ANTIQ. CHRÉT
in domum œierniialis suœ^ • l'homme ira dans la maison de son éternité. » Celle d'Eugenia exprime qu'elle a été rendue (à sa véritable patrie) : evgb-
NIAE REBDITAE PRIDI. NON. SEPT.... (BoMolti. p. 407);
et ce qui est bien plus significatif encore, c'e^t que la formule in page qui surmonte le titulus est enfermée dans une couronne : double image de la récompense céleste. — Nous citons en latin d'après Lupi (Sev. cpitaph, 166) celle-ci, qui est écrite en grec barbare : Deus qui sedet addexteran Pairisy in loco Sanctorum tuam neclaream animulam de^ sçripsity « le Dieu qui est assis à la droite du Père, a inscrit dans le lieu des Saints ta petite âme nectarée. » — Oderico (Syllog, vei. inscr, p. 264) donne une leçon un peu difiérente : Deus qui sedes ad dexteram Pattis in locum Sanctonim luo.tim Nectarii animulam transtulisti : m Dieu qui sièges à la droite du Père, tu as transporté dans le séjour . de tes Saints la chère âme de Nectarius. » C'est l'épitaphe d'un enfant, ainsi que l'indii^uent assez ces expressions caressantes : délicieuse petite âme y formule qui n'est pas sans analogue dans les inscriptions funéraires chrétiennes (V. Lupi. /. laud.); mais en tant qu'elle énonce l'admission de l'âme dans le séjour des Saints (Dieu.... a inscrit ton âme dans le lieu des Saints), elle appartient à une classe spéciale et assez nombreuse. — frvctvosts anima TVA cvM ivsns, « Fructuosus, ton âme est avec les justes (Mai. Collect. Vat. v. 381), » « parmi les âmes innocentes, » inter innocentis (sic) (Perret, v. pi. xvu. 20), — INTER SANTos (sic) (Odehco. 341), A terra ab harttres, « de cette terre au séjour des martyrs » (De Boissieu. p. 547) ; — « dans le sein des patriarches f » qviescenti in sinv abrahab isac ET ucoB (Murât. Thés. 1825. 7), — in gremio Abraham (Marini. Papiri. 244). La formule accergitvs ab angelis, désignant l'âme d'un enfant que les anges ont appelé et placé près d'eux, nous parait unique dans son genre; elle est du cimetière de Calliste (V Fabretti. 581. lxxxvi).
Le mot de paradis désignant le bonheur des Saints ne parait pas dans les inscriptions chrétiennes, à notre connaissance du moins, avant les dernières années du quatrième siècle. Le premier monument de ce genre où nous l'ayons rencontré est de 382 : c'est l'épitaphe de Théodora , dont nous avons cité plus haut un fragment : tehpore conti-
HVO....
En parcourant les recueils d'inscriptions chrétiennes, on retrouvera partout des expressions de joie et d'allégresse émanant de ce sentiment filial de la confiance en Dieu qui montrait aux premiers chrétiens leurs frères défunts assis dans la gloire.
PARALYTIQUE. — L'image du paralytique guéri par Notre-iSeigneur et emportant son grabatsur son dos se rencontre très-fréquemment dans les peintures des cimetières, sur les sarcophages antiques, sur les verres à fond d'or (Buonarruoti. Vetri, ix. 1 et 2), sur les diptyques (Bugati. Memor, di S, Celso, p. 282), etc. Elle était regardée par les premiers chrétiens comme un des nombreux symboles de la
résurrection, et encore comme l'image de la guérison de l'âme dans le sacrement de péuilence. RéRulièremenl le paralytique est vêtu d'une tunique «inle et d'un caleçon, vêtement qui, au diie de Casanbon {In Trebell. in Saturnin. — Cf. Buonarr. p. 59), était propre aui soldats, aui voyageurs eiposés plus que tous autres aux rigueurs des saisons, et qui, pour le m<îme molif. put être aussi celuidesnialades.llesl toujours représenléplus petit que Noire-Seigneur, pour marquer son intériorité, et il en est de même toutes les fois que le Sauveur exerce sa puissance sur les liommes, notamment par des guérisons miraculeuses. Notre- Seigneur esldebout,ïèlud'aprêslelïpe ordinaire, et il étend sur le paralytique sa main disposée comme pour bénir, geste qui peut avoir ici un sens iuipératjf. Nous avons un fragment de sarcopliaRC (Eoltari. tav. iHi) où le Rédempteur Cil accompagné d'un personnage cliauve, à ligure austère, tenant d'unemain des volumes et élevant l'index de l'autre en signe d'allocution et avec un certain air d'autorité. C'est probablement un de ces scribes qui, par une phari&aique inlerprélalîon de la loi, trouvaient mauvais que le paralylique emporlât son lit le jour du sabbat (Joan. t. 10) : Sabbalum m(, non licet liiti tollere grabbalum tuum).
manuscrite de la bibliotlièque nationale (n* blO), qui, quoique beaucoup plus moderne (neuvicme siècle), a l'avaniage de représenter le fait d'uiie
Sur un sarcophage romain (Bottari. cxcv) le lit que porte le paralytique se t«rmine par une têtière en forme de poisson ; est-ce une allusion au diTin iïbïc, qui exerte ses fondions de Sauveur en guérissant les maux physiques des hommes avant de racheter leurs âmes par l'erfusion de son sang.
