‹ Dictionnaire des antiquités chrétiennes [microform]Chapitre 244 sur 281 · S&BC · texte numérisé non relu

S&BC

repréwalélai-w&Bie. nir m piem aéfuIonW,(»cupii traniUer une de ces urnes, «Tâc l'aide d'un jeune apprenti qui but tourscr, au moTm d'Hic corde dont il Itonl les deux bMib dans sea ibhii». l'iDstrument aigu avec lequel Eutrope fouiUe le nurbre. Sur U même pierre eU Tiguré un «lire petit Earcopbage acbevé, at diHit U taUeUe, eabMirée dedauphiH»,CDnlient)enoininFOH)c. Fibretlifut d'Butrope un iDartyr, parce que derriérs lui est un personnage debout portant à U main W vaM tout semblable par h forma i, aos wrreft à boira, et que le savant antiquaire croit représenter le me. de sang. Nous uvouona que la preuTS nous parall légère. Le vase de sang était la graside et bien 16gitime préoccupalioa du momeut et celle de Fabretli en particulier (V. à notre article Sam§ dât mmtyn œ que nous diseï» de sa corre^Mttdanoc avec Leibuiti à ca sujel). La saule obèse ^ s«èt bien constatée, c'est qu'Eotr^M iLail chrétiw. La

cftlunb* portiBl k sn» bee la hnaàtt tdmti a est wae preuve, e( mina eneite h tamak à pnnoncé» de répH*I^>« : SMdttt M AJlor Edr^ in pocB. WNC. M»an«c irTTaace. ■ sm. U su ile dt r ioscriptioa saaUe lirfifMr qiw la pitrrï fut gniéa par le fiito de (H Eatrepe, ^ unit été seu^lfur oeanK aM père : not num, filiia fecit. Yoyei ce curieni noDumest. p. IM.

siàde, le mk d'an bubo^ que, par me ktirt adressée tu ïéDat, Tbédderisarailiii^deRMK i Baveane peur j eureer sa profesnea. Cusiodm rapporte {Variar. 1. m. ap. H) le resoril pv lequel te roi Viùgolk, apréa avoir loui l'halnMè de ce Daniel a scvlptar et k omev le natke, lu ooiiHre le prÎTiléte de vendre de cas anie hoi-

citer lai paroles qui déaotoil cbeice prmce ne pieuse EolUckude, aotsi hitm qu'an ^êàùti

pour les arts : Arlii tute periUa deleclati, excaeandU alque ontandU marmoribia diligenlt exerces, praitenli auclorilate coneedinua, ut, te rationabililerordinanle,ditpeiuenlur arca, quœ in Ravennati urbead recondenda fanera ditirakuntur, qaaivm benepcio eadavera in mtptmii humata tuni, tugenlium nonparva coniûlatio. Il parait (|ue ce Daniel signait pour ainsi dire ses ouvrages en ; sculptant l'histoire de Daniel qui faisait allusion à son nom. Cette observation est de Passeri [Append. ad Thei. dipt. Gorn. p. 71). Bugati (Mem.diS. Cetio. p. 167) f^it observer que c'est à peu près à cette époque que la décadence se fait dà:idément remai>quer dans ce genre de monuments. Depuis lors, en eiïet, les lombeaui diFTèrent totalement de ceux de In bonne époque, soit par l'imperfecUoa du travail, soit par tea sujets qui j sont représentés. Le lecteur peut s'en convainere en jetant un coup

d'œil sur les planches iti, it, t dudeuiièaMTolBiDC de l'ouvrage de Ciampini {Yet. nonim. p. i], représentant des sarcophages du doquième el do sixième siècle, et mieux encore parcehii que d«i> donnons ici d'après une photographie et qui est sans doute l'œuvre de ce Daniel, bien que l'ob»^- Tatiou de Passeri ne lui soit pas applicaUe i|iua> i la nature des ligures qui y sont sculptées- On r TOit 8. Pierre et S. Paul, mais dans des coadilioB^ qui ne sont plus celles des quatre prenien sièài^ Celles-ci les représentent conune apâtres luicâlé du Sauveur et le plus souvent recevant b oiisiixi divine. Id, au contraire, les deux apAtres soal nt comme dans les mosaïques absidales de li o>^ époque, présentant, en leur qualité de nurlirs. leur couronne au Sauveur assis sur un si^ ^*' gant. Ce lambeau ne se distingue pas awiu ài ceux de la plus ancienne époque par le «île ^

SCEA

SCÈX

soB archiiectare, style doal le trait le plus saiUant est ce couvercle en forme de toitr todtim imbriea^ dm, presque ans» élevé que le corps du s«rc»* se*

SCEAUX. — ¥. les art. Annemur et Annea» épùiopaL

SGBTfES DB l'aBU» Kt W VOOWEAW TBSTAXBHr.

