourant la croix sur une pièce d'or d'Olybrius. Un tel acte dans un règne de trois mois honore singulièrement ce prince.
15* Aucune innovation dans les types chrétiens ne se fait remarquer sous les règnes suivants, Zenon, Glycère, Jules Nepos. Romulus Auguslule, en qui expire l'empire d'Occident, n'est pas plus riche. Le type le plus ordinaire de ses monnaies est une croix dans une couronne de laurier.
IV. — Numismatique chrétienne depuis la chute de l'empire d'Occident jusqu'à la fin du sixième siècle.
1* C'est sous le règne d'Anastasel" que le type romain disparait presque complètement de la monnaie, pour faire place au caractère byzantin, qui s'y conserve, bien qu'à travers de nombreuses modifications, jusqu'à la prise de Constantinople. L'art monétaire tomba dès lors, surtout pour lu cuivre, dans une grande décadence, et, depuis Héraclius, dans une complète barbarie. Anastaâe ordonna que les pièces de cuivre (lesquelles
NUMI — a
■vaienl quatre modules dialiDcU) porteraient la marque de leur valeur-, et cet indice y était inscrit en lellres numérales grecques ou latines, exprimant le nombre d'unilês pour lesquelles la monnaie avait cours légal, tant dans les provinces d'Orient que dans celtes d'i>ccidenl.
Ces marques de valeur, inscrites au reters. sont presque toujours surmontées d'une croix pallée. ou canloniii'es de plusieurs. Nous reproduisons ici pour exemple, d'après M. Sabalier (t. i. pi. i. n. 1), un foUii de cuivre de Justin 1" qui pourra donner une idée de la plupart des pièces du même module et du même métal jusqu'à l'Iiocas. Celle-ci néanmoins offre un caractère pariiculièrement ii>téressant : c'est que, au droit, le buste de l'empereur porte sur la poitrine le monogramme con-
stanlJnien. Justinien l" a une pièce absolument semblable, A cette différence près, que le :$ y est entouré d'un cadre gemmé (Sabalier. ibid. pi. in. n. S2). Les monnaies de ce dernier prince ont quelquefois le ^ au lieu de la croii au-dessus de la lettre numérale (Id. pi. ivt. n. )j|: d'autres fois le revers tout entier est occupé par un monogramme composé du X coupé par une ligne verticale (tvin. 2 et 8).
Sous Anastase, Justin el Juslinien, la monnaie d'or et d'argent rappelle beaucoup celle des règnes précédents, soit pour le slyle, soit pour les principaux types chrétiens-, elle esl beaucoup moins barbare que celle de cuivre. Justinien 1" introduit un type qui se perpétuera b peu prés pendant tout le Bas-Empire : c'est le buste casqué de l'empereur vu de face et portant de la main droite un globe surmonté d'une croii {tbid. im. n. 15).
S* Les monnaies des rois gollis qui occupèrent l'Italie de 476 à 553, et celles des Vandales qui régnéreut en Afrique de 428 à bM, prennent place dans la série byzantine, parce qu'elles portent ordinairement l'effigie de l'empereur d'Orient contemporain, Anaitase, Justin I" ou Justinien I". Elles ont souvent la croix au revers. Il en est de même pour quelques médailles autonomes, du même temps, de Ravenne (Id. ui. 35) et de Cartilage. Au revers d'une pièce de cette dernière ville [il. 28], on voit un personnage nimbé, debout et de face, appuyé sur une croix à langue haste.
5* Les monnaies de Justin II ne dilfèrent point de celles des trois régnes précédents, du moins quffnd ce prince y figure seul. Hais un certain nombre de pièces où il est représenté avec sa femme Sophie, assis ou seulement en buste, font
1 — HUHI
voir une croii entre les tètes des deux Augii>ie^ et ont le raot v iri mscrit à l'exergue lld. m 9 10. 12. 15. etc.). Celle formule, dont' jusiij.-.|! un seul exemple s'est présenté sur une pièce aui deux lêies de Justin 1" et de Justioien 1" Sé>lier. I. pL ïi. n. 22), et devient fréquenle ^oit Justinien II et Sopliie, est interprêtée par quelq'it's numismalisles comme un souhait de longut'ih:: ïiTi LO>G* ! Hais comme elle ne se reaconlr! .jw sur les monnaies où la croii esl relrawe entre te deux léles, on pourrait penser que le mol mi if rapporte à ce signe auguste qui esl b terne de la vie véritable.
