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TESS

TABLEAUX D'AUTEL. — V. l'art. Dipty^

quet.

TABULiC NUPTIALES oo DOTALES. —

Dans la plupart des monuments représentant des scènes de mariage chrétien, notamment dans les ven'es dorés et les sarcophages, on voit, soit à la main de Tun des époux, soit à terre, soit dans le champ, des volumes roulés (V. Tart. Mariage chrétien) ; les antiquaires pensent qu*on a voulu figurer ainsi le contrat matrimonial, où la dot était s(ipul(>e et promise. Les auteurs profanes en font souvent mention, et nous avons aussi à ce sujet le témoignage de plusieurs écrivains ecclésiastiques, celui de Tertullien (Lib. h. Ad uxor, c. 3), par exemple, et celui de S. Jérôme (EpiêL ad Furiam), Il y en a quelquefois deux dans les peintures de verres (Buonarruoti. tav. zxui. 3) : 1 un représenterait la promesse de dot par la femme, Tautre la reconnaissance de cette même dot par le mari.

TE DEUM LAUDAIIU8. — Une opinion vulgaire attribue celte hymne, tantôt à S. Ambroise seul, tantôt à ce Père et à S. Augustin conjointement. Lorsque ce dernier fut baptisé par le saint évéque de Milan, saisis Tun et Taulre et Mmultanément d*un divin enthousiasme, ils se seraient mis à le chanter alternativement, prout Spiriluê Sancttu dahat eloqui illis, et au grand étonnement de toute Tassistance. Cette dernière supposition repose en grande partie sur Tautorité delà Chronique de Dacius, qui aurait été Tun des successeurs de S. Ambroise ; mais ce document est unanimement rejeté par les criiiques (Mabillon. AnalecL veL t. i. p. 487. edit. Paris. 1725). On cherche encore à Tétayer du témoignage du quatrième concile de Tolède, tenu en 633, qui aurait approuvé Vh ymne comme étant de cette provenance. Ce concile dit simplement que S. Ûilaire et S. Ambroise avaient composé des hymnes pour leurs Églises» mais sans aucune mention spéciale du Te Deum.

La seule chose certaine, c'est qu'elle date de prés d'un siècle après la mort de S. Ambroise, et qu'elle eut pour auteur un écrivain de la Gaule, l'agi (Crilic. in Baron. 388. n. xi) assure que Gavant l'avait trouvée dans un ancien bréviaire manuscrit attribué à Abundius, et que dans d'autres livres liturgiques non moins anciens elle porte le litre de hymniu Sisebuli monachi, A son tour, Usserius (De $ymb. p. 2) alTlrme que dans deux trèsanciens manuscrits elle est attribuée à Nicetius. £s(-ce S. Nizier, évéque de Lyon, qui siégeait au milieu du sixième siècle, ou S. Nicet, qui occupait le siège de Trêves en 527? Les savants inclinent pour ce dernier, et pensent qu'il est le véritable auteur du Te Deum. Les moines bénédictins, dans leur édition de S. Ambroise, refusent absolument à ce dernier l'honneur de l'avoir composé, et Guillaume Cave, qui avait d'abord professé le sentiment contraire (HisL lill vol. i. p. 215.— Cf. Bicgham.

Origin» t. vf. p. 51), après avoir examiné plus sérieusement la question (Op. laud. vol. n. p. 75), s'est rangé à l'avis des savants éditeurs.

On doit donc, pensons-nous, adopter à cet égard la conclusion d'Edouard Stillingflcet (Orig. Britan. cap. IV. p. 221), à savpir que le Te Deum fut composé par Nicet de Trêves, et que par conséquent il lire son origine de l'Église gallicane. Ce qu'il y a de très-certain, c'est que peu après le temps.où siégeait cet évéque, il en est fait mention dans la régie de Saint-Benoit (cap. xi) et dans celle de Saint -Césaire d'Arles, qui Tune et l'autre en prescrivent le chant. Ajoutons que dom Ménard (Not. adSacramtnt, Greg. p. 585), dont Tautorilé en ces matières est si imposante, assure n'avoir trouvé aucune mention de cette hymne dans les écrivains antérieurs à ces deux Saints.

C'est donc à tort que quelques auteurs, entre autres Macri (Hiero-Lexic. ad voc. Te Deum), attribuent à S. Géiase l'introduction du Te Deum dans l'oflice.

TE»IP£f\ANCE CHUETIEXNE. — V. l'art.

Repas chez les premiers chrétiens,

TESSÊRES. — L — La plupart des images symboliques en usage parmi les premiers chrétiens étaient, de l'avis des savants, de véritables tessères ou signes de ralliement, auxquels ils se reconnaissaient entre eux, et qui les déterminaient à exercer les uns envers les autres, sans crainie et sans déguisement, les devoirs de la charité fraternelle (Y. les art. Symbole et Fraternité).