— Tous ceux qui ont acquis une oonnaissence, si superficielle qu'elle seit, des peintures et des sculptures que nous a léguées l'antiquité chrétienne^ ont pu remarquer que les artistes entremêlaient sans cesse les histoires du Nouveau Testament avec celles de TAncien. Cette pratique s'est maintenue longtemps encore après Tépoque où des raisons de prudence empêchaient les premiers chrétiens de pitMiuire aux yeux les diverses scènes de la passion de Jésus-Christ (Y. Tart. Passion de Noire- Seigneur). On lit en effet dans Augustin Biscop (ilabinon. Ann, 1. 1. ad an. 685. § 47) qu*étant allé à Rome, il revint enrichi d'une fmile d'objets précieux, entre autres d'une grande quantité de volumes sacrés et de saintes imeges, qui présentaient avec an art admirablecomne la concordance figurée des deux Testaments. Par eiemple, l'une de ces images mettant en scèns, d'un cÀé baacpor^ t»t le bois de son sacrifice, et de l'autre Jésus- Christ portant sa croix.; d'autres faisaient voie le serpent d- airain élevé dtans le désert par Moïse, et Nolre^eigneut élevé sur Tarbre de I» oroix (Y*. rart- Strpen£i.

Ces rapprochements étaient pkis fréquents en^core dan» le» temps pptmitife^ et les sarcopliAges en particulier présentent à peu près invariablement un faitde l'Ancien Testament faisanV pendant au fint du Noav«flu, dent il est la figure : ainsi', par exemple, d'un côté le sacrifice é'Abrahanr. de Tau* tre Jésus devant PMate (Bottari. tav. xxxiu), Moïse frappant le rocher et Jésus-Christ ressuscitant Lan xare : les deux faits occupent ordinairem^it lès deux eitrémités d'une orne sépulcrale (Bott. taT.. zxzu). Rien ne serait plus feeile que de continuer ce parallèle. Et les témoignages écrits des auteurs contemporains font bien voir qne res" dispositions n'étaient point fortuites ; eHes étaient le résifltat d*un système très-arrèlé. S. Paulin joignit le précepte à la pratique; il nous révèle dans les vers suivants l'esprit qui avait dirigé les décorations de sa basilique de Nola (Poêm. xxvm. vers. I7D) :

Kireraur.... sacras yetenim monumenta figuras : £i tribus in spatiis duo Testameata legamut; Banc quoque cemenics ratioaem. lumina recto Quod nova ia antiquU tectis, antiqua novis lex Pingiltir; est enim pariter decns utile nobis, In Teteri novitaa; atfoe ia novitale vetliatai. Ut sisDul et nowa vita ait, et prudanUa cam. Ut gravitate senes, et simplicitate pusilli^ Temperiem mentis gemina ex œtate Irahamus, Jflmgenles nostris dîTersuiir nroribus arfuin-.

« CoDtemplona ies figures sacrées^, monuments dea au-clens : — Et dans trois compartiments, noua lirons les deux Tcstamentv; — Si nous conidérons ce tabien d'un œiF in^

teUigent^^ Noua comprend rona qu» la noinelte loi est figurée par l'ancienne, comme l'ancienne est peinte dans 1» nouvelle ; — Et ces décorations sont pour nous pleines d'oi* seignements utiles, — La nouveauté dans ce qui est ancien, et l'aneienneté diina la nonveatité. — Ainsi, que notre vie soit nouvelle» et en même temps vieille par la prudenee.

— Soyons vieux par la gravité, et jeunes par la simpUcilé,

— Tempérant notre âme par la réunion des deux âges, — Alliant en nous les mœurs de chacun d'eux. >

Noos avensv dans un pnême de Prudence îllt^turié DipÈychon, un curieux monument de cet usage de la* primitive Église. L*autemr passe en revne les faits de TAnciew et du Nouveau Testament dans on certain nombre de quatrains', et à peu prés d^ns le même ordre où ils étaient représentés dans les églises. Bt quelques savants, se fondant sur cor«tains manuscrits (V. Arevalo. In Prudent, Diptych. p. 668), an lieu de àiptychon, appellent ce poème Qiêtochmm, c*est-à>-dire diplex cibm, du grec ^trn>;, dufdtx^ et 670]-, cibus, s nourriture;' » et Arevalo (%^Wj dteà l^appui de cette opimoir ces wrs de S. Paulin :

Qui videt lise vacuia agnoscens vera flguriaiy Non vacua fi'dam sibi pascet imagine mentem.

« Celui qui sait discerner la. vérité souedeaAgurea vûwb> (en apparence), — Saura trouver dans cette image uxk sa> lide aliment pour sa Ibi. s

Le P. GBxrwxi{Hagioglypta. p. 51. note) n'adVnet pas rétymologie ci^^lessus : il lit Dkfyicheumy m dnobu$ lûoi»^ parce qoe ces peintures occupaient les deux côtés, hi droite et là'ganche*, du porfîqve des basiliquesv Cette séparation des Msfoires des deux Testaments se remarquait en effet dans les mosaïques, exemple celle de Sainte-Marie-Majeure, où hsr peintures du N»uveau occupaient le grandarc (€iamp. VeL mon. i. p. 206), et celtes dte TAncien les deux cûlés du portique {Ib-. p. ^i).

