POUT
leur décimale de ces nombres rappelle, en effet, un passage de S. Clément d'Alexandrie où ce Père, i propos du denier que, dans la parabole évangélique, le maître de la vigne fait distribuer à ses ouvriers, signale dans cette monnaie le symbole du salut éternel : Hoc est salutis quant ngnificat denarha (Strom. 1. iv. p. 5S0. éd. Oxon.). Par ces mois, il est à présumer que S. Clément, au lieu de la pièce de monnaie promise, veut faire allusion à sa valeur numérique» le nombre dix» nombre par/iiit, undequaqueperfedm, comme il dit ailleurs (Strom. Ti. 782), et parla même très-apte à symboliser le salut éternel, qui est la perfection, le nec plus tdtra de tout ce que le chrétien peut espérer en cette vie et posséder dans l'autre. S. Augustin fait voir qu'il est du même avis, lorsqu'il donne à la récompense qui nous est réservée en paradis, cum fuerit de $pe fada res, le nom de denarium^ et qu'il assigne pour motif à celte attribution le nombre dix, dont le mot denarium est dérivé : qui accipit nomen a numéro decem (Tract. ivH. In Joan.).
Dans une savante dissertation que nous avons plusieurs fois citée, M. De' Aossi a établi, avec cette clarté et celte érudition qui le caractérisent, que remploi de la figure du poisson ou de son nom iittTc, comme symbole ou arcane, est une praticpie à peu prés exclusivement propre aux premières époques du christianisme, et qu'après Constantin (un peu plus tôt ou un peu plus tard) cet emblème ne parait plus g^ère sur les monuments qu'à titre doniement. Le P. Secchi, dans son remarquable travail sur l'inscription d'Autun (p. 28), observe très-judicieusement que Tépoque où les chrétiens firent usage de ce symbole est précisément celle où la discipline dta secret était en vigueur. On a pu voir, en efît^, dans le cours de cet article, que les écrivains qui ont précédé Constantin, S. Clément d'Alexandrie, Origène, TertuUien, se contentent de Vind'iquer^ de renseigner, mais sans en donner l'explication ; au lieu que les autres, S. Optât de Milève, et mieux encore S. Augustin, en développent ouvertement le mystère. Le péril passé, Tarcane n^avait plus de raison d'être (V. les art. Dauphin, Pêcheur y Euchariitié).
POLY ANDRE. — V. Tart. Loculus.
PORTE. — Jésus-Christ a dit de lui-même (ioan. X. 9) : « Je suis la porte. Si quelqu'un entre par moi, il sera sauvé, et il entrera, et sortira, et trouvera des pâturages, » ego sum ostium, Per me si quis introierity salvabitur; et ingredietur^ et egredietur, et pascua inveniet. D'après cette donnée, et bien que les monuments soient rares, nul doute que les premiers dirétiens n'aient regardé la porte comme un symbole du Sauveur. Elle se trouve évidemment dans cette intention cinq fois figurée sur le sarcophage antique de l'église de Saint- Aquilin de Milan (Allegranza. Monum. ant. di Milan. tav. II). L'arc de la porte de l'antique basilique de Saint*<xeorges de la même ville fait lire, écrits des
deux côtés du monogramme du Christ, ces quatre vers qui expriment la même idée :
Janua sura vila* : precor oranes intro venile : Penne transibunt qui cœli gaudia quaeruiit. Virglnc qui natus, nuUo de pâtre creatus, Inlranles salvet, redeuntes ipse gubernet.
« Je suis la porte de la vie : je vous prie, venez tous dedaos : — Par moi passeroni ceux qui cherchent les joies du ciel. — Celui qui est né d'une vierge, engendré par aucun père, — Qii'il sauve ceux qui entrent, et qu'il gouverne aussi ceux qui ^reviennent. »
Un bas-relief antique sur bronze doré (Lupi. Dissert, e lett. i. p. 262), trouvé dans l'église de Santa-Maria délia Monterella, dans le Latium, fait voir, entre autres objets, une porte d'excellent style, sous laquelle est un agneau avec la croix, et tout autour ces paroles : Ego sum osiium, et ovile ovium, « je suis la porte et le bercail des brebis. »
Le Christ est déjà appelé dans les psaumes porte du ciel, porte du Seigneur ^ porte dejnslioe^ par laquelle les justes entreront. Et S. Augustin nous exhorte à y entrer {In psalm. xcix) : Mret grex in portas, non forts remaneat ad lupos, « que le troupeau entre dans les portes, qu'il ne re^e pas dehors, exposé aux loups. »
PORTIERS. — C'étaient les plus humbles des clercs mineurs dans l'Église primitive. Us sont appelés tour à ioiir janilor es , ostiarii, ceditui.
