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cîeiiœ. Il parait que dans le principe on appelait plusieurs prêtres pour donner simultanément les onctions; et cette discipline se conserva longtemps, car Gharlemagne, comme nous lisons dans sa Vie pur le moine d^Ângoulème (cap. xiiv), fut administré par plusieurs évèques. Innocent 111 a défmi qu'un seul prêtre suHit pour conférer le sacrement de rexlréme-onction.

On ne saurait dire au juste sur quelles parties du corps se faisaient les onctions dans les temps anciens. La discipline, sur ce point, n'était pas la même chez les Grecs que cliez les Latins ; elle a varié même dans TÉglise latine. In seul point est parfaitement constaté, parce qu'il est énoncé de la même manière dans toutes les éditions du sacramentaire de S. Grégoire : cest qu'on faisait les onctions en forme de croix (V. Grnncolas. Antiqmt. des cérém. des sacrem. p. 550). 11 parait qu'outre celles qui étaient tracées sur le front et sur quelques uns des sens, on oignait aussi les parties du corps où le malade ressentait de la douleur.

L'huile des infirmes était renfermée dans une espèce de tabernacle pratiqué dans une des nmrailles du sanctuaire. Il en existe un remarquable exemple dans Téglise de Sainte-Gécile à Uome. Le tabernacle est pratiqué dans un pilastre, et orné de deux colonnes engagées et d'un entablement en mosaïque. Le vase qui la contenait atTectail diverses formes, qu'il serait aujourd'hui bien difficile de déterminer. Mabillon (It. Ual. i. p. 217) atteste en avoir vu un en forme de bélier au monastère de Bobbio. Mais nous ne pensons pas que cet objet ait rien de commun avec l'antiquité proprement dite.

ORAISON DOMINICALE. - Les premiers chrétiens la regardèrent toujours, non pas seulement comme une méthode, mais bien plutdt comme une formule hiératique de prière, qui doit être récitée textuellement, telle qu'elle est sortie de la bouche du Sauveur. C'est l'enseignement de tous les Pères. Ainsi, TertuUien (De oral, cl): « Notre- Seigneur a déterminé aux nouveaux disciples du Nouveau Testament une nouvelle formule de prière. • S. Cyprien (De orat. dominic.) :

• Le Seigneur lui-même nous a donné la formule

de prier Sachons, d'après l'enseignement du

Seigneur, comment nous devons prier. » Aussi l'Église l'a-t-elle, dés .le principe, placée dans tous ses offices.

1" Dans l'administration du baptême. Le nouveau baptisé la récitait en sortant des fonts :

• Après cela, étant debout, il dit foraison que nous a enseignée le Seigneur, » portent les Consti' luttons apostoliques (yii. Ai. — Vid. etiam Ckrysost, Eom, vi). Au Odèle seul, à l'exclusion de tous, même des catéchumènes, il était permis de la prononcer, parce que seul, en sa qualité d'enfant de Dieu par le baptêuie, il a le droit d'appeler Dieu son père. Elle était proprement et exclusivement Voraison des fiilèles, w^ti :no-.wv, comme inexprimé

S.Chrysostome. Aussi les catéchumènes, en priant, bien qu*ils eussent les bras étendus, comme le$ fidèles, devaient-ils tenir la tète un peu incliné'», tandis que les baptisés élevaient les yeui vers 1^ ciel, où réside leur Père.

2" Dans la célébration du sacrifice encliari^iique. Nous savons par S. Augustin (Homil. lxxihi} e( S. Jérôme (Conir. Pelag. 1. ni. c. 5) pour TÉglise latine, par S. Cyrille de Jérusalem (Catech myUag. v) et S. Chrysostome (Homil., in Eutrop.) pour l'Église grecque, que fOraison dominicale a toujours fait partie essentielle de la prière liturgûiue. Les paroles de S. Jérdme sont remarquables : • Dieu a enseigné à ses apôtres à dire tous les jours avec foi, au sacriOce de son corps : Notr«; père, qui es au cieux.... » 11 faut observer cependant quelques légères différences de rites d«iiis les diflérentes contrées. Ainsi, dans VÈi;lise grecque, comme dans la gallicane, elle était récitée simultanément à la messe par le prêtre et par totit le peuple, tandis que, dans les autres, et en p.irlieu lier dans la romaine, le prêtre seul prononçait la formule sacrée (Y. Mabillon. 1. vu. ep. 6&). Il existe dans la liturgie mozarabîqne une ) r»tiqi;o toute spéciale : le prêtre seul articule à hante voix rOraison dominicale, mais les fidèles répondent amen, pendant une courte pause que fait le célébrant après chacune des demandes dont die se compose.

3*" Plusieurs conciles (Conc. Gerund. oin. x. — Tolet. IV. can. 9) prescrivent de la réciter aux heures de matines et de vêpres. Les fidèles eo usaient fréquemment aussi dans leurs prières pnvées (Chryso^t. In psalm. cxii), et les ConsUbtUont apostoliques veulent que chacun la récite au nm\i trois fois par jour (vu. 21), en Thoniietir delà Sainte Trinité, comme le démontre Coutelier k hune, loc.) par divers témoignages. S. A.mbrDi>e ordonne que les vierges la répètent après didcuo des psaumes qu'il leur était prescrit de chauler dans leur lit (De Virgin. 1. iri). La denunie « Notre pain quotidien » se rappoitait, dans l'uitention des fidèles, au pain eucliaristique; c^^t du moins ce qu'affirme S. Cyprien {De oral. Domin.).