Dans leur sollicitude pour h'nsfrvefSon^ de leurs ouailles, les pasteurs de ces temps prnantifs avaknf rintentien de leur rappeler, par- ce mélange, q.iie les deux Testaments avaient le mémeDiev pouravteur, et cela afin de les prémunir contre certaines liérésie»des prenners siècles qui snppesafent rexîstence de deux ou de plusietn? principes, et qnf, bien que fort divergentes dans leurs erreurs insensées) s*aocordtiient néanmoins pour affirmer* que TAncien Testament était Toeuvre' dtr nauvafiF principe (Y. les figures que nous donnons à Part. Testaments [les deux], qui est le complément de celui-ci).

Nous ne devons pas omettre de faire mentioa à ce propos d*nn livre trés-cnrieer, fnfîhilé Bi^ Mm pavpenmf^ où, dans une série d'images gravées sur bois, accompagnées de quelques lignes d^explication, les fîrits du Nowean Testament sont mis en parallèle anec ceux de TAncien, qui en étaient la figure ou la propiiétie. Ce livre, qui est une des- plue anciennes productions xylographie qms antérienres à l'invention des caractères mo*biies, a été phis d'une fois reproAiit au quinzième siècle. Hais ces concordances figurées du Vieux ou dtt' Nouveau Testament son€ surfont^ ihtéres'-

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'santés en ce qu*elles sont des copies de très-anciens manuscrits : c'est ce qu'avait déjà annoncé dès i86i H. lleider dans son livre sur la Typologie chrétienne des monuments figurés du moyen âge (Vienne, 1801). Ce même savant, en collaboration avec M. Albert Camesina, vient de mettre au jour (1863), d'après un manuscrit du monastère de Sainl-Florian, près de Vienne, cette Biblia paupei-um, qui, encore qu'elle soit assez éloignée des monu nents primitifs, a du moins l'avantage de nous montrer quels sont ceux des types de l'art antique chrétien qui se sont conservés jusqu'à la dernière période du moyen âge, quels sont ceux qui ont été plus ou moins transformés ou totalement oubliés (Bull , 1" année, n. 5. p. 40).

8CÉV0PHYL4X. — C'était un des nombreux fonctionnaires attachés au service des basiliques dont les auteurs anciens nous ont conservé la curieuse nomenclature. Son emploi consistait à garder les vases sacrés, les ustensiles et autres choses précieuses qui se conservaient dans les scrinia des églises, et il était le plus souvent confié à un prêtre, comme on le voit dans Théodore le Lecteur (1. u), assurant que Hacédonius était prêtre et scévophylax de l'Église de Conslantinople. Sozomène (v. 8) nous apprend que le célèbre Théodore, prêtre d^Ântioche, était gardien des vases sacrés, et même qu'il fut mis à mort sous Julien, parce qu'il avait refusé de livrer le trésor confié à sa garde. Le scévophylax parait avoir souvent cumulé avec ses fonctions celles de chartophylax, qui était le gardien des archives (V. Suicer. ad h, v).

SCRINIA. — C'étaient des espèces de coffres destinés, chez les anciens, à renfermer diverses sortes d'écrits : Scrinia libellorum, scrinia mémo* riœ, scrinia disposiiionum, scrinia epistolarum (V. Gothofrid. Cod. Theod. t. n. p. 145). Les anciens les portaient toujours avec eux, d'abord par nécessité, et plus tard, comme marque d'honneur, de dignité.

Les premiers chrétiens enfermaient les Livres saints dans des cistes de cette sorte, rondes ou carrées ; Prudence les appelle scrinia sacra (Pe~ risieph, hymn. xin. 7), quand il dit que les Œuvres de S. Cyprien dureront « tant qu'il existera un seul livre, tant qu'il y aura des scrinia des saintes lettres, >

Dum liber ulius erit, dum scrinia sacra litterarum.

On eu voit souvent figurés dans les monuments

primitifs. Ainsi une orante du cimetière de la voie Latine a un scrinium de chaque côté d'elle (Bottari. tav. xcni), et celui qui est à la droite est muni d'une attache destinée à la suspendre au cou. Il en est de même de celui qui, sur un sarcophage du cimetière de Sainte-Agnès (Bottari. cxxxi), est déposé aux pieds de Notre-Sei-

gneur (V. à Tari. Jétui-Chmt le dessin n. 3). Celui que nous reproduisons ûgure au-dessous du si<^e de Tentant Jésus enseignant dans le temple : c'est une fresque du cimetière de Calliste (Bottari. tav. liv). Notre-Seigneur a un scrinium devant lui, surtout quand il est représenté disputant avec les docteurs. Quelques mosaïques font voir aussi les évangéhstes avec des scrinia pleins de volumes à leurs pieds. Ainsi en est-il pour S. Luc et S. Marc dans celle de Saint- Vital de Ravenne (Ciampini, Vei. monim, t.u. lab. XX. 2. x.\i. 1).

Sur un fragment de sarcophage du Vatican représentant la guérison du paralytique, se voit, a côté de Notre-Seigneur, un personnage (V. la figure de l'art. Paralytique) devant lequel est déposé un scrinium de forme carrée et muni sur le derant d*une serrure. Ce personnage, qui Si aussi deux tolûmes à la main, n'est autre qu'un de ces scrib» dont roflice était de lire et d'interpréter la loi. Ces volumes et ces scrinia étaient l'attribut de leur dignité, comme chez les Romains ils étaient l'insigne des hommes adonnés à la culture des lettres (V. l'art. Diptyques, I).

