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OBLATIONS. — Les oblations des. fidèles dans la primitive Église étaient de deux sortes. Les unes étaient destinées à la sustentation des ministres de rËglise : elles consistaient en blé, huile, légumes, fruits, lait, miel, volaille et autres comestibles ; mais on ne présentait pas ces objets à Tautel, et comme il sW était introduit des abus, les Canons apostoliques (can. ni. c. 4) prescrivirent de les porter directement à la maison de Févèque. On offrait aussi de l'argent pour le même objet (Tertull. Apol. xxxix). L'évèque en distribuait une partie aux ministres inférieurs, selon le besoin de chacun, et de ce qui restait il faisait trois autres parts, une pour son usage personnel, une pour la fabrique de Téglise, une troisième pour les pèlerins et les pauvres : ainsi Tavait réglé le pape Simplicius (Episl. xi. ap. Baron, an. 410. n. 42).
La seconde espèce d*oblations destinée au sacrifice se composait de pain et de vin. On recevait au^i du blé, des raisins, de Tencens, et de l'huile pour le luminaire de l'église. Tous les fidèles, hommes et femmes, qui devaient communier étaient tenus d'offrir le dimanche (Fabian. PP. ep, m. Ad Hil.), Le deuxième concile de Màcon, tenu en 582, fit un décret sur cette matière : Ut omnes fidèles diebus dominicis^ viri et mulieres, altaris ohlaiionem faciani in pane et vino sub anathematis pœna, c que tous les tidèles, aux jours de dimanche, hommes et femmes, fassent l'oblation de rautel,en pain et en vin, sous peine d'anathème. » Celte prescription était renouvelée de VExt)de <( XXIII. 15), et S. Gyprien {De opère et eleemos.) se plaint d'une femme riche qui fut surprise les mains ^ides au moment de l'oblation et communia de l'offrande des pauvres. S. Augustin renouvela cette plainte (Serm, ccxv De temp.). Nous savons par le témoignage de S. Jérôme {Episl, ad Ueliod.) que les moines eux-mêmes, qui alors étaient laïques, y étaient assujettis comme les autres fidèles.
Les oblations n'étaient point déposées immédiatement entre les mains des prêtres, ni àTautel, ni confusément. Les hommes et les femmes les portaient tour à tour dans un lieu destiné à cet usage, et appelé par les Grecs gazophyladum, et par les latins oblationarium . C'étaient des espèces d'armoires, probablement mobiles, placées près du dtaconicum où se recevait d'abord tout le pain et tout le vin offerts par les hommes entre les mains du diacre, par les femmes entre les mains de la diaconesse : là, le diacre examinait si les oblations «taient dignes ou non, c'est-à-dire si les offrants étaient dans les conditions exigées pour être admis à offrir. Étaient exclus, les usuriers, les hérétiques, ceux qui avaient attenté aux immunités de rÉglise, les pécheurs publics, ceux qui n'étaient pas en état de communier, les pénitents publics, tous ceux qui étaient liés par les censures.
Quand le diacre avait fait cet examen préalable, il portait les offrandes à l'autel, et pendant ce temps-là le chœur chantait l'offertoire. Voici comment, d'après l'ordre romain, le pape ofliciant pontificalement recevait les oblations. Le souverain
pontife descendait dans le senatorium où se tenaient les princes, des mains desquels il recevait immédiatement les oblations ; il remettait le pain au sous-diacre régionnaire, lequel le transmettait à son tour au second sous-diacre, et celui-ci le plaçait dans une nappe blanche soutenue par deux acolytes. L^archidiacre recevait le vin, il le verrait dans un calice porté par le sous-diacre, et quand ce calice était plein, il en versait le contenu dans un autre vase tenu par Tacolyte. Le pape passait de là dans le lieu où se tenaient les matrones, matroneum (Y. ce mol), pour recevoir leurs oblations avec les mêmes cérémonies. Pendant ce temps-là révèque hebdomadaire recevait le pain du reste du peuple dans une nappe qu'il tenait de ses propres mains, accompagné d'un diacre qui recevait le vin.
