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sarcophage du musée du Latran, est d'un meilleur style, et que, selon le récit de cet évangéliste, sans rien donner à la fantaisie, elle ne met en scène que les seules personnes que Notre-Seigneur avait admises, le père debout derrière le lit de sa fille, la mère prosternée aux pieds du Sauveur, et les trois aj^tres Pierre, Jacques et Jean (▼. 51) : non per^ muit intrare secum quemquam, nisi Petrum^ Jac<hhum et Joannem^ et patrem et matrem puellœ. On remarquera que la tète du lit se termine en forme
de poisson ou de dauphin, comme celle du grabat du paralytique dans un autre bas-relief romain (Botlari. cxcv). Doit-on voir dans cette circonstance l'intention de marquerque» parlaguérisondes maux physiques, Jésus-Christ prélude déjà à son grand rôle de Sauveur des hommes? (Y. Tart. Poiuon.)
ROGATIO?l8. — V. l'art. Litanie$, n. i. ROSES (V. l'art. Fleun).
SACRAMENTAIIIE. — Y. l'art. Livres liturgiquetf I.
SAINT (qcalificitioh). I. — Dans les monuments de l'antiquité proprement dite des deux Églises, grecque et latine, cette qualification Sanc- Tos, i l-fioç, n'est point donnée aux apôtres, non plus qu'aux martyrs ou autres chrétiens d'une vertu héroïque et qui étaient devenus Tobjet d*un culte dans rËglise. On disait simplement : Petnu, PauluSy Vincentius, Agnes, etc. (Y. Buonarruoti. Yetri, tav. x-xni. etc). Le calendrier romain publié par le P. Boucher, et ensuite par Ruinart à la suite de ses Âda sincera, calendrier qui passe pour être du quatrième siècle, c'est-à-dire du temps du pape Libère, ne fait jamais lire le mot Sanctus devant les noms, soit des souverains pontifes, soit des martyrs dont il consigne la déposition. Mais ce qualificalif se rencontre presque toujours dans celui de Carthage, qu'on fait généralement remonter au cinquième siècle, et qui a été imprimé pour la première fois par Mabillon dans le tome troisième de ses Analecta. Cependant, comme il y est quelquefois omis, on en peut conclure que l'usage d'en faire précéder les noms des Saints ne faisait alors que s'introduire et que peut-être ce calendrier n'était qu*une copie d'un calendrier plus ancien qui ne portail pas le Sanctus, mais à laquelle on avait ajouté quelques noms nouveaux auxquels il était déjà attribué.
Le premier calendrier où celle qualification se rencontre constamment est celui de Polemius, qui date de 449 (Ap. Bolland, t. i. januar. p. 43). A une époque peu éloignée de celle-là, on l'observe aussi deyant le nom des apôtres , dans les mosaïques ; non point encore dans celle de Saint-Jean in Fonte de Ravenne qui est de 451 à peu près (Ciamp. Vet. mon. t. I. lab. lxi), mais dans celle de Sainte- Agathe in Suhurraàc. Rome, exécutée en i72(Ciamp. ihid. t. I. lab. lxivh), ainsi que dans celles qui suivent par ordre chronologique, celle des Saints- Côme-et-Damien , par exemple, de 530, sous Félix III (Id. t. n. lab. xvii).
On remarque, il est vrai, la qualification de
8ÂKCTVS et de sajictissivvs sur des marbres funéraires incontestablement antiques : sanctissdiab f.
PATLAE, etc. — GENTlANBTt SANGTISSIMAE, — ALBXAN- DRIAB CONIVGI SANCTAE, — LAVRBRTIA StNCTA AC TENB-
RABais FBMiNA (Mai. Collect. Vatic, y. p. 438). Mais elle n'a pas d'autre signification que celle de chère ou très-chère, et équivaut à la formule si commune, CARissivAB, AMARTissiHAE ; ollo se Ht même dans beaucoup d^nscriptions païennes (Boldetti. p. 378. 379). Quand, dans les monuments épigraphiquesdu cinquième siècle, on rencontre la lettre S isolée (De' Rossi. De Christian, tit, Carthag. p.! 3), elle a la signification de spectabilis plutôt que celle de sanctus. Nous devons dire cependant qu'un vers de Prudence (Peristeph, iv. 35) porte : Sancie Genesi : cesi S. Genès, martyr d'Arles. Cet exemple du quatrième siècle ne prouverait rien s'il est unique, et encore peut-on y voir une simple formule poétique sans analogue dans le langage hiérarchique de rÉglise à cette époque :
Teque preepoUens Ârelas habebit, Sancte Genesi.
II. — La qualification dokinvs , domina, paraît avoir précédé celle de sanctvs. C'est ainsi que, dans sa prison, et sur le point de subir le martyre (Ruinart. p. 81. iv), Ste Perpétue est appelée par son frère : Domina soror, jam in magna dignitate es, c Madame ma sœur, vous voilà élevée à une grande dignité. » Nous regardons comme trèsprobable que cette qualification, assez fréquente sur les marbres, désigne ordinairement le martyre. Nous citerons pour exemple une inscription inédite du musée du Latran (Sect. vui. n. 17) où des parents recommandent leur enfant à une Sainte appelée domina bas8ilia. Nous trouvons dans Boldetti (Cimit. p. 492) : domine cohgisosaneti... probablement pour conivgi sosaneti, diminutif de svsANNA. Bosio (p. 409) avait lu celte prière sur un marbre du cimetière de Saint- Hippolyte : refri- GERi TiBi DOMRVs ipouTvs. Rcfrigcri est un idiotisme vulgaire pour refrigeret. Voici une épilaphe qui prouve jusqu'à l'évidence que, dans l'antiquité, les termes de Dominusei de Sanctus étaient
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employés dans un sens trés-diflerent l*un de Tautre, puisqu'ils sont appliqués à la même personne : DOmtlAE. FELICITATI. COXPARI || 8ANCTAE. QVAB.
DECE8SIT (Boidetti. p. 252). On pourrait la traduire ainsi : t A S(e Félicité (c'était probablement une • martyre), épouse chérie, Mnctœ. »
L'équivalent de douina se trouve dans cette épitaphe grecque (Id. p. 366) : ACKAuniAAOc th eypia... L'attribution nous parait surtout indubitable dans un titultu de 426 (De* Rossi. Inscr. i. n. 655) où il est question d'un tombeau acheté devant le monument de la martyre esierita, — locvm ame DOMNA EMERiTA, phrase absolument analogue à la formule si fréquente ad sanctos, ad martyres, ou ANTE ou RETRO SANCTOS, otc. (V. l'art. Ad saiictos). Dans sa lettre sur l'invention des reliques de S. Etienne, le saint prêtre Lucien, parlant de la sépulture de Gamaliel et de son (ils près du tombeau du premier martyr, se sert aussi de la même expression : Juxla Domnum Stephanum,
UL — Le mot saint, outre la sainteté de la vie, désigna aussi la consécration des personnes ou des choses à la divinité : tout ce qui appartenait à la religion s'appelait saint» même cliez les païens. A Torigine du christianisme, les chrétiens se donnaient le nom de saints, parce qu'ils étaient le peuple choisi de Dieu ; et quand ce nom cessa d'être attribué à la communauté chrétienne tout entière, il fut encore réservé aux évêques, aux prêtres, aux diacres, aux moines et aux vierges, à raison de leur ordination ou de leur consécration à Dieu.
