PUR
qu^il consignait entre les mains du diacre, il se nourrissait du sacrement de Tautel.
Y. — Bien que la cérémonie de la prothèse semble propre aux Grecs et aux Orientaux en général, nous ne pensons pas qu^il soit impossible d*en retrouver des traces dans les liturgies de nos Églises occidentales.
Yisconti arûrme (De mUix apparalu. lib. vu. cap. i6} que le rit ambroisien admet, principalement à réglise métropolitaine, et dans les messes solennelles, un petit autel où Ton dépose les vases sacrés et les autres objets n;^cessaires au sacrifice, en attendant qu*on les transporte sur le maîtreautel ; à quel moment? C'est ce qu'il n'explique point.
La procession pour le transport des oblata avait lieu aussi dans TÉglise de Tours : elle partait, non point d*un autel placé dans le sanctuaire, mais de la sacristie. Au moment de rofferloire, le premier dignitaire du chapitre, qui est le trésorier, marche en tête, vêtu du pluvial. Après lui vient un céroféraire et ensuite le sous-diacre avec les burettes de Tenu et du vin recouvertes d'un voile. Après un autre céroféraire, vient le diacre avec la patène, également couverte. Après un troisième céroféraire, un autre diacre avec le calice et le corporal enveloppés dans un voile, sur lequel il porte deux petites tablettes où sont peintes des images de saints et qui servent pour donner la paix. Enfin un quatrième céroféraire ferme la procession, qui fe termine au maître- autel, où Ton célèbre la messe solennelle.
La pratique de la vénérable Église de Lyon, qui porte l'empreinte si prononcée de son origine orientale, se rapproche encore beaucoup plus de celle des Grecs. Ici Tadministration, précédée de répreuve du pain et du vin, se fait dans une des chapelles qui avoisinent le chœur, et la procession pour le transport des oblala est entourée d*une pompe et s'accomplit avec une gravité qui produisent toujours sur les fidèles une profonde impression.
PULPITUM. — V. l'art. Amhon.
PURGATOIRE. —La foi de l'antiquité chrétienne au purgatoire s'établit archèologiquemenl par les innombrables monuments des premiers siècles ou se révèlent des prières pour les morts. Adressées à Dieu pour obtenir le soulagement et la délivrance des âmes, ces prières supposent évidemment qu'on croyait à l'existence d'un séjour intermédiaire d'expiation entre la félicité absolue et la damnation irrévocable. Rien, sous ce rapport, n'est plus ancien, ni plus concluant, comme témoignage de la croyance primitive, que la prière liturgique. Or, au canon de la messe, r£glise demande pour ceux qui ne sont plus, qui dorment du sommeil de paix, un lieu de rafraîchissement, de lumière et de paix : hcum refrigerii^ lucis et pacis ut indulgeas deprecamur. Ces trois demandes, qui se trouvent encore formulées
A.^TIQ. CHRÉT.
dans plusieurs autres parties de la prière publique (Sacram.Gelai, ap. Muratori, Lit. Rom. vet. t.i. col. 749-760), représentent les trois éléments essentiels dubonheurcéleste, tel cfue le type en est retracé par les divines Écritures. Rien ne serait plus intéressant que de parcourir pour cet objet les liturgies orientales, les plus vénérables par leur antiquité ; on y trouverait partout des formules de prière analogues à celles des liturgies de l'Occidenl: c Souvenez-vous, Seigneur, de tous ceux qui appartenaient à l'ordre sacerdotal et qui aujourd'hui reposent, et de ceux qui étaient dans l'état séculier. Faites que les âmes de tous reposent dans le sein de nos saints pères Abraham, Isaac et Jacob (Ut. S. Basil, Alexandrin, ap. Renaudot. i. 72). » c Souvenez-vous, Seigneur, de ceux qui sont morts dans la foi orthodoxe, et qui sont nos pères et nos frères; faites que leurs âmes reposent avec les Saints et les justes. Introduisez-les dans le lieu de la verdure, sur l'eau de la réfection, dans le paradis de volupté, et avec ceux dont nous avons récité les noms (Lit. S. Greg. Alexandrin, ibid. p. 1 13), » et ainsi de toutes les autres, avec de légères différences dans les termes (Y. l'art. Paradis, I).
