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mda). Dans l*étage supérieur, on voit, au milieu des infirmes, le paralytique déjà guéri emportant son grabat, et Notre-Seigueur le bénissant; en bas, au coDiraire, c'est un paralytique encore étendu sur le sien : il tient sa main sur sa tête en signe de douleur et parait implorer de loin la bonté du Sauveur. Ce malade est sans doute celui qui depuis Ireolehuit ans attendait en vain une main secourablepourle précipiter dans la piscine au moment favorable (Joan. v. 5). Son lit est orné d'une draperie pendante du genre de celle que les anciens appelaient slragulum ou siragula (Valla. Elégant, Hng. Latin. \i. 46. — Cf. Boltari. i. 165). Au fond de In scène est figuré un portique de trois arcs soutenus par des colonnes. Le texte sacré dit qu'il y avait cinq portiques (Joan. ▼. 5), et Quaresme rapporte que, de son temps, deux des arcs de la partie occidentale étaient encore debout (Hist. krrœ sanciœ iv. 9. — Cf. Bott. ibiiL). Il existe au musée de Vienne (Isère) un fragment de sarcophage où Ton croit reconnaître aussi la piscine probatique (Y. Le Blant. Insci . chrétiennes de la Gaule, ii. 141).
PL4NTES DE PIEDS sur les tombeaux cHBÉiiEss. — C'est là un hiéroglyphe rare et curieui, sur le sens duquel les antiquaires ne sont pas d'accord. Le plus souvent ces empreintes de pas sont dirigées dans le même sens, quelquefois cependant elles vont en sens contraire (Fnbretti. p. 472) ; d'autres fois il s'en trouve deux allant dans une direction, et deux dans une direction opposée (L-jpi. EpiCapli, Sev. p. 68) ; cntln, on ren-
contre, bien que plus rarement, des pieds vus de [TofiJ (Id. p. 70). Nous ne saurions entrer ici dans
le détail de toutes les explications qui ont été proposées de ce symbole (V. Pelliccia. Polit, eccles. ni. 22;)), nous nous contenterons d'indiquer celles jui nous paraissent les plus plausibles.
i" On a pensé d'abord que ces plantes de pieds mprimées sur des pierres sépulcrales étaient desinêes à marquer la possession, ou l'inaliénabilité lu tombeau {Posse$sio, pedis positio), d'après cet idage des anciens : Quicquid pes tuut calcaverit, uum erit, « tout ce que ton pied aura foulé sera loi. » Un grand nombre de sceaux antiques, avec ?squels on marquait une chose comme sienne, ffectent celte forme de plante de pied (V. un
sceau de cette espèce à Tart. Anneaux). Plusieurs antiquaires (Y. Lupi. ibid, 69) donnent une inscription qui semble confirmer cette première interprétation; la voici : qvie unae, avec deux pieds derrière lesquels ces sigles : n. d. Lupi a lu : qvie^' lANAB Hic hormienlis; Pelliccia (Ibid. 227) au contraire interprète le deux sigles par uœres Donavit, ou nœrede* uonavetunt, formule de possession qui n'est pas rare sur les marbres antiques. Chez les Hébreux, une cession de droit n'était censée parfaite que si le cédant avait ôté sa chaussure pour la livrer au cessiounaire(i{tt(^. v. 2).
2* Pelliccia (Ibid, 226) a imaginé une seconde explication assez ingénieuse. Ayant observé que, chez les Grecs, les pieds étaient pris pour le signe ou le symbole d'une chose perdue, si bien que du mot ncO;, pied, ils ont formé le verbe irc<^ay, qui, selon les interprètes, signifie « être pris d'un grand regret d'une chose perdue », il suppose qu'en gravant sur les tombeaux des empreintes de pieds, les anciens ont voulu exprimer la douleur qu'ils éprouvaient de la perte des leurs. L'opinion de l'abbé Cavedoni au sujet des plantes de pieds dessinées de profil ne s'éloigne pas beaucoup de celle-là : il pense qu elles expriment une idée de vénération et de singulière affection envers les morts, et que les parenls et amis venaient les baiser comme représentant les pieds de ceux qu'ils pleuraient. Ainsi Madeleine ne se lassait pas de baiser les pieds de Jésus, après les avoir arrosés de ses larmes (Cavedoni. Rugguaglio di monum. délie art. Crist. p. 40).