Il y avait encore de petits coffrets carrés, étroits, en ivoire, pour renfermer les volumes isolément. On eu observe de curieux exemples dans certains fonds de coupe (Boldetti. p. i98.8. — Garrucd. Vetri, xxxui. 1).

Chez les Grecs, ces scrinia s'appelaient x<?^ çuXaxts, et prenaient, selon leurs destinations spéciales, quelques-uns des noms cités plus haut. Ces détails et beaucoup d'autres se trouvent dans les commentaires du Code théodosien par Godefroj (Gothofrid. Cod. Theod. t. n. p. 145).

SGRUTliVS. — Y. l'art. CatéchuménaL

SCULPTEURS CHRÉTIENS. - V. fart.

Sarcophages, lY.

SEBASTIEN (S.) — Le culte de S. Sébastien à Rome est très-ancien ; sa fêle est déjà marquée dans un calendrier romain éditéparleP.Boacbefp et qui date à peu près du commencement du quatrième siècle. Une église a été construite sous son vocable au dessus du cimetière qui porte son nom. Ce lieu où, selon une ancienne tradition, les corps de S. Pierre et de S. Paul furent déposés momentanément, s'appelait proprement les catacmhit et ce n'est que par extension que ce nom a été

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donné depuis à Tensemble des cimetières romains soulerrains.

Un bas-relief en terre cuite, re résentant le martyre de S. Sébastien, avait été trouvé au cimetière de Sainte-Priscille, avant les explorations de Bosio, qui en donne le dessin (p. 571. — Y. Bottari. tav. clixxix) diaprés celui qui se conserve au Vatican, car déjà alors le monument avr.it disparu pour passer dans un musée privé. L'antiquité que Bottari semble attribuer à ce bas-relief nous semble exagérée, car il parait, d'après une inscription accompagnant le dessin du Vatican, qu'il servait comme de retable à un autel joint à la paroi du cimetière, et la représentation d'une scène de martyre est un fait qui s éloigne totalement de l'esprit et des habitudes des premiers â^es de la foi. Mais, bien qu'il ne nous paraisse guère possible de faire i*emonter ce bas-relief au delà du sixième siècle, nous devons noter quelques détails archéologiques intéressants à étudier.

Le Saint est représenté dans un âge mûr, et il en est de même dans une mosaïque de la fm du dix-septième siècle, qui se conserve à Saint-Pierre in Vincoli (Ciampini. Vel. mon, n. tab. xxxui). Dans

la terre cuite, il a les cheveux longs et flottants et pas de barbe, tandis que la mosaïque lui donne la barbe et les cheveux courts, le montre vêtu de l'habit militaire, et poilant sa couronne de martyr sur un pan de sa chlamyde. Bottari (ni. 168) explique cette anomalie, en disant que Tarliste du bas-relief aura voulu se conformer pour la chevelure à l'usage que les invasions des Barbares avaienidéjà introduit en Italie, tandis que, pour la barbe, il se reporta au temps de Dioclélien, où on ne la portait pas, ainsi qu'il est prouvé par les médailles. Le martyr est attaché à un poteau que les Latins appelaient siipitem^ et où Ton enchaînait les malfaiteurs. Ceci est conforme au récit de Lampride (In Alexandr,)^ qui parle aussi àxyiitului qui était fixé au-dessus de sa tète, et ne parait pas ici, sans doute faute d'espace. Eusébe [Hiêi. eccl, V. i) mentionne l'écriteauoù était énoncé le crime d'Attale, l'un des martyrs de Lyon: AUalui Chriêtianus; le Domiiiiquin s'est inspiré de ce récit dans son tableau du martyre de S. Sébastien : il a écrit au-dessus de sa tète: SebasUanus Chris, iianui.

On doit observer encore une espèce de tablette ou de iuppedaneum sur lequel reposent les pieds

du martyr, absolument comme celui qui est communément donné à Notre-Seigneuren croix. Trois soldats à moitié nus tirent leurs flèches contre le Saint, un troisième bande son arc avec effort, un quatrième, assis à terre avec son arc brisé à la main, contemple la victime; enfin, en avant de ces satellites, est un chef à cheval, se retournant vers eux et semblant leur intimer ses ordres.

SECRET (oisciPLiNB du). — Les monuments écrits et figurés des premiers siècles chrétiens sont enveloppés de mystère; Tallégorie et le symbolisme y régnent partout ; le langage des Pères et des docteurs est plein de réticences ; les produits de l'art ne sont à proprement parler qu*un ensemble d'hiéroglyphes et d'énigmes dont les initiés seuls ont le mot.

Ce fait n^est point le résultat du hasard ou du caprice, mais bien d'une discipline systématique, imposée à la primitive Église par les dangers et les innombrables pièges qu'elle trouvait dans sa position au sein du monde païen. La plupart des Pères voient l'origine de cette discipline dans ce^ paroles de Jésus-Christ (Matth. vu. 6) : « Ne livrez point le saint (les choses saintes) aux chiens, ni ne jetez pas vos perles devant les pourceaux, • nolite dare sanctum canibus, neque mitiatis mar' gariiaê vestras ante porcoi. Ce qui est du moins incontestable, c'est qu'on retrouve des traces de cette pratique dans les premiers documents écrits de la tradition chrétienne.

