ORPH
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fV^rmité de sa doctrine avec celle des Livres sainU, ^(déplus sur des rapprochements quelquefois un p»eu arbitraires, quoique toujours ingénieux, entre fui et le Sauveur, question que, encore une fois, rsous n*aYons pas à examiner; d*un autre côté, il ^mi aussi sa source dans un sentiment de tolér^oce large, non moins qu'éclairée, dont aujourcS^^ bien peu de chrétiens seraient capables : les t^ns le dépassant hors do toute raison, les autres
ne sachant pas Tatteindre; étroitesse d'esprit d*une part, oubli des droits de la justice de Tautre : chei tous, manque de coiniaissance exacte et pure du véritable esprit du christianisme : Neêcitù ctf^ juê 9piritus ettis (Luc. xi. 55).
ORPHELIi^S (soin des).— Y. Tari. Aumône. b\
OSTENSORIUM. — Y. Tart. Ambon.
PAEf EUGHAHISTIQUE. — L — Nature du pain eucharistique. Le récit des trois évaûgélistes, S. Matthieu (xxvi), S. Marc (xiv) et S. Luc (un), suppose évidemment que notre Sauveur se servit de pain azyme («C'j|aoç, sans levain) pour insliiuer la sainte eucharistie, car cette institution suitit immédiatement la manducation de la pàque, où le pain levé était interdit : Erat enim dies azymorum (Malth. xwi. 1 7) ; et cette interdiction durait autant que les solennités pascales.
Néanmoins, bien qu'il semble plus convenable d'imiter en cela Jésus-Christ dans la célébration du saint sacriflce, TÉglise a toujours tenu qu'il n'eut point l'intention d'obliger ses apùtres et leurs successeurs à préférer le pain azyme au pain levé. Si le Seigneur prit du pain azyme, c'est qu'il n'y en avait pas d'autre sur la table où il avait soupe avec ses disciples. Aussi, en racontant l'institution de Teucliaristie, les évangélistes et S. Paul luimême se oontentent-ils de dire qu'il prit du pain, sans expUquer s'il était levé ou sans levain, ce qui indique assez que Tun et l'autre étaient propres au sacrement.
Nous ne voyons rien dans l'histoire des apôtres qui puisse nous autoriser à penser fjn'ils aient donné à l'une de ces espèces de pain une prérérence exclusive. Les fidèles de Jérusalem (Act. n. 46) « se rendaient tous les jours dans le temple dans l'union du même esprit, et y persévéraient dans la prière ; et rompant le pain dans la mais<^n, ils prenaient leur nourriture avec joie et simplicité de cœur. • Ces paroles doivent s'entendre des repas de charité (Y. l'art. Agapes) que faisaient les chrétiens dans leurs assemblées publiques. Or il n'est pas probable qu'ils eussent deux espèces de pain dans ces réunions saintes, du pain azyme pour l'eucharistie, et du pain commun pour les agapes; car il n'y avait aloi*s ni loi ni coutume qui exigeassent une telle difierence. Tout porte doDc à croire que les apôtres et leurs disciples usaient indifféremment de l'un et de l'autre, selon les temps, les lieux et les personnes ; que dans rÊgiise de Jérusalem et dans les autres où le plus grand nombre des fidèles judaisaient en- ^^ ils célébraient avec eux la fête de Pâques
AlinQ. CBRÉT.
avec des pains sans levain, soit dans le sacrifice, soit dans le repas commun, mais que, dans les autres temps où les Juifs mangeaieni du pain levé, et dans les Églises des nations que la loi des azymes n'atteignait point, ils se servaient de pains levés et consacraient ceux qui leur étaient offerts par les fidèles.
Les auteurs ecclésiastiques ne fournissent aucune preuve qu'il en ait été autrement pendant les huit premiers siècles. On ne surprend même pas dans leurs ouvrages le moindre indice pouvant servir de base à une conjecture quant à Tusage du pain azyme à l'exclusion du pain levé, ou réciproquement. Si l'on pouvait prêter quelque créance à l'histoire que racontent les anciens scolabtiques, Alexandre d'Àllez (Sacrement, euch. p. IV. art. 1) et S. Thomas (In iv Seul. disi. q. 11. a. 2), au sujet des ébionitas, on y verrait à bon droit la preuve que toutes les Eglises se servirent d'abord de pain azyme dans les saints mystères, et qu'elles n'adoptèrent ensuite le pain levé qu'en haine de ces héiétiques qui, se croyant tenus aux cérémonies de l'ancienne loi autant qu'à rÉvangile, offraient des pains azymes dans leurs mystères. Mais la saine critique a depuis longtemps rejeté cetie histoire, que le cardinal Bona ne craignait pas de traiter de fable, et qui n'a été fabriquée que mille ans et plus, après révénement qu'elle suppose.
