‹ Dictionnaire des antiquités chrétiennes [microform]Chapitre 234 sur 281 · PRIM · texte numérisé non relu

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les solennités qui sont dues à Dieu étaient tombées en désuétude.

2* S Augustin raconte en mille endroits que les saintes Écritures étaient lues dans les Églises, et que chaque lecture était appropriée à la solennité, comme, par exemple, les Acieê de» Apôtreê entre Pâques et la Pentecôte (Expogit. in 1 Joan,

Prœfat.).

3« Voici comment il décrit les prières faites par révêque dans Toblation : une oraison pour toute rÉglise, les acclamations Surtum corda, Gratitu tigamu» Domino Deo nostro, Pax vobi$cum, et les réponses du peuple; Tusage du baiser de paix (Y. Tart. Baiser de paix). Bien qu*il ne donne pas eu entier les formules des prières que faisait le prèlre devant 1 autel, il en rappelle néanmoins quelques parties, et il y renvoie souvent, soit dans ses sermons, soit dans ses réfutations des hérétiques. Il cite tout spécialement les prières pour les incrédules , aOn de leur obtenir la foi ; pour les croyants, afîn qu*ils persévèrent ; pour les ennemis infidèles, pour les fidèles, etc. (De hono per$ev. vu).

4* 11 mentionne encore les prières annoncées par le diacre, appelé, pour ce motif, prœco eccle$iœ, et qu*il distingue des déprécationi de révêque. Celles-ci consistaient en une invocation continue prononcée par le prélat, et à laquelle le peuple ne prenait part qu'en y répondant à la fin; celles du diacre au contraire étaient comme une admonition indiquant au peuple pour qui il devait spécialement prier, le diacre ne faisant qu'énoncer Tobjet, et le peuple priant seul à proprement parler par une de ces invocations : Audi nos. Domine, « Écoutez-nous, Seigneur, • ou Juva nos. Domine, « Venez-nous en aide, Seigneur, » ou enfin Miserere nobis. Domine, « Ayez pitié de nous. Seigneur, i Nous pourrions ajouter ici plusieurs autres formules que S. Augustin nous apprend avoir été employées soit pour l'institution des catéchumènes, soit pour fadministration des sacrements, ou d'autres ministères ecclésiastiques. Nous terminerons cette rapide analyse par la citation du troisième canon d'un concile de Carthage auquel S. Augustin assista probablement: Placuii îit preces quœ prohatœ fuerini in conciliis, sive prœfaiiones, sine commendationes, sive manus impositiones, ab omnibus celebreniur, c il a plu (au saint concile) que les prières qui ont été approuvées dans les conciles, soit préfaces, soit supplications, soit imposition des mains, soient célébrées par tous, i Un concile de Mi lève (can. n) prescrit les mêmes choses à peu près dans les mêmes termes. Ceci imprime aux choses de la liturgie un caractère de fixité obligatoire que nous avons déjn eu occasion de constater pour répoque à laquelle nous sommes arrivés (Y. Selvaggio. lib. ii. part. 1. c. 7.).

PRUHAT. — C'est en Afrique que le nom de cette dignité, qui correspond à celle d'exarque (Y. ce mot) chez les Grecs, se rencontre pour la

première fois. Comme Carthage était h métropole de toute la province (Cyprian. Ep. ad Quirin), il est probable que le titre de pritnat fut d'abonl attribué exclusivement à son évèque (Y. Comi Carthag. an. 546, et Cypr. Ep, liv). Mais lorsque Constantin eut divisé l'Afrique en six provinces, révêque de Carthage, comme les évèques des autres chefs-lieux de provinces, ne conserva plus d'autres droits que ceux de métropolitain. Cependant Tun de ces prélats portait le titre de primat et en exerçait la juridiction ; mais ces droits étaient attachés à l'âge du titulaire et non à son siège (De Marca. De primat,).

En Espagne et en Gaule, les évèques qui étaient légats du pape avaient aussi le titre de primats; ainsi les évèques de Séville et de Tarragone en Espagne, ceux d'Arles et de Vienne dans la Gaule (Isid. Uisp. Chron. 1. ii. — Simplic. R. P. Epi^, I. — Hormisd. EpisL xxiv). Au huitième siècle, le pape Zacharie confère le titre de pn'ma/ à Févèque de Mayence (Marian. lfM<. 1. m). En Angleterre, les évèques de Londres et de Cantorbéry le po-sédérent aussi (Beda. Hist. eccL Angl. i. 35). Ce n'est qu'au douzième siècle que l'évèque de Pise Tobtinl d'Alexandre ID (Y. Pellicia. Eccl pold. 1. 1. p. 148).

phihautë be s. pierre. - y. l'an.

Pierre (S.) et S. Paul, lY.

PRIME. — Y. l'art. Office divin, U,

PRI1IICIER8* — Dans [son acception générale, le nom de primicier s'appliquait à tous ceux qui, dans un ordre quelconque, étaient inscrits les premiers sur un catalogue, parce que la tablette où les noms étaient tracés était enduite de cire, cerat primi-cerius. S. Augustin appelle S. Etienne primicter des martyrs {Serm. i. De Sanc- Us), parce qu'il fut le premier à répandre son sang pour la foi, et que son nom figure en léte da sanglant catalogue auquel tous les siècles devaient ajouter leur contingent. A Constantinople, comme le nom du grand chartophylax, qui était en même temps archidiacre, occupait le premier rang aa catalogue de l'église, il s'appelait primicier {Concil. Constant, sub Men. act. v). Ainsi dans les Gaules, il y avait le primicier de Técole des lecteurs (Y. l'art. Lecteur), et à Rome, le priinicier des notaires (Greg. Magn. 1. i. epist. î% parce qu'ils étaient inscrits en première ligne au li^ de leur ordre ou collège. Aringhi (t. i. p- S16) donne une curieuse inscription (du dnquiéaie siècle) d'une chrétienne noomiée [hatrora, laquelle était femme d'un primicier des faiseurs de tentes, et fille d'un primicier des monétaires : vxoi cof*

NBLIPRIMIGKAICENARIORVII (ste.)|| FILUFORFOIU fV»" CBRl MORETâRIO II RVM.

Ce nom donné sine addito, dans les anciens (itrès, à un personnage, n'a qu'un sens vague el indéterminé. Nous voyons que, en Espagne, le primicier était celui qui présidait les clercs mi*

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neurs {CondL EmerUan, x. 14); il avait aussi autorité sur les laïques attachés au sendce des églises sous le nom de hasUicani, et qui avaient la charge de fournir i^ncens, la matière du chrême, les cierges, les voiles du baptême, et d'autres objets de ce genre. £n Italie, ils s'appelaient ânfi^ia (Paulin. Nol. Epi$i. vi), et à Rome mantionariù (V. ce mot). Comme on les employait aux offices les plus humbles, on leur donna aussi le nom de eolliberti (ConâL Chaked. act. v ex vertion. Diih ny». Exig,),

PROCESSIOIVS. ^ I. — Le mot procmion est dérivé du verbe procedere, c marcher. » Casalias (De rit. eccL cap. xui) définit comme il suit les processions usitées dans TÉglise catholique : « La procession consiste en des prières publiques du peuple fidèle marchant en ordre vers une station désignée, pour implorer le secours de Dieu, i Les processions, en tant qu'elles ont pour but d'obtenir de Dieu des bienfaits et de lui rendre grâces pour les faveurs obtenues, furent d'un usage fréquent dans TÂncien Testament. Au retour delà captivité de Babylone, une procession eut lieu en actions de grâces autour des murs de Jérusalem (Esdras3 ii. 12. 30). À la prise de Jéricho, Dieu voulut que le peuple fit sept fois processionnellement le tour de la ville, précédé de Tarclie que portaient des prêtres (Josue. vi). On pourrait en citer beaucoup d'autres exemples (*2 Reg, vi. 3 Reg, vni). Notre-Seigneur se dirigea processionnellement suivi du peuple vers Jérusalem, quand il y fit son entrée triomphale, alors qu'il allait accomplir les mystères de la rédemption. Yoilà pour l'Ancien Testament.

Nais quelle est l'origine des processions dans rfiglise chrétienne? Aucun document ne nous fournit le moyen de l'assigner d'une manière précise ; nous sommes par là même autorisé à la faire remonter aux temps apostoliques, d'après la régie de S. Augustin (Lib.iy-conir. Donat.): « Ce que tient l'Éplise universelle, et qui n'a pas été établi par les conciles, mais a été toujours retenu, ne peut avoir d'autre origine que la tradition apostolique, et doit être regardé comme tel. • Non pas que nous prétendions que, dès le temps des apôtres, et pendant les trois siècles des persécutions, rÉglise ait pu avoir ses processions publiques, nous voulons dire seulement que, d'après les instructions laissées par les apôtres, elle en fit dés que la liberté du culte lui fut donnée. Et encore est-il certain que, même dans les temps les plus malheureux, il s'en faisait dans les catacombes, aux tombeaux des martyrs (V. l'art. Siationi).