Il n'est pas probable néanmoins qu'elle ait existé, comme loi positive, tout à fait dès le premier âge et que les apôtres, non plus que leurs successeurs immédiats aient songé à environner de tant de mystère leur doctrine ni leurs rites, bien que leur enseignement fût sagement gradué, comme le passage suivant de S. Paul nous le révèle évidemment (1 Cor, nul): c Et moi, mes frères, je n'ai pu vous parler comme à des hommes spirituels, mais comme à des personnes encore chamelles, et comme à des enfants en Jésus- Christ. > Nous voyons en plusieurs lieux des Actes des apôtres que sa prédication fut constamment basée sur ces principes.

Une seconde observation générale que nous devons faire, avant d'aller plus loin, c'est que nous n'entendons point que la discipline de l'arcane n'ait jamais admis d'exception : elle fléchissait toutes les fois que le bien de la religion l'exigeait. Alors les mystères de la foi étaient publiés, nonseulement devant les catéchumènes, mais en présence des ennemis. Nous en avons de fréquents exemples dans les apologistes, qui souvent n'eurent pas de moyens plus efficaces qu'une entière franchise pour repousser les calomnies dirigées contre les fidèles, celles surtout qui n'étaient basées que sur l'altération ou le travestissement de la doctrine. La discipline du secret dut naître de l'expérience que l'Église ne tarda pas à acquérir à ses dépens, des périls d'une trop confiante publicité. C'est ce que prouverait un parallèle bien

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étudié enire les apologistes du troisième siàde, qui ne répondant souvent que par récrimination, gardent sur bien des points une estrème xéserve, et S. Justin, antérieur d*un demi-siécle, qui est bien plus explicite, notamment £ur la Trinité .et !"£»charisLie.

Quoi qu'il en soit, elle avait pour but de cacher aux idolâtres, et même en partie a«x catédiumènes, les choses que les uns eussent pu tourner en dérision, faute de les comprendre, et dans lesquelles les autres eussent pu trouver une trop rude épreuve pour leur foi novice encore.

I. — Tertullien (ApologeL vn) en affirme Texistence d*une manière générale, et il s'en fait ittême un argument contre des accusatioins sans fondement, puisqu'elles portaient sur des dioses qu'aucun clirétien ne révélait. «< Si nous sonuaftes toujours cachés, dit-il, quand a-i-«n vu ce que nous commettons ! Qui a pu le dévoiler ? Ce ne sont pas assurément nos complices, puisque par leur essence même tous les mystères obligent jûdèle^ ment au secret. > Ailleurs {De prcBicripi, adv. hœreL xli), il signale comme un des caractères des hérésies de son temps l'abus qui s'y était introduit de ne tenir aucun compte de cette discipline salutaire : c Je n'omettrai point la deacri|^ tion de la vie hérétique, combien elle est futile, combien terrestre, combien humaine; sans gravité» sans autorité, sans discipline.... Et d'abord, qui est catéduanéne, qui est fidèle parmi eux ? (Y. les art. CatéchuménatetFidèie.) Cela demeure incertain, car tous entrent indistinctemant (dans le lieu saint), tous écautetU, tous prient également ; si même il survient des gentils, on jetlera le saint aux chiens, et aux pourceaux les perks, bien que non véritables. »

Mous pouvons citer un autre lait qui le prouve avec la dernière évidence : c'est la division des catéchèses de S. Cyrille de Jérusalem. Les premières qui furent prononcées devant les catéchumènes, ne renferment pas un mot relatif aux mystères et surtout au sacrement de l'Eucharislie ; celles de la seconde classe, au contraire, que ce grand évèque consacra à l'instruction des seuls fidèles ou baptisés, s'expriment au sujet de ces mêmes mystères d'une manière tellement claire qu'on ne peut rien désirer de plus. Aussi recommandent-il expressément de ne jamais communiquer ces dernières instructions aux catéchumènes, ni aux non-initiés {Prœf, caUoh.), « Lorsque la catéchèse est récitée, si quelque catéchumène vient te demander : Que disaient les docteurs ! ne dis nen à cet homme du dehors. >

1** La discipline du secret avait prineipalement pour objet les mystères les pkis profonds et les plus ardus de la religion nouvelle, et notamment la Trinité. S. Ambroise (Epist. nxm. Ad Marcellin.) dit que, « après les leçons et le traité (1 mstruction), les catéchumènes étant renvoyés, il livrait le symbole seulement aux «ampétents, dans les baptistères. » Ces compétents, comme on le sait, étaient ceux qui, arrivés au dernier degré du

caiéchuMèaat, devaient rewvair oomminkitin du symbole, afin d'être instruits sortoul da mystère «de la Ste Trinité mu non de laquelle ils allaient être baptisés. La tnème réserve était «bservée eo Orient. Nous le voyons dans Soiomène, qui, «a diapitre dix-neuv'iéme du .promier livre de sm Hisimr€ eccléêiatti^ief a soin d*expliqaer que s*il «met le symbole de Micée, c'est parce qu'il état vraisemblable que son livre tomberait aux mains de quelques-uns de cenx qui ne sont pas iaitiés «ux mystères.