Le quatrième concile de Tolède (can. ix) menace de la perte de leur emp!oi les clercs inèiae inférieurs qui ne récitaient pas chaque jour l'Oraison dominicale dans roflice public ou privé, les appelant « d'orgueilleux contempteurs du précepte du Sauveur ». Enfin, l'usage de cette au^'a^le prière était regardé comme teîlenieiit essentiel à la pratique du christianisme, que les hérétiques tt les schismatiques eux-mêmes n'osaient s'en abstenir (Optât. Milev. Conlr. Donat. 1. ii et ni. -- Augustin. epist. cxu. Ad Innocent.

ORAHIUM. — I. — Dans les monuments chrétiens de toute nature, et principalement tbos les fonds de coupe dorés, sont représentées défigures, celles de S. Pierre et de S. Paul, par exemple (V. Buonarruoli. Velri. tav. x et xi), celle de

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Ste ignés (Id. Iqt. itui. — V. la 2* fig. de l'art. SleAgnè*), portant sur leurs épaules une draperie arrêtée sur la poilrine par une lîbule ornée quelquefois de pierreries, ou garnie de franges, comme le faiteoir l'image d'une enratit de cinq ans, nommée soTEiis, Iracée en orante sur une pierre séjMilcnledes calacombes(V. Caredoni. Raggvaglio erilicode'nioniim. delU arli Critlian. p. 6U). Voici uodes fonds de lasse cilés plus liaut, qui peu[ donner une idée juste de celle sorte de vHemenl-

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La multiplicité des monuments où celte sorte de manteau se Tait remarquer, notamment sur tespctrlonnages en prière(V. Bottari. tav.ciiiii.CLni.etc.), a donné à penser que les premiers chrétiens s'en reréiaienl par respect quand ils voulaient adresser leurs Vœiii à Dieu ; et cela, fait obsefTêr BuonarruDli, parliculiéremenl dans les principales villes où se trouraient un grand nombre de chrétiens iMinvertis de la sjnagogue, car c'était la une pratique juive, et la draperie dont ce peuple se ser- ■ait pour la prière publique était une espèce d'éphod, différent d^celui du grand prêtre, et xDiblable à celui dont le roi David se revêtit devant l'arche. Le manteau que porte Z^icliarie, père du précurseur, dans le ménologe de Basile luiuwpj.), nous en fournil un modèle et il est parliileinent conforme à celui des deux apôtres dans les vn'rescilés plus haut.

C'est probablement à l'usage de ces sortes de draperies que S. Jean fait allusion {Apoc. iv. i) quand, déôivant les vingt-quatre vieillards prosternés devant le trône de l'Agneau, il leur donne lies nunieaui blancs. Les auteurs des antiques mosaïques des églises de Rome ont interprété ce passage de i'Apocalgptt en représentant ces vieillards avec de grands voiles blancs qui leur couvrent non-seulement les épaules, mais encore les miins, ce qui, dans l'antiquité, était le propre des suppliants (l'Iaul. Amplàtr. act. i. se. 1. — Uvid. JfelanorpA. lib. ii); et c'esl ainsi que sont figurés les ambassadeurs des Gabaonilcs dans le livre des Ju^, à la bibliolliéque du Vatican. UinQ. gur£t>

Cette espèce de manteau ayant été abandonné par les laïques, fut retenu par les clercs, ainsi que cela eut lieu pour beaucoup d'autres vêtements, et il devint un ornement sacré dont les écrivains ecclésiastiques font souvent mention sous le nom de tlola, orarium (V. Durand. De ril.eccl. calhol. c. iv. n. 14).

II. — La première acception du mot orarium est purement profane. Primitivement, en effet, lorsqu'il se rencontre dans les auteurs, soit païens, soit chrétiens, il ne signiûe autre chose que ces petits linges avec lesquels les anciens s'essuyaient le visage, et qu'ils appelèrent encore tudarium, $lrophium, linUoium. S. Ambroise (Epâl. iiv) fait menlion de ces espèces de mouchoirs, et dit que les (idéles de son temps en dépoi^aient sur le tombeau de S. Gervais et de S. Protais, comme cela se pratiquait aussi i Rome dans la confession de S. Pierre, et qu'ils les en retiraient enrichis de la vertu de guérir : Quanta oraria jactitantur. et lacla ipM medkabilia repoicunlur? (V. l'art. F»naUlla confeuionii.) Ce sont aussi de ces oraria que les chrétiens du temps des pei^cutions jetaient devant les mattirs, afin que leur sang précieux ne se perdit pas dans la terre. C'est ce qui e=l raconté spécialement de S. Cyprien dans sa Ire écrite par Pontius : Fralet UnUamina et oraria ante eum ponebanl, ne gançtui cruw defluat abiorberetur a tirra (V, les art, Reliquei, et Sang dei martyr»).

Quoi qu'il en soit, il parait bien certain que telle est l'origine de l'é tôle ecclésiastique (V. l'arl. Vêlemeiil dn ecdéiiaitiquet dant let fonctiont lacréet, h.) Et l'on donne diverses raisons du nom A'orarium qui lui fui conservé.