Knfm cette qualification étant tombée en désuétude pour le clergé et les personnes vouées à la vie religieuse, fut, dans les bas temps, attribuée aux empereurs de Constanlinople, peut-être à cause de l'onction du saint chrême dont leur front avait été sanctifié, à moins qu'on n'aime mieux y voir simplement un de ces titres dont ladulation de ces temps de décadence était si prodigue envers ces tristes maîtres du monde. Quoi qu'il en soit, nous voyons qu'Alexis Gomnène est qualifié SAINT (Biblioth. Coiiiiana. p. 103. — Cf. Du Gange. ad V. "a-^icc) dans un décret d'un concile publié par Montfaucon, oii on lit : Ab oplimo et Sancto imperalore noslro Alexio Comneno... et Sanctus imperaior noster. On lit aussi de Manuel Gomnène, dans les notes d'un manuscrit de la bibliothèque de France, portant le n* 2476 : A Sancto Imperatore nostro Domno Manuele Comneno, etc.
SAINTS (culte des). — Le témoignage des Pères au sujet du culte rendu aux martyrs et aux Saints en général dans la primitive £iglise sont innombrables. Hais les démonstrations qui ressortent de leurs textes sont surtout du domaine de • la théologie ; nous nous bornerons donc à en citer et le plus souvent à en indiquer un petit nombre sur le culte en général et sur Tinvucalion des Sahits.
I. — Au troisième siècle, Origène (Homil. m), ayant l'ait mention des martyrs, ajoute : Horum
memoria êemper^ ut dignum e$t, tn Eeclem ctlebralur^ < leur mémoire est toujours, comme il est convenable, célébrée dans l'Église. • S. Cyprieii (Epist. xn. x) recommande de noter avec le plus grand soin le jour de la passion des martyrs, « afin que l'on puisse célébrer leur mémoire. • Eusébe de Gésar^ (Prœp. ev. 1. xni) atteste que ce genre de culte se célébrait tous les jours de son temps, et qu'on honorait les soldats de la vraie piété comme les amis de Dieu. » S. Basile (Epitt. ccxci) affirme de son côté « que les martyrs sont honorés avec un grand zèle par ceux qui espèrent en Dieu » , il rappelle que c'était une vieille coutume dans l'Église, et c'est ce que supposent aus^l les Pères cités plus haut. Les discours du même saint sur les quarante martyrs, sur S. Marnas, sur S. Gordius, sur Ste Julîtte, prouvent surabondaniment que telles étaient la foi et la pratique de son temps.
Ge culte consistait principalement à célébrer leur natalia (V. l'art. Natale), à fréquenter leurs mémoires ou basiliques, (Y. les art. Ba$iliquei, Confesêion), à implorer leur protection. S. Grégoire de Nazianze en fournit la preuve en divers en iroi s, et en particulier dans son discours contre Julien et dans le dix-huitième sur S. Gyprien. Nous renvoyons encore pour le même objet aux homélies de S. Glirysostome sur les martyrs Invendus et Maxiraus, sur Ste Pélagie, vierge et martyre, fur S. Ignace, martyr, sur les SS. Romain, Julien. Babylas, Barlaam et Lucien martyrs, sur S. Mél^ie d'.4ntioche. évéque; sur les vierges et martyres Bérénice, Prosdoce, et Domna leur mère. .Nous lisons ces remarquables paroles dans un discours sur les martyrs Gelse et Nazaire, attribué à S. Maxime, et imprimé dans les Œuvres de S. Ambroise : < Honorons les bienheureux martyrs princes de la foi, intercesseurs du inonde, les roliêiitiers de Dieu... Nous devons honorer les serviNri de Dieu; combien plus les amis de Dieu! Uonorarf debemtu servoê Dei : quanlo magie amicos Dei! Enfm vient S. Augustin, dont le témoignage ne ldb>é rien à désirer. (CoîUr. Faust, c. xn) : Le ^^euple chrétien célèbre les mémoires des marljrs aw une religieuse solennité, » populus Chrislianiume' morias maHyrum religiosa soleninilate concckbrat...
Répondant aux invectives de Julien contre le culte que l'Église primitive rendait aux martyrs, S. Cyrille d'Alexandrie dit qu'il n'y a dans cecuke rien d'étrange et qu'il est même de toute nête^sité que des honneurs perpétuels soient rendues ceux qui se sont distingués par de si iiauls laifs- Et pour prouver combien une telle pratique est i l'abri de tout reproche, il cite l'exemple des anciens Grecs qui, chaque aimée, célébraient, avic de grands honneurs et un immense concours «i» peuples de toute la Grèce, l'anniversaire des soldats qui avaient trouvé à Marathon un trépas gîcrieux. Le panégyrique des héros morts pour " patrie était prononcé par les plus éloquents orateurs, comme chez les chrétiens on célébrait es
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louanges des héros morts pour Jésus-Christ (V. S. Cyril. Alex, adv, Julian. lib. ti, 203 b, 204 a, edil. ex typ. reg. 1638).
On sait que Ste Aglaé, après avoir reçu le corps de S. Boniface, racheté par ses serviteurs au prix de cinq cents sous d'or (Y. Part. Reliques), lui éleva une église, qui assurément est une des plus anciennes dont Thistoire fasse mention, et où fut plus tard inhumé le corps de S. Alexis : Consur* genê Aglaes obviavit sancto corpori, et reposuit il' lud ad siadia urbis quinque^ donec œdificarei domvm dignam pasêioni ejus (Mss. Vatic. apud Meriui. De templo et cœnohio 55. Bonifacii et Alexii, Biêt. monum, Rom, 1750). On croit que c^est sur le même local qu*est placée aujourd'hui régi ise que Rome conserve sous le vocable de ces deux Saints.
L'inscription de Gonstanline que nous avons déjà citée à Tart. Martyrs, est un monument du culte rendu par les Ëglises d'Afrique à des chrétiens qui souffrirent dans ces contrées, peut-être à diverses époques, mais plus probablement durant la persécution de Yalérien (V. Tinscription dans vaut, de S, Augialin, par M. Poujoulat. t. i. p. 315-325).