Et les premiers chrétiens étaient tellement pénétrés de ces idées, qu'ils les ont exprimées sur presque toutes les tombes de leurs frères, sous forme aftinnative ou d'acclamation pour les martyrs et les Saints, et sous forme optai ive ou déprécative pour ceux dont Tadmission immédiate au p iradis leur était encore douteuse. Pour oe pas faire double emploi, nous nous abstenons de répt* ter ici ce que nous avons dit ailleurs nu sujet du rafraîchissement t de la lumière ei de la paix; mais nous prions le lecteur de se reporter, pour avoir une notion complète de la démonstration archéologique du purgatoire^ à nos articles Refrigeriumy Lux et !n pace. Nous nous bornons à ajouter ici celles des formules antiques de prière pour les morts qui ne rentrent pas, ou ne rentrent qu'indirectement, dans ces trois catégories.
I. — Il y a des formules purement oplatives:, exprimant un vœu, un souhait de salut, de vie, do délivrance, de bonheur: Puisses-tu vivre en Dieu, dans le Seigneur Jésus-Christ : vivas ln deo (BoIdelti. 340), ih deo vives (Id. 419), — en eEo> ziicHs, in Deo vivas (Fabretli. 590. cvi), vibas (sic)
LN DOMIHO ZBSU (sic) (Id. 573. 14U), — ACCEPTA SIS
IN coBisTO (Boldetli. 541) — vive ilà in xto deo (Crypte de S. Alexandre) ; — Vis avec les frères ou avec les Saints: viva sis cvn fratrihvs tvis (Boldetli. 419), viBÂS iNTEB sANCTis (Id. 80) : cette dernière inscription date du consulat de Palernus et de Marinianus, en 268 ; — Vis éternellement : vivics IN ÂETERNUM (Perret. V. xxv. 47), vise (sic) in aeterno (Bold. 417); — Repose doucement: lea bene cks Qy xs(requiescas) (Bold. 432); — ispiritvs tvvsbene REQV1ESCAT IN DEO (Maraug. Cosc genl. 45G) ; — Re~ pose dans le bien par excellence: spiritys in ro.no QAEscAT (sic) Perret, v. xxvi. 56); — isriRinsTvvs IN Eoxo (Fabretli. 575. lxii); — ispiritvs tws ix BONO su (Mai. Collect. Vat. v. 4i6). Plusieurs gra/-
RECE
REFR
fiii du cimetière de Galliste expriment des Tœux analogues (V. n. III, ci-après).
II. — Il en est qui recommandent explicitement le défunt à la miséricorde divine; soient pour exemple : Seigneur, je te prie qu'il puisse voir le paradis de la lumière : deys te pregor tt paradistv LYCis possiT YIDERE (Le Blaul. Rép. à une leii, de 1680. p. 13) ; — Que Dieu se souvienne de lui dans les siècles : regorpetyr ipsiys deys in saecula (Ad. S, F. 72. en grec) ; — Que Dieu seul défende ton dme, Alexandre : solys deys animam tyajj defewdad (4ïc) ALEXANDRE (sic), (Pcrrct. Y, LxxY, 6); Seigneur, que jamais Vûme de Yeneria ne soit plongée dans les ténèbres : domine ne qyando adymbretyr spiritys YENERES (Marini, Inscr. christ. 453. 16).
III. — D*auti-es contiennent une prière adressée aux Saints, afin d'obtenir leur intercession en faveur des morts. Citons d'abord celle-ci, où des parents recommandent leur fille à une Sainte nommée Basil ia ; elle se trouve au musée du Latran, où nous l'avons copiée (Sect. vm. n. 17) : domina
BASSILIA COMMANDAMYS (sic) TIBI CRESCENTINU8 ET MICI-
NA FiLiA NOSTRA (sic) GREscEN.... Parmi Ics nombreux graffiti ou inscriptions cursives écrites par de pieux pèlerins aux tombeaux des martyrs, parmi celles surtout que M. De' Rossi a lues au cimetière de Galliste (V. Rom. sott, t. ii. p. 581- 588) et dont la plupart datent des troisième et quatrième siècles, plusieurs recommandent aux SS. papes qui y sont ensevelis (Y. Civittà catlolica. 1854. p. 125) des personnes chères. Par exemple : Oiia petite,.., pro parente (et) fratrihusejus,.,. (ut) vivant in bono. Celle-ci peut s'entendre de la navigation vers le port du paradis : Pet (ite) ut Vere^ cundus cum suis bene naviget, c demandez pour Verecundus et pour les siens une heureuse navi-
gation. » On lit ce graffiio, qui a la même signification que les précédents, dans la catacombe de Saint-Alexandre sur la voie Nomentane : Pro $tlvina ora cum Alexandro (Y. les ai-t. Acdamaiioiu et Graffiti).
