‹ Dictionnaire des antiquités chrétiennes [microform]Chapitre 237 sur 281 · EPR · texte numérisé non relu

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quorum htc corpora requieêcunt, refrigerii sedem.

I. — Dans son sens direct, le mol refrigerium est ordinairement employé par les auteurs sacrés et ecclésiastiques pour exprimer un repas, et en général tout soulagement ou rafraîchiisemeni du corps par la nourriture. Dans le Livre de la sagesse (il. 1) les méchants désignent par ces mots la cessation des jouissances matérielles pour rhomme au moment de la mort : Non est refiiger'nan in fine hominis; et S. Paul ne caractérise pas autrement la généreuse hospitalité qu'il recevait dans la maison d'Onésiphore (2 Tim, i. 16) : Sœpe me refrigeravit. — Refrigerium conserve la même acception dans les écrivains de l'antiquité chrétienne. Sous la plume de Tertullien, les agapes (Apolog. xxMx) sont un raPraichissement que les riches procurent aux p;iuvres : Inopes refrigerio isto juvamus ; et les tempéraments qu'on apporte à la rigueur du }eùne(Dejejun. x) sont un rafraîchissement pour la chair du chrétien : Carnem refrigerare. En plusieurs passages des actes de Ste Perpétue, le verbe refngerare est pris pour désigner ces repas de charité que les fidèles étaient quelquefois admis à faire dans les prisons avec les martyrs. Ceci parait surtout indubitable dans le passage suivant (AcL ap. Ruin. p. 86. n. xvi). Le tribun traitait les martyrs plus durement, parce que, sur l'avis de quelques gens crédules, il craignait qu'ils ne se tirassent de la prison par des enchantements magiques. Perpétue lui dit : c Pourquoi ne nous accordez-vous pas des rafraîchissements, quid utique non permittis refrigerare, puisque nous sommes de trés-nobles condamnés, les condamnés de César, destinés à combattre le jour de sa fêle? N'est-H pas de votre honneur que nous y paraissions bien nourris, si pinguiores illo producamur? »

Or, le paradis étant souvent, dans les textes sacrés, principalement du Nouveau Testament (Malth. xxn. 2. XXV. 10. etc. — Âpoc. xix. 7. etc.), comparé à un festin, il était naturel que le mot refrigerium, pris au figuré, exprimât aussi le festin céleste : Justus,,,, si morte prœoccupatus fuerit, in refrigerio erit, a le juste, même surpris par la mort, ira s'asseoir au banquet du ciel. » On entend aussi du rafraîchissement à la table du Seigneur ce passage des Actes (m. 20) : Cum venerint tempora refrigerii a conspectu Domini, Tertullien (De idoïot. xlhi) emploie la même image pour peindre le bonheur du pauvre Lazare qui, ayant été, pendant sa vie, repoussé de la table du mauvais riche, est assis au festin éternel avec Abraham : Lazarus apud inferos in sinu Abrahœ refrigerium consecutus; et les prières de la femme fidèle en laveur de son mari défunt ont pour but de lui obtenir ce rafraîchissement si désirable (De monogam, x) : Pro anima ejus orat, et refrigerium adpostulat ei. Il fut donné à Ste Perpétue de voir dans le lieu de rafraîchissement son frère Dinocrate (Act. cap. vm) pour la délivrance duquel elle avait beaucoup prié : Video Dinocratem refrigerantem. L'oraison que nous avons citée plus haut, d'après

le sacramentaire de S. Gélase, et que l'Église récite encore aujourd'hui, semble implorer littéralement pour l'âme fidèle un siège au festin du Père céleste : refrigerii sedem.

11. — Cette idée de rafraîchissement se révèle sur un grand nombre de tombes chrétiennes, soit sous forme d'acclamation en l'honneur des Saints déjà admis aux noces de l'Agneau, soit, et plus souvent encore, comme souhait ou prière en faveur de ceux qu'une expiation passagère en tient encore éloignés. Ainsi que nous venons de le dire, cette formule peut quelquefois être prise pour affirmative du bonheur déjà acquis ; iri refrigerio (Boldetti.p. 418), m refrigerio anima tva (Fabretti. p. 547), — IN REFRIGERIO ET IN PAGE (Gruter, 1057.

JO), -- ra PAGE ET IN REPRIGERIVM (Act. 5. V. p. 122).

