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que-là» il gardait sa tunique, et, pour le renoncement, il n'avait quitté que sa chaussure et son vêtement de dessus. Mais dans les fonts la nudité était absolue, c 0 chose admirable ! dit ce Père, vous avez paru nu aux yeux de tous, et vous n*en avez pas eu honte I C'est que vous reproduisiez limage de notre premier père Adam, qui dans le paradis était nu, et n'en rougissait pas! »
Le néophyte se tenait debout, la face tournée et la main étendue vers Toccident, comme vers la région qu*habile V esprit de ténèbres, dont il secouait le joug (Cyril. Uieros. Catech. i. mystag.). S. Jérôme (In ÂmoSy vi)rexprime aussi clairement : In mysteriis primum renuntiamus qui in occidente est.
lY. — La formule antique du renoncement était à peu prés identique à celle qui est encore en usage de nos jours.
Nous avons vu plus haut celle des Constitutions apostoliques. Dans leurs œuvres, les Pérès en mentionnent d'autres qui n'en diffèrent en rien d'esientiel.
S. Àmbroise(l. i. Hexam. c. 4) : Abrenunciolibi^ diabole, et angelis luis et operibus tuis et imperiis luis, S. Chrysostome (HomiL xxi ad pop. Antioch.): Abrenuntiotibi, SatanSy et pompœ tuœ, et cultuituo* S. Jérôme (In cap, v. Matth,): Renuncio tibij diabole, et pompœ tuce, et vitiis tuis, et mundotuo, qui in maligno positus est.
Il parait que les adultes prononçaient leur renoncement sur une simple invitation. Mais les enfants ou, à leur défaut, leurs parrains, répondaient aux questions qui leur étaient adressées par Texorciste (Johan. Beleth. De divin, office, c. xc), et probablement, du moins dans TÊglise latine, d'après la formule contenue dans le sacramen^ taire de S. Grégoire et qui n'est autre que celle du rituel romain actuel : Abrenuncias Satanœ? Resp. Abrenuncio. — Et omnibus operibus ejus? Resp. Abrenuncio. — Et omnibus pompis ejus? Resp. Abrenuncio.
Une recommandation pressante lui était ensuite adressée de ne plus oublier ses engagements (Ambr. De iis qui myst, init. c. 41) : Memor esto sermonis tui, et nunquam tibiexcidat luœ séries cautionis,» souviens-toi des paroles que tu viens de prononcer, et que jamais ne t'échappe le souvenir de tes engagements. »
C'était aussi comme garantie de ûdélité que la présence de nombreux témoins était exigée, selon le précepte de S. Paul que nous avons vu plus haut expliqué par S. Jérôme.
De plus, ces engagements étaient consignés dans un livre ad hoc (V. l'art. Matricule), dont S. Âmbroise a dit (loc. laud.) : Tenetur voz tua non in lumulo mortuorum^ sed in libro viventium, « ta parole est fixée, non pas dans le tombeau des morts, mais dans le livre des vivants. » Ajoutons ces lignes si remarquables de S. Augustin (lib. iv. Ad catechum. cl): Diabolo vos renunciare professi estis: in qua professione, non hominibus, sed DeOy et angelis ejus conscribentibus dixistis: Renun-
cio, c vous avez fait profession de renoncer au diable : or, dans cette profession, ce n'est pas aux hommes, mais à Dieu et à ses anges, qui ont écrit (vos engagements), que vous avez dit : Je
KESSOHCE I »
Sur l'importante matière qui fait l'objet de cet article, nous ne saurions mieux faire que d'engager les lecteurs à lire en entier la première catéchèse mystagogique de S. Cyrille de Jérusalem.
