‹ Dictionnaire des antiquités chrétiennes [microform]Chapitre 200 sur 281 · Commencements de S. Antoine, ce · texte numérisé non relu

Commencements de S. Antoine, ce

grand maître de la vie monastique en Orient. A

peine âgé de dix-huit ans, il vend son riche pa-

[fiiDoine, et ayant confié sa sœur à un monastère

de vierges, il visite dans le désert les plus illustres solitaires, s'appliquant à retracer en lui-même les vertus qui brillaient en chacun d'eux, et à repousser avec le secours de l'oraison et du jeûne les tentations par lesquelles l'enfer cherchait à le détourner de ses généreux desseins (Athanas. Vil, S, Anton, v).

285. — S. Antoine se confine dans un vieux château du désert, où il passera vingt ans dans la plus étroite retraite (Bolland. jan. xvn).

296. — Débuts de S. Tacôme, ce célèbre père des moines, qui se retire dans le désert à vingt ans (Bolland. maii xiv).

Quatrième siècle. — 505. — S. Antoine, après vingt ans d'étroite solitude dans le désert de Thébaïde, commence à admettre des disciples (Athanas. op, laud, xiv). 11 est visité par Iliiarion, jeune homme de quinze ans, qui à l'école d'un si grand maître prend un goût si vif pour la vie monastique, qu'il en devient un des modèles les plus accomplis (llieron. Vit, Hilarion. ni).

511. — S. Antoine, devenu père d'un grand nombre de moines, se transporte à Alexandrie iK>ur fortifier les fidèles persécutés par Haximin (Athanas. op, laud, xLvi).

521. — Les institutions monastiques commencent à se propager avec une grande rapidité. 11 ne faut pas les confondre avec les institutions ascéti^ ques^ ou les anachorétiques proprement dites (V. l'art. Ascètes).

528. — Les monastères des grands maîtres S. Antoine et S. Pacôme sont visités par S. Athanase (V. Baron, an. cccxxvui. 54). Des philosophes païens eux-mêmes visitent S. Antoine, et confessent qu'ils retirent de grands avantages de ses enseignements (Alhan. op, laud. lxxii).

554. — S. Antoine, à la prière de Constantin, écrit à cet empereur et à ses fils pour leur donner de salutaires instructions (Ibid, lxxx). Biais peu après, ayant adressé une supplique à ce même prince en faveur do. S. Athanase alors persécuté par les ariens, il n'obtient de lui aucune réponse favorable : tant était grand l'ascendant acquis par ces sectaires sur son esprit (Sozom. ii. 31)!

559. — Pour faire connaître et apprécier à TOccident les immenses avantages de la vie solitaire, S. Athanase y popularise les actions de S. Antoine (llieron. epist. cxxvii. Ad princip. v). Il le fait par ses écrits et plus encore en conduisant avec lui, à Rome où il s'était rendu pour sa défense, quelques solitaires insignes, tels qu'Ammonius (Socrat. IV. 25), dont les exemples produisent la plus vive sensation au sein de la ville éternelle.

541. — S. Antoine abbé écrit à l'intrus arien Grégoire Cappadox qui divisait l'Ëglise d'Alexandrie (Athanas. Hisl, ,Arian, n. xiv), ainsi qu'à Balac qui le protégeait par les armes (Id. Vit, Anl,n. lxxxvi).

544. — Ici se place la fondation par S. Pacôme de l'illustre monastère de Tabenne, dans la haute Thébaide. qui fournit bientôt une foule d'insignes cénobites, tels que S. Théodore et S. Arsiesius ou Orcèse (V. Tillemont. Mém, t. vu. p. 469, et pour

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Orcèse p. 479). S. Psicômeest le premier qui ait écril une règle complète et détaillée.

552. — S. Eusèbe, évêque de Verceil, est lèpremer en Occident qui associe la vie monastique à la vie cléricale, vivant et faisant vivre ses clercs dans les jeûnes, les prières, la lecture et le travail des mains (V. Tilleroont, Mém. t. rii. 551). On ne sortait de ce clergé, dit S. Ambroise, que pour être évoque ou mari yr. Il y a lieu de croire que telle est la plus ancienne origine des chanoines réguliers.

555. — L^opinion la plus probable fixe à cette année le voyage que S. Antoine fit à Alexandrie, à la prière de S. Alhanase (V. Tillemont. vu. 670. note vui). 11 s'y fit admirer et vénérer des païens eux-mêmes par Tauslérité et Téclat de ses vertus, nées d*une philosophie nouvelle.