Pour les temps postérieurs, nous avons des témoignages innombrables des Pèr^^'S, et en particulier de Tertullien (Ad uxor. lib. u. c 4), de S. Jérôme (ÂdEusloch. ep. xxn), de S. Sidoine Apollinaire (Lifr. n. epiit. 17), de S. Ambroise (Serm. Yiii eiEpitt. xiix). Ce dernier dit que certains moines allaient en procession au tombeau des

Hachabées, en chantant des psaumes, et cela c d'après une coutume immémoriale » , ex consiieiudine usque veteri. L'antiquité des processions est encore établie par les conciles (V. Baron. NoL ad mariyroL Rom. die april. xxv), et par le témoignage des plus anciens et des plusdoctes interprètes des offices divins, tels que Walfrid Strabou (De reh, eccl. xxvin), Rupert (De divin, offic. vu, 27), Hugues Yictorin (Erudit iheolog. tit. xiv), Bède, Gennade, etc., etc.

II. — Nous avons parlé à l'article Litanie des processions périodiques qui furent établies dès les premiers temps qui suivirent la paix de l'Ëglise. Il y avait encore des processions lorsqu'on transférait des corps de martyrs d'un cimetière dans une ville, ou d'une église à une autre église; les anciens historiens en citent de nombreux exemples : ainsi, sous le pape S. Marcel, il se fit, diton, à Rome une procession solennelle à l'oc* casion de la translation des corps des SS. Marcellin, Claude, Cirinus et Antonin. Qui ne sait avec quelle pompe S. Ambroise ordonna une cérémonie de ce genre pour la translation des reliques de S. Gervais et de S. Protais (Augustin. Confeu, vn. 16)T On peut voir encore pour cet objet spécial SocTiXe (Hist eccl. n. 26), Théodore t (i7i</. eccl. m. 9), S. Jérôme (Adv. Vigilant.)^ S. Grégoire de Tours (Hist. Franc, iv. 25). etc.

L'Église avait aussi des processions à l'occasion de la fondation des églises et des monastères (Justinian. Novell. Lxvn). L'évêque, accompagné du peuple, plaçait de sa main la première pierre de ces édifices, dans laquelle il fut d'usage, dès le cinquième siècle, dlnscrire le nom de l'évêque, le jour et l'an de la fondation. Nous en avons une preuve intéressante dans une pierre de cette sorte exhumée des fondements d'une vieille église de Marseille (Pelliccia. Polit, eccl. i. 285) :

DO : ET XPO MISERIHTB. LIV. HOC. €. L. K. T.

B. ARUO llll. C. S. VALKN.

TIXIANO. 4Va. TI. KL. ». ZTIIII. ARRO BrTTS ITSTI.

D'après cette inscription, la pose de cette première pierre eut lieu sous le quatrième consulat de Yalentinien, qui coirespond à Tannée 390, et la dix-neuvième année de l'épiscopat de Rusticus. Nous consignons ici ce souvenir, qui est un peu hors d'œuvre dans cet article, parce que nous ne trouvons pas à le placer ailleurs.

Un autre motif de procession dans TÉglise primitive, soil dans l'Orient (Niceph. De Theodos. senior. Hist. 1. xîv. c. 49), soit dans lOccident (Greg. Turon. Hist. Franc, iv. 5), c'était l'irruption de la peste ou un tremblement de terre. Une procession de ce genre fut célébrée à Constanlinople sous Théodose le Jeune, à l'occasion d'un horrible tremblement de terrre qui, trois mois durant, ébranla et anéantit en partie non-seulement cette capitale, mais encore un grand nombre de villes de la Thrace, de la Macédoine et de la Bithynie. L'empereur, avec le patriarche, s'y montra nu-pieds à la tète du clergé et du peuple, et

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prononça, en fondant en larmes, celle humble prière : > De livrez- nous. Seigneur, de Totre juste colère et de (ous nos crimes, en considération de noire repentir, car vous avei ébranlé et bouleversé la lerre à cause de nos péchés, en pénétrant nos cœurs de crainle, afin que vous soyei glorifié par nous, tousqui seul êles clément et miséricordieux. • Depuis lors cetle proression se renouvela chaque année. Kous eu trouvons une curieuse représentation dans les miniatures du raénologe de Basile (26 janvier), et nous croyons être agréable au lecteur en la reproduisant ici {F. Html. Batil. edit. grirco-la- ,

Un.Cardin.An- .,

nibal. Albani.

Paris, a*, p. 137. — Urbini.

1757). Dés le quatrième siècle (Socrale.

ttiit. eecl. ».

33). on en fit pour obtenir la pluie ou le beau temps , pour conjurer l'adaque de l'ennemi (Sidon. *n. tpitt 1), ou le développement de quelque hérésie (Socrat. vi. 8. — Sozom. TMi. 8).

111. — Pour bien entendre le langage des Pères et des plus anciens écrivains ecclésmsliques sur l'objet qui nous occupe, il est important d'observer qu'ils attachent souvent le même sens au mot (lalio qu'au mot proceinu; ce n'est guère qu'au moyen âge qu'on ditprocfHio. C'est une manière de prendre la partie pour le tout, ou l'accessoire pour le principal, car, au propre, le mot êlalion ne désignait autre chose que la célébration de la liturgie annoncée d'avance comme devant avoir lieu dans une église spéciale et à un Jour fixe ; d'où cette rubrique, qui se trouve si fréquemment dans les sacramentaires : Slalio ad Sanclam Mariant majorera... ad Sanclum Pelrum. Tous les anciens missels de l'Ooident font lire des annotations analogues (V. l'art Slationt).

Donc, la itatiùn étant notifiée, te peuple allait attendre le poniire dans un lieu plus ou moins rapproché de I église où la liturgie devait être célébrée, et de li il se rendait avec lui en bon ordre à cetle même é},'lise ; ceci nous donne la clef de celle autre locution : protedert ad pop»lum [Augustin. De civil. Dei. uni. 8), dont se servaient les éïéques, parce que, en réalité, ils ■liaient rejoindre te peuple qui les attendait, afin de se diriger avec lui en procession vers l'église indiquée. Ce mode de procession est probablement te plus ancien, car nous voyons que, dés le qua- Irième siècle (Augustin, ioc. laud.), les fidèles se rendaient en procesùon i la (talion en chantant

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des psaumes, rit que S. Ambroin appelle la coutume de celte époque [E^t. lui).

IV. — Voici quel était l'ordre des processiom dans l'anliquité: en tèle était portée la croii, usage remontant au quatrième siècle (Evagr. t>. S5. — Socrat. VI. 38), et, au cinquième, Justinien en fait une loi [Novell, cmn. 31), qui est obsenie en Orifut comme en Occident (Coneil. Nîckh. u. 4. — Greg. Turon. Yit. PP. i. 7j. U croix élail portée le plus souvent par un diacre, quelquefois par un clerc inférieur qui, a Constant inopl«, tt même quelquefois à Borne, s'appelait êtamoplam (V. ce nul).

coude classe auquel on donnait le litre de ?rati<ti\ Evangelio (Cf. Hacri. ad v. Proceuio, et M«xa. I. 386). Après le diacre, le peuple, distribué pif classes et ordres, les clercs, lesraoines,lesliii«s; puis les femmes, les religieuses, et ïnfln I* I* nesse et les enfants (Greg. Magn. ii. rp. i)- T«i> marchaient pieds nus (l'aul Diac. I- mi), chef taient des psaumes sans interruption (Ambws. ibid. — Aug. ibid.),el porlaient à la mainte cierges allumés (Soiom. vm. 8. — Greg. Tuwt. De glor. MM. i, U). On verra » l'article StmwpAori qu'on mettait aussi des flambeaux allu™* des deux côlés de la traverse de la croii sHtionale. En dernier lieu marchait, avec les prilrfs, l'évèijue portant de sa propre main le bou sscré de la croix ou des reliques de Sainti (Gr^- Turon. De glor. confeu. lixii. - Rufin. Biit. ftd. n. 53) (V. les art. Stationt, Liturgie, Traniklim de relique», Staurophori, Draconarii, LHanii*)

PROFESSIOIV DE FOI BAPTISIALE.

— I. Comme le renoncement au dénwn (f * mol), la profession lie foi fut toujours rigoureo»ment exigée de ceux qui se disposaient i recewir le baptême. Et si, pour les autres cérémoriesp"liminaires à la réception de ce sacrement, l'origine apostolique ne peut être établie que p»ri»duclion, nous avons, dans les Adei àa if** mêmes (cap. vm), des exemples indubitables > celle-ci. Avant d'accéder i la prière de l'eufluqW de la reine Gandace, le diacre Philippe comuMP tout d'abord par l'inlerroger sur sa oojance ■ <

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m'est permis de tçus baptiser, s'il in*est prouvé que TOUS croyez de tout votre cœur, » «i credU ex Mo corde j licei. — Et le néophyte répondit : f Je crois que Jésus-Christ est le fils de Dieu, » credo filhan Dei e»ie Jesum Chriitum (v. 57).

Toiià Torigine de la pratique dont il est ici question, et toute la tradition catholique nous en montre la continuité à travers les siècles ; la raison seule nous dit que croire les vérités de la foi dirétienne est une condition indispensable pour devenir chrétien : « 11 faut croire d*abord, dit S. fiasile (I. III ad Eunom.) et ensuite être consigné par le baptême, baptiimaie comignari.