lY. — Quelques inscriptions implorent pour un défunt son admission à la vie éternelle, et réclament en même temps le secours des prières de ce même personnage auprès de Dieu : iotuse vibis IN DEO ET R06A (Boldetti. 418) ; — ispiritts reqttes- CAT IN DEO PETE PRO soRORE TVA, « Fais pfoGter ta sœur des premiers effets de ton crédit auprès de Dieu! B
Y. — Ailleurs, l'épitaphe réclame de ceux qui la liront le suffrage de leurs prières en faveur de celui qui repose sous la pierre sépulcrale : qtisqtis
DE FRATRIBYS LEGERIT ROGET DEYM YT SANCTO ET Il^SiO- CENTI SPIRtTY AD DEYM SYSGIPIATYR, < QuiCOnque deS
frères lira (cette épitaphe), qu'il prie Dieu que Ii sainte et innocente âme soit reçue auprès de Dieu » (Lupi. Sev, epitaph. p. 167). Celle de I2 néophyte Stratonice exprime un vœu analogue (Id. p. 54), quoique en termes plus obscurs.
YI. — Habacuc apportant des aliments à Daniel dans la fosse aux lions, sujet mille fois repré>ënté dans les monuments primitifs, passe pour être la figure du soulagement que nos prières procurent aux âmes du purgatoire (V. Aringhi. u. 504. pour les témoignages des Pères). C'est du moins une des interprétations données a, ce type dans Tantiquité ; mais elle n'est pas la seule : les alimeols apportés par le prophète sont aussi la figure de l'eucharistie (Y. l'art. Daniel, I, 2*).
PUniFICATION DE LA VIERGE. - l
Tart. Fêtes immobiles, II, 1*.
REGEPTOniUai. — C'était une espèce de parloir contigu aux anciennes basiliques, et qui s'appela encore salulatorium. U en est fait mention dans S. Sidoine Apollinaire (l. v. epist, 17), Sulpice-Sévère (Dial. n. c. 1), le premier concile de Mâcon (can. 11), Théodoret et beaucoup d'autres auteurs. Théodoret, à propos de Tliéodose (Hist, eccL Y. 18) venant demander l'absolution à S. Am- Lroise, dit qu'il le trouva assis in salutatorio: ce que Scaliger entend à tort de la maison de l'évèque où les étrangers étaient reçus. C'était un lieu faisant partie des dépendances de l'église où l'évèque et les prêtres se tenaient pour y recevoir le peuple, quand il venait réclamer leur bénédiction ou leurs prières, ou les consulter sur des affaires difficiles. Sulpice-Sévère (Dialog. n. n. 1) nous représente ainsi S. Martin assis dans une espèce de sacristie I
et ses prêtres dans une autre, recevant dfô vbitef et s'occupant d'affaires.
RÉCO^fCILIÂTION DES PEIflTE^TS.-
Y. l'art. Pénitence canonique, II.
HEFRIGERIUM. — Le rafraîchisseimt fsi Tun des éléments du bonheur que l'Église implore pour l'âme de ses enfants qui ne sont plus, locv«i refrigerii, lisons-nous au Mémento des niorls ua canon de la messe, ut indulgeas deprecamur. ^ mots sont de toute antiquité dans la liturgie :oa les retrouve dans une oraison ante sepulturaa ou sacramentaire de S. Gélase (Y. Muratori. W- ^^ vet. I. col. 749) : Ut digneris dare fi.... locum refrigerii, et dans une collecte du même monameat liturgique (Id. ibid. col. 760) : Dana omniti^