Mais le plus souvent c'est un vœu exprimé de la manière la plus claire, soit que le verbe reste sous-entendu, comme dans un titulus reproduit incomplètement par Fabretti (p. 114. n. 283) : 03 REFRiGERivM, OU daus cclui-ci du recueil de M. Perret (v. pi. txi. 5) : dvlcissimo a>tistheni coNivGi svo RKFRiGERivM, soit, ct bicu plus sûremeut encore, quand il est exprimé : victoria refrigereris SPIRITU8 tvs in boso (Wiscman. Fabiola, p. 2), —

AVGVSTVS IN BOND REFRIGERES DVLCIS (Act. S. V

p. 80), — REFRIGERA cvM spiRiTA SANCTA (Maran^oni. Cose. gent. p. 460). La même formule est employée sur un marbre de Fan 291 (V. Boldelti. p. 87.) —

CAIO VIBIO ALEXANDRO ET ATISIAE POMPEIE REFRIUERETIS

(Perret, v. pi. xlvi. 10).

Aucun doute n'est possible sur la valeur de la formule comme prière quand le nom de Dieu s'y trouve invoqué. Et c'est ce qui se rencontre trèssouvent : ANTONU ANIMA D\LCIS TIBI DEVS REFRIGERET

(Boldelti. p. 418), — devs reprigeref spiritvm tvvm (Lupi, Sev, epit. p. 137),— réfrigéra devs animam HOM.... (Perret, v. pi. xxvi. n. 115); spirita vestra

DEVS REFRIGERET (Boldctti. p. 417) ; — CVIVS SPIRl- TVM IN REFRIGERIVM SVSCIPUT DOMINVS (Muratori NOV

thesaur. p. 1922. 1). Le P. Marchi avait trouvé celle-ci au cimetière de Prétextai, et nous l'avons copiée sur son manuscrit; elle est en caractères grecs : devs christvs omnipotens spiritvm tvvm re- FRiGERET. QucIquefois le rafraîchissement est demandé en faveur du défunt par Tint ercession des baints (V. 1 art Samts [Invocation des]).

Dans la croyance constante de TÉglise dès son origine, le purgatoire se compose de deux éléments, souffrance et privation. Le rafraîchissement imploré pour les morts, par l'Église dans sa iturgie, comme par les fidèles dans les inscriptions sépulcrales, doit donc aussi renfermer un^ double Idée : cessation de la douleur et acquisition du bien par excellence, spirhvs tws in bono, comme nous lisons sur quelques tombes ; et c'est ainsi que nous devons Tenlendre, toutes les fois que nous le rencontrons sur les marbres aussi

KELIQUAIRE8. - V. l'art. Encolpia.

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RELIQUES (culte des). — On entend par reliques, dans rËglise catholique, tout ce qui reste des Saints, après le passage de leur âme à une vie meilleure. Dans le sens strict, ce nom s'applique au corps entier et à chacune de ses parties, même les moins considérables, tantillœ reliquiœ, comme s'exprime S. Grégoire de Nazianze (OraL i. Contr, Julian.). Dans un sens phis large, on appelle aussi reliques les vêlements, linges et autres objets qui furent à Tusage des Saints, ou en contact avec leurs corps ou leurs ossements (Y. Suarez. Dispui. t. I. diât. 55). Les Pérès donnent aux reliques une infinité de noms expressifs, selon les différents rapports sous lesquels ils les considèrent. Yoici les principaux :

1* Bénéficia. C'est le terme dont se sert S. Grégoire le Grand, soit qu'il envoie à Dinamius, patrice de la Gaule, des particules des chaînes de S. Pierre dans une croix (Epist, xxxni. lib. 3), cui de catenis ejus bénéficia sunl inserta; soit qu'il fasse don à Brunehaut, reine des Francs, de reliques des SS. apôtres (Epist. li. lib. 5), sanclorum BENEFICIA ; soit qu*il accorde, à la demande de S. Augustin, évéque d'Angleterre, des ossements du martyr S. Sixte (L. 12. Resp. ad interrog, Aug. c«ip. ix), certa sanctissimi et prohaiissimi martyris BEKEFicu. Le procés-verbal de la dédicace de Téglise de Saint-Ânge in foro piscium (V. Boldelti. p. 653), par le pape Etienne II, désigne par ces mots toutes les reliques qui y Turent placées : Hœc sunt nomina sanclorum quorum be.xeficu hic sunt,

2* Benediclio. Le même pape S. Grégoire appelle de ce nom, dans une de ses épitres, une relique de Tévangéliste S. Marc : Suscepimus autem BENEDiCTiONEM S. evangeltstcB Marci,