I^elques écrivains grecs, entre autres Théodore Balsamon { /rt can. aiconeil. Laodic.) et Uailiieu Blasiares (/n jVomocan.), font dériver ce nom du verbe oià», video, obtemo, t je. vois, j'observe ; » et cela parce que les prêtres qui sont revêtus de iorarium ont l'obligation d'eiaminer avec :oin et d'observer tout ce qui doit être fait dans les saints myslères, et de l'indiquer, en agitant lorarium, aux diacres qui sont surl'ambon.

D'autres le tirent du substantif û;x, cura, eurlodia : parce que tous les minisires sacrés qui portent Vorarium, évêques, prêtres et diacres, doivent soigner et garder les peuples lidéles, aussi bien que les mystères et les choses saintes confiées à leur sollicitude et à leur garde.

L'étymalogie la plus nalurelle à noire avis, surtout si l'on admet l'origine liébraique indiquée plus haut, c'est de tirer orarium du verbe orarc, • prier, • parce qu'il est d'usage dans l'admints- Irai ion des sacrements.

Enfin, quelques autorités des p!us respectables veulent que celle dénomination soit relative à la fonction de prêcher, oro, « je parle, je discours, * parce que l'Église revêt de l'orartum ou de I etoie les orateurs sacrés, tous ceux qui annoncent la parole de Dieu. C'est le sentiment du qualriéme concile de Tuléde (can. iixu), du Vénérable Bêde

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(In CoUectan, cap. J)e geptem ordin.)^ de Tauleur du traité De divinis officiiez vul^'airement attribué à Àlcuin (Gap. Qmd gignific. indumenta), cle Raban Maur (Be insUL cleric. lib. ii. cap. 19), etc.

OR ATOIHES domestiques. — L — Pendant les trois premiers siècles, et surtout lorsque sévissait la persécution, les chrétiens tenaient leurs assemblées et exerçaient leur culte partout où ils pouvaient trouver un refuge ; diamps, solitudes, navires, élables, prisons, tout leur tenait lieu de temple, dit un ancien auteur : quivis locus, ager, êolittido, navis^ stabulum, carcer, instar iempli ad sacro» conventu* veragendos fuit (Dion. Alexandr. Episc. — Cf. Kuseb. Hisl. eccl. vu. 22). Il n'est pas moins avéré toutefois qu*il exista même dés lors des églises publiques où les fidèles se réunissaient dans les intervalles de paix qui leur étaient de temps en temps laissés, car Thistoire nous apprend que plus d'une fois les empereurs en décrétèrent la démolition (V. Amob. 1. iv. Tertull. Apolog. x.). Alors, pour suppléer aux églises proprement dites, ils se faisaient des oratoires domestiques, où se tenaient les synaxes et se célébraient les divins mystères. La pièce affectée à cet usage était ordinairement le cénacle, placé à la partie supérieure des habitations particulières, <i«/)remocn/mm pars (Festus, ap. Pelliccia, t. i, p. 162). Nous le pouvons conclure de quelques passages des Actes des apôtres (c. xni) et, pour Rome en particulier, des Actes des martyrs, et de différents témoignages de l'histoire ecclésiastique (V. Ad, S. Pontii, ap. Raluz. MiscelL t. u. Ad, S. Pudentianœ, etc.)» On avait choisi ce lieu de prèlèrence, parce qu'il avait le double avantage de soustraire les mystères divins aux yeux des idolâtres et de distinguer en cela le culte chrétien des pratiques du paganisme, qui plaçait les simulacres de ses dieux au rez-de-chaussée des maisons, bien que dans l'endroit le plus écarté.

Cette précaution néanmoins ne suffit pas toujours à écarter les profanes. Nous savons en effet que plus d'une fois le secret des mystères chrétiens ne put être sauvegardé. Nous en avons du moins un exemple dans un curieux document de la fin du premier siècle probablement : c'est le fameux dialogue intitulé Philopatris, vulgairement attribué au sophiste Lucien et imprimé à la suite de ses œuvres (V. édit. Firmin Didot, 1840, p. 776). Quoi qu'il en soit, l'auteur anonyme de cet écrit raconte («i»iAonATPiï,n. 23. seqq.) que, ayant pénétré dans une demeure, opulente, parait-il, il se trouva, après avoir franchi plusieurs escaliers contournés, dans un cénacle aux lambris dorés, in aurea teda, au milieu d'une réunion d'hommes à l'extérieur austère, au visage p«11e et prosternés vers la terre, komines vultibus in ierram pronis pallidosquey description où l'on s'est toujours accordé à rpconnàitre une assemblée chrétienne. Ce fait établit que, en Orient comme en Occident, les fidèles se réunissaient pour les. synaxes dans les cénacles qui, à raison de leur position au faite

des habitations, étaient appelés chez les Grecs ?% ûffcpiûa.

