‹ Dictionnaire des antiquités chrétiennes [microform]Chapitre 210 sur 281 · PARR · texte numérisé non relu

PARR

d^égliges rurales, desservies par des prêtres et des diacres, même au plus fort de la persécution. Telle était Cyrus dans la Gomagéne, qui eut Tliéodoret pour évèque. Les canons des conciles d*Uel- Tire (c. Lxxvn) et de Néocésarée (c. xui), dont le premier fut tenu au commencement et le second ?ers la fin de la persécution de Dioclétien, parlent de ces paroisses et règlent les attributions des prêtres et des diacres qui les desservaient. S. liipiphane (Hœre$. lxti. il) atteste le même fait, au milieu du troisième siècle pour la Mésopotamie, et S. Denys d'Alexandrie pour TÊgypte et la Libye. On voit donc que, à mesure que la nécessité s*en faisait sentir, les évéques multipliaient les églises, non-seulement dans leur ville épiscopale, mais encore dans les bourgs et villages de leur diocèse.

111. — 11 parait certain que, dans les premiers temps, les églises paroissiales élablies dans les villes épiscopales n'étaient point desservies, comme celles des bourgs et villages, par des prêtres à titre fixe, mais par des clercs de fèglise mère que l'évèque y envoyait alternativement chaque dimanche. S. £piphane (Hœres. lxix Arian. c. i) affirme qu'il en était autrement à Alexandrie, et que là < toutes les églises de la comnmnion catholique, soumises à un seul archevêque, avaient leur prêtre particulier, lequel exerçait le saint ministère en faveur de la population agglomérée autour de chacune d'elles : • Suus cuique prœpo* titus e$i presbyier, qui eccleticuiica munera Us administrât, qui circa eccîesias illoê habitant, »

11 est évident qu il s'agit ici d'une exception, car ce l*ère n'eût pas pris tant de soin de constater pour une église particulière une pratique qui eût été commune à tontes. Cependant il ne dit point que cette exception fût unique, et c'est à tort que le l\.Pelau (Adnot, ad hune loc.) le taxe d'erreur; car il n'y a rien dans son texte qui s'oppose à l'opinion de ce savant, consistant à dire que la discipline en question était reçue dans toutes les grandes villes. Valois, dans ses notes à Sozomène (Hist. eccL l. i. c. 15), soutient, au contraire, que S. Épiphane énonce ici un usage exclusivement propre à la ville d'Alexandrie, et que pas une Ëglise au monde, sans en excepter Rome même, ne confiait, à l'époque qui nous occupe, ses paroisses urbaines à un seul prêtre. Ce savant l'affirme surtout pour le temps où vivait Innocent V' ; alors le pape avait coutume d'envoyer, par des acolytes, la sainte eucharistie (fennentum) consacrée par lui aux prêtres qui, le dimanche, desservaient les litres de Rome, en vertu d'une délégation spéciale, afin qu'ils ne pussent pas, surtout en ce jour, se croire séparés de sa communion (hmocent. L Ad Décent, c. v.j. Quelque chose de cette discipline se maintint à Constantinople jusqu'à l'époque de Justinien. Car une des novelles de ce prince (Nov. u. c. 1) fait mention de trois basiliques, celles de Sainte-Marie, de Théodore et d'Irène qui n'avaient pas de clercs à elles, mais recevaient dis prêtres de Téglise cathédrale, qui

allaient à tour de rôle y célébrer les olficcs divins.

Quant aux paroisses rurales, elles eurent beaucoup plus tôt leurs propres prêtres; il eût été plus difficile de les faire desservir habituellement par des prêtres de la ville se succédant les uns aux autres dans cet office.

lY. — Lorsque le moment fut venu d'attacher à poste fixe un prêtre à chacune des paroisses de la ville et des localités qui en dépendaient, ce prèlre n'eut point tout d'abord le droit de s'attribuer les revenus de sa paroisse, consistant en dîmes ou oblations quelconques. Car, dans la primitive Ëglise, tous les revenus ecclésiastiques étaient versés dans le trésor de l'Église épiscopale; lé^éque seul en avait la haute administration, et c'est sous sa direction que la distribution mensuelle ou annuelle en était faite aux clercs de son à\ozhi (V. l'art. Clergé), A Constantinople, aucune église paroissiale n'eut de revenus séparés jusqu'au milieu du cinquième siècle (Theod. Lect.— Cf. Bingham. t. m. p. 602). C'est à cette époque qu'un certain Marcianus, ayant été fait économe (V. ce mot) par Gennade, décida que les clercs de chaque églises'attribueraient les offrandes qui leur seraient faites. Dans l'Ëglise occidentale, notamment en Espagne, l'ancienne discipline était encore en vigueur au milieu du sixième siècle, quant au clergé de la ville épiscopale; mais il parait que dès lors les églises rurales commencèrent à avoir leur revenu particulier [Concil. Bracar, n, can. 2). En Gaule et en Germanie, le régime de la communauté semble s'être maintenu beaucoup plus longtemps (Y. Bingham. 1. ix. c. 8).