556. — S. Hilarion, célèbre par ses florissantes laures anacliorétiques, effrayé des louanges Immaines et des honneurs que lui attiraient ses miracles, prend la fuite et, jusqu'à sa mort, mène une vie errante de solitude en solitude (V. Tillemont. VII. p. 569 suiv.).

558. — S. Basile prêche dans le Pont et y établit différents monastères : les vertus qui s'y pratiquaient excitent l'admiration des peuples et obtiennent les plus grands éloges de S. Grégoire de Mazianze (Tillemont. ix. 45).

500. — S. Martin ét<iblit le premier monastère des Gaules, à deux lieues environ de Poitiers. S. Grégoire de Tours Tappelle monasierium Locociagenscj nom que Bulleau (Hiit. de S. Benoît, p. 57) traduit par Ligugé.

561. — S. Apollonius fonde un grand monastère sur une montagne du territoire d'iiermopolis en Thébaîde, oîi Ton tenait par tradition que Notre- Seigneur avait été mené dans son enfance (V. Tillemont. X. 57).

565. — La vierge Ste Syncletica se rend célèbre dans le magistère monastique près d'Alexandrie. Sa Vie est jointe aux œuvres de S. Athanase, mais il n*est pas sûr qu'elle^oit de lui.

565. — Les moines de Tabenne donnent Thospitalité à S. Athanase (Rolland, maii» xiv).

567. — S. Orcèse gouverne avec une merveilleuse sagesse le monastère dç Tabenne (Tillemont. VII. 499). Ce qui est surtout à remarquer pour cette époque et pour ce monastère, c'est le zèle des religieux pour le travail des mains. S. Ëpiphane exalte le mérite de ces œuvres en les mettant en opposition avec la vie oisive des hérétiques messaliens.

572. — S. Martin, dès le début de son épiscopal, fonda le célèbre monastère de Marmoutiers, vraie pépinière d'évêques (Sulp. Sev. Vit S.Mmiinûx). L'histoire de ces temps nous montre dans un grand nombre des moines qui illustraient TËglise d'Orient de vaillants et généreux défenseurs de la foi de Nicée alors si violemment attaquée. Celui qui se place à la tète de ces apologistes, c'est S. Macaire l'Égyptien (Tillemont. viii. 606). Tant de zèle pour la défense de la vérité enflamma contre ces moines la haine de Yalens, prince arien.

577. — Les monastères de vierges jettent à Milan un vif éclat, surtout à cause des enseignements de S. Ambroise, qui y attirent un gnnd nombre de jeunes filles étrangères (Ambres, de Virgin, i. 10. — V. les art. Monastères et Vierges chrétiennes).

585. — Les pèlerinages de S. Jérôme, de Ste Paule et de plusieurs autres Romains illustres en Orient contribuent puissamment au développement des institutions monastiques ( Tillemont. xii. lOû).

388. — s. Augustin introduit, par son exemple, la vie monastique en Afrique (Vit^S. Augustin, m. 2). Ste Paule bâtit trois monastères de religieuses et un de moines : elle donne celui-ci à Jérôme, qui y joint un hospice pour les pèlerins (Tillemont. XII. 122).

5c;i. s. Augustin, élevé au saeerdoce, établit un monastère de religieux et un de vierges àflippone. Les religieux ne tardent pas à se répandre dans toute l'Afrique (Vit. S. Âugusl. m,h),

596. -- S. Augustin, plein de l'esprit de Kcu, introduit dans son clergé la pauvreté et la vie corih mune, ces deux boulevards de l'édifiante observance (Ibid. IV. 2. n. 8).

Cinquième siècle. — 401. — S. Honorât, issu d'une illustre famille des Gaules, décorée de la dignité suprême du consulat, fonde la célèbre abbaye de Lérins. On croit qu'il choisit ce lien de préférence afin de ne pas s'éloigner de Léonce, évêque de Fréjus, dont les conseils et les exemples lui étaient précieux (V. Tillemont. xii. p. 468).

410. — S. Eucher édifie par ses vertus le monastère de Lérins.

411. — Et, après y avoir passé quelque temps, il recherche une retraite plus absolue encore dans une ile voisine qu'on appelait alors Lero, aujourd'hui Sainte-Marguerite. S. Eucher entretenait une active correspondance avec S. Honorât, et nous voyons que S. Hilaire était en tiers dans ce dons e( édifiant commerce épistolaire (Tillemont. xt. lîâ).

