ŒUF
])1us hautes dignités de ]'£glise et même au souverain pontificat. Le Livre pontifical en offre de nombreux exemples, notamment dans la vie d'Hadrien I", de Sergius I", de Léon lY,de Benoît III, (le Nicolas 1", d'Èlii nne VI et d'autres encore. De là celle filiale appellation de nuiriiorf c nourricier, > ({ue ces papes se plaisaient à donner par reconnaissance nu prince des apôtres, parce que, dès leur bas âge. ils avaient été nourris dans le palais patriarcal aux frais du patrimoine de S. Pierre, nutritoris nostri principit aposiolorum, lisons-nous dans une bulle de Sergius l", publiée d'abord par Marini et plus exactement par M. De' Rossi (Buli. 1870).
Parmi les oblats célèbres élevés à la papauté, nous devons citer en particulier Grégoire II et Léon 111, au sujet desquels le Livre pontifical donne des délaiis plus précis: a parva œtate, dil-il du premier, in patriarchio nutrilus, sub sanclœ memoriœ domno Sergio papa subdiaconus, alque sacellariM fachis, biblioUiecœ curant suscepit .Vonr L^on 111: a parva œiale in vesliario patriarchii enutrilus et educaluSy omnetnque spiritualem disciplinam ipi^ riiualiler erudiluê tam in psallerio, quatn in sacris divinisque Scripiuris pollens ^ tubdiaconus faclus in prethyteralus honorent provecius eti. Ce sont là d'illustres exemples de l'éducation ecclésiastique, telle qu'elle convenait à celui qui voulait se vouer au ministère de 1 Église romaine et qui pouvait, dans la suite, élre appelé à en devenir le chef.
IV. La piété était assurément, surtout dans les premiers temps, le mobile de ces sorles de consécrations de l'enfance au culle divin. Mais il pouvait aussi s'y joindre des vues moins pures et moins désintéressées. Aussi l'Église ne iarda-t-elle pas à mettre un frein aux abus qui pouvaient en résulter, en refusant de reconnaître et de consacrer Tirrévocabilité de cet acte. Les formules d oblalion paraissaient, à la vérité, bien absolues, celle-ci, par exemple, tirée d'anciens manuscrits de la régie de S. Benoit, par Dom Marténe: trado puerum istum in det}oiione Domini NostriJesu-Christi coram Deo et sanclis ejut^ ut persistât ontnibtu diebus vitœ suœ. C'était un reste de la dureté du droit chez les Grecs et les Romains, et de la législation qui donnait aux parents sur leurs enfants une autorité tellement illimitée, qu'ils pouvaient même les vendre en cas de nécessité.
L'Église n'admit j.imais qu'avec les réserves de droit ces idées exagérées de l'autorité paternelle; et, dès le quatrième siècle, le troisième concile de Cartilage décrète que, arrivé à l'âge de puberté, foblal soit mis en demeure de faire librement son choix entre l'état de mariage et celui de célibat : cum ad annos puberlalis venerint, coganiur aut uxores ducere atU continentiam profileri. La discipHne ne fut pas, il est vrai, partout la même à cet égard ; mais elle alla sans cesse s'adoucissant dans le sens de la liberté naturelle qui appartient à l'être raisonnable de disposer de luimême. Elle subit déjà de notables modifications 50US Chorlemagne (V. Thomassin. DiscipL eccl.
p. 1. c. 57); et elle fut complètement abolie au douzième siècle par les papes Célestin III et Innocent III. Ce dernier (Lib, xv, epist. 116) écrività l'évêque de Lyon au sujet des enfants oblats quesi, à l'âge de quinze ans, ils refusaient d'accomplir le vœu de leurs parents, pleine faculté leur fût donnée de rentrer dans le siècle, de peur qu'ils ne parussent rendre à Dieu un service forcé : eis non adimatur ad sieculum redeundi faadius, ne coacla prœstare Deo servitia videaniur.
Enfin le concile de Trente fixe à seize ans la profession religieuse, à vingt-deux la réception du sous-diaconat, et abroge définitivement la vieille coutume de consacrer les enfants — a cunabtditj — au service de l'Église.