4' (Juelques revers de Tibère ConsUnlin ulfreni pour la première fois ces croix pailées, bui<ri^ sur plusieurs d^rés, ou sur un givlie, dont W type deviendra très-fréquent un peu plus Uni (Sabalier. i. pi. xxu. nn. 15, 14. fi. etc.), surtout depuis Uéraclius.
5* Nous voici arrivé à l'an h%X c«sl.^-diri; i peu près au terme que nous aïons dit fiier ij uHt étude. Aussi bien, jusqu'à Pliocas qui «aire te millième siècle (602), la numisuialique ne pivsfntr aucune circonstance nouvelle un peu sailUnle^LiO! le rapport du cliristiaaisme.
Dans le courant de ce siècle, c'esl^-dire d^puL' Kéraclius jusqu'à Juslinien II, se pnxluil ii tté^cnle DEVS ADivTi HOKAnis (Sabalier. i. pi. nui m^] avec la croix de formes irès-variéw. Ceit ,iii>-i sous ce prince que la monnaie bjiantiiie l'ii l>rr pour la première fois eu grec la légepde (cnstintinienne en totto mu. Elle paraîtra de nwiieiu, mais avec une forme hybride, sous Kicéttuuel" Logothète : ihsvs. cnisivs. aici.
Sous devons maintenant jeler un wgwl fn «■ riére sur une classe de monuments aumisalJll<|ue^ que fournit notre histoire nalioiul«.
L'opinion de quelques numisiuatistes.tnimu' 1res de Charles l^enormant, est que, cnninie lhIIdes rois goths et des vandales, la nwnDiie '"'i^" vingienne porta l'enigie des empereurs, du nwjnsous Anasiase et Justin l". Or c'est prédif "leiil ' celte époque qu'elle commence à préseuler Aa lignes de ciiristianisme.
En eiïet, lechrisme paraît surdesnuoniies^i. avec beaucoup de fondement, sont allriliur^^ i Thierry l", roi de Melz en 511 (communiqué i^r H. de Wiite). Childebert, roi de Paris » li "•"'' époque, a aussi des revers ornés du^wnl"" croix (V. pour lous ces détails Corabrou se, (.*■
logue raitOHiié det monnaie* HaliDaiiiMi '-'''' taire 1", encore en 511. roi de Soissons,al>'""'" sur un globe. Ce prince est vu quelque^ '^ vainqueur, sur un char, une croix â I» miin''" Théodebert l", successeur de Thierry «ranit '" d'Austrasie en 55 i, des pièces avec ïicloirt* ^f" puyées sur la croix, buste royal ou iinp*fi5l"**
• 'lobe crudfêre, raoïK^ramme d'ui
Jiiïérente.
Coribert ou Clierebert, en 567, roi de Paria, a àa moEinaies avec ce l;pe nouveau.
Gonlran. roi d'Orléans et de Bourgogne en S6t , Tjeloire crucifère dans un char.
Thierry II ou Théodoric, successeur du précédait en 596, croix raoDOgrammatique, canlonnée At petits globes.
Sous Gotaire II, roi de Soissons, craii haussée ilpaltée,et au-dessous! un globe entre deux étoiles.
on
La monnaie de Dagobert i", II et III, rois d'.tus- Irasie, présente la croix dans des conditions Irès- Tariéts : croix hau'sée, quelquefois accostée de Il et de l'". croii haussée revoisée, woix ancrée du haut et du bas, croix haute, etc.
O Celle de Sigeberl H a la croix haussée sur un ^'lobe et ses tranches tripoinlées, et encore les types suivants :
Ceui-ci se font surtout remarquer dans la ii naie de Clovis II. C'est la première fois que i rencontrons la croix haussée sur trois deg cofnme sous l'empereur Tibère Constantin.
f — mm
types se continuent; la seule innovation un peu notable se produit sous Thierry IV : c'est la croix haussée, renfermée dans une couronne.