REPAS CHBZ LB8 PREMIERS CHRÉTU.<C8. — I. —
Tertullien nous en donne une idée complète dans ce passage de son Apologétique (xl) : t Nos repas sont fondés sur la religion. Nous n'y admettons ni bassesse ni immodestie. On ne se met à table qu'après s'être nourri d'une prière à Dieu. On se repait autant qu'il faut pour satisfaire la faim. On boit autant qu'il suffît à des hommes pudiques. Oo mange sans perdre de vue qu'on doit adorer Dieu pendant la nuit. On s'entretient sans oublier que Dieu écoute. Après qu'on s'est lavé les mains et qu'on a allumé des flambeaux, on engage chacun à chanter, au milieu de tous, les louanges du Seigneur, en recourant aux saintes Écritures ou de son propre fonds. Par là on voit comment ila k. La prière termine également le repas. •
Ainsi, i* prière avant le repas, 2* pendant le repas, entretiens édifiants et modestes, 3* après le repas, ablution des mains, suivant l'usage des anciens, 4* puis enfin des chants religieux et encore la prière en actions de grâces. Ninucius Félix (Octavius. p. 308. edit. Ouzel. Lugduui BataronuD. 1672) donne des détails à peu près identiques. « Non-seulement la chasteté, mais la sobriété président à nos repas : nous ne faisons point d'excès et une grave modestie tempère notre gaieté. » Pour n'èti*e point exposés à s'écarter de la sobriélé chrétienne, les fidèles s'abstenaient avec soin de paraître aux festins des idolâtres; et nous \îmi dans les Œuvres de S. Gyprien (Gypr. Epiti u^p. 170 seqq. edit. Oxon.) que, au troisième siècle, un évèque d'Espagne, nommé Martial, ajaiil oublié le soin de sa dignité jusqu'à s'asseoir à on banquet de cette sorte, se vit accusé d'idolâtrie et déposé de Tépiscopat.
La sobriété était une des plus essentielles Terlus du christianisme primitif, et les Écritures ainsi que les ouvrages des Pères nous ont transmis à cet égard toute sorte de détails. S. MalUùeu ne mangeait jamais de viande. S. Jacques (Uem. Alexandr. Pœdag. n. I.) ne se nourrissait que de pain et d'eau, et S. Pierre de lupins, si nous eo croyons S. Grégoire de ^a2ianze (Oral, de cvn paup.). S. Paul avait fait le vœu des naxarècns (Act. XXI. 29) et comme dans son ÊpUre aui A^ mains il proclame (xiv. 21) qu'il est bon de ne pas boire de vin, il est à croire qu'il faisait luimême ce qu'il conseillait aux autres. S. ién^ écrivait à Marcella (Epist. xxxvi. 5) : «Parce que nous ne nous livrons pas à l'ivrognerie, et qn^ nos bouches ne s'ouvrent pas aux éclats d'un nre indécent, on nous appelle continents et tristes. •
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Parmi les principales qualités de la pénitence, Tertullien énumère la « modération du boire et du manger, rien pour la satisfaction du ventre, lout pour le simple soutien de la vie. • Le repas pur dans le style de ces iemps primitifs était celui où Ton ne mangeait pas de viande, et que le même Tertullien (DepœniL i. 9) appelle x^op^^m manducation de chosei sèche*. Prudence (Cathem, hymn. m. 61 ) donne une touchante et gracieuse description de la frugalité d*un repas chrétien :
Sint fera gentibus indomilis Prandia de nece quadrupedum :
Nos oleris coma» nos siliqua Fœla legumine muittraodo Paverit innocuis epulis.
