RENO
Basile, qui {De Spirii, Sanct »tii) fait
aux apôtres la pratique en question :
s les autres choses qui se pratiquent au
lème, comme de renoncer à Satan, et à ses
dii^'es, d*oùles avons>nous?... N*est-ce pas de la
tradition apostolique ? »
Pour le deuxième siècle du moins, nous avons le témoignage de Tertullien, et un témoignage qui ne laisse pas de place au doute (De corona milit. m.) : c Avant que d'entrer dans Teau, nous faisons dans Téglise une solennelle protestation entre les mains de révêque de renoncer au diable, à ses pompes et à ses anges, i aquam aditun ibidem, ted et aliquantopriw in ecclesia tub antis- Utit manu, conte^tamur not renuntiare diabolo, et pompœ et angeliê ejvs. U s'exprime à peu près de même en plusieurs autres endroits (De spect. iv.
— Ad martyr, vin. — De habitu tnulier. vi. — De pœnit, VI ).
Nais il est superflu d'insister sur ce point ; les preuves sont innombrables, et nous nous contentons de renvoyer le lecteur aux principaux écrivains qui les fournissent : Origène {In epist, ad Rom.), Pacien {Param. ad. pœnit,),S. Ambroise (1. i. Hexatn. c. 40 — De iitqui myst. init, c. n. — 1. 1. Sacram. c. 2), S. Ephrem(De renuntiat.in bapt.), S. Chrysostome {Hom. xxi ad pop- Ântioch. et homiL vi. in ep. Patd. ad CoIom, t. n), S. Jérôme (i(/ cap. vi Amoe, et ad cap. Matth,), S. Augustin (Serm, cxvi. — Epist. lxxxix, — De mrib. EccL caih. \. ii. — De fide ad catech. c. i. etconcion ad catech. c. i.),S. Cyrille d'Alexandrie (i. vu contr. Julian.), Salvien {De pcenitent. 1, vi),
— Bédé (In Job. vin), S. Grégoire le Grand (LiL Mcrameni.) etc., etc.
Les Constitutions apostoliques renferment la formule même (1. vu. c. 41) que les catéchumènes doivent apprendre par cœur et prononcer à haute voix au jour du baptême : a Je renonce à Satan el à ses œuvres, à ses pompes, à son culte, à ses anges et à ses machinations, et à tout ce qui défend de lui. >
il. — Les Pères ont vu, dans divers faits de TAncien et du Nouveau Testament, des figures plus ou moins claires des renoncements du baptême.
Un des plus évidents d'après Bède (In Job. vui) serait le fait du jeune Tobie jetant une partie du foie du poisson miraculeux sur des charbons ardents, pour conjurer le démon : a Le Seigneur, dit ce Père, voulant s'unir l'Eglise venue de la genti-
lilé commande d*abord à chacun des croyants
de renoncer à Satan, et à toutes ses œuvres, et à toutes ses pompes... ce qui est brûler le foie du poisson sur les charbons ardents. Après quoi l'ange, saisissant le démon, l'encliaine, parce que, Après le renoncement au diable et la confession delà vraie foi, suit la rémission des péchés, le démon étant chassé par l'eau du baptême. » Bède signale les mêmes analogies dans le Syrien Naaman (4 Reg. v. 14), qui s'était lavé sept fois dans le Jourdain et, ayant ainsi purifié de la lèpre sa chair, qui devint comme celle d'un enfant, ce
qui est l'image exacte du changement opéré par le baptême dans les néophytes, iicut modo geniti infantes (i Petr. n. 2), s'engage à ne plus sacrifier aux dieux des nations (Beda, in h. hc.).
Un autre modèle du catéchumène renonçant au démon serait, au sens de S. Anselme (Enarrat. in c. XIX Hatth.), ce publicain de l'Évangile (Luc. v. 27 seqq.) qui, à la voix du Sauveur, abandonna sans hésiter, pour suivre celui qui ne possédait rien en ce monde, et les gains terrestres, et sa parenté et ses richesses, persuadé qu'en renonçant aux trésors de la terre, il gagnait des trésors incorruptibles dans le ciel, c II nous a laissé une forme parfaite de renoncement, puisque non-seu* lement il abandonna les lucres et la gestion des impôts, mais qu'il méprisa le péril qu'il pouvait courir de la part des princes du siècle... i
111. — Raban Maur (De Instit. cleric. c. xxvm) suppose évidemment qu'une première renonciation avait lieu dans le cours des épreuves du catéchumenât icateckizandi ordo hic est : interrogatur paganus, si renuntiat diabolo. Mais elle était intégralement renouvelée au baptême avant les exorcismes, la profession de foi, et les autres cérémonies (Y. Vicecom. Op. laud. 1. u. c. 17), etcela dans l'intérieur du baptistère, comme il parait par plusieurs passages d'Origène (In ep. ad Rom.), de S. Ambroise (De iisqui myst.. init. c.2,et lib. I Sacram. c. 2), de S. Cyrille de Jérusalem (Catech. u myst.). Pour prononcer ce renoncement , le catéchumène était placésur un lieu élevé, afin que les assistants pussent l'entendre. C'est ce que Tertullieii nous apprend de son propre baptême (De pall. v.).
Mais une circonstance qui peut au premier abord paraître extraordinaire nous est révélée par les anciens Pères, et en particulier par l'auteur du livre de la hiérarchie ecclésiastique (c. De bapt.) et par S. Grégoire de Nazianze (Orat. xl. de bapt.), et par Élie de Crète commentant le livre de la Hiérarchie : c'est que le renonçant était dépouillé de ses vêtements, et, c'est du moins l'opinion commune des interprètes de l'antiquité, paraissait dans un état de nudité complète. Aussi ressemblait-il à un athlète appelé désormais à combattre des ennemis redoutables, quasi aihleta Christi, dit S. Ambroise (I. i. Sacram. c. 2), guasiluctamen hujus sœculi luctaturus; et pour rendrecelle ressemblance plus frappante, les catéchumènes, au moment du renoncement, entrelaçaient leurs mains comme pour engager un combat simulé : stant, figuram certaminis explicantes..,. manus compli-cantes (Concil, Cpt. v. act.i).
Cette nudité était encore uneprotestation contre l'orgueil qui a perdu les démons auxquels renonçait le néophyte, et une manière de montrer qu'il entendait se dépouiller du vieil homme et renoncer à toutes les choses du monde.
Nous devons dire cependant que, dans sa seconde catéchèse myslagogique (n. n.), S. Cyrille de Jérusalem suppose évidemment que le catédmmène n'était complètement dépouillé de ses vêtements qu'au moment d'entrer dans les fonts. Jus-