5* Le P. Lupi (Ibid.) rappelle que chez les païens les pierres qui portaient de ces images de pieds étaient des monuments votifs à l'occasion d'un heureux retour après un long et périlleux voyage; en sorte que ces plantes de pieds, qui semblent aller et revenir, auraient été l'expression équivalente de cette fonnule, qui se lit asspz fréquemment sur les marbres antiques : salvos. ire. SALvos. redire; ou de cette autre : pro. itv. ac. REDiTv. FELici (Lupi. op. laud. p. 69), et le docte jésuite conclut que les fidèles s'emparèrent de celte idéo, comme de tant d'autres, pour en faire fallégorie du voyage de la vie heureusement et saintement accompli (V. l'art. Pèlerinages). Cette explication puise une grande probabilité dans la formule in deo qui quelquefois accompagne les plantes de pieds (Boldetti. p. 419), et qui reviendrait à dire Obiit, ou Decessit in Deo, formule calquée sur celte phrase de la Bible : Ambulavit in Deo (Gènes, v. 24).
POISSON (symbole). — De tous les symboles de la primitive Église, aucun ne fut d'un usage plus vulgaire ni plus universel que le poisson. II est employé comme métaphore, dans le discours, par les SS. Pères et les autres écrivains ecclésiastiques, figuré comme formule arcane sur les monuments de toute nature, soit par l'inscription de son nom grec, ixevc, soit par son image peinte, I gravée ou sculptée, soit enfm par la réunion du nom
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et deTimage, comme sur ce curieux anneau trouvé prés de Rome (De' Rossi. BulL 1873. pi. it. v), et où le poisson luj-mème tient lieu de Tinitiale i du mot ixeYC. On comprend donc qu'il ne s'agit ici,
ni de ces poissons qui, à diverses époques, durent entrer, pour la fidélité historique, dans la représentation de certains faits êvangéliques, ni de ceux que les artistes ont placés dans leurs compositions diverses comme simples motifs d'ornementation; mais bien, et uniquement, du poisson isolé, retracé, dans une intention symbolique, sous l'empire de la discipline du secret, particulièrement sur les tombeaux et les pierres annulaires, par les chrétiens des quatre premiers siècles (V. De' Rossi. De Christ, monum. ix©tk exhibent in t. II Spicil. Solesm,) Or, dans la pensée de nos pères, ce symbole eut une double application : au Christ et au chrétien.
I. — Soit hasard, soit disposition providentielle, il se trouve que le mot grec ixevc, qui signifie poisson, fournit les initiales des cinq mots ^r<ocû;, XpioTÔ;, Bs^û, Tto;, ZuTnip, soit, en français, jÉfus CHRIST FILS DE PIEU sAovFXR. Comment et par qui celle énigme fut-elle découverte î C'est ce qu'il serait difficile de dire : on suppose qu'elle put venir d'Alexandrie, où quelques chrétiens, ayant cherché de bonne heure à substituer un nouvel acro* stiche à ceux qui, au témoignage de Cicéron (De di" vin. II. 54), formaient les sutures des vers attribués aux sibylles, en auront surpris les éléments dans ce mot mystérieux. Des livres, Hx^u; énigmatique aurait passé dans le langage vulgaire des premiers chrétiens; et il est certain que, dès le deuxième siècle, le sens en était familier aux fidèles, puisque S. Clément d'Alexandrie, qui leur recommande de faire graver sur leurs sceaux l'image du poisson (Pœdag. m. 106), s'abstient de leur en expliquer le motif. Nous le savons du reste positivement par le témoignage de l'auteur africain anonyme du livre De promisêion. et benedict. Dei (ii. 59) : "ix^v, latine piscem^ iacns lilteris^ majores nostri inlerprelati sunl hoc ex sibyllinis versibus colligenles; « l'interprétation de I'ix^j;, ou poisson, nos pères Font tirée des vers sibyllins, » et il nous plaît de reproduire l'explication si claire que S. Augustin donne de l'acrostiche {De civit. Dei xviii. 25) : « Des cinq mots grecs qui sont tn^cù?, XpiaTÔ;, 0«cD, Yîi;, ïw-nip, si vous réunissez les premières lettres, vous aurez ixerc, poisson, dans lequel nom le Christ est désigné mystiquement. »
IJuoi qu'il en soit, la découverte, peut-être fortuite, d'un mot qui se prêtait si merveilleusement
à exprimer le nom de Jésus-Christ, ses deux na^ tures, sa qualité de Sauveur, dût être une Téritable révélation ; et on comprend que, s'emparant d'une donnée si féconde, les SS. Pères durent donner carrière à leur imagin<ition et k leur piété, pour rechercher dans la nature même du poisson des analogies avec les différents attributs du Rédempteur des hommes. Et, partant de cette supposition que TixoTC fut avant tout employé comme énigme, nous nous figurons que IVre des interprétations symboliques ne o'ouvrit que postérieurement. Ces interprétations sont nombreuses dans les textes anciens; nous nous bornerons à indiquer rapidement les plus dignes d'attention.