IL — Dès que la paix constantinienne eut rendu la liberté à l'Ëglise et à son culte, de grandes basiliques et des temples plus modestes surgirent sur tous les points du monde romain, et Ton cesva généralement de célébrer les saints mystères dans les oratoires domestiques, ou pour mieux dire dans les pièces consacrées jusque-là àce saintusa?e dans l'intérieur des habitations privées. La prière et la psalmodie y furent désormais seules permises : In oratorio, dît S. Augustin (Epist. 121), pritter orandi et psaUendi cultum nihil penilw agatur. Nous avons dit généralement, car cette règle ne fut pas toujours inflexible et plusd'une fois encore les synaxes se célébrèrent dans les demeures particulières. Nous remarquons même que Jej prescriptions des conciles de cette époque sont (empreintes d'une certaine réserve ; celui de Laodîcêe tenu en 520 et celui de Gangres en 328 déclarent inconvenante Yoblation dans les habitations dps fidèles, sans l'interdire d'une manière absolue, si ce n'est dans les cas où l'on prétendrait la substituer au culte des églises publiques et où elle aurait lieu sans la permission de Tévéque, à qui les canons de l'Ëglise attribuaient le droit de la donner (V. Gattico. op. laud. c. iv. n. 9). On s^it que S. Ambroise, pendant qu'il était à Rome, ne fit pas de difficulté d'aller célébrer la messe dans la maison d'une noble matrone qui habitait au M du Tibre (Paulin, Diac. in Xitâ Ambros, c. \ .Et cet exemple n'est pas le seul que l'on pourrait citer. Une tolérance plus grande encore parait aroir existé en cette matière dans l'Église orientale, car S. Cyrille d'Alexandrie (Epist. t\ ad Cœlesi.) suppose que ces sortes de permissions étaient ai^e; fréquentes et même que tout prêtre avait ct«tume, en cas de nécessité, de les présumer.

Dans tout ce qui précède, il est question des synaxes et des sacrifices qui se célébraient dans les habitat ions privées, c'est-à-dire dans des pièces communes que l'on affectait à c^t usage. Mais il parait bien constaté que, dès le quatrième siècle, des oratoires proprement dits, ou, si l'on veut, de pelita églises que les Latins appelaient basilicvlœ pritaia et les Grecs lÙTrptou; ciwj;, ou simplement rirt»-». furent construites dans l'intérieur des maisons chrétiennes ou des monastères ; quelquefois même, ces oratoires ou hasiliculœ étaient mis à la disposition du public, et leur porte s'ouvrait sur la voie commune (Gattico. op. laud. p. 77). Constantin en avait établi deux dans son propre palais, et Eusèbe nous a conservé à ce sujet de curieux détails L*un de ces oratoires, qui semble se rattacher à la classe des chapelles tout à fait privées, était dan^ la pièce la plus élevée de la demeure impériale. in totiuspalatii eminentissimo cubiculo, et ce prince y avait placé une croix d'or enrichie de pienv? précieuses, signum dominicœ passionis ex auro pretiosisque lapidibus elaboratum ( Euseb. '«• Vitâ Constantini M. Iib. lu. cap. 49). Le second était comme une véritable église, où l'empereur

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présidait tous ceux qui y étaient admis, inpalatio qiuedamvelul ecclesia, in qua ipse prœihat cunctis, qui in ecclesia illa erani ascripti; il y lisait les saintes Écritures et prononçait lui-même les prières solennelles avec toutes les personnes de sa cour, et sacros codice* in manus sumen»y ornctda a Déo édita aitenlo animo meditabalur. Posthac solemnes preces cum universo aulicorum cœiu recitabat (Id. lib. IV. cap. 17). Les Ois de Constantin se conformèrent à ce' pieux usage, ainsi que leurs suc^ cesseurs. Socrate raconte de Théodose le Jeune qu'il avait organisé son palais de telle sorte qu'il ne différait pas beaucoup d*un monastère, palatium «ttufft ne inêtitmt, ut a mona$lerio non multumdiscreparet; et à Theure de matines il y psalmodiait, alternativement avec ses sœurs, des hymmes en Thonneur de Dieu, matutino iempore^ ipse wia cum êororibiu mis hymnos in Dei laudem alternis vicibwt recitare consueverat. Depuis la conversion de Clovis, les rois de France eurent toujours aussi dans leurs palais des oratoires au service desquels des clercs étaient spécialement attachés; S. Grégoire de Tours donne à cet égard des détails auxquels nous renvoyons le lecteur (Greg. Turon. Hist, Franc, lib. vui. cap. 44 et passîm).

Des fouilles pratiquées à Rome tout récemment eu vue de nouvelles constructions ont fait découvrir, près des thermes de Dioctétien, des constructions que les archéologues, et H. De' Rossi en particulier (V. Bull, 1876, n. 2), regardent comme an oratoire privé, construit au sein d'une maison de riches chrétiens du quatrième siècle, et qui n*est pas sans analogie avec un édifice découvert au siècle passé près de Sainl-Prisque dans le palais de Cornélius Pudens, édiGce décoré de fresques représentant les apôtres. Si l'attribution donnée ï rédicule qui vient d'être mis au jour se confirme par des caractères nettement tranchés, la découverte jettera une lumière décisive sur Fimportante question traitée dans le présent article.

[(I. — Depuis le quatrième siècle, comme on vient de le voir, les chrétiens vaquaient à la prière dans leurs oratoires privés; mais les SS. Pères (S. Clirysost. In Tint,), ainsi que les canons apostoliques, étabUssent constamment une distinction entre la prière privée et la prière publique, et c'est ici que s'appliquent surtout les prescriptions formulées par S. Augustin que nous avons rappelées plus haut (n. II), et que S. Benoit renouvela pour ses disciples (ReguL cap. ui) : « Que l'oratoire, dit-il, soit ce que son nom indique, et que rien ne s'y fasse qui soit en dehors de sa destination : oralorium hoc sit quod dicitur. nec quicquam ibi aliud geralur aui condatur. Rien en cette matière n était livré à l'arbitraire, ou à la dévotion des fidèles; et la pureté de la discipline était tellement intéressée à ce que la prière, même différente de celle de la liturgie proprement dite, se fit selon l-^> régies canoniques dans les oratoires privés, que les évêques se faisaient un devoir de les visi-

ter, afin de veiller à ce que tout se passât d'une manière correcte. C'est ce que supposent évidemment les canons d'un concile arien d'Ântioche tenu en 3i0, et auquel rien ne nous empêche d^emprunter la constatation d'un fait de discipline générale.