Nous transcrivons ici la furmule que donnent \e& ConêtihUions apoêtoliquei (1. vu. c. 41), formule qui est aussi explicite que possible et porte tous les caractères d* une œuvre primitive : • Après le renoncement, lorsque le catéchumène se fait inscrire, il doit dire : J'adhère à Jésus-Christ, et je crois, et je suis baptisé dans le seul non engendré, tJt unum ingenilumy tk '«a à'^iTmrw^ seul vrai Dieu tout-puissant. Père du Christ, créateur et architecte de toutes choses, de qui tout rient; et dans le Seigneur J}sus-Christ, son Fils unique, premier-né de toute créature, qui, avant les siècles, a été engendré (non créé) par le bon plaisir du Père, par lequel tout a été fait de ce qui est au ciel et sur la terre, toutes choses visibles et invisibles ; qui au jour marqué (dans les desseins de Dieu) est descendu des cieux, et a pris chair, et est né de la sainte Vierge Marie, et s*est conduit saintement dans la vie selon les lois de Dieu son Père, et a été crucifié sous Ponce-Pilate, et est mort pour nous; et après qu'il a eu souflert, est ressuscité des morts le troisième jour, est monté aux cieux et s iége à la droite de son Père, et reviendra avec gloire à la consommation des siècles, pour juger les vivants et les morts; et son règne n*auni plus de fin. Je suis aussi baptisé dans le Saint- Esprit, c'est-à-dire dans le Paraclet, Esprit qui a opéré dans tous les saints depuis l'origine du monde, et qui ensuite a été aussi envoyé aux apôtres par le Père, selon la promesse de Notre Sauveur, le Seigneur Jésus-Christ, et, après les apôtres, aussi à tous ceux qui, dans la sainte Église catholique, croient à la résurrection de la chair, à la rémission des péchés, au royaume des cieux et à la vie du siècle à venir. »

Avec un peu moins de précision, c'est exactement la profession de foi qui fut adoptée à la première fixation des liturgies, et qui est encore la même aujourd'hui (Ordo romanus. iit, de Sabb, Sancio) : • Le pontife interroge : Croyez- vous en Dieu, Père tout puissant, créateur du ciel et de la terre? — Je crois. — Croyez-vous en Jésus-Christ, son Fils unique. Notre Seigneur, qui est né et a souffert? — Je crois. — Croyez-vous au Saint- Esprit, à la sainte Ëglise catholique, à la communion des saints, à la rémission des péchés, à la résurrection de la chair, à la vie éternelle! — Je crois. »

Quant à la nécessité d'adhérer aux divers arti-

cles du symbole, nous avons pour chacun d'eux le témoignage de quelque Père : — Pour la vie éternelleet la rémission des péchés, S. Cyprien (Ep.Lxx) : nam cum dicimtu : Credii in vitam œternameiremU' sionem peccatorum per sanctam Ecclesiam ? vitelligimuê remissionem peccatorum non ni$i in Ecclesia dari, La profession de foi à la rémission des péchés renferme donc implicitement, d'après ce Père, l'adhésion à l'Église catholique, puisque en Afrique, tout au moins, cet article était ainsi complété : « Je crois la rémission des péchés par la sainte Église. »

Pour « la résurrection des morts », S. Chrysostome {Homit. in 1. Cor. c. 15) : c Quand nous sommes sur le point d'être baptisés, on nous fait dire : Je crois la résurrection des morts ; et c'est sur Taffirmalion de cet article de foi que nous sommes admis au baptême. »

Pour c la sainte Ëglise catholique », S. Jérôme (Dialog. adv. Lucifer, c. v) : « Cest la coutume au baptême, après qu'on a interrogé sur la croyance à In Trinité, de demander : Croyez-vous la sainte Ëglise catholique, la rémission des péchés T »

On demandait à S. Augustin si la simple profession de foi de l'eunuque (v. plus haut) en Jésus- Christ sauveur ne suffisait pas, et si toutes les autres interrogations n'étaient pas superflues? Ce Père répondait que cela sutTisait dans les cas pressants, parce qu'en déclarant qu'on croit en Jésus- Christ, on fait par là même profession de croire tout ce qu'il a enseigné.

Le concile de Laodic^ (can. xlvii) répond à cette question en décrétant que celui quia été baptisî* en cas de nécessité, de maladie par exemple, doit se présenter à l'église après sa guénson pour se faire instruire, s'il y a lieu, et dans tous les cas, pour faire une profession plus explicite de sa foi.

Ainsi on voit que la profession de foi baptismale ne comprenait pas seulement les choses qui sont écrites dans le saint Évangile, mais aussi celles dont la connaissance ne nous est venue que par la tradition.

Du reste, les questions accessoires devaient varier selon les diflérenlcs Églises, et porter particulièrement sur. les points attaqués par les hérésies locales.

IL — On a vu par ce qui précède que la profession de foi avait lieu une première fois pendant le cours du catéchuménat, et suivait immédiatement la cérémonie du renoncement. S. Augustin le fait entendre clairement dans son livre de la Foi aux catéchumènes (\. ii. c. 1). Mais le témoignage de S. Cyrille d'Alexandrie (1. vu. contr. Julian.) est encore plus explicite : < Dès que nous avons chassé les ténèbres de notre esprit, et que nous avons pris congé des troupes des démons, et que prudemment nous avons renoncé à toutes leurs pompes et à leur culte, nous professons la foi au Père, au Fils et au Saint-Esprit. » Nous trouvons aussi dans Salvien (1. iv. de Provident.) ce passage, qui vient parfaitement à notre objet : « Je renonce au diable, dites-vous, à ses pompes, à ses

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spectacles, i ses œuvres. — Et ensuite, quoi ? — Je crois, dites-Tous, en Dieu le Père et en Jésus* Christ son Fils. Donc tous commencez tout d'abord par renoncer au diable, pour croire en Dieu; parce que celui qui ne renonce pas au diable, ne croit pas en Dieu; et par là même, celui qui retourne au diable, abandonne Dieu. »

L'ordre romain, qui est de toute antiquité» et que suivent encore aujourd'hui toutes les Églises, ne procède pas autrement. Immédiatement après le dernier renoncement, il ajoute : Credii in Deum Patrem creatorem cœli et terrœ? — Et le néophyte répond : credo.

Hais cette profession était renouvelée au moment même de ^admini^tralion du baptême, comme le renoncement. Elle était prononcée d*un lieu élevé. Cette double circonstance nous est révélée par S. Augustin, racontant, dans ses Confessions (vni. 21), le baptême de Victorinus : « Quand rheure fut arrivée de professer sa foi, profession qui se fait d'après une formule fixe et apprise de mémoire, et d'un lieu élevé, selon la coutume de Rome »

La profession de foi était répétée à trois reprises différentes : c*est du moins l'opinion commune, qui se fonde notamment sur un passage du livre de la Hiérarchie ecclésiastique (cap, de Bapt.)^ et sur deux textes plus clairs de S. Âmbroise qui seront cités plus bas. Et cette triple adhésion avait lieu : 1* en l'honneur des trois personnes divines ; 2* comme protestation contre la triple tache contractée par le cœur, corde, par la bouche, verbo^ par les œuvres, operibus: — Non potest quis, dit 5. Ambroise j[Z)e Spir, sanct. c. ii), nisi tiina confessione purgari. Et ailleurs (1. n. Sacram, c. 7) : tertio interrogatus : Créais et in Spiriium Sanctum ? dixisti : CredOt ut multiplicem lapsum superioris œlatis absolveret trina confessio, « interrogé une troisième fois : Crois-tu à TEsprit-Saint ? tu as dit : Je crois, afin que tes fautes multipliées soient effacées par trois confessions de foi. »

Ce passage du grand évèque de Milan suppose, non pas que la même profession de foi était prononcée trois fois, comme Visconti l'entend à tort, selon nous, mais qu'une adhésion spéciale était exigée pour chacune des trois personnes divines. Et ce Père s'en explique clairement dans la suite de ce texte, qui viendra un peu plus bas.

11 n'est pas douteux néanmoins que par cette triple interrogation l'Église n'ait l'intention de rappeler et d'imiter les trois interpellations que le Sauveur adressa à S. Pierre (xxi. 15. 16. 17), et les trois protestations d'amour et de dévouement de cet apôtre : Simon Joannis, diligis me plus his ?

S. Ambroise fait ce rapprochement (1. ii. Sacrant, c. 7) : € Pour vous offrir un exemple, l'apôtre S. Pierre qui... avait renié trois fois son maître^ pour laver ensuite cette triple chute, interrogé une troisième fois s'il aime le Seigneur, lui répond : Vous connaissez tout, Seigneur, et vous savez bien que je vous aime ; il le dit une troisième fois, pour être absous une troisième fois. C'est ainsi que (au

baptême), le Père pardonne le péché, le Fils pardonne, et aussi le Saint-Esprit. • S. Cyrille d'àlexandrie (1. xii. in Johan. c. 64), à propos de U triple interrogation de Notre-Seigneur, et de la triple réponse de l'apôtre, dit aussi : < C'est de là que l'Église a tiré sa règle d'interroger à trob reprises différentes celui qui s*approche du baptême, afin qu'il soit rangé au nombre des Gdèles par une triple confession. »

IIL — Le catéchumène, au moment du renoacernent, était tourné vers l'occident ; nouseo avons donné la raison dans l'article relatif à celte cérémonie. Mais, pour prononcer sa profession de foi qui suivait immédiatement, il se tournait aussitôt vers l'orient. Cette circonstance est soigneusement signalée par tous les Pères, parce qu'elle est pleine de mystère. Ainsi, S. Grégoire de Nazianze (Orat, xl. in sanct. Bapt,) : t Tourné vers l'occident, tu répudies Satan, puis regardant Tcrient, tu confesseras Dieu. » S. Jérôme (In Âmn. c. vi) n'est pas moins formel : « Dans les mystères, nous renonçons d'abord à celui qui est à l'occident, et qui meurt en nous avec dos péchés; mais, la face vers l'orient, nous faisons pacte avec le soleil de justice, et nous nous engageons à le servir. • Sévère d'Alexandrie (Tit,de Bapt.CSJKtcom. p. 339) : t Après qu'il a renoncé (à Satan), il se tourne vers l'orient, et dit trois fois : J'adhère à toi, ô Christ, etc. > S. Ambroise (1. de tïi fû myst, init. c. n) : « Tu te tournes vers l'orient; car celui qui renonce au diable, se tourne vers le Christ, et le regarde en face. »

Tous ces témoignages sont unanimes à constater une même discipline, bien qu'ils soient d'origines différentes; et les interprètes en donnent plusieurs raisons.