r^e Christ est appelé poisson :
1* Parce qu*il est homme. Dans le langage figuré de l'Écriture et de la primitive Église, la vie présente est une mer : U bique mare sœculumkgirim, dit S. Optât (m. p. 68) ; et, selnn S. Arabroise (L. IV In Luc. v), les hommes sont des poissons qui nagent dans cette mer : pisces qui hanc emngant vitam» Un pieux pèlerin des premiers siècles inscrivait cette prière sur une des parois de h crypte des papes martyrs au cimetière de Calliste: « Demandez que Yerecundus avec les siens accomplisse heureusement sa navigation, bene navigei. « Donc, en revêtant notre nature, le Verbe est devenu poisson comme nous; • il a daigné être caché dans les eaux du genre humain, il a voulu être pris au lacet de notre mort (Greg. Magn. Homiliar. in Ef. 1. II. Homil. xxiv), i Ipse enim lalere dignaiut eH in aquis generis humant, capi voluU laqueo mrtit nostrœ. Aussi, mis en demeure de payer limp^, Notre-Seigneur veut-il que la petite pièce de monnaie qui doit y pourvoir se trouve dans la biwche d'un poisson, afin que, le poisson étant le s?mbole de son humanité, ixevc, in quo it erat qtû Iropct piscis appellatur (Origen. In Matih. homii \uj. 10), il lût bien entendu qu'il payait le cens, non pas en tant que Fils de Dieu (les rois n'eiigent pas l'impôt de leurs fils [Matth. xvii. 24]), maisen tant qu'homme.
2" Parce qu'il est Sauveur. Le poisson pAché par le jeune Tobie dans le Tigre, pour délivrer Sara du démon et rendre la vue à Tobie le père, offrait une analogie frappante avec le Sauveur qui, par l'éclat de sa divine doctrine, lire le monde de ténèbres où il était plongé, et, par la vertu de sa croix, terrasse le démon jusque-là maître de la terre. Les SS. Pères n'ont eu garde de négligera» ingénieux rapprochements, et nous avons choisi parmi beaucoup d'autres Texplication de S. Optai de Milève (L. m. Àdv. Parmen. c. 2). A propos do tribut payé par Jésus-Christ, l'anonyme africain (loc. laud.) dit que le poisson porteur dudidntchma est l'image du Christ s'ofTranl roisfo.^ pourk salut du monde entier, toti se offerens wn»*' Vôuv. C'est à ce même titre de victime qu'on l'assimile encore aux poissons frits qu il 5«*^^ à sept de ses disciples sur les bords de \i vnf^ de Tibériade, car, dit S. Grégoire, dont nous com; piétons ici la citation, c lui aussi fut comme i^'
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par la Iribulalion au temps de sa p.nssion, ■ ^ii' Iriiulaiione attattu tempoi-e paitioait êute. Jlém^ id^e dansS. Auguslin (Tracl, «ini h Joan.] : lU poisson rril. c'esl lu ChrisI, i piicii auut Chiiliu eil. Et le vén. Bédé (fn cap. «i Joan.] résumajil la doctrine des anciens, en a fait un aphorisme qui depuis est resté dans la langue archéologique : PUcù attiu, Chritlut eil pattui, • le poisson frit, c'est le Clirisl soulTranl ! » L'éiique Sévérin (V. ap. Bollari. t. m p. 50) ffoil recannailre une image analogue dans les deui poissons avec lesquels Noire-Seigneur ras- 9!ia dnq mille personnes dans le désert. > Venons donc, dil-il, au roi des anjéliques plialanges. et ncus retrouverons dans les poissons la spiriluelle victime, le Sauveur, le i'rêlre. » On a m que l'acrosliche ixeïC se rapporte à cet ordre d'Idées, puisqu'il représente le Chri.-t dans sa quiNlé éminenle de FihdeDieu Sauveur!