Le deuxième concile de Carthage (can. xxiu) dispose en outre : 1"* que les évêques devront établir des instructeurs chargés d'examiner rigoureusement les prières privées ; 2" que les fidèles devaient être tenus de soumettre à ces délégués épiscopaux les formules de prières qu'ils désiraient employer, et qu'ils ne pourraient les mettre en usage qu'après qu'elles avaient été reconnues conformes, quant à l'esprit, à la prière canonique. On voit quelles sages limites étaient alors imposées à la dévotion privée, souvent indiscrète et peu scrupuleuse sur l'exactitude, si importante cependant en ces matières. Les fidèles s'adonnaient aussi dans leurs oratoires domestiques à la lecture des Livres saints, et cette lecture était faite à haute voix, non-seulement par les hommes, mais encore par les femmes (ConciL Cœsaraug. can. i. anno381). Bien plus, pour que ces réunions fussent licites, le concile de Gangres (can. iv), tenu au quatrième siècle, exigeait : 1** qu'elles n'eussent pas lieu sans le consentement de l'évêque; 2* qu'un prêtre y fût présent ; 3" que ce prêtre ne pût les présider qu'en vertu d'une délégation de l'évêque.

ORDINATIOIV. — I. — L'action de conférer les saints ordres. Nous considérons d'abord cette question au point de vue archéologique, et nous citons quelques monuments qui y sont relatifs. Dans une - crypte du cimetière de Saint«^-Agnès (Bot tari. tav. cxxxvm), on voit deux chaires épiscopales, et on sait qu'il n'y en a ordinairement qu'une au fond de l'abside. On pense que la seconde était ici destinée à l'installation des évêques dans la cérémonie de leur sacre, car le livre pontifical (In Joan. ni) nous apprend que jusqu'au temps de Jean III, qui vivait au milieu du sixième siècle, l'usage s'était conservé de consacrer les évêques dans les catacombes. Ce pape en ordonna plusieurs dans le cimetière des Saints-Tiburciuset-Ya1erianud (Anastas. n. 110). On ne peut guère se refuser à voir une ordination dans un bas-relief d'un arcosolium du cimetière de Saint-Hermès (Aringhi. n. 329). Un pontife assis sur une chaire élevée par cinq degrés au-dessus du sol, et tenant un livre déroulé dans sa main gauche, étend la droite sur la tête d'un homme debout devant lui, et vêtu, par-dessus la tunique, du colobium ou de la dalmatique ornée sur le devant de deux clavi de pourpre. C'est donc, selon toute probabilité, l'ordination d'un diacre. Des deux côtés du trône se tiennent debout deux autres personnages drapés à l'antique, comme le pontife lui-même, et qui sont sans doute deux prêtres qui l'assistent dans cette fonction sainte. Sur un verre doré (Buonarr. tav. xvii. 2), Notre-Seigneur, dont le

' nom est ainsi écrit sous ses pieds : iuy», est de- | appuyé sur ta poitrine. Le sayant antiquaire Hobout entre deux enfants, nommés, l'un ivlivs et renlin pense que ce monument renferme une loul'autre BucTvi, lesquels portent chacun an livre | chante allégorie rappelant que ces deui enfanta

avaient été honorés de l'ordre du leclorat, que la discipline prirnitive permettait de conférer aux enfants en bas âge {V, la figure à l'art. Lecteur].

II. — Si l'on veut consulter le livre pontifical, on verra que, dans les premiers siècles, les papes faisaient tous les ans, au mois de décembre, une grande ordinaliou. Le nombre des prêtres et des diacres appelés au service de l'Ëglise de Rome, et des évèques destinés à être envoyés dans d'autres diocèses, y est marqué avec une scrupuleuse exactitude pour chaque ponlillcat, à commencer par celui de S. Pierre. Il est dit du prince des ap6tres : Hic fecil ordinalioiut per mente» dccembriot : epiicopot tex, preibyleroi decem, diaconat oelo, t il fit des ordinations pendant les mois de décembre : six èvéques, dix prêtres, huit diacres. »

Cependant il ne parait pas que, pendant les trois premiers siècles, il y ait eu des époques de Tannée exclusivement consacrées aux ordinations. Les èvéques étaient nommés selon la forme fixée par les canons, et étaient ordonnés dés que les églises vaquaient. Quant aux prêtres, aux diacres et aux clercs inférieurs, ils étaient initiés en tout temps, selon les besoins de l'Clglise. En effet, S.Cyprien ordonna le lecteur .^urelius aux calendes de décembre, et l'hypodiacre Optatus au mois d'août (Pearson. Annal. Cyprian. aim. cci. n. 15 et 20). S. Paulin fui fait prêtre le jour de la Nativité du S.iuveur (Paulin. Epitt. vi Ad Sever.). Nous pensons donc que les ordinations de décembre marquées au livre pontifical étaient les ordinations générales, lesquelles n'excluaient point celles que les nécessités de ces temps agités obligeaient de faire indinèremment i toutes les époques de l'année.