La première, c'est que le néophyte, en faisant à Dieu un solennel hominage de sa foi, doit contempler le soleil de justice qui sera désormais son modèle, et que, à son baptême, il s'engage à imiter par sa vie.

La seconde raison, c'est que, en r^ardant IV rient, où Dieu avait placé le paradis terrestre, duquel notre premier père s'était vu chassé par suo crime, les néophytes comprissent que ce lieu, ou, pour mieux dire, celui dont il n'était que la figure, leur serait ouvert par leur baptême. C'est la pensée de S. Cyrille de Jérusalem (Catech, i. mytiog. x).

En On, ils prononçaient leur profession de foi, les yeux élevés vers le ciel et la main droite étendue (Grég. Nazianz. Contr, Julian. loc. laud.), à haute voix et d'un lieu élevé (S. Augustin. Cou/»ib.) ; et ils la scellaient par un serment (Hat.m- XV. in Matth.) : • Ceux qui doivent recevoir le baptême, professent d'abord qu'ils croient auFiJj de Dieu à sa passion et à sa résurrection, et un serment sert de garantie à cette profession, t elksk professioni sacramento pdes reddiiur*

En dernier lieu, acte de celte profession de foi était écrit dans un registre ad hoc, et signé de b main du néophyte, ou à son défaut de celle de son parrain. On cite à ce sujet un passage de Kicétis,

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CDtmiienlaleur de S. Grégoire de Naiianze {In oral, drtg. jVdi. il] : • En coDséquence. dit cet écrivain, salvaDt le conseil de Salomon, sajous pénétrés de crainte, el gardons notre cœur avec loute sorte de TÎgilance, de peur que nous ne soyons trouvés en contradiction avec noire propre fignalure, que nous avons tracée en confession de notre foi (Ticecom. Ant. Bapt. rit. I. ii. c. 21). .

No L)s avons même be^ucoupde raisons de croire qu'ils scellaieni cet acte avec leur anneau. Plusieurs passages de Tcrtullien semblent l'indiquer [Debap. c. vi), el notamment celui du neuvième chapitre de son livre tfe Pudidtia, où il explique ex pTofeuo cette matière de la profession de foi : ■ Il a reçu alors (le néophyte à son baptême) un anneau avec lequel il scelle la confession de sa foi, > ùnnulum qttoque accepit lune primum, quo fidei paclioium inlerrogaltit obiignat.

PRtVESSIOniS exerc:£es par lu i-hk»ebs cBtinENs. — Les seules qui leur fussent absolument interdites étaient celles qui avaient quelque conneiion avec l'idolâtrie, ou qui élai«)t de nature à porter les hommes au mal. Ils devaient l'ester étrangers â une foule d'industries qui avaient pour objet l'embellissement des temples, l'entretien des cérémonies idolàtriques. Ainsi, il n'y avait pas parmi eux de statuaires fabriquant des idoles, ni de peintres représentant tes fausses di-

II s'en trouva qui, ne comprenant pas l'incompatibilité du christianisme avec de telles industries, s'eicusaieni de fabriquer des idoles en disant qu'ilsne les adoraient pas. t Tu les adores, répliquait Tertullien {De idol. vi), toi qui les mets à ménie d'être adorées; tu ne les adores pas avec le parfum de quelque sacriQce grossier, mais avec le parfum de toi-même. Ce n'est pas la vie d'un animal que tu leur sacriOes, c'est ton dme. Tu leur immoles ton génie ; ce sont tes sueurs que tu leur ofTres en libations. Ton intelligence, voilà l'encens que tu fais fumer en leur honneur! Tu es pour eux plus qu'un prêtre, puisqu'ils te doivent d'avoir des prêtres I >

Il n'y avait pas parmi les chrétiens de vendeurs d'objets destinés aui temples et aux sacrilices. Le même Tertullien [Ibid. ii] lance tous ses analhèmes contre les vendeurs d'encens, thurarii, pour le service des idoles. Pas d'usuriers, pasde mimes, de pantomimes ni autres comédiens.

Hais on comptait parmi les disciples de Jésus- Cbrisl:

1* Des jurisconsultes [Arnob. 1. ii Contr. gtnl.) ; cependant on ne sait pas au juste si ceux qui faisaient profejsion ouverte de christianisme étaient admis ï exercer leur oRice pendant les persécutions. L'un des plus illustres jurisconsultes chrétiens est Hinucius Félix, auteur d'un dialogue apologétique intitulé Oetaviui. On place encore au nombre des jurisconsultes les sénateurs Uippoljle et Apollonius (Balduin. Prœf. in Min. Fel.), et Tertullien, qui, au rapport d'Eusébe (Hiit. eccl, v.

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31), était trés-versé dans la connaissance des lois romaines.

Nous lisons dans le recueil de H. De' Rossi (t. i. p. 6i) une magnlRque inscription métrique (an. 318) d'un jurisconsulte chrétien nommé umhvs, qui eut la singidière gloire d'être distingué et dioisi pour ami par Constantin, dès la premiers arrivée de ce prince à Horoe, laquelle eut lieu, comme on sait, en 5S6.

Nul doute que Caianus ne dût cette flatteuse préférence â sa qualité de dirétien, carConstantin, ayant trouvé les sénateurs et les grands en général obstinênient attaches ail paganisme, conçut dés lors, si nous en croyons l'historien Zoiime (Sitl. H. 30. — Cf. Rossi. ibid.), le projet de transférer la capitale à Bjiance.

3* Des médecins. On sait que S. Luc était médecin {ColoM. IV. 15. — Hieron. Devint iltutlr. 0pp. t. IV. p. 100); on croit que les martyrs CÂme et Uamien l'étaient aussi et exerçaient gratuitement leur art en faveur des pauvres. Paciaudi [De cuit. S. Johan. Baptitl. p. 589) a publié un ancien diptyque grec, où ces deux saints sont représentés avec les instruments de leur profession, selon le type adapté par l'art classiijue, c'est-i-dire une spatule entre le pouce el l'index de la main droite, et sur ta gauche la boîte à remèdes. Voici cet intéressant monument.

Nous aimons à rappeler ici que, parmi les compagnons du martyre deS. Pothin, évèque de Lyon, il y avait un médecin nommé Alexandre, Phrygien de naissance, qui, avant de répandre son sang pour la foi, s'était signalé, quoique laïque, par un lèle intrépide à annoncer la parole de vie (Euseb. Hia.tecl.ï.j.c.i].

Un grand nombre de marbres funéraires men-

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lionnant uette proression nous ont été conservés (V. Boldetli. p. 416. et alibi). On cile surloul l'épilapbe de S, Uedicus, médecin de nom comme de proression.etmarljr.ausujetduquelijousavonsun curieux ouvrage de Cancellieri : ifemorie di S- Medico H. Roma, 1813. L'intrépide érudit a Tait suivre ce mémoire d'une notice et d'un catalogue complel, où à ctiaque mois de l'année se trouvent cités les Suints et les Saintes qui se sont distingués dans l'exercice de la médecine.

Le cardinal Wiseman (Fabiola. chap. iiii) donne l'épitaphe grecque d'un médecin qui était prèti'e en même temps (V. l'art. Prilret). Nous devons citer, d'après Reinesîus {Syntagm. 898. v), celleci, où ta qualité de chrétien est eiprimée. ce qui ii'ealpas fréquent dans les premiers temps: BHex».

IKITII. lAEUN II IfOC. lATPDC- IPUTUHOC |j lAI'

nuETMiriïOc. Cependant cet exempte n'est pas le seul: N. De'Rossi(/to>n. foU. t. i. lav. »i n. 9) donne l'épiiaplie d'un prêtre nommé Denys qui, luiaussi, exerçait celte profession: ttoiitciOT||i*TPoi Il nFECSTTEPor. On comprend conibîen, dans les premiers siècles, il était important pour les tidéles que leurs prêtres fussent en élal de donner des soins à leur corps aussi bien qu'à leur àme, comme cela a U n aujourd'hui encore dans nos m isMOMS étrangères. El, enerret.l'épitaphedeDenvs trouve son commentaire naturel dans les mémoires d'autres diacres, prêtres ou même éïêques, qui, au temps des persécutions slirtout, se livrèrent à cet art salutaire, quelquerois même avec une grande tiabileté (V. Lami. De erudit. apoel. p. 5X8).