422. — Le monastère de Teledan offre décl»tants exemples de paix et une admirable assiduité aux exercices religieux (Théodoret. Vit, PP. c n|.

424. C*est à cette date que se rattache Tinslitotion des acémètes (non dormants) par Alexandre, d'abord abbé à Constantinople. Son monastère était situé à l'embouchure du Pont-Euxin, probablement en un lieu de la Bithynie appelé Gomon. Si ces religieux portaient le nom d'acéméles, qui ne dorment pas^ nom composé de Vet privatif et de x«jfj.aco, « je dors, > ce n*est pas que chaque moine ne prît jamais de sommeil ; c'est la communauté, prise collectivement, qui ne dormait pas, parce qu'elle pratiquait la psalmodie perpétuelle: les re ligieux étaient distribués en diverses classes qui se succédaient les unes aux autres pour chanter sans interruption les louanges de Dieu (Y. Tillemont. xu. 497).

420. — S. Maxime, abbé de Lérins, conjointement avec S. Hilaire (Tillemont, xv, 592. 43). De là sortent le célèbre S. Loup, et son frère Vincflit (Eucher. Ad HiL p. 40).

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4:28. — Les moines de Gon$tan(inop)e prennent r initiative de la résistance aux erreurs de Ncstori us. et essuient par ce motif une cruelle persécution iTillemont. xir. 314).

450. — S. Caprais, illustre moine de Lérins. L'suard, Adon et d'autres encore le font abbé de ce monaslére. Tillemont (xii. 679) prouve qu*il ne IVlait pas, mais seulement le conseiller de S. Ho- Ticrat : lUe imperio, iste consiiio, comme porte Pliomélie attribuée àFauste.

431. — S. Dalmace, vénéré comme chef des mo> nastères de Gonstantinople» contribue beaucoup, aTec ses moines, à éclairer Théodose au sujet du Ic^itime concile d*E)phése (Mozzoni. v. 52).

4i4. — Fondation du célèbre monastère de Coudât au mont Jura par les saints frères Romain et Lupicin (Bollaod. xxvm febr.),

4i8. ' Contre Eutychès, archimandrite (soit j)nncede$nu)ines)de Constant inople, hérétique obstiné, s*élèvent un grand nombre de moines, zélés défenseurs du dogme catholique. Le premier con- «ile de Conslantinople est souscrit par vingt-trois -archimandrites orientaux qui condamnent ce no- -faleur (V. Mansi. ConciL vi. 751 )

451. — Parmi ces moines fidèles brillent surtout Fauste, Martin et S. Marcel, abbé des acémètes. Les deux premiers méritèrent que S. Léon leur écrivit à diverses reprises pour les louer de leur conduite (Episl, lxih. lxxiv). Et nous avons deux lettres où Théodoret félicite S. Marcel de la fermeté de sa foi (Epist. cxu cxlii).

461. — Les environs de Jérusalem se voient sanriiriés par une multitude desolitûresqui, sous Li conduite et les exemples de S. Euthymius, font fleurir, ici Tobservance monastique avec la perfection de la vie commune, là l'exemple des plus a Jstéres abstinences dans une rigoureuse solitude, au point qu'on pouvait les croire morts à tout besoin physique, et n'ayant de vie et d*ardeur que par une intime union de leur âme avec Dieu. L'historien Ëvagre (1. i. c. 21) nous a laissé d'édifiants détails à ce sujet.

484. — Après Eutychès, Acace de Constant inople,qtti cherchait à corrompre les moines pour les attirer à son parti, vit un grand nombre de religieui, encouragés dans leur zèle pour la foi par les lettres du pape, s'opposer avec énergie à toutes ses perOdes suggestions. Ils rendirent d'immenses services à la foi et à Tunité catholique, qui, on peut le dire, ne se soutinrent alors en Orient que grâce à leur héroïque constance. Au premier rang brillent les abbés-prêtres Thalasius, Ililaire et Ruffln (V. Tillemont. XVI. 562).

403. — Les saints moines Saba et Théodore, créés supérieurs des monastères de la Palestine, rendent de grands services à la cause catholique contre les artifices hypocrites de Tempereur Anastase (Tillemont. xvi. 644). C'est le temps où le futur patriarche des moines d'Occident, S. Benoit, sanctifie les jours de son adolescence et de sa jeunesse dans son humble cellule de Subiaco (V. Mozxoni. y. Ciiaz. n. 780).