« Aux nations indomptées, — De cruels repas de la chair des quadrupèdes : — A nous les herbages, la gousse grosse de grains nombreux — Nous repaît de mets innocents. >
Le poète énumère ensuite les autres parties du menu de ces repas chrétiens, le lait et le fromage:
Spumea roulctra gerunt uiveos Ubere de gemino latices, Perque coagula densa liquor In solidum coit, et fragili Lac tenerum premitur calatho.
le miel d'Âttique :
Vella mihi Cecropia Neclare sudat olente favus,
et les doux fruits des vergers :
Hinc quoque poraiTeri nemoris Munera mitia proveniunt
Et cette frugalité, outre qu'elle était dans les principes du christianisme, avait encore une convenance particulière, parce que les repas avaient souvent lieu près des tombeaux des martyrs. Les païens eux-mêmes connaissaient la tempérance des premiers chrétiens, et Lucien caractérise, sous ce rapport, nos pères dans la foi, en les appelant c pâles »,
Chaque foisqu*ils vidaient la coupe, les premiers chrétiens avaient coutume d'invoquer le nom de Jésus-Gtirist (Sozom. v. 17), et cela même quand la coupe ne contenait que de Feau, adaquœpocur lunif dit S. Grégoire de Nazianze (OraL m). U est probable qu'ils prononçaient alors quelques-unes des acclamations inscrites sur les fonds de coupe qui sont arrivés jusqu'à nous, et en particulier celle»-ci: vivAs m cbristo (V. les art. Agapes^ Fonds découpe, Propinare), — buas m pack dei (Buonarr. tav. V. I). — BiBE ET PROPDiA (W. XV. 1), et le plus souvent pie zezes (Id. et Garrucci. Veiri con fig, in oro, passim),
U était d'usage chez les Romains d'offrir des présents, apophoreta, dans les festins. Nous ne saurions dire si les chrétiens se conformaient à cet usage. Une anecdote racontée par S. Âmbroise semblerait le supposer (Exhort. virgin. cap. i.
n. i). Ce père avait assisté à la translation à Bologne d*un corps de martyr. Or, dans un sermon prêché par lui à Florence sur ce sujet, il dit métaphoriquement, à propos de cette cérémonie, ad Bononiense invitatus convivium , ubi sancti martyriê celehraia translatio est, qu'il en avait apporté, comme apophorète, quelques parcelles du corps de ce Saint, apophoreta plena gratiœ et sanctitatis.
II. — U ne parait pas du reste que la disposition de la table chez les chrétiens différât essentiellement de ce qu'elle était chez les anciens. On en peut juger par une curieuse fresque du cimetière des Saints-Marcellin-et-Pierre (Bottari. tav. cxxvn) que nous donnons ici.
La table où sont assis les convives est de forme semi-circulaire, c'est-à-dire en sigma, forme trèsusitée dans l'antiquité (Martial 1. xiv. epigr. 87). Les écrivains ecclésiastiques ont employé ce mot
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dans le. même sens que les profanes. S. Pierre Chrysologue dit de Notre-Seigneur assistant au souper du publicain Matthieu : Discumbebai Jésus plus in Matthei mente, quam in sigmate, c Jésus était assis dans l'esprit de Matthieu, plus que dans le sigma (Serm. xiix) ; a et dans un autre endroit, il peint ainsi Torgueilleuse ostentation des pharisiens : Dum pharisœus veste étants, primus in sigmate,... <f le pharisien, en habit de fête, est le premier au sigma. » Telle était aussi, selon Paulin, auteur de la Vie de S, Martin (L. m. In biblioth. PP. tom. vni. col. 1026), la forme de la table où étaient assis les invités de l'empereur Maxime :
Hos inter médius, qua sigma flectitur orbe Presbyter accubuit...
c Au milieu d*eux, là où le iigma s'infléchit en rond, le prêtre s'assit. >
On ne voit rien sur cette table ; mais dans le vide de l'hémicycle est une autre petite table ronde, en forme de trépied, siu* laquelle sont placées trois assiettes, un quadrupède entier déposé sur la table nue, et deux couteaux, dont l'un se termine en pointe aiguë, l'autre est arrondi à l'extrémité, comme nos couteaux de table. Athénée (iv) décrit
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une de ces petites tables exactement comme nous voyons celle-ci. Yarron (iv. 25) rappelle dbilla, d'autres tnensa escaria, c table à déposer les mets. » A terre est une ampbore à deux anses.
