‹ Dictionnaire des antiquités chrétiennes [microform]Chapitre 208 sur 281 · PAON · texte numérisé non relu

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comme ayant la même valeur. Nonobstant ce décret, Fabretti exclut la palme, et affirme que, dans la reconnaissance des corps saints, il ne s^élait jamais fondé que sur le vase de sang. Après lui, Muralori (Antiq. med. en. dis$ert. ltii) démontra que b palme seule ne suffisait pas pour prouver le martyre. £n(in, Benoit XiV {De bealif. etcan. 1. iv. pars u. p. 28), bien qu'il cite le décret en question, déclare néanmoins que • dans la pratique de ceux qui président aux fouilles des cimetières, la seule base sur laquelle on se fonde, c'est, non pas la palme, mais le vase teint de sang. » (Au sujet du Tase de sang , lisez attentivement Tart. Sang àe$Martyri,\\).

PAON. — Symbole de la résurrection. On sait que cet oiseau perd ses plumes chaque année à l'approche de l'hiver, annuis vicibus, comme s'exprime Pline [Hiêt. nat I. x. § 22. p. 241. t. iv. edit. Taur.),pour s'en revêtir de nouveau au printemps, alors que la nature semble sortir du tombeau. C'est pour cela que les interprètes de l'antiquité chrétienne (Bosio. R. soit. p. 6 il .— Cf. Arin- ^\ii. Rom. iubterr. u. 1. vi. c. 36 p. 612) le regardent comme un symbole non équivoque de la résurrection ; et Namachi (Antiq, christ, t. ui. p. 92) fait obsener que, bien que cette opinion ne s'appuie pas sur l'autorité des Pères, il n'y a néanmoins aucune raison plausible de la rejeter. S. Antoine de Padoue ( Serm. fer. 5 posi Trinit. ) avait déjà représenté, sous l'emblème du paon, noire corps ressuscitant au dernier jour : In gênerait resurrectione qua omnes arbores, id est omnes Sancii, incipiunl virescere, pavo ille (corpus nostrum) qui mortaîUalis pennas abjecit, immortalitaiis recipiet, • à la résurrection gén^^rale, où tous les arbres, c'est-à-dire tous lesSaints, commencent à reverdir, ce paon (qui n'est autre que notre corps), qui a rejeté les plumes de la mortalité, recevra celles de l'immortalité. »

S. Augustin signale (De âvit. Dei. 1. xxi. c. 4) Qoe autre qualité du paon qui autorise à le regarder comme le symbole de rimmortalilé : c'est l'incorruptibilité que l'opinion de son temps attribuait à la chair de cet oiseau. Ce qui donne un grand poids à cette opinion, c^est que nous trouvons dans les cimetières romains le paon uni à d'autres figures ^ui renferment, de l'avis de tout le monde, une allusion au dogme de la résurrection et de l'imraortalilé, par exemple le Bon-Pasteur, l'arche de ^oé, l'histoire de Jonas. la résurrection de Lazare, figures dont l'ensemble formule admirablement une pensée unique.

«Nous citerons deux exemples où le paon est représenté posé sur un globe, la queue développée ^n roue étalant ses longues plumes pleines d'yeux : peintures où l'artiste a eu évidemment l'intention d'exprimer par le globe la terre que quitte le corps ressuscité, et par les plumes le ciel vers lequel il se dirige. Le premier de ces deux monuments a été trouvé dans le cimetière des Saints-Marcellinel Pierre (Bol tari. t. ii. pi. xcvn) ; le second appar-

tient à la sixième et dernière chambre de la catacombede Sainte-Agnès (Id. t. m. pi. 184). Dans ce

dernier, selon Boldetti (Cimil, p. 163) et Lupi (Z>i<sert. u. t. I. p. 204), sont représentés les corps des martyrs sous l'image symbolique d'un tonneau porté par huit hommes dans un lieu où d'autres tonneaux sont conservés; et il est à croire qu'on a voulu représenter la résurrection de ces mêmes martyrs par le paon, dont l'image domine cette scène.

Dans un monument arqué des catacombes de Saint-Janvier à Naples, on voit le même sujet visà-vis d'un paon peint avec deux de ses petits, sortant à demi d'une espèce de panier en forme de nid (D'Agincourt. Peinture, pi. ii. n. 9). La même particularité se remarque dans les peintures d'une catacombe chrétienne découverte à Milan en 1845, près de la basilique de Saint-Nazaire; mais ici les deux petits paons qui accompagnent le grand paraissent comme renfermés dans une espèce de treillis en forme de palissade (Polidori. Sopra alcuni sepolcri an t. Crist. scop, in Milano, 1845. p. 57). On remarquera que ce paon est accompagné de sept étoiles, symbole dont l'explication est donnée à l'article Étoiles,

Le symbole du paon est assez rare dans les monuments funéraires chrétiens. Il n*est cependant pas sans exemple, soit dans notre Gaule, soit en Italie. On remarque deux paons avec le vase sur l'épitaphe du prêtre Romanus, qui fait partie du musée lapidaire de Lyon (De Boissieu. Inscript, de Lyon. p. 580). M. Le Blant assure (Inscript, chrét, de la Gaule, i. p. 136) ne l'avoir rencontré que trois fois en Gaule. Nous n'en connaissons que deux exemples sur les monuments de Rome : l'un est

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fourni par la pierre sépulcrale de ivbelii phou (Boldelli. p. 361), où un paon et une brebis sont gravés en regard l'un de l'autre ; le second vient également de Rome, mais se trouve sous le grand escalier de la bibliothèque de S. M, le roi de Sardaigne, à Turin (Gaziera. lier, dèl Piem. Append. p. 8). La ligure du paon est ici jrfacée près d'un vase d'une élégante forme, dans l'espace que laisse libre, au commencement de la secon<le ligne, l'iiiscriplion suivante :