Sixième siècle. — 501. — Les institutions monastiques de l'Afrique sont fortifiées par les exemples de révéque S. Fulgence, promoteur de l'observance religieuse, même au sein de l'exil auquel Tout condamné les ariens (Baron, an. 504. 33).

504. — S. Ililaire fonde, au sein des Alpes Romagnoles, un monastère qui, grâce à la faveur du roi Théodoric, acquiert une grande renommée (Bolland. Vit. Hilar. maii xv).

500. — Ainsi, dans la Valérie, S. Equitius, célèbre par ses prédications, bien que laïque (mais sauf la permission du pape Symmaque), et dont les moines se distinguaient particulièrement par leur assiduité à copier des livres (Baron, ann. 504. 11 seqq.).

511. — Les saints abbés Saba (Y. Pagi. an. 512. n. 4) et Théodose (Id. ibid. 511. n. 10) défendent généreusement la foi contre les ruses et les violences de l'empereur Anastase.

513. — Dédicace d'un célèbre monastère de vierges à Arles, par les soins de S. Césaire, avec la haute sanction du souverain pontife (Pagi. an. 508. n. 9).

516. — Nouveaux et généreux efforts des moines d'Orient en faveur de la foi (Pagi. 516. n. G).

517. — Solennelle fondation du célèbre monastère d'Agaune (Saint-Maurice) par Sigismond, roi de Bourgogne. Nous qualifions cette fondation de solennelle, parce que le monastère existait déjà, ayant été établi en 507 par l'abbé S. Severin (Pagi. an, 515 — Baron. 522).

521. — Le monastère de Kildare, en Irlande, s'élève à une grande célébrité, à raison des exemples et des miracles de la vierge Ste Brigide (Bolland. i. febr.).

523. — S. Fulgence continue à donner au monde les plus beaux exemples de modestie monastique, exemples d'autant plus efficaces, qu'à son carac* tère d'évêque ce Saint ajoutait alors le titre glorieux de confes.<ieur de la foi (Baron. 522. 15).

528. — S. Benoit passe de Subiaco au Mont-Cassin, où il jette les fondements de ce fameux monastère qui est le principal siège de son ordre (Greg. Dialog. u. 8), auquel il donne son immortelle règle. Le temps y est partagé entre le travail des mains et la prière. Cependant c^tte règle prévoit le cas où les travaux manuels devront être remplacés par l'étude, ce qui deviendra plus particulièrement nécessaire par la suite, alors que la plupart des moines seront revêtus de la dignité sacerdoUile -, on sait qu'au début ils étaient tous laïques, comme leur illustre fondateur luimême.

541.~Cassiodore, grande lumière de ce siècle, ayant embrassé l'institut de Saint-Benoit, fonde un monastère près de Squillacci en Calabre, lieu nommé Castel par S. Grégoire le Grand (1. vu. epùi. XXXI. xxxiii), et qui prit le nom de Viviers, parce que Casslodore Ht un monastère double : l'un au bas de la montagne pour les cénobiiesj l'autre sur la hauteur pour les ermites (V. Muratori. Annal, agitai, an. 556).

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545. — Frédégard, évèquc du Mans, demande quelques moines à S. Benoît (Pagi. an. 545. 5).

544. — S. Maur est envoyé par S. Benoit dans les Gaules, où il fonde le célèbre monastère dit de Sainl-Maur-sur-Loire (Id. Not. chronoL ad an. 544. n. 9 seqq.).

547. — Dédicace de ce monastère, à laquelle interviennent tous les évoques de la province (Id. Ad an. 547. n. 14).— Fondai ion d*un autre grand monastère à Arles (Id. an. 553. n. 52. 33).

551. — Les moines apportent des Indes dans l'empire romain la culture du ver à soie, devenue dans la suite des temps une source d'immenses richesses (Procop. De Bello Goth, iv. 17).

563.— S. Colomb ou Colme, déjà fondateur d'un premier monastère en IrlanJe, passe en Angleterre avec douze de ses compagnons, y évangélise les Pietés et y bâiit une insigne abbaye (Bède. De gest. AngL m. 4).

