TONS
sions, faisaient partie de coupes ordinaires (V. i*art. Fonds de coupe, Y), servirent dans des agapes
nuptiales, car dès les premiers temps Tobie et Sara furent cités comme les modèles des époux chrétiens.
Le R. P. Narchi nous fit voir et nous expliqua en 1844 une belle patère de bronze où la pèche de Tobie est gravée au trait, et que le savant Jésuite croit avoir servi dans les premiers siècles à Tadministration du baptême par infusion. Et H. De' Rossi cite (Z>e Christian, monum, ixem exhibent, p. 1 3. no(e) une peinture du cimetière de Saint-Saturnin nouvellement trouvée, qui retrace toute celte histoire d'une manière plus complète qu'aucun autre monument jusqu'ici connu.
Enfin on voit, dans une fresque des catacombes, le jeune Tobie, précédé de son chien, et portant à la main un objet qu*on croit être le cœur et le fiel
du poisson (Hagioglypt.
p. 76), et sur un sarcophage de Vérone (Maflei. Vero'na illustrala, part. ni. p. 54), devant une maison ou un portique, un chien caressant un vieillard. C'est le retour de Tobie : il est dit au onzième chapitre (vers. 9) du livre de Tobie que le chien qui l'avait accompagné le précéda pour annoncer son arrivée à son vieux père: q^asi nuntius advenit, blandimento suœ caudœ gaudebat.
Il n'est pas hors de propos d'observer ici que ces représentations, si souvent répétées dans la primitive Église, alors que rien ne se faisait en ce genre, soit dans les cimetières, soit dans les basiliques, sans l'autorité des pasteurs , prouvent jusqu'à l'évidence que le Uvre de Tobie fut dès les premiers temps placé dans le canon des Livres saints. Et ce fait est un exemple, entre mille autres, des avantages que l'apologétique catholique tire de Fétude des monuments primitifs (V. Fart. Archéologie),
TONSURE. — Dans l'antiquité, c'était un opprobre et une marque de servitude que d'avoir la tète rasée. Même chez les premiers chrétiens, les <;ens voués aux travaux manuels portaient les cheveux très-courts, témoins ces travailleurs appelés fossores qui sont souvent représentés dans les cimetières souterrains de Rome (V. Âringhi, t. n. p. 23. 63. 67. 101. etc., et la iigure de notre art. Fossores).
Les moines, dès l'origine de leur institution, se rasaient complètement par un sentiment d'humilité ; les auteurs anciens en font foi, et en particulier S. Paulin de Noie (Episi. iv et vn). Au sixième
siècle, les clercs, qui rivalisaient de perfection avec eux, imitèrent leur exemple ; mais il est certain que jusque-là ils se contentaient de porter la chevelure courte, pour se distinguer de la mollesse des mondains. S. Paul avait enseigné (1 Cor. n. 4) que c*é» tait une ignominie à un chrétien de nourrir sa chevelure et sa barbe ; et nous voyons, depuis les temps les plus reculés, les papes et les conciles, s'inspirant du précepte de l'Apôtre, tracer à cet égard les règles les plus sévères pour les ecclésiastiques.
Ainsi, le pape Anicet, qui siégeait en 167,faKune constitution spéciale sur cette matière (Lih. Poniif. In Vit, Anic.) : Vt clericus comam non nutriat^ secundum prœceptum Aposloli. S. Damase (Epist. vui) reproche à ceux qui avaient ordonné un clerc sans qu'il eût coupé sa chevelure, qui comatus ordinaius fueral, d'avoir oublié, ou de n'avoir pas lu les paroles de S. Paul. Le quatrième concile de Cartilage, tenu en 436 sous le pontificat d'Anastase, et approuvé par Léon III, décrète, ut cleriau nec comam nutriat, nec barbam (Labbe. t. n). Plus tard, c'ebt-à-dire en 641, sous Sergius, le concile qui nisexte (can. ixi) dispose qu'un clerc quelconque, qui serait tombé dans un crime grave, emportant sa déposition et sa radiation du canon et du catalogue du clergé, soit privé de la tonsure : comam nutriat ad instar laicorum.
On pourrait prouver aussi par de nombreux et très-anciens exemples que telle fut toujours la pratique de l'Église. Ainsi, Prudence (Peristeph. xni), parlant de la réception de S. Cyprien dans le clergé de Carthage, signale cette circonstance comme caractéristique:
Deflua c£saries compescitur ad brèves capillos.
Nous apprenons de l'historien Socrate(ni.l) que Julien l'Apostat ayant désiré, pour couvrir ses vues hypocrites, recevoir dans l'Église de Nicomédie Toi^dre de lecteur, n'y fut admis qu'après avoir tondu sa chevelure jusqu'à la peau, detou" sis ad cutem crinibus. Évagre, qui, comme on sait, a pris l'histoire ecclésiastique aux temps du concile d'Éphèse, époque où s'arrèle celle de Socrate, mentionnant l'élévation de Marcianus, fils d'Anthemius, à Tordre de la prêtrise, a soin de noter que la tonsure des cheveux précéda Tordination : Detonsa coma, presbyter est ordinatus {Hist. eccL lib. m.c. 26). Dans la Gaule, S. Germain d'Auxerre, au cinquième siècle, fut initié à la cléricature par ' S. Amator, au moyen de la tonsure (Vit, S. Germon., ap.Surium. xxiijul.); et au sixième siècle, S. Éon reçut avec la même cérémonie, parmi ses clercs, S. Césaire d'Arles (Ibid. xxvu aug.),
La tonsure proprement dite, c'est-à-dire la cou* ronne cléricale, date aussi du sixième siècle, et ce n'est que par de fausses interprétations de textes qu'on a prétendu en faire remonter l'usage jusqu'à l'origine du christianisme. Cette couronne était absolument conforme à celle que portent aujourd'hui encore les religieux de Tordre de Saint- François, et elle était pour les clercs une marque