3' (Juelques écrivains ont soutenu, mais à tort, que la profession des armes était interdite aux fidèles. Interrogé par des soldats sur la question de savoir ce qu'ils devaient faire pour se sauver, S. Jean-Baptiste leur répond (Lnc. m. U). sans blAmer aucuoemenl- leur état, qu'ils sachent

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se contenler de leur solde. Le centurion Conmlle est loué dans les Àdei (i. i) comme un faotnine juste et craignant Dieu. Les actes des marlps [Ad. S. SymjA. ap. Ruinart. p. 20. èdit. Veroii.), aussi bien que les apologistes (Terlull, Apot. i. Xi Scap. iv), et toute l'histoire ecclésiastique des premiers siècles (Euseb. Bitl. ecel. vn. ih) proutent jusqu'à l'évidence que beaucoup de soldats M même des légions entières proressaient le clirislianisme. témoin la légion Tbébéenne dont l'histoire est rapportée par S. Euclier, et que Kosheim liûméme a défendue contre les négations de quehpies prolestants ses coreligionnaires.

On a dit, un peu légèrement peut-être, qne la mention de l'état militaire est rare sur les nnrbres, parce que la qualité de soldat de Jésus-Ctirisl primait et effaçait cliei le clirèlien celle ûe soldit d'un empereur. On pourrait cependant citer bon nombre d'épitaphes oii elle se lit, par eirniple (Bosio. p. 217); iitianvs iiri.Ks|{tii p*cg QviEvn. Le recueil de Boldetti (p. 432) a celle d'un chréliM qui avait servi dans le corps qu'on désignait soos lenom de pTOleelora : bvlper. vetuuhts a.ta- TECTOMBTS. Nous lisons encore dans le méni' suleur (p. 415.416)'. FTHRO iiLiTi. — mici^im ■iLB!. Une autre inscription de Rome (itringlii. (. n. p. 170) mentionne un militaire qui avait du grade dans les prèioriens: iva. cujiiniits. i[i. coH. vm|[i-B. OPT. c. BKcvniii. Nous trouvons amù un militaire chiétien sur un marbre de lihn (Labus. JVonurn. di S. Ambrog. p. 80); le Uiiu est suiTnontè du monogramme du Christ. Marugoni en donne plusieurs, entre autres e<:lui d'un centurion : cgktvrio cohor. i. vas {Aeto S- Yid. p. 102. — V, encore Passionei. 123. 75. -imtari. HGHu.. 4. etc. etc.).

4* Des marchands. Terlullien (ifo/. nu) répond aux païens qui reprochaient aux nàlres ik s'éloigner des affaires et d'être des hommes iuutilK

a ce monde :

ans marché..

: Nous ne sommes pas sans forum, lana boutique*.... sans foires.

Nous aussi, nous sommes.... marchands coioiw vous. ■ Kiis il ajoute ailleurs \D« iàei. u) ^^

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négociants chrétiens se distinguaient des autres eo bannissant la cupidité de leurs cœurs. Eusébe dit à son tour (Demonitr. evangel. I. i. c. 8. 50) que les premiers chrétiens ne dédaignaient ni l'agiiculture ni le commerce. Hais en toutes choses ils étaient modérés, fuyaient la cupidité et la passion des richesses (Lactant. Inst. divin, c. xvui. — Cypr. De laps. p. 123. edit. 1682).

Une fresque récemment découverte au cimetière de Sainte-Sotére (Y. De* Rossi. Roma soH. t. m. ta?. un) offre un sujet d'autant plus curieux qu'il est unique dans son genre parmi les peintures cimelériales, qui, comme on sait» admettent bien rarement des scènes de la vie réelle. C'est une marchande de légumes représentée dans la lunette d*un areotolium. Malgré l'ouverture qui y a été postérieurement pratiquée pour rétablissement d'un loculuif abus dont on a tant d'exemples dans les catacombes (V. VarL Ad iandoê) , on distingue aisément une femme debout, vêtue d'une tunique talare, jaune, ornée de clavi de couleur obscure ; et sa profebsion est déterminée par la présence des objets de son industrie : ce sont, sur des banquettes, dans une corbeille au-dessous, et sur une sorte d'escabeau, des herbages étalés pour la vente. L'bufflble profession de cette femme contraste singulièrement avec la sépulture distinguée et relatirement luxueuse sous un arcoiolium richement décoré.

5* 11 y eut souvent au service des empereurs païens, famuiitium aulicum, des afl'ranchis chrétiens, qui remplissaient auprès d'eux diverses charges, celle de scribe, par exemple, ou de secrétaire, appelé commentariensis (Lami. De eitidit, aposl. p. 250), ou encore librarius (V. ce mot), celle de iabellariuSf espèce de courrier, selon Du Cange, chargé de porter les lettres de l'empereur. Passionei (124. n. 84) nous fait connaître l'épitaphe d'un de ces fonctionnaires : rvfvs tabella || BvsDEPosiTvs m idv||dec; celle d'arcartiM, gardien de la caisse, celle de cubiculariui, gardien de la chambre du maître. Plusieurs cubicularii d'empereurs reçurent la palme du martyre, entre autres Hyacinthe, cubicularius de Trajan, qui, après avoir subi divers tourments, mourut de faim dans sa prison (MartyroL rom. v non.julii). On peut citer encore Lucien, prévôt des cuhiculani de Dioctétien, qui avait converti beaucoup d'officiers du palais, entre autres Dorothée, Pierre et Gorgone, qui furent martyrs (Tillemont. Hist. eccl, 1. v. p- 7 8. 180). Huratori (p. 1857, 411. 541. 398 et dlihi) rapporte un grand nombre d'inscriptions de cubicularii^ et Eusébe [Hiit. eccl. 1. vi) dit que la plupart des fonctionnaires de la cour de Sévère- Alexandre étaient chrétiens (Y. l'art. Cubicularii).

Les fonctions de silentiaire avaient sans doute beaucoup d'analogie avec celles des cubiculaires. Gruter cite (mlui. 10) l'épitaphe d'un chrétien qui les avait exercées : ex. silbntiario. iacri. palatii. La charge de vbstitor imperatoris, désignée quelquefois par les mots vestiàrivs avgvsti, était exer-

cée par un chrétien sous le sixième consulat d'Honorius, c'est-à-dire en 404 (Bosio. p. 149). Nous avons aussi, dans une inscription de Trêves (Le Blant 1. 582), un • gardien de la pourpre impériale », nommé Boniface, boiiifati a veste sacra. Le séjour prolongé des empereurs dans cette TÎlle explique pourquoi beaucoup de marbres de ce genre y ont été trouvés. M. Le Blant (p. 375) donne encore celle d'un « courrier de l'empereur » de la même provenance : vrsagivs cvrsor DOHuncvs.

Nous avons Tépitaphe d'un archialer ou princepi medicorum (Aringhi. i. 415), nommé Timothée. Les archiatri étaient au nombre des hauts fonctionnaires de la cour impériale (Àlciat. 1. n. tU. \00. De comitibus et archiatris). Le même auteur {Ibid. 417) donne l'inscription d'un êcriniarius, archiviste, ou gardien des archives, fonction importante, souvent mentionnée dans les lois romaines et qui exigeait des connaissances fort étendues.

La profession de grammairien, qui revient fréquemment dans les inscriptions païennes (Gruter. p. 651. 9. et 1035. 5. et 6. — Reines, class. i. p. 215. clasi. XI. p. 647. 111), se rencontre plus rarement dans celles des fidèles. Passionei (p. H 5) rapporte néanmoins Tépilaphe d'un Boniface qui l'exerçait. Nous avons dans le recueil de M. De' Rossi celle d'un maître d'école, magistbr lvdi (i. n. 1242), et aussi celle d'un maître de littérature,

■AGISTER LVDI LfTTERARII (ïbld, T\. 1167).

La profession d'échanson, pincema^ se rencontre plus rarement. Elle fut néanmoins exercée par un chrétien, auquel Oderico donne le titre de martyr {Vet. inscr. sylloge, p. 25Ï) : ahtiloco pihcbruab II Q. ▼• A. XXX. Le corps de cet Ântilocus avait été trouvé au cimetière de S. Saturnin, accompagné d'un vase ensanglanté.

