RiGANFREDVS LEVITA (DjaCI'e), 5. ^VILIBUIVS LEVITA
11 y a ici en surcharge put, ce qui suppose que ce diacre renouvela son pèlerinage après son élévation à Tordre de prêtrise. 6. memeto loct dne sacdotis MEi. Memenlo loci. Domine, êacerdoiis mei, peutêtre pour sacerdotii mei (souvenez-vous. Seigneur , du lieu de mon sacerdoce^ c'est-à-dire du troupeau gui m'est conpi':). 7. vioales iterg prentis; c'est aussi la commémoration d'une seconde visite : Yidalis itero prœsentis, le génitif du nom Vidalis i>ous-enlend le mot signum, 8. ademv^dd -|- dei- DORA -|-, ce sont probablement les signatures de deux époux qui avaient fait ensemble le pèlerinage de Minerve. Voici le fac-similé de ces signalurei :
M. Tabbé Barges a publié un intéressant autel découvert dans les environs d'Auriol et qui porte aussi des inscriptions cursives (V. notre arl. AuUl),.
On voit au musée lapidaire de Lyon Tépitaplie (Tun marchand nommé agapvs, laquelle, au nombre de ses vertus, signale surtout l'assiduité à visiter les sépultures des Saints, loca sônvii AnsEDrE (De Boissieu. Inscr, aniiq. de Lyon. p. 5!)3>. Ln passage de S. Paulin (Epist. ad Delphin. \\\] établit l'antiquité de Tusage qui veut qu*à certaines époques les évéques se rendent ad limina apoilolorum : Romœ cdm solemhi cosscetodikc ad bcalorum apostolorum limina venissemut,
PÉNITENCE CANONIQUE. — I. - Pendant les premiers siècles, TËglise infligeait aux pénitents trois espèces de peines. Ceux qui n'éUien! coupables que de fautes relativement moins gra\e> étaient simplement privés du droit d'oblation daib l'Église (V. Tart. Oblation); ils ne pouvaieutni apporter leurs oiïrandes à Tautel, ni participer à la sainte eucharistie. Cliez les Latins, celte [leiiie s'appelait « séparation » , ségrégation et chez ie^ Grecs elle était désignée par un mot équiraleiil. dif6ptopi.o;.
Les pécheurs du second degré, tombés dau^ <lcs fautes plus considérables, se voyaient non-seuieroent privés de la communion, mais exclus de l'assemblée des fidèles ; il leur était interdit d assister à la liturgie.
£nfm, ceux qui, coupables de crimes capitaux,
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y avaient persévéré, étaient tout à fait chassés de 1 Église, et leur nom était effacé de la liste des fidèles.
La méthode en usage pour l'imposition de ces différents degrés de pénitence se trouve tracée en détail dans les Constitutions apostoliques (I. n. c. 12 seqq.). Voici les principaux traits de cette discipime : L'évèque chassait les coupables do
l'église; mais dés qu'ils éUient hors du liea ml les diacres, prenant en pitié leur position, leuf offraient leurs bons ofGces auprès de lévéïu^^ Celui-ci, faisant droit à la prière de ses miniàirvj permettait aux pénitents de rentrer, eimmi s'ils étaient animés de repentir et dignes dHr^ admis de nouveau dans Té^'Use. Dans le cas deU»flrmalive, il leur imposait un jeune de deux, iroJ-s
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cinq ou sept semaines, selon Tespéce et la gravité deleurs fautes, et ensuite il les renvoyait absous. Mais si, après trois monitions faites par Tévèque, le chrétien coupable de quelque grand crime refusait de se soumettre à la pénitence canonique, il était des lors regardé t comme un païen et un publicain, > et Tévêque ne Tadmettait plus à l'égiise comme un chrétien (Const. apost. . xvi. 37. 58).