•Vous ne possédons qu'un seul exemple de la reproduction intégrale de Tixerc comme acrostiche proprement dit : il est fourni par un nuriire grec chrétien, trouvé il y a quelques annm dans un poiyandre d'Autun (V, l'arl. AcroiMt). Partout ailleurs il ne tigure que comme cliilTre ou lessère : c'est-à-dire que les si^les n«TC sont simplement écrits liorizontalement «tiljle ou i [a lin de l'inscription : ou bien si elles sont superposées verticalement (V. Fabrelti. JJ!)p, les lettres restent isolées, et sans entrer aucunement dans la composition des premiers toolsde chacune des lignes du iilulu*, avec lequel cite ne peuvent même se combiner, caries seules épiiaplies ornées de ce chiffre qui nous soient parvenues sont latines, tandis que le mot poisso:* «t écril en grec ; tel est le marbre d'EviBEBion ;Falir«IIi. ibidi : le mol iistc s'y trouve écrit deui fois, horizontalement en tèle du tilulii», et 'erlicalement en télé des cinq lignes dont il se compose. Une sixième lettre est ajoutée, c'est on ■■ qui s'interprète par «ikà, vince : c'est «ne acclamation de victoire au Fih dt Dieu Sau-
Une pierre tumulaire des catacombes, aujourd'hui au musée Kircher, produit ce symbole avec un véritable luxe de circonstances intéressantes : une ancre j est gravée entre deui poissons, et (es emblèmes sont surmontés de l'inscription i\8rc zuTTai), piieiâ viventium, ce qui revient à flire; Jésus-ChrisI, Fila de Dieu, Sauveur ries vi- •ants. ■ L'ancre exprime ici une ferme espérance dans le Dieu Rédempteur représenté par le poii- •oa, et l'association de cei deux symboles, association qui »e reproduit très-fréquemment sur tes marbres (De' Rossi. ixerc. index iiucr. n. 47 seqq,), et presque toujours sur les pierres annulaires (Id./nt^ ai'OiU elgemm. n. 83usq. fin.), est, en hiéroglyphe, l'équivalent des acclamations écrites : spes in chriito — tpEs in deo — sru ui OEO chuisto, si communes dans les monuments primitifs. Voici une opale du musée Vettori ayant iur l'une de ses faces I'ixotc symbolique, et sur
l'autre l'ancre cruciforme (ffum. Or. exph
Mais ce sont suHout lesobjels portatifs à l'usage de la piété des premiers clirétiens. anneanx, pierres gravées, amulettes de toutes sortes et de toute maliére, i>oire, nacre de perles, émail, pierres précieuses, qui produisent letvpe du poisson dans des conditions propres à faire ressortir leur foi, leur confiance et leur amour envers le Dieu Sauveur. Tanlôt ce sont des poissons de verre on de mêlai, destinés à être suspendus au cou comme amulettes {V. Costadoni. tav. n. n et ui. 19) et dont quelques-uns portent même les acclamations les plussi;;niMcatives. Tel est un poisson de brome sur lequel est écril le mot cbcmc, »aha (Id. iv. 11), ce qui, Iiiéioglypbe et inscription réunis,
compose cette invocation : • Jésus-Christ, Fils de Dieu, sauve-nous, • ou Domine, talva no». Costadoni (xi. 3,5) donne une gemme ornée de deux poissons; avec celte inscriplion en trois lignes : i\ il cujthpII ev. On voit que c'esl la lessère ixorc, avec celte dilférence que le mot cutup. Sauveur, partout ailleurs représenlé, comme les autres mots de l'acrostiche, par son initiale c, est id écrit en toutes lettres.