Ce n'est guère qu'après le quatrième siècle qu'elles furent déflnitivement fixées aux Quaire- Temps. Pendant ce même siècle, on commença à ne plus conférer les saints ordres que le dimanche et les jours de fêtes solennelles ; auparavant on le

faisait indifféremmeni tous les jours de la semaine : c'est ce que Pagi a prouvé contre Papdmjck par les plus solides arguments (Pap. Critic. in Baron. ann. Lxvit. n. U). (Test donc de la coutume él> btie seulement au quatrième siècle qu'il faut entendre le passage où S. Léon dit que les ordinitions faites un autre jour que le dimanche îgnl contraires aux canons et à la tradition des P'-r^J (S. Léo. epUt. lxxxi. Ad Dioicor. c. 1). Le pipe Gèlase, qui vivait peu après S. Léon, parait avâlr apporté quelques modifîcalions à cette discipline. Dans sa neuvième lettre aux èvéques de Lucarne, ce pontife décrète que • les ordinations des pré- Ires et des diacres ne pourront avoir lieu qu'à Aa époques déterminées, c'està-dire au jeûne du quatrième mois, du septième et du dixième, et encore à celui du commencement du carême, et le jour de la mi-carème, et au jeûne du samedi. vert Vheure de vèprei. « Deux choses sont nouvcliw dans cette constitution : l'ordmalion de U micarême, et l'heure de vêpres du samedi.

Pendant les trois premiers siècles, on confénil les saints ordres, non-seulement dans les égli^i, mais encore dans les maisons particulières, témoin S. Cyprien [EpUl. a.»). Cette tolérance cessa i l» paix de l'Église. Théodoret nous apprend (PiiW. c. m) que quelquefois des solitaires furent erdounés dans leur propre cellule. Hais, en droit commun, cette auguste cérémonie dut se faire noftseulement dans l'intérieur des temples, mais publiquement, â la messe; et cet usage fut adopta dans les deux Églises dés le temps de S. Cjprien (Epist. ccLii. Ad Anlonian.).

ORDRES ECCLÉSIASTIQUES. — L — f^

novateurs se sont efforcés d'effacer la dislinclien enire le clergé et les laïques ; celte distioclion ett pourtant de droit divin. Sous Tancienoe loi, les fonctions sacerdotales étaient eiclusivement réservées à la tribu de Lèvi [Exod. xni et passini». En substituant la réalité a l'ombre, Jésus-Christ a, tni

ORDR

ORDR

aussi, confié son ministère à des hommes séparée des fidèles par un caractère spécial, segregati, i^«wpL£vci, consacrés par la prière et Timposition des mains (Act, xiii. 2), et à ce titre chargés de • propager l'Ëvangile de Dieu • (i^om. i. 1). Fier de celte auguste mission, S. Paul voulait que « les hommes sussent bien qu'il était (non pas un simple clirélien), mais le ministre de Dieu, le dispensaleur des mystères du Christ, » sic nos existimet homo trf minUlros Chrisli, et dispetuatores mystericrum Dei (1 Cor. iv. 1). Les apôtres, « établis éTéques pour régir TËglise de Dieu » (Act. xx. 28. — 1 Pelr. T. 2), posuit episcopoê regere Ecclè- $iam Dei, exécutant les ordres qu'ils avaient reçus du divin Maître, ou obéissant à une inspiration de PEsprit-Saint dont Tassistance leur était promise (Chrysost. In 1 Tim. i), imposent les mains à des prêtres (1 Tim. iv. 14) et à des diacres (Act. vi. 5). pour les seconder dans leur apostolat.

Depuis les temps apostoliques, toute la tradition établit la distinction de droit divin entre les clercs et les laïques. S. Ignace martyr (Epist. ad iiagnesian. n. vi) atteste, dès le premier siècle, que toujours le peuple fut distinct de Tévèque, des prêtres, des diacres et gouverné par eux. Dans sa première Épitre aux Corinthiens (xi.), S. Clément BomMii fait entendre clairement que la hiérarc-hie de l'Église chrétienne était constituée dès l 'origine, et déjà alors soumise à des lois que nul ne pouvait enfreindre. De même S. Justin martyr ( Apoî. n) dislingue clairement entre les frères et celui qui les préside. S. Clément d'Alexandrie rapporte que, après la mort de Domitien, S. Jean parcourut TAsie, pour établir dans ses diverses provinces des évèques, fonder de nouvelles Églises, et agréger au clergé des hommes qui lui étaient signalés par l'Esprit-Saint.... « Que de saints évèques j'ai connus, dit S. Augustin (De morib. Eccl. cath. 1. 32), que de prêtres, que de diacres, et d autres ministres des divins sacrements! » On retrouve dans les canons des plus anciens conciles, du premier de Nicée, par exemple, de celui de Laodicée, du quatrième de Carthage, non-seulement les noms des différents ordres de la cléricature, mais une foule de détails sur leurs offices, Tordre de leur ministère, etc. Mais cet ordre de preuves que nous ne faisons qu'effleurer est plutôt du ressort des théologiens et des canonistes.