Celte sé?érité de TÉglise n'était point sans tempérament : si le pécheur ainsi exclu manifestait du repentir de ses fautes, on lui permettait de fréquenter Téglise au rang des catéchumènes du premier degré (V. Fart. Catéchuménat)^ et ensuite 1 evéque l'admettait dans la classe des pénitents {M. 59). Et encore, pendant que durait leur exclusion de l'église, ces pécheurs n'étaient point complètement séparés de la communion des fidèles ; au contraire, les Cotutilutions apostoliques font à œui-ci un devoir de les fréquenter, de les consoler, de les soutenir, de les encourager par de bonnes paroles (/h'd. «40): tant les pasteurs avaient à c€Dur leur résipiscence, guidés qu'ils étaient par le précepte du Seigneur ! • Je ne veux pas la mort du pécheur, mais qu'il se convertisse et qu'il vive (Ezech. xTin. 52). • Nous avons dans Tertullien {Âplog, xxxix) la trace trcs-reconnaissable de ces trois espèces de peines, a Dans nos assemblées, dit-il, ont lieu des exhortations, des châtiments et une censure divine, » exhorlationes^ castigationes , el ceniura divina.
Jusque-là la pénitence, quant à sa gravité et à sa durée, était à peu près livrée à la disposition des éréques; et il serait plus exact de l'appeler pu^/t^iie que canonique. Ce n'est qu'au troisième siècle que I Église se vit forcée de soumettre celte matière à une législation régulière, afin de repousser les erreurs mises en circulation par Novatus, prêtre de rfglise d'Afrique, et Novatianus, diacre de celle de Rome, et consistant à nier le pouvoir qu*a l'Église de remettre les péchés.
£lle établit alors quatre degrés de pénitence : 1* ::pci9x}v%tj9tv, flelum, fl les pleurs; • 2* àwdam*, oudilionem, « l'audition; » 3* Ottowtwow, substraiionem, t la prostration; » 4' enfin, aû(jT«<riv, contutentianij « la consistance. » Les pénitents de la première classe étaient donc les pleurants, ceux de la seconde les écoutants y ceux de la troisième /es prosternés^ ceux de la quatrième les consis" tants.
Voici, d'après S. Basile expliqué par Hermopolus (Cf. Pelliccia. EccL polit, u. p. 145), le rôle assigné à chacune de ces classes de pénitents. Pleurant, celui qui se tient hors de l'église et prie ceux qui entrent dans le lieu saint d'offrir pour lui leurs prières; écoutant , celui qui se tient dans le narthex (Y. ce mot), sauf le temps de l'instruction qu'il lui est permis d'aller entendre dans l'intérieur de l'église; prosterné, celui qui, dans l'église, se tient derrière l'ambon (V. ce mot) el sort avec ceux des catéchumènes qui portent le même nom; consistant, celui qui prie avec les fidèles, mais ne
peut être admis aux sacrements qu'après avoir subi intégralement cette dernière épreuve (Y. les art. Catéchumènes, Libelles des martyrs, Excommunication). On trouvera dans les canon istes, ainsi que dans les ouvrages de^Bingham, Pelliccia, Selvaggio, les détails que ne comporte point le but de ce Dictionnaire.
Quant à la place qu'occupait dans les églises chacune des classes de pénitents, on s'en rendra un compte exact en examinant les plans*expliqués qui accompagnent les articles Atrium el Basili" ques.
La pénitence canonique n'eut que des applications très-restreintes ; dans le principe, elle ne fut infligée que pour trois espèces de crimes : Tidolâtrie, l'adultère et l'homicide (Petav. De pœnit, 1. vn. c. 22); et encore toutes les classes de personnes n'y étaient pas siiyettes. Ainsi, à raison des graves inconvénients qui auraient pu s'ensuivre, les membres supérieurs du clergé en étaient exempts, quelquefois aussi les femmes, les jeunes gens, les personnes mariées, si ce n'est du consentement réciproque du mari et de la femme (Concil. Arelat. n. can. 81): Pœnitentiam conjttgatis nonnisi ex consensu dandam (Ibid, xi. 13).