Le paon associé au vase se voit aussi, mais avec des conditions d'élégance enceptionnelles, dans la chambre (cnbiculum) dite des Cinq-Saintes, au cimetière de Sainte-Solère (De" Rossi- Rom. lott. t. iji. lav. ini). Il est placé au sein du jardin de délices, c'esl-à-dire du paradis (V. ce mol), et offre un double symbole d'immortalité, et prés de l'image d'une de ces saintes, «acvDu tu pace, dont il représente l'âme bienheureuse,

Le paoH est pris quelquefois, dans les représentations des saisons qu'olfrent quelques monuments chrétiens, comme le sjmlwle du jirinlemps. On en voit un eiemple dans l'un des petits côtés du sarcophage de Junius Bassus (Boltari. t.i. p. 1). Dans les peintures d'un ancien calendrier, édité par Lambéce, le paon e<t employé pour figurer le mois de mai. Le paon figure au nombre des animnui réunis autour d'Orphée, dans les peintures chrétiennes représentant ce sujet (V. Bottari. pi. uni. et la ligure de l'art. Orphée. — V. l'art. iSai-

PAPE. — L — L'évèque de l'Ëglise romaine est le successeur de S. Pierre qui • a occupé vingt-cinq ans le siège de Rome (Euseb. Chronic. an. Liiv), et l'occupe encore, toujours vivant dans ses successeurs (Petr. Raven. Epitl. ad Ettlyeh.), lesquels sont en tout les héritiers du ministère de herre » (Siric. Ep. ad Himer. epitc. Tarracon.). Ainsi, de même que Pierre • à qui les clefs du royaume céleste ont été confiées {Mal th. ivi. )9), paissant, par l'ordre de Dieu, l'tglise mère de toutes les Ëglises.... obtint le principal unitei^ sel n {Ep. Hadrian. intyn. acum. vui. art. 2), de

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même le pontife romain, en sa qualité de tauKseur de Pierre, f exerce un apostolat auquel nul ne saurait, sans crime, contester la priniiulé m tous les autres épiscopals • (Augustin. Dthaplim. n. 1). C'est pourquoi, dés les premiers siècle. < toutes les questions qui pouvaient admettre quelque doule, lui furent conslamment, et pv une coutume invariable, rapportées, coDiine u chef suprême de tous les évèques de l'uniiert (Damas. Ep. ad omn. epiie. Orient, ap. The> dorel. Hi$t. eccl. V. 10); car, dit S. Irénée, disciple île S. Polycarpe, disciple de S. Jean, le disciple bienaimé du Sauveur, c'est ïers l'élise romaine, j cause de son autorité et de sa suprématie, fropltr potiorem principalitatém, que doivent conrerjer toutes les autres Églises, c'est-à-dire les fidèle dispersés dans tout l'univers • (Àdv.ham. m.'j). Aussi < tous les Pères les plus anciens de la i^publique chrétienne ont-ils enseigné que le pgniitf romain, établi comme au point culminant de 11 ciladille, in lummitalii arce, a le soin de louiet les Églises (Athanas. Apolog. u), et tous l'ont regardé comme étant seul dans l'Églist véritablement prêtre et juge, suivant les besoins elles circonstances I (Cyprian. 1. i. episl. 3- ki Comri.). De tout ce qui précède, nons sommes en droit de conclure que le pontife romain, avec la fnnutiie de toutes les Ëglises (Jul. I. £piil. i). > retu le pouvoir d'instituer leséïéquesdesaulresÉj.'liss (V. Concii. Chalced. act. i. et vu. ~ Ciprm. I. ni. ep. 13. Ad Sleph. — Théodore!. ttiit.taS. y. M. etc., etc.), de porter des lois et d'en dispenser (Gelas. Epiit. i.— S.Creg. I.l.ïit.epîlj; que de tout temps on dut appeler à son Iriliiiul, tout jugement étant suspendu jusqu'à ce que «Il cause eût été jugée en dernier ressort par l'étèq* de Rome» (Concil.Sardie.c. iv). Celte juridictim souveraine dés le premier siècle se proure pi les faits les plus incontestables. Ainfi,oii sailfjK, du vivant même de S. Jean, l'Église deCorinlheiil sa paix troublée par des divisions intestines. Ori qui s'adressa-t-elle pour (es apaiser? Il seniblenil naturel que ce filt a cet apAlre; mais non, an en appela à S. Clément, évêque de Borne, et qui nVun que le troisième successeur de Pierre. LoRq» Marcion, fauteur des désordres qui désoi lient i" chrétienté d'Asie, est frappé d'anathème,«n«| pas à sa métropole de Césarée qu'il en appfUf." ■ i l'Église d'Éphèse, que gouvernait alonunois> ciple de S. Paul, ni à la chaire d'Anlioclie.lepn^ mier et le plus vénérable siège d'Asie. C'estàHo™ qu'il va plaid* sa cause el demander des IpH"^ de paix. A la même époque, S. Polycarpe, diso^ | de S. Jean, vient consulter le pape inicetiusup du jour qu'il fallait adopter pour la célébnliio* la Pâque (V. Cruice. HUt. de rÉgl. il Ro^" , ran 102 h 32*). De nombreux exnnples f«™' | par l'histoire ecclésiastique de ces temps primitiB établissent que l'évèque de Borne, bien lonsirap avant le concile de Hicée, exerçait sa snpKœji^ même sur les grandes métropoles d'àleia"* et d'Anlioche, aussi bien que sur toutes les tf

