‹ Dictionnaire des antiquités chrétiennes [microform]Chapitre 217 sur 281 · PATH · texte numérisé non relu

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de Thomas Ganter (Anvers, 1582). Dans les éditions qui suivirent celle-ci, llinucius Félix fut séparé d'Arnobe; celle de F. Baudouin (Leyde, 1659) est un travail précieux renfermant des corrections et des remarques critiques, ainsi que de courtes explications. Celle de Fulvius Ursinus (Rome, 1585) est dédiée au pape Grégoire XIU. Les éditions qui suivirent, furent celles d*Anvers, 1586, 1604: la première avec quelques observations, la seconde avec des notes de Stewecliius ; celle d'Elmenhorst (Hanovre, 1605, 1610), la dernière beaucoup plus complète et meilleure; ceile-ci fut contrefaite à Cologne, en 160i. Celle d'Elmenhorst avait été précédée par une bonne édition, accompagnée de commentaires précieux, publiée par Hérault (Paris, *1605). L*édilion d'Anvers deSlewechius fut réimprimée à Douni, 1654, avec des notes de Léandre de Saint-Martin. Claude Saumaise surpassa tous ceux qui Ta vaient précédé en zèle et en jugement, en exécution riche et savante. Son édition, qui parut à Leyde en 1651, renferme aussi les coinmentciires d'Elmenhorst, Hérault et autres. 11 en préparait une seconde, lorsqu'il mourut, en 1652. Les premières feuilles sont insérées dans les œuvres de S Cyprien, de Priorius (Paris, 1666). Le texte de l'édition de Leyde se retrouve aussi chez Galland, t. ui, p. 154 sq., avec des notes choisies. Oberthur, qui adopta Tédition de Canter, y ajouta beaucoup de corrections d'après Saumaise (Wurtzbourg, 1785). Enfin Orelli a consacré son beau talent à Ariiobe, qu*il a rangé parmi les classiques latins. Son édition, où peut-être la philologie tient trop de place et dont l'exécution n'est pas Irés-brillante, a paru à Leipsick, en 1816, et en deux volumes, dont le second renferme le commentaire. On trouve encore Arnobe dans la Bibliothèque des Pères (Paris, 1659, t. i du supplément, Cologne, 1618, t. m, et Lyon, 1677,1. ni). (Mœhl. H. p. 541.)

56" Laclance, disciple d' Arnobe, païen de naissance, selon toute probabilité, embrassa le christianisme plus lard, mais sans dont» avant la persécution de Dioctétien (Inslit. v. 4). Il enseigna la rhétorique à Nicomédie ^Hieron. Calai. clxx\j et fut précepteur de Crispus, puis de Constantin. On croit qu'il mourut à un âge très-avancé, à Trêves, peu après son élève, mis à mort en 525. Laclance surpassa par la pureté du style et l'élégance de l'expression tous les Pères de l'ancienne Église, et il fut surnommé le Cicéron chrétien.

Voici les ouvrages de lui qui nous restent : !• De opificio Dei. Le sujet de la dissertation est l'organisation de la nature humaine, et il s'efforce de suppléer à ce qui manque dans les écrits de Cicéron sur la môme matière. — 2* Inslilulionum divinarum libri VIII, apologie très -ample de la religion chrétienne, où l'auteur se propose de ramener sur la voie de la vérité ceux qui s'en étaient éloignés et d'y raffermir ceux qui y étaient encore. Le premier livre est intitulé : De falia religione ; le second : De origine errorit; le troisième : De faUa sapienlia ; le quatrième : De vera iapientia ;

le cinquième : De juslilia; le sixième : De tm cullu; le septième : De nia beaia. — 3' Epitom initiiulionem ad Peniadium, C'est un abrégé de l'ouvrage précédent, fait par Lactanoe lui-même (ilieron. Catat.c. lxxx).— 4' De ira Dei, traité destiné à concilier la justice de Dieu avec sa bonté, conciliation que n'ont jamais su faire ni la philosophie grecque, ni la gnose. — 5* De morU ;»«•«cutortim. Son but est de démontrer historiquement la vérité de la religion chrétienne par la fin tragique de ceux qui ont persécuté l'Église de Jésus-Christ. L'ouvrage se termine par la mort de l'impératrire Valérie et le rétablissement de la paix de rÉgli<e. ce qui désigne Tan 314.

Ouvrages perdus : Symponon, poème en vers hexamètres des jeunes années de I^ctance. — S. Jérôme parle d'un IHnéraire d'Afrique à Nicomédie, également en vers hexamètres. Huit liTre> de lettres, dont quatre à Probus, deux à Sévère et deai à Uemetrius, traitent la plupart de géographie et de philosophie (Hieron. loc. laud.).