Les liturgies offrent un ordre de preuves peutêtre plus concluant encore. Dans le sacramentaire de S. Léon (Ap. Murât. Lit. rom, vet. col. 293), la préface de la messe des SS. Tiburce et Yalerius porte : Tibi enim festiva solemnitas agitur, libi dies sacrala celébratur quant B. sancii Tiburtii martyris sanguis in veritatis tuœ testificatione profunu... < une fête solennelle est faite en votre honneur, le jour sacré est célébré où le sang du bienheureux martyr S. Tiburce a été versé en témoignage de votre vérité. » Nous signalons encore le sacramenfaire de S. Gélase (p. 7), le missel gothique (p. 242), le missel des Francs (p. 359), etc., le sacramentairede S. Grégoire le Grand (col. 129 et passim). Les martyrologes et les calendriers sont aussi des monuments irrécusables de la tradition à cet êgnrJ, et le savant Molanus en a tiré le meilleur parti dans son ouvrage sur les martyrologes, au chapitre dix-huitième, qui a pour titre : De utilitate martyrologiontm contra hœrese» (V. nos art. Martyrologes, Calendriers eccL).
Pour dédommager le lecteur de la sécheresse de ces citations, nous devons mettre ici sous ses yeux Tadmirable récit que S. Chrysostome (Hom. LUI. In ïgnat, mart.) nous a laissé des honneurs rendus à la mémoire de S.Ignace d'Antioche, après <:on martyre : • Lorsqu'il eut donné sa vie dans celle ville de Rome, ou plutôt qu*il fut monté au ciel, il r<^vint à Antioche couronné. Rome a reçu son sang, qui a coulé dans ses murs; mais vous, vous avez h )noré ses reliques. Yous vous êtes réjouis de son épiscopat ; les chrétiens de Rome Tont vu lutter, vaincre et recevoir la couronne; mais vous, vous le possédex pour toujours. Dieu vous Tavait 6 té |)Our un instant, et il vous Ta rendu avec beaucoup de gloire. Comme ceux qui empruntent de Targent rendent avec intérêt ce qu'ils ont reçu,
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ainsi Dieu, vous ayant emprunté ce précieux trésor pour peu d*instants, et l'ayant montré à Rome, vous Ta renvoyé avec un nouvel éclat. Yous avez envoyé un évêque, et vous avez reçu un martyr; vous Pavez envoyé avec des prières, et vous le recevez avec des couronnes, non-seulement vous, mais toutes les villes intermédiaires ; car de quels sentiments n*ont-elles pas été aflectées quand elles ont vu transporter ses reliques? Quels fruits de joie et de bonheur n'ont-elles pas recueillis ? Gombien ne se sont-elles pas réjouies T De quelles acclamations n'onl-elles pas salué le vainqueur couronné? Car, de même que les spectateurs, s*élançant dans Paréne, et s'emparant du glorieux combattant qui a vaincu tous ses antagonistes et s*avance environné d'une gloire éclatante, ne lui permeltent pas de toucher la terre, mais le portent chez lui en faisant retentir Pair de ses louanges, ainsi Jes fidèles de foutes les villes, recevant tour à tour de Rome ce saint corps. Pont porté sur leurs épaules, et ont accompagné le martyr couronné jusque dans cette ville-ci. au milieu de mille acclamations, célébrant par des hymnes la gloire du vainqueur, et se raillant du démon, parce que ses artifices avaient tourné contre lui, et que tout ce qu'il avait voulu faire contre le martyr était retombé sur lui-même. »
Les hoimeurs rendus aux Saints dans Pantiquité chrétienne ont une foule de témoins encore existants dans les monuments primitifs, des catacombes romaines spécialement, où les images des Saints se montrent partout peintes sur les murailles, images qui remontent au deuxième siècle, et même, selon les hommes les plus compétents, au premier. Les images de S. Pierre et de S. Paul, de Ste Agnès et d'une infinité d'autres brillent dans ces fonds de coupe de verre doré qui se retrouvent à chaque pas dans les cimetières sacrés ; or les savants qui se sont occupés de cette classe de monuments affirment que la plupart datent de Père des martyrs, c'est-à-dire des trois premiers siècles. Nous ne citons que ad abundantiam juris les mosaïques et les diptyques qui sont venus un peu plus tard, mais qui en génrral reproduisent les types de Pantiquité la plus reculée (V. Part. Images).
H. — Invocation. Ici encore les Pères sont unanimes. Trombelli a accumulé leurs témoignages (V. Tromb. De cultu sanciorum. disserl. v. c. 16). Origène (In Cant. I. m) pose ainsi le principe et le motif de cette pratique : • II nous est permis d'affirmer que tous ces hommes, sortis de la vie présente, conservent leur charité envers ceux qu'ils ont laissés ici-bas, qu'ils s'intéressent à leur salut, et qu'ils les assistent de leurs prières et de leurs intercessions auprès de Dieu. » S. Cyprien écrivait en 248 {Epist. lvh) que les hommes vivant encore sur la terre sont aidés par les prières des Saints qui régnent auprès de Dieu ; et dans son livre De habitu virginum (in fine) : « Souvenez-vous de nous, dit-il, vierges, quand votre virginité aura commencé à recevoir sa récompense. » S. Basile,
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dans sa dix-neuvième homélie sur les quarante martyrs, allesle que de son temps la coututre d*inyoquer les Saints était commune parmi les fidèles. Le lecteur studieux pourra voir dans Touvrage de Trombelli cité plus haut les textes les plus clairs de S Grégoire de Nazianze, de S. Grégoire de Nysse, de S. Chrysostome, de S. Augustin. Le premier sermon de celui-ci sur S. Etienne renferme ces paroles remarquables : • Nous nous recommandons donc à vos prières. Car celui-là sera bien mieux exaucé aujourd'hui en faveur de ceux qui le lapidaient. » Qui ne connaît cette belle invocation de S. Jérôme à Paula (Epist. xxvi) dans une épllre qui nVst autre chose que l'épilaphe de cette sainte veuve : • Adieu, Paula, viens en aide par tes prières à TextrèmB vieillesse de celui qui t'honore. Ta foi et tes œuvres l'associent au Christ. Aujourd'hui en sa présence, tu obtiens plus facile* ment ce que tu demander. » S. Paulin de Noie, Prudence , S. Grégoire le Grand , S. Grégoire de Tours, etc., apportent aussi à ce sujet leurs lumières.