En outre, la pénitence canonique n'était applicable qu'à des crimes publics, et nul ne pouvait y être soumis sans avoir été d'abord appelé en jugement et juridiquement convaincu. C'est ce que S. Augustin affirme en plusieurs endroits (Serm, cccu. c. 4. n. 10). Ajoutons que la pénitence canonique n'était universelle qu'à un degré limité : le [premier concile de Nicée est le seul qui ait fait trois canons pénitentiaux de cette nature, pour les apostats et idolâtrants. Depuis lors aucun concile œcuménique n'en a promulgué: aussi sur ce point de discipline régna-t-il toujours beaucoup de variété, ce qui fait le plus grand honneur à la prudence et à la sagesse de l'Église; chaque évêque, ou synode ou Ëglise particulière appliqua plus ou moins les rigueurs de la pénitence canonique, selon les temps, les lieux et les personnes, à telle ou telle espèce de crime public, et sachant tempérer ces peines quand il le fallait, comme elle le fait encore quant aux cas réservés, dans le for de la conscience.
il. — Réconciliation des pénitents. Le temps fixé pour la pénitence canonique étant écoulé, si le pécheur donnait des garanties suffisantes de son repentir, de sorte qu'on pût le croire digne de rentrer dans la communion des fidèles, on procédait alors à sa réconciliation.
1* Au commencement, le droit de réconcilier les pénitents était réservé à l'évèque. Cependant, si le pécheur se trouvait en danger de mort, aijus exitus urgere cœperit, S. Cyprien (Epist. xui) reconnaît ce pouvoir au prêtre, et, à son défaut, au diacre même. Cette doctrine est consacrée par le trente-deuxième canon du concile d'Elvire. Chez les Grecs, les diacres ne jouirent jamais d'une telle concession. Il faut néanmoins distinguer entre la réconciliation publique et la réconcilia-
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tion privée. Quand il s*agissait d*iin pénitent in exitu posito, te prêtre, en Tabsence de l'évèque ou par son ordre, allait trouver le malade, et le réconciliait sans solennité dans la maison où il était retenu; mais dans aucun cas il ne lui était permis de réconcilier publiquement dans Téglise (Concil. Hiipalj II. — Agaih, xliv. — Cf. Pell. iWd.), pouvoir exclusivement attribué à Tévèque par les canons, et que le pape S. Léon (Epist. Lxxxvnii), au cinquième siècle, refusait même aux chorévèques (Y. ce mot). Ce n*est qu'au début du moyen âge que les évêques commencèrent à déléguer aux simples prêtres la fonction de la réconciliation publique (Capitul. reg. Franc, 1. vu. c. 143), et dés le neuvième siècle nous voyons que les curés étaient en possession de ce droit pour leurs paroisses.
^^ Chez les Orientaux, la cérémonie de la'réconciliation des pénilents avait lieu le vendredi, ou le samedi de la semaine sainte. Ainsi, dans leur lettre d'appel au concile de Chalcédoine contre la sentence d'excommunication dont ils avaient été frappés par Eutychès, les moines se plaignent « de ce qu'on avait laissé passer et le jour salutaire de la passion, et la nuit sainte, et la fête de la résurrection, époques où les SS. Pères avaient coutume de remettre aux pécheurs les peines encourues par eux, sans qu'ils eussent été relevés de leur excommunication, t Pour ce qui est du samedi saint, nous avons le témoignage de S. Grégoire de Nysse (Epist. ad LaL). « 11 est juste, dit ce Père, qu'en ce jour nous ramenions à Dieu, non-seulement ceux qui sont transformés par la régénération, mais aussi ceux qui, par la pénitence, rentrent dans la voie de la vie. »
En Occident, c'était le jeudi saint, témoin S. Cyprien; et, pour le cinquième siècle, le pape Innocent \" atteste qu'il en était ainsi dans l'Église romaine (EpiiL i. c. 7) : Quinla feria ante Paicha et» remittendûm Romanœ Ecclesiœ cornueiudo demonsirat. Cependant l'Église de Milan et celles d'Espagne avaient adopté, sur ce point de discipline, la pratique des Orientaux (V. Pellic. ibid. p. 195).