OEUF (symbole). — Buldetti affirme (p. 519) avoir trouvé, dans le tombeau d'un marlvr dont il ne dit pas le nom, et aussi parmi les reliques des Sles Balbina, vierge, et Théodora, martyre, des œufs de marbre tout semblables à ceux de poule. Il avait aussi observé plus d'une fois, dans des loculi de martyrs, des coquilles d'œufs naturels. Raoul- Rochette {Mém. de VAcad. des inscr. t. xiii. p. 781) est d'avis que ces objets ont rapport à la célébration des agapes, où les œufs étaient le principal aliment. Cette observation peut avoir plus de fondement que les idées d'origine païenne que ce *avant développe ici, pour rester fidèle à son système.
Mais nous préférons de beaucoup les raisons mystiques que l'abbé Cavedoni assigne à ce symbole (Ragguaglio crilico de' mnum, délie arli Crist. p. 48), parce qu'elles ont l'avantage de sortir des entrailles mêmes du christianisme , dont l'esprit vit toujours dans les monuments des premiers siècles, si peu importants qu'ils puissent paraître.
L'œuf était regardé comme un symbole de Tégénéralion, et en particulier de la résurrection des coips (Y. Calalani. ap, Caved, loc, laud.). De là le pieux usage, qui s'est perpétué jusqu^à nos jours, de manger l'œuf bénit, avant toute autre nourriture, le jour de la p<îque de réturreclion, appelée aussi, pour le même motif, pdque de Cœuf, S. Augustin (Serm, cv. 8. 0pp. t. v. p. 379] considérait Tœuf comme un symbole d'espérance ; or l'espérance principale du chrétien porte sur la résurrection finale: Restât spes, quœ, quanltim miki videtw\ ovo comparatur. Spes enim nondum pervenit ad rem ; et ovvm est aliquid, sed nondtm est pulltu, c reste l'espérance qui, à mon avis, peut être comparée à l'œuf. L'espérance, en effet, n'est pns encore parvenue au but; de même l'œuf est quelque chose, mais il n'est pas encore le poussin. »
L'œuf, dans les sépultures chrétiennes, était donc l'un des innombrables symboles de résurrection au moyen desquels nos pères dans la foi échappaient à l'horreur que la mort inspire à ceux qui n'ont pas d'espérance.
 l'article Tessères, nous avons donné, d'après
OFFE
OFFI
BoWeltl, un demi-œuf d'ivoire, qui avait servi coforse tessère d'hospitalité.
OVFERTORIUJI. — Cétait un grand plat usité- dans les Eglises de la Gaule pour recevoir les f^ains que les fidèles venaient offrir à Tau tel. A Rame, les offrandes étaient reçues dans des Dippies par des acolytes qui passaient dans les m^ s des âdéles. On a quelquefois confondu le Ta^e dit offertorium avec la patène. Du Gange {Qlomi. latin, ad h. v.) prouve que ce sont deux Tase^s tout à fait distincts. Il cite une ancienne chronique où il est fait mention d*un offertorium en OTf ayant sa patène de même métal, et parle de f^iusieurs autres de ces vases en argent, ainsi que de leur patène.
OFFICE DIVIN. — On entend par office ditin Fensemblc des prières vocales que le clergé doit réciter chaque jour. On appelle encore ces prières A^ur» canoniques ou canoniales^ soit parce qu'elles sont prescrites par les canons, c'est-à-dire par les règles ou lois de TÉglise, soit parce qu'elles doiTeul être dites à certaines heures fixées par la même autorité (Y. Grancolas. Comment, heisl, tur le bréviaire romain. 1. i. c. 5).
Le root office, officium, dans son acception générale, signiGe devoir, ce que chacun est tenu de faire. C est dans ce sens que Cicéron et S. Âmbroise intitulent les ouvrages qu'ils ont composés, Ttin sur les devoirs des hommes dans la vie civile, De officiis, l'autre sur la conduite chrétienne, Liber "fficiorum. Appliquée la prière canonique, ce mot dt^signe donc le devoir par excellence, l'acquit de la dette essentielle de l'homme envers Dieu. Et plusieurs Pères l'ont employé dans ce sens, entre autres S. Jérôme dans sa Vie de S. Pacôme: • Prions, dit-il, chantons, rendons au Seigneur notre ornas, » reddamus Domino officium. 11 l'ap- (K'ile ailleurs (M Reg. c. xlvii) c l'œuvre de Dieu •, opus Dei.