6* Les inscriptions sépulcrales des catacombes mentionnent fréquemment les offices de monétaires (Aringhi. i. 416), de rationalts, probablement comptable, receveur ou administrateur du fisc (Id. 117), de scutarius, fabricant de boucliers; ceux de vendeurs de pourpre, dont il est déjà question dans les actes Actes des apôtres (xvi. 14), de sculpteur (V. l'art. Sarcophages, IV), de peintre, de fabri argentarii, ferrarii, lignarii; M. De' Rossi (i. 142. n. 518) transcrit le litulusd'un peintre nommé Aurèlius Félix : ADR. PELn PICTOR || CU ARTONio ET Syagrio conss : la date est Tan 582 ; de lapidaire, de potier, d'apprêteur de peaux, de fabricant de tentes pour les soldats, de tisseur, de charbonnier, de charpentier, de pêcheur, et une foule d'autres professions dont le lecteur studieux trouvera une curieuse et savante nomenclature dans l'ouvrage de Lami [De eruditione apostolo^ rum. p. 184. 476). Le P. Marchi (p. 26), après Bosio, nous fait connaître l'épitaphe d'une vendeuse d'orge , épitaphe d'une incorrection tout à fait en rapport avec l'humilité de la condition de cette femme : db biaroba || pollbcla qvb ordev BEHDET DE BUNOBA, ot (p. 28) cclle d'un tissouf d'étoffes de lin, urtbarivs. La profession de bou-

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langer est aussi quelquefois mentionnée sur les marbres : bitalis pistor (Rossi. i. p. 212. n. 495), et dés le cinquième siècle, celle de pasUllarivi^ qui sans doute différait peu de la précédente» car ce mot signifie faUeur de pelili pains (Forcellini. ad h. V.) ; Huratori (527. t) a publié Tépitaphed'un MARGELLTs patfon de la corporation des pagteUarii ;

LOCYS.... MARCBLLI 1 1 PATROM COKPORIS PASTBLLARlORTM.

On lit dans fioldetti (p. 416) une inscription intéressante, dans laquelle un chrétien nommé lt-

CILIVS V1CT0RIRT8 est qualiÛé d'ARTIFEX. ARTIS. TES8B-

RARiE. LvsoRii (11 faut lire sans doute tesserarub). La profession de cet homme était donc celle de fabricant de dés à jouer» tait, auxquels on donnait aussi le nom de tesserœ lusoriœ. On ne s'étonnera pas de voir un chrétien exercer ce métier, quand on se souviendra combien on a trouvé dans les catacombes d*objels de ce genre et d'autres ayant avec eux plus ou moins d'afllnilé, et se rattachant à la même industrie (V. Tart. Jeu [TabUi de]).

Plusieurs collecteurs (V. Garrucci. Yelri. tav. xxxix-6) ont donné un curieux fond de tasse représentant un tailleur d'habits à son comptoir, et, au milieu de la boutique» un chaland essayant un vêtement. D*autres habits sont suspendus à une traverse au-dessus de la tète du veiiiarius. Des scènes de ce genre se voient souvent sur les murailles des maisons de Pompéi (Y. Le antichità d'Ercolano, t. ni. tav. xui) et ausbi sur un sarcophage publié par Gori (Inscr. aniiq. t. m. tay. xx).

Reinesius (n. 820) a dans son recueil une inscription mentionnant la profession de svtor, cordonnier. Parmi les professions d'un ordre inférieur qu'exercèrent les chrétiens des premiers siècles, il faut compter celle qui nous est indiquée par cette courte épitaphe : locvs. fortvrati. corfectorari (Muratori. cmliy. 5). Nous voyons par une inscription du recueil de Gruter (cgclxi. 5) que cette appellation peu commune désignait les artisans que nous nommons charcutiers, et qu'ils formaient une corporation avec les svarii.

On remarquera que, à l'époque primitive, les fidèles étaient réduits par la pauvreté, qui était

Tapanage de la plupart d'entre eux» à exercer les métiers les plus humbles, ce qui les fit appeler par JuTénal (Sot, iv. vers. 150) du nom injurieux de cerdoneiy qui équivaut, dans notre langue, an root trivial gagne-petit. Ainsi, nous avons rinscriplion sépulcrale d'un capsarius (Harchi. p. 27)» soit gardien des habits des baigneurs dans les thermes publics. L'usage dans la primitive Église était de graver sur les tombeaux les instruments de la profession des défunts. On peut voir de longs détails à ce sujet à l'article Instruments divers swrUttom' beaux,

PROPHETEA. — Ce mot désignait dans Tantiquité des églises ou mémoires érigées en Thooneur, ou plutM sous le vocable d'un prophète. G*est ainsi que, dans le concile de Constantinople, célébré sous Mennas (Âct. m. t. v. Concil. p. 67), il est fait mention du propheteum d'isale, m «p&çit- Tttcu TcO à'^ficu 'HaaÎGu. Théodore le Lecteur dit aussi (lib. u. p. 508) que les restes du prophète Samuel avaient été déposés dans un temple érigé en son honneur, iy tm icpc^Y^TEtu àuT&D, inpropketeoipma.

Par la même raison, les églises des apêlresétaieut appelées aposlolea. C'est sous ce nom que Soioméne (Hist. eccl, lib. ix. c. 10) désigne la basilique de Saint-Pierre à Rome, et encore celle des Saints- Pierre- et-Paul que Rufin, personnage consulaire, avait construite dans le faubourg de GhalcédoiDe, en l'honneur des deux apôtres, assignant lui-même à cet édifice la dénomination d'aposioleum, flb> «ToXiûv t( auTôv ttvopiaffi (Consultez l'article to/îques chrétiennes),

PnOPIIÊTES. — fios monuments anliqoes montrent assez fréquemment des prophètes de l'ancienne loi, représentés dans des scènes historiques ayant un sens figuré, applicable, soit aux faits, soit aux dogmes de la nouvelle alliance. Ainsi Noédaos l'arche. Moïse dans les principales circonsUnoes de sa carrière, Daniel dans la fosse aux lions, Élie enlevé au ciel, Ëzéchiel évoquant les morts, Totùe avec le poisson miraculeux, Jonas dans les diverses vicissitudes de son rôle de prophète. Job dans si détresse, Joseph le patriarche, David avec sa fronde, etc.... Chacun de ces personnages a dacs ce Dictionnaire son article spécial.

Mais les prophètes prophétisant, c'est-à-dire figurés dans l'acte même de leur prophétie, et placés en face des objets prédits par eux, ceci constitue une rareté archéologique qui ne devait se révéler que de nos jours, grâce à la découverte de nouveaux monuments.

U existe au cimetière de Saint-Calliste une belk fresque, qui fut publiée par Bosio (Roma iotUr. p. 255), et que M. Perret a reproduite (Cûidcomte. vol. I. pi. xxi) dans l'état de mutilation où elle se trouve aujourd'hui. En voici un croquis fidèle. Oo y voit un personnage à l'aspect vénérable, debout, élevant la main droite avec le geste de l'aliocutioo, et portant un regard inspiré sur celte scène représentée devant lui : des tours, expression abrégàî

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d*uDe ville, en tTant desquelles est une femme assise, tenant un enfant sur ses genoux. La planche

tde M. Perret n'a plus que le personnage debout, le reste a péri.

^ Bosio a?ait distingué dans ce per- -^ ^ sonnage un prophète, portant ses regards sur une ville • à laquelle il prédit quelque chose », mais sans ratlacher à ce sujet le groupe de la mère et de Tcnfant, et sans même assigner à la cité une attribution quelconque.

Or Yoici que les travaux dirigés par la Commission archéologique des catacombes viennent de révéler au cimetière de Priscille un tableau ayant avec celui-ci les plus frappantes analogies, mais avec des caractères plus tranchés qui ouvrent la voie à une interprétation plausible. Ici, en effet, il y a aussi une mère avec son enfant; mais au-dessus de leur tète brille une étoile, que désigne du doigt le personnage debout, portant de la main gauche un volume roulé.

Il est évident que nous avons ici la Ste Vierge Marie avec son divin Fils, et Tétoile miraculeuse. Quant à la figure debout, M. De* Rossi (imagini tcelte délia beala Vergine Maria traite dalle calacombe Romane, p. 8) n'hésite point à y voir un prophète, et, dans ce prophète, Isaîe qui a prédit l'enfantement de la Vierge, et, en vingt endroits de ses oracles, annoncé Tastre et la lumière salutaire qui devait dissiper les ténèbres du paganisme (Isa. a. 2. Lx. 2. 3. 19. — Luc. i. 78. 79). El en eiïet, le personnage en question se présente avec des attributs qui s'opposent absolument à ce qu'on le prenne ou pour S. Joseph, ou pour un des Ma- ^es, comme on serait porté à le supposer d'après d'apparentes analogies.

,tra-^

Nous pensons que le sens de la fresque de Saint- Calliste se trouve ainsi éclnirci : le geste du prophète, qui désigne en même temps, et lA Vierge et les tours, semble annoncer la gloire de Bethléem

où devait naître le Sauveur du monde : « Et toi« Bethléem Ephrata, s'écrie le prophète Michée (v. 2), la plus petite entre les villes de Juda, de loi doit venir celui qui dominera surlsraél, » et tu Bethléem Ephrata y parvulus es in millibm Juda: ex te mihi egredietur qui $it daminator in hrael. Des compositions de cette sorte ne durent pas être rares dans l'antiquité, bien que peu d'exemples en soient arrivés jusqu'à nous. Elles devinrent plus fréquentes dans les bas temps ; M. De' Rossi cite (loc, laud.)f entre beaucoup d'autres, une grossière sculpture du neuvième siècle transportée de Fiesole dans une église de Florence, représentant deux prophètes dans la même attitude et le même vêtement que celui du cimetière de Priscille, et se tenant aux deux côtés de la Ste Vierge.