De tout le pain offert, l'archidiacre prélevait la quantité nécessaire pour la communion du peuple. Gela fait, le pape, assis sur sa chaire, remettait une ampoule de vin au sous-diacre oblationnaire, celui-ci la donnait à l'archidiacre qui passait le vin dans une passoire d'argent (V. l'art. Coltan rinan'iim), et le versait dans le calice avec quelques gouttes de l'eau apportée par le sous-diacre. U pape s'étant levé de son trône, se rendait à l'autel, où il recevait les oblations du prêtre hebdomadaire, des diacres, des primiciers. Enfin l'archidiacre, prenant des mains de l'oblationnaire le pain ottert par le peuple, le présentait de nouveau au pape, qui le plaçait sur l'autel, pendant que l'archidiacre y posait le calice à la droite du pain.
Entre les oblata et les ohlaliones^ il y a la différence du genre à l'espèce : l'oblation est tout ce qui est offert à Dieu ; par oblata on n*entend que ce qui est offert pour servir de matière au sacrifice. Quelque chose de celte discipline primitive s'est conservé dans la messe solennelle du rit ambroisien: six vieillards et six matrones offrent, chacun de leur côté, trois hosties et un vase de m blanc.
OBLAT8. — L L'usage d'offrir les enfants i l'Église et de les vouer, dès leur bas âge, au service de Dieu remonte aux premiers siècles du christianisme. Cette oblalion était, de la part des parents, comme un sacrifice et une abdication des joies et des espérances de la famille, renoncement sublime que pouvait seule inspirer la religion nouvelle, si féconde en vertus inconnues au monde ancien. Le plus communément, ces sortes d offrandes avaient lieu devant le tombeau des apôtres ou des martyrs, comme il est constaté par les monuments et en particulier par l'inscription d'un enfant de neuf ans du nom de Projectus (V. l>e Rossi. Bullel. Édit. française. 1869. p. 50) : mtu-
CATV8 DEC CRISTO {sic) MARTTRIBVS. Et CeCÎ, à RomC
notamment, était tenu à grand honneur par les dirétiens de toutes les conditions, même les plus élevées. Nous savons en effet par Prudence {Péritteph, u. V. 517. seqq.) que les membres les plus éminents du sénat, dont plusieurs même avaient
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aaté les sacerdoces pnïenB. Tenaient ainsi conjatrer à Itieu leurs enfants des deux sexes, dans la basilique bdtîe sar te lombeau de S. Laurent ; et ce que le poète raconle, il l'avail vu de ses yeux :
Tidemui inlutlra domoe
OfTerre toU» pignora Cliriaimoruni liLenint.
Xmis ne pouvons mieux faire que de mettre sous les yeux des lecteurs un médaillon publié pour la première fois par N. De" Rossi {Ib. pi. m. n-â), et où se trouve représenlée une cérémonie * ce genre : c'est UD père qui présflilï h la confe»sko du diacre mnrivr un calice et son enfant, nommé Giadentiaiius ; au mm, la même scène est figurée de nniieau, mais sous l'allégorie du sacri' fice d'Abraham.
Il est probable que
la médaille fut faite pour être suspendue au cou de Gaudenlianiis, en mémoire de sa consécration au sentce de Dieu.
S. Paulin fait aussi mention {Poem. xii. carm. nu. JH S. Felic. 1. 514. seqq.) d'un noble enfant, Turcius Asierius.que, comme un nouveau Samuel, ses parents avaient voué au service divin et à l'exercice des plus sublimes vertus èvangéliques :
Ce même Père parle ailleurs (Ib. v. 66. seqq.) d'une jeune vierge nommée Eunomia, qui avait été miie au rang des épouses du Christ, aussitôt après sa naissance :
El lirnut Eunomia xternis Jam pacla lingo
In cœlo Ihilamii, quam malr» ab u1«re rapUm
Feitino placilam libi Chrittui amore riicivil.