Par d'autres, il est nommé c cours > , cursus, parce que la récitation de l'office divin est réglée s^ur le cours du soleil. C'est ainsi que S. Colomban intitule le quarante-septième chapitre de sa règle, De cursu, • de TofGce. » S. Grégoire de Tours lOd glor. mart. 1. 1) atteste qu'il avait écrit un ouuage sur les cours ecclésiastiques. De atrsibus ecclesiasticis. 11 dit ailleurs {Ibid. c. n) : c L'abbé se lève avec ses moines, adcdebrandum cursum. » l'ortunat, évèque de Poitiers, adopte cette même dénomination, lorsque, dans sa Vie de S. Germain de Paris, il rapporte la manière dont ce Saint récitait son oflGce en voyage : f Chemin faisant, il récitait toujours le cours tète nue. > S. Boni face de Jlayence, recommandant à ses prêtres d'observer loftlce de TËglise, se sert aussi du nom de cours : Spéciales horas, et cursum Ecclesiœ cusUh- "diani.
Les Grecs donnent à l'office divin le nom de
canon ^ et c'est de là (on le peut supposer encore)
qu'est Tenu l'usage d'appeler canoniales les heu-
res qui le partagent. S. Basile, dans sa règle, dit « assister au canon de la psalmodie, » canoni psalmodiœ. Et, d'après Jean Moschus [Prat. spirit. c. XL), les heures sont la mesure du tribut que nous devons payer à Dieu chaque jour, ainsi que les fermiers payent à leurs maîtres certaines mesures de grain pour les terres qu'il leur a louées : Psalmodia vestra canon appellatur, sicut
Cassien emploie le mot synaxis, « assemblée (Y. l'art. Synaxe), t parce qu'on s'assemblait pour chanter les psaumes ; ce qui équivaut à collecta, que fait lire la règle de Sainl-Pacôme (n. 10). Dans la règle de Saint-Benoit, comme dans d'autres auteurs et dans plusieurs conciles, c'est opus Dei, ou agenda, parce que Toffice divin est réputé Tune des plus importantes actions de l'Église.
Enfin, on l'a encore appelé missa, parce que, à la fin de l'office, on congédiait le peuple, comme on le fait à la fin de la messe proprement dite. Celle dénomination était déjà en usage au commencement du sixième siècle, car le concile d'Âgde, tenu en 506, désigne ahisi (can. m) l'office du matin et celui du soir: In conclusione matutinarum vel vespertinarum missarum.
Le nom de bréviaire ne remonte pas au delà du cinquième siècle ; le Micrologue, qui vivait en 1 080, paraît être le premier qui l'ail employé. Mais la chose que désigne ce mot breviarium, c'esl-àdire brève orarium, c prière abrégée, » est beaucoup plus ancienne. S. Benoit, comme il l'atteste lui-même, avait déjà réduit la prière canonique à une forme plus brève, avant lui, on récitait le psautier chaque jour intégralement ; S. Benoit le divisa de façon qu'il ne fût récité qu'une fois dans la semaine.
Dans un article sur la Prière publique chez les premiers (^retiens, nous avons montré d'une manière générale que, dés le commencement, il y eut dans rÉghse des prières réglées quant au temps et quant aux formules. Nous donnerons ici, sur chacune des heures canoniales, une notice spéciale, mais rapide et succincte, comme l'exige la nature de ce recueil.
Les Juifs partageaient le jour en quatre heures égales, auxquelles ils allaient prier dans le temple : tierce, sexte, none, vêpres. Mous voyons, dans les Actes, les apôtres se conformer encore à cet usage. Us étaient en prière à l'heure de tierce quand le Saint-Esprit descendit sur eux; à l'heure de sexte, S. Pierre monte, pour prier, dans le cénacle de la maison où il se trouve, in superiora (Act. X. 9) ; à riieure de none, ce même apôtre monte au temple avec S. Jean pour y offrir à Dieu la prière fixée ^ cette heure (Act. m. 1); à Philippes en Macédoine, S. Paul et Silas se mettent en prière au milieu de la nuit (Act. xvi. 25).