Il a été publié récemment (186G) un denier de Charlemagne, d'un style presque classique, qui présente un type tout nouveau et du plus haut intérêt : c'est une façade d'église, avec une croix grecque sur la porte et une autre au sommet du fronton, et de plus la légende relicio xpictunà [ik). Le même revers se retrouve sous Lothaire {V. ces deux pièces dans l'Annuaire de tu Société françaite de numitmaliqut. j"année.p1. lu, p. 178).
V. — Au huitième siècle, la monnaie byzantine prend des caractères de ctiristianisme plus tranchés encore, en r.e qu'elle admel , outre des légendes pieuses, les images de Jési^hrist, de la Sle Vierge, des anges et des Saints.
Nous outrepassons tes limites de l'antiquité ; mais il le faut, d'abord à cause de l'iulérèt qui s'allaclie à de tels types, et ensuite pour donner une idée aussi complète que possible de la numismatique byianline, au point de vue sous lequel nous la considérons.
1' C'est sous Justinien II Rhinolmète (705) que se montre pour la pretniére fois, au revers d'un sou d'or, Jésus-Christ en buste, avec la croix derrière la télé lelitiede l'Éiangile a la main et la légende dn ihs ksx RKGXAMniH (babatier u. pl.xixïii n 1)
Sous Bisile I et Tunstanlui illl (867j la croix sur laquelle repose la tète du Sauveur commence à être renfermée dans un nhnbe, ce qui est la première apparition sur la monnaie du nimbe cnicifêre (Id. pi. ii.ïi. 22); et ce nimbe est gemmé depuis Mcèpliore U Phocas (963) jusqu'à l.i lin du Bas -Empire.
Jean I"Zimiscès (969) introduit un type nouveau : par motif d'humilité, il supprime sa propre effîgie et même son nom ; il met à la place, au droit, le buste du Christ avec lalégende sHNAiiorat, e(, des deux cétés de la léte, les siglesîc— x^; au revers, l'inscription kim ipbtvi baïiabi: b.uiib«]i (Id. xLvni. 3], Jéuu-Chri*l, roi de* roi*.
t — =» Toutes les fois que le Sauveur est assis et de
0«! là à b un de la première race, les mêmes j face, il lient la main droite élevée en signe d'allo-
NUMI — !
cution, et celle circonstance se remarque depuis Basile 1" jusqu'à Manuel i" Comnéae.
Au contraire, quand il est debout, il lient d'une main l'Ëvangile, et couronne de l'autre l'empereur : depuis Alexandre, Romain I", Jean II Comnène, jusqu'à Jean l'Ange Comnène.
Quand il j a deux empereurs, comme Andronic il et Michel IX (Id. pi. u), Nolre-SeÎRneur est debout entre eux, et en couronne un decliaque main.
2* L'image de la Ste Vierge parait sur la monnaie bfianline à partir du règne de Léon Yl, dit le Sage (886), c'est-à-dire cent qualre-vingl-un ans aprûs celle de son divin Fils (V. Sabalier. ibid. pi, iLv. n. il). Leprtïmier ijpe la représente en buste, les mains étendues, avec les sigles ai inscriles il droite de la télevoilce; et ev à gaucbe, elh légende
I, le busle de Ha-
ne longue croi;( à
Sous iMcépliore II Phocas (9i rie est nimbé, et elle présente l'empereur (Id. uvn, 12).
La monnaie de Jean I" Zimiscés nous la montre sous deui aspects dirfèrenis, mais toujours en buste : au droit, elle couronne l'empereur, et au revers elle est vue de lace avec son Fils appuyé contre sa poitrine : c'est le premier exemple, sur la monnaie du moins, de ce type devenu presque invariable des Vierges byiantitjes. Voici une pièce d'argent de ce type, au revers de laquelle ce prince, qui, comme nous l'avons vu plus haut, avait fait homniage de son empire .'i Jtsi's-CHkist, Boi TES Rois, nt graver la pieuse inscription dont voici le sens : Mers dr Dieu, pleine os cloibe,
CELUI QUI MET EK TOI SON ESp£uNCE k'eST JAMAIS MAL HEUREUX nus EST COMBLÉ DE BILKS {Id ib tl 18)
- Depuis Romain 111 Argyre (1038) et Theodora,
on l;i voit fréquemment dibjut cturonn."!!! I'
pereur paiement debout (Id. )
i. n. 2), et alors
Elle se montre sur un sou d'or de Romaio II Diogéne (Id. i. a. 15), à peu prés cooune nos Vierges modernes, debout, tenant son eabi\l dans ses bras avec la l^ende oktMM, eu. DOtTAiNi : t A loijtUrge, digne de touia louaiiga!.