On doit reconnaître particulièrement ce caractère h ceux de ces signes qui rappelaient le nom du Christ, tels que le monogramme et le poisson (V. ces mots), représentés partout dans les monuments primitifs, et notamment sur des objets portatifs, les anneaux par exemple (V. l'art. Anneaux). Telles sont les pierres gravées qu'a publjées Ficoroni (Gemmœ ani. lilt. lab. xi). On a trouvé fréquemment dans les catacombes romaines des petits poissons de bronze ou de cristal qui, selon toute probabilité, n'avaient pas d'autre destination (Y. Bokletli. p. 516). On les distribuait aux nouveaux baptisés comme tessères des droits que le baplème leur conférait, et, comme tels, ils les portaient suspendues à leur cou (V. Costadoni. Pesce simbolo. tav.). Ces intéressants objets sont perci s d'un petit trou pour y passer un cordon : c'est ce que nous avons observé en pîtrticulier dans un petit poisson en pierre ou en métal qui se trouve au musée Gampana, dans une vitrine destinée aux petits bronzes.

On rencontre encore dans les cimetières des premiers chrétiens beaucoup de tessères proprement dite&, en or ou en ivoire, et entre autres plusieurs de celles qu'on appelle tessères d'hospitalité (Boldelli. 506-508). 11 s'en est aussi trouvé dans la Gaule, et Millin en donne une fort cuiieuse provenant de Marseille (Midi de la France, atlas. 61 pi. xxu, 5). On cite ici, à raison de l'intérêt tout excep-

lionnel qui s'y allache, un objet que BoMetti avait recueilli lui-même dans une sépulture chrétienne et qu'il publie dans son ouwage (p. 514. tav. ni. 70). C'est un demi- œuf d'ivoire, sur la partie plane duquel sont gravées les têtes opposées de deui personnages que l'on reconnait pour cliréliens au monogramme du Clirist dont ces léles sont surmontées.

On ne peut gufre douter que ce curieni monument ne soit une lessére d'amitié, quand on lit ces paroles sur le bord de ta circonférence extérieure :

MOSlTiS AMlCOmil M^H CtM TÏIB FELICITÏR. LeS tèlCS

sont sans doute celles de deux amis : l'œuf était, selon toute probabililé, partagé en deuï parties égales, une pourchacun d'eux, et ornées des mêmes sujels.

Ce qui parait autoriser celle conjecture, c'est qu'elle se base sur un us.-ige bien connu de l'anliquilé, et que nous trouvons expliqué comme il suit par le ^culiasle d'Euripide (In Medatam. vers. 613). c Les voyageurs qui avaient reçu l'jiospilalilé dans une maison, rompaient, avant de la quitter, une lessère, dont ils emportaient la moitié, laissant l'autre àleurshùlcs; dételle sorte que si, à l'avenir, il leur arrivait de se visiter de nouveau, eux ou quelqu'un de leun enfants, l'hospitalité pût èlre renouvelée, en présentant la moitié de la lessére, qui devait s'ajusler & l'aulre. • Terluliien, au trente- sixième cliapilre de ses Preteripliont, fait allusion à cet usage, lorsqu'il parle de la tessère de foi que Rome avait jointe a»ec les Églises d'.^frique. B

Oa ne trouvera pas mauvais que nous citions ici, après le grave iu'Iel {Cod. canon. Eeel. univ. p. 05], un curieux passage du Pmnulut de Piaule (Act. V. se- 2) où cette coutume est mise en action, et où se trouve véritiée celle particularité que la tessére pouvait servir aux enrants de celui qui l'avait rompue. C'esl par ce moyen que le lils adoptif d'Antidamas, Agorasloclés, se fait reconnaître de l'ami de son père, le Carthaginois Hannon.

t Agorastoclës. S'il est vrai que vous cherchiez le fils adoptif d'Antidamas, je suis celui que vous cherihex. — lUirsoN. Hem! qu'est cequej'enlends? — Agob. Que je suis le fils d'Anlidamns, — Hii>. S'il en est ainsi, voulez-vous confronter la tessère d'Iiospitalilé, je l'ai apporlée. — kaon. Eh bien ! donc. n)onlrez-la \ C'est bien cela. J'ai la pareille à la maison. — lUn. 0 mon Mie, je vous salue de tout cœur. Car votre péri-, puisque Aniidamas est voire j'ére, a été mon hûle; celle tessère d'hospitahlé a été partagée entre lui et moi. — Agoh, Donc

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un l<^ement vous sera donné cbei moi. Cir je k répudie point les devoirs de rbospilalilé. ■

Nous avons souvent rencontré en Fnnce, nolamment à Lyon et dans le Hidi, la médaille it Mimes, COL. hek., rompue en deux parties, doil chacune conservait la tète d'un des deux empereurs Auguste et Tibère, qui y sont opposées. Il n'est guère possible d'y rnéconnaltre on «eniple de l'usage qui nous occupe, car la rupture de la pièce est trés-nelte et ne peut «re l'effet d'on accident, supposition que ne repousse pu moins la fréquence du fait en question.