Ouvrages supposés : un poème De Phœnice, un autre De Pascha^ enfin celui De patsione Domini.

Éditions. — Aucun Père de l'Église n a été imprimé aussi souvent que Lactance. Sur près de c-'nt douze éditions qu'il a eues, nous ne poufODs noter que les plus remarquables. La première e>i celle de Pannarz et Schweinheim, imprimée en 1 405 dans le Monaslerium Sublacense ; puisa Rû.ne en 1463, 1470, 1474, et neuf fois à Venise entre lt> années 1471 et 1498. Celles-ci furent suines de lédition augmentée d'iflgid. Delphi (Paris, 1500. 1509, 1515, et Cologne 1506). Eu attendant, IWrhasius donna à Venise, en 1509, une nouvel» édition un peu plus complète que les précédent; Tiiccius en publia une à Florence en lôl5. pI £gnatius une à Venise en 1515. L'édition deCr-tander de Bâle, 1521, 1524, 1552, est semblabis à celles-là pour le contenu. Celle de Fasiteliu< (Venise, 1555), réimprimée à Lyon enl5U,15itV avec quelques additions de Masure. etenfinàPari>. 1561 , ne vaut pas beaucoup mieux. Celle de Biiulejus, 1565, est bonne, mais un peu trop burclur gée. L'édition publiée par Thomasius, é^êqu-^tif Lérida, à Anvers, 1570, 1587, à Paris. 15S9,^ ôistingue surtout par une critique attentive et soigiut ; celle deCujas (Lyon. 1587 ; Cologne, 1615;Geiu''^e. 1615) a moins de valeur. Celle d'Issus (Césén?. 1646) se place non -seulement avec av<mla;e à côté des précédentes, mais les surpasse même m''J> plusieurs rapports. Le texte est précédé de dissertations et de remarques historiques et critiques ; elle a été réimprimée à Rome eu 1650. Calée publia une autre édition à Leyde, 1060. Celle de Thomas Spark (Oxford, 1684} s'accorde en geneiil avec le texte de Thomasius eld'Isaeus; le livre w morte perseculorum s'y trouve pour la preroi^^ fois. Cellarius donna en 1698 une nouvelle édition augmentée d'un grand nombre de remarques critiques ; elle fut réimprimée avec des correctioB? par Walch à Leipsik, en 1715. Heumann de Oottingue la réimprima aussi'en 1736, avec quelqa«

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augmentations peu importantes. Celle de Buneman (Uipsick, 1759, 2 vol.; Halle, 1 764) surpassa toutes It's précédentes par Texactitude et l'esprit de critique. VEpUome in$iitutionum s*y trouve complété par le fragment découvert par Plaff, et le loul est enrichi d'un grand nombre de notes choisies dans les éditions précédentes. Celle de Le Brun et Lenglet-Dufresnoy (Paris, 1748, S vol.) est encore meilleure, et excellente sous tous les rapports. Enfin, la plus complète de toutes fut publiée à Rome. 1755-1760, par Edouard S. Xav. Galland, t. IV, a pris pour base de son travail la dernière édilion de Paris, qui a été aussi suivie par Ober- Ihur (Wurtzbourg 1 784, 2 vol.) et par Téditeur des Deux-Ponis, t798. — • Divers ouvrages détachés de Lactance ont été publiés séparément, comme le De morte persec. par le iNourry (Paris, 1710) et Laclanlii epitame irutii. de Pfaff (Paris, 1712) par Davisius (Cambridge, 171 8. etc.). (Mœhl. ii, p. 558.) PosT-scBiPTDM. — La littérature chrétienne de relte époque se complète par un certain nombre d'écrits apocryphes, auxquels nous devons consacrer quelques lignes.

Ces écrits peuvent se diviser en deux classes : ceux qui furent composés par des membres de l'Église catholique, et ceux qui eurent pour auteurs des hérétiques.