PARRAINS ET MARRAINES. - Lmsli^ tution des parrains et marraines pour les bapii^-s remonte à l'origine de l'Église. Tertullien eu fait mention [De haptitm. i. 28), ainsi que S. BjsiJe (Epiit, cxxvni), S. Augustin en plusieurs lieux, et d'autres Pères et écrivains ecclésiastiques. U concile de Mcée (can. xxu) prescrivit que les hommes ne pourraient tenir sur les fonts des jeunes filles ni des femmes, ni réciproquement; et, d'après les Comtituiion» apo$tolique$ (lib. ui. lt'<). les fonctions de parrain étaient souvent rempli» par les diacres pour les hommes, et par les diaconesses pour les femmes. Dans tous les cas, les parrains devaient être chrétiens, baptisés, ui excommuniés, ni interdits, ni suspens.

Leur office consistait à présenter le candidat à révoque ou au prêtre, à l'instruire des chosts nécessaires (S. Thomas, m part, qusst. CT.art.i'K à prononcer pour lui la profession de foi s'il élut enfant, à rendre à l'évèque ou au prêtre l'Oraison dominicale, à promettre pour lui de renoncer au démon, à ses œuvres et à ses pompes (V. les art. Renoncements, Pwfession de foi au baptême), à lui donner quelquefois son nouveau nom, à le recevoir à sa sortie des fonts sacrés (V. l'art. Aubes bapttt' maies, II), enfin à communier avec le nouuau baptisé pendant toute l'octave. Les parrains relevaient difiérents noms, i-elatifs à leurs diiférenles

(bnclions : affèrmitt, ipoMoret, (UUijuuora, pa-

obligés de veiller sur le baplîsé, même quanta ses rnléréls leinparets, jusqu'à l'âge adulle, s'il élait mlanl; de le porier au bien, de lui rappeler les promesses de son baptême par leurs conseils et leuK eiemples.

PASSION DE nOTRE-SEIGNEUR (dEFRÉ-

aninoN de u). — Les scènes de la passion sonl ipeu prés complètement exclues des monuments y\<nMi du christianisme. Le malirde cette rélerte, c'est qu'on avait également à craindre, par le spectacle des ignominies de t' Homme-Dieu, de [iroToquer les dérisions des idolâtres, el de scandaliser ta foi cliaiicelanle encore des néophytes. Aussi nelrmirans-nous, et encore dans une seule classe de monuments, les sarcophages, qu'une seule représenlation directement relatire à celte doulou- Rtise histcnre, la comparution devant Pilate. Cette tigk générale que les pontifes de l'Église avaient lirescrite aiii artistes ctirétiens, ne sauiïre que de (rês-rares exception», que nous ferons connaître (mil à riieure.

1. — La comparution pure et simple est sculptée sur un bean sarcophage de Vatican (Bollari. tav. nit). Notre-Seign«ur est debout devant Pilale qui riiilem^e, il élèTe l'index de sa main droite et stmble parler. Le président, en habit militaire, «l assis sur une chaise curule placée sur une estrade élevée, el 'i ses pieds est un vase reposant Eir un tr^ied : c'est le tribunal dont parle le leile sacré, ted'd pro tribunali (Joan. xix. 15), et tel qu'il figure au revers de quelques médailles d'Auguste et de Vilellius. Celte scène est mieux uraclérisée sur d'autres tombeaux (Botlari. tav. xv. 1III. iixnc. xxxv). Kolre-Seigneur dans une posture qui respire l'humilité et la douceur est repré-enlé entre deux soldats, il porte à la mim un volume roulé qui désigne sa doctrine pour liquelle il l'sl tr^iduit devant ce tribunal niique Un voit ensuite ri late soucieux, témoignant p r son regard «bliqiie et par sa main portée à la joue I hésitation de son âme à condnmner 1 innoctul (V la S"viire de l'art.

Jfïim). Un serviteur, debout devant lui, lui étonne à laver, selon la coutume des Juifs, pense-t-on, chei lesquels se laver les malus équivalait û une (/j proleslation d'iui cence {Deuler, m. 0). | Derrière Klale est une lour figurant le pi-éloire. On doit remarquer que le serviteur porte une patére de l'i main gauclie, et qu'il est courmné, r£ qui lui donne rejisemblance avec les victimaires

bas-t«liefs antiques et sur les médailles. Le présr. dent a le costume et la couronne des empereurs. Toute cette confusion accuse évidemment l'inexpérience el l'embarras où était l'artiste ayant à traiter un sujet tout nouveau pour lui. Il n'a rien trouvé de mieux que de prendre ses types dans les monuments profanes.