Les Actes des martyrs fournissent à cet égard des documents qui ne sont ni moins nombreux, ni moins formels. Ceux des martyrs Scillitains (Ruinant, edit. Veron. p. 74), qui souffrirent en 'iÛO, se terminent par ces paroles : « C'est le 17 du mois de juillet que ces martyrs du Christ ont été consommés (consummati mnl), et ils intercéderont désormais pour nous auprès de Notre-Seigneur Jésus-Christ. » Une pensée analogue règne dans ceux de S. Maxime, martyrisé en t250 (Ruin. ibid. p. 135. n. ii), dans ceux de S. Théodore d'Ancyre, dont la pas<ion est de Tan 303 (Id. 307. n. xxxi). • Désormais , dit ce dernier, dans le ciel, je prierai pour vous avec confiance. » Toutes les plus anciennes liturgies renferment des mo~ numents qui ne laissent pas le moindre doute sur la pratique de la primitive Église. Nous ne citerons pour rOccident que celle de S. Léon {Ap. Murât, col. 296) : Impetret, quœsumuê^ Domine, fidelibm iuiê auxilium oraiiojuita êanctorum, • nous vous en prions, Seigneur, que la prière juste des Saints obtienne secours à vos fidèles. » Et pour POrieiit, ce passage delà catéchèse mystagogique de S. Cyrille de Jérusalem, où ce Père explique la liturgie : Posiea recordamur eorum qui obdormierunt, sanciorum pairiarcharum, propheiarum^ apo$tolorum, martyrum, ui Deus eorum precibus et legationibiu orationem nostram suscipiat, « ensuite nous nous rappellerons ceux qui se sont endormis, les saints patriarches, prophètes, apôtres, martyrs, afm que Dieu, en vertu de leurs prières et de leur intercession, reçoive notre demande. »
lU. — Mais la spécialité de cet ouvrage exige que nous donnions ici une large place à une classe de monuments plus exclusivement du domaine de Tarchéologie ; nous voulons parler des monuments épigraphiques. Nous citerons quelques-unes de ces épitaphes où les survivants se recomman* dent à ceux qui ne sont plus et qi/une ferme confiance en Dieu fait supposer admis dans le séjour
des Saints, confiance qu^exprime si clairement, en particulier, celle de Gentianus (Arv. S62) :
ET IN ORATIONIS TVIS ROGES PBO HOBU QTIA SaiTS Tl
)M ^ (Christo)j f dans tes prières, demande pour nous, car nous te savons dans le Christ; i et celte autre : oro scio na>qvb [bratah] (!bid, ^66], • je te prie, parce que je te sais bienheureuse. • Yoid celles qu'a réunies Marini (Arv. 295. not. 12), et nous les donnerons avec tous leurs solécismes et autres irrégularités : vibas is ikso n ROCA (Boldetti. 418) ; — ora pro parestocs TVIS (Muratori. 1833. 6); — pbtiproparbjitesttos (Mus. Veron. 264. 1 3) ; — pbtr pro nuis ms (Oderico. SyiL 262); — pete pro corivger (Id. %l];
— PETAS PRO soRORE TVA (Maning. Cou gent. 159);
— PETAT PRO MOBis (/fucT. Bill. S, Greg.p. 343);
— PETAS PRO KOBIS FELIX (Id. 344) ; — PETE PRO m
VT sALvi 8IMUS (App. od Act. S. Y. 90), • prie Dieu pour nous, afin que nous soyons sauvés: » — n PETE PRO Eo (Fabretti. vni. 50) ; — pbtb et rogji pito FRATRBS ET BAD0LE8 Tvos (Buouarr. Yetrl. 167); -
PRO OVNC VNVH ORAS SVBOIEM QVEM STPERSTITEB EELl-
QvisTi {lier. Alban. 189), c prie pour Tunique enfant que tu as laissé après toi ; » — in oritio^b TVIS ROGES PRO ROBis (Ibtd. 37). — Nous citons intégralement celle-ci que nous avons copiée au musée du Latran (Sect. vni. n. 17) : doiuu Rissiui
CVmiAIfDASIVS T1BI CHESCENTUrvS ET RICIIIA FILU KOSTIli CRESCER QTE VRIT MES X ET DES. C'CSt UnC tOUClMUle
prière adressée par des parents en favenr de leor enfant à une sainte du nom de Eisilia. Bosio (p. 409) atteste avoir lu au cimetière de Saint-Hippolyte une inscription où le refrigerium était imploré par rintercession de ce Saint : befrigeri te imi- Mvs iPOLiTvs. La qualification de domirus, dobika, i précédé celle de sanctut, $ancta (V. Fart. Sotn/ [qualificQtion]). Une prière analogue a été trouvée naguère dans une crypte du cimetière de Préteitat; elle est adressée aux martyrs Januarius, Âgapilus et Felicissimus : befrigeri pour reprigbrext, iasv-
ARIVS AGATOPVS (<fC| FELICISSMVS MARTTRES (De' R(^a«
BulletL 1863. p. 3).
Mais rien n'est aussi formel sous ce rapport qu'une formule écrite dans une épitaphe du quatrième siècle, trouvée naguère il Saint-Laurent i» agro Yerano (De* Rossi. Bullelt. arched. *M^page 34). Il y est dit que les SS. Martyrs seront appelés comme avocats pour reudre témoigna^ de la sainteté de la vie de Cyriaque devant le tribunal de Dieu et du Christ : cviqve pro thae sue
TESTIMORITM (êlc) SANCTI MARTTRBS APVD OEVI ET CIIRI-
STVM ERVRT ADvocATi. Ou ue Saurait trouver une preuve plus évidente de la confiance des premiers chrétiens dans Tintercession des Saints et l'efficicité de leurs suffrages.
Dans la fameuse inscription grecque de Saint- Pierre rÉtrierd*Autun (Y. Mélangée d'épigr. \^hf.]. Pectorius prie son père de se souvenir de lui dans le ciel : Dam la paix (f ix^;, toumens^i de tt* fils Pectorius, hmbcio nEKTonoTO. Le P. Mardû (irchitetl, 1 04) donne une inscription grecque tcri curieuse, où celui qui l'a écrite et celai qui l'a
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griTèe $e reconunandentiiui prières des chrétiens dont la dépouille repose bous le marbre : Memen~ lûle notlnania lanelU predbtu vetirit, et ejiu qui incidit H ejtu qui tcriptil. Un fragment de verra doré publié par le P. Garrucci (i. 1) fait lire, • cdié de la tête de S. Pierre, cette invocation adressée i cet apâtre : petsts noneat.
L'inscription suivante, que nous empruntons au recueil de Huratori (hcmut. S), et qui élail accompagnée d'un de ces vases appelés à Rome mnpolle di tangue, se rapporte au culle de Ste Félicité martyre, i laquelle Pelrus et Pancara avaient fait un vœu :
On trouve sur les parois des catacombes de Rome un nombre inQni de prières tracées k la pointe par les pèlerins. H. De' Rossi [V, Rom. toU. t. Il- p- 11. 18, el notre article Graffiti) en a recueilli beaucoup dans la fameuse crypte des papes martyrs au cimetière de Calliste. Ainsi, par exemple, deui chrétiens portant les noms d'Elaphiuset de Dionysius se recommandent chacun séparément, mais par une formule identique, aui SS. martyrs : £it piiai I/,iti, t daignez vous souvenir. • Un autre, taisant son nom, dit l'équivalent «n latin : In mentent kabele. D'autres prières sont plus explicites et plus spéciales : Otia petite.... pro parente el fralribu* ejut, ut vivant eum bono. — Petite vt Vereeundut eum suit bene ttaviget. Nous devons citer encore cette invocation répétée: Sutte tancte, tancle Sutte, laquelle s'adresse à un illustre martyr, le second des papes qui portèrent le nom de Siiie. — M. Edm. Le DIant a lu à Montmartre pluùeurs inscriptions cursives de la même nalureque celles-ci (V. l'art. Pèlerinaget).
