‹ Dictionnaire des antiquités chrétiennes [microform]Chapitre 23 sur 281 · ACTE · texte numérisé non relu

ACTE

ceux qui nous restent est relativement restrànl, c'est que beaucoup ont péri, soit par le feu, soit par les diverses vicissitudes el révolutions que l'Église a traversées. Ainsi nous savons que, sous Uomitien, la plupart des actes des martyrs de la persécution de Kèron furent dévorés par les dummes (Baron. ;lij an. !>8. Domitiani 15). el que. près de trois siècles plus tard, les livres de l'Ëglise furent brûlés par les ordres de Diodélien.

11. Les collections qui existent ai^'ourd'huî ne sont donc à proprement parler que des lambeaux du riche trésor de la primiiive Église; elles se composent des quelques monuments qui ont providentiellement échappé aux ravages du temps, il la fureur des persécutions, et aussi â l'incurie des hommes. Notons rapidement les hommes studieux et zélés pour la tzloire de l'Église auxquels nous en sommes redevables.

F.usébe Pamphile passe pour être le premier qui ait entrepris de réunir une collection des actes des martyrs. Cependant II fut précédé dans cette noble carrière par Denys, évéque d'Alexandrie au trsisiëme siècle, lequel, au rapport d'tusèbe luimèine [Hisl. eccl. vi. 3t), avait recueilli les actes des martyrs qui avaient souffert en Egypte sous la pprsécution de Déce : ce n'était qu'une collection locale et partielle. I^usèbc au contraire en Hl deux, une universelle et une spéciale. La première embrassait les actes de tous les martyrs couronnés sousdiTérenls princes et en différents lieux; c'est ce qu'indique le titre de ci-tte collection : kfjiïm Lmp-ripuv iriti-jayi, veUrum marlyrum conpenlus. Une telle œuvre n'était pas difllcile pour Ëusèbe, qui avait eu à sa disposition les bibliothèques de toutes les principales villes, et avait pu compulser les archives de presque toutes les Églises. Son second ouvrage était un Choix de* acte» de* martyrs de la Paleiline. Le premier était déjà perdu au sixième siècle, car à celte époque Eulogius, patriarche de Gonstantinople, écrivait â S. Grégoire qu'il ne se Irouvait pas plus dans les bibliotlièques de l'Orient que dans celles de Home. Depuis lors, les invasions des Barbares dans l'empire romain avant ameni' la dévastation des plus anciennes bibliothèques, toutes les primitives collections d'actes de martyrs disparurent ; de telle sorte que ce fut un travail à recommencer au début du moyen âge : il se trouva alors de savants hommes qui ne faillirent point à cette utile lâche. C'est à un évèque de Paria du comiuencement du septième siècle, S. Céran, qu'appartient l'honneur de l'avoir tentée le premier. Et ce qu'il y a de fort singulier, c'est que cet évêque ne nous est connu que P'ir ce seul lait. 11 s'était adressa un clerc de Laiigres nommé Warnhaire pour avoir les act<^ des martyrs de la contrée habitée par celui-ci; Warnhaire lui envoya les actes des trois jumeaux de Langres, Sppusippe, Ëieusippe et Héieusippe, el ceux deS. Didier, évéque de celte ville. Nous avons la lellre d'envoi dans la collection des Sollandistes (ivii jan.); Wamliaire y donne à son vénérable correspondant les plus grands éloges pour son ha-

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