3° C'était pendant la solennité de la messe que, dans rÉi;lise d'Orient comme dans celle d'Occident, révoque réconciliait les pénitents. S. Ambroise, en constatant cette discipline, en assigne la raison (De pœniL 1. ii. 3) : n Toutes les fois que les péchés sont pardonnes, nous prenons le sacrement du corps du Sauveur, pour montrer que c'est par la vertu de son sang que la rémission des péchés est accordée, t Les conciles, entre autres le deuxième de Carlhage (can. ni), interdisent aux simples prêtres reconciliare quemquam in publica miêsa; S. Léon (loc, laud.) applique à ce cas spécial la défense faite par lui aux chorévèques, publice quidem in missa quemquam pœnitentem reconciliare. On ne sait pas au juste à quel moment de la liturgie était lixée celte cérémonie. Les uns supposent (Optât. Milev. 1. ii. Contr. Donat.)qvLe c'était avant la récitation de l'Oraison dominicale, d'au- '
très après l'homélie de révêque (TertuU. Depudtc, xiv), d'autres avant l'offrande (Saeramentar. a Petay. edit.). Ceci parait avoir été l'usage des Églises de la Gaule ; un ordre romain (In Bibliolh. PP.) porte que c'était avant le commencement de la messe. U reste prouvé du moins que la réconciliation avait lieu à la messe, et il en était de même chez les Grecs, comme Tattesteot leurs livres liturgiques, et en particulier Teucologe édité par Goar.
•4* Les rites de cette réconciliation sont curieux à connaître. L'évêque était assisté de son cler^Y dans cette importante opération (Cyprian. Episl. i etxi). fl Le jeudi saint (Capitul. reg. France. 52i, les pénitents publics, dans la cendre et leciiice. se rendaient en présence de l'évêque, la componction sur le visage, prottralo vultu. » Entrés dans l'église, ils s'arrêtaient derrière l'ambon, dans b nef du milieu. Alors l'évêque se rendait du presbytère au chœur du clergé et montait à l'ambon. Le diacre s'approchait de lui et lui adressait ces paroles (Ex. iaciMment. Gregor. in cap. feria. v) : • Voici, 6 vénérable pontife, le temps de la miséricorde, le jour de la propiliation divine et du salut des hommes... • Adeêt, o venerabilù poutifex, tempuê acceptum, die$ propitiationii dima et êalutis humanœ.... Suit une longue prière au prélat de réconcilier les pénitents dont les sentiments de repentir paraissaient dans tout leur eiUrieur. Alors l'archidiacre ajoutait ceci : t Kî'inlégrez en eux, pontife apostolique, tout ce que l'influence du démon y a corrompu, et, grâc^* aux mérites de vos efticaces prières, rapprocliez cet homme de Dieu, par la grâce de la réconciliation divine, afin que celui qui auparavant se dépiaisii: dans ses péchés, se félicite maintenant déplaire au Seigneur dans la région des vivants, après m\t vaincu l'auteur de la mort.... » Ut qui anlea in êuiê delictis sibi displiccbatj nunc jam placere it Domino in regione vivorum, devicto mortis audore. gratnletur.
Après cette allocution, l'évêque récitait trois uti sept oraisons pour implorer la miséricorde dirinc sur les pénitents ; et il leur imposait les mains du haut de l'ambon, ce qui était comme la formule sacramentelle de la réconciliation.
Ln fait remarquable de pénitence publique t^l attesté par une inscription de l'an 520, trouva j Lyon en 1857, et que publie M. de6oissicu(Ai/i4^' son autely son amphithéâtre, ses martyrs, p. ^''>- La voici dans son langage barbare :
15 HOC TTHTLO REQTHSCET BO HAE MEHORU CAltl'SA HELIGIO SA QTi E6IT PEXBTCNTIAM ANRVS TIGENTl ET DVOS ET VISE
IM PAce Âsnys se\age\tx qvi
KQVe OmCT DUE llll fiALB^OG TVDRS RVSTIAlfO ET TITALIASO T CL.
In hoc iumulo requiescit bonœ memriœCay^ religiosa, quœ egit pœniUntiam annot riginûfi duos, et vixit in pace annos sexaginta qutnqa^- Obiit die xiu calcndas octohrU, Rustiano et i'^^'
PENT
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liano nrit claristimU coMulibus. L*épithéte de religietue donnée à cette Carma^ épithète qui n'est pas sans exemple sur les marbres, à partir du siiiéme siècle surtout [religioêa fœtnina)^ semble attester qu'elle fui du nombre de ces pieux fidèles qui se condamnaient volontairement à la pénitence, par esprit d*humilité (V. Part. Examologèie), et 1 épreuve qu elle subit ne dura pas moins du tiers de sa rie, vingt-deux ans sur soixanle-cinq.