H- — La qualification de clet'c, sans désignation de Tordre, est très-rare sur les marbres. Nous la lisons cependant dans cette inscription de Tortone (Reinesius. p. 993. coccxni), et le simple clerc qui y eit mentionné avait été prœposiius :

B-M. Il Yino CâUDIOO LAVDABILI PATRI II EX pp. ET GLB- RICO....

Vais alors même que tous les écrits des Pères et les actes des conciles seraient perdus, nous pourrions reconstruire l'édifice entier de la hiérarchie ecclésiastique par le moyen des éléments que fournit Tarchéologie, et notamment par les inscriptions sépulcrales de l'Italie et de la Gaule, mais surtout par celles des cimetières de Rome et des

catacombes en particulier, qui ici, comme en tout ce qui intéresse les origines de notre foi, sont une mine inépuisable. Dans les articles spéciaux que nous avons consacrés à chacun des ordres ecclésiastiques, on trouvera quelques-uns de ces monuments épigraphiques ; mais rien n'égale sous ce rapport les richesses accumulées dans le musée dn Latran par le savant et infatigable chevalier De' Rossi. La dixième et la onzième section des inscriptions fixées aux murailles du portique supérieur contiennent, par ordre, les litres des divers grades de la hiérarchie, y compris ceux des fossore», des noiarii, des librarii, etc., etc., et tels qu'ils sont mentionnés dans la Vie de S. Sylvestre au livre pontifical (xxxv. 20) : portiers, lecteurs, exorcistes, acolytes, sous-dincres, wwirtyrarii, diacres, prêtres, évèques. La deuxième est consacrée aux veuves et aux vierges vouées à Dieu, aux fidèles, aux néophytes, aux catéchumènes, etc.

Le docteur Labus a publié dans ses notes aux Fasii délia chiesa (t. ni. p. 580) une inscription qui est sans doute le plus ancien monument de ce genre où soient mentionnés les ordres d'évèque, de prêtre, d exorciste et de lecteur. C'est Tépitaphe du saint évéque Latinus, qui monta sur le siège de Brescia vers la fin du troisième siècle. Elle oflre cette particularité curieuse que le nombre d'an« nées pendant lesquelles Latinus exerça ces différents ordres y est marqué : Évèque, trois ans sept mois ; prêtre, quinze ans ; exorciste, douze ans. Le même tombeau renfermait aussi les restes du lecteur Macrinus, et de Latinilia, peut-être fille de Tévêque avant son ordination :

FL. LATIXO. BPISr.OPO A!«5. 111. M. TII. PRBSBI AN. XV. EXOnC. AN. XII ET. LATIXILLAE. ET. PL MACRINO. LECTOni FL. PAVLINA. NBPTIS B. M. >. P.

Il existe à Fiesole (Y. Foggini De Rom, il. Petr. p. 308) une autre inscription de la fin du quatrième siècle qui est extrêmement précieuse pour l'histoire des ordres ecclésiastiques. On y voit notamment qu'ils étaient quelquefois conférés per saltum, comme disent les théologiens.

ORDRES MINEURS. — Ce sont ceux qui confèrent aux clercs le pouvoir d'exercer dans l'Église les fonctions subalternes. On les appelle mineurs par opposition aux ordres majeurs ou sacrés. Quelques savants soutiennent que les ordres mineurs sont d'institution apostolique; d'autres pensent qu'ils furent établis beaucoup plus tard ; il serait difficile de fixer au juste l'époque de l'institution de chacun d'eux.

Le pape S. Corneille (Epist. ad Fab. Antioch. ap. Euseb.) dit que de son temps il y avait dans l'Église romaine quarante-deux acolytes, des lecteurs et quarante-deux portiers. Tertullien (Prœscript. xli) et S. Cyprien (Episi. xxiv. xxxni.

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itiiv) meutionnent les lecteurs. Ce dernier parle | aussi des aculyles [EpUl. lui. lv. liiviii) et des eiorcisles {£p. liiviii). Il est vraisemblable <iue les fonctions dévolues aux clercs mineurs ne sont I

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autre chose que quel que s-tmes de celles des diacres, fonctions dont la nécessité obligea l'Ëglise j décliarger ccji-ci successivement.

Au quatrième siècle les ordres nÙQeurs étaient,

chei \es Latins au nombre de six : le tout-diaconat, qui plus lard fut placé parmi les ordres sacrés, les ordres des lecteuri, des exorcitUi, des atolylet, des poilieri, et des chanlret {Coneil. Cartkag. iï. an. 598). Ces derniers étaient appelés conresseurs, parce que leur fanstion était de confesser le nom de Dieu en chantant ses louanges- Dans l'antique oraison du vendredi saint, ils sont nommés après les portiers : Oremut pro Udoribut, ottiariU, con(tuonbut (V. l'art. Chanl rccliùatlique). En quelques lieui, les chantres étaient aussi appelés pi(i/niw(« (Creg. Turon. YU.l'atr.n). A Rome, il y avait i la même époque des gardien» detmarlyn {Coneil. Rom. lub Syhutr.}.— {y . l'un. Martyrarii.)les Grecs avaient aussi des sous-diacres et des lecteurs {Coneil. aeum. vni.arl. 10. c. 5), et dans quelques Eglises, des exwcitlei, des inlerpritei det langue», des copitte* [tpipli. Expoiil. fid. c. 21). — (V. l'art. Fottorei.]