Mais voici quelque chose de plus clair encore. La gravure reportée à la page suivante est la reproduction d'un fragment de verre doré que le P. Gamicci a publié dans la Civittà cattolica (série V. vol. 1. p. 692). Le premier compartiment à gauche représente un personnage debout, la main étendue vers une figure radiée, qui tient un globe entre ses mains ; à leurs pieds est une ciste et un volume qui en sort presque en entier. La figure radiée n'est autre que le Rédempteur lui-même, devant lequel se tient le prophète Isaïe, qui si souvent, et en particulier dans le soixantième chapitre de ses prophéties, compare le Messie au soleil, à une lumière resplendissante qui doit remplacer pour Israël les astres matériels qui éclairent le monde : « Le soleil ne t'éclairera plus pendant le jour, la lune ne luira plus sur toi : le Seigneur lui-même sera ta lumière éternelle, et ton Dieu sera ta gloire, » non erit tibi ampliuê toi ad lu-' cendum per diem, nec splendor lunœ illuminabit te : sed erit tibi Dominus in lucem sempiternam, et Deus tuus in gloriam luam (lx. 10).

Le volume, comme on voit, a des dimensions plus grandes que ceux qui s'observent en si grand nombre dans les monuments de toute sorte et en particulier dans les fonds de coupe. Ceci trouve encore son explication dans le texte du prophète, car il s'agissait d'écrire le plus grand événement qui se soit jamais réalisé dans le monde, c'est-àdire la naissance d'Emmanuel du sein d'une vierge, et pour cela Dieu lui-même lui avait ordonné de choisir pour y consigner cet événement « un grand volume », iume tibilibrum grandem (Is. vui).

Le second compartiment fait voir une femme en prière qui n'est autre que la mère de Dieu, entre deux arbres qui représentent les deux Testaments. C'est elle que le prophète montre de la main avec une admiration mêlée de respect: Et acceui ad prophetinam, et concepit et peperit fi" lium (Ibid» 3), » je me suis approché de la prophétesse, et elle a conçu et mis au monde un tUs. »

L'identité du prophète ne peut pas être mise en doute, non plus que l'interprétation de toutes ces figures que nous empruntons au savant jésuite. Car dans la dernière section de ce précieux monu-

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ment est laaîe enlre deux salelliles qui sont occupés i le scier avec une scie de bois. Or on sait qu'il éiail de Iradition cheï les Juifs que ce prophète avait subi un tel supplice, pour avoir annoncé avec trop de hardiesse à Manassé la parole divine et surtout la venue du Messie. 8. Jérôme atteste que cette Irailiiion s'était propagée et mainlenue jusqu'i l'époque où il vivait. Il assure même que les chrétiens inier prêtaient d'Isnïe les mots lecti «uni: « ils ont été sciés. » qui font partie de l'énumération que donne S. Paul {Hehr. ii. 37) des supplices infligés au* Saints : Unde et noitronm plurimi illad, quod de pauione lanctorum ad Hebrœot poni-

au festin de Didon, celte reine passa la coopt i

BjthiaB(V. 127) r

Bœc propinavil B)tbûe pulcbcrrimi Dldo In païen...

La description de Virgile doit être citte, comme donnant une idée de l'usage antique (£Kid. 1. 1. 75Gse([q.)i

Diiit et in menum lilicum liluTil honoreni, PnmiqDE, libito iumma teniu idligil ort. Tune Billiic d«dit incnpilinii ille ImiHecrhgibit

Le jpTopinare était u

représentations de prophètes, et en-

coren'en trouvons nouspasdanslesplus:

flelledeCapoue {Ciampini \el mon t ii tab uv) datant du huitième siècle seulement produil Jérémie et Isale, accostant Notre^Seii^neur, représenté en buste tnc'ypeo(V. V?iri. Imagine» clypealœ). Les deux projihéles tiennent chacun un phylactère déroulé où sont éails des passages légèrement altérés de leurs prophéties. PourJérêmic : rasTissmi ■iG!iiFi>TiNB 1 1 (dans le texte, magne et poten» [nui.

18]) DM EIEHCITITH ROHIN TIB1 ; — pOUT U3Ïe: ECCI DH9 ta m FOHTITVOIDK {| VEIIIBT ET »À CBHI

Eivs [dans le texte, byachium tjut [Is. il 10.]) nom-

HANTVB.

PROPIKAnE, l'hilolésie. I. — Dans leurs festins, les anciens avaient coutume de passer, après ; avoir légèrement trempé les lèvres, la coupe ï leur Toi?i[i de table, ou à toute autre personne qu'ils désignaient par son nom. Cela s'appelait propinare. — Propinare, dit Forcellini {Lexie. lotiat lati»il. ad h. v.), tU probibere, teu prœguilalo letUervino, poealum atteri offerte. I^tte coutume semble avoir pris naissance dès la plus ancienne période de la civilisation des Grecs, à la langue desquels le root lui-même est emprunté : Tiponiiu. Nous savons en effet par Homère (Hiad. iv. v.) que, au jour solennel qu'ils appelaient 7t>.cr)iaiiv, les princes des Greci se faisaient apporter des coupes d'or et d'argent, et que, après j avoir eui-mémes godlé, ils les offraient à quelque convive de leur cboii, lequel devait leur faire raison. Juvéna) se sert du mot propre propinare pour rappeler que,

â entretenir les sentiments affectueux et les relations anii^s- Âussi le propinare imi liquail-il loujoun ur Mohait de bonne santé et de bonheur en général. ^<pinare talutem, comme nous lisons dans Pbul' (Sich. m. S. 15). Gelasimus, le parasite, dit à sta amphitryon : Zhi déni quœ tit .'.., Propino im ululem plenit faucibu*, • que les Dieux t'HCordentce que lu désires... Je porte la santé i plane gorge, > formule familière à la race des jonm

Celte marque d'amitié pouvait bien n'être p» toujours sans inconvénient. Ainsi Martial (n. I^i loue un certain Uerrous, à la bouche félide, iect qu'il faisait grâce à son prochain d'oneielleonu^ tobie :

S' On bavait en l'honneur des dieux qnel'u voulait se rendre propices, et la coupe qui '«'>' dait en cette intention, à la fln du repas, s'ippelait craler boni Dei, ou boni genii. La coupe ellemême portait quelquefois la formule de ce iwl. comme nous dirions aujourd'hui. Ainsi un verre i fonddor, du recueil du P. Carrucci iV'tW. U'xxiv. n. t ), offre cette légende, qui est un édunlillon du genre ; oantis bi constistu a loiiM •■" cvLU icERKKHTt>o FKUCEF BiuTts. C'est Une inMOlion à Hercule nchérontique en faveur desépoui OrÛtus et Gonstantia, souhait de fècoodilé et de vie fortunée. Les époux sont représentés en bo* et entre eux est une statuette d'Hercule. Un »«

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Terre ou se Toil le même demi-dieu donnint la puin à Minerve {Ihid. 8), fait lire une acclamalron à peu prés semblable : • Tiche, qu'Hercule achéroutjque te soit propice ! • Le but d'une telle in- Tocitipn en faveur de nouveaui époux était de leur <^lenir des enfants robustes et intrépides comme flercule lui-même.

Le caractère religieux de l'usage qui nous occupe éiait lellement connu, que les Pères de l'Ëgli^^e ne manquaient pas de détourner les Ililèles de prendre part à un acte tenu à bon droit comme idolitrique. S Zenon [Tract, v. 9) fait obserrer aui Ceoimes chrétiennes qui épousaient des maris piens, combien cêtail une chose incon»enante deboirr le vin offert audémon, en le puisant dans la coupe d'un mari infidèle : reliquiat poculi propinali lambendo labrit exhaurii, (ulwrique hauttuê quui qvatdam primiliai ampieari», totum prornu iniquilati» tpiritum bibent eoneîpit per maritum inftlix,jam jdu$ in le eil quam in templo remani • Malheureuse! il ; •'< niaintenanl en loi ap es aroir bu) plus qu'il n'est reslé dans le temp e

II. — La praiiqueeonstanlederËgliseduG rst i son origine (ut de se confirmir, dans la t e c file, aux usages de l'anliquité, tout en les s ne liRanl, s'il y avait lieu de le faire, par le souffle (te IVsprit nouveau. C'èl.iit un moyen dé ou n mais elQcace, de simpliner et d'abréger sa lui e centre des superstitions qui, heurtées de ron eussent longtemps peut-éire résisté au Ira a I de rénovation sociale qu'elle avait mission d'accomplir. Au lieu de supprimer la coutume pa enne DD la r«mplatait par un usage chrélien correspondant, les idolâtres buvaient en l'honneur de leurs dieux ou de leurs héros, les chrétiens vidait-nl la coupe en l'honneur de Jésus-Christ el des Saints, ou encore au repos des dérunls.

Une anecdote racontée par S. Grégoire de Naliaiize (Oral. amtr. Julian. p. S) constate le fait et de plus le soin extrême qu'avaient les fulèlcs d'éviter en ceci loule partic)p:ition aux pratiques des pali'ns. « Quelques soldats chrélifns, dit ce Père, induîls en eireur par Julien l'apostat, étaient tombés d:in3 l'idoUtrie. Or, êtout de retour dans leur maison, ils semirent à table, et saisissant la coupe, selon l'usage, ils invoquèrent le ChmL en élev.mt les yeux au ciel et faisant le signe de la croix. Mais un de leurs compagnons qui savait ce qui s'était passé, s'écria indigné: Qu'est-ce que cecil Vous invoque! le Christ, après l'avoirreiiié ! Couverts de confusion, ces soldats allèrent confesser leur faule. el protestèrent à haute voi.^que, en dépit du piège où ils s'étaient laissé surprendre, ils n'avaient jamais cessé d'êire chrétiens. Le même fait est rapporté par Soiomène (1. v. c. 1 7) et par Théodoret (I. Ml. c. 17), mais ce dernier ne fait point mention de l'invocation au Christ.