PENTECOTE. — I. — Dans Tanliquité, le Dom de Pentecôte était tantôt employé dans un sens plus étendu, pour désigner tout Tintervalle de cinquante jours qui sépare la fête de Pâques de celle del.i Pentecôte; tantôt il s'appliquait strictement à la fête de la descente de TEsprit-Saint. Tertullien a deux passages fort remarquables où la première de ces deux acceptions est clairement consacrée. Nous lisons d*abord dans son traité Sur Vidoldirie (c. xiv) : • Chez les païens, chaque fête ne prend qu'un jour de Tannée. Vous, au contraire, chrétiens, vous avez les octaves. Bien plus , prenez toutes les solennités des gentils, et ajoutez-les à la suite les unes des autres, vous ne trouverez pas de quoi remplir une Pentecôte, • c'est-4-dire une fêle de cinquante jours. Nous trouvons ailleurs ces paroles non moins signiticatives : « Pâques est le jour le plus solennel pour le baptême ; mais la Pentecôte a, pour disposer les bains sacrés, tout l'espace de temps pendant lequel la résurrection du Seigneur a été fréquentée parmi les disciples (pendant lequel le ressuscité est demeuré parmi ses disciples) et la grâce du Saint-Esprit leur a été accordée. » Le vingt-huitième canon apostolique et le vingtième canon du concile d'Antioche font mention de la quatrième semaine de la Pentecôte, ce qui revient absolumenlà la même doctrine. 11 en e>t de même de la loi de Tliéodoso le Jeune, où la Pentecôte est appelée Quinquagésime, ce qui veut dire fête de cinquante jours {Cod, Theod. 1. xv. lit. 0. De ipect. lex 5).
11. — Les usages et pratiques qui s'observaient pendant ces cinquante jours, peuvent se réduire à trois points principaux.
1** Lecture et méditation des Actes des apôtres. Célail le plus essentiel exercice proposé aux fidèles pendant ces saints jours : plusieurs endroits des œuvres de S. Chrysostome en oii'rent la preuve, ^ais il est une des homélies de ce Père (Homil. uni) qui vient directement à la question ; car elle a pour titre : « Pourquoi les Actes sont-ils lus pendant la Pentecôte? » S. Chrysostome répond que, pour chaque solennité, a lieu dans FÉgliiie la lecture des passages de TEcriture qui s'y rapportent. Ainsi, le jour de la Passion, c'est tout ce qui regarde la croix; le samedi saint, c'est-à-dire la veille de Pâques, ce sont les textes où sont racontées les circonstances de la trahison, du crucifiement, de la mort et de la sépulture ; enfin, le jour de Pâques, on lit le récit de la résurrection.
Mais il semble que celle règle n'est pas suivie
pour les jours de la Pentecôte ; car TÉglise lit alors les Actes, où sont relatés les miracles que les apôtres n'ont opérés qu'après la descente du Saint- Esprit. S. Chrysostome répond que les miracles racontés dans ce livre étaient la démonstration de la résurrection du Sauveur, et que c'était par conséquent pour conGrmer les fid !'les dans la foi à ce grand mystère, qu'on mettait sous leurs yeux le récit de ces prodiges aussitôt après les solennités de la croix et surtout de la résurrection dont ils étaient la preuve.
Du reste, l'usage dont il est ici question est établi par les écrits de plusieurs autres Pères, par ceux de S. Augustin (Tract, vi In Joan.) et de Cassien notamment (InstU. 1. n. c. 6). Le quatrième concile de Tolède (iv. xvi), tenu sur la fin du sixième siècle, olTre à cet égard un nouveau témoignage.
2** Interdiction du jeûne et de la prière à genoux, comme au jour de dimanche. Pendant ces cinquante jours, l'Église était toute à la joie de la résurrection du Sauveur ; ses chants étaient des chants d'allégresse, VUalleluiah! retentissait dans tous les oflices. Cest pour cela qu'elle ne voulait pas que le jeune et les prostrations, qui sont des œuvres de pénitence et des démonstrations de deuil, vinssent se mêler à ces fêtes.