A une époque un peu plus tardive, c'est-ï-dire au sixième siècle, les monuments, et en particulier les mosaïques, reproduisent de préférence celle de ces guèrisons qui esl rapportée par S. Luc au cbap. V de son Évangile (v. \». i9], et qui, à raison de la circonstance intéressante qui la caractérise, était plus propre à produire un effet pittoresque. Les parents ou les amis du paralytique ne pouvant, à cause de la foule, pénétrer dans la maison où se trouvait Notre^igneur, montent sur le toit el le descendent avec des cordes. Ce sujet parait pour la première fois, à notre connaissance du moins, dans une mosaïque de S. Apollinaire de Ravenne (cinquième siècle). Hais nous reproduisons ici, d'après 11. Robaut de Fleury, et avec sa permission (Évangile, pi. XLHI. Og- h), une miniature d'une Bible
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manière plus complète. (Pour compléter cet article, V. PiKtne prohatiqut.)
PABAHONARII.— Il est question de ces fonctionnaires ecclésiastiques dans le deuxième cjdm du concile de Chalcèdoine. Il parait que dans l'Église romaine les pniamonurii n'étaient aulresque des mataionarii ou portiers ; car, dans sa traduction du canon de Chalcèdoine, Denis le Petit reuil le mot ira ?«(««« ïio( par maïuionoi-iM. De plus, S. Gr^oire le Grand, pariant d'un certain Abundius mansionnaire, l'appelle gardien de l'Église: el il dit ailleurs que les fonctions du mansioiiairesiml d'allumer les lampes et les chandelles de l'é^liK (Creg. Magn. Dialog, 1. ui. 3ô). Cependant Jusid penaequeparamoiiarJiu équivaut à vUlieat ri désigne le régisseur des propriétés ecclésiastiques; Beveridge rend ce mol par adminitUateur du rkotel ecclésiatliquei (Justel.Btb/iofA.jtir. canon, l- '■ p. 9i. — Bever. Not. in conc. Cbalctd. au. ". p, 109). Bingliam {Orig. ii. 72) adopte cette opinion, qui s'appuie sur l'autorité de plusieurs aulf» savants (V. l'art. Maïuionarii).
PAROISSE (itaptinia). — !.— Pendant les troi5 premiers siècles, ce mol désignait comoiunéiuenl, non point ce que nous appelons aujourd'hui uiif église paroissiale, mais le cercle de la junditii" d'un éïêque, c'est-à-dire une ville aulMir de I»quelle se groupaient un nombre plus ou uiûia.^ considérable de bourgs et de villages (V. Tirt. IH<^eéte). Le diocèse, modelé sur la ciroonscriplion civile de ce nom, était le siège d'un exarquit ou d'un patriarche, el embrassait plusieurs provinces : c'é-
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fait la plus vaste juridiction ecclésiastique, après celle du souverain pontife.
Au quatrième et au cinquième siècle, nous voyons les deux dénominations indifféremment appliquées aux paroisses rurales et aux paroisses épiscopales ou urbaines. Pour ce qui est du nom de paroisse d*abord, il est donné à ces petites divisions diocésaines par le concile de Chalcédoine (can. XVII ), lequel décrète que les « paroisses rurales i», â^pcixixaî iTapotxt«i, resteront invariablement sous la juridiction de l'évèquequi les possède de toute ancienneté. Le concile de Vaison, célébré en 442, dispose (can. ii) que le pouvoir de prêcher sera donné aux prêtres, * non-seulement dans les villes, mais aussi dnns toutes les paroisses, t Enfin ce mot se trouve employé dans le même sens, et fréquemment, par S. Jérôme (Conir. Vigilant, c. n), par Sulpice-Sévére (DiaL i. c. 4), parTheodoret (EpisL cxui), par innocent I (EpisL ad Décent, c. v), et par d'autres écrivains de ce temps, bien qu'il continue à désigner également la PAROISSE épiscopale. L'historien Socrale (I. i. c. 37) attribue sans doute aussi au mot paroisse la même signiticalion, lorsque, en parlant des localités situées sur le lac Mareolis, lesquelles étaient souslajuridictioa de Tèvèque d^Âlexandrie, il dit que c'étaient autant de paroisses dépendantes de sa ville.
