‹ Dictionnaire des antiquités chrétiennes [microform]Chapitre 198 sur 281 · OISE · texte numérisé non relu

OISE

OISEAUX. — En outre des colombes qui jouent un rAle si important dans la symbolique deTantiquité dirétienne (V. l'art. Colombe], on rencontre sans cesse dans les chapelles et autres lieux des catacombes des oiseaux au vol ou au npos (V. Aringhi. i. p. 569. ii. p. 63 et passiml Nous donnons ici pour exemple le croquis d'une fresque empruntée à )a Rome totUerram de II. De' Rossi (t. t, lab. xiv). Hais rien n'est >ussi

gracieux en ce genre qu'une peinture de voû^e dr' la crypte historique découverte na$;uère au rimeliére de Prélexlal (V. De' Rossi. BulM. lSG5.p.5i. lu milieu de gniriandes de roses el d'épis de blé. on voit unemuUilude denidsoù de petits oiseatii attendent ou reçoivent la becquée de leurs mérf. Cette peinture se trouve reproduite à l'anicl^ SaitoM (ht quatre), où nous prions le lecteur .le se repoiler. Mais nous ne résistons pas au plaisir de mettre sous ses yeux dés à présent un sujet analogue, quoique beaucoup moins cvmpliqué -. c'est une charmante fresque du cimetière dp Sainte-S^lère que H. De' Rossi publie dans klrorsième volume de sa Romt umlrrrainr (lab. iiiil récemment mis au jour, et où des oi^eaul se jouent à travers des pampres chargés de fruits.

Cest la une élégante décoration imitée de l'antique el digne des meilleurs temps de l'art romain. Quelquefois les chrétiens ont voulu, pense-t-«n, retracer ainsi une figure allégorique de l'asc-însion du Sauveur, et on cite à l'appui un passage de S. Grégoire qui a signalé celte analogie (Komil. XIII. In Evong.) : Avii recle appellatiu eil Dominai, qaia coTpui carneta ad œtliera liberatit.

• c'est avec raison que le Seigneur a été apH' oiseau, parce que son corps a été enlevé dani !<>

C'était peut-éire aussi ia représentation jjnilwtique des jmes des martyrs et des fidèles f ^' néral, lesquelles, en s'échappant de leurs corpsi" milieu des tourments ou simplement des tribulations de la vie, pouvaient dire avec le Propli^'^

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ih, cuiu. 6) : Anima mea sicui paner erepta est ^^ laqueo venanlium : laqueui corUriius est, et nos ^^/i sttmii«, • mon âme, comme le passereau, ^êlé arrachée au filet de Toiseleur : le ûlel s^est twapu, et nous avons été délivrés, t Nous savons, en ^el, que, dés les premiers siècles, les oiseaux furent regardés comme le symbole des martyrs : Aliacaro wlucrumj dit TertuUien, id est marly^ Tunqui ad superiora conantur (De resurrect. ui), t autre est la chair des oiseaux, c'est-à-dire des martyrs, qui dirigent leur vol vers les régions supérieures. > Que, sur les tombeaux, les oiseaux soient le symbole de Tàme des défunts, c'est ce dont on ne peut douter devant un très-ancien marbre de Rome (De' Rossi. Inscr. 1. 1. n. 957) où sont gravés deux oiseaux sur les tètes desquels se lisent les noms de deux personnes ensevelies dans le tombeau : benera et sabbatia.

De:> oiseaux dans des cages se trouvent de temps en temps peints sur les parois des cimetières, ou

dessinés au trait sur des vases de verre, tels que celui qu'a donné Boldetti (p. 154. tav. vi). On suppose qu'ils représentent l'âme humaine emprisonnée dans les entraves corporelles, ou bien encore les martyrs sous la pression de la cruauté des tyrans. Quoi qu'il en soit, Tusage de cette allégorie !>'esl conservé longtemps dans l'Église. 11 nous en reste un double exemple dans la mosaïque de la (ribuue de Sainte-Marie in Trasievere. L'une de ces cages est placée près du prophète Jérémie, avec cette inscription : Christus Dominus captus ftl in peccatis nostrisj « le Seigneur Jésus-Christ J été pris dans nos péchés, • ce qui est une allusion à la passion du Sauveur ; l'autre prés d'Isaîe avec ces mots : Ecce virgo concipiet et pariet filium, • voici qu'ufie vierge concevra et mettra au monde un ûls, > mots qui se rapportent à son incarnation, par laquelle il fut renfermé neuf mois dans le sein virginal de Marie, comme l'oiseau dans sa cage.

