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PATE

il joue delà syrinx au milieu de ses brebis paissant; tantôt assis et dans une attitude paisible (Bottari. uviii), il les contemple en silence : « Je suis le Boa-Pasteur, je connais mes brebis et mes brebis me connaissent. » (Joan. ibid, i-4.) Quelquefois, incliné sur le pedum, le pasteur bénit ou caresse de la main ses brebis échelonnées sur la pente de la montagne (Bott. cxxxi). Scènes charmantes que Fortunat a si bien dépeintes dans ces vers (0pp. pars. i. lib. 2. cap. 13) :

SfiIIicitDS, qaemquam ne deToret ira luporum

Colligit ad caulas pastor opimus oves.

As>i(luis inonitis ad pascua sa Isa vocaliis,

Grex Tocem agnoscens, currit amore sequax.

( Craignant que l'une d'elles ne devienne la proie de la. fureur (les loups, le Bon-Pasteur rassemble ses tirebis dans la l^nrerie. — appelé par d'incessantes exhortations aux gns pâturages, le troupeau, reconnaissant sa voix, accourt arec amour à la suite du pasteur. »

Voici, d'après Bf . De' Rossi (Bull. 69, juin), une médaille de dévotion où se trouve représentée d'une manière aussi complète que possible une de ces gracieuses scènes pastorales, tout à fait dans le goût et le style des meilleures sculptures des sar~ cophages du troisième siècle. Le pasteur, appuyé

sur son bâton ou sa houlette, veille avec sollicitude sur son troupeau échelonné sur le penchant <icla montagne ; le chien est aux pieds du maître ^t >e retourne vers lui, comme pour attendre ses ordres.

Sur certains sarcophages , le Sauveur, toujours ^ berger, est au milieu de ses douze apôtres, lesquels ont chacun une brebis à leurs pieds. Mais une circonstiàncé importante à signaler, et qui ne l'a pmais été, que nous sachions, c*est que, à la droiie du divin Pasteur, est une brebis plus grande que les autres et à laquelle il prodigue ses caresses. Or celte brebis est celle qui correspond à celui des apôlres dans lequel il est aisé de reconnaître le type traditionnel de S. Pierre.

Ces représentations des douze apôtres groupés autour du Bon-Pasteur avaient pour but (Allegranza. OpuK, p. 177) de fournir une image du zèle avec lequel les pasteurs des âmes devaient exercer leur ministère de paix et de miséricorde (V. pour plus amples détails notre Élude archéoL sur Vagneau et l^Bon-PasleuTy p. 56-88). Le Bon-Pasteur se trouve assez fréquemment représenté au milieu des em-

blèmes des quatre saisons (V. Boldetti. p. 466. — Bottari. t. i. en tête de la préface, et tav. lv. — Buonarr. Veirù p. i. etc.). On pense que c'est pour indiquer sa constante sollicitude à paître ses brebis, en différents lieux et de diverses manières, selon la convenance des saisons (V. Tart. Saisons).

PASTOPHORIA. — Le cardinal Bona pense que c^était la même chose que les secretaria, dans les basiliques anciennes. Et en effet, le texte des Constitutions apostoliques (ii. 57) semble donner raison au savant titurgiste : ex utraque parte pasto* phoria, i^ txsTipttv Tûv^uptdvTraaToçopta. Mais Bingham donne à ce nom une signification plus étendue, et prétend que les pastophona comprenaient non-seulement le diaconicum et le scevophylacium (Y. ces mots), mais encore les logements de tous les ministres et gardiens de Téglise, appelés paramonarii, mansionarii et martyrarii (V. ces mots).

PATÈNE. — La patène est un des vases sacrés qui ont été employés de toute antiquité dans le ministère des autels (Paoli. De patena argent. Forocomeliensi. c. i. seqq.). Elle est ainsi appelée du latin patere^ à raison de sa forme ouverte et aplatie, vas laie païens, dit S. Isidore de Séville (Orig. 1. XX. c. 4). L'usage de ce vase remonte aux premiers siècles de l'Église, bien que le Livre pontifical (cap. xvi) semble en attribuer Tinvention à S. Zéphyrin.

La matière des patènes était la même que celle des calices (V. l'art. Calice). Il y avait des patènes dites minisierialesy plus grandes que celle dont se servait le prêtre, parce qu'elles étaient destinées à recevoir les pains consacrés qu'on distribuait au peuple. Il y en avait d'autres appelées clinsmaies, parce qu'on y renfermait le saint chrême pour la baptême et la confirmation; mais celles-ci étaient concaves. Le livre ponlilical dit de S. Sylvestre qu'il offrit une patène chrismale en argent : patenam chrismalem argenteam ohiulit (In Sylv.), On voit dans les trésors des églises des patènes d'une grande dimension qui ont servi d'ornement aux autels. Les plus anciennes sont décorées d'im«ges et de figures symboliques. Jean Diacre (Vit. S. Athanas. episc. NeapoL) en mentionne une où était représentée la face de Notre-Seigneur avec des anges à Tenlour. Boldetti (p. lyi) en donne une autre où sont retracées les figures de S. Pierre et de S. Paul. Jean Palrizzi a composé, en 1706, une savante dissertation sur la patène dont se servait S. Pierre Chrysologue, et au centre de laquelle on voit un agneau avec une croix et d'autres symboles.

On découvrit à Cologne en 1864 les débris d'une patène de verre tout enrichie de petits disques de même matière, représentant, dans letir ensemble, un certain nombre de sujets chrétiens. Celte espèce de patène dut être commune dans les premiers siècles, si l'on en juge par la quantité considérable de ces petits médaillons aiyourd'hui

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