II. — S. Greg. Hagn. Dial. 1. iv. c. 4. ^ Y. aussi
n4>tre art. Te Dewn).
6. ArUienne9^ aktiphoii£, du grec àvn^dv^, vox reciproca^ • voix alternative, dit S. Isidore de Seville [(hig. xi. 18), qui se chante à deux chœurs.» D'après cette définition, on voit que, anciennement, on désignait sous le nom générique d'anûenne le chant des psaumes exécuté alternativen:en( par des chantres distribués en deux chœurs; ettout p:aume ainsi chanté s'appelait antienne, soit chez les Grecs, soit chez les Latins (Sozom. //»^ eccl. vu. 8). Mais au sixième siècle on appliqua le nom d'antienne au verset qui précède iinlonalion du psaume (Àmalar. iv. 7) ; et on Télendit encore, vers la même époque, à cet autre verset que nous appelons invûaioire à matines : OQ le voit également et dans la règle de Saint- 6(>noit (cap. ix) et dans l'ordre romain.
7* Lu hymnes^ htmhi (m noi), de upiv^w, celebro, >je célèbre. > S. Augustin définit les hymnes « des chants contenant les louanges de Dieu, » kffmni cantus tant continentes laudem Dei (Augustin./n/ua/ni. Lxxn). La définition qu'en donne à son tour S. Isidore de Séville (De offic, i. 6) exprime d'une manière plus précise la forme métiique qui caractérise ces chants : cabnima quœcum- 9«e m laitdem Dei, hymni dicuntur.
L'usage des hymnes dans TËglise est aussi ancien que rÉgUse elle-même. Les plus beaux génies de l'antiquité chrétienne se sont exercés dans ce genre de composition. Qui ne connaît la magnifique hymne au Christ de S. Clément d'Alexandrie? irt^fiicv itcéXwv ô^ottv.... • frein des jeunes coursiers indociles, aile des oiseaux qui ne s'égarent pas, gouvernail véritable des navires, pasteur des agneaux du roi ; réunis tes chastes enfants, pour que saintement ils louent, pour que, d'une voix pure, ils chantent avec candeur le Christ, conducteur des enfants, Roi des Saints, Verbe tout-puissant du Père très-haut, arbitre de la sagesse, étemelle colonne des travaux : Sauveur de la race humaine, Jésus : pasteur, laboureur, gouvernail, frein, aile céleste du très-saint troupeau.... » Hais c'est surtout depuis le quatrième siècle qu'abondent ces chants sacrés. C'est alors qu'apparaît Synésius, cet évêque philosophe de Plolémais, qui met au service de la foi chrétienne le génie des Grecs dont il est tout imprégné et célèbre dans des vers pleins d'élégance et d'harmonie la grandeur de Dieu, son ineffable puissance, sa triple oailé, la rédemption des âmes, la fin des sacrifices ^nglauts, et le commencement d'une loi plus douce pour l'univers; cliants sublimes dont plus
d'une fois s*est inspiré notre Lamartine, celui de tous les poètes modernes qui se rapproche le plus de Synésius par les affinités de son génie. C'est alors que brillent & Grégoire de Nazianze, S. Paulin de Noie, Prudence, etc.
On a souvent affirmé que les hymnes de ces grands hommes n^étaient point destinées à l'usage de l'Église. Une telle assertion nous parait trop absolue pour tous, et tout à fait inexacte pour Prudence, dont plusieurs des chants quotidiens, cathemerinon, furent certainement affectés à l'office divin, et figurent aujourd'hui même encore dans le bréviaire romain. On peut citer en particulier celui de la fête des Innocents pris dans Thymue sur l'Epiphanie (Cathemer. xii. v. 125 seqq.) : Salvete, flores martyrum.... qui se dit à laudes.