Telle est bien certainement la première origine et la base des heures canoniques chez les chrétiens ; et les monuments de la tradition la plus rapprochée des temps apostoliques en font foi, tant pour l'Ëgiise d'Orient que pour celle d'Occident. TerlulHen (De jejun. x) fliit mention
OFFI
OFFi
de tierce, de sexte et de none; S. Cyprien (De orat, donûnic,) dit en outre qu*ii faut prier le matin, le soir et pendant la nuit. On trouve des témoignages analogues dans Origène (De orat. xii), dans S. Clément d'Alexandrie (Strom. vu. 7), dans S. Jérôme (EpUL ad Demetriad,)^ et dans un grand nombre d^autres Pères dont l'énumération se trouve dans le traité de Bona nir la psalmodie.
Un passage on ne peut plus clair des Conslitulions apostoliques (vni. 54) prouve que, sur la fin du quatrième siècle, la psalmodie était déjà réglée, dans les Églises d'Orient du moins, à peu près telle qu'elle existe aujourd'hui dans l'Église universelle. Nous citons en latin : Piecationes facile manc^ tertio hora^ et sexta, et nona, et vespere^ al-que ad galli cantum, c faites des prières le matin, à la troisième heure, à la sixième, à la neuvième, le soir, et au chant du coq. »
Le quatrième concile deCarthage, tenu en 598, porte déjà la peine de privation d'honoraires (can. XLix) contre un clerc qui, hors le cas de maladie, se dispense d asbister aux vigiles.
Avant la constitution définitive de l'office divin, il dut y avoir d'assez grandes variétés à cet égard entre la pratique des Églises orientales et celle des Églises occidentales, et même entre les différentes Églises de la même langue et du même rit. Nous retrouvons néanmoins dans rantiquilé tout l'ensemble des heures tel qu'il existe aujourd'hui.
1. — Matines et laudes. Ce fut d'abord la nécessité qui, pendant les persécutions, obligea les chrétiens à s'assembler la nuit pour prier, antelucanis cœtibus, dit Tertullicn (De coron, m. Apolog. n et passim). Quand la paix fut donnée à l'Église, elle continua cette pratique, soit pour nourrir la piété chez les ascètes, soit pour assigner aux laïques eux-mêmes un temps plus opportun pour la prière et plus favorable à la dévotion.
Les anciens divisaient la nuit en quatre veilles, de trois heures chacune, qui étaient mesurées par la clepsydre ; car, comme les Romains ne connaissaient point les horloges solaires ou autres, dont, au dire de Polidore Virgile (De invent. rer. v. n. — Cf. Pelliccia. i. 222), on ignore l'origine, ils se sei*vaient d'hydrologes, qu'on a appelées clepsydres ; c'étaient certains vases où Ton mettait une qu«)ntité d'eau donnée, laquelle, en s'échappant goutte à goutte, marquait l'intervalle des heures. Il est probable que les chrétiens se servaient aussi de cet instrument dans leurs églises pour partager la nuit en veilles égales, qu'ils appelèrent, selon leur ordre, première, seconde, troisième, quatrième veille. Leur première veille commençait à l'heure de vêpres, la seconde à minuit, la troisième au chant du coq, la quatrième au crépuscule du matin. La nuit étant ainsi divisée, on chantait des psaumes particuliers à chacune des trois premières veilles (V. Belet. Explic. divin, offic. c. XX. — Cf. Pell. ihid.) : de là le premier, le second, le troisième nocturnes. A la quatrième >eille, qui se terminait au lever du soleil, enchan-
tait matinesj matuiinum (de matutay qui veut dire aurore. Forcellini. Lexic. ad h. v.). qui contenait les psaumes que nous appelons lauda, et dont le premier était le soixante-deuxième, appelé dans les Constitutions apostoliques (tui. 55) psalmus matutinus, ^%>^hi 6^%pv»6i, à raison de son début : • Dieu, 6 mon Dieu, je viens à toi dès Taurore, > Deus, Deus meus, ad te de luce vigilo. Nous savons encore ce fait intéressant par S. Chrysostome, S. Athanase et Cassien, qui font ressortir les motifs d'un tel choix. Il est remarquable que ce psaume est aujourd'hui encore le premier de rolTlce de laudes.