Qu'il en ait été' ainsi dès les premiers temps, c'est ce qui ressort du témoignage de Tertullien (De coron, m), et de celui de S. Épiphane (Expo* sit. fid, xxii) que nous avons cités ailleurs (Y.
l'art. Prih'e fut érigée en
Attitude de la]), Et cette coutume oi de l'Église par le concile de Nicée (can. xx) : « Comme il se trouve des personnes, disent les Pères de cette sainte assemblée, qui fléchissent le genou le jour de dimanche et aussi aux jours de la Pentecôte, il a paru bon au saint concile, afin que l'uniformité règne à cet égard dans toutes les Églises, que tous, en ces jours, se tiennent debout pour offrir à Dieu leur prière. »
Il ne parait pas néanmoins que toutes les Églises aient adopté cette discipline, ou du moins qu'elles l'aient observée aussi exactement pendant le temps de la Pentecôte qu'aux jours de dimanche. S. Augustin témoigne du moins que l'universalité de la pratique ne lui est pas complètement démontrée (Epist. cix. Ad Januar.) : Ut stantes in illis diebus (Pentecostalibus) et omnibus dominicis oremus, utrum ubique observelur, ignoro. Cassien (Collât, xx. 11) est plus alïirmatif, et dit formellement que cette règle n'est pas admise dans les monastères de Syrie, bien qu'elle fût religieusement observée en Egypte, contrée toute voisine.
5* Relâche des spectacles, des jeux du théâtre et du cirque. Tous ces divertissements et autres du même genre furent interdits par Théodose le Jeune (Cod. 1. xv. tit. 5. De spect lex 5), pendant toute la durée de la Pentecôte. Et les motifs assignés à une telle sévérité par ce pieux prince sont dignes d'être connus. C'est que ce temps est consacré à une plus solennelle adoration, où les es-
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prits des chrétiens doivent être plus appliqués au culte de Dieu, ainsi qu'à I.i commémoration des miracles opérés par les apôtres en confirmation de rÉvangjle.
3iais cette interdiction qui frappait les plaieirs mondains ne s*étendait point aux actions juridiques, ni à l'administration de la justice, et moins encore au travail des mains, toutes choses qui, à raison de leur nécessité, n'admettent pas, sans de graves inconvénients, une interruption prolongée. Aussi S. Augustin, dans le dix-neuviéme des sermons qu*a édités le P. Sirmond, a-t-il pu dire en Toctave de Pâques: * Les jours (ériés sont passés, voici venir ceux des conventions, des affaires et des litiges. » On a cru voir une contradiction à cette doctrine dans les Constilutions apostoliques qui mettent la Pentecôte nu nombre des jours où les artisans et les serviteurs doivent cesser leurs travaux ; mais il s'agit ici de la fête même de la Pentecôte entendue dans son sens le plus étroit (Const. apost. vni. 35): In Peniecoste ferientur oh Spirilus Sancii advenium us qui in Chrisium cre" diderint.
On voit que, prise dans son sens le plus étendu, la Pentecôte embrasse la fête de l'Ascension (V, l'art. Ascension).
m. — Le terme de cette longue solennité était la fête proprement ou strictement dite de la Pentecôte, c'est-à-dire la commémoration du jour de la descente de i*£sprit-Saint, dies Spiritus Sancti, x[i.i^oL nvc6|^aT6u, « le jour de TEsprit, » comme rappelle S. Grégoire de Nazianze (Orat, xlvi. De Pent,). Nous avons déjà vu que cette fête est d'origine apostolique, d'après l'opinion généralement admise. Ce qu'il y a de bien ccrtam du moins, c'est qu'elle se célébrait du temps d'Origéne, car il en parle dans son livre Contre Celse, comme Tertullien en avait déjà parlé (De idoIoL xiv), ainsi que S. Irénée (De Paschate).
Le nom de Pentecôte avait déjà été adopté par les Juifs, qui, eux aussi, célébraient solennellement le cinquantième jour après Pâques, soit en mémoire de la loi qui leur avait été donnée sur le Sinai. soit à cause de la cueillette des fruits.