Première classe. — Ce sont des évangiles qui ne contiennent rien de contraire aux doctrines ni aux faits exposés dans le canon du P^iouveau Testament, mais qui y ajoutent des détails destinés soit à inculquer plus vivement les dogmes, soit à édifier le lecteur, soit enfin à remplir des lacunes qui se trouvent dans Thistoire évangélique. — 1* Evangelium Piicodemis, ouvrage composé en hébreu, puis traduit en grec par Ananias, au temps de Théodose et de Valentinien. Ce n'est guère qu'un récit détaillé et dramatique de la passion du Sauveur et de sa descente aux enfers. Sa tendance est apologétique, et a pour but de prouver, par la suite de Tinstruction criminelle et par les œuvres des princes des prêtres, que Jésus-Christ était réellement Fils de Dieu et Dieu lui-même. — 2" Hisioria Josephi fabri lignarii. Cet évangile, écrit en syriaque, existe encore en arabe. C'est le récit que -Ni>tre-Seigneur est censé faire à ses disciples, sur le nnont des Oliviers, de la vie de S. Joseph. — 3* Evangelium infaniiœJesu. C'est un récit de la vie (ie Jésub-Christ depuis sa naissance jusqu'à son Voyage à Jérusalem à l'âge de douze ans. — ••• Proto-evangelium Jacobi minons. Le sujet de ^e\ui-€i est la naissance de Marie, le choix qui est Vail d'elle pour être la mère du Rédempteur, son mariage avec le charpentier Joseph, et la naissance du Sauveur, jusqu'au massacre des Innocents à Bethléem. — 5' Evangelium Thomœ hraelitœ. Il prend l'histoire de l'enfant Jésus à sa cinquième ^nnée et la poursuit jusqu'au voyage à Jérusalem. ^ 6* Anaphora Pilati. Il dut exister un rapport ^dressé par Pilateâ Tibère au sujet du jugement et ^e la mort de Jésus-Christ. C'était l'usage constant d<îs gouverneurs de provinces dans les cas analogues

(Justin. Apol, u 48. -- TertuUien, ApoL xn). Mais ces Acia Pilati sont depuis longtemps perdus, et c est leur souvenir qui inspira à quelques chrétiens l'idée d'y suppléer, et la relation que nous avons offre tous les signes de la supposition.

Éditions. — Le premier qui ait fait un recueil de ces écrits apocryphes, est Michel Neander, dans l'ouvrage Apocrypha seu narrationes de Christo, Maria, Joseph, paru à Bàle en 1545 et 1567. Le recueil de Nicolas Glaser (Hambourg, 1614) est moins riche; on y trouve peu de chose sur les apocryphes proprement dits, mais, en revanche, beaucoup de témoignages extérieurs au sujet de Jésus-Christ. L'Orthodoxographie de Hérold (Bâle, 1555) contient plus de matières, ainsi que les Monum. SS. PP. orthodox. de Grynœus (Bàle, 1569) et de la Barre (UUt. christ, vet. PP. Paris, 1585). Tous ces éditeurs furent de beaucoup surpassés en zèle, en instruction et en talent par Alb. Fabricius. Son Codex apocryphusNov. Testam. parut à Hambourg, 1703 et 1709, en 2 vol. in-8, avec un troisième volume supplémentaire en 1719 et 1745. I^es Pseudo-epigrapha du Nouveau Testament y sont représentés avec beaucoup de soin, tant en entier que par fragments, et l'éditeur y a réuni quelques autres ouvrages, tels que \ePasteur d'Uermas. Nous ne devons pas omettre un livre anglais : A new and full melhod of seitling the canonical autoriiy of the New Testament, by the Rev, Jerem. Zone»- (Oxford, 1798,5 vol.), dont le premier contient des fragments, et le second des ouvrages de ce genre qui nous ont été conservés entiers. Le recueil le plus récent, mais dont malheureusement le premier volume a seul paru, est celui de Tliilo, Codex apocryph. Nov. Testam. (Leipsick. 1822).

Deuxième classe. — 1" Les livres sibyllins. Le nom de sibylle remonte à la plus haute antiquité grecque et se trouve à toutes les époques de cette histoire. Dès les premiers temps de Rome jusque bien avant dans les temps chrétiens, mais surtout jusqu'à la fin du troisième siècle, on attacha aux oracles des sybilles une grande importance politique et religieuse (V. Particle spécial que nous avons consacré à cette matière).

Éditions. — La première édition des livres sibyllins fut publiée par Xyste Bétulejus, d'après un manuscrit d'Augsbourg, à Bàle, en 1545, in-8, chez Oporinus, et une seconde en 1555, in-8% dans la même ville, chez Castaglio, avec sa version latine assez faible et quelques corrections critiques; puis le texte dans VOrthodoxographie (Bàle, 1555,1569). L'édition deParis, 1566, ne contient que letexte grec, d'après Bétulejus. Jean Opsopée, muni de sources plus riches (trois nouveaux mss), disposa une nouvelle édition (Paris, 1589, 1599, 1607, in-8«), grec et latin, avec beaucoup de notes très-bien faites et d'éclaircissements historiques du texte. On en trouve une réimpression dans la Biblioth. vet. PP. de la Bigne, t. vni. L'éditeur suivant, Servat. Gallaeus (Amsterdam, 1689, in-4*), collationna, à la vérité, le texte avec un nouveau manuscrit et essaya d'expliquer différents passages ; mais son travail ne

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