Au cinquième siècle, ou à peu prés, la primitive piété des chrétiens s'élant déjà attiédie, ilân'às:ii<talent plus aussi assidûment à toutes les veilles de la nuit. Dès lors, peu à peu s'introduisit l'usage de ne s'assembler à féglise qu'à la quatrième veille. et de réciter tout d'un trait la psalmodie entière : c'est de là que le nom collectif de matines, matutinœy fut donné à fensemble des nocturnes. Its moines eux-mêmes paraissent s'être mis, dès l.i même époque, à chanter ensemble les nocturiieN et laudes à fheure matinale, malutina hora. Ilt'i: fut 'de même aussi dans toutes les Églises dXVcident, hormis celle de Rome, Depuis le quatrième siècle, chaque nocturne eut trois psaumes, selon le nombre des heures de la veille. Pour la même raison, on en chantait trois aussi à landes (Y. Sozom. Hist. eccl. m. 45).
IL — Prime, tierce, sesie et none. Cesl ce qu** nous appelons les petites heures.
Prime fut autrefois aussi appelée « maline -, matutina. Son institution, si nous en croyons CdSsien, serait moins ancienne que celle des autrts heures canoniales, car ce Père affirme qu'elle prit naissance de son temps, c*est-à-dire au cinquième siècle, dans le monastère de Bethléem ^Cassian. Instit. ni. 2), et elle fut adoptée surtout chez k^ Latins. Cette heure ne serait-elle point celle qui est communément désignée sous le nom de oraUo dilueuloy dans les Constitutions apostoliques (mu. \\ par S. Basile (In Reg. fus. disp. interrog. inw. — Cf. ihid.) et par d'autres Pères encore? CVsl là une question encore pendante parmi les lilurgistes. Pelliccia (Ibid. 2*26) est d'avis que les témoignages des Pères mûrement pesés autoriseol à penser qu'il s'agit ou de laudes, ou de la psalmodie domestique, car ils ne font aucune mention de l'heure de prime. Ce n'est qu'au douzième nécle qu'il est question de la récitation à prime du symbole de S. Athanase (Durand. Ration, dit. cit. V. 5).
Tierce^ comme le supposent évidemment le< autorités que nous avons citées en commençanK a fait partie de l'ofTice divin dès le berceau de itglise. Les anciens et les modernes ont chercb^' à expliquer par des raisons mystiques la prèfêrenct accordée à cette heure pour la psalmodie. 11 o^^^ pas douteux que, en consacrant à la prière 1<^ heures de tierce, de sexte et de fio;if ,on n'ait eu ea vue d'honorer ceux des mystères de la relijni'O
OFFI
OFFI
qu'elles rappellent. Nous devons croire que S. Cyprien interprèle fidèlement les sentiments de r£^lise primitive, lorsqu'il di t (De ofïi(. domin,) qu'on prie à tierce pour honorer la descente du $ainl>Esprit, à sexte le crucifiement de Notre-Seigneur, à none sa mort, etc. Mais, tout en tenant compte de ces considérations mystiques, on ne saurait nier que TÉglise n'ait eu aussi égard en cela à la distribution civile du jour, qui était le seul moyen de s'entendre pour la fixation de l'heure de chaque office. TertuUiea finsinue assez clairement (Dejejun. xiv).
Quoi qu'il en soit, chacune des petites heures se composait de trois psaumes. Nous le savons pour le cinquième siècle par Cassien (Ibid,) et pour le sixième par S. Benoît (Reg. xvu).