Les convives sont au nombre de trois, deux bommes, et une femme qui occupe le milieu de la table, qita sigma fUciiiw orbe. Ils ne sont pas couchés, mais assis, et il en est de même dans toutes les représentations de repas qui se rencontrent dans les catacombes. Manger couché était un signe de mollesse. Il parait avoir été aussi quelquefois, dans la haute antiquité, un privilège du rang ou une récompense de la valeur. Chez les Macédoniens (Cf. Bott. ni. p. 14i), cela n'était permis qu'à celui qui avait tué un sanglier hors des filets ; jusque-là il devait manger assis.
Aux deux extrémités, mais en dedans du sigma, sont assises deux femmes, qui sans doute sont chargées du service. L*une doit découper la viande avec ces couteaux déposés sur la table, et en mettre les fragments sur les assiettes pour les présenter aux convives. Sénéque décrit ainsi (Episl. xLviri) l'opération des serviteurs alfeclés à cet ofQce, Diribitores, carptores : aliuspreciosasaves scindit, et dunes certis ductibus drcumferens eruditam manum, et in fnuta excutit, « Tun découpe les oiseaux précieux, et décrivant d'une main savante sur les cuisses certaines lignes, les divise en morceaux, t L'autre est chargé de préparer la boisson. Celle-ci semble donner ses ordres à un jeune homme debout devant la petite table, vêtu d'une tunique libre à bandes de pourpre, et qui tient à la main une coupe ; elle lui fait signe du doigt de remettre cette coupe à l'autre femme, probablement pour qu'elle en déguste le contenu avant de la présenter aux convives : ce qui fait croire que ces deux servantes faisaient aussi la fonction àe prœgttsiatrices. Tune pour le vin, l'aulre pour la viande.
A la partie supérieure du tableau, au-dessus de la tête des convives, sont tracés les noms de ces deux femmes dans une inscription qui indique impérativement un des devoirs de leur oflice, et ces noms qui signifient charité et paix sont essentiellement chrétiens : agape misce m, Âgape doit verser le vin dans la coupe : irehe da calda, Irène doit y mêler de l'eau chaude. Ceci rappelle un usage très-commun dans l'antiquité, usage qu'on a désigné par un mot hybride composé ad hoc : ihermopota re , bo i re chaud .
Le monument dont nous venons de nous occuper n'est pas unique dans son genre; M. De' Rossi a trouvé naguère une autre fresque représentant le même sujet ; mais il parait que les convives sont en nombre, car Tinscriplion est au pluriel.
L'explication que nous avons donnée est littérale, mais elle n'exclut nullement le sens symbolique qui peut s'attacher à cette peinture, ainsi qu'à toutes celles du même genre (Y. l'art. Représentations des rep<is).
REPAS (représentations de). — Les catacombes de Rome offrent assez fréquemment des repré
sentations de repas, tantôt peintes sur leurs parois, tantôt sculptées sur les sarcophages (V. Aringhi. t. u. p. 77. 83. 119. 123. 185. 199. 267). Tous les antiquaires, et notamment Âringhi (t. n. p. 600), Bottari (m. 107), Boldetli (46), et les autres qui depuis ont accepté leurs appréciations de confiance, s'étaient accordés à y voir des agapes (V. l'art. Agapes), et il faut convenir que c'était l'idée qui se présentait tout naturellement. L'abbé Polidori (Âmico catt, t. \ii. p. 390. vuu 174. 262) est le premier qui, après un mûr examen, ait donné à ce sujet une autre interprétation , laquelle est aujourd'hui universellement adoptée. Nous nous bornerons à peu près à présenter ici la substance du travail de ce savant archéologue.