501).— Une inscription de celte année (569), découverte à Capoue, atteste l'existence de monastères de vierges, ayant leurs abbesses, et vivant sous la règle de Saint-Benoit :

HIC REQTIESCIT Ilf SOMNO PACIS

IVSTinA ADBATI&SA PVKDATniX

SASCTI LOCl HVIVS gVAK VllîT PLVS IlIJrVS A>!ÏOS LXXXV. DEPOMTA

SVB DJE KALEKDAnVH KOVEMliniVM

lïlP. D. K. ». IVSTIKO. P. p. AVO. A?fS. III. p. c. EIVSOEX »l>ICTIO.<«K TERTIA

« Ici repose dans le sommeil de la paix Jusiine, abbesse fondatrice de ce saint lieu. Elle vécut (plus ou moins) qualre-vingl-cinq ans. Elle a été déposée le jour des calendes de novembre, sous l'empire de Justin, père de la pairie, auguste, l'an m après le consulat de ce même prince indiction troisième. * f • ^^.

(Ap. Muralori. Annal, dallai, an. 569.)

575. — S. Grégoire le Grand, ayant abdiqué la préfecture de Rome, embrasse la vie monastique dans le monastère de Saint-André, à Rome même, sous la règle de Saint-Benoît, comme le prouve 3labilion dans ses Vetera analecta (Dmertatio de vita monattica Gregoni papœ l).

579. — S. Gfégoirele Grand, envoyé en qualité de nonce du pape à la cour de Constantinople, emmené avec lui quelques moines, avec lesquels il continue sa vie religieuse (S. Greg. Prœfat. ad libr. Moral, c. \).

585. — S. Colomban, moine irlandais, passe avec S. Gall et d'autres moines ses compatriotes dans les Gaules, et y établit une règle qui distribue le temps entre la prière, la lecture et le travail des mains (Mabillon. Act. SS. Ordin. S. Benedict. Sœc. n).

590. — S. Colomban fonde le célèbre monastère de Luxeuil (Id. ihid. lib. vm).

591. — S. Arède abbé laisse en mourant un monastère bâti sur ses terres près de Limoges, et qu'il avait gouverné avec grande sagesse et habileté (Greg. Turon. HUt. Franc. 1. x. c. 29. edit. Ruinart. p. 523).

596. — L'insigne monastère bénédictin de Saint- André à Rome fournit au souverain pontife des missionnaires pour la conversion des Anglais, sous la conduite de S. Augustin, apôtre de l'Angleterre. Celui-ci y établit la vie commune parmi les moines attachés aux nouvelles Églises, où ils tenaient lieu de chanoines (Y. Baron. Ad ann. 596. 597).

OniENTATIOIV DES EGLISES CURE- TIENNES. — Des règlements remontant, penset-on, à Torigine même de TÉglise, et qui furent fixés par la suite dans les Constitutions apoiUh tiques (n. 57, et les notes de Cotelier), prescrivaient que les églises fussent disposées de façon que la porte regardât l'occident, et que Fabbide présentât sa convexité à Torient : ainsi les fidèles, en priant, avaient le visage tourné vers J arieiit ; et la principale des nombreuses raisons mystiques qu'on ait données de cette disposition, c est que nous devons diriger nos yeux vers le paradis ler- 'reslre, que Dieu avait placé à rorient,altn d'entretenir en nous le regret de Tavoir perdu, ainsi que le désir d'arriver au ciel, qui est le véritable Éden.

Quoi qu'il en soit, il ne parait pas que celle règle ait toujours été obligatoire, car nous savons par Socrale .(Hist. eccl. v. 21), par S. Paulin de Noia (Epist, XII Ad Sever), par Eusèbe {Hist. eccl. X. 4), qu'il y fut dérogé dès les premiers siècles. Ces dérogations pouvaient, à la vérité, avoir leur molli dans la nécessité de proteslercontre certains hérétiques qui avaient imaginé de voir Jésus-Clihst dans le soleil. Toujours est-il que tout système d'orientation peut trouver son modèle à Home même parmi les plus anciennes églises. Ainsi : sanctuaire à lest : Saint-La urent-bors-des-Murs, Ara Cœli, Saint-Paul; au sud : Saint-4ean de Latran, Saint- Grégoire, et d'autres encore; au nord, Sainte-Marie du Peuple, Sainte-Narie ai Monti, etc. ; à l'ouest : Saint-Pierre, Sainte-Marie- Majeure, Saint-Clément, Sainte-Praxède.