Sex/e. Les chrétiens psalmodiaient encore à la siiiéme heure du jour. Or, dès le quatrième siècle, lun des trois psaumes atïectés à cette heure était, au témoignage de S. Basile, le quatre-\ingt- (jiiièrae, qui aujourd'hui .se récite à compiles dans le bréviaire romain : • Celui qui demeure sous l'assistance du Très-llaut, se reposera sous la protection du Dieu du ciel, • qui habitai in adjiûorio AWuimi, in prolectione Dei cœli commorabitur. L'heure de lex/e, étant celle oiî le Fils de Dieu fut êleTé en croix, était sanctifiée, non-seulement par la psalmodie, mais encore par les pleurs et les supplications des fidèles (Athanas. loc. laud), ;Yofie, c'est-à-dire la neuvième heure, étant celle oà le Christ rendit son âme à son Père, fut déjà consacrée à la prière par les apdtres (Acl, m) ; les chrétiens respectèrent celte tradition (ConsL ap, Tui. 34. etc.).
Nous ignorons quelle était la distribution des psaumes aux heures canoniques pendant les trois premiers siècles. La division que TÉglise adopta dés le cinquième et qu'elle suit encore aujourd'hui, parait avoir été faite au quatrième en Orient, sous l'empire de Théodose l'Ancien (Walfrid. Strab. De reb. eccL xxv). Hais on sait d*une manière certaine que c'est depuis S. Pacôme que les psaumes sont fixés au nombre de trois pour chacune des heures canoniques (Sozom. Hist, eccL m. 13). Et c'est aussi au quatrième siècle qu'elles furent appelées canoniqueêt à raison- du canon ou ^e la règle ecclésiastique prescrivant le nombre <ies psaumes à réciter à chaque heure (Rufin. in ViL PP. I. ni. c. 5).
III. — Vêpres et compiles, « Vêpres se fait, dit S. Augustin (Serm. in pe. xxu), quand le soleil se couche , » vespera fit, quando sol occidit. Le nom de vêpres vient, d'après S. Isidore de Séville (De eccL aff. c. xxu. EtymoL 1. vi. c. 35), de l'étoile appelée Yesper, qui se lève lorsque le soleil tombe. • La coutume de psalmodier au coucher du soleil a toujours été en \igueur dans i'Ëglise depuis son origine, et le nom de vêpres fut de très-bonne heure assigné à la psalmodie de cette heure. Nous en avons pour témoins les ConsUtU'lions apostoliques (xiu. 31), S. Basile (0/>. et loc. kud.), le concile de Luodicée (c. xvui), S. Am-
broise (L. m. episl. n), S. Jérôme (Ad Eusloch, de custode virg. — Epitaph, Paulœ).
Tous ces témoignages prouvent qu'autrefois la psalmodie de vêpres, vesper/iita, avait lieu après le coucher du soleil Aussi, soit en Orient (Socrat. Hist, eccL v. 21), soit en Occident (liieron. Com^ ment, in psalm. cxvui. — Cassian. De instil. mon. III. 6), l'heure de vêpres fut-elle appelée lucernarium, Xuxvtxov, ou hora lucernaria, parce qu'on allumait les flambeaux pour cet office : Accensa lucerna^ dit S. Jérôme (Epist, ad Lœtam), vesper» tinum Deo redditur sacrificium; les Constitutions apostoliques, après avoir prescrit pour vêpres le psaume cent -quarantième (n. 59), le nomment (vui. 35) psalmum lucernalem, tôv JirtXûxvtcv ^9.Xu.qh. On sait aussi que celle des hymnes de Prudence (Cathemerimon. v) qui était destinée à être chantée à cette heure est intitulée Ad incensum lucernœ. On continua à peu près uniformément à chanter vêpres après le coucher du soleil chez les Grecs, comme chez les Latins, jusqu'au huitième et au neuvième siècle (Beda. 1. m In Esdr. c. 28. — Amalar. De off. eccL iv. 7); ce n'est qu'à partir de cette époque que s'introduisit en Occident l'usage de rÉglise de Rome, qui récitait vêpres immédiatement après none, avant le coucher du soleil. Et l'histoire nous apprend (Theodoret. De vit. PP. c. n) que cette pratique était aussi celle de certains moines de l'Orient. Elle devint universelle après le neuvième siècle. L'Église de Milan dit encore les vêpres le soir, selon l'ancienne discipline» et ne les termine qu'aux flambeaux (Y. Grancolas. Traité de l'off. divin, p. 348).