Ils étaient préposés, comme leur titre l'indiqué, à la garde des portes de l'église, aûn d'empêcher les païens d'y pénétrer et de veiller à ce que hommes et femmes entrassent chacun par la porte destinée à leur sexe (Y. la gravure ^e l'art. Ordres mineurs). Dans l'Église grecque, les portiers n'étaient chargés que de la porte des liommes, celle des femmes était confiée à des diaconesses. Les Constitutions apostoliques expriment nettement cette distinction (lib. vm. cap. ^) : Janitores stent ad inlroitum virorum custodietin caussa, diaconissœ vero ad mulierum. C'est donc à tort qu'on a avancé, d'une manière absolue, que cette classe de clercs n'existait que chez les Latins. S. Épiphane (Exposii. fid. n. xxi) et le concile de Laodicée (can. xxiv) prouvent que cet ordre n'était pas étranger à l'Église grecque. Une novelie ée Justinien (Nov. m. c. 1) parle des portiers comme existant à Constantinople, et en restreint le ncoibre à cent, pour les églises de la ville. Il parait certain néanmoins que l'ordre de portier ne fol jamais adopté universellement dans les Églises grecques, et qu'il ne se maintint que peu de tempe dans celles qui l'avaient reçu.
Quoi qu'il en soit, les portiers étaient encore chargés de faire ranger les pénitents et les catéchumènes à leurs places respectives, et de mamtenir le silence dans le lieu saint [Concil. Car^ thag. IV. an. 398). Us annonçaient aux fldèles le jour et l'heure des assemblées, ce qui exigeait, surtout au temps des persécutions, une grande prudence, afin que ces réunions saintes ne lussent
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PRÉD
point découvertes, ni les chrétiens signalés i Fat- (ention publique. Enfin ils araient la garde des objets appartenant à Tèglise, et remplirent souvent les fonctions de trésoriers. Ce dernier service semble avoir été le plus important, car il est le seul dont fasse mention la formule de leur ordination telle qu'elle se trouve dans le quatrième concile de Garthage (c. 9) et dans Tordre romain (Pars. u. BiblioUi, max. PP. t. un. p. 704). En remettant à l'ordin^nd les clefs de l'église (dans rÉglise latine du moins, la formule des Grecs n'est pas connue), Tévèque lui adressait ces paroles : Sic age^ quan reddilurvs Deo rationem de his rebiu, quœhis clavibtu recluduniur^ « conduis -toi comme ayant à rendre compte à Dieu des choses qui sont fermées sous ces clefs. •
Les portiers avaient leur logement dans des cellules ménagées à Pextérieur des basiliques (Bingham. vol. ui. p. t274), afm qu'ils fussent toujours prêts à exercer les fonctions de leur ordre (V. les développements que nous donnons à ce sujet à notre art. Sépultures, lY).
C'est au commencement du troisième siècle que les documents ecclésiastiques font pour la première fois mention des portiers, et le plus ancien de ces documents est une lettre du pape Corneille (Âp. Euseb. Hist. eccL vi. 43). Depuis cette époque les Pères en parlent fréquemment, entre autres S. Jéiôme (In cap. n. EpUt, ad TH.), S. Paulin (EpUt, T. ad Sev.), S. Augustin (Serm. xlt. n. 31), etc. Nous avons dans le recueil de Gruter (hlxi. C) Tépilaphe d'un vrsatios vsturivs (sic), marbre existant à Trêves. C'est, à notre connaissance, la seule mention lapidaire de l'ordre de portier.
Plt^FECTI VALETUDINARIORUM. —