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ses de l'Afrique, de TËspagne et de la Gaule. II. — Voici les principaux noms qui ont été donnés au souverain pontife dans Tantiquité chrétienne : ils expriment tous, d'une manière plus ou moins directe, la primauté qui lui a été de tout temps reconnue sur TËglise catholique tout entière : souverain pontife, et évéque des évéques (Tertull. De pudicit, i. — Act. S. Sébastian. — ConciL Carthag. ap. S. Gyprian.)i père des pères, élevé au faite de Téditice apostolique (Steph. Carthag. Epist, ad Damas, papam), pontife des chrétiens (Euseb. Chronic. an. xliv), pasteur et gardien des troupeaux du Christ (Ambros. evisl. lxxxi. Ad Strie), pierre ou fondement de TÊglise (Hieron. Episi. ad Damas.) t tète ou chef de l'Église (ConciL Chalced. ep. ad S. Leon.)^ chef de toute foi(Philipp. légat. Cœlestin. PP.), préfet de tout l'univers. chef de la famille du Christ (Chrysost. t. vi. edit. Paris, p. 282), grand prêtre et pape universel (tiii Synod.ad ^aefrtan.), brillant de la dignité du prindpat pastoral (Theodor. Studit. 1. 1. epist. 53. Âd lion. PP.), le premier de tous les prêtres (Hilar. In syncid. Rom.)^ l'appui et le soutien de Itglise (S. Isidor. De Vit.), président de TÉglise (Augustin. 1. I. Contr. Julian. c. 6), établi pour toutes les nations l'interprète de la voix du bienheureux Pierre (ConciL Chalced. loc. laud.), maître de tout l'univers (Chrysost. homiL ultim.AdJoan.), souverain père (Episc. German. Ad Joan. VIII), père très-saint (Âlcuin. Epist. ad Hadrian.), pierre et ornant le siège de Pierre (Theodor. Studit. Epist. ad Paschal PP.), premier prédicateur de l'Église (S. Greg. Moral, xm. 8), vicaire des ap6tres sur le siège du bienheureux Pierre (Luitprand. Vit. Othon. I)„ gardien de la foi (Petr. Chrysolog. Serm. cvn), pierre fondamentale de TËglise catholique (ConciL Chalced. act i). Au concile de Florence, les Grecs exprimèrent comme il suit leur sentiment sur la primauté du pontife romain : < Nous confessons que le pape est souverain pontife, vicaire du Christ, pasteur et maître de tous les chrétiens, revêtu du droit d'administrer l'Église de Dieu. » D'innombrables témoignages des Pères et des conciles, aussi bien que les plus éclatants monuments d e l'iiisloire ecclésiastique, concourent à établir cette vérité fondamentale de la primauté du siège de Pierre. Mais le développement de ces preuves est du domaine des théologens et des canonistes (V. Fart. Patriarches).

m. — Du nom de pape. L'opinion la plus plausible est que ce nom n'est autre chose que la transformation latine du grec nivad^ ou irâmta; qui veut dire père, et exprime la paternité spirituelle qu'exerce à Tégard des fidèles le sacerdoce chrétien. L'antiquité l'attribua indifféremment à tous les évéques, et même aux prêtres et aux clercs de l'ordre inférieur, surtout dans Tf^glise grecque. Dans son épitre à Pammachius, S. Jérôme appelle du nom de papes Jean, évêque de Jérusalem, et £piphane, évêque de Chypre; et les écrivains ecclésiastiques des premiers siècles offrent une foule d'exemples analogues. Prudence (Peristeph. xi.

vers. 127) donne la même qualification à Pévêque Yalère, dans son hymne sur le martyre de S. Hippolyte, qui lui est adressé :

Rorantes saxorum apices vidi, optime papa.

Il en était ainsi surtout dans les Gaules. Au Puy, répitaphe de l'évêque scvtarivs lui donne le nom de pape : scvtari papa vive deo (Y. les Annales des congrès scientifiques de France. 1856. t. ii. p. 338). Ainsi Fortunat (0pp. pars. i. p. 3) ouvre par celte suscription une lettre à Ëuphronius, évêque de Tours : Domno sancto, et meritis apostoHco domno, et duplici patri Euphronio papœ Fortunatus, « au maître saint, seigneur apostolique par les mérites, et double père Ëuphronius pape, Fortunat. » Le même poète (Ibid. p. 19) donne la qualification de pape à l'évêque Leontius dans une pièce qu'il lui adresse pour le féliciter de son zèle à restaurer la basilique de Saint-Ëutrope à Saintes :

Quantus amor Domini maneat libi, papa Leonti,

« Quel ardent amour du Seigneur demeure en toi, 6 pape Leontius. »

S. Sidoine Apollinaire se sert aussi de celte formule dans sa correspondance avec ses collègues dans répiscopat. Soit pour exemple (Epist. Ub. ii. Ep. x) : Sidonius Domino papœ Ap^nculo, salutem. — C'est Aprunculus, évêque de Langres. — Sidonius Domino papœ Lupo, salutem (Epist. xi et passim). (V. etiam. Greg. Turon. HisL 1. u. 27. X. 1. — Anaslas. CoUat. S. Maxim. M. p. 116. etc.) Et il parait que celte locution était tellement vulgaire, que les poîens eux-mêmes en avaient connaissance. Le proconsul d'Afrique, Galerius Maximus, adresse à S. Cyprien ce reproche : f Tu t'es fait le pape d'hommes d'un esprit sacrilège, » tu papam te sacrilegœ mentis hominibus prœbuisli (Ruinart. Act. n. -4. edit. Veron. p. 189).

On nomma aussi papes les simples prêtres qui sont, eux aussi, les pères des peuples. Le prêtre Fronto est ainsi appelé dans les actes de S. Théodore d'Ancyre (Ruinart. p. 304. edit. Veron.). Les actes de S. Julien et de Ste Basilisse, qui souffrirent le martyre dans le quatrième siècle, donnent aussi le nom de wai«ca« à un prêtre nommé Antoine (Id. Act SelecL p. 364). Mabillon (AnalecL iv)awit déjà remarqué que ce nom est attribué aux prêtres dans les actes de S. Mamare et autres martyrs d'Afrique. Chez les Grecs, le même nom sert aussi à désigner les évéques et les prêtres, mais avec une prononciation et une inflexion différentes : irotiraç pour les premiers, wara; pour les seconds. Peu à peu. dans l'Église orientale, celte dénomination fut étendue aux clercs inférieurs : un lecteur est appelé pape dans une novelle d'Alexis Comnène.

