‹ Dictionnaire des antiquités chrétiennes [microform]Chapitre 21 sur 281 · AGRO · texte numérisé non relu

AGRO

ACOLYTrS. — Le mot acolythus en latin veut dire compagnon (Daude. Hierarch. eccles. c. xii), et on croit qu'on a donné ce nom aux clercs revêtus de cet ordre mineur, parce qu'un de leurs principaux offices était d'accompagner partout les évoques et les prêtres (Duaren. De benefic. 1. i. c. 14— Allaserra. Deeccleiiat.jurisdictA. ii. c. 3).

Le pape Corneille est le premier écrivain qui fasse mention des acolytes et il en compte quarante-deux à Rome. S. Cyprien, son contemporain, parle d*un Nicéphore, acolyte {EpisL xLni).

En Afrique, les fonctions des acolytes consistaient seulement à allumer les cierges et à présenter le vin pour Teucharistie. Dans TÉglise romaine, ils furent, dès leur origine, chargés de porter non-seulement les eulogies, mais encore Feucharistie aux absents. L'acolyte Tharsitius fut lapidé par les païens pour avoir été surpris portant le corps du Sauveur (MariyroL Rom. 15 aug.) dans la ville de Rome de Tun des cimetières de TAppia, probablement de celui de Galliste (Y. de Roui Rom. S. n, p. 9).

Voici comment les acolytes exerçaient leur office à la messe (Ord. Rom. i et n. pp. 13. 14. 44. 50), du moins à Rome : quand le moment de la communion était venu, les acolytes, chacun avec un sac à la main, montaient à l'autel, les uns à droite, les autres à gauclie, avec des sous-diacres qui tenaient l'embouchure des sacs ouverte, pendant que l'archidiacre y mettait les pains consacrés pour le peuple. Cela fait, les acolytes se séparaient ; les uns portaient leurs sacs aux évèques placés à la droite du pape, s'il y en avait, et les autres présentaient les leurs aux prêtres qui étaient à gauche et à qui il appartenait de rompre les pains sur deux patènes que deux sous-diacres tenaient devant les acolytes (Bocquillot. Traité de liturgie iacrée. p. 188). Cette fonction était tellement essentielle à l'ordre des acolytes, que la remise du sac faisait partie des cérémonies de leur ordination. Mais cette cérémonie avait déjà été abrogée au temps du pape Gélase, parce qu'alors on avait supprimé l'ancienne fonction de porter Feucharistie dans des sacs, soit dans la célébration de la messe, soit ailleurs (Id. p. 151). Désormais on les voit chargés de tenir la patène et le chalumenu d'or ; ils assistaient au scrutin des catéchumènes et récitaient avec eux le symbole (Ord. Rom. TH. ap. Martène. t. iDeantiq.eccl.rit.).

Il y eut à Rome trois ordres d'acolytes : les palatins qui assistaient le pape dans le palais et la basilique de Latran ; les stationnaires qui le servaient dans les églises où les stations avaient lieu; les régionnnircs qui secondaient les diacres chacun dans sa région. Bosio (Rom sott. p. 419) donne l'épitaphe d'ABVRDANTivs, acolyte de la quatrième région, du titre de Yesti ne. Nous avons le nom d'un acolyte (victor) sur une de ces lames de métal que, depuis le règne de Constantin, on avait coutume de suspendre au cou des esclaves fugitifs. Auparavant, la loi romaine ordonnait de leur imprimer sur le front avec un fer chaud certaines lettres accusant

leur fuite (Giorgi. Demonogramm.Chriiti.p.^9). Le monogramme du Christ dont cette plaque de bronze est ornée indiquait que c'était à la Rédemption que ces malheureux étaient redevables de ce premier adoucissement à leur sort, prélude d'une émancipation ultérieure et complète.

Il y eut plus tard à Rome un archiacolyte, au rapport du cardinal Benno (Vit. S. Greg. vu) et de Luitprand (L. vi. Hist. c. 6). Pour le costume des acolytes, V. la gravure de l'art. Ordra mineurs.

ACROSTICHE. — C'est une espèce de jeu de mots ou de combinaison poétique consistant à former un nom ou à exprimer une pensée par les initiales d'un certain nombre de vers, lues de haut en bas.

Le premier et le plus important des acrostiches chrétiens est celui que donne le mot ixerc, poiuon^ mot que la primitive Église avait adopté comme l'expression arcane du nom de Jésus-Christ, de ses deux natures, de sa filiation divine et de sa qualité de Sauveur (V. l'art. Poisson).

Ir,9«'j{ —

Jeêiu — Jésus.

Xpi9TÔ; —

ChrUius — Christ.

«lOJ —

Dei — De Dieu.

rcô? —

FiliuB — Fils.

Salvaior ~~ Sauveur

(îet acrostiche fut reproduit par l'auteur inconnu des nouveaux livres sibyllins, qui datent, selon toute apparence, de l'an 170 ou 180 après Jésus-Christ. 11 fut retrouvé le 25 juin 1839 sur un marbre grec chrétien, dans un polyandre de Saint-Pierre l'Estrier, près d'Autun, cimetière que S. Grégoire de Tours avait connu et dont il fait mention dans son livre De gloria confessorum (c. Lxxni). Ce monument, infiniment précieux sous plus d'un rapport, fut dès l'abord publié par M. l'abbé Pitra, devenu depuis bénédictin de Solesmes et enfin cardinal, qui en donna une première leçon dans les Annales de philosophie chrétienne (t. XIX. p. 195).

Les sigles ixerc sont aussi inscrites verticalement en tète d'une épifaphe latine plus anciennement connue, du recueil de Fabretti (p. 32^) ; mais ici elles restent isolées, sans entrer dans la composition des premiers mots de chaque ligne de Finscription ; le tiUdus d'Aschandeus d'Autun est le seul de tous ceux qu'on a jusqu'ici découverts qui présente l'acrostiche ixerc proprement dit.

Il parait que, dans les premiers siècles, on aimait, par un motif de piété sans doute, à écrire en acrosticlie le nom de Notre-Seigneur, dans des pièces de vers en son honneur, ef ceux des martyrs et des autres Saints dans les épitaplies gravées sur leurs tombeaux. Le pape S. Damase s'exerça souvent à ce genre de composition. On lui attribue deux acrostiches sur le saint nom de Jésus (Carm. IV et v) ; nous citons le premier pour exemple :

I n rébus tantis Trina conjunctio mundi E rigit humanum sensum laudare venuste : S ola salus nobis, et mundi surama potestas V enit peccati nodum dissolvere fruciu, S umma salus cunctis nituit per sscula terris.

ACRO

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