A dater du résine de Nidiel VU Dncas el Ha wk [1071), qu'elle soit assise, en buste ou en pied- J^ Sie Vierge a presque toujours sur la poitrine un médaillon renfermant la té:e de l'enlanl Jéswi (Id. pi. Li. II. 519], ce qui produit absalaoM^ni l'elTet de la libule de Vorarium, telle qu'elle sr voit dans les verres dorés et quelques mosaïques.
Sous les Paléolo^ues Michel Vlll, Andronic II el Jean V, se produit un type tout à fait spixul (p. Lix. n. 3. LX. 13) : îa Ste Vierge, les bru étendus, de face, est entourée des murailles crénelées d'une ville. Celte ville n'est autre fie Constant inople, qui, dés l'ère conslanlinienn^. ii nousen croyons Du Gange [Coiulantinop. Ckriil.'. avait été placée sous la protection de Marie- Je.'uiV
''%'ij£
a un type qui lui est propre ; il s'est faitrefrrsenter donnant la main a la Vierge |ld. ul n 17)
3 Images dei Saints A partir du r^e de lichel V[ le Stratiotique (lOoG), les elOgies elb noms des divers Sainte commencent à lîgurer sur la monnaie bjEantme (V Sabatier. 1. 1- pag. iT- Ainsi, nous trouvons l'arcliange S. Michel sur des monnaies de Michel Vi et d Isaac 11 ïkaft. S. Constantin sur celles d'Alexis 1' Comnène et d'Alexis 11 l'Ange ; S. George sur celles de J«aii II Comnène, d' Isaac 11 l'Ange, de Jean bucas Vat3t^^ empereur deNicée;S. Théodore et S. DêiDétriiiiMir les monnaies de Manuel 1" Comnène, el, sur te\ir> de Théodore Vatalsés, Ducas Lascaris empM«iii de Nicée ; S. Eugène sur des monnaies d'ar^ri'. el decuivre de tous les empereurs grecs de Trluzonde. Ce iiaint y est vu tantôt debout, (anlAl n
NBMI — J
biijle ou à cheval : la persistance de cé type donne lieu de penser que S. Eugène élait le pa- Iran de la famille Comnéne.
La pratique de ri-présen(er les Saints sur la Oionnaie se répandit de bonne heure dans les difTérentes parties de l'Europe, en Halle nolamment et dans les filles libres (Olearius. Proi/romut hagiologiœ numUmal. — Cr. Vermiglioli. Le-
Tl. — Appendice twlei oriijiite* de la monnaie Ha Papa. — C'est au liuitièiiie siècle que commence la nuinismalique pontillcalc proprement dite. Les papes S. Grégoire )ll (731-710) et ZacliarJe (711-751) sont les premiers qui aient baitu mon* uaie en leur nom propre. Le premier y ajoute, au rcTers, le nom de S. Pierre, comme on le voit dans
celte pièce |cHEn IGregorii) pafae, sons^ntendu Hionefit, tcma{Sancti Pelri). Les pièces de Zacliarie ont, k l'avers, son nom seul ucaiBUE et au reiers tapae.
Dans loua les temps, comme l'observe Eckel (Docirin. num. t. i. ProUg. p. 70), le droit de battre monnaie fut regardé comme l'attribut de ta souveraineté : omni aïo jnt feriumla monetœ tiimm,-e in republica pctettalit argumtnlum fuit hdtjlum. Cependant la forme insolite de ces pièces, leur métal (le cuivre), ainsi que l'absence de l'efngie du ponlire.dénoteut.del'avis des hommes spéciaux (V. les citilions d'auteurs dans Mouoni, Tav. cran. tee. viii. p. if>], un principal nouveau, imparfait, temporaire, exercé en vertu de la seule' nkessilé de la chose publique, el c'e^tainsique l'histoire nous le représente de 727 à 7J4. On sait en effet que, en ces temps malheureux, où les empereurs de Byiance laissaient Rome et son territoire dans un complet abandon cl restaient même sourJs a toutes les réclamations de secours et de protection qui leur étaient adressées contre lej attaques continuelles des lombards, 1rs l'apcs durent se rendre à l'appel du peuple el prendre en main les rênes du pouvoir.