Mais enfin, à une époque qu'il n'est pas aisé de déterminer, le nom de pape fut réservé au pontife romain, à l'exclusion de tous les évoques, princi-

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paiement dans TËglise Latine. Le premier exemple que nous ayons du titre de pape attribué par antonomase au souverain pontife est tiré du concile' de Tolède, tenu en 405. Et depuis, nous le voyons ainsi qualifié dans les auteurs du sixième siècle (V. Benoit, xiv. De »ynoi. diœces. 1. i. c. 3. n. 4), entre autres Ennodius, S. A?il, Cassiodore, Libéral, etc. Auparavant, le nom de pape n'élait pour le souverain pontife, comme pour les autres, qu'une marque d'affection filiale que lui donnaient les fidèles. Ainsi, dans une inscription funéraire, le diacre Severus appelle ainsi Marcellin qui siégeait sous Dioctétien, et d'après la permission duquel il avait ouvert une double chambre avec arcosolia et luminaire, pour sa propre sépulture et celle des siens : ivssv pap£ svi narcelliki (Y. De* Rossi. Inscr. t. i. Prolegom. p. cxv). Plus tard, nous voyons un Philocalus se dire Tami et le familier de son pape Damase, damasi svi papa c\xtor ATQVE ANATOR (Id. ibid. p. Lvi). Pour plus amples notions à ce sujet, Y. Onuphr. Panvin. In voc, eccleêiast, inierprei. — Baron. !n not. ad martyrol. passim. — Abraham Echellens. Comment, de origine nominis papœ. — Ang. Rocca. De roman» poniificn nomencla iura . )

PÀQUF.S. — Sous le nom de Pâques, TÉglise primitive compi^enait et la passion, et la résurrection du Sauveur, qui est le véritable agneau pascal immolé pour notre salut. Aussi quand les anciens parlent de la Pâque, nous devons entendre une solennité embrassant un espace de quinze jours, la semaine consacrée à la douloureuse mémoire de la passion, et celle qui est vouée à la commémoration du glorieux mystère de la résurrection. C'est ce qui ressort également des témoignages des Pères, et en particulier d'un sermon de S. Auguslin, prononcé le dimanche in albis depositis (Sennon XIX, parmi ceux qu'a publiés le P. Sirmond), et de la législation impériale : on lit, en effet, dans le code théodosien (1. ii. tit. 8 De feriis. ii) : Sanctot quoque Paschœ dies, qui sepieno vel prœcedunt numéro, vel sequiintur, in eadem observationetiumeramus^ « les saints jours de la Pàque, qui sont au nombre de sept avant, et de sept après (la fête de la résurrection), sont également observés par nous. » Le texte de l'évèque d'ilippone n'est pas moins formel : f Nous vous eng.igeons, dit-ii à ses fidèles, à vivre comme des hommes qui savent qu'ils auront à rendre compte à Dieu de leur vie tout entière, et non pas seulement de ces quinze jours, »

Cependant les anciens avaient deux noms différents pour distinguer la Pàque douloureuse d'avec la Pàque glorieuse; ils appelaient celle-ci « Pàque de la résurrection » , Pascha resuirectionist icâ^xa àvaaTàiiaov, et celle-là « Pâque du crucifiement », Pascha crucifixionis, irào^a vraupûatficv.

I. — Personne n'ignore que la question de la célébration de la Pàque fut, dans les premiers siècles, l'objet de longues et ardentes controverses. Nous ne saurions nous dispenser de donner ici

quelques détails sur i*origine et la nature de ces débats.

Les chrétiens d'Orient, et en particulier ceux de l'Asie Mineure, par respect pour l'autorité et l'exemple de S. Polycarpe, évèque de Smyrne, et disciple des apôtres, célébraient la Pâque de résurrection le quatorze de la lune qui suit Téquinoxe du printemps, quel que fût le jour de la semaine où il tombait : c'est de là que leur vint le nom de quartodécimans^ ou de chrétiens judaïsants. Les autres fidèles au contraire, et à leur tète l'Église romaine, avaient dés le commencement et par suite d'une tradition apostolique, adopté l'usage de ne célébrer la résurrection du Sauveur qu'un dimanche, jour où ce grand évéoement avait été accompli, et spécialement le dimanche qui suit immédiatement le quatorzième jour de la lune de mars.

La question s'engagea entre le pape S. Anicet et S. Polycarpe qui, vers l'an 152 ou 160, s'était rendu à Home pour en conférer avec lui. Et comme l'un et l'autre se faisaient fort de l'exemple de leurs ancêtres dans la foi, il n'est pas étonnant que chacun ait soutenu sa coutume avec zèle et amour.

Mais il est essentiel d'observer que jusque-là la question était purement disciplinaire, et n'intéressait nullement le dogme : il s'agissait simplement de célébrer la Pàque un jour de préférence à un autre. Aussi le pape Anicet, se contentant de confirmer par un décret synodal, et en présence même de S. Polycarpe, l'usage de l'Église romaine, usage qui déjà avait été adopté par la plupart des autres Églises d'Occident, ne voulut point s'opposer d'autorité à ce que le saint évèque de Sinyme continuât à observer la coutume de son Église. Bien plus, il tint à donner en cette circonstance un bel exemple de modération chrétienne, et à montrer que cette divergence d'opinions n'avait nullement rompu le lien de concorde et de cliarité qui unit les membres avec le chef ; et Lien que, en sa quaUté de successeur du prince des ap6tres, il fût revêtu d'une dignité supérieure à celle de Polycarpe, simple évèque d'une £^li<e particulière, il voulut lui céder 1 honneur de o^Iêbrer à sa place les saints mystères; et ils se séparèrent dans la paix. Ce trait si important de Thistoire ecclésiastique nous a été transmis par S. Irénée, disciple de S. Polycarpe {Epist. ad ïicior. t. I. 0pp. p. 341), et que nous verrons bientôt jouer lui-même un rôle actif dans la question de la pàque.