Dans un article spécial, Àdtanclot, Ad marlyra, nous traitons au long d'une pratique bien touchante de piété envers les Saints et fort répandue chet les premiers chrétiens : elle consistait à se procurer à tout prix le bonheur de reposer le plus près possible deleurstombeaui; et quand on avait «ditenu cette faveur, on ne manquait pas de b constater sur l'épi ta plie par ces formules : tocurva URTTEiivs, — rosrrvs ad siaciw, id mibitru, etc. Cet article, où il est surtout question des marlyrs, doit être complété par l'article Confettturt, qui
traite du coite rmdu dans l'antiquité lux Saints qui n'ont pas répandu leur sang pour la foi.
SAISONS (lu QDiTu). — A l'exemple des peuples de rantiquîté, et des Romains en particuha, les premier? chrétiens avaient coutume de représenter les emblèmes des quatre saisons sur leurs monuments, et notamment sur leurs tombeaux, ainsi que sur les parois de leurs chambres sépulcrales (BoldeUi. Cimit. p. 466) ; mais c'éUil dans des vues bien dilTérentes.
Nous savons par le témoignage des SS. Pères que ces représenta lions étaient à leurs yeux un des nombreux symboles de la résurrection future : ■ Toute celle révolution régulière des dioses, dit Tertullien {De retwreet. cant. cap. iii), est une Ggure de la résurrection des morts, * lolut igilur hic ordo reeolubilît rerum tettaiio eit returrectionit mortuorum. Ailleurs {Àpolçg. cap. XLvni) il reproduit avec plus d'énergie encore le même rapprochement : < Ce monde vous étale de toute part le témoignage et le modèle de la résurrection humaine. Chaque jour, la lumière s'éteint et se rallume; les ténèbres succèdent aux ténèbres; les astres eipirenl et revivent; les saisons recommencent, quand elles ont fini, • tempora lAi fiitiunlur, inciftiunt. Origène dit aussi [In Epitt. D. Paul, ad Rom. v. 6) que la saison de l'hiver signitie la mort, comme le printemps est l'image de la vie nouvelle.
1. — Les emblèmes des quatre saisons sont représentés en bas-reliefs sur les petits côtés du sarcopliage de Junius Rassus, el Boltariest le premier qui les ait signalés [Seuil- epitt. 1. 1. in capo délia prefai.]. Une autre urne sépulcrale publiée par Buonarruoli ( Yelri. p. 1 ) en offre un second exemple. Mais le même sujet parall avec beaucoup plus d'élégance dans une peinture de voûle du cimetière de Ponlien [Bosio. Rom. loll. p. 139. — Cf. Bottari. lav. xiviii), dont il occupe quatre compartiments, groupés autour du Bon-Pasteur, qui esl peint au centre.
1' Le printemps esl un enfant au milieu d'un jardin régulièrement tracé, il a un genou en terre et tient d'une main une lige de lis épanouie, de l'autre un lièvre, et semble ofTrir à Dieu ces deui
objets. Un lièvre est aussi figuré dans la même po' sition sur un bas-relief du palais Carpegna, et Bottari, qui a publié le monument (Àdmir. Rom.
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ont. p. 79) appelle cet animal un cheTrean ou un liê»re, eapreolum Va sarcophage des euTirons de Rome qu'a donné tloniruucon (Antiq. explie. t. t. Suppl. pi. 51) fait voir également un ctieTreau comme emblème du printemps. Nous devons dire néanmoins que d'autres monuments [Mutaum Ib>m. sect. 11. n. 41. — Cf. Bott. i. p. 212) atlribuenl le lièvre au mois d'octobre, qui est celui où l'on chasse le lièvre, bien que les poêles assignent :ette chasse à la saison d'hiver (Virgil. Gtorg- lib.i. vers. 508, — Horat. lib. i. Sat. n. vers. 105. Epod. od. II. vers. 35), ce qui fuit queCalpurnius appelle les lièvres niveoi leporet (Eelog. vir. vers. 58).
2* L'éléesl figuré par un homme qui moissonne. Les Grecs exprimaient les quatre saisons, nom-
mées dans leur langue àfxi, sous des figures de femmes, et les Romains sous l'emblème de jeunes gen$(llûntraucon.5uppf. t.v.lib.5, chnp. 10. n.2]; mais elles soni représenlées sous deux ilgures seulement, une d'homme, l'autre de femme, dans le tombeau des Na^ons (lav. xiii e segg.). Quelques médaillons du ctbinet du grand-duc de Toscane (Buonarruoli. liedagl. ont. c. cixm] k l'eliigie de Commode, par exemple celui où cet empereur jeune est accompagné de Verus, monlrenl les quatre saisons sous l'apparencfi de quatre génies, d'sulres sous la ligure de quatre femmes.
3* L'automne esl un vendangeur, qui appuie une échelle contre un arbre .tulour duquel grimpe
un cep de vigne. L'arbre esl, selon toute apparence, un orme, que dans l'antiquité on donnait ordinairement pour appui a la vigne (Virgil. Gtorg. lib. I. vers. 2. — Plin. lib. xvi. cap- 7. — Columei. lib. V. cap. 6). Dans un marbre antique que nous fait connaître encore notre Mon I faucon {Suppl- 1. 1. pi. 62], représentant une scène de vendange, ou
voit une multitude de génies avec des éclielles qu'ils appuient ii des arbres, d'où pendent dts grappes de raisin. Deui gemmes antiques du ^(^ cueil de Maffei (n. 58 et 59) atlribuenl i riuioiaDt d'autres symboles dont ce savant donne l'ciplio. tion in extento.
i' L'hiver est figuré par un jeune bommedennt un grand feu, portant de la main droite un objet difllcile à déterminer, et de la gauche un Oambeau allumé, qui dénote b longueur des nuits en oUe saison et le besoin qu'on a de la lumière pour bannir les ténèbres ; i sa droite est un arbit dcpouillé de son feuillage. Dans un calendrier qiKcite Botlari, le mois de décembre a aussi en maiii une grande torche. H ab ce qui est Uen plus difiidlei
expliquer, même après les longues dissertatioib deHalfei [Gemm. uni. part. iv. n. 58 et 59),;c'i^ une sculpture du cimetière de Sainte-Agnès IHildelti. loc. lavd.), figurant l'Iiiver portant de I) main droite une branche ctiargée de feuille», et de la gauche un oiseau.