[| est essentiel d'obsener que la comparution devant Pilale, à peu prés invariablement, a pour pendant le sacrifice d'Abraliam (Bottari. tav, xv) ou même que ces deux scènes se trouvent tout ï fait rapprochées [Millin. ]Uidi de la Fr. pi. wvii. n. 4) : on ne saurait méconnaitre ici l'intention de mettre en regarJ la figure avec la réalité. Un sarcophage de Rome (Bottari. tav. clxxxiiu) el un d'Arles (Millin. Op. taud. pi. lxvii. A) semblent présenter la comparution devant Anne ou Caiphe, car le juge, assis sur un pliant, n'est point, comme Pilale, vêtu à la romaine. Dans le dernier, c'est as sûrement Caîphe; il est assis sur un monceau de pierres et n'a p»s le êuppedatieum; Notre-Seisneur se lient incliné devant lui, les mains liées derrière le dos, et on voit uri satellite qui le frappe par derrière ; Propheliia lUibii, ChrUtey qui» te perautit (Halth. xivt. fi8), ■ prophèlise-nous, Christ, qui l'a frajipé. »

11. — Les exceptions que nous avons annoncées sonl peu nombreuses. Les unes portent sur des circonstances précédant la comparution devant Pilate, les autres sur des scènes qui la suivent.

1' On trouve, bien que fort rarement, sur les sarcophages, une scène préliminaire de la passion ; Noire-Seigneur lavant les pieds à S. Pierre (Bot- Liri. tav. iiiv). Millin. (Op. laud. pi. liiv. 4) a publié un tombeau d'Arles où le même sujet est reproduit, avec celte circonstance particulière, qu on distingue sur l'estrade où reposent les pieds de S Pierre, une de ses sandiles(V. l'art. Ablutione 3' podoniptia. — Gravure). Dans ce baslelief comme dans le précèdent, la comparution devant Pilale et le lavement des pieds se font pendant el occupent les deux extrémités.

Le second trait préliminaire est encore fourni par un monumenl de la France {Monum. de Sle Madeleint. t. i. p. 4G:;i) :

c'est le Baiser de Judas : le traître lient h. la main la bourse aux trente deniers, si l'on ne préfère y voir celle du collège apostolique que le maiire luiavsilconliée(Joan.

ini. 29) : loculo» hahebat. iNous n'avons rencontré ce sujet sur aucun sarcophage de Ftome : le seul exemple que nous en connaissions en Italie se trouve sur celui de Vérone, qui est gravé dans l'ouvrage ds Hatlei (Ferena r/(tw/r. part. m. p. ôi).

Judas donnant le baiser a «on m'ilireel sui>i de soldais armés est représenté sur un diptyque ayant appartenu aux carmélites de Luujue*

Le deism que nous donnons ici est tiré d une mosaïque du sixième siècle h Sainl Apollinaire de Datenne En avint duSauvcurrecetaiit lebaiserdu traiire on voit les alellKcs armés dont I un étend la main pour I arrêler en arrière sont groupés les apôtres et au premier rang S I lerre lirant son Rlane du Tourreau pour la définse de «on maître

Un sarcophige du >ilican (Bollan lav in>) représente Irts-clairement I arreslalion de ^ol^e- Seigneur au jardin des Uhviers pir deux soldats armés 1 un d une épee 1 autre d une lance Tan quant ad lationem eiitlit cum gladiit et ftalibui compTehendet e me (Hallli xxii h ) Les urnet

l — PASS

funéraires delà Gaule on a ^u le remarquer ptanl généralement d une époque un peu basse idmet lent plus fréquemment ces preniiéres scènes de la passion Ainsi un sarcoplia(,e de Marseille (Hillin pi tviii 5) en réunit deux k lui seul 1 NoIre-Seigneur emmené p»r de: honimr« armes de bâtons 3 ^ol^e-Selgneu^ deTunl Pilale