Assoupie penéant une quarantaine d'années, la contestation se réveilla vers la fin du siècle, par le fait de Polycrate, évèque d'Éphèse, qui fit savoir au pape Victor, alors régnant, qu'il avait décidé de nouveau avec son Église de célébrer la Pâque le quatorzième jour de la lune de mars. 11 est évident que l'affaire entrait dans une phase nouvelle, et revêtait un caractère de gravité qu'elle n'avait point alors qu'elle se débattait entre Anicet et Polycarpe. Tout le monde put comprendre, par les circonstances qui l'accompagnaient, que de pure-

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meflt disciplinaire la question devenait dogmatique. 11 s'agissait en effet de sauver Tunité de la discipline gravement compromise par de telles divergences, et par un refus obstiné d'obéissance à Tautorité de TÉgiise.

il s'agissait bien plus encore de résister à la tendance de quelques chrétiens qui prenaient prétexte d*une pratique spéciale pour maintenir ou inlroduire de nouveau Tesprit et les usages du judaïsme dans TÊglise chrétienne. Ce projet était même ouvertement avoué par quelques-uns, et entre autres parle prêtre Blaslus qui, vers Tan 182, agita i'£giise romaine par le plus impudent prosélytisme en ce sens : c*est ce qu'on peut lire dans un catalogue d'hérésies attribué à Tertullien, qui vivait alors, catalogue qui est annexé au livre des Prescription* (cap. lui) : « A tous ces hérétiques fient s*ajouler Blastus, qui veut secrètement introduire le judaïsme, car il dit que la Pàque ne doit pah être observée autrement que selon la loi de UoIse, le quatorzième du mois. Or qui ne sail que la grâce évangélique est annulée, si Von réduit le Christ à la loi?» Les paroles que nous soulignons peuTent faire comprendre Timporlance doctrinale de la question.

La conduite du pape Victor dnns ces difficiles conjonctures offre un mélange de fermeté et de circonspection qui n'a pas toujours été suffisamment apprécié.

Alexemple des apôtres S. Pierre et S. Paul» et se trasant sur les règles de discipline émanées de ses prédécesseurs. Sixte, Télespliorc, Hygiii, Pie et Anicet, il invita les principaux évéques de la chrétienté à se réunir pour délibérer sur la question en litige; et en conséquence, des conciles eurent lieu dans les Gantes, dans le Pont, dans rOsdroêue, dans TAcliaïe, et dans d'autres contrées encore, pendant qu'une assemblée analogue se tenait à Rome sous la présidence du pape. Or tous ces conciles furent unanimes à reconnaître comme seule légitime la coutume de l'tglise romaine, et fixèrent irrévocablement la fètc de Pâques au dimanche qui suit immédiatement le quatorzième jour de la lune de mars. Celait la chrétienté presque entière qui se déclara t ainsi, car les décisions prises à cet égard o!)tiurent l'adhésion de tous les évéques qui n'avaient pu participer aux délibérations des conciles (le leurs provinces respectives.

Le seul Polycrate, qui cependant avait reconnu la juridiction de Tévêque de Rome, en convoquant, (l'uprès ses ordres, un grand nombre de ses frères dans répiscjpat, Polycrate, par une contradiction vraiment inexplicable, opposa une résistance obstinée au sentiment do TËglise qui venait de se niaiiife^ter avec tant d'éclat et d'unanimité.

S. Victor, voyant l'unité ainsi mise en jeu et compromise par une imperceptible minorité, frappa d'excommunication Polycrate, les £gUses d'Asie et leurs adhérents. £t il est important d'observer que fei-scnne n'eut l'idée de contester le droit du l>3pe; seulement, ceux qu'atteignait la sentence

d*excommunication cherchèrent, comme tous les hérétiques, à en atténuer la portée par de vains subterfuges ; ils s'efforcèrent d'en arrêter l'exécution, et il ne parait pas douteux que, grâce à l'intervention non moins chaleureuse que charitable de $. Irénée et de quelques évéques fidèles, les effets en restèrent suspendus.

Mais enfin, malgré l'indulgence accordée aux personnes par le souverain pontife, il est certain que la dodnne resta sous l'anatlième \ et, un siècle * plus tard, c'est-à-dire en 325, la juste sévérité de Victor recevait une éclatante sanction dans les décisions du concile de Nicée, qui mit les quartodécimans au nombre des hérétiques.

L'unité de pratique se trouvait ainsi rétablie, et il ne pouvait guère exister désormais de difiérences que celles qu'auraient amenées de faux calculs des pliases de la lune ou l'usage d*un cycle fautif. Le concile de Nicée, comme nous l'apprenons du pape S. Léon (Epist. lxiv Ad Marciam. imp.), prit soin lui-même d'obvier à ces variations, en décidant que le patriarche d'Alexandrie, qui possédait dans sa ville épiscopale une célèbre école d'astronomie, serait chargé de notifier d'avance aux autres Églises le jour où la fêle de Pâques devait être célébrée , et le pape, qui avait reçu cette notification par des lettres spéciales , la transmettait à toutes les Églises d'Occident.

II. — La fête de Pâques fut toujours dans l'Église l'objet d'une grande vénération et d'une sainte allégresse. — Ce jour fut appelé le « roi des jours », dierum rex; la • fêle des fêtes », festivitatum et celebrilatum celebritas ; un jour • aussi élevé audessus de tous les autres, même de ceux qui appartiennent à Jésus-Christ, que le soleil est audessus des étoiles », cœteris omnibus, iis eliamqui ipsius Christi sunt, tanlo superior, quanto sol stellas antecellit (Greg. Nazianz. Orat, \i\). 11 était quelquefois aussi nommé le i dimanche de la JLie », Dominica gatidii (Pagi. In Baron, an. 570.

n. iv).

La joie publique se produisait par toute sorte de manifestations, et no'amment par des illuminations splendides pendant la nuit de Pâques (V. des détails sur ces illuminations à l'art. Lam-'

pes, 1).