II. — On voit que ce n'est pas nous éloigner dt la vraisemblance que de supposer que les chrétiens aient pu, et dO peut-être, dans les prenùer; temps, conserver une pratique qui n'atail rien de contraire è leurs principes.

Mais, outre ces les^éres, dont la valeur rep«siil tout entière sur une convention réciproque, ihro eurent bientôt d'autres auxquelles l'aulorilé dr l'Ëglise communiquai! une bien plus luule impor.

1' La principale, celle qui était d'uD usage plus général, fut le Symbole desapédes (V. BenoilIlV De tacrlf. mit», sect. i. n. 149). Le synlMleénit fut adopté de préférence, non-seulement sUnque le chrétien, en y Irouvant une expression si)«iiict> et cependani complète des vérités recelées, uefid point exposé à faire fausse roule dans le domaint invariable de la foi, mais encore alin que la fidèb pussent échanger loul d'abord un mot d'ofdred'wthodoxie qui les ni dislii^uer des hérétiqwsel des mauvais chrétiens, dont le nombre n'étiildqi alors que trop considérable : Idcirco, dit Rut'm d'Aquilée [Lib. de expotit. tymb. ad Laderiivg 1 1 ), Uttid indicium potuerml. per qiiod m^t^ ceretur qui CItrittum vere teaaidmn opoibilka r^ gulat prœdicaret.

Aussi, lorsque, pour une raison quelconque, il> passaient d'une Église à une autre, c'eil-»-dirt d'une communauté de vrais crovanls à une wli' assemblée de même nature, on les interrogeiit»»*sitôt sur leur foi, et ils élaient recoiiDUs pour»- Ihodoxes à la récitalion du Symbole. C'«l lif^' que les soldats avaient aussi un mol d'onire. iff^ tymio/unt, qu'ils devaient répéter eiactemfnt iRafm. loc. laud.) : Et » forle occurrerit çnii ^ î«' dubitetur,înU}rogalut,tymbolumprodetiii'thm- /« tel tocitu. Nous devons ajouler que la disciplir* primitive, encore en vigueur du leraps de S. luguslin (i)« »j(mt. i. I), défendait de lîtrer le ^I»" boleparécril.de peur qu'il ne vintà lombere»"* les mains des infidèles, qui, en l'apprenint, ewsent pu se faire admetlre aux mjslér« Inpi'" sacrés. Les fidèle* l'apprenaient de méinoire : " corde tcribiU, dit ce Père.

2- Hais cela ne suftisait pas encore; et pour phvenir toute méprise, et échapper au danjerik* ceïoir, nous ne dirons [las des imposlwrs d «^ mlidéles, mais des chrétiens errants ou selrwi"' sous le coup de quelque juste aoa thème, on «'P* des étrangers et des mcnnniis des leltres de («"■

muDion ; sans cela, on ne \ei admellait ni à l'eucharistie, Di à la table commune, car alors ils étaient comme dèsarouâs de l'Ëglise el déchus de tous les privilèges de la société et de l'unité des lidèies. Les lettres de communiori, qui s'appelaient encore lelires formée*, lellrei padfiquei, etcL, sont ilans ce Dictionnaire l'objet d'un arlinlc à part (V. les article» Lettre* ecetétiattiqvet et HoMpilaliti). De telles suq>rises eussent eu des conséquences plus Tuneiles encore pour les confesseurs et les martyrs détenus dans les prisons. L'Ëglise leur en- Toyait des diacres ou d'autres ministres pour les serrir, les consoler et les encourager dans leurs épreuves (V. au Ijasard les Actes des martyrs, et en particulier ceux de Ste Perpétue et de Ste Félicité). Il fallait nécessairement, pour obtenir la conliance des captifs si souvent trompée, quelque marque dislinctive, une tessére en un mot. Voici nn Sceaa de bronie qui, selon toute probabilité, servi!

+ -MINJTEITER1V AEMILILUYCETiT

cet usage, et que Fabrelti, on ne sait pourquoi, suspecte d'origine basilidienne (p. 556. n. xltiu). Feu H. l'abbé Greppo n'hésitait point à regarder l'objet comme chrétien, et comme une tessére équÎTalanl i une lettre d'admission ou de crédit. L'inscription est difficile à entendre, et il est probable qu'elle contenait des abréviations, el des choses obscurcies à dessein (V. l'art. DUeipUne du

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