II. — Le second monument chrétien que loa^ avons à citer quant à l'objet de cet article, c'el une magniQque fresque du cimetière de Saint-Ciiliste (Bosio. pag. 223. — Cf. Botlari. tav. Lti. \n les figures sont un peu différentes, et rangées dem à deux, et sur une seule ligne des deui cùiii du Bon-Pasteur. L'hiver esl un agriculteur en lunique ceinte, coiffé du pUtut. la bvche sur I'fpaule, et placé entre un grand feu et un artiredé pouillé ; l'automne, un jeune bomme presque na. tenant une grappe de raisin, de l'autre inaiii un( corned'abondanceil'éléun jeune homme nNiiSonnnnt.el plus velu que l'hiver luinnème, anonuii' difficile à interpréler.i moins qu'on n 'adopte le»^>timentde quelques antiquaires qui pensent qu« la vêtements que porte ici l'Été sont destinés) leJéfendrecontrelesrayonsbrûlantsdu soleil; le l^"' temps enfin, un jeune homme muni seulemeot d'une écharpe fiollante et cueillaul des roses.
III. — Nais rien n'égale en richerse, hws <* rapport, la peinture de voûle d'une crypte W»rique du cimetière de Prëteilal récemment décnuverte (V. De' Rcssi. BuUtlt. 1863. p, 3). CelH voûte esl divisée horiiontalement en quatre rxKt' la plus élevée est décorée de lauriers, la secnidr de pampres chargés de fruits , la troisième d'tri' de blé, la quatrième de roses. Toula, sjuf ^ première qui coniier t l'emblème de l'hiier, prê-
sentent, en oulre, des oiseaui au vol et de petits oiseaui dans des nids. Quatre scènes d'aj;ricullure répondant encore aux quatre saisons sont peintes sur les quatre grands arcs qui soutiennent la ïoùle. Ces fresques sont d'une grande élégance, et on estime qu'elles remontent au temps des premiers ÂDionins. Void un croquis de cette peinture.
On a pu remarquer que tous ces tjpes sont â peu de chose près ceux qu'employaient les païens pour représentei' les saisons. C'est que le peintre, comme le poêle, est obligé d'admettre, pour exprimer un ordre d'idées donné, les images reçues, et d'adopter, sous peine de n'élre pas compris, le langage des signes tel qu'il le trouve établi.
Cependant on *oît, dans deux des compartiments d'une di'coration de Toûle du cimetière de Caliisfe, deux figures i demi couchées, un homme et une femme, où l'on croit reconnaître aussi les emblèmes dessaisons: les deuiautres.quiprottablement faisaient pendant à celles-ci, ont disparu. Si 1 attribution est juste, comme nous n'en doutons pas, nous avons ici un type nouveau de cet intéressant siijet. La femme tient i la main une fleur blanche à large calice, qui serait l'emblème du printemps, et la Dgure virile, un bassin plein de fruils : ce serait l'automne. Bosio avait déji publié cette peinture. M. De' Ro&si l'a reproduite d'après l'original et avec sa couleur naturelle (V. Rom. totl, tav. ut), et c'est i lui qu'appartient cette attribution, qui nous semble irés-^lausible.
IV. — Nais une circonstance toute spéciale nous parait déterminer nettement le sens chrétien de iios monuments, et donner à des emblèmes indifférents en eui-mèmes un caractère qui empêche (le les confondre avec ceux des anciens. C'est que la figure du Bon-Pasteur ne manque presque jamais d'accompagner les symboles des saisons. Nous sommes convaincu que l'as&ociation de ces symboles exprime l'inaltérable sollicitude que déploie le pasteur de nos âmes à pattre et à garder ses
brebis en des I eux dilTerents et de différenles manières suivant les diverses saisons de I année. Le Bon Pasteur n est il pas en effet la plus vive image de la I rovidence divine '
Nous savons, au surplus, que la succession régulière des saisons, ainsi que les bienfaits spéciaux que tour à tour elles apportent à la terre, était un des motifs les plus habituels par lesquels les premiers chrétiens s'excitaient a la reconnaissance et k l'amour eiuers la Providence. Ces sentiments nous sont particulièrement révélés par un beau passaye de l'apologie de Ninucius Félix (Octav.edit. Ouzel. Lugd. Batav. 1673. pag. 130) :
• Que dirai'je de celte vicissitude perpétuelle des saisons si nécessaire pour toutes les productions de la terre ? Le printemps avec ses (leurs, l'été avec ses moissons, l'automne avec ses fruits, l'hiver avec ses olives, ne nous annoncent-ils pas un père et un auteurt Un pareil ordre serait d'abord dérangé, s'il n'avait pas été établi par une sagesse suprême. Avec quelle prévoyance tout a été disposé! La douce lempéralure du printemps succède aux frimas de l'Iiiver, et les fraîcheurs de l'automne aux chaleurs de l'été; de manière que nous passons insensiblement d'une saison i l'autre, et que nous sommes préservés du danger qui
résulterait pour nos corps du patsage subit d'un froid rigoureux i une chaleur eicessive. i
SAHAniTAme. — Les monuments des catacombes reproduisent asseï rarement cet intéressant sujet. Nous n'en connaissonuquequatre exemples, deux bas-reliefs de sarcophages et deui fresques. Une observation générale que nous devons faire tout d'abord, c'est que, dans ce s diverses représenta lion s, Notre-Seigneur est toujours debout, bien que S. Jean, le seul ^tangélisle qui raconte celte histoire [Joan. it. 5], dise que le Sauveur s'élait assis pour se reposer de la faligue du voyage.
La composition des deux sculptures est à peu près identique. Dans l'une et l'autre, il f a un puits, semblable à un vase rétréci vers son orifice, et sur deux supports verticaux une poulie, eiiforme de quenouille, forme, selon loule apparence, usitée dans l'antiquilé, car elle se retrouve, ainsi que les autres détails du sujet, sur un sarcophage de Vérone (HafTei. Yerona itluslr. part. ui. p. 54). Kotre-Seigneur indique de la main le puits ou le seau suspendu, et semble dire comme dansl'Ëvangile : Da mihi bibare (ioan. iv. 7]. L'un des deux reliefs (Bottari. tav. xiui} monlre la Samaritaine rfitue de la tunique et dwpatlium : c'était le v&Ie* ment des hommes, selon Tertullien (De pallio. c. i), et celui des femmes de basse condition, au témoignage de S. iérAme(£j)is(. \i.Ad Demetriad.]. Elle a la tète nue, serrée seulement par une bandelette, ce qui dénote la mondanité [Tertull. De Yirg. veland. vu). Dans le second sarcophage
(Bott. cuivii], sa tète est couverte d'une espèce de coiffe. Ici il est intéressant d'observer que, aux pieds du Sauveur, l'artiste a figuré quelques volumes liés ensemble, sans doute pour indiquer la céleste doctrine qu'il annonçait à cette femme sous Tallégorie de l'eau. Le dessin qui précède et qui représente le type le plus ordinaire, est tiré d'un sarcophage du cimetière de Sainte-Agnès (V. BolUri. tav. cuxvii).