3** Busta. Ce mot désigne à proprement parler le lieu où Ion brûlait et où Ton ensevelissait les corps (Feslus. De signifie, verb. ad voc. Bustum). Cependant plusieurs auteurs l'ont employé pour désigner les corps en général, et les reliques des Saints en particulier (Surius. m nov, et vu mort,),

V Cineres, Dans un passage bien connu contre Vigilance, S. Jérôme (Epist. lui. ad Repar,) se sert' de cette expression. S. Isidore de Péluse l'emploie aussi dans le même sens (L. v. episL 57) : Si te of fendit quod martyrum corporum cinerek propter eorum erga Deum charitatem honore afficiamus, S. Grégoire de Tours en offre encore des exemples (De Vit. PP, uhi de S. Nacet.), et en particulier quand il parle des reliques nécessaires pour la consécration d'une église, ut eam quorumpiam sanctoi^m cinenbus sacraremus. Et ceci doima même lieu au sobriquet de cinericii imposé aux fidèles par un certain Elindius, parce qu'ils vénéraient les cendres des Saints. Le mot concineratio n'est pas très-différent de celui-ci ; il fut aussi employé, ainsi que favilla sancta, qui se trouve dans les Œuvres de S. Jérôme, favillam sanctam oculis apponentes (Epist. xiv. ad Marcelin.), ut ailleurs pulvis vilissimus, et favilla nescio

quœ,... linleamine involtUa (Âdtf. Vigilant, ad Rip, loc. laud.).

5* Exuviœ. Cette expression se lit dans les actes de la translation de S. Trudon, (Surius uiii nov.) : Concivium suorum pretiossimas exotus.... venerabililer excipienles.

G* Gleba est très-fréquent dans les hagiographes, et exprime la nature matérielle du corps de l'homme, qui n'est plus que terre, gleba, quand il e&t abandonné par l'esprit qui lui donnait la m. Du Cange en cite plusieurs exemples (G/om. lai. ad h. V.).

7* Insignia, C'est ainsi que sont appelées quelques reliques insignes découvertes par lerèque Léotère (Ap. Baron, an. 1008. n. 1) : Reperiam ibi antiquorum sanclorum insignia.

8" Lipsana. C'est sous ce nom que sont désignés les corps des sept vierges et martyres que S. Théodole avait retirés d'un marais où ils avaient été précipités par les païens (Act. S. Tluodol. ap. Ruinart. p. 363) : Venerunl ad paludem.... etucra lipsana abslulerunt.

9* Patrocinia sanclorum (Du Cange. ad h. t.] exprime la protection que les martyrs et les autres Saints accordent aux fidèles en récompense de la foi et de la vénération dont ceux-ci entourenlleurà reliques.

10* Pignora sanctorwn. Celle locution est trèscommune dans S. Grégoire de Tours (HisL Franc. lib. IX. cap. 40 et passim. — Vid, eUam Surium, 6 mari.).

11* Sanctuaria, S. Grégoire le Grjnd nomme fréquemment ainsi les reliques des Saints, et en particulier dans une lettre adressée à Casiorius, évéque de Rimini, pour l'engager à placer œrtaines reliques dans un oratoire (Lib. ii. epist. 9, et hb. I. epist. 55) : sakctuaru smcepla aas rtverentia collocabis (Y. Du Cange. ad h. v.). On a servit aussi du mot sanciuale. Il est dit, dans la Vie de S. Boniface, évéque de Mayence (cap. ^), qu'un imposteur, voulant se faire passer pour uq apôtre, distribuait au peuple ses cheveux et ses ongles comme des reliques, capillos et unçulas suas populis pro sanctuali tribuebat, seductiupopulum,

12* Xenia sanclorum. Ceci exprime surloulies reliques, en tant qu'elles sont offertes à quelqu'un. Ainsi, on lit dans la Vie de S. Bernard (lib. IV. cap. 1) que, revenant de Rome, il rapporta des parcelles précieuses des corps des apôtres et des martyrs : Ex sanclorum aposlolorw marlyrumque corporibus xkru ucum retuUlpreliosa.

— Le culte des reliques remonte au berceau de l'Église. Il commence à S. Etienne, le premier des martyrs, dont les précieux restes sont recueillis avec une tendre sollicitude par des hommes craignant Dieu (Ad, vni. 2), et des documents inoûiDbrables nous permettent de le suivre pas à pas i travers les siècles. L'admirable traité de S. JênSme contre l'hérétique Vigilance (Opp- edit. Martian. t. IV. pars 2) qui avait osé attaquer la croyance et

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