Sur d'autres pierres (vn. ÏÏS), c'est la croix qui, associée au symbole du poisson, vient compléter le sens, en mettant sous les yeux l'instrument sur lequel s'est opérée la rédemption. On ne doit sans doule pas entendre autrement l'associaliun du monogramme du Christ aux sigles ixerc, circonstance intéressante que présentent des tombeaux de plomb de Saîda en Pliénicie illustrés par H. De' Rossi {Bull. 1873. p. 85), à qui nous empruntons ce des<in. Dans une représentation de la guérison du paralytique (Bollari. cicv), l'artiste a eu l'ingénieuse idée de donner au dossier du lil la forme d'un poisson; or, comme nous trouvons le même type dans une mosaïque de Saint-.\pollinaire de Havenne, nous sommes, semhle-t-il, â penser qu'il ne s'agit pas
ornement, mais que nous devons y v<
ilorisés
simple
une allo^
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sion au divin ixerc, qui se montre déjà Sauveur en guérissant les maux physiques des liommes, en attendant qu'il les rachète par l'effusion de son sang. Foggini possédait une pierre annulaire fort singulière où, d'après l'avis de quelques savants (V. Mamaclii. Origin. i. 50), serait représentée la promesse d'un rédempteur faite à Adam et à Eve après leur péché. Le serpent tentateur s'y montre avec la fatale pomme à la bouche, et nos premiers parents sont à f^enoux dans une altitude humiliée. Un personnage profondément incliné étend vers eux ses mains, comme pour les relever. Ce personnage ne serait autre que le Verbe divin, qui, reposant ses pieds sur un poisson, indique ainsi la nature humaine qu'il doit revêtir dans la plénitude des temps. Or, comme son incarnation devait apporter le salut au monde submergé dans l'erreur et le péché, on a placé à côté de ce sujet principal l'arche de Noô avec la colombe, et de plus une ancre dénotant la sécurité qui serait alors donnée à ceux qui naviguaient dans la mer tempétueuse de ce monde. Les poissons figurés sur le disque de certaines lampes d'argile (Y. Perret, iv. ix. 5 pi. xix. i) peuvent aussi faire allusion à la lumière véritable que le Christ apporta au monde par son incarnation (Joan. t. ix).
3» Parce qu'il seti fait Valimenl de Vhomme dans Veucharisiie. Étant donné que le poisson est, dans la langue parlée comme dans celle des signes, substitué à Jésus-Christ, il était naturel qu'on se servit de ce symbole pour couvrir Fadorâble mystère que l'Église primitive s'appliqua toujours à soustraire aux profanes. Manger le poisson, signilia donc se nourrir de la chair du Christ. ISous prions le lecteur de se reporter à notre article Eucharistie (n. III), où nous avons établi, soit par les textes, soit par les monuments figurés de l'antiquité chrétienne, et en particulier par les peintures récemment découvertes au cimetière de Callisle, que le poi>son avait incontestablement une signification eucharistique. Nous ajouterons seulement que lei cistes (Y. Ibid.) renfermant le pain et le vin, les deux éléments de l'eucharistie, semblent accuser en outre l'intention de présenter Notre-Seigneur dans sa qualité d'instituteur du sacrement , car le divin Poisson porte ces cistes sur son dos. comme ailleurs (Y. plus bas 0») il soutient le vaisseau de l'Église.
4* Parce qu'il est Vauteur du baptême. On cite un hiéroglyphe baptismal où un enfant est vu assis sur un poisson (V. Polidori. Pesce. part, i.) L'enfant, c'est le baptisé auquel l'Église donne la nom d'enfant nouveau-né : Quasi modo geniti infantes (premier dimanche après Pâques) ; le poisson, c'est le Christ, auteur du baptême : Pisois natus aquis^ auctor baptismatis ipse est, dit Orienlus, évêque d'Elvireou d'Auch en 450 (Cornmonit.). S. Optât de Milève avait déjà exprimé la même idée un siècle auparavant (Adv. Parmen.) : Hic est pi^cis qui in baptismate per invocationem
fontalibut undis inseritur, ut quœ aqua fueril, a pisce piscina vocitetur; ce qui veut dire que le Christ descendant invisiblement dans l'eau des fonts (V. la gravure de l'art. Eau ba^mUi la sanctifie par sa grâce et lui donne la vertu de nous purifier de la tache originelle : Chrittut est qui baptizat (Joan. i 53); et du roystérieui poisson, cette eau prend le nom de piscine. Delà vint l'usage de représenter des poissons sur les vasques baptismales et dans les baptistères en général (Y. des détails sur cet intéressant sujet à l'art. Baptistères, Yll, 2.)
5* Parce quil est le fondateur et le souUen de VÉglise, Nous ne manquons ni de textes, ni de monuments prouvant que l Église futsouYenl synribolysée par le navire ou la barque (Y. les art. Église et Navire). Ceci devient plus évident encore quand la barque repose sur le dos d'un poisson, comme, par exemple, sur une pierre annulaire illustrée par Aléandre dans l'opuscule bien connu intitulé : Nav. Eccl. réfèrent, symb. (Roms. 1626;, et dans un autre bijou que publie Ficoroni (Gemm. litler. lab. xi. 8). On comprend que le poisson n'est autre que le Christ lui-même, sur qui l'Église s'appuie pour affronter les orages.
