‹ Dictionnaire des antiquités chrétiennes [microform]Chapitre 245 sur 281 · SEMA · texte numérisé non relu

SEMA

SECRET ARIA. — C*étaient deux espèces de tabernacles, ou mieux peut-être de s«icristies pratiquées dans Tabside, des deux côtés de Tautel des basiliques anciennes (Y. Tart. Pastophoria); dans Tun de ces secrétariat on consenrait la sainte eucharistie, et dans Tautre les Livres saints, et quand il avait des proportions plus vastes, des bibliothèques (Y. Fart. Bibliothèques chrétiennes), S. Paulin en fait mention dans sa description de la basilique de Saint-Félix. Le saint dit que les vers suivants indiquaient la destination de chacun d'eux :

A la droite de Tabside :

Hic locQS est, veneranda penus qua conditur, et qua Promitur aima sacri pompa ministerii.

A la gauche :

Si quem sancta tenet meditandi in lege volontas, Hic poterit residens sacris intendere libris.

Bottari (t. i. p. 68) croit voir une allusion à cet usage dans le bas relief d'un sarcophage antique (taT. xix). Au centre du tombeau est une orante, aux pieds de laquelle est déposé, d'un côté, un vase surmonté d'une colombe (V. ce vase à Fart. Colombe eucharistique) et qui est regardé comme un vase eucharistique, et de Tautre côté un faisceau de volumes liés ensemble. On peut reconnaître une vraie sacristie dans le plan d'une petite église souterraine du cimetière dit (/e//a iSa/tto del cocomero (Marchi. tav. xxxvni. n).

SELIQUASTRUH. - C'éUit un siège d'une forme élégante et majestueuse, d'un caractère archaïque, dont se servaient les femmes dans Tanliquité. Le grammairien Hygin (De Sign, cœlest. cap. IX. — Cf. Bottari. t. ni. p. 25) attribue à Ca&siopée, reine d'Ethiopie et mère d'Andromède, un siège de cette espèce : Sedens in seliquastro collocala est, Amobe (lib. n. p. 76. edit. Hanov.) distingue le seliquasirum d'un autre siège, également à l'usage des femmes dans leurs maisons, et se terminant en arc, arquata sellula.

Les monuments chrétiens produisent fréquemment des personnages assis sur des sièges auxquels peuvent s'appliquer également ces deux définitions. Telle est la chaire où est assise la Ste Vierge dans plusieurs fresques et sculptures des catacombes ; il faut voir surtout, pour cet objet, un beau sarcophage du cimetière de Sainte-Agnès (Bottari. tav. cxxxui) : le siège qu'occupe la Mère de Dieu tenant son divin Enfant sur ses genoux, dans le sujet de l'adoration des Mages, a le dossier arqué et les côtés évasés avec une grâce toute spéciale.

SEMAINE (iODBs DB la). — L — On a beattcoup discuté sur l'origine de la division du temps en semaines. On a fait honneur de l'invention, tantôt aux Égyptiens, tantôt aux Assyriens. Mais il est évident que la division hebdomadale remonte à

l'origine même du monde, et qu'elle est basée sur les sept jours de la création indiqués par Moïse au début de la Genèse. C'est des Juifs qu'elle passa aux autres peuples orientaux, et en particulier aux Assyriens, qui, d'après les textes cunéiformes (Y. J. de Witte, Gazette archéoL 1877, p. 51), employèrent dans leur calendrier le nombre sept, qui, sans doute par suite des traditions primitives, a été regardé chez tous les peuples comme un nombre sacré. Ils divisaient les mois en quatre parties égales, composées chacune de sept jours, du premier au sept, du sept au quatorze, du quatorze au vingt-un et enfin du vingt-un au vingthuit. Le mois- ayant régulièrement trente jours, les deux derniers restaient en dehors de la série des quatre hebdomades, qui reprenait le mois suivant du premier au sept.

Les Grecs divisaient le mois en trois décades ; les Romains avaient adopté une division inégale, par calendes^ nones et ides. Ils nommèrent calendes le premier jour du mois, du grec xoXco, vocOy c j'appelle, i parce que c'était le jour où le pontife appelait le peuple, afin de lui notifier celui où l'ordre des fêtes devait lui être annoncé. Cet autre jour était désigné sous le nom de nones^ parce qu'il précédait les ides de neuf jours. Enfin les ides, d'un ancien vocable iduo, qui veut dire divido, « je divise, > étaient le jour qui partageait le mois à peu près par le miUeu (Y. Pelliccia. Polit, eccl, t. u. p. 7).

Les Orientaux sont les premiers qui aient désigné les jours de la semaine par les noms des planètes. Il est probable que ce système dérive des observations astronomiques et des anciennes opinions sur l'harmonie des sphères et sur les heures planétaires; c'est le sentiment de S. Clément d'Alexandrie (Strom. edit. Potter. p. 712) : lllo dierum septenario singulos septem planetarum motus,... intelligOy « je comprends que ce septénaire de jours est basé sur les mouvements des sept planètes. »

Mais il n'est pas exact de dire que les Chaldèens assignèrent à chaque jour le nom de la planète qui présidait à ce jour. S'il en était ainsi, l'ordre des noms des jours serait différent. En efîet, les tables astronomiques des Chaldèens étaient conçues de telle sorte, que Saturne occupait la première place, parce qu'il était la plus haute des planètes alors connues, et le plus ancien des sept grands dieux. Jupiter venait ensuite, puis Mars, le Soleil, Yénus, Mercure, et enfin la Lune. On voit donc que si les noms des jours eussent été réglés d'après la présidence des planètes, le premier jour de la semaine dériverait de Saturne, le second de Jupiter, le troisième de Mars, le quatrième du Soleil, le cinquième de Yénus, le sixième de Mercure, le septième de la Lune.

Or il en est tout autrement, et la raison, c'est que les Orientaux donnèrent à chaque jour non pas le nom de la planète qui présidait à ce jour, mais celui de la planète qui présidait à sa première heure. Ainsi, comme, selon leurs tables astrono-

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