On peut conclure la mène chose éa livre d'Origéne oonlre Geise {Lit. i),où,éMaiéraDt cen des mystères du symbole qui ne sont cachés à personne, il ne désigne que la nativité dn Soaveur, son cmdfienienL, sa résorrection, le jugement dernier, et notre pétmTection future, et ne fait aucune mention du mystèi^ de la Trinilé. Ûir -est-il admissible qu'il Teût oublié, s'il «Atété au nombre de ceux qni peument être wiélés à tous?

11 suffît d'ajouter id le témoignage de S. Cyrille de lénualem (Cateeh. vi), dont la clarté ne bisse rien à désirer: « Jamais il ne fut parlé à an gentil quelconque du mystère arcane du Père, du Es et du Saint-Esprit; nous n^en parlons pas mène ouvertement devant les catédmraènes ;mais nous parlons souvent d'une manière occulte, de telle sorte que les fidèles, ceux qui savent la chose, «emprenneni, et que ceux qui l'igooreut, ne soient point scandalisés d^une révélation prématurée.

Les conqfitentê seuls recevaient aussi communicatioH de l'Oraison dominicale. Nous renvoyons pour ce |>oint à notre article spécial surïOnim dominicale.

S* Les sacrements, non-seulemeot uo ou deoi, mais tous sans exception, non-seulement quant i leurs rites, mais encore quant à leur essence, tombaient sous la loi du secret. S. Basile a dit d^e manière générale de tous les sacrements, et nommément du baptême, de l'eucharistie et de ia confirmation, ces paroles qui peuvent senir de préCioe.à tout ce <|ue nous avons à constater à cet égard (DeSpirit. S. ad Amphiloc. xxvn): • Ce que les non-^initiés n*«nt pas la permission de voir, il ne convient pas d'en faire drculer puMiqnenent la doctrine dans un^écrit. »

Nous le savons pour le baptême par Tbéedonet (Epèlom.' Décret, c.xvin) qui, entreprenant de iwrier de ce sacrement, dit auparavant: « C'est id qo^ nous avens surtout besoin d'un langage mystique. » S. Cyrille d'Alexandrie (L. i. Contr, JuHen]^ dare à son tour qu'il passe sous silence ce qui est d'une plus difficRe intelligence au sujet du tnptéme: « fie peur que, portant aux «reilles des prolanes les choses arcanes, je n'offense le Chnst qui a dit : ^ Ne jetei point les choses saintesjn chiens, «te. • C'est aussi du baptême q«^t^ S. Jean Chrysostome dans sa quarantième h»»* sur la prenûére Épttre aux Gorintfafeos, en «s (tfmes : « le toux paifer» mns je n'ose à caœede

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ceux <iai ne 9Mt pas initiés. » On trouve dee ténieignages tmH semblables dans S. Grégoire de Nazânse {Orat. n. Ik bapt,) et dans beaucoup d*ai]tres Pères que nous nous abstenons de citer fiiute d'espace. Plusieurs des noms donnés au baptême renferment un sens arcane qui ne powniit être saisi que par les initiés. La fonnoie percepàj qui se lit sur beaucoup de marives antiques, était ininteliigîble aux profiHMs : « il areçut » <omenindu, le baptême.

Quant à Tauguste sacrement de Teucharistie, qui ne sait les mille précantionB avec lesquelles les Pères en parlaient! Us ne le désignaient presque jamais par son nom, mais seulement par des expresaons symboliques, to db^sSov, li bu» par exceiieitf», eorpm» Agni mmrgariium tn^fw, t la snfalinie perle du corps de l'Agneau, » comme rappelle Fortunat, d'ajirés les liturgies orientales (Carm, xit. 1. 5). On a fu à Tart. EmdiamUe le déTeloppement de toutes les figures et allégories employées pour la désigner tant dans le langage écrit que dans le langage figuré. Palladius, dans sa Vie de 5. Chrfêotitome^ à propos de la profanation du sang de Jésus-Christ qui eut lieu dans rÉglise de Gonstantinople i Toccasion d*un tumulte populaire, se sert de cette expression arcane : 9tfmboia effum^ i les symboles fureut répandus. •

Ici les témoignages se pressentet sont d'unetelle éTidenee,quelesdissidents eux-mêmes, qui se sont déclarés contre la tradition catholique au sujet de In loi du secret en général, ne peuvent s'empêcher de conrenir qu'elle fut toujours observée pour Teuchanstie (Y. Bîngham. nr. p. 128). De leur n^eu, il suffit, pour s'en convaincre, d'avoir une counaissance même superficielle des écrits des Pérès. Tout le monde eonnalt cet axiome de S. Augustin (Tfvcl. xcvi. ht /eon.) : c Les sacrements des fidèles ne sont point livrés anx catéchumènes, » et cet autre : « Lescatéchumènesne savent ce que reçoivent les chrétiens. » La même chose dans S. Chrysostome (Amitf. usn InMtMh ) : « Le mystère de Feucharistie..*. les initiés seuls le connais-