2 Nous avons maintenant a signaler la repre senlalion mais tout a fait exceptionnelle de quel ques circonslances de la passion proprement dil« Hais dans ces eiceplions mêmes on lerra que le besoin de mjst re se fait toujours entir el que des formes mjstiques \odent nux veux des fidef le spectacle aHligeant des souffrances de Wt SauTeiir Ainsi un sarcophage du musée du Utran produit deux scènes insoliles il esl vrai le

couronnement d'épines et le portement de croix; mais l'arlisle a choisi le moment oii Ja croix est portée par Simon le Cjrénéen, et une couronne, non pas d'épines, mais de laurier,est posée respectueusement par un soldat sur la lèle du Christ. Dn seul monument, de ceux qui sont connus jusqu'ici, une fresquL' du cimetière de Prétextât (V. l'errel. i. pi. lxix), ya un peu plus loin el retrace tout h fait sans dissimulation la scène douloureuse qui suit immédiatement le couronnement d'épines. Deux soldats sont debout devant Notre- Seigneur, el l'un des deux, avec une expression de crnelle ironie sur le visage, frappe avec un roseau la léte du Rédempteur dèjï ceinte de la couronne d'épines : c'est absolument la traduclian de ces paroles de S. Marc (xv. 19) : Pereuliebant caput ejut arundine. Celle peinture, qui constitue un fait unique dans son genre et comme exceptionnel, a une grande importance, car, au témoignage des savants les plus aulorisés, de ïl. Ife' Rossi notamment, elle remonte au deuxième

Voici le monumenl :

PASSION (iiEiiQUEi OE la). — I. — U MJ'nl sépulcre, d'après la reconstitution qui en fui Mi par les bénédictins sur la description qu'en ) laissée S. Cyrille de Jérusalem, se compowil * deux chambres, creusées dans le roc, et doul l'une servait de vestibule à l'autre, selon l'antique usi^» des Juifs {Genei. ixiii. 19. ixt. 9). La preni^rr

pifeeélaildose.au témoignage du prêlreJuvencus {Bill. aang. ap. Galland. it. 638) qui écrivail vers

ha Zî» :

IJmen tonf lodunl iromenit volumini pe(™, < Li porte ai [crmée pr d'immenKi volumes de picr-

L'autre, toute creusée duns le vif d'une roche protnnde. ^lait asseï élevée pour qu'un liomme debout pùl 3 peine en toucher la voûte avec la main. ll\t aiait son entrée a l'orient laquelle fut fermée d une grande pierre et scellée du S4»au ofQciel leiorps de Noire Seigneur fut placé à la partie septentrionale dans un loculut profond de sept pids el élevé de trois palmes au dessus du sol Iiom Calmet ajoute {In MaUh iiviii) que la léle était tournée lers 1 orient Voici d après U le comte de Vogue (fgfrtct de la terre umlt p 12 ) la coupe du monument din> son état pri mitif La grande ou lertur légèrement cinirve * droite représente le vesli kle celle de gauche \i cliambre sépulcrale Au fond dans

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de Trêves. Outre RuDln, Tliéodorel el d'autres écrivains, S. Ambroise parie aussi de la découverte, faite par Ste Uéléne, des clous avec la croix {De obU. Theod. 4T}. Hais, au point de vue de l'autlienticilé, on donne la préférence à celui-ci sur ceux qui se conservenl en d'autres lieui. parce qu'il fut donné à cette cité célèbre par l'impératrice elle-même, don reconnu par un solennel décret du pape Léon X, Un /\

fragmenl avait été rompu au bout MJ

de ce clou ; l'église de Toul le ^^

possède La ville de Tretes garde un petit morceau détaché de la couronne quant i ta couronne elle-même personne minore quelle se 1rou^e a laris ou le saint roi Louis l\ la ra^poita; elle est dépouillée néanmoins de

rocher on voit la banquette sur laquelle fut depasi. le corps du SauvLur une petite poileeta blusail la communication eiilre les deux salles Il — Les reliques proprement diles de la passion sont

1 U tilre de la croix II se conserve i Rome dans la basilique de Sainle-Croti en Jérusalem Nous renvoyons pour les détails au savant ouvrage de De Corrieris, De Se«orwiiii» prœcipuU pauionii D- N- J. C. reliquat. Quand !e tilre fut trouvé par Kte Hélène, il élait dans toute son intégrité; il n'en resle plus qu'un fragment, qui a été décuurert en 1492 dans la voûte de la basilique sessorienne; el il a, selon la mesure romaine, sept pouces de hauteur el treize de lar(;eur. La matière sur laquelle il est écrit parait être du l>ois ou de l'écorce de bois; les lettres sont rouges sur fond Mine. On sait que l'inscription entière était iesvs iiukisvs ■» ivDxoBvii (Soznm. ii. 1). Le nom de IE9VI élait représenlé, dans le lexte latin, comme dans le grec, par les sigles is, et quand il fut re- Irouvé en U93, on lisait pour l'un et l'autre ces seules paroles is ntMRENvs ns. Quant à l'inscription hébraïque, elle élait encore Irès-reconnaissahle au seiiiéme siècle ; mais au dix-sepliéme elle disparut lolalement, sauf quelques faibles traces qui restent encore aujourd'hui, comme s'effacèmil aussi les lettres is dans les textes grec et lalin. On peut consulter encore l'ouvrage de Nicquel. Tilultu Ktncta crueii (Antverpix. 1678). 3* Le clou et Tipitie qu'on vénère dans l'élise