Au point du jour, matulina luce rumpente, les fidèles accouraitnl à l'église, et ils s'ernbrassaient fraternellement, en disant : « Le Seigneur est sorti du tombeau, » surrexit Dominus de sepulcro (Y. les ordres antiques dans Marlène), pratique que les Grecs ont conservée, ainsi qu'on le peut voir dans le traité d'Allalius (De consens, ulriusq. Eccl. iH. 18). Alors l'évêque commençait la messe dans le rit solennel, et tous les assistants, à l'appel du diacre : Venite populi,\eimcni recevoir la communion. Dès les premiers siècles, les évéques avaient coutume de s'envoyer mutuellement la sainte eucharistie en guise d'eulogie (V. Valois dans ses notes à Eusébc. Hisl. eccl. i. 2); et ils s'écrivaient à celte occasion une lettre dont Marculfe nous a conservé la formule (I. n). Mais cette pra-

tique avait déjà été interdite par le concile deLaodicée (can. iv), tenu un peu après le milieu du quatrième siècle.

Les empereurs, à l'occasion de la solennité de Pâques, ouvraient les prisons, et rendaient la liberté aux condamnés, sauf à quelques-uns qui étaient coupables de crimes plus graves. Ceci nous est révélé, non-seulement par les lois impériales, mais aussi par les textes des Pères, de S. Ambroise par exemple (Epi$L xxxm), de S. Grégoire de Nysse (llomil. m De returr. Christ.) ^ de S. Ghrysoslome (llomil. xxx In Gènes.), Les crimes exceptés de celle indulgence étaient le parricide, rinceste, le faux monayage, l'homicide, la rapine, etc.

Les particuliers imitaient la libéralité des souverains en rendant la liberté à leurs esclaves ; et bien que la juridiction des tribunaux fût suspendue pendant les solennités pascales, elle avait néanmoins son cours pour tout ce qui concernait la manumission des esclaves (Cod. Justin. \. m. lit. 12. De feriis. 1. 8). Les pauvres recevaient en ce jour des secours plus abondants; et Eusébe nous apprend que Constantin (Vit. ejus. iv. 22), c lorsque brillait la Pâque du Seigneur, faisait distribuer dans toutes les provinces soumises à Tempire romain les dons les plus opulents. »

PABABOLANI. ~ C'étaient des ministres inférieurs de TËglise qui, d'après les données que Tantiquité nous a transmises à leur sujet, paraissent avoir rempli à l'égard des pauvres l'office d'infirmiers, ut dehilium corpora curarent. Théodose le Jeune, dans une loi qui les concerne {Cod. Theodos. 1. xvi. tit, 2. leg. 42), leur donne le titre de clercs et les soumet à la juridiction de l'évèque. Cet ordre de fonctionnaires ecclésiastiques, selon toute probabilité, fut institué par Constantin, qui érigea, comme on sait, en institutions régulières, plusieurs oflices charitables qui jusque-là avaient été exercés spontanément par les fidèles.

L'étymologie de leur nom n'est pas certaine. Parmi toutes. celles qui ont été proposées, Bingham (Origin. t. ii. p. 49) donne la préférence à 1 opinion qui suppose que le mot parabolanus vient de deux mots grecs signifiant qu'ils exerçaient un ministère dangereux, icapàÉoXov ^pfcv, étant voués au service des malades, et spécialement de ceux qui étaient atteints de la peste ou de toute autre maladie contagieuse. Ce qui rend cette interprétation plausible, c'est que ceux qui étaient appelés à Rome besliarii, parce que leur triste condition était de combattre les bètes féroces dans l'amphithéâtre, étaient nommés, chez les Grecs, paraboli ou parabolarii, d'un verbe qui signifie exposer la vie de l'homme au péril (Socrat. vu. 22). On sait que les premiers chrétiens, à raison de leur courage à braver la fureur des bêles féroces, avaient été, eux aussi, surnommés paVabolarii (V. l'art. Notns des premiers chrétiens, I, 2, 8*). C'est donc probablement parce qu'ils exposaient leur vie au service du prochain « que ces clercs furent ap-

pelés « hommes aux fonctions dangereuses t, parabolani.

PARADIS. — Dans les monuments chrétiens, ridée du paradis est exprimée, tantôt par des symboles, tantôt par des formules.

l. *- D'origine hébraïque, le mot paradis équivaut à jardin réservé, hortus conclusus (Forcel)ini. ad h. V.). Les Pères l'appellent tour à tour verger étemel, lieu de délices ou les fleurs s* épanouissent sans cesse; ils en célèbrent sur tous les tons les parfums exquis. Le poète Dracontius {De Deo. 1. ui. vers. 679), résumant leur doctrine, nous représente les élus

Inter odoratos flores et amœoa yireU, • Au milieu des fleurs odorantes et de riants vergers. »

C'est avec des couleurs analogues que. dans les actes de Ste Perpétue, Saturus dépeint le paradis (Act. c. XI.) : Spatium grande.... quasi viridarium, arbores habens rosœ et omne genus flores; toujours des gazons, des roses, des fleurs de toute espèce. Au chapitre troisième des mêmes Actes, on voit les martyrs réunis dans ce verger céleste, sous un rosier.... se nourrissant à satiété de parfums inénarrablcb. In viridario, sub arbore rosœ.... odore inenarrabili alebamur, qui nos saliabat. Mille images du même genre, dont il serait aisé d'emprunter les citations aux écrivains de notre antiquité, assimilent le séjour des bienheureux à fout ce qu'il y a de plus riche, de plus gracieux dans la nature. L'esprit humain, bientôt à bout de ressources, éprouvant le besoin de se créer un type tel quel de la félicité réservée à l'homme daos Tautre vie, en demande les éléments à ce qui fait ses délices dans celle-ci.