C'est sous Uadri. n 1" (773-705) que la monnaie parle pour la première fols non-seulement le nom du Pape seul : didhusus piri, — sci PErni, mais encore son efTigie. En outre, ces pièces sont
JtnilQ. CILHkT.
I argent ; leur empreinte est toute semblable celle des monnaies des empereurs byianiins
, et des ducs de Iknevenl Dou l'on conclut que le domaine temporel était des lors décidément
assis, admis dans le droit public et exercé souverainement par les Papes.
Léon 111, en rétablissant, en 800, l'Empire d'Occident, associe à son nom, sur la monnaie, le nom et l'elTigie de Chailetnagne. D'un cdlé, en légende a:s PEinis, en monogr.imme, dnns le cliamp, leo pjpa ; au revers la légende cailoivs entoure le buste de l'empereur qui lient à la main l'èpèe nue, pour marquer que la dignité impériale, conférée aux rois Francs, U-ur imposail la charge glorieuse de protéger l'ËgUse et le patrimoine de S. Pierre. C'est à ce mfino titre
que le nom du successeur du premier empereur d'Occident figure sur la monnaie ponlilicale. Par exemple, nous avons des pièces de Denoit III (Shh), sur lesquelles se lit le nom de Lothaire ! légende de l'avers : scj PETavs, et, en mouagi'ammc, au
centre : bksbdictvs pw» ; sur Taulre £ice : HtxnBi- HITS lut, et en monogramme nis.
VU. — II- Appendice. — l'es swnuï de plomb suspendus aux bulles des Papes, pour en constater rniiLlienlicilé.
On ne sait pas au juste à quelle époque remonte t'origine de l'usage de cf s sorlesde sceaux. On n'en lonnall aucun qui soit cerlainement antérieur au septième siècle. Nous en donnons ici, d'après la conlinualion des tables clironologiques de Mowoni (ter. IX. p.i05), quelques-uns comme spécimens ;
Agaltion (683). 4* i Jean IV (686), 5* h Conslao-
conservenl à Romo. Ils appartiennent llonorius I" (ti58), 2' à Théodore 1" (0*9),
tin (7M), 0- à Zacliarie (552), 7* à Paul l"(; bans tous ces
sceaux, le nom du
pape est surmonté
d'une croiï grecque
ouéquilalérale.ct il
en est de même
pour tous les papes
jusqu'en 893,
comme on le voil
dans les papiri de
Harini, p. 5 et suiv.
Une particularité intéressante se fait
remarquer sur ceux
de Sec^ius l" (690) :
c'est que, outre la croix grecque qui précède le nom du pape, au-dessous duquel est encore tracé le monogramme du Chiist ^, le même monogramme su nuouii' au revers le mol rAP^t.
Partout le nom du pape et son titre sont an fi^ nitif, parce que le mot ligitlum est sous-^ntfnJu. par exemple (sigillvii) gehcm tAtui. Quelques pontifes exceplionnellement , entre autres Jean ÏIH (872) et Alexandre II (lOfil), ont fait placer leur effigie sur l'une des faces de leur sceau. Plus lirJ on y mit les têtes de S. Pierre et de S. Paul. «parées par une croix latine à longue haste : «!'<■ pratique, qui s'observe encore aujourd'hui, ne ?>rait pas remonter au delà du pontilicat de fiscal 1". en 1099.
OQITUAIRES. — V. l'art. Kéciologet.
OBJETS TROUVES Dins les tohbeaiti cbr£- Ticis. — Tous les peuples de l'anliquité aimaieni 1 orner et ï meubler pour ainsi dire la tombe par les objels qui servaient aux besoins comme aux plaisirs de la vie. C'était une espèce d'illusion au mojen de laquelle on semblait prolonger l'eiislence au delà de ses limites. Les chrétiens adoplérentcel u^age, mais ils le sanctiOérent par des intentions sTmboliques tirées du génie de la religion nouielle.»iui est esprit et Tie; elsouventméme, comme on le terra, la nature des objets déposés dans les tombeani ou murés à leur extérieur constituait un langage qui lui était exclusivement propre.