Dès les premiers temps, la fête de la Pentecôte fui célébrée avec une grande solennité. Partout elle était précédée d'un jeûne, dont le rit différait peu, au commencement, de celui qui était en usage le samedi saint. En effet, à la sixième heure de la nuit qui précédait la fête de la Pentecôte, les fîdèles se réunissaient à l'église, ainsi que les catéchumènes (Augustin. Serm, ccxxvn. Adinfant,), auxquels l'évèque administrait le baptême pendant cette nuit. On commençait par la lecture des leçons pour l'institution des catéchumènes; venaient ensuite les litanies, qui étaient au nombre de trois, comme le samedi saint. Puis on bénissait le cierge avec le chant de ÏExultety auquel on ajoutait certaines formules spéciales à cette nuit. Et enûn, les fonts étant bénis, les catéchumènes étaient baptisés. Toute cette discipline nous est révélée par les plus anciens sacramentaires et en
particulier, pour notre Gaule, par un missel de Tours et un de Chartres de l'an 700, et un ancien pontifical de PÉglise de Besançon, qu'on peut voir dans Narténe.
La multiplicité des cérémonies qui avaient lieu dans la nuit de la Pentecôte explique pourquoi la liturgie de la psalmodie y était fort abrégée^ el se bornait aux trois leçons mentionnées plus haut et à trois psaumes.
Voilà pour les offices de la nuit.
Le matin, avant le commencement de la liturgie mystique, on chantait sur un ton solennel h psalmodie de l'heure de tierce, qui est celle où le Saint-Esprit descendit sur les apôtres. C est en mémoire des langues de feu que l'usage s'établit au moyen âge de faire tomber dans l'église une pluie de fleurs pendant tierce, et môme de légères particules d'étoupe enflammées.
PENULA. — C'était un vêlement rond, femk' de toute part, ?auf une ouverture pour passer la tête. Tertullien (Apolog. vi) en attribue l'invenlion aux Lacédémoniens ; mais elle fut surtout eu usage chez les Romains, qui lui donnèrent son nom, ou qui plutôt modifièrent le nom grec çawî).x; enpenula ou penola (V. Doni. De utraque penula,z\i suite de l'ouvrage de Rubenius De re testiaria. p. 318). Les Gaulois la portaient aussi, comuie on le voit dans un grand nombre de statues trouvées dans les Gaules (Id. p. 522). Li penula était un habit d'hiver destiné à préserver de la pluie et du froid, et on s'en servait surtout dans les spectacles, où, comme on sait, le peuple était exposé 3 toutes les injures de l'air (Cicero. Ad Altic. nu - Juvenal. Sat, v. etc.).
Dans le calendier de Valentin(CfBottari, 1.
p. 125), le mois de décembre est figuré par un jeune homme vêtu de la penula pour se préserver de la pluie, représentée par la statue de Jupiter Pluvius près de laquelle est placé ce jeune homme. Voici une sculpture du Vatican qui peut donner une idée juste de ce qu'était la pentda à son étal primitif.
On portait la penula en voyage, et on sait que S. Paul (2 Timoih, iv. 15), qui voyageait beaucoup, en faisait usage. S. Pierre, S. Paul et S. Laurent sont représentés avec des penulœde ce genre, bien qu'un peu taillées en pointe sur le devant, dans on verre antique publié par Buonarruoti (lav. xn. 2). On donne quelquefois à la Ste Vierge mepenula tout à fait semblable à la planète ou chasuble antique. On en peut voir un exemple dans un iîoire cité à notre ;irticle Vierge (la Ste). C'était aussi l'habit des cultivateurs, des bergers, des chasseurs;
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rimage du Itoii-Pasteiir, dans les monuments chrétiens, en esl i peu près toujours revêtue ; on la remarque aussi absolument dans la même forme, c'e^l-à-dire très-courte, à peu prés semblable à la mosetle de nos évèqups, sur les épaules de dednii chasseurs, au rcTOra d'une médaille de Caraulla (Ap- Bott. i. 305),
Sous la république et les premiers Césars, \npemla était de laine grossière, et quelquoruis de cuir, auquel cas elle s'appriait teorlea, et c'était dtns le principe un vêtement très-lourd, et qui fut inlenlilaui femmes par Sévère- Alexandre (L.tmprkle). ¥ous Domilien, la penula commraifa à remplacer la loge, en dépit de la désapprobation des iMmmes graves et ennemis de la nouveauté, qui allaient jusqu'à mettre ce cliangement de costume ail nombre des causes de la corruption de l'éloquence, parce que les étroites proportions de la pe- •ula ravorisaienl infiniment moins que l'ampleur de la loge les nioA%*emenls oratoires {De causa cornpt. eloq. lira).