Une fresque du cimetière de (^lliste (Id. lxvi) fait voir la Samaritaine seule : elle porte une lu-
) - SANG
nique courte â larges manches et ornée nir le de. vant de deux bandes de pourpre. Le puits n'a pas de poulie. Enfm le dernier mi>numeDt que noui avons k mentionner, une peinture publiée pour li première fois par H. Perret (t. i. pi. uiii|, ofire une différence asseï notable. La Saniiri laine, dool la figure est remarquable de noblesse et de dignité, velue d'une tunique longue et flollanle, n'est jus vue, comme précédemment, au moment où elle puise l'eau : elle la présente au Sauveur dans une tasse, et Notre-Seigneur. élevant la tète et la nuin d'un air inspiré, paraît adresser i celle femme ces belles paroles : Si tare» domm Dei, i si In savais le don de Dieu * (Joan. iv. 10).
8AMSOIV. — Samson, emportant sur son dos les partes de Gaza, est regardé par les Pères de l'Église comme la figure de Jésus-Christ rompint les portes de l'enfer, c'est-ii-dire du lieu iaftrieur où les âmes justes attendaient sa venue, ei leur ouvrant les portes du ciel (V. Aringhi. 1. 1. c. 12). Ce sujet est rarement représenté dans la monuments primitifs : ce qu'on prend pourSani' son n'est ordinairement que le paralytique enn portant son grabat. Je ne crois pas qu'on en puisse citer d'autre exemple d'une antiquité non contestée que celui qu'offre, au milieu de pluaeins autres symboles chrétiens, un médaillon de bnaa publié par Ciampini {De duobuM emifflmf . p. Vj ei par Buonarruoti {Vetri. tav. i. n. I). On pwin^ peut-être y ajouter une fresque du cimclièrt de Sainl-Hermés (Bottari. pi. cwiivii. S). L'ob.ft porté par le personnage qui y ligure diffère >3sa du type connu du lit du paralytique pour qu'on ail lieu d'y reconnaître une porte de ville,
SANDALES DES ËTfQUES. — T l'ait
Êviquet, IV, 3.
SANG DES MARTYRS. — I. — Ri«i d'^I
plus connu que la vénération des premiers chrétiens pour le sang des marlyrs. A leurs yeui," sang élait la plus pure gloire de l'Église, il ntarqunit du sceau de la sainteté la terre où il <xalait : ■ Tu es sainte, t Rome, du sang préciou des Saints : •
S*ncta es, sanctoruTn preUoio saneaine, Komi ' Ainsi chantait un Weui poète cité par Horeri (ao mol Rome). Telle élait aussi la gloire queS.tiprien revendiquait pour sa cfaéreCartbage(Cpi>'^ edit.Oxon.p. 183):< Ohl heureuse notre ^IL^qu'illustre le glorieux sang des martyrs! Farte œuvres des frères, elle était blanche; mainleDiiil par le sang des martyrs elle a acquis la spleodeiir de la pourpre! •
Nos pères dans la foi croyaient aussi, d'âpre l'enseignement des saints Pères, que, loio d'rptnser les veines de l'ÉgUse, le sang répandu pour h foi «élait une semence* (Tertull. ^^. 'I' semence d'une admirable fécondité pourlEjli^ dont elle multipliait les enfants A rinlîni.el qii''ll! enrichissait des dons célestes. • De même, disait
SÂN6
SANG
aussi S. Ghrysostome (in passion. SS, Inventin. ei Maxim,) y que les planies arrosées prennent de Taccroissemenl, ainsi notre foi fleurit par les attaques et s*accroit dans les agitations. Les jardins reçoivent moins de l'écondilé des eaux qui les arrosent, que les Églises du sang de leurs marlyrs. »
11. — On conçoit que, pénétrés de ces idées, pleins d'un respect religieux \youT le sang des martyrs et d'une vive confiance dans son efficacité, les fidèles aient dû mettre un pieux empressement à le recueillir et à le préserver de toute profanation.
Ne quid plenis fraudaretur ab exequiis,
dit Prudence (Hymn. xi). Et c'est ce qu attestent en effet d'innombrables témoignages de l'antiquité chrétienne, et en par4iculier les actes des martyrs, où Ton voit, à chaque page, des chrétiens se précipiter dans les arènes, s'attacher aux pas de leurs frères traînés à la mort, et recevoir dans des linges, dans des éponges ou toute autre matière absorbante ce sang généreux qui coulait à flots pour la cause de Jésus^hrist. Les fidèles ne craignaient pas d'exercer ce ministère saint même sous les yeux des tyrans et des bourreaux, et plusieurs durent à un acte de ce genre la couronne du martyre. Et ici les femmes rivalisaient de constance avec les hommes : témoins ces sept généreuses chrétiennes qui furent immolées pour avoir rempli ce saint office à Tégard de S. Biaise, évèque de Sébaste en Gappadoce, martyrisé dans cette ville sous la persécution de Licinius (Ado martyroL ad diem februar, xv).
C*est Rome surtout, la ville des martyrs par excellence, qui offrit journellement, pendant trois siècles de persécution, ce spectacle de foi pleine de courage et de péril. Deux illustres vierges, deux sœurs qui vivaient à une époque très-rapprochée de celle de S. Pierre et de S. Paul, brillent en tète de cette phalange de généreux chrétiens : ce sont Ste Pradentienneet Ste Praxède, qui vouèrent toute leur vie et toute leur fortune à la sépulture des SS. martyrs : et nul n'ignore qu'on voit aujourd'hui encore dans les habitations de ces deux Saintes, converties en églises depuis les premiers siècles, des puits où, selon une tradition des plus respectables et non interrompue, elles venaient verser le sang des martyrs qu'elles avaient recueilli arec des éponges.
m.— Sans nous en tenir à ces généralités, nous pourrions citer ici une foule d'exemples spéciaux de cette touchante pratique de l'Ëglise persécutée. Nous en prenons au hasard deux ou trois de ceux que nous avons sous la main.
On lit dans les actes de S. Vincent (Ruinart. edit. Veron. p. 218) que les frères qui assistaient au martyre de ce lévite « baisaient les traces de ses pas, touchaient avec une pieuse curiosité les plaies de son corps, et recueillaient son sang dans des linges, afin de le laisser comme une protection à leurs descendants, posteris profuiurum, »
Le poète Prudence chante le même fait dans son hymne sur le diacre martyr (Peristeph, hymn. \. vers. 541) :
Plerique vcslera lineam Stillanie tingunt sanguine.
Tutannen ut sacrum suis Doint réservent posteris.