Voici, d'après le livre pontillcal {In Yil. Sylwtr. iiiv. 20), l'ordre hiérarchique établi par S. Sylvestre parmi les ministres de l'Eglise : • Celui qui désirait millier dans l'Ëglise.... devait être d'abord portier, puis lecteur, exorciste, acolyte, sous-diacre, gardien des confessions des martyrs {marlgrariia), diacre, prêtre.... et s'élever ainsi jusqu'à l'ordre de t'épiscopal. * (On trouvera dans ce Dictionnaire un article spécial sur cliacun de ces ordres.)

La bibliothèque de la calbédrale d*Aulun possède un très -ancien manuscrit du sacramentaire de S. Grégoire, où sont représentés les ordres mineurs avec les vêtements et les attributs particuliers à chacun d'eui, y compris le sous-diaroi.i>. ce qui est une preuve évidente de la haute anliquité du monument {V. l'art. Som-diacrei). flite nous rejirodulsons ici d'après la copie qu'ai ont donnée Dtirand el Marlenne dans leur l'ojojt'ii- Uraire de deux religieux bénédictin», t. n, p. 1^-

ORDRE» RELIGIEUX. — Dans les arlkle:

Aicéle*, Moinei, Monailérei, ErmiU*. nOos aïios donné des notions pénérales el soromaire> sur l'origine de la vie ascétique et de h vie cèxAitlique.

Dans celui-ci, nous tracerons, selon la méthooe du P. Hoizoni [Tavolecronologiehe délia ttoriadHia Chieta univertale.... Veneiia, 1850). un rtpàt tableau chronologique des ordres religieux depui: l'origine du chrbtianisme jusqu'au siiième siècle. inclusivement.

Prkbiui siècle. — S. Jean-Baptiste, qui, lost jeune encore, se retirait dans ledêserl,eslre^irilé par la plupart des interprètes des Livres ^inlj comme le prototype de la vie monastique {Bana- .^Riiof.adan. »ii. n. 15). Dans savingt-deuiiéiw leltre à Ëustocbium, S. Jérdme l'appelle le f ri** det mointt. t L'auteur de la TÎe mwaslique, dilct

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Pèi^, c'est Paul; l'illustrateur, c'est Antoine; et, pour remonter plus baut, le prince, c'est Jean- Baptiste. » Voilà donc la Tie ascétique personniliée daos Jean-Baptiste, Vatiachorélique dans Paul, la monastique danSiVntoine. Nous devions citer ce texte et constater nettement les distinctions qui en ressortent, aOn de guider le lecteur dans les détails qui Tont suivre.

Un assigne à bon droit aux ordres religieux une origine apostolique. Car les plus hautes autorités aflirnient que la vie religieuse fut pratiquée par les apôtres, qui s'étaient obligés, par un vœu au moins implicite, à la pratique des conseils évangéliqucs, alors que, abandonnant tout ce qu'ils possellaient, ils s'attachéreiit à la personne du Sauveur (V. Uieron. Epi$t. cxx. cxvni. cxxx. etc. — Bernard. ApoL ad Guill. abbat. x. — Cusàian. Collât, xvin. 5. etc.).

Le juif Pliilon (Ap. Passagl. De immac, Virg, Deip, sect. vi. c. 6. art. 1), conlen>porain des apôtres, a décrit la vie pure et morlitiée des thérapeutes, dont Eusébe a voulu faire des chrétiens, mais qui plus probablement étaient Juifs. Ils s'étaient retirés dans des cellules sur la montagne de Mtrie, au delà du lac Mœris, et ils s'y Hvraient, comme devaient le faire plus tard les Pères du désert, qui donnèrent à ce lieu tant de célébrité, â loraison et à Tétude des saintes lettres.

Oecxiève siècle. — Nous n'avons à constater pour ce siècle aucun fait nouveau quant à Tobjet qui nous occupe. Les récits que nous trouvons dans les Actes des apôtres nous apprennent que, dans les premiers temps, c'est-à-dire à l'âge d'or du christianisme, tous les disciples du Sauveur rivaient absolument comme des religieux. Ils n'avaient qu'un coeur et qu'une âme, mettaient tout en conunun, fortune, travail, prière, vendaient tous leurs biens pour en consacrer le prix aux besoins de tous, et faisaient ainsi disparaître du même coup, pour nous servir des expressions de )l. de Nontalembert (Moines d'Occident, i. 47), la ridiesse et la pauvreté. Tous les croyants vivaient de la sorte : c'est ce dont il n'est pas permis de douter en parcourant les premiers chapitres des Actes des apôtres (u, 44. 45. iv. 32. o4. 35. 57). Ce tableau de la société chrétienne s'applique aux trois premiers siècles, ou tous les dirétiens gardèrent un caractère, nous ne dirons pas monastique avec Tillustre historien des Moines d'Occident, mais ascétique. U y a là une nuance fort notable qu'il importe de ne pas perdre de vue (V. fart. Ascètes),

Taolsi&ib siècle. — An 250. — L'Égyptien Paul, à l'âge de vingt-deux ans, se réfugie dans le désert de la Thébaïde pour se soustraire à la persécution (Qieron. Vit, Paul. v). Là, parle genre de vie qu'il embrasse, il prélude à la vie érémitique^ .ce qui lui a fait donner le nom de premier ermite.

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