la plupart de ses épines qui sont en grande vénération en dilTérenls lieux

3* La lainU tunique appartient encore à l'heureuse ville de Trêves. Elle esl longue de cinq pieds à peu prés, el un peu plus d'une eilrémilé de l'une des manches à rexlrèmité de l'autre, quand elles sonl étendues. Chaque manche à un pied et demi de longueur, el un pied de largeur. Sous les manches elle n'est large que d'un pied et deux doigts, et k l'eitrèmité inférieure de cinq pieds six doigts. La matière du tissu n'est plus reconnaissable. Quelques-uns pensent que c'est un mélange de lin et de laine ; mais cela est peu probable, parce que la loi mosaïque interdisait ces mélanges {DetiUron. ixn. il), et Josèplie attesté que celle loi élait encore en vigueur du temps de Jésus-Clirisl (Aniiq. Jud. 1. iv. c. 8, g II).

1^ senlimenl le plus commun est que li sainte tunique e^t de Inine. La couleur eH dimcile h déterminer d'une manière précisa; tout ce qu'on peut allirmer. c'est qu'elle est d'une nuance foncée. On remarque d'un cûté quelques trace«d'usure qu'on attribue au frottement de la croix, et on y (lislingue, quoique conrusémenl, des gouttes de sang.

i* Le iainl luaire se conserve à la cathédrale de Turin, C'est un long linceul de lin, selon l« texte de l'tvangile (Joan. lu. 40) ; d'où est venu, dit le vénémble Bédé {in if„i-c. n. 15j, l'usai;e de célébrer le saint socrificede l'aulel.non sur de la eoie ou sur quelque autre êloffe précieuse, mais sur du lin, produit de la lerre. Et cet usage fut érigé en loi par S, Sylvestre (Anasias. In. Sgtv. I. 2!t). Le corps du Sauveur ayant élé, selon la coutume des Juirs, enveloppé dans plusieurs suaires, d'aulres églises encore sont en possession de reliques de celle nature : ce sont l<?s églises de Besançon el deCadouin, dans la partie du diocèse de Périgui'ui qui appartenait autrefois à celui de Sarlat. Oedernier suaire présente, nous assure-l-on. toutes les marques d'une aullicnlicité inconlestable.

5* L'iponge qui senil à abreuver le Bédempteur de fiel el de vinaigre esl à Sainl-Jean de Lalran, et Baronius assure qu'elle garde encore une couleur sanguine {^nn. 3i. 122).

6* La lance enlin, trouvée en 109S par les croisés à Antioclie (Pagi. In Baron ann. lOOS. n. 7), puis tombée aux mains de Bajaiel, lut donnée par celui-ci en 1493 à Innocent VIII, qui la déposa danf la basilique du Vatican (Itainald. Contin. Baron, nnn. 1W2. n. Iti).

Nous n'avons mentionné ici que les reliques delà passion dont l'an l lien licite est sûre, il est superllu de parler des objels de ce genre qu'une piélé peu éclairée a répandus dans le monde. Ou s'abuserait néanmoins, si l'on voyait une question de supercherie, par ei^emple, dans les clous, au nombre de ïingt-qualre, qui sont en vénér.ilion en divers lieux. Plusieurs ne sont que des fac-similé, consacrés le pins souvent par l'adjonction de quelques parcelles, ou l'introduction d'un peu de limaille des véritables clous de la passion dans

de peliles cavilés pratiquées à cet efTel. Mk sait que la piété des peuples peut trouver 'mltot dans de simples imilalions de ces objets sacrés rni aliment légitime, et que d'une autre part la possession de fragments, si minimes qu'ils soient. de ces vénérables reliques doit suffire à la salisfaine I

PASTEUR (lr don-). — Dans le lanp^ biblique, l'action de la Providence sur les hwamn est presque toujours exprimée par des images el des allégories empruntées à la vie pastorale. Djea est un pasteur, le monde est un immense bernii (Ezech. xixiv. — Ptalm. ixn. — Is. ilk. elc). Hais c'est surtout au Messie el » son œuTK que s'appliquent ces images (lilzech. ihid. !3. rlc), qui, par une transition naturelle, îiennpnl se relier aux textes du Nouveau Testament, et noiann ment aux paraboles où Jésus-Christ se prcwnte lui-même comme le modèle et le type du non. Pasteur (Luc. xv. — Joan 1. 11).