Un sens analogue pourrait, selon nous, êlre attribué à une chaire épiscopale gravée sur une gemme antique (Saggi di dissert. deW Academ. di Cortona. t. vn. dissert. ni. n. xiu), et portant écrit sur son dossier le mot ixer pour mri. La chaire, hiéroglyphe de l'enseignement évjngt'ilique. peut facilement aussi êlre prise pour celui de l'Église (Y. cette gemme à l'art. Chaiw
H. — Le poisson symbole du chrétien, iènïîr Christ et ses apôtres étant souvent désignés s<ius le nom de pêcheurs et figurés comme tels (V. larl. Pêcheur), il devint naturel d'appeler poissons b hommes gagnés à la foi chrétienne par le divii appât de la parole. Cette appellation fut inspinc par les histoires de pêches si fréquentes dans Itvangile, et particulièrement par la pèche miraculeuse, où Noire-Seigneur a voulu mettre la réoliié à côté de ki figure (Luc. v. 4 seqq.). Monté sur li barque de Pierre, qui était l'image de son £i;li>^, le Alaîlre commence par pêcher les âmes en aiinonç^'int la bonne nouvelle à la foule qui le suivait: et aussitôt après, il fait prendre sous ses yeux, ]^[ ses apôtres, une quantité énorme de poissons, qu étaient la figure des multitudes quils de\aieHl convertir un jour; et alin qu'ils ne pusseijtJ'' méprendre sur la signification de ce miracle, i. leur annonce immédiatement que désormais »? vont être pêcheurs d'hommes.
Ailleurs (Matth. xni. 4 seqq.), le divin Mai.re. voulant faire comprendre que, parmi les bapii^^^N il s'en trouverait qui ne se tiendraient pas fermci dans la grâce de leur vocation, et que pourcotle raison, les élus seraient à la fin des temps sépare? des réprouvés, se sert encore d'une parabole eicprunlée aux usages de la pêche: quand les pêcheurs, dit-il, ont tiré li»urs filets sur le rira^^. ils rejettent dans la mer les mauvais poissons el i^
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gardent que les bons. Par ces citations auxquelles il serait aisé d*en ajouter beaucoup d'autres, on voit pourquoi les Pères, fidèles imitateurs du langage érangéiique, employaient si souvent celte figure. Dans une de ses hymnes destinées à être chantées en chœur par les fidèles, S. Clément d'Alexandrie {0pp. 1. 1. p. 312. edit. Oxon.), après avoir donné au Christ le titre de pêcheur d'hommes^ désigne sous celui de c poissons chastes ceux qui sont attirés par lui à une douce vie hors de Fonde funeste de la mer du vice. • Tertullien (De baptism, i) par respect pour le grand Poisson, le poisson par excellence qui est le Christ, appelle les chrétiens, d*un gracieux diminutif, des f petits poissons > , pUciculi: c Nous sommes de petits poissons, puisque, par notre ixerc Jésus-Christ, nous naissons dans Feau (c'est-à-dire dans le baptême), et que nous ne pouvons être sauvés qu'autant que BOUS restons dans cette eau, » c'est-à-dire, qu'autant que nous persévérons dans la grâce du sacrement.
S. Jéréme raconte d'un certain Benosus qui s'était retiré du monde pour mener une vie érémitique dans une île de la Dalmatie, que « fils du POISSON qui est le Christ, et par conséquent poisson lui-même, il cherche les lieux aqueux, aquosa petit. » S. Athanase le Sinalte, piitriarche d'Antioche, donnant aux poissons le nom de reptiles, selon les exemples qu'en fournissent les Écritures (?. Calmet. Dictionn. delà Bible, au moi Reptiles), écrit que « les baptisés sont des reptiles, péchés pour la nourriture de Dieu, par ceux qui furent autrefois pécheurs, et qui maintenant sont apôtres > {Hihlioih. PP. L i. In Hexamer.), S. Grégoire de Nazianze enseigne que, autre est la chair des oiseaux, c'est-à-dire des martyrs, qui furent baptisés dans leur sang, autre celle des poissons, auxquels Feau baptismale suffit, quibus aqua baplismatis sufficit (De resurrect, ui). Les citations pourraient devenir innombrables. Bornons-nous à la célèbre inscription d'Autun, oii le nom de poisson est non-seulement donné au Christ et à la sainte eucharistie, mais encore attribué par Pectorius à son père Ascandeus.
Dans les monuments figurés, on doit regarder comnie emblèmes des chrétiens les poissons suspendus à l'hameçon, comme sur une pierre gravée el sur un sarcophage cités à l'article Pécheur in. I), aussi bien que ceux qui sont pris dans un filet (Ibid.). On doit interpréter de même ce symbole dans un marbre put •, |~ \ f blié par Marangoni (Act.