Les liturgies orientales, dans les prières qu'eiies adressent à Dieu pour les âmes des fidèles qui oe sont plus, représentent le paradis désiré sous les couleurs les plus poétiques. Citons, par exemple, celle d'Alexandrie, portant le nom de S. Basile (Ap. Renaudot, Uturg. orient, t. i. p. 73) : « Introduisez-les, Seigneur, et rassemblez-les dans le lieu de la verdure, in locum herbidum, th riir.^ X>^od;, sur les eaux du repos, dans le paradis de volupté, d'où sont bannis la douleur, la tristesse, les gémissements, dans la splendeur de vos Saints. •

Au reste, les textes anciens fissent-ils défaut, les monuments figurés sufliraient à eux seuls pour nous révéler les idées des premiers chrétiens à cet égard. Et ces monuments sont de deux espèces: ceux qui sont consacrés à la mémoire des inort<, et ceux qui ont pour objet la gloire de Jésus-Cbrist. de la Ste Vierge et des Saints.

1* Les tombeaux de nos pères dans la foi, d'où toujours l'espérance clu*étienne bannit toute idée de tristesse et de deuil, présentent partout l'image allégorique du paradis, des arbres^ des fleuiS. des couronnes et des guirlandes, un printemps é(er* nel,

TBHPO» CORTUrtO TBHâlTr TBt «UMIXA BITIS,

liwm-nous dans une belle inscription métrique de (Imm ranontant au quairième siècle (De' Rossi. l.i.p.Ul.n.517).

Enlre toutes ces manireslations de la Toi et de la omlùncedes premiers chrétiens qui se produisent i l'infini et sous les formes les plus variées dans leurs nécropoles souterraines et sur leurs monunwDtï rtinéraires en général, il est un si^jel auquel

appartient de droit la priorité : ce sont certaines images représentant la réception de l'âme du défunt par son palron ou protecteur dans le séjour de la céleste béatitude. Nous en avons un exemple particulièrement saisissant dans un arcotolium découvert, il y a quelques années, au cimetière de Cjriaque, prés S. Laurent m agro Yerano. Sur la face antérieure du sarcophage, une oranteest debout entre

<lnji peisoniiagea, que l'on Buppose être S. PioTfl | la paix céleste qui est leur récompense inalié-

i. Paul, et qui écartent devant elle deiu élégants lideaiii pour l'inttoduire dans la nuisun de sa gloriflue éternité.

Vujci ce tableau d'aprésH.De'Rossi (BWfcl. 1863. p.

lue représent a- Ikm analogue a fté (rouTée naguère dans la basilique de Sainte- Pètronille, au cinrliére de Domi-

nable. C'est u nous montre une charmante fresque du troisième siècle du cimetière de Sainle-Solère (De' Rossi. Roma lott.

t. m, lav. i), ou la c|irétienn« (martyre peut-être) Dionysas est vue avec quatre autres personnages , au milieu d'un jardin plein de lleurs, de fruits, et où volent des oiseaiit de toutes sortes.

lille. Nous la reproduisons dans noire article \ spécial sur ce monument (art. P^nniUt).

L'ime déjà admise et éla- Miedansle séjour des justes Rt ordinairement figurée, Minime on le voit ici, par une femme debout entre l'eut arbres, dans une attitude contemplative, ou de bonheur eitalique, et ctda surles plus simples pierres sépulcrales (Perret, v. pi.

'> B.-L.), comme sur les plus riches sarcophages de inarbre (Rossi. Uom.SoU., p. DJ),— Cf.aussi.jïiMiBm, ^^t Mad. I. 101). L'acclamalion m rAcs, qui ac- »nip.igne souvent ces figures oraiiles . eiprime | lures de ramille (V. l'art. Cubieula], offrent des

I) existe toute une dasse de sarcopliages a

type du paradis est marqué par des arbres (Bollari. ta.

— Hillin. if^ifi de la Fr.

uv. urni), ou par des ceps de vigne (Bott, iivin] formant colonnes enlre les différents groupes de personnages. Ailleurs(Nillin.i6H(.

m. 5. — Garrucci. Vetri, 11. 9), il est figuré par un souvenir parlant de la. terre promise : ce sont deux Israélitesqui emportent sur leurs épaules une énorme grappe de raisin (iVtim. xiii, 34). Les cubicula des ca- !fllifil!![)}^"^ii! tacombes, qui ne sont ■^ -' -■' autre chose que des sépui-

orDemenlsanaloguesIBotlari. liitiii. cixiii), nuit distribués arec plus de richesse et de magnificence,

ï raison de l'étendue de l'espace ; ce sont quelquefois de véritables bosquets, au sein desquels est assis le divin Pasteur qui semble prodiguer à ses Élus ses doux entreliens [Botlari.uxi, et noire arl. Paiteur [ig bon]).l)'autres Tui^ l'âme est ligurée par une columbe posée sur l'arbre, emblème du paradis (Lupi. Ser. tpilaph. taT. ivii. p. 157) ou au milieu des fleurs dont la pierre sépulcrale est décorée dans ia même intention. Ceci se remarque sur le marbre de Sabinimus que nous donnons ici, et qui provient de la crypte de S. Alexandre, sur la vote Nome n tan e. L'acclamation sfirittstvvs «mmo, ■ Ion Ame repose dans le bien par eiceUence, ■ qui est inscrite au centre, a, comme on volt, une sigiiilicalion analogue à celle des rosiers qui donnent à cette simple pierre l'aspecl du jardin céleste, orborei habem rota.