Autrefois le nombre des psaumes qui se récitaient à vêpres était plus considérable qu'aujourd'hui : il était de douze aux quatrième et cinquième siècles chez les moines, bien qu'alors les psaumes de complies fussent récités en même temps que ceux de vêpres, comme nous l'apprennent Sozomène (loc, laud,) et Cassien (De cant. noctum. oral. 1. u. c. 56). Au sixième siècle, ce nombre fut réduit eu Occident à quatre ou à cinq : c'est ce que prouve la règle de Saint- Benoit (c. xviti) qui, pour les choses Hturgiques, s'écartait très-peu de la discipline commune de son temps.
Les anciens ne parient pas de complies, car l'heure de vêpres était la dernière psalmodie du jour, comme nous l'avons vu ; et les psaumes qui aujourd'hui se disent à comphes étaient propres à vêpres, comme semble le supposer au quatrième siècle S. Basile (In reg. fus. disp. loc. laud.), qiii, en parlant de vêpres, « alors que s'étendent les premières ténèbres de la nuit, > dit qu'il faut alors chanter le quatre-vingt-dixième psaume. Qui habibat in adjutorio AlHssimi , psaume que nous chantons à complies. Les ténèbres dont parle ce Père doivent s'entendre du crôpu>cule du soir; car rhymne de complies porte, Lucis ante termi^ num, • un peu avant le terme de la lumière. » Après le cinquième siècle, en Occident, on commença à séparer complies de vêpres, et nous pouvons conclure des termes de la règle de Saint-Be-
OFFI
OFFI
noit (loc. laud.) que celte pratique était vulgaire au sixième siècle parmi les Latins. Autrefois, cornplies se coinposaient des trois psaumes du bréviaire romain actuel, c'est-à-dire du quatrième, du quatre-vingt-dixième, et du cenl-trente-troisième; ce n'est qu'au neuvième siècle qu*on y ajouta le trentième psaume.
Appendice, — Nous n'avons parlé jusqu'ici que des psaumes qui forment la partie essentielle et la plus notable de la prière publique de TÉglise. Mais les heures canoniques admettent encore dans leur composition d'autres éléments, dont nous devons en quelques mots faire connaître la véritable origine.
1** Les versets, versus. Nous désignons par ce terme la prière ou acclamation formant le début des heures canoniques. 11 y en a deux principaux : celui par lequel s'ouvrent toutes les heures : Deus, in adjutorium meum intende.,., et celui qui est spécîjl à complies : Couverte nos y Deu8,salutaris noster,...
On les appelle versets, versus, non parce qu'ils tiennent dans une seule ligne, comme quelquesuns l'ont avancé, mais parce qu'ils sont comme la tête ou le chef, caput, des heures. Ainsi, on a dit que les saints Évangiles se composent de onze cent soixante-deux chefs, capilibus, ce qui veut dire versets, parce que lei anciens avaient coutume d'écrire chaque verset à la ligne, afin qu'ils fussent séparés les uns des autres (Vossius. ad voc. Capitula).
Quant à l'usage de commencer les heures par le verset Deus, in adjutorium, on a voulu, mais sans fondement, le faire remonter jusqu'au pape Damase. Cassien est le premier qui en fasse mention (Collât. X. IC), et encore n'estil pas très*sûr que ce soit à propos des heures canoniques. Ce qui est parfaitement constaté, c'est que cette pratique liturgique date au moins du sixième siècle. S. Benoît la prescrit formellement dans sa règle (c. ix); et du temps du saint fondateur, le verset Domine, labia mea aperies se disait après le Deus, in adjutorium, lequel ne fut reçu à matines que plus tard.
Le verset de complies, Couverte nos.,., est d'institution récente; personne que nous sachions n'en avait parlé avant Durand , qui vivait au treizième siècle (Rational. v. 2); ceux qui ont voulu lui assigner une ancienneté plus reculée basent leur opinion sur des raisons mystiques, plutôt que sur les données positives de l'histoire (Cf. Turrecremat. In reg. i Benedict.).