^ S. V. p. 111) où est gravée
■ I Vs:^^ une ancre debout tigurant
I ^^C^ ""^ croix, de laquelle I* ^^^^». ^^^^^"^ ""® corde ou à ^i^ une ligne avec un pois-
son à l'extrémité. On a eu aussi l'intention de représenter les chrétiens dans les poissons qui décorent les pavés en mosaïque de quelques églises anciennes (Y. Costadoni. xi. 41), et en particulier dans ceux qui existent à la
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cathédrale de Ravenne (Montfaucon. Antiq. egcpliq, n. 370), et qui, selon Ciampini(Ké^ monim, i. p. 185), seraient du commencement du cinquième siècle. C'est absolument dans le même sens que bon nombre de marbres funéraires portent cette image du poisson conjointement avec la formule iH PAGE, celui de Léon par exemple (Boldetli. 564), celui de Pastor(lcl. 366), celui deMelitus (H. 409), ceux d'Émilius et de Priscinus : ces deux derniers monuments ont, au centre, un monogramme, vers lequel se dirige d'un cété un poisson et de l'autre une colombe (Id. 371. 453). Quelques tombeaux d'Afrique produisent le poisson dans des conditions différentes de ce que montrent les monuments de Rome et de l'Europe en général. Ainsi, sur un sarcophage de Sour-Ghozlan, il est renfermé dans des espèces de cartouches (Y.Ch.Texier. Architect. byzani., p. 35).
Souvent sur les pierres annulaires, et plus rarement sur les pierres sépulcrales, on observe une ancre accostée de deux poissons. Quant aux gemmes, il suffît d'en citer une de la dissertation de Costadoni, portant, outre le symbole, le mot pelagi en légende (v. 25), et deux qu'a publiées Munter (tab. I. nn. 1 et 2). Pour la seconde classe de monuments, nous signalerons le tombeau d'une femme du nom de maritima (Boldetti. 370), et celui d'EVTTCDiANEs (Id. 366). Les savants ne sont pas d'accord sur l'interprétation de ces deux poissons. Lupi, dans plusieurs de ses dissertations, et en particulier dans celle qui a pour objet Fépitaphe de Ste Sévère martyre (p. 64 en note), les regarde comme Femblème de Funion conjugale (Cf. Dissert, VI. part. i. p. 236). L'abbé Polidori est d'un avis contraire, et cela pour deux raisons : 1* parce que quelques-unes de ces gemmes, qui sont lettrées (ou inscrites), ne font lire qu'un seul nom ; or, dans la supposition du P. Lupi, il devrait y en avoir deux, celui du mari et celui de la femme, comme en effet cela se voit sur les vases de verre qui ont servi aux agapes nuptiales (V. Buonarruoti. Vetri. lav. xxi. 3. xxiv. 1. xxv. 2 et notre art. Agapes) ; 2* parce que Fancre entre deux poissons se trouve sur certains monuments dont la nature exclut toute idée d'union conjugale, par exemple sur le tiluhis de Maritima déjà cité, dont les termes supposent la virginité, bien plutôt que le mariage, la défunte est en effet appelée venerabilis, terme qui, dans l'antiquité, équivaut à monacus ou monaca (Du Cange. ad. voc. Venerabilis). Tout ceci s'applique également au marbre d'Eutychianes,
Quelquefois on a substitué à Fancre le monogramme ou la croix. Nous avons un exemple dt premier sujet dans Munter (I. i. n. 24) : le monument, trouvé à Tunis, se conserve en Danemark ; et un du second sur une gemme gravée dans la dissertation de Costadoni (tav. vn. 28). Polidori possédait une pierre de cet te dernière espèce. Dans
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celte dualité, Gostadoni ne voit qu'une aflaire de symétrie ; Potidori, au contraire, croit y découvrir un sens mystérieux. Selon lui, les deux poissons symbolisent les deux peuples dont la réunion forme r£glise primitive, les Juifs et les gentils : fecil utraqm unum. Il est certain que la dualité ici signalée est très-fréquemment rappelée sur les monuments antiques, soit par les deux cités typiques, Jérusalem, Ecclesia ex circumcisione, et Belûléem, Ecclesia ex geniibus (V. l'art. Église) ; soit par deux femmes, distinguées par ces mêmes inscriptions, et audessus desquelles sont représentés S. Pierre et S. Paul, chacun à la place que lui assigne sa vocation spéciale (Ciampani. Yel. monim. i. xlvhi. 191. et la gravure de notre ari. Église). Mais nous avouons que l'application des deux poissons au même mystère ne nous parait pas suflisamment motivée. Nous avons aussi quelque peine à goûter Texplication, trop ingénieuse à notre avis, que ce savant donne des gemmes où les deux poissons se trouvent placés en sens inverse Tun de l'autre.