i'Letliuui d'or dent le christianisme conserva l'usée de rerëtir, après leur mort, les personnap;:^ de distinction. Outre l'exemple si connu de bte Cécile (V. l'art. Cécile [Sle]) on peut citer M:elul de l'robus, préfet du prétoire et de sa femme Proba Fallonia dont on conserve encore 3 Kame l'urne Tunéraire et dont les corps Turtni trouvés enveloppes d une robe tissue d or etcelui de l'impéralrice Marie dont les vêtements fondus fournirent trente-six livres pesant dor (CjnceUieri. De teertt Bntihe Vaiic 1 n p lOOD) Des débris de tissus dor furent aussi trouvés naguère par le P. Marclu (p 268) parmi les reliques du martyr Hyaanthe Ces riches \ éléments se rencnnirent quelquefois dans le locaïut du chrétien le plus humble dont on ornait am'i la dépouille en mémoire de ses vertus el le plus somenl, du sang verse pour la foi Ainsi lu ci metiére de Callisle, les restes d un fidèle désigne par celle simple înscnption wAiimc w ?ice étaient couverts d'un hibitd or (Bottari ii p 22) t^l usage défçènéra en abus et provoqui au quatrième siècle les léhtmenles apostrophes de S. Jérôme {in Vit. Paiili)
i' Leihijoux ellet meiiblei deloilelle — Miroiri Ceux que publie Uoldetli (p olH) et qui sont au
nombre de quatre, semblaient i cet antiquaire rails d'un mélange de bronze et de plomb, comme
étaient les miroirs de Brindes, si renommés dans la haute antiquité. — Colliert, houcle» d'oreillet, anneaux de toute etpèce (V. l'art. Anneaux) ; braeeleU qui ornaient la personne même des morts, et qui se trouvent assez souvent dans les cimetières chrétiens, encore attaches, soit au bras, soit au poiçnet des squelettes. Sur l'un de ces bracelets (Boldelli. p. 501. lav. H. n.lh) sont gravés le; douze signesdu zodiaque, sujet dans lequel les interprètes de l'antiquité chrétienne (Cavedoni. ftagguaglio crittco de' mon. dette art. Critt. p. 44| voient une allusion à l'instabilité des choses humaines, s'appuyant sur un passage de VEcclétùuU {i. 6. — V. la fig. de l'art. Zodiaque). Des anneaux d'or el de bronze, des miroirs d'argent se trouvent aussi dans les sé)iullurcs chrétiennes de la Gaule [LeBlanl. i. p. 209. el Cochet. poMim).
Il est r^cile quoi qu'en pense Raoul-Rochelle {Métn de l Acad de$ îmcript t xiii p 7Ô7), d expliquer chrétiennement 1 emploi des bijoux pour orner la personne des morts Les viei'ges »t lei matrones notamment liaient coiisidéréeii comme les épouses de Jesus-Christ dans le ciel ; il était dont, naturel qu on oru'lt leurs restes vénérés d objets qui pussent symboliser leurs vertus et ceci est tout â fait conforme à la vision de 1 ipoealypee (m S) f J ai >u la sainte cité, la nouvelle Jérusalem descendant du ciel se|0ur de
DlLU FRI'l'ini'E CONIE UKE ÉPOUSE PM it PODH S0\
tpoDX • vifli lanUam eivitalem Jermalem notant deteendenlem de cœlo a Deo rABÀTAM sicur sponstH ORNATÀK viRo suo Aussi ^oyons nous dans les peintures de» catacombes une foule de vierges et de veuves représentées dans 1 altitude de la prière, ornées de riches colhera de bracelets, etc. (\ Perret t m pi m et iv et une de ces figures il notre art Païadn) — Boites à parfum*. Celle que donne Boldetli (toc laud ) esl de bronze elle a un couvercle en calcédoine tnlouré d un cercle de m tal dore 11 y en atait aussi plu-
sieurs dans le tombeau de I impératrice Marie,. nile de Stilicon, femme d'Uonorius. H. De' Rossi [Bvllet 1863, p, 54) publie pour la première fois cinq de ces vases en agate, et de plus la description complète des objets que contenait ce sarci>-
centre : ienedictts »pi ; sur l'autre bce : Burtu- RiTs iMp, et eu monogramnie i