Ceux qui ont avancé que celte innovation était due au pape Alexandre 1", qui siégeait en 109 et que S. Irénée donne pour le cinquième évêqne de Rome, ne sont pas mieux fondés, car ils n'apportent à l'appui de leur opinion aucun témoignage de quelque valeur; et les actes de ce saint pontife ne renferment pas un mot qui soit relatif a ot prétendu décret.
Au contraire, les plus anciens Pères, à partir de S. Jubtin {Apolog. ii), parlent du pain eucharistique comme d'un pain commun, ordinaire. Nous devons dire néanmoins que le témoignage de cet apologiste , ainsi que ceux de S. Irénée (iv. 34), de S. Grégoire de Nysse (Oral, in bapt. Christ.}^ de S. Cyrille de Jérusalem (Calech. m) et de quelques autres que l'on cite ordinairement
pour cet objet (V. Grancolas. Le» ancien, litwg. p. 567), ne nous parjissent pns nussi coacluants qu'on le suppose -, car quand ils disent, comme S. Irénée (et le langaj^e des autres est tdenlir|ue) : > Ce n'est plus un pain commun, mais l'euchari»lie, • il est évident que ce terme, pain commun, est ici employé par opposiliun à ce qu'il devient par la consécration, inab ne désigne pas plus du pain levé que du pain azyme.
Hais Tertqllien voulait bien certainement parler du pain commun quand il disait à sa femme dans la prévision qu'après lui elle contraclerait de nouveaux liens [Ad tixor. n. 5) : < Si voire époui (païen) sait que ce que vous mangez avant Joule nourriture est du pain, croira-I-il que ce pain est celui que l'on dit? ■ L'expression de S. Ambroise, ou (le l'auteur quelconque du livre Det tacrementt (ir. 4), est plus claire encore : * Vous me direz peut-être, jugeant par les apparences, que c'est le pain que je mange ordinairement : > meuâ panii eit utiintui. S. Grégoire trouva une femme incrédule de la présence réelle, parce qu'elle reconnut dans le pain consacré que le saint pontife lui présentait celui qu'elle avait elle-même olfert après l'avoir pétri de ses mains (Joan. Diac, In Vit. Greg. lib. u. cap. 41). Et de ce fait particulier on peut conclure que la pratique générale élait d'offrir du pain crdinaire pour la sainte eucliaristie.
C'est il lort qu'on a conclu du sixième canon du seizième concile de Tolède tenu en 693 que dés lors le pain azyme élait exigé ; ce décret porte sur la forme du pain, plutôt que sur sa nature : < On ne mettra plus de pain sur l'autel pour le consacrer, s'il n'est entier, propre, ei fait exprès ; i> or ces qualités conviennent aui deux espèces de
Il y a cepend.inl ici une prescription nouvelle : c'est que le pain destiné à élre consacré ne doit pis élre pris au hasard parmi les pains communs.
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mais fait exprés, panii ex studio prœparaliu, «t avec un soin tout particulier. Or tout pain fait de fine fleur réunit ces conditions de netteté et de blanclienr, nitidiu, qu'il soit azyme ou levé.
Il y 3 beaucoup d'apparence qu'au neuvième siècle il ré^mait encore une complète indifl«enM entre Tune et l'aulre de ces espèces de pain.doni l'Ëgtise grecque comme dans l'Église latine. Ijr si, à cette époque, les Grecs eussent été atladiés t l'usage du pain levé, adopté par eux certaioement depuis le sixième siècle, (Bona. Dt ni, liturg. I. 33. § 7), et très-probablement dés fcrigine, et les Latins au pain azyme, est-il probable que Pliolius, si attentif à récriminer contre r£glùe de Rome pour des bagatelles, telles que l'usage où étaient les ecclésiastiques latins de r.i^er l«ur barbe, eût manqué d'adresser un reproche au pape Nicolas 1" sur un objet aussi importanl qite la nialière de l'eucharistiel
De tout ceci on peut conclure que l'us-ige exclusif du pain azyme pour l'eucharislit; ne s'est étaUi dans l'Église hitine que dans l'intervalle de temps qui s'est écoulé entre fhotius et Michel Cérulaire, qui consomma le schisme commencé par Photius.
Ce temps comprend i peu prés deux siècles, d suRIsaitpour former une coutume ayant torcede loi dans l'Église où elle était suivie. Du >iiaiit même de fliolius, it y avait déjà dans l'Occidenl des prêtres et même des Églises qui se semiflil de pain azyme de préférence au pain levé. Lelémoignage d'ildefonse, évéque d'une Église d'Eipagne, en est une preuve pour son diocèseelpeulétre pour l'Espagne tout entière; celui de Rnlua Haur en est une pour l'Allemagne, et nou^î ue nous rendons pas compte des doutes de queli|iiM liturgisfes à cet égard, et parliculiéremenldeceui du savant et judicieux Bocquitlot {Liturg. de la mette., p. SS6); panent tn/'emieHfiilitni est uuefipression assez claire.