Un monument bien voisin de Tantiquité, s'il ne lui appartient pas tout à fait, nous fournit un sujet qui n'est pas sans analogie avec ce qui précède, et qui est, croyons-nous, unique dans son genre : c'ciit l'antique porte de Saint-Zénon de Vérone, dont l'un des compartiments fait voir» entre deux arbres couverts de feuilles, deux femmes allaitant, l'une deux poissons, l'autre deux enfants. On peut voir là encore l'image des deux Églises.
Un précieux monument découvert naguère à Modène offre quelque chose de plus frappant en-
nument qui est conservé au musée Kircher. Voie une sculpture de chapiteau de la basilique de Tebessa (Algérie) où sont représentés deux poissons. Dans l'état où sont aujourd'hui les ruines de'celle
core : ce sont deux poissons, ayant entre eux sept pains croisés, dont deux sont déjà dans leur bouche (De* Rossi. Bullel. 1865.
p. 76). 11 est évident :\ue ce sont deux ûdèles. piscicidiy qui se nourissent du pain eucharistique.
La plupart des pois- ( sons portatifs dont
nous avons parlé précédemment (n. 1, 2») sont généralement regardés comme des tessères baptismales qu'on distribuait, selon un très-ancien usage, aux nouveaux chrétiens (Y. Allegranza. Opusc. erudit. p. 107), pour leur servir de gage des droits qu'ils acquéraient par le baptême, et qui étaient, selon l'observation de Terluliien, « la communication de la paix, Tappeilation de la fraternité, le rapprochement de la tessére d'hospitalité, tous droits qui ne sont point régis par un autre moyen que l'unique tradition d'un même sacrement » Prcescript, xx). L'usage de décorer de poissons les lieux où s'administrait ce sacrement découle du même principe. C'est ainsi qu'on voit deux poissons figurés dans deux belles mosaïques qu'ont données les ruines d'un antique baptistère, près de Sainte-Prisque, à Rome (Lupi. Dissert. i. 85), mo-
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église, il est difficile d'assigner la place qu'occupai ce chapiteau ; mais les indications que nous fournit M. le commandant Seriziat, qui a relevé le dessin, nous permettent de supposer qu'il couronnait une des colonnes du baptistère. Munter parle (p. 49 tab. 1. 26) d'un couvercle de vasque baptismale existant en Zélande, sur lequel sont fixés trois poissons en cuivre, disposés en forme de triangle. Bien que ce monument doive à bon droit être regardé comme appartenant au moyen âge, on peut supposer qu'il reproduit le type du médaillon qu'on distribuait aux baptisés, et que S. Zenon appelle denarium aureum tnplicis numismatis vnione ugnatum, • denier d'or marqué d'une triple empreinte > (1. 1. tract. 14. 4). MafTei estime que ce
■ — -^ —^ \ médaillon pouvaitètre
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art. 1. p. 221) ou de toute autre matière, en forme de monnaie.
recouverte d'une feuille d'or, et qu'on y imprimait quelque symbole allusif à la Trinité, au nom de laquelle le baptèmi»
s'administre. Nous au
rions donc sur le cou vercle cité par Munter, dans la triple image du poisson, le symbole des baptisés, et dans la forme du triangle le symbole de la Trinité (Y. les art. Trinité et Baptistères).
Boldetti avait trouvé dans les catacombes (^ p. 516) trois poissons de verre présentant celte circonstance intéressante qu'un chiffre est écnl sur chacun d'eux : x. xx. xxv. On sait que, dans les saintes Écritures, les nombres avaient quelquefois un sens symbolique, et plusieurs Pères se sont étudiés à en développer la valeur (V. l'art. Nombres). On peut donc conjecturer que les cliiffres écrits sur ces poissons ont aussi leur langage mystérieux. Et le sens de ce langage pourrait être uo souhait de salut éternel analogue à celui qui est exprimé en lettres grecques sur quelques poissons de bronze : gmcaic V. plus haut, n. I, 2*)' ^ '*'