« Beaucoup (de fidèles) teignent une étoffe de lin du sang qui coule (des veines des martyrs). C'est une protection sacrée qu'ils réservent dans leurs maisons pour leurs descendants. »
Ces deux témoignages, qui se terminent par la même pensée et presque par les mêmes mots, prouvent que les fidèles cherchiiient surtout dans le sang des martyrs une protection pour eux, pour leur maison, pour leur postérité, à laquelle ils comptaient le léguer comme un précieux héritage. El c'était la destination de toutes les reliques en général.
On sait avec quelle pieuse reconnaissance S. Gaudence, évèque de Brescia, reçut de S. Ambroise, pour en enrichir son église, quelques parties du ciment teint du sang de S. Gervais et de S. Protais dont les restes avaient" été récemment retrouvés : c Nous possédons, s'écrie-t-il avec joie (0pp. p. 539. edit. Quirin.), le sang de ces martyrs ramassé dans du gypse. Nous n'avons rien h désirer en fuit de preuve, car nous avons le sang qui est le témoin de la passion. »
L'usage de recueillir le sang des martyrs était commun à toutes les Églises, témoin cette réponse que, peu après l'ère des martyrs, S. Hilaire de Poitiers faisait à l'empereur Constance : « Partout le sang des martyrs est recueilli, partout leurs ossements vénérés sont offerts en témoignage (Con/r. Constant, imp. c. vni). Nous apprenons par les actes proconsulaires de S. Gyprien (V. Kuinart. edit. Veron. p. 190) que les fidèles qui assistaient à sa mort jetaient devant lui linteamina et manualia.
Quant à la double circonstance des linges et des éponges dont on se servait pour absorber et ravir à la terre où il était tombé ce sang vraiment saint, nous avons une poétique description de Prudence renfermant les détails les plus précis au sujet du supplice de S. llippolyle, traîné, comme on sait, à travers les épines et les pierres par des chevaux indomptés : les linges absorbaient le sang tombé à terre, et les éponges celui qui avait jailli sur les ronces du chemin (Peristeph. hymn. xi. vers. 141) :
Palliolis etiam bibulae siccantur arena:, Ne quis in infccio pulvere ros maneal.
Si quis et in sudibus recalenti ad&perginesanguis Insidet, liuoc omnem spongia pressa rapit.
On cite comme s'étant employée à ce pieux office Serena, femme de l'empereur Dioclétien. Car il est écrit dans les actes de Ste Susanne, vierge et martyre, rédigés, croit-on, par les notaires de FÉglise romaine (Âp. Surium. xi aug.), qu'elle reçut le sang de cette martyre dans son voile, es-
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Euyant avec soin la terre qui en él>il imprégnée. Les actes de Sie Cécile rapportent aussi que Ioud ceux qui avaient été convertis par elle et qui se Irouvaient présenls â sa passion, s'empressèrent (te recevoir dans des TOJIes le sang qui s'échappait de son cou cruellement frappé par la liaclie h trois reprises dilTérentes {Ex eod. Vatic. ap. Boldelii. p. 154). et ces linges tout imprégnés de san>! furent retrouvés aiec le corps, ainsi que l'allesle le pape Pascal 1" dans sa bulle d'invention et de translation des reliques {V. notre art. Cécile [Sainte]).
Bien louvent on a pu voir dans d'autres tombeaux de martyrs des linges et des éponges teints de leur sang, et qui y avaient été placés par des témoins de leur mort liéroïque, comme pourcompléter leur sépulture (Boldetli. 149).
IV. — Cependant nous croyons avec Mabillon {Euieb. Rom. ep. p. 18), que le plus souvent l'éponge n'était employée que comme moyen d'absorption, et qu'on exprimait ensuite dans des vases de verre ou d'argile le sang dont elle élait imprégnée: S/wniftif exceptum in ampullit reponebanL Quelquefois même on l'introduisait dans le vase. On peut voir dans Boldetti (p. 149) le dessin d'une ampoule de ce genre, qui, brisée d'un cAlé, laisse voir l'éponge qui se Irouveà l'intcrieur let leP. Lupi
{Sev. mart. p. 52) atteste qu'il en existait une en nature au musée Kirclier. Hais nous ne connaissons aucun texte ancien qui autorise à affirmer qu'on recevait le sang daiis le vase lui-même au moment où il coulait des plaies du martyr, à moins qu'on ne prenne au sérieux le récit de Grégoire de Tours [De glor. matt. lu) au sujet du sang de S. Jean-Baptiste qui aurait été reçu dans une coupe d'argent par une matrone gauloise, laquelle se trouvait à Jérusalem au moment du marlyre du précurseur.
- V. — Chacun sait que des vases semblables à ceux que nous venons de décrire ont été trouvés en grand nombre, scellés à l'eilérieur et quelquefois déposés à l'intérieur des tombeaux des catacombes. Or un fait qui se reproduisait avec tant d'insistance devait naturellement appeler l'attention et exciter la curiosité des explorateurs et des archéologues. Ils durent se demander tout d'abord ce que contenaient ces vases et en second lieu quel but les fldéles s'élaient proposé en les joignant à la sépulture de leurs frères.
l'Que coutienneut les vases des calacombesl
! — SiNG
BoBio, se fondant sur les données que roDmi»ai les anciens rituels réunis par Durant (Kulian. c. vu), supposa que les uns, ceux sans doute qui ne présentais nt d'autre couleur que celle de li matière dont ils sont composés, verre ou argile, étaient simplement des vases à eau bénile (Aonu lolt. p. 20); d'autres au contraire, danssacuiviclion, contenaient du sang et du sang de martfr, celui-là même que les lidéles avaient recueilli m le lieu de leur supplice. Nais il parait restreindre celte appréciation (p. 31) aux vases reDierraès à l'intérieur des focu'i. Aringlii, le traducteur latin de Bosio (florna tubt. t. 495-503), crut, lui aussi, que les uns avaient contenu de l'eau bénite ; nais pour ceux qui étaient teintés en rouge, il liésila entre le vin eucharistique et le ^ang de marljr, tout en penchant néanmoins pour le sang.
Quoi qu'il en soit, celte dernière attribution ne tarda pas à prendre faveur ; elle fut bientût généralement admise comme un fait démontré, et dés lors les vasf« en question furent indistinclenieiil désignés à Rome sous le nom de ofnpoHa di ungue. Il est certain que celles de ces ampouksikat le contenu ne s'est pas complètement évaporé, paraissent teintées d'une couleur rouge plus ou moins foncée, et que l'œil j dislingue des espèces de croules semblables à du sang dessécié et dura. Ceci deviendra mtelligible par le dessin que nous
mettons ici sous les jeux du lecteur : le vue fiait joint à un corps donné en 1838 par le pape Grégoire XVI à riEuvrede la Propagation de la Foi dt Lyon et élait accompagné de l'inscription ucnu.