On a dit que, pour conserver au moins l'esprit de l'usage primitif, on avait, dans le^ églises orientées à l'inverse, disposé l'autel de façon qoe le célébrant eût le visage tourné vers le peuple et par conséquent vers l'orient. Mais, dans toutes les basiliques de Rome, l'autel est ainsi tourné, quelle que soit leur orientation. On doit conclure de là que rien n'était invariablement fixé à cet égard.

r ORPHEE (SBS REPRÉSENTATIOMS DAKS LES lOSlr

VENTS chrëtibks). — I. — Ou rencoutre quelqu^ fois dans les monuments chrétiens du premier âge la figure mythologique d'Orphée. Le cimetière de Domitille renferme les deux seules peintures représentant cet intéressant sujet qui soient parvenues jusqu'à nous : elles sotot Tune et l'autre du même style, et assez remarquables par leur élégance pour que Boldetti ait cru pouvoir ks faire remonter au règne de IVéron (Cimit. p. 26). Dans la première de ces fresques (Bosio. Rom, sotl. p. 239). — Cf. Bottari. t. ii. tav. uni), 0^

oupii — :

pliM esl placé au centre d'un octc^one entouré Je huit compartiments égaux, où sont peints alternatireinent des traits de l'Ancien et du Nouveau Tt^liment , avec des animaux se rapportant au sujet pripcipaJ. H est assis sur un roclier, entre deux artns qui s'inclinent vers lui, et joue de la lyre au milieu de divers animaux sauiages et domestiques qui semblent l'écouler attentivement. On dirait que l'arlisle, en exécutant ce tableau, a eu sous les yeux celui qu'a décrit Philosirate {!mag. n. — Cr. Boit. II. p. 6i], et qui reproduisait sans doule le type reçu dans l'antiquité païenne, tant il «liste entre l'un et l'autre de conformité quant à la figure, ï l'attitude et au vêlement du principal personnage. < Il est assis, dit le sopliisle de LeinnosjBotlari. I. n. p. 30), un léger duvet garnit ses Joues, il est coiffé de la tiare droite, loule brillante d'or, liarani aura fulgenlem, in capile itclam get' taiu (iraduclion de l'éditeur)-, son œil annonce le génie et une inspiration divine.... U sens tout religieux de ses clianls respire dans l'expressiun de si»iii^age....Sonpiedgauclie,appuyéà terre, soutient a lyre, inclinée sur son liane, et du pied droit il bal la mesure > (Imag. vu. PkilotlraUiium el Calliilrati opp. rtcognov. ArU. WeiUmtann. l'iirîs. Didot, 184»). L'Urpliée de Pliilostrale était encore, comme le ndtre, entouré d'arbres, d'oiseaux, d'anjmaui de toule espèce, car la Fable supposnit que, par U douce harmonie de ses chants, non-seulement i\ attirait à lui les hommes el se rendait les dieux propices, mais encore qu'il apaisait le courroui de la mer, suspendait le cours des lleuves, et qu'à ses accents les arbres et les forêts tout entières quittaient leur place pour le suivre :

.. Inseculs Oriilica

Ducere quer eus- Mais le poêle philosophe donne ailleurs l'explication rationnelle et positive de ces faits merveilleux, en assignant te motif qui avait fait attribuer une telle puissance à la lyre du diantre sublime. On sent ici le souflle de ce scepticisme qui , au temps d'Auguste, sapait déjà tes vieilles croyances :

Sylieilres hoiDiDes saccr inlerpresque Deoruni CsJibiu c( viclu fixdo ilelerruit Orplieui. Diclui ob lioc lenire ligrei rabidosque leonn.

■«$ hboiiaïs >aavigei,se faiHnt ainsi l'interprèledes diïui, qu'OrpMe «1 dil avoir adouci les ligrci et les lions. •

Hanilius {Aâtron. lib. v. vers 257) exprime d'une manière énergique la vertu de ses chants, en supposant qu'ils prêtaient la sensibilité aux rochers el des oreilles aux forêts r

El senn» tcopalii et srliit addiilil lurea.

Les données mytliologiques ont été, ainsi que Mus l'avons dit, exactement suivies dans les mo-

5 — ORPil

numenis des cniacombes. Sur les arbres entre lesquels Orphée est astiis, sonl perchés un paon et d'autres oiseaux qui semblent comme suspendus h ses lèvres et captivés par les sons harmonieux de sa lyre. Autour de lui on remarque un lion, un ours, une panthère, un serpent, qui représentent les animaux sauvages ; de l'autre calé, des animaux domestiques, un cheval, un mouton, une tortue et divers insectes. Il porte In lunique deux fois ceinte, au-dessous des reins et sur les lianes, et par-dessus le lagum.