Aucune incertitude de ce genre n'exbte au sujet des chunts de S. Ambroise; S. Augustin {Confess, IX. 12) atteste formellement qu'ils étaient chantés à l'église ; il cite spécialement en plusieurs endroits de ses œuvres l'hymne commençant par ces mots : Deus^ creator omnium, et une autre encore qui avait pour objet la pénitence de S. Pierre après le chant du coq [Retract, i. 21). Quelques critiques lui attribuent aussi plusieurs de celles qui sont insérées dans le bréviaire. Dom Ceillier (t. vn, p. 566), d'après les autorités les plus hûres, lui en donne douze dont il cite les titres, et on en trouverait plus de cinquante autres indiquées dans différents auteurs avec plus ou moins de fondement.
S. Uilaire de Poitiers avait aussi, au témoignage de S. Jérôme (Scrift. eccl. c. cxi), écrit un volume d'hymnes, qui furent adoptées par les plus insignes Églises d^Espagne, comme il parait par le quatrième concile de Tolède (can. xu), dont les pères approuvèrent ces hymnes et en confirmèrent l'usage. De toutes ces pièces, une seule reste : c'est une hymne pour matines, exhalant le parfum le plus pur de la piété antique. S. Uilaire l'avait adressée à sa fille Abra, comme un tendre souvenir : Ut mentor mei semper sis. Elle commence par ce vers : Lucis largilor optime, et se termine par la doxologie suiv:inte, que quelques critiques (V. Uist, litt, de la France, t. i. p. 154, B.) croient avoir été ajoutée après coup :
Gloria libi, Domine, Gloria Unigeiiito, Cum Spii'iUi paraclito Nunc et per omne sasculum.
« Gloire à toi, Seigneur, gloire au Fils unique, avec l'Esprit paraclet, mainlenanl et en tous les siècles. •
S. Sidoine Apollinaire (Lîb. iv. epist. 11) nous apprend que Claudien Namertin (Mamercus), qui vivait au cinquième siècle, fut auteur de plusieurs hymnes, dont une surtout est de la part du saint évêque d'Auvergne l'objet d'éloges enthousiadtes, et bien significatifs sous la plume d'un homme si lettré. On croit que cette pièce n'est autre que
D'aulres hymnes Turent composas pour des Eglises pnriiculiëres par de snranU liommes, tels que Népos, Athénogène, S. Ëphrem, etc. ; mais J! ne reste de ces ouvrages qu'un soiiTenir, et ce r|ue les historiens, el en paniculier tlusèhp, noQS en disent est trop Tsgue pour que nous puissions en tenir un compte sérieux. Une femme célèbre, Helpis, femme de Boèce, a bissé deux hymnes en l'honneur de S. Pierre el de S. Paul, ilhllppric, roi de Soissons, fils de Clotaire I", en avait aussi composé, mais elles n'ont jamais été en usage dans l'Église (V. Areïalo. Hymnodia, hùpanica, p. 107).
L.! pratique des Eglises quant à 1 jnlrodiiction des hymnes d.ms l'onice divin n'a pas toujours été uniforme. Quelques-unes, tenant pour priii~ cipe que l'ofllce ne devait admettre que des choses tirées de l'Écriture, en exclurent absolument la poésie et toute composillon humaine. 0'i;st la doctrine du premier concile de Brague (can. ixxii), tenu en 51)3. D'autres moins rigides , el se pi-évatant de l'exemple de Jésus-Chnsl, des apôtres, et encore de celui des Saints dont nous avons rappelé les œuvres, en adoptèrent l'usage, et, en 635, le quatrième concile de Tolède donna sa sanction (t celte pratique, l/une et l'auire, du reste , peut s'autoriser d'exemples respeclables tirés de l'anliquilé.
Quoi qu'il en soit, les écrivains antérieurs au sixième siècle nefont mention que des hymnes de mnlines et de vêpres [Hieron. In ptalm. lxiv, — Sacrât. Hitl. eccl. vi. 8). Ce n'est tjue depuis celle époque qu'on commença à en réciter à toutes les heures {Reg. S. Beneilict. loc ult. cit.).