‹ Dictionnaire des antiquités chrétiennes [microform]Chapitre 24 sur 281 · ACTE · texte numérisé non relu

ACTE

biielé dans les saintes lettres, et le compare « à Eusèbe de Césarée pour le soin qu'il prenait de recueillir les actes des martyrs dans la ville de Paris *. AÎDst celte lettre d'un clerc obscur est le seul document qui ait sauvé de Toubli un prélat qui sans doute mérilsiit mieux. Le martyrologe gallican d*André du Saussay inscrit le nom de S. Géran au ▼ des calendes d'octobre, c*est-à-dire au 27 septembre (t. i. p. 665) ; TÉglise de Paris Thonore le 28 septembre.

11 faut maintenant traverser deux siècles et aller jusqu*â JLnastase le Bibliothécaire qui traduisit quelques actes du grec en latin ; au même siècle (neuTîême), Jean, diacre de TÉglise Romaine, en recueillit quelques-uns, comme nous Tnpprenons par la lettre de Gaudence, évèque de Velletri, au pape Jean VIII (^fabill. Iter ital. n. 1). Nous ne devons pas omettre Fiodoard, qui, également dans le neuvième siècle, écrivit en vers les gestes des martyrs; œ poème, divisé en quinze livres, avait pour titre : De triumphit italicis mariyrwn et confeuO' rvm; û ne nous en reste qu'un fragment, publié par Matnlkm (Annal, ord, S. Bened. saec. m, pars 2) : c'est la dernière partie du douzième livre.

Au dixième siècle brille surtout Métaphraste, qui, sous rempereur Constantin Porphyrogénète, à la cour duquel il occupait un poste élevé, réunit une collection à peu prés complète des actes alors connus des martyrs. C'était un homme d* une profonde érudition, et auquel le privilège de sa position ouvrait dHmmoises ressources. Grâce à lui, nous possédons aujourd'hui beaucoup d'actes dont les originaux sont depuis longtemps perdus. La critique outrée du siècle dernier a fort maltraité Métaphraste. Bellanmn Ta attaqué, BoUand Fa défendu. Mais, bien que beaucoup d'inexactitudes et d'ornements ressemUanl à des interpolations puissent lui être reprochés, il est certain qu'il a rendu les plus grands services à la science hagiologique ; et Honoré de Sainte-Marie {Réfl. nar la crit i. 205) convient que de grands vides se feraient dans la collection des Fies de» SamU d* Arnaud d'Andilly, dans les Àdeê êineèret de Rninart, dans les Mémoires de Tillemont, et même dans les Yie$ des SainU de Baillet, si se- Tère à l'égard de cet écrivain, si on en retranchait tout œ qui leur vient de lui.

Au seizième âède, Lépoman recueillit aussi les actes des martyrs et des confesseurs; mais la meilleure et la plus complète collection que ce siècle vit paraître est celle du chartreux Laurent Surius : il disposa par mois les actes des martyrs et des saints ; il y fit quelques additions et modifications qui ne sont pas toujours puisées à des sources bien pures. Mais son éditeur Junius Mombrice oollationna les actes d'après les meilleurs manuscrits et expurgea ainsi cette œuvre importante.

Après la mort de Surius , son ouvrage fut augmenté par Jacques Murando, de trois tomes et en outre du Martyrologe d'Adon; et en troisième lieu augmenté de nouveau, distribué en doiue tomes et édité avec ces nouvelles modifications par Jean Krepsins et Herman Milius, en 1618. Aujourd'hui

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l'œuvre de Surius a presque complètement disparu sous les nombreuses refontes qu'elle a subies.

Enfin, sur le déclin du dix-septième siècle, vint la collection la plus parfaite de toutes, celle dedom Thierry Ruinart, moine de la congrégation de Saint- Maur ; elle est en tout point digne de son titre : Avta martyrum sincera, car Ruinart n'y a rien ajouté de son propre fonds, et n'a publié ces actes que d'après les manuscrits du meilleur aloi, et après lesavoir soumis à la plus sévère critique. Hais nous reviendrons tout à l'heure à cette importante collection.

En dehors des actes des martyrs, beaucoup de vies de Saints confesseurs ont été écrites par les Pères et les plus illustres auteurs ecclésiastiques, tels que S. Jérôme, S. Cyrille, Eugipius, S. Grégoire deNazianze, S. Grégoire de Tours, S. Athanase, Théodoret, Fortunat, S. Hilaire d'Arles, etc., et enfin, au treizième siècle, par l'auteur de la Légende dorée, Jacques de Voragine, dominicain, archevêque de Gènes, dont l'ouvrage est conçu à un point de vue sans doute fort respectable, mais que des écrivains, tels que Bellarmin et Baronius, n'ont pas cru pouvoir être jugé d'après les règles ordinaires de la critique. Au reste cet auteur docte et pieux trouve dans l'assentiment, bien qu'entouré de réserves, du grave P. Rolland, un ample dédommagement aux dédains de quelques aristarques d'une sévérité extrême,

La colossale compilation préparée au commencement du dix-septième siècle par Rosweide, commencée par Rolland , continuée par Henschenius , Papebroeck, etc., et reprise de nos jours par les laborieux successeurs de ces grands hommes, est le plus magnifique monument élevé à la gloire des Saints et à la gloire de lÉglise. Les limites qui nous sont imposées ne nous permettent pas de parler en détail de l'œuvre des Bollandistes, cet immense filet, comme il a été dit, renfermant toutes les espèces imaginables de poissons : sagena ex omni génère piscium congregans (Matth. xui, 47). Nous nous faisons néanmoins un devoir de signaler au lecteur le bon travail de dom Pitra (aujourd'hui cardinal) intitulé : Études sur la collection des actes des Saints par les RR. PP. jésuites Bollandistes: Paris, 1850.

m. — Les actes sincères, c'eî»t-à-dire authentiques des martyrs, peuvent se diviser en plusieurs classes. Nous prenons pour base de celte partie de notre travail la préface de l'ouvrage de Ruinart.

1* On doit mettre au premier rang les actes appelés c proconsulaires i ou « présidiaux », parce qu'ils émanent des greffas mêmes des proconsuls ou des présidents quelconques, au tribunal desquels les martyrs étaient jugés sous les empereurs païens. Ces actes n'étaient autre chose que la relation authentique des interrogatoires et des procès subis par les chrétiens, selon les formes légales. Les fidèles obtenaient quelquefois la permission de les copier, le plus souvent ils ne pouvaient se les procurer qu'au prix de sonunes d'argent considérables (Ruin. Préf, p. vu et xi) (V. les art. Exceptores et Notarii). On comprend assez que, de tous les actes

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