Quoi qu'il en soit, voici comment on suppose 1 11. — forme du pam mcftoriad'îiie. Depuis longque ce cbangemanl s'opéra peu à peu. \ temps, les tJdéles, et principalement les minutrU
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de l'Eglise, preDSieat un soin parltculier des pains deslinés a être ofTerls à l'autel. Il parait mËrae que dés le quatrième siècle ces pains étaient de figure ronde; S. Épipliane l'aflirme posiliTetiiEnt (Cf. Cnccolas. Let ancien, iiturg. p. 561)-, Sévère d'.Ueiandrie les appelle cercltt [In ordin. miti.], et. dans le récit du miracle de S. Orner, le moine lâon désigne de même l'hostie de la messe. L'auteur des dialogues publiés sous le nom de S. Cés^ire \Diat. m) dit que le corps de Jésii^^hrist dans le ciel a ses organes et ses membres, mais que sur l'autel il est rond, S. Grégoire appelle ces pains couronne», et Surius, dans la vie de S. Othrxar. qui yiTait au huitième siècle, rapporte {Ad xvi mot.) que quand on ouTiit son tombeau, on trouva 90\xi sa lète de petits pains en forme de roues, pana rotularit, qu'on nomme coimnunément oblatioiu. C'est la forme qu'ont les pains eucharistiqutâdansuneminiatured'un très-ancien manuscrit Je la biblioUièque de Saînt-Germain-des-Prés, dont Dons donnons ici un croquis (Sirmoiid, De atym. pan. 5. ci-dessus p. 5G2). Un prêtre y est représ«ntéentre deux autels, dont l'un, selon le rit judaïque, porte deux victimes, un agneau et un bélier; l'autre, qui est l'autel chrétien, est surmonté d'un calice et de pagnottes rondes, incisées en croix. Les pains eucharistiques ont aussi dans les Églises «rànlales la forme ronde, et sont marqués de la croix. Chei les Grecs, c'est une croix unique, entre les bras de laquelle sont inscrits les sigles K-ic- s.-i.mcorcineiocmtK.JetiuCkràlutemcit.
Chei les Syriens et les Égyptiens, les croix sont en nombre, parsemées dans le champ, et altemati-
vemenl grecques et latines. Les hosties de cette dernière Ëglise ont aussi au centre des croix moiiosrunmatiques, soit le X, et portent dans une
partie de leur circonférencelalégeDdeirioc.icirfoc, tandtu panU. Nous en donnons le dessin d'après
le même auteur. Le concile de Tolède, dont nous avons cité plus haut un passage, porte en outre que le pain préparé pour l'autel devait être petit, modica oblata, net et fait exprès.
11 est avéré que les anciejis avaient coutume d'imprimer un sceau sur les pains oflerls à l'autel. Un sceau qui probablement était destiné à cet usago, fut trouvé dans les catacombes au siècle dernier. Il a été publié naguère par H. De' Rossi {Bidlet. 1865, p. ItO), d'après un manuscrit du P. Hènestrier, qui lui-même en avait emprunté le dessin aux papiers laissés par Winglie. C'était probablement rerii]ireinte des pains qu'Ëuporius offrait à l'autel ; EiAorLi Ernopiu.
Dans la suite, le relâchement s'étant introduit, les messes basses devinrent communes, et les minisires même cessèrent de commuiiier à ia grand'messe : autres raisons dediminuer le volume des pains. Pour les Taire plus petits, plus nets et plus commodes, on inventa des fers dès le neuvième siècle (V. Uabillon. De azj/mo). On ne saurait néanmoins conclure absolument de l'usage de ces fers que les pains qu'on y cuisait fussent sans levain, car les Grecs s'en servent aussi ; mais il est probable qu'ils contribuèrent beaucoup a amener cette pratique.
Bien que ces pains azymes fussent de petites dimensions dés les premiers temps où l'usage s'en introduisit, on ne doit pas se les figurer minces et déliés comme ceux qui se font de nos jours. Ils avaient assez d'épaisseur pour qu'on pût facilement les rompre pour la communion des fidèles ; et il en était encore ainsi au douiième siècle, i Pour nous, dit le cardinal Humbert [Epiil. ad Léon. Acrid. — Cf flocquillot. 288), nous offrons au saint autel de petites hosties faites exprès de fine fleur, saines et entières, et, après la consécralion. nous les rompons pour nous communier nous-mêmes et aussi le peuple. >
Pour porter la sainte communion aiii malades, on rompait une hosiie dont on prenait seulement une parcelle, et non une forme entière. Ce fait, consigné dans les coutumes de Cluiiy (1070), prouve une fois de plus que l'usage des premiers
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