Les Pérès avaient puisé les premiers â celte double source les expressions pieusesel poéliquci sous lesquelles ils désignaient le Sauveur : • Parleur des agneaux royaux, dil S. Clément d'Aletandrie {Hymn. Chritli Salealoiit, Pœdagog. 1. in, edit. Polter. p. 312), ittiiiinï ip.ii pi»-J™i; pasteur des brebis raisonnables, tc^^ti» îrjuv iremiiï. ■ S. Abercius, éréque d'Iliéraple.autemps de Narc-.iorèle. dil de lui-même, dans l'épiiaplie qu'il avait composée pour être gravée sur la siéle de ïon lambeau, qu'il esl le * disciple du tMmt chaste el pur :

'ASipiic; iijù [lalnTr; ntftuic; àpcù.

(Mélange* d'épigraphie t p. 5. — Cf, Pilra, SpiciUg. SoUtm. l. ui. p. Jôi.] Les artistes chréliens, si habiles i protller des données que leur fournissaient les saintes lellns pour ta décoration des monumenls de toulgeare, devaient trouver, eux aussi, des éléments jJus que suffisants ponr composer, indépendamment it tout secours étranger, l'une de leurs plus I)e1l^ et de leurs plus chères images.. Aussi, de même qu'elle était l'expression la plus familière de It mission du Rédempteur, la figure du Bon-Paileur fut-elle la forme la plus liabiluellc sous laquelle on le représentait, surtout dans les temps mauvais qui faisaient à l'Eglise une loi impérieuse du secrd et du mystère. C'est là un des sujets les plus tneiens auxquels l'art chrétien se soit exercé. Te> lullien le signale déjà comme servant à Lt dé. coralion des vases sacrés ou autres (De purlinl. m et x) et Bosio avait trouvé dans les eatacomlies une image du Bon-Pasteur que d'Agincourl fiil remonter à la (in du deuxiè.ne siècle (Bosio, p. 537. — D'Aginc. Hàt. de la peint, t. v. p ^''i- La popularité de cette image devint bienlôt universelle : on la reti-ouve dans les Gaules (Millin W' de la Fr. pi. i.xv) et en Afiique (Annal, anhhl. VI" an. p, 19G\ el partout ailleurs qu'à RonK

rnérae, et jusque dans un hypogée de Cyrène (Pacho. Voy. delà Cyrénalque. pi. li. p. 376).

Elle paraît dans tous les genres de monuments : fresques des cimetières, lampes d'argile, bas-reliefs des sarcophages, bas-reliefs de stuc sur les parois des catacomb^ (Y. De' Rossi. Imag. Virg, Dcip. tab. it), pierres sépulcrales, Terres dorés, anneaux, pierres gra?ées, etc. C'était comme une homélie matérielle qui, se présentant partout aux yeux des fidèles,, leur rappelait, soit les bienfaits de rincarnation par laquelle l'humanité dévoyée est ramenée au bercail, soit la miséricorde du SauTeur qui ya chercher le pécheur, et par les sollicitudes de sa grâce tient à lui épargner jusqu^à la fatigue du retour. C'est ce que Sedulius, prêtre et poète du cinquième siècle, a chanté dans de beaui vers (Paschal. 1. 1. Invocat,)

...'.. Ut semita vita Adcaulas me ruris agat, qua servnt amœnum pA.«Toa ovile boxl's, qua vellere praevius albo Tirginis agnus ovis, greique omnis candidus intrat.

« Afin que le sentier de la vie me conduise lipns l'enc(>ir.t<> da bercail, où le Bon-Pasieur garde sa chère bergerie, oq sous la conduite de l'agneau de la brebis vierge, de l'agneau i la blanche toison, le candide troupeau entre

loat entier. •

C'était un symbole de zèle et de miséricorde, dont le pallium des archevêques, sur lequel le Bon-Pasteur était, dit-on, retracé primitivement (Baronius Ad an, 216), et qui n'est aujourd'hui que parsemé de petites croix, est le mémorial. C'est aussi sans doute une pensée de zèle pour lesalul des âmes qui inspira à l'Église l'idée de faire lire, au commencement de ses conciles, la parabole du Bon-Pasteur, ^ous trouvons, bien qu'à une époque assez basse (le concile de Londres de 1-57), un témoignage positif de cet usage, qui cependant doit remonter à l'antiquité proprement dile : Ucio igitur iolemniter evangelio, scilicet ^p ium Pattor Bonus ^ sicvT noRia est, « lecture de l'évangile étant donc faite solennellement, à savoir : Je suis le Bon-Pasteur, comme c'est la cou- TricK. » (Matlh. Paris, p. 447. — Cf. Botl. i. 160).