I. — Parlons d'abord des raisons qui eiclueot l'idée d'agapes.
1* On doit observer en premier lieu que, dans l'ornementation des cimetières, des églises, des sarcophages, des pierres sépulcrales, les premiers chrétiens n'avaient d'autre but que de fortifier en eux la foi et l'espérance par des symboles ou des traits d'histoire propres à réveiller ces sentiments, et d'adoucir l'idée de la mort par des images relatives à la résurrection des corps et à la béatitude éternelle. Or, qu'est-ce que les agapes avaient de commun avec ces idées ? Et quelle nécessité de les rappeler par des peintures à ceux qui tous les jours, ou y participaient eux-mêmes, ou tout au moins en avaient la réalité devant les yeux? S. Paulin, décorant de peintures les murailles de sa basilique (Sat, IX S. Felic.) où il donnait des agapes, eut-il jamais l'idée d'y faire retracer l'image de ces repas?
2* Dans les véritables agapes, outre le pain elle vin, on servait aussi des viandes (Chrysost. Hm. xxu. — Augustin. Contr, Faust, xx. 20). Or rien de sembltible ne se voit dans les tableaux en question : il n'y a que du pain et du vin ; peut-être à une seule exception près (V. l'art. Repas diezla premiers chrétiens), quelquefois même ces dnui éléments qui font la base de tout repas y sont supprimés, ainsi que les ustensiles propres à couper ou à diviser les viandes. Mais ces repas, si pauvres
sous le rapport des mets, se distinguent en rcTanclie par la richesse des lits, des tables en *t^' recouvertes de lapis et de coussins précieux, toutes choses réservées, en ces temps reculés, aux triciaua des riches. Ou bien, si les agapes eussent étéconfonnes aux représentations qui existent dans les
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catacombes, comnienl expliquer que tout ce luie eût pu se déptoTcr au sdn des dtnetières ou même des Églises, qui, au temps des perséculions, n'è- (aienl certes pas ce qu'elles furent depuis GonslantJu?
II. — Quel est donc le sens véritable de ces représenlations si multipliées? Personne n'ignore que le bonheur céleste est le plus souvent ligure dans les saintes Ecritures sous l'eroblème d'un festin. ■ Ceux qui auront élé trouvés veillant i l'arrivée du muttre, le mnllre, qui n'est autre que Jésus-Clirisl, s'élant ceint, les fera mettre à table, et les servira de ses mains [Luc. xii. 37), i .... fTiPcingtl te, tt faciet illot ditcumbere, tl Iraïuient miniilrabit itl». — • le dispose en votre Taveur du royaume, comme mon Père en a disposé pour moi, afin que vous buviez et mangiez à ma table dans mon royaume, t ... ut edalit et bibalii tuper mentant meam in regno meo (Luc. i»n. 29). Rapbaël, voulant révéler â Tobie sa nature angé- Itque, lui dit (Tob. XIII. 19) : ■ Je paraissais manger et boire avec vous ; mais j'use d'une nourriture et d'un breuvage qui ne peuvent élre vus des hommes. ■ On pourrait multiplier à l'infini lescitations des saints Lirres où la félicité céleste est comparée à un banquet. C'est sous l'inspiration de ces divins oracles que Terlullien représente Lazare au fcslin d'Abrah:]ro (De idololatr. xiv). Les actes des SS. Uarianus et Jacques racontent que, ces martyrs étant en prison pour la Toi de Jésus-Christ, le martyr Agapius leur apparut pendant leur sommeil, assis à un joyeui festin, et que, transportés eui-mèraes par l'esprit decharili de cet agape citette, ils virent venir à eui l'un des trois enfants qui la veille avaient été immolés avec leur mère, ayant au cou une couronne de roses, et à la main une palme verte, et qui leur dit : i Héjouissezvous grandement, car demain voiu toaperex avec nous, — crat eaim nobUcum et ipti eœnabilii > (Ituinart. p. 199. edil. Veron.col. 1).