Dans ce monument, comme dans tous les autres, chrétiens ou profanes, il a ces espèces de caleçons à la mode orientale appelés anoxtjrit, lesquels se prolongeant jusqu'aux pieds forment chaussure. Ici ce vêlement est garni, sur chaque jambe, d'une étroite bande d'ètofTe d'une nuance distincte, semblable i ces bandes de pourpre {clavi) qu'on remarque si fréquemment tur les tuniques et les penulœ des personnages des catacombes. La tiare dont sa tête est couterle se trouve encore mentionnée par le même Philosirate le Jeune dans la Vie iTApoUoniui (lib. i. c. S&. Rubenius, dans son livre De re vettiaria (lib. u. c. 16), observe, d'après Bosio [Roma toit. lib. u. c. 55], qu'elle se voit sur les marbres antiques représentant le chantre de Tlirace. Nous ne connaissons qu'un seul marbre oii il soil représenté : c'esl un fragment de sarcophage d'Ostie, récemment découvert (V. la gravure plus bas). La seconde peinture du cimetière de Gallisle (Bosio. p. ïbC. — Cf. Boltari. t ii. lav. ux) diffère un peu de la première quant aux accessoires. Elle se trouve dans le fond d'un monument arqué, ou arcototium. Ici Orphée porte une tunique plus collante, à manches étroites, et le pallium, ou peul-élre un logum très-long, lequel, tombant des épaules, le couvre et l'environne de la ceinture jusqu'aux pieds, tandis que dans la peinture précédente ce manteau est fixé sur les épaules. Tel élail le costume des musiciens, ainsi que l'altesle Horace (De art. poet. vers. 215):

Traiilque vagua per pulpita teilem.

Tibulle (Lib. m. Eleg. 4. vers. 35) donne à Apollon, dont la lyre esl, comme on sait, le principal

atlribul, le manteau descen<)ant jusqu'aux pieds, el Ovide (Fait. lib. ti vers. 687) s'exprime comme il suil au sujet d'un joueur de lyre :

• Annd'iugmenterlenon

il parait

Hais, ce qui revient loul à fait à notre sujcl, Catlislrale, parlant de la statue d'Orphée, ditque son vêtement descendait des épaules jusqu'aux talons, et qu'il était coilTé de la tiare persane comme dans noire peinture, — Ornabal eum tiara perûea auio diitincla a vi'rtke nirtum erecUt, lunîeaque ah humerit ad pedet démina, ballto aureo cirea pecluiadttiingebatur{Slat. tu. traduction de l'édileur). Sur le genou gauche, il lient appuyée la lyre, d'une forme absolument semblable à celle que lui attribuent soit les écrivains, soit les marbres, les gemmes et les médailles antiques , mais dilTérente par sa furmede celle qu'il porte dans l'autre fresque. Celle ci csl arrondie à sa partie supérieure et ses deux côtés forment deux espèces d'arcs, comme celle que décrit Pliilostrate (Lib. i Imag. n. 10), tandis que l'autre se termine par deux pointes.

Après les deux fresques de [>omilille que nous venons de déci-ire (on en a trouvé depuis peu une troisième (V. De' Rossi.fiom. iotl. t. n. lav. xvni.), on peut citer une lampe d'argile publiée dans le grand ouvrage de M. l'errel sur les Catacombes (t. IV. p. n. n. 1), oû Orphée est représenté jouant de la lyre et entouré d'anirnaux divers. Quelques lampes du même genre figurent dans différents musées, et l'imperfection du travail qui s'y fait remarquer accuse une époque de décadence. Le cabinet des antiques de la fiibliollièque nationale en possède une (Raoul-Roclielle. Uém. tur letCal. p. 118). Le même sujet se trouve aussi gravé sur une pierre fine recueillie dans une sepullure chrétienne des cimetières romains, et que Uamacbi {Origin. et aalii}. Chritl. t. ut, p. 81. note 2) signale comme faisant partie, au temps où il écrivait, du musée Veltori. M. Visconti en a trouvé on autre sur un sarcophage d'Ostte; nous

n donnons ici le dessb. Un sait, par le témoi-

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