C'était encore, selon S. Jérôme (Hieron. In h. ïi), un symbole de la résurrection future, et de l'eTicacité illimitée de la rédemption de Jésus- Clirist {Ad Océan, ep. lxix. !). La pensée de la résurrection devait être naturellement réveillée P^r cette imaj^e dans le cœur des fidèles ; comme ^i elle eût dit : « Ne craignez point de sacrifier P«ur Dieu ce corps mortel, car un jour celui-là roMine viendra dans toute sa majesté divine le rap- Kler à la vie, et à une vie immortelle, que vous contemplez ici sous la forme d'un pasteur • (Hieron. In Isai. c. xl. 0pp. t. m. col. 303, edit. Maurin.).

^'ou8 avons lieu de croire que les premiers chrétiens, pour se familiariser avec cette salutaire pen>ée, ai:naient à porter sur eux des objets propres à la leur rappeler. Ainsi Paciaudi (De Bain, frontisp.) donne une hématite où le jugement ^t mh en scène d'une manière hiéroglyphique.

Le Bon-Pasteur, en costume antique, élève les bras à la manière des orantes, au-dessus d'un agneau qui est à sa droite et d'un bouc h sa gauche, lesquels, l'un et l'autre, tiennent la tête inclinée, comme dans l'attente de leur sentence. Au revers de la pierre se lisent ces mots : ArAon iiNAKoneH, Âgatha exaudila est. C'est le nom d'une femme chrétienne qui, selon toute apparence, portait ce bijou suspendu à son cou en guise d'amulette ou d'ex-voto, comme l'indique l'anneau dont il est muni à sa partie supérieure.

Les liturgies anciennes étaient pleines d'idées et de sentiments analogues. Ainsi, une oraison post sepuUuram se lit dans un sacramentaire romain antérieur au huitième siècle, où l'on suppose que le juste, après sa résurrection, est rapporté sur les épaules du Bon-Pasleur, pour être placé dans le séjour de l'éternelle félicité : Quemque morte redemptum^ dehitis solutum, Patri reconcilialum, boni pastoris humeris reportatom, in comitatu œterni régis perenni gaudio, et Sanctomm consortio perfrui concédât.

Le Bon-Pasteur des monuments chrétiens diffère peu du type antique, fixé, pense t-on, à la plus belle époque de l'art grec, et par la main de Calamis (Rochette, Mém.de VAcad, des inscr, t. xni. p. 101). C'est un beau jeune homme, imberbe, sauf de bien rares exceptions (Perret, ii. pi. li), parce que, au dire de S. Augustin (Ap. Bolland. vu mart.), la jeunesse du divin Pasteur est éternelle : il a les cheveux courts, l'œil plein de tendresse. Il porte une tunique courte, ceinte autour des reins, et quelquefois encore sous les bras, ornée de bandes de pourpre (Bottari. xcin), ou de calliculœ. Cette tuniqueest parfois recouverte d'un petit manteau, d'une espèce de chlamyde, ou de sagum, ou bien encx)rede la pénule de peau, scortea. Sa jambe est revêtue d'une sorte de réseau de bandelettes, fasciœ crurales; mais sa chaussure admet d'assez nombreuses variétés. Il est presque toujours tête nue : par exception, on le trouve coiffé d'un pétase à larges bords (Garrucci. Corniola del sec. n, p. 20), ou d'une couronne ra'iiée (Allegranz. Opusc. p. 177). Sa tête est quelquefois surmontée du monogramme (Mamachi. Origin, Christ, m. 18), ingénieuse manière d'exprimer son identité avec le Rédempteur des hommes , ou entourée du nimbe (Ciamp. Y, m. i. lxvh), ou enfin d'une couronne de sept étoiles, comme sur le disque d'une belle lampe des catacombes ( Bellori. Le ant. lucern. part. in. 29. — V. le monument à l'art. Étoiles). On lui donne à peu près invariablement le bâton paslo- • rai, pedum, le vase à lait, rnulctra, et la flûte à sept tuyaux, syrinx (V. les art. spéciaux sur les trois attributs).

Nous avons dit que le Bon-Pîisteur évangélique se distingue peu de celui du berger des monuments grecs et romains. 11 est cependant impossible de les confondre. Celui-ci est presque toujours nu et dansant, tandis qu'au contraire le Pasteur chrétien se fait remarquer par la gravité mélancolique de son attitude.