De même, on trouve quelquefois le nom de diocèse appliqué à de simples églises paroissiales, comprises dans le territoire du diocèse épiscopal. Ainsi, quand S. Sidoine Apollinaire dit (l. ix epist, 6) qu'il a parcouru ses diocèses, après quoi il est rentré chez lui, peragratis forte diœcbsibus, quum domum veni, il ne peut entendre que les églises paroissiales placées sous sa houlette. Ainsi encore, dans la conférence de Carlliage (Die i. c. 176) nous lisons : < L'union parfaite d'une Église ne se borne pas à la ville seule, elle admet aussi tous les diocèses. » S.Grégoire de Tours s'exprime de même (Ui*l. l. IV. c. 15) : Cautinus episcopus in Brivaienum dicBcesim psqjlendo adiré dispoêuei^at. La raison de ceci, c'est que ces églises, desservies par des prêtres, étaient comme de petits diocèses, ainsi que s'exprime le livre pontifical au sujet des vingt-cinq titres établis dans la ville de Rome par le pape Marcellus : VigitUi quinque litulos.... consiituit, quasi diœceses. Les canons des conciles les appellent tantôt églises diocésaines, ecclesias diœcesanas (ConciL Tarracon. c. vui), tantôt églises rurales, ecclesias rurales. De là vient que le concile de Niocésarée (c. xiii) donne aux prêtres qui les occupent le nom de prêtres ruraux, iTri^cipiGi «pioCtjTtpGt, par opposition aux prêtres établis dans l'église de la' ville, ou cathédrale.
l^ églises paroissiales reçurent encore la dénomination spéciale de titres (V. ce mot), pour les distinguer de l'église del'évêque, parce qu'elles avaient des prêtres et des diacres qui leur étaient particulièrement assignés et qui, pour cette raison, étaient dits posséder un titre (Y. les art. Caràtnauxei Curés).
n. — L'établissement des églises paroissiales fut 1 effet naturel de la diffusion du christianisme. A mesure que s'augmentait la multitude des croyants, les églises épiscopales ou cathédrales devenaient insuflîsantes aux besoins du peuple. Delà la nécessité de diviser le troupeau fidèle, et d'ériger de nouvelles églises épiscopales, afin que chacun pût assister aux cérémonies religieuses, et profiler des différents oftices du divin ministère ; de telle sorte que tous eussent la possibilité de « persévérer dans la doctrine des apôtres, dans la communion de la fraction du pain, et dans la prière {Act. n. 42). » Le livre pontifical (In vit. Marcell.) nous apprend que plusieurs des titres ou églis.es de Rome furent établis seulement afin de pourvoir au baptême du grand nombre de païens qui se convertissaient à la foi, et aussi à la sépulture des martyrs. C'était là un. ministère restreint, et en effet on verra à l'article Curés quelle était la nature et quels furent les développements successifs des attributions des prêtres titulaires de ces églises subordonnées.
Or, comme les villes et les diocèses dont elles étaient le siège différaient beaucoup entre elles par l'étendue de leur territoire et le chiffre de leur population, il est certain que la nécessité de créer des églises paroissiales ne se fit pas sentir partout en même temps, ni au même degré. Ainsi, pour ce qui concerne certaines villes, telles que Jérusalem et Rome, il est permis de conjecturer de plusieurs passages des Actes et des Épîtres de S. Paul, qu'elles possédèrent plusieurs églises dès le temps des apôtres. Quoi qu'il en soit de cette conjecture, nous savons du moins par le témoignage de S. Optât (V. l'art. Basiliques) qu'avant la fin du troisième siècle, c'est-à-dire vers le commencement de la persécution de Dioclélien, il en existait déjà quarante dans la ville de Rome. 11 n'y avait cependant que vingt-cinq titres urbains proprement dits; les autres étaient des églises suburbaines bâties audessus des cimetières, qui, selon les catalogues les plus sûrs, étaient au nombre de vingt et un (V. De' Rossi. Roma sott. i. 205).
Quant aux villes de moindre importance, appelées par Eusébe «oXixvai, oppidula, il n'est p?s étonnant qu'elles n'aient eu qu'une église pendant ces temps de trouble. Telle était cette ville chrétienne de Phrygie, dont, au rapport de Lactance (Instit, 1. V. c. 11) et d'Eusèbe (HisL 1. vm. c. li), toute la population, y compris la magistrature, hommes, femmes et enfants, fut, par les ordres d'un préfet sanguinaire, brûlée avec son église, en invoquant le Christ, Dieu de tous, Christum omnium Deum invocantibiu. Ce sont ces villes, exiguës par leur territoire et leur population, qui donnent raison à l'opinion de ceux qui affirment qu'il exista dans les premiers siècles des églises épiscopales auxquelles aucune église paroissiale n'était attachée.
Cependant il y eut des villes peu importantes par elles-mêmes qui possédaient de vastes territoires, et dans ces teiTitoires un grand nombre
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