Hais alors on employa à la conreclion des pemilœ des étoffes précieuses, on leur donna plus d'ampleur et de largeur. On a un exemple de celte mode nouvelle dans deux ligures publiées |)arDrsali(J/on«ni.riifaii. p. 233 ap. Boit.) et qui seraient, selon cet auteur, celles de deux de ces migblrats que les Romains appelaienta|ipiiJ(oj-et. Dm lors il y eut deux espèces de penulie, celles du peuple, courtes et grossières ; celles des sénnleurs et des gens de condition, amples et ricites elqui, (latlant j usques sur les pieds, furent pour cela appelées pifiiiéfM- Une loi de Gratien, ValenlinienetTliéodose, publiée en 58â(Buonarr. p. t08), permet l'usage de ces dernières auxcbefs militaires, mais en même temps elle dispose qu'à celles des sénateurs seront cousues des bandes de pourpre. Il parait que, pour plus grande commodité, on )r praliqua à. une certaine époque deux ouvertures l.itérales pour passer les bras. Cette dernière circunstance se fait remarquer sur une statue du musée du Capitule, et dans une autre de la villa Borgliése.
iùns les peintures des dmelîères clirétiens de
Rome (Aringbi. u. p. 105 et alibi), on rencontre wuvent des f^res velues de penuUe ornées de
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ces bandes de pourpre, ornement mentionné du reste par S. Eucher(L. n AdSahn. Biblioih. PP. I. VI. p. 850) et Sedulius {la. 2 Tim. Bibliotii. PP. VI. 578). En voici un exemple. La figure est tirée d'une fresque du cjmeliére des Saints-Uarcellincl-Pierre (Bosio. p. 577).
Ces pénules devinrent communes aux deux sexes, et les femmes de condition y ajoutèrent des broderies et autres ornements d'une grande richesse. Dans une mosaïque de Uavenne (Ciampini. Vel. monim. t. h. lab. xxii) où esl représentée l'impéralrice Théodora entrant dans Valrium de l'église avec un vase qu'elle va offrir, les femmes de la suite de celte princesse portent des penulie qui peuvent donner une idée de celte mugniOcence. On comprend que c'est là, et non dans les
penulie de voyage, que se trouve l'origine des planètes ou chasublet eccléïiasiiqucs (V. l'art. Chasuble. V. aussi la planche de l'art. Prière [Attitudes de lu]).
PERISTEUIUH. — V. l'art. Colombe euchariùtique.
PERRUQUES. — Boldetti rapporte (p. 207) que, dans le tombeau d'une chrétienne anonyme et à laquelle il donne le litre de martyre, au cimetière de Sainle-Cyriaque, il trouva une perruque disposée en tresses et placée encore sur la tète de la défunte. Klle était de lin, et teinte de façon à imiter la couleur des cheveux que nous appelons châtains.
L'usage et l'abus des faux cheveux dans l'antiquité profane est fort connu. Martial et iuvénal {Sat. V. vers. 120 ei alibi) ont exercé leur verve satirique aux dè|>ens des femmes qui prétendaient se rajeunir par ce moyen, ■ renfermant leur tête dans une espèce de fourreau, • quasi vagiaam capilit, et des hommes qui cliangeaîent de couleur selon les saisons, oudes fieillardsqui croyaient tromper la Parque par leur chevelure blonde. ■ Ces perruques, confectionnées par des artistes que le mèmeJuvénat appelle itnicloreseapillalarœ, étaient fort grossière.' i elles se composaient de cheveux teints et collés ensemble. Rien n'est plus ridicule que la peinture que fait Lampride de la perruque de l'empereur Commode. Elle était pou-