Les formules acctamaloires qu'employaient les chrétiens étaient adaptées i ia nature des repas ou agapes qui se célébraient parmi eux et qui éuienl de trois espèces (V. l'art. Agapes). La plus aine la plus vague de ces icclama-

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lions (V: ce mol), était le rit iiskb • Bois. Vis I > D'autres étaient plusexplidles, par exemple: >ibas nr r*cB DEi, < Bois dans la paix de Dieu I * (Buonarruoti. Cctri. tav. v. I), et celle-ci: bisai cra EVLOGM ( Bois, ou vis avec Eulocia, ton épouse. > tlle est plus complète encore dans'un verre de ta même collection, où l'amphitryon, en donnant la coupe à son voisin, lui enjoint de la transmettre à son tour à un autre convive : Dicai

tav. XV. i), ■ Le plus digne des amis, bois et vis avec tous les tiens et porte i Ion tour une santé. * En voici un où est inscrite la même légende avec une légère variété (pour la formule pia ibies voyei l'art. Aeelamation, I, 1*. — Fabrelti. Iiucr. 595).

Comme nous l'avons dit plus haut, les Saints étaient souvent invoqués dans ces circonstances ; et S. Eusèbe d'Alexandrie explique ain>i, dans unede ses homélies, l'esprit de celte pratique (ffomil. vin. p,669,Bdit. Mai. t. IX. CoHect. Yatie.): .Les saints martyrs au nom desquels vous célébrei les agapes, y interviennent, et celui qui traite ses frères au nom des martyrs, reçoit à sa table les martyrs eux-mêmes. » Le sens un peu vague de ce passage est déterminé d'une manière précise par les formules acclamntoires qui se lisent sur un grand nombre de funds de coupe, celle-ci, par exetnpie, où S. Laurent est invoqué : tito vivàs ih houwb u- THiii {Lawenlii) {G.irrucci. Yelri. lav. xx. 2) Et tel éliiitle motif decetle sainte joie* laquelle les chrétiens s'ei^citaient les uns les autres, et qui présidai! toujours à leurs repas fraternels: sres RiLABiE iizEs cvi Tvis (BuonarT. lav. ii. 1). Ce pieux usage existait en Afrique, et nous savons par S, Augustin (vi. S) que sa sainte mère apportait aux jours de fèie une petite coupe pleine de vin mèlè d'eau : Honique commençait p:ir y tremper elle-même ses lèvres, pour se conformer à l'usage: et s'il se trouvait dans le lieu de l'agape plusieurs tombes saintes, elle faisait circuler la coupe à la ronde.

La coutume de boire en l'honneur de lésu»-

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Christ et des Saints pénétra chez tous les peuples chrétiens, même chez ceux qui sont en dehors de ia race latine. Elle existait chez les Bulgares, au rapport d'un ancien auteur cité par Habillon (In prœfat ad tœc, ti Bénédictin,) : qtiondam in terra Bulgarorum quidam nobilis potentque paganus bibere me féliciter pelivU^ ut in iltius Dei amore, qui de vino $anguinem suum fadt, « jadis, dans la terre des Bulgares, un noble et puissant païen me supplia avec instance de boire pour Tamour de ce Dieu qui du Tin fait son sang. » On voit que ce païen avait déjà une teinture de christianisme, et qu*il n*ignorait pas le dogme de la transsubtantialion.

Janus Delmer (Cf. du Cange. ad voc. Bibere) rapporte dans ses commentaires à Tancien droit aulique de Norvège (p. 534) qu'autrefois les Danois et les Norvégiens étaient dans Tusage de boire, le jour de la nativité du Sauveur, en mémoire de S. Olaus qui avait apporté la religion chrétienne dans ce royaume, et que cet usage avait été introduit afin d'abolir les superstitions païennes (Y. aussi Bartolini. Ântichità di Danimarca, 1. i. c. 8). Car auparavant ces peuples buvaient en mémoire et en Fhonneur d'Odin, de Thorus, de Niordus et de Treja, leurs fausses divinités. Cet auteur ajoute que, à répoqueoù il écrivait, la même coutume subsistait encore en Islande; on y buvait, non-seulement à Toccasionde Noël, mais encore dans les festins de noces et autres, en Thonneur de Dieu le Père et de Jésus- Christ, et Ton voyait chez les habitants de ces contrées des cornes, ou rhytons (rhytium), dorées ou argentées, qui servaient à ces sortes de libations.

La formule de ces libations était solennelle et mérite d*être citée; elle nous a été conservée dan s la vie de S. Wenceslas par Christian de la Scala (p. 56 ap. du Cange. loc. laud.) : < Se rendant de nouveau dans le lieu du festin, raconte cet auteur, il saisit une coupe, Téleva en présence de tous les convives, et prononça à haute voix'cos paroles : In nomine Beati archangeli Michaelis^ bibamtu hune calicem, orantes et deprecantei, quo animas noslras inlroducere nunc dignetur in pacem exultationis perpetuœ, « au nom du Bienheureux archange Michel, buvons ce calice, le priant et le suppliant qu'il daigne introduire nos âmes dans la paix de Taliégresse éternelle ! » Et comme les fidèles lui eurent répondu d'une seule voix : Amen ! il vida la coupe, donna à tous le baiser de paix, et regagna son logis. •

111. — Mais on conçoit que la sainteté même du but que Ton se proposait dut servir de prétexte à beaucoup d'excès. L'on se croyait obligé de répondre à des toasts portés en l'honneur de Jésus-Christ et de ses Saints, en mémoire de personnes vénérées, et alors on dépassait les bornes de la tempérance (V. l'art. Agapes, n* 5). Dés le troisième et le quatrième siècles, nous voyons les Pères s'élever avec douleur et véhémence contre de tels abus, c Que dirai -je des provocations des buveurs, ditS. Ambroise(De Elia et jejunio. c. 17) T

Pourquoi rappeler ces serments insensés que l'on ne croit pas pouvoir violer sans se rendre coupable ? Buvons, disent-ils, pour le salut des empereurs, et que celui qui ne boira pas soit réputé avoir forfait k son devoir envers eux : celui-là en effet semble ne pas aimer l'empereur, qui refuse de boire à sa santé I Buvons au salut des armées, à la valeur des chefs, à la santé des enfants! Et ils croient que de tels vœux montent jusqu'à Dieu I...0 folie des hommes qui regardent Tivressc comme un sacrifice ! Bibamvs, inqmtant, pro talute imperatorum, et qui non biberit nt raa in devoUone; videtur enùn non amare imperaUtrem, qui pro ejus saluU non biberit. Bibanaa pro mluie exercituum, pro comitum virtute, pro filwm sanitate; ethœcvotaadDeum pervenirejudicant!... 0 stultitia hominum qui ebrietatem tacrifàm putant!

Le même abus existait en Afrique, nous en pouvons juger par ce passage de l'auteur de Touvrage De duplici mariyrio^ traité attribué à S. Cyprien et qui s'imprime à la suite de ses œurres: c L'ivrognerie est tellement commune dans notre Afrique, qu'elle n'est presque pas regardée comme un crime. Ne voyons-nous pas, aui mémoires des martyrs, des chrétiens forcer d'autres chrétiens ï s'enivrer, an non videmus ad martyrum memmam christianum a diristiano cogi ad ebrietatem ? Pens^ t-on que ce soit là un crime moindre que d'immoler un bouc à Bacchus, » an hoc levius crimen em duàmusquam Baccho hircum immolaref

S. Augustin exhale à ce sujet des plaintes non moins éloquentes : Per inimicam amicUiam {Sem. 251. De tempore)^ adjurare homines non enûxt' cunty ut potum amplius accipiant quam oporiA; qui enim alterum cogit, ut se plus quam optti eU bibendo inebriet, minus malum ei erai, à camm ejus vulneraret gladio, quam animam ejvi ptr ebrietatem necaret. Ceria bibendi lege contendiiVf qui poterit vincere laudem meretur ex crimine, « par une amitié ennemie, on ne rougit pas d'adjurer des hommes à boire plus qu'il ne confient; celoi qui contraint un autre à boire au delà du besoin et jusqu'à s'enivrer serait assurément moins coopable s'il eût frappé sa chair avec le glaive, plutôt que d'avoir tué son âme par l'ivresse. H y a une espèce de lutte à qui boira le mieux, et celui gai l'a emporté obtient des éloges pour son crime. »

Assurément rien n'était plus éloigné de l'espnt chrétien que de tels désordres ; ils étaient rcnoovelésdes plus mauvais temps du paganisme, alors que c'était une vertu de savoir vaillamment porter le vin, que des souverains comme Alexandre contraignaient leurs convives à boire oulre roesore (Plut, in Artaxerx,), et que le roi du festin était en droit d'exiger que chacun bût autant que lujmôme. Dans un festin offert à tous les grands» son royaume, Assuérus donna à cet égard des preuves de modération et de sagesse qui ont mérité les éloges des saints Livres. Bien qu'il y eût a celte table royale des vins de toute sorte et m grande abondance, le roi voulut laisser à cbscan

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