2** Les leçons, lectionbs. La lecture des leçons fut toujours et partout entremêlée à la psalmodie. Primitivement, chaque psaume était suivi d'une leçon; il en était du moins ainsi au quatrième siècle dans quelques églises d'Orient (Concil Laodicen. c. lix). En général néanmoins, ce n'était qu'après chaque nocturne qu'on lisait un chapitre de l'Ancien ou du Nouveau Testament. Et ces leçons étaient fixées pour chaque saison de l'année, de telle sorte que, au témoignage de S. Augustin
(Prœfat. in Epist. 1 Joan.), il n'était pas permis de les remplacer par d'autres. Aussi voyons-nous dans les œuvres des Pères (Ghrysost, homil. uni. Ad pop. Antioch.) que, dès le quatrième siècle, les Actes des apôtres étaient lus dans le cours de la psalmodie (Y. notre art. Pentecôte) ; et l'Eglise est restée fidèle à cette pratique.
Au septième siècle, comme il parait par le troisième concile de Constanlinople (c. lxiii), les Grecs commencèrent à substituer quelquefois, dans la psalmodie, les actes sincères des martyrs à TÉcriture, usage qui ne pénétra qu'au neuvième siècle chez les Latins; c'est alors que s'introduisirent dans l 'office les saintes histoires et les homêlie^i des Pères (Joan. Diac. Vit. S. Greg. Prœfat). Ce^l aussi dans les liturgistes du neuvième siècle que se lit pour la première fois le Jubé, domne, bent' dicere, formule par laquelle le lecteur demande la bénédiction au président (V. en particulier Amalaire. De eccl. off. iv. 3). Dans l'antiquilé proprement dite, avant que la leçon commençât, le diacre réclamait le silence à haute voix, clara voce, dit S. Augustin [De civii. Dei xxu. 8. — V. etiam Kmbros. Prœf. inPsalm. — Isid. Hispal. De eccl. off. 1. 10), et alors tous, pour se préparer à entendre la leçon, se munissaient du signe de la croii, et s'asseyaient (Amalar, op. cit. m. W). Nous rappelons pour mémoire (car ceci est en deliors de nos limites) que le verset Tu autem. Domine, miserere nostri, qui termine la leçon, est une pratique du douzième siècle.
3" Les capitules, capitula, ou capitelu. On appelle de ce nom les leçons qui se récitaient dans la psalmodie diurne, et qui étaient plus courtes que les chapitres dont la lecture intégrale arait lieu à l'ofiice nocturne; les capitules, emprunlês, eux aussi, à l'Écriture sainte, ne paraissent dans la psalmodie qu'au sixième siècl« (Coneil. Agaih. anni 506. can. xxx). Il est vrai de dire oéanmoios que, à cette époque relativement antique, il ) avait, même dans les heures du jour, des leçons plus étendues que les capitules proprement dits.
4* Répons, RESPOïisoRiA. L'opinion vulgaire allribue aux Italiens, et à une époque peu reculée, 1 invention des répons qui suivent les leçons. On a été probablement induit à le supposer par le mol raponsorium, qui n'est pas d'une latinité bien pore. Il n'est pas moins incontestable que la règle de Saint-Benoit (cap. ii) fait mention des responsoria et que par conséquent l'usage en existait déjà au sixième siècle, au moins en Occident.
5" Les cantiques, CAunci. On désigne ainsi, quant à l'office canonial, les odes des prophètes. de Moïse, d'Ëzéchiel, de Zacharie, d'isaîe, des trois jeunes Uébreux dans la fournaise, — de la Sainte Vierge, et de Siméon, auxquels on ajoute le Te Deum.
C'est depuis le cinquième siéde que les cantiques furent ajoutés à la psalmodie; mais on ignore dans quel ordre ils étaient disposés. Nous voyons, toujours par la règle de Saint Benoit (cap. xi). qu<^ quelquefois au sixième siècle, chez les moines i
OFFI
OFFI
Fabbé désignait à son gré ceux de ces cantiques
qui devaient être chantés. Le Magnificat ne paraît
pas dans la psalmodie avant le neuvième siècle ;
imalaire est le premier qui en fasse mention (iv.
5 et 12). Le 7e Deum^ dont on fait honneur, mais
5ans preuve suffisante, à S. Augustin et à S. Àm-
broise (Mabillon. Analeci. t. m ..*.), se chantait
déjà au sixième siècle, à la psalmodie nocturne,
avant la lecture de l'évangile (V. Reg. S. BenedicU