L'antiquité nous fournit un nombre presque iiifmi de généreuses lilles qu'une vertu précoce aviit portées à se consacrer à Jésus-Christ, et, panni les plus illustres, les Tliécle, les Agnès, les Cééie, les Catherine, etc. On sait que Ste Hêlanie {Aji. Surium 51 jan.) offrit sa fille au Seigneur, aussitôt que ses yeux furent ouverts k la lumière, qnm primum lueem atpexii .
II. Nais nous avons ^ nous occuper surtout des jeunes garçons offerts h l'Église par leurs parents, cltriâ a cunabulû. On demnnde s'ils étaient, dès leur bas ige, agrégés au clergé par la tonsure et l'ordre du leclorat. Horin l'affirme formellement {De tacT, ordinal, pars ni. exercit. 15) et, a l'appui de son assertion, il cite de nombreuses et impoi>
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tanles autorité, entre autres une lettre du pape Sirice {Epitt. t. c. S), un canon du troisième concile de Cartbage (en 394). Hais te témoignage le plus clair que produise cet auteur, est ce décret du deuxième concile deTolède {b^d) : De Im quo» rolunlai parenlum a primii infantiœ annit clericatut of/icio mancipavit, ilatuimua obiervantliim, vl mox eum delonii, vel minitttrio Itclorum cOHirailiti fuerint, in domo eecletiœ aib ejâteopî prœtenlia a prœpotito tibi debeanl nuditi. Un Iré^ancien ordre romain (Cf. Morini. ib.) dit en parlant des ordres : In quacumque ichola reperli pueri beite piallentti, lotlanlur indc. et tiulriaiUar ru tcliola
•.'anlorum et potlea
fiant eubicularii. On trouve d^ins ce même monument liturgique une oraison ad puerum lottiurandum. La voici : Domine Jetu- Chritte, qui et eapul notlriim et co-
proptlttt» fuper infantiam famuli lui N. etc.
A l'article Lecteur», nous avons rapporté plusieurs exemples d'enfants admis très-jeunes à cet ordre. Nous ajouterons ici celui de l'abbé Euthymius dont la vie, écrite par Cyrille de Scylopolis, nous fait connaître que cet Euthymius fulofTert iL l'ige de trois ans à Otreius, évèque de Héliline (V. Marlène, De anl. eccl. rU, t. ii, Mb. i, cap. m, n. 3}, l>3plisé, tonsuré et ordonné lecteur de celte église : ^r tiueeptum puerum baptitarit, el totondil, commiuœque tibi eecleiiin lectôrem fecit, alque in epitcopio accepit el enutrtvil.
Noire S. Kemi de Reims dut être oblat dès sa naissance, car il est dit dans sa Vie, par Ihncmar, qu'il vécut vingt-deux ans dans la clèricature, in elericali condilione, et soixante-quatorze ans dans l'épiscopat : ce qui représente les quatrevingt-seiie années que vécut ce grand évèque, in epiicopatu vero teplnaginta et quatuor conlineiiliâ- »ime miniilravil, nonagetimo texto œlatii anno terrœ corpui rtddidiste (V. aussi du Saussay, Martyrot. galUeanum. 1. 1, p. 52).
III. On a pu comprendre par tout ce qui précède que les enfants voués par leurs parents au culte de Dieu étiiient, en vertu de cette consécration, adoptés par l'Ëglise qui les avait reçus, nourris et élevés sous les yeux el dans la demeure de l'èvèque. El celle initiation de l'enfance a l'exercice de la cléricature avait, dit le cardinal Bona {Rev. iilurg. t. i, c. xiv. n. t8), t'avantage de former de bonne heure des sujets très-habiles dans les choses ecclésiastiques, oriebatur ul remm eeeletiatlicaram periliuimi e»tenl , in quibai fuerant ab infanlia enulrili. Aussi n'ètait-il pas rare que ces jeunes oblats, élevés ainsi à l'ombre du sanctuaire, parvinssent plus lard aux
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