Le mot refrigerium a souvent ta signification de festin (V. Buonarruoli. Veiri. p. 141) ; or ce mol se trouve très-fréquemment employé sur les marbres chrétiens comme formule d'augure de la félicité éternelle pour les défunts : in asmicERio tniMA H* viCTOBiaB(Fabretti,p. S47). bpiritvk tï« DEvs KEFRiGERET (Lupt. Sev. epîlaph. p. 157), et l'Église termine le memenio des morts à la messe en souhaitant aui défunts locum refrigerii. ce qui s'entend des délices du paradis, en un mol du fetlin eéleite {V. l'art. Refrigerium). C'est donc le festin céleste que les premiers chrétiens avaient l'inlenlion de figurer sous cet emblème, afin de s'encourager eux-mêmes par l'espérance de ce bonheur, et aussi pour se consoler de la mort des leurs qu'ils aimaient à se figurer assis à la table du père de famille (V. l'art. Paradit). El c'est là une des représentations de l'antiquité qui se sont le plus fidèlement conservées au moyen Age. Nous en avons un exemple dans le bas-relief du tombeau de Sanclie d'Aragon, dans l'église de San/n Karia délia Croce à Naples, quatorzième siècle (V.
d'AngincourI, planches, 1" vol. pi. nu). On y voit neuf femmes assises i une table somptueusement servie, et celte qui occupe le milieu (c'est probablement la reine) a les mains jointes sur la poitrine et les yeux élevés au ciel.
Quelques-unes de ces représentations se rapportent à l'eucharistie (V. l'art. Euckaritlie). On peut regarder comme des diminutifs ou des représentations abrégées de repas, et ayant le même sens, les pains tout seuls et les tasses toutes seules qui sont figurés sur certains martjres chrétiens, et diMit on trouvera des exemples dans Boldetti (p. 398) et dans ilamachi [Origin. m. 69).
KËPOIVS. — V. l'art. Office diein. Append. i\
RESURItECTIOV DE flfOTRE - 8EI - GNEUR. — Ce sujet se voit rarement sur nos anciens monuments : encore y est-il toujours enveloppé de formes mystiques. Voici le type ordinaire : Deux soldats debout sont appuyés sur leurs boucliers, et au milieu d'eux s'élève, soit le monogramme rectiligne, ordinairement gemmé, comme on le voit sur un fragment de sarcophage du Vatican [Perret, Catac. v. Frontispice), soit une croix surmontée d'une couronne dans laquelle est inscrit le même sigle, comme sur le sarcophage de S. liai (Le filant. 1. 1. p. 3U3) : c'est exactement le même type que celui d'une lampe anliqoe donnée par Giorgi {De monogram. Chriili. p. 19), avec celle seule diflérence que, au bas de la couronne, est une tablette contenant l'inscription du labarum: EU TOT II m NiEi. Le même sujet se trouvait encore sur une tombe de marbre qui a existé à Mmes, sur une autre découverte à Hanosque, et enûn sur un sarcophage de Soissons (V. Le Blant. op. laud. p. 504).
Un tombeau de la crypte de S. Uaiimin (Jfonum. de Sle Madeleine, i- 4(j6) présente le Sauveur sous l'arc formant l'entrée de son sépulcre qui est en forme d'édicule, et tendant la main droite en signe d'allocution vers les deux soldats, dont l'un s'appuie d'une main sur son bouclier et tient une
lance de l'autre. Le sarcophage de S. Celse à Hilan (Bugali, Mem. de S. Celto. p. 242. tav. i) offre une
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représentalion plus complète encore de la résurrection du Sauveur, comme on le peut voir ici. Les deux Maries sont debout devant le loinbeau, dont la porte a la Tonne d'une tour. L'une de ces deux femmes, la léle baissée, contemple et montre de la main le linceul du Sauveur qui est déposé sur le seuil, circanslance qui, dans le lexle sacré (Joan. IX. h et G), est attribuée à S. Jean et à S. Pierre; l'autre élève les ^e\a au ciel el voit l'ange qui en descend pour annoncer la résurrection (llalth. ïivHi. 5). Derrière le monument est Thomas, prosterné devant son divin maître et loucliant du doigt la plaie de son cAlé.
