‹ Dictionnaire des antiquités chrétiennes [microform]Chapitre 207 sur 281 · PALM · texte numérisé non relu

PALM

touré d*une couronne de laurier et accosté de deux

palmes.

If. ^ Mais la palme est par-dessus tout le symbole du martyre, car» pour les chrétiens, mourir, c'est vaincre : ergo vincimus cum ocàdimuTy dit Tertullien (ApoL l) ; et, comme S. Grégoire le rappelle aTec toute sorte d'à-propos (loe, laud.), f c*est au sujet de ceux qui ont vaincu Tantique ennemi dans le combat du martyre, et qui maintenant jouissent de leur victoire dans la patrie, qu'il est écrit : Palmœ in manibui eorum, « des palmes sont dans leurs mains » {Apoc, vu 9). Aussi la palme du martyre est-elle devenue, dans le langage de TÉglise, une expression classique et comme sacramentelle. Les diptyques, les actes des martyrs, les martyrologes nous font lire sans cesse : Martyrii palmam accepH, — matiyrii palma coronaius est^ — marlyrii palmam meruit obiinere, — cursum palmiferum coneummavit^ dit Cassiodore^ (De persecut Vandal, apud. Ruin. 1. v. p. 73), c il a reçu la palme du martyre, — il a été couronné de la palme des martyrs, — il a mérité d'obtenir la palme du martyre, — il a consommé la course au bout de laquelle est la palme. » Ste Agathe répond au tyran : « Si vous ne faites pas déchirer mon corps par vos bourreaux, mon amené pourra entrer dans le paradis de Dieu avec hpaime du martyre. •

De là est venu lusage de peindre les martyrs avec une palme à la main ; et ce symbole est devenu si populaire que personne ne s*y méprend : Forten athletas populis palma désignât esse victores, fl aux yeux des peuples, la palme dénote que les vaillants athlètes ont remporté la victoire, • dit Cas^iodore (Variar. i. 28). Chacun d'eux, dit Bellarmin (T. ii. De EccL triumph. 1. n. c. 10), est représenté avec Tinstrument spécial de sa passion; l'attribut commun à tous est la palme. Dans la mosaïque de Saint e-Praxède (Ciampini. Vet, mon. t. n. tab. xLv), de chaque côté du grand arc, on voit, exactement selon le texte de V Apocalypse (vu. 9), une multitude de personnages, <ur6am magnam quam dinumerare nemo poteraly portant à la main des palmes. D*autres mosaïques, celles de Sainte-Cécile et des Sainis-Côme-et-Damien, par exemple, offrent deux palmiers encadrant tout le tableau, et chargés de fruits qui sont l'emblème des mérites des martyrs. Ce symbole avait déjà été employé dans les catacombes. Ainsi, dans une peinture d'arcosolium (Harchi. tav. xli), sur une pierre sépulcrale (Marangoni. Ad. S. Vict. p. 42), sur un certain nombre de sarcophages (Bottari. tav. xxu et alibi). Tous ces monuments représentent Notre-Seigneur entre S. Pierre et S. Paul ; le palmier qui est prés de celui-ci est ordinairement surmonté d'un phénix, double symbole de résurrection particulièrement attribué à l'apôtre des gentils, parce qu'il fut le premier et le plus zélé prédicateur de ce dogme consolant (Y. l'art. Phénix).

IIL — Il est indubitable que la palme se rencontre très-souvent sur des tombeaux de fidèles

non martyrs, dont plusieurs même portent des dates postérieures aux persécutions (Aringhi. u. 639). Elle était devenue un ornement tellement vulgaire, qu'on eut des moules en terre cuite (Y. d'Agincourt. Terres cuites, xxxiv. 5) dont on se servait comme d'un moyen expéditif pour estamper lempreinte d'une palme sur la cliaux fraîche encore des /octt/t, expédient souvent fort uliledaos l'extrême hâte qui, en temps de persécution, pi^ sidait à ces sépultures clandestines.

Quoi qu'il en soit, il n'est pas moins avéré que fréquemment aussi on employa la palme comme synibole de martyre. Le Utidus de la jeune martyre FiLVMENA fait voir une palme au milieu d'instruments de supplice (Perret, v. xui. 5); il s'en trouve plusieurs autres exemples dans Boldelli (p. 255). Il nous semble difûcile de^ne pas voir un indice de martyre sur une pierre sépulcrale (Perret, V. XXXVII. 120) où la défunte est représentée debout avec une palme à la main gauche et une couronne à la droite, devant un cartouche renfermant l'inscription : (i)N0CEMi?iA doicis Fi(/ta). Ce type

devint fort commun plus tard, surtout dans les mosaïques. On ne peut guère méconnaître une intention analogue dans ces palmes qui sont tracées sur l'enduit enveloppant des vases de sang ( Bot lari. tav. CCI segg), non plus que dans celles qui décorent le disque de quelques lampes ayant brûlé devant des tombeaux de martyrs (Barloli. Ant, incem. part. m. tav. xxii).

Mais puisqu'il est établi que la palme est commune à toutes les sépultures chrétiennes, il s^»suit qu'elle n'est point un signe assuré de martyre, à moins qu'elle ne soit jointe à d'autres indices reconnus pour certains, tels que des inscriptions exprimant la mort violente, les instruments de martyre, le vase ou des linges teints de sang. Interpellée sur celte grave question Ja congrégation des indulgences et des reliques répondit le 10 avril 1668 : Censuit S. C. re dUigenUta examinaia, palmas et t«a«i7/onim{mûr^m),M«guine tinctum, pro signis certissimis hahenda tut- Papebroch et Mabillon furent d'avis que ces deui signes devaient se prendre ctimt«/fl<iwmw^» dételle sorte que la palme seule, sans le vase de san^ n'était pas une preuve suffisante du martyre. Boldetti soutint qu'on devait les prendre séparémait

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