Hais nous ne devons pas oublier que ce n'est qu'à titre de souhait, ou comme témoignage d'une pieuse conllance dans la miséricorde divine, que ces toucbanles allégories paraissent sur les tombeaux des simples lldéles. Elles se montrent, à plus juste titre, et aussi avec plus de magnificence, dans les monuments érigés à la gloire du Sauveur, à celle de Uarie et des autres Saiiits. Telles sont, par exemple, les mosaïques qui décorent les absides des principales basiliques de Rome et de Ravenne. Celle des Saints Ûme-e(- Damlen (Clampini . ii. tab. ivi et xvn), celle de Sainte-Cécile (Ibid. ui), celle de Saintc-Hiirie in Dominica {Ibid. iLtn), à Rome, et celle de Sainle~ Agathe-Majeure, à itavenne (id. i. tab. xi.ti), re-

présentent Notre-Seigneur debout ou assis stir un Irûne couvert de pierreries, enTironné d'iiuei et de Saints, au milieu d'un splendide tiridarin» émailié de mille fleurs. U Ste Vierge (Ciimp, u. xl[t),S. Sébastien àSainl-Pierre-és-LienideBooK {Ibid. iiiiu), S. Apollinaire, dans la basilique de son nom, à Ravenne (Ibid. un), sont aussi plicés au sein d'un paradis Tiguré de la mime nunière. Et nous retrouvons ce type sur des moDiimniN d'une antiquité bien plus reculée, c'esl-i-dire int ces ronds de coupe dorés qui serrirent lui agipes pendant les persécutions. Là aussi (T. Buoiurruoli. iviu, XII. — Garnicci. IX. 8), lesSainlsdéji établis dans la gloire foulent un sol cou'tri de fleurs, ou prient entre deux arbres. Image al>régée du paradis. Et ces difTérenles classes de omitments, auxquels il faut joindre encore les rresquK des catacombes, nous montrent ces bienlieureut personnages, même ceux dont l'eiislenc» ici-bu fut le plus modeste. vËtus avec toute sotie de mignificeiice, comme étant admis mi noces de l'Agneau. Les vierges surtout et les vww, Ste Agnès, par exemple (Boldetli. 194. Rg. J), Ste Priscille (Perret, m. pi. lu et ivj, SIeCédtc

(Id. ibid. pi. luii), y apparaissent toutes co de précieuses étolTes, parées de braceleis. de<"* liera, d'anneaux, etc., en un mol comme u» épouse pour son époui [Apoe. m- S)-

2* Les rooniiraents nous ofTrent une se»™ classe de représentations allégoriques du pandu ■■ ce sont ces festins, si souvent reproduits, k"' " peinture sur les parois des cryptes et i*""^ sépulcrales des catacombes romaines (.Inagni p. V, 85 pa$$im), soit en sculpture sur les afcopliages recueillis dans les cimetières de la n« étemelle (Id. u. p. 267) : le musée du Latrui P^ sède plusieurs urnes inédiles où se reinar^iK »

PAllA

intéressant sujet. Ces allégories découlent directement de l'esprit des Écritures, car souvent, dans itvangile (Luc. xii. 57. xxii. 29. etc.), le bonheur esl figuré sous reniblème d*un festin. Jusqu'à nos juurs, on avait pris ces représentations pour des agapes; mais Farchéologie moderne, d'après l'initiative de Tabbé Polidori, leur a rendu leur véritable sens (V. l'art. liepré$entation$ de repas). On doit regarder comme des signes hiéroglyphiques du paradis les vases tout seuls ou les pains isolés qui se rencontrent assez fréquemment sur les marbres funéraires des premiers chrétiens (V. les art. Pains et Yasei). Tous les emblèmes de gloire, d'immortalité, de résurrection dont nous avons trailé à part dans ce Dictionnaire, tels que la palme, le paon, le phénix, etc., se rattachent au sujet que nous développons ici (V. ces divers articles). II. — Les formules, 11 existe un nombre infini d'épitaphes des premiers siècles où le bonheur du ciel est exprimé, soit sous forme de souhait, d'espérance (V. l'art. Purgatoire) , soit sous forme d'acdamation, dans les' trois principaux éléments que lui assignent les textes sacrés et liturgiques, ra/i-aichiuemetUt lumière et paix (Y. les art. Hefrigerium. Lux et In pace). Au premier rang des autres formules affirmant ou acclamant la félicité éternelle, nous devons placer celles qui renferment une prière adressée aux âmes saintes supposées déjà dans le sein de Dieu, et pour celles-ci nous renvoyons à l'article Invocation des Saints, Nous en citons quelques autres comme au hasard : accepit REQvum ui DBo, « il a acquis le repos en Dieu »

(ÀCL S. Y, p. 97). — REQVI£H ADCEPIT (sic) IN DEO

PiiRENosTRo ET CHRisTO Eivs, « il a rcçu le repos en Dieu notre père, el dans son Christ > (Gruter. 1052. 11.12). En voici une à peu prés semblable, mais qui offre un haut intérêt, en ce qu'elle renferme une profession de foi à la divinité de Jésus-Christ :

BIC lACET. PBRPETVVS. IN. GHRiST0|| DEO. SVO, < ici rO-

pose Perpetuus dans le Christ son Dieu » (Muratori. HCDxxiii. 5). VI VIS ih gloria dei, « tu vis dans la gloire de Dieu s (Ibid. p. 69). — beatior in deo coBDEDn (sic) MEiiTEM, i pi US lieurcux, il a remis son âme en Dieu » (De Boissieu. Inscr. Lyon, 550). — 8GUIVS TE IN ^ (Christo), c nous savons que tu es en Jésus-Christ (Marhii. Arval. 362), » et ailleurs (Id. 266) : scio nanqve beatam, < car nous te savons heureuse. » — accepta apvd devii (Bosio. Rom. toU. 105), HiPiNA akëdta 1:1 xpto, < reçue en Dieu, en Jésus-Christ, » même formule en lettres grecques (Fabretti. p. 591. n. 254); » — in domo intiu BEI, c dans la maison éternelle de Dieu (Botlari. lav. vn. n. 8); • — receptvs addevm (De' Rossi. I. n. 5). La formule blatvs est (Ad Deum), • il a été élevé vers Dieu (f J. 1192), • nous parait unique dans son genre. — Nous avons, dans une épilaphe de Chartres (Le Blant. i. 304) cette autre expression, assez insolite : vitah transport avit in axLis, i il a transporté sa vie dans les cieux. » Celle d*AVRfiuvs peux, dans Marangoni (Ad, S. Yict. p. 127), porte raptvs eterne (sic) bomvs, ce qui rappelle ce mot de l'Ëcclésiaste (c. xn) : Ibit homo

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