5€flt. ■

Mais S. Cyrille de Jérusalem est ph» frappant encore {Caie^. i. Ad hapUxand,) : s'adressant à ceux qui doivent bientôt être baptisés, il les console des restrictions présentes par l'espoir des ré-délations futures : ■ Les initiés savent la nature èecettecoupef vous lasaures vous ausâsouspeu. • Les discours et liomélies prononoés en présence des catéchumènes sont sans cesse entrecoupés par ces résenes : i Les fidèles savent, les initiés savent ce que nous disons, je parle aux fidèles, etc. (Y. Bena. De rd>. lihtrg, 1. 1. c. 16). » •— « Si l'on demande à un catéchumène, dit encore Tévéque d'ilippone [Tract, u. M/oan.), s'il croit oi Jésus- Christ, il répond tout aussitét : Oui ; mais si on hii demande : Manges-vous la chair du ûis de l'homme ? il ne sait ce qiie nous disons. » — « Qu'est-ce, dit-41 eneore ailleurs (In fêolm. cm), qui est caché et non public dans l'figlise ? Le sacrement du baptême, le sacrement de l'euchailstie; nos bonnes

seufres sont tues des ptfens,mais nos sacrements leur sont cachés. •

S. Abercius, évèque dHiéraple, au second siècle, raconte dans son épitaphe (V. Pitra. Spidl SolêMi. t. m. p. 53^) qn'aysnt visité Rome, la Svrie et la Mésopotamie, partout la roi lui servit le nnsoR. Et, après avoir énuméré les admirables qualités de ce poisson, et flaât mention du pain et du vin, il ajoute: t Que celui qui entend ce que j'ai dit, prie pour Abercius • (V. l'art. Poisson).

Nous n'avons pas à répéter ici ce que nous avons dit en plusieurs endroits de ce Dictionnaire au sujet de l'exclusion des catéchumènes de la célébration des saints mystères (V. les art. Catéchuménat, Mem^ etc.). c Nous célébrons les saints mystères portes closes, dit S. Chrysostome ; et ceux qui ne sont pas encore initiéis, nous les empêchons d'y assister [EomU. xxm. In MaUh.). • Entre autres choses qui sont prescrites aux diacres dans les Constitutions apostoliques (ii. 57), il leur est expressément recommandé, non-seulement de renvoyer les non-initiés, mais encore de garder les partes de l'église, de peur qu'ils n'y entrent furtivement pendant la célébration de l'eucharistie. Aussi voyons-nous avec quelle sévérité S. hpiphane et S. Jérôme réprimandent les marcionites de ce qu'ils admettent indistinctement à leurs mystères les catéchumènes avec les fidèles, méconnaissant ainsi une des plus essentielles règles de rÉglise.

L'administration de l'huile sainte, soit du sacrement de confirmation, était aussi voilée aux profanes. S. Basile [De Spirit. S. c. xxvni) nous donne une idée de la discrétion qui était observée au sujet de ce sacrement, lorsqu'il dit qu*il n'était pas même permis aux non «initiés de fixer les yeux sur l'huile qui se conservait pour cela: i Quant à l'onction elle-même de l'huile sainte, qui osa jamais en parler ouvertement !» Le pape Innocent!**, répondant à Decentius, évèque d'Eugubium, qui l'avait interrogé sur la forme du sacrement de confirmation, dit(Epist. i.c. 5) : < Je ne puis dire les paroles (sacramentelles), de peur que je ne paraisse trahir, plutôt que répondre à une consultation. »

Il en était de même des saints ordres : il n'était pas permis de les conférer en présence des catéchumènes. Nous trouvons un canon sur ce stget dans les actes du concile de Laodicée (can. v) : f Qu'il soit interdit de célébrer les ordinations sous les yeux des écoutants. • Lorsque S. Jean Chrysostome veut parler en public de cet office ainsi que des prières solennelles qui sont usitées dans la consécration des ordinands, il s'exprime obscurément à cause des catéchumènes (Homil, xvn. Inîad Cor.) : c Celui qui est appelé à initier quelqu'un aux saints ordres réclame les prières des fidèles au moment de la cérémonie, et ceuxci approuvent par leur asseptiment ce qui se fait, et acclament les choses qui sont connues des initiés. Car il n*est pas permis de tout découvrir devant ceux qui ne sont pas initiés. »

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Ce qui est dit ici de Tordination doit aussi s'entendre de l'onction des infinnes. On le peut conclure de ces paroles de S. Basile, lesquelles viennent immédiatement après ce qu'il dit du saint clirême, et doivent par conséquent en être distinguées: « Quel discours parla jamais ouvertement de l'onction de l'huile ? > Nous ne voyons pas en effet qu'aucun Père se soit jamais exprimé clairement au sujet de ce sacrement devant les catéchumènes ou les infidèles, ni que les paroles de sa forme aient été écrites nulle part. S. Augustin (Enarrat, inpsalm, cxu) dit bien que nous recevons les divers sacrements de différentes manières : c Les uns, comme vous savez, sont reçus par nous dans la bouche, les autres par tout le corps. > 11 est évident qu'il désigne, bien qu'à mots 'couverts, l'eucharistie, qui se reçoit dans la bouche, et ensuite rextrème-onction, qui est reçue sur toutes les parties du corps. S. Jérôme ne s'exprime pas d'une manière plus claire sur ce dernier sacrement : ce qu'il en dit à propos du mot olivier dans son commentaire sur le quatorzième chapitre d'Osée, c'est que le fruit de l'olivier • est celui avec lequel on oint ceux qui combattent dans le cirque, in agone cerlanUs, » Les autres Pères Grecs et Latins observent au sujet de l'extrème-onction la même réserve.