Aujourd'hui encore, à la cérémonie de la canonisation, on olfre au pape, entre autres présents, des oiseaux renfermés dans des cages, lesquels rappellent, bi Ton en croit Francesco Penia cité par Boldetti (Osservaz, p. 25), les vertus et les mérites des Saints.

Iles oiseaux, réels ou chimériques, étaient, comme pur ornement, peints très -fréquemment sur les parois des églises primitives, sculptés sur les sarcophages, les diptyques (Y. Paciaudi. De cuit, S. Joan. Bapiist. p. ^60), etc., brodés sur les voiles des temples, sur les vêlements sacrés, etc. ^oyez, pour compléter ces notions, l'article intnaux représentés sur les monuments chrétiens.

03(CTIO]f (l'extrême-). — Dans l'Église la-

tine, ce sacrement fut appelé, tantôt sacramentum exeuntium^ c le sacrement de ceux qui sortent (de cette vie), » tantôt unctio sanctiolei, f l'onction de l'huile sainte, > ou bien unctio sacra, • l'onction sacrée ; » le nom ^extrême-onction a prévalu, il est seul en usage aujourd hui. Chez les Grecs, il fut nommé, soit dtfiov {Xaiov, « l'huile sainte, » soit iùxfiA.at6v, mot composé qui veut dire prière accompagnée d*huHe.

L'institution d*aucun sacrement n'est exprimée, dans le Nouveau Testament, avec plus de clarté que celle de l'extrème-onction. « Quelqu'un est-il malade parmi vous, dit l'apôtre S. Jacques, qu'il appelle les prêtres de l'Église, et qu'ils prient sur lui, l'oignant d'huile au nom du Seigneur, et la prière de la foi sauvera le malade, et le Seigneur le soulagera : et s'il est en état de péché, ses péchés lui seront remis, > ungentes eum oleo

in nomine Domini; et oratio fidei salvabit infir^ mum; et si in peccatis sit, remittentur ei (Jac. V. 14. 15). Ces paroles énoncent nettement Teffet spirituel et l'effet corporel de l'onction sainte.

Il est peu parlé de ce sacrement chez les écrivains des trois premiers siècles ; la raison principale de ce silence se tire de la discipline du secret qui portait principalement sur la doctrine et les rites des sacrements (V. l'art. Secret [discipline du]), La seconde, c'est que, en ces temps de persécution, bien peu de chrétiens mouraient dans leur lit, et que pour eux le martyre tenait lieu de tout le reste. Mais depuis le troisième siècle il existe une tradition constante au sujet de l'exlrèmeonction. Parmi les Grecs, nous avons le témoignage d'Ori^ène (llom, ii In Levil.), qui parle, comme le ferait un père du concile de Trente, de la rémission des péchés par la pénitence et Textrème-onction, et cite textuellement le passage de S. Jacques. S. Ghrysostome (L. m De sacerd.) rapporte le même texte sacré, et, fai>ant en outre appel à la pratique de l'Église, il présente l'extrème-onction comme un moyen divinement éiabli pour remettre les péchés. Victor d'Antioche et S. Cyrille d'Alexandrie ne sont pas moins formels.

Parmi les Latins, on invoque surtout l'auloritc du pape Innocent I", qui, interrogé sur le sens de rÉpitre de S. Jacques, répond (Ep. ad Décent, vin) : • Qu'il n'y a pas de doute que les paroles de cet apôtre ne doivent s'entendre des fidèles malades que l'on doit oindre avec de Thuile consacrée par l'évêque. * Le témoignage de S. Augustin et celui du sacramentaire de S. Grégoire achèvent d'établir d'une manière indubitable la foi de l'Église primitive à cet égard (Augustin. Serm, ccxv. De temp, — Sacr, Gr. Off, fer. in Cœna Domini). Fortunat de Poitiers {Vit. S. German, Paris, xvi) rapporte Thistoire d'une femme guérie par l'onction de l'huile que lui avait appliquée S. Germain de Paris. S. Grégoire de Tours raconte plusieurs faits de la même nature.

Les évoques et les prêtres furent toujours les ministres de ce sacrement. Prenant à la lettre les paroles de S. Jacques : Inducant presbijteros Ec-

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