La rèsurreciioii est représenlce, mais d'une manière un peu différeule, sur un des intéressants reliquaires que S, Grégoire le Grand avait envoyés à la reine Tliéodelinde pour ses enfanls ( V. Hozzoni. Tav. di ttor. tecl. vu. 70). Notre-Seigneur, dont le corps est rayonnant, au milieu d'une nuée lumineuse, se présente à Varie -Madeleine, qui se prosterne à ses pieds. Le jardin est figuré par des arbres et une fontaine. Une des fioles, de la même provenance, montre au-dessus du tombeau une inscription grecque d'un slyle un peu barbare qui signifie Cliriitii» remrrexiC (Uozzoni. Jb. p. S4. lig. c). D'un cèté de l'édicule un ange, de laulre les deux Uaries. Voici cet intéressant monument
que nous avons déji donné à la page 2-26, pour ui autre objet. Le même sujet est gravé sur un médaillon qu'a publié Mûnier {Symb. pars. i. lab.
I. n. 4), elle sens y est aussi déterminé par le mot anacticig qui y est inscrit.
Comme nous l'avaus dit, ce sujet est rare; il est ordinairement remplacé par la figure de Jonas, délivré après trois jours de sa captivité dans le ventre du monstre marin, el quelquefois par Snmson emportant
sur ses épaules les portes de Gâta (DoonirT. Vtiri. tav. I. Og. i). Direeles ou emblématiques, cm r»prèsoitations sur les tombeaui, el nous ne let trouvons guère ailleurs, étaient un des Dombreui résultats du système chrétien primilif, consistant a faire constamment disparaître let Irittnut ie k mort, ainà que Ut difaillancet que la rut dt la tombe intpîre à notre nature, sous îles images de résurrection et des symboles d'espérance.
RESCnnECTIONS. — Outre la résurrection deLaiare, si fréquemment représentéesurles monuments de r£glise primitive (V. l'art. Laurel, nous trouvons dans les bas-reliefs de quelques (>icophages {Aringhi. n.399. — Cf. Bottari.ui, 181) certains sujets qui rappellent les autres résurrections opérées par Noire-Seigneur, Le monument auquel nous reni oyons ici fait voir deux enfints nus, l'un debout, c'est-à-dire déji ressuscité, l'wtre étendu à terre, visiblement encore imrai^e tt que le Sauveur louclie de sa verge toute-puissante.
Une urne sépulcrale de Sainl-Haiimio (Milliii. Midi de la France, pi. livc. 1) met en scène brésurrection de la fille du prince de la synigi^ Cette jeune fille est étendue sur son lit, entourée de la foule des parents et amis qui taisalMitles premiers préparatifs des funérailles, et Holre-Selgneur lui prend la main pour la relever : Ttmùt manum ejui (Matth. ii. 35). Hais, auparanDi.w voit Jésus-Clirisl assis el le père de cette jeune TiUe prosterné â ses pieds : Prinetpt acetnit tl aimbal eum, lui disant : > Seigneur, ma fille vient de mourir; mais vcnet, imposez-lui la main et elle vivra, • Domine, filîa mea modo defatuta fil; ud eeni, impone manum tuper eam, et tiret {Ibid. H). Deux autres personnes debout de chaque dit in Sauveur semblent unir leurs supplications à mII^ de ce père infortuné ; elles pleurent el se canTrent les ;eui d'un pan de leur manteau. A cdié du lil, on voit une femme prosternée et toucbanl le bord du vêlement du Sauveur ; c'est i'hémorroisse. iloot la guérison est racontée dans te même chapilit (V. l'art. HémorroUie). Ces deux miraclei soit groupés, bien qu'ils se soient passés succe^irerm-nl. Les eieœples de semblables np-