En soumetlant les scènes pasiorales seméps h prorusion dans les monumetils cliréliens a une certaine classifl cation, on pourrait, presque sans eiïort, y suivre pas à pas les dilTérentes phases de la parabole du Bon-Pasietir.

1° On le Terrait se préparant à partir et manifestant sa tristesse el sa mélancolie en porlani sa main sur sa tête, geste de douleur dans les habitudes des anciens (V. l'art. Main [AUiliidetde la]).

S* Le départ. Un pasteur menant un chien en laisse, el sur le point de saisir la pera pastorale suspendue à un arbre (Fabrelli, 549. \i\).

5' Le repos dans la course. Rerger assis à terre, avec un air de lassitude, et ayant devant lui son chien qui flie sur son raaîlre un regard sympathique (Perret, vol. v. pi. jm).

Voici un fond de lasse (Garmcci. la», vi. 3) où le pasteur, assis sous de frais ombrages, étend la main en signe d'allocution, paraissant s'entretenir avec deui brebis placées à ses calés el qui prêtent à sa parole une sympathique attention.

cm If urui

/de quels c Le sentimt la jo e mêl

4* Hais la plus commune de toutes ces scènes pislorales e»t celle ou le Bon Pasieur paraît avec la brebis sur les épaules 11 est presque toujours e deux arbres sur chacun Is est perUie un oiseau.

e sentiment du lele satisfait, e mêlée d amour qui rese sont la Iradiclonseï ible duteite de samt Luc t Et quand il a retrouve sa brebis il la charge sur ses épaules plein de joie ■ Nous ne saunons mettre ious les yeui du lecteur rien d aubsi parfait eu ce genre qu une statue le marbre blanc qui se conserve au musée du Lalran. L antiquité na rien produit de plus beau.

' "^ Nous trouvons dans des mo-

numents d'Afrique un type dilférent. Ici le Bon- Pasteur ne porte pas la brebis bur ses épaules, mais il la serre sur sa poilrineavec le bras gauche, tandis que de la main droite il lient le vase pas-

i — PAST

toral (T. Annuaire arcliiologique de la promet ât Conttanline, 18b6-57, pi. i). t^lle manim de iwrler la brebis rappelle cel hémislicliedeTilnille (Eleg. i.i.n. 12):

Non litnsrHe siïi.- Deicrlum otiliLa n

«pfllï

La figure est tirée d'un curieui sarcophage ilécciiverl à Collo (Chul]u|.

5' Quîind le Bon-Pasteur chargé de la brebis H seul (lioltari. 562). ou simplement accomplie de son chien (Bollari. xcvii), avec ou sans le piéwii. il se dirige vers la bergerie après avoir acrorapli heureusement son voyage. Alors on aperçoit dans le lointaiii le (u^rtum, près duquel deui brebis couchées semblent attendre avec inquiéludf le r^ tour du pasteur (Bollari. tcvin.—Coslidoni.J'Hrf-. ap.Calogera. t. ili. p. 515).

C° Nais quand enlin il est près d'atteindre le but, lu Bon-Pasteur n'est plus seul : autour de Ini se presse le troupeau, repri'senlê toujours m nwiB par deui brebis qui élèvent vers lui leurs.yeaiJ'ec d'inexprimable» caresses ; el le retour définilif esl exprimé par un ou deux vases à lait déposés i terre et sur lesquels est appuyé le pedira, désormais inutile au berger au repos (V. Herret. toI.iu. pi. iiv. et notre art. Jfulclro).

On peut retrouver aussi tout entière, danslesdivers produits des aris tie l'antiquité chrelienne, 1j seconde parabole (Joan. i), où ie divin Hallreémimére, en se les attribuant, les qualités et les fonctions d'un bon pasieur.

l' Le pasieur debout , â moitié tourné lers li bergerie, d'où sortent des brebis, semble les appfler, et elles paraissent répondrei sa vnii (i. 5-'' < Les brebis entendent sa voii, el il appelle** propres brebis et les conduit hors de la b"!^ rie > (Bollari. im). Le lugurium, ici comme da"^ la plupart des circonstances oii le même sajel e>l reproduit, a la forme d'un temple doul la fJÇ*lf' ornéede deux colonnes, est couronnée par un fronton. Et ceci n'est pas sans une raL'on mistiqiif^ c'est que le tugurium ou bercailf st la lisi"* * l'Église. ■L'f.glise,esl-il dit dans les Cwidrl"'''»' aposloliqvei (lib. ii. cap. 57), est assimilée, nonseulement au navire, mais au bercail- »

2' Le troupeau est rendu au lieu du pàinoffel le pasieur veille sur lui avec amour; falàl debout (Perrel v. pi- lxviii), appuyé sur la Iioulelie.

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