Outre les raisons générales que nous avons assignées à la discipline du secrtt, il en est encore d'autres que nous énumérerons en deux mots. On craignait que la simplicité des rites chrétiens ne causât quelque étonnement, et peut-être même du scandale chez ceux qui n'en pénétraient pas encore le sens, car les dehors d'un culte en esprit et en vérité ofTraient un frappant contraste avec les splendides cérémonies, et surtout avec les sacrifices dont les catéchumènes avaient été jusque-là témoins dans le judaïsme et le paganisme d'où ils étaient issus. C'est ce qu'a si bien exprimé S. Jean Ghrysostome diins sa vingt-troisième homélie sur S. Mathieu : c Nous célébrons les mystères portes closes ; non point que nous supposions quelque côté faible dans nos mystères, mais parce que ceux que nous en éloignons sont encore trop faibles pour y participer. >

Une seconde raison, c'était de concilier à nos mystères de la part des non-initiés le respect qui leur est dû : c La vénération des mystères est conservée par le silence, dit S. Basile {De SpiriL S, xxvu). » S. Augustin exprime la même pensée en d'autres termes (Serm, i inter 40 a Sirmond. edit. t. 10): « Vous ne devez pas vous étonner, trèschers frères, si dans la célébration des mystères mêmes nous ne vous avons rien dit de ces mystères, et si nous ne vous avons pas donné tout aussitôt l'interprétation de ce que nous faisons. (Test que nous avons dû entourer des choses si saintes et si divines des honneurs du silence. »

Enfin, on peut dire encore, et le témoignage des Pères nous y autorise, qu'on voilait aux catéchumènes la doctrine des sacrements et en particulier celle du baptême et de l'eucharistie, afin d'exciter

davantage leur curiosité et dVnflammer leur lèle, de telle sorte qu'ils se missent le plus tôt possible dans le cas d'y participer et de les connaître par leur propre usage et par leur expérience, i Si les sacrements des fidèles, dit-il (Homil. icn.k Joan,)j ne sont pas découverts aux catéchumèoes, ce n'est pas qu'ils ne pussent en supporter la connaissance, mais c'est afin qu'ils les désirent avec une ardeur proportionnée au soin qu'on met à les leur cacher. > Et ailleurs (Homii. ca) : i Les Juifs ne connaissent pas le sacerdoce selon l'ordre de Melchisédec. Je parle aux fidèles : s'il est quelque chose que les catéchumènes n'entendent pas, qu'ils secouent leur paresse, et se hâtent vers l'intelligence de ces choses, i Et ailleurs encore (De verh, Domini, homil, xlvi) : • Ceux qui ne mangent pas encore, qu'ils se hâtent vers le festin auquel ils sont invités. Voici venir la Pâque, donne ton nom pour le baptême. Si la fête ne suffit pas à t'exciler, laisse-toi gagner par la curiosité, afin que tu saches ce que nous disions par ces paroles : Celui qui mange ma chair d boit mon uaq^ demeure en moi et moi en lui. »

II. — Nous avons dit que le même besoin de mystère se Hait remarquer dans les monuments figurés. Il en est ainsi notamment dans les peintures, lessculptures,les inscriptions des catacombes de Rome : rien n'y était admis qui pût trahir aux yeux des profanes qui se seraient furtivement introduits dans ces cryptes sacrées le secret des choses saintes. On n'y voyait ni crucifix, ni croix (dans la période primitive du moins), ni représentation de martyre (V. les art. Croix, Cruàfix, Martyre). On observera même que, dans les sculptures des sarcophages, le symbolisme est beaucoup plus compliqué et enveloppé que dans les peintures et les simples pierres sépulcrales des cimetières souterrains. La raison en est que, devant être exécutées en plein air, et en général figurer dans les cimetières supérieurs, ou même dans l'intérieur des basiliques, ces sculptures devaient aussi se conformer plus strictement à la loi du secret.

Toute la religion, ses dogmes, ses enseignements moraux, ses espérances, ses promesses, sont figurés en un langage hiéroglyphique, dans un vaste système de symbolisme savamment organisé, et dont on trouvera les éléments épars dans ce Dictionnaire (V. en particulier l'article Stfmbolet).C& sont des faits de l'Ancien et du Nouveau Testament, des figures empruntées à la mythologie, des scènes de la vie pastorale, des animaux, des planta, des objets maritimes, mais par-dessus tout le poisson, mystérieux symbole du Christ et du chrétien (V l'art. Poisson). La foi à la résurrection des coq», qui devait consoler et fortifier les fidèles au milieu des persécutions et des misères communes de la vie, est surtout reproduite sous une foule d'emblèmes ; et on Terra que la majeure paru* des objets sculptés ou peints sur les tombeaux d sur les parois des cryptes, et auxquels nous consacrons un grand nombre d'articles, se rapport^»^ à cette vérité consolante.

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