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(Mattfa. xTii. â). Le même sujet se trouve sur un sarcophage d'(>stie (Hiilin.).
TR INSLATIONS DE RELIQUES. — Nous trouvons dés le commencement du deuxième siècle des translations de reliques. Le premier exemple, croyons-nous, est celui de S. Ignace martyr, dont les restes furent transportés de Rome, lien de son martyre, à Antioche, son Église (Ruinart. p. IS.icf . n. t), d'abord dans un cimetière, et plus lard dans une des basiliques de la ville, par les soins de Théodose le Jeune (Evagr. Hiit eccles, i. 16). S. Chrysostome {Homil. in Jgnat, M. ) donne le détail des solennités dont les fidèles entourèrent cette première translation, et des grâces qu'ils en retirèrent. S. Pontien était mort en Sardaigne, et son corps fut transféré à Rome, dans un cimetière qui porta depuis son nom; il en fut de même de S. Corneille que Ton croit avoir souffert à Centumcelles (Civilà-Vecchia) (V. Tillemont. Hist. eccU», III. p. 470).
Après la pacification de TÉglise, ces cérémonies devinrent plus nombreuses et plus solennelles. La plus célèbre de toutes est la translation faite par I empereur Constance des reliques de S. André, de S. Luc et de S. Timothée à Gonstantinople (Hieron. adv. Vigilant. 0pp. t. iv. col. 282). On doit citer ensuite celle de S. Babylas de Daphné à Antioche, et dont la pompe extraordinaire irrita si fort Julien l'Apostat (Sozomen. Hiêt eccl. v. 19. 20). Rien n'est plus connu, en ce genre, que Tinvention, la translation des reliques des SS. Etienne, premier martyr, Gamaliel, Nicodème et Abibon, sous Théodose et Honorius, cérémonie qui, effectuée au milieu d'un concours immense, fut signalée par de nombreux, prodiges (Augustin. SuppL t. vu) (V. à l'art. Vase une gravure représentant le songe où le lieu, de la sépulture de ces saints fut révélé au prêtre Lucien). S. Ambroise, si zélé pour la gloire des martyrs, lit en pleine persécution de Justine la translation des corps des SS. Gervais, Protais et Nazaire (S. Gaudent. Tract, in dedic. Basilic, in Biblioth, PP, t. v. p. 969) pour procéder à la consécration de sa basilique non encore achevée en 586. On sait aussi ce que fit S. Paulin pour honorer le tombeau de S. Félix et les diverses reliques qu*il transporta dans les basiliques élevées près de ce glorieux sépulcre (Poem. xviii).
Parmi les Saints qui n'appartiennent pas à la classe des martyrs, on doit rapporter, en première ligne, la translation des restes de S. Chrysostome de Comane, lieu de son exil, à Gonstantinople (Theodoret. HiH. eccl. v. 31), et de là à Rome ; et, dans notre Gaule, celle de S. Martin, faite par le pieux évèque Perpetuus, translation qui fut accompagnée de tant de circonstances intéressantes et curieuses (V. Dom Gervaise. Vie de S. Mariint 1. iv). Dans Toovrage de J. Bosio sur la passion de Ste Cécile, nous lisons des lettres du pape S. Pascal I*' sur rinvention du corps de cette Sainte, où il est dit que ce saint pontife les porta de ses propres mains (V. pour plus amples détails sur les trans-
lations, Trombelli. De culiu Mnctorum. Dissert, vu. c. seqq. et en particulier notre art. Cécile [Ste]).
Les Pères, et en particulier S. Jérôme (Epist. xvu), Evodius (1. n. c. 2.), et, plus que tous les autres, S. Grégoire de Tours {Hist. Franc, a. 40), décrivent avec les plus minutieux détails la pompe qui présidait à ces cérémonies qu'un peuple immense suivait en procession, avec des flambeaux, en chantant des psaumes et brûlant des parfums, etc.
Mais c'est surtout au septième siècle que ces translations devinrent plus fréquentes; elles se faisaient quelquefois en masse. Cela se vit notamment à l'époque de la consécration du Panthéon d'Agrippa à la Ste Vierge et à tous les saints martyrs et confesseurs par le pape BonifacelY. D*après les mémoires du temps, dont Baronius nous a laissé le résumé dans ses notes au martyrologe romain {Addiem martyrii xiii), trente-deux chariots furent employés à transporter dans ce temple les ossements des martyrs tirés des différentes catacombes, et qui y furent déposés avec beaucoup de solennité et conservés avec une grande décence, rfeceniiiêime collocala.
Paul I*' tira aussi, en 761 , un grand nombre de corps saints de leurs sépultures souterraines, pour en enrichir les difTérents titres, diaconies et monastères de la ville. 11 en dota avec une sollicitude particulière le monastère de Saint-Sylvestre dont il était le fondateur. Pascal 1*' généralisa la mesure et entreprit de transporter à Rome tous les corps des martyrs. On n'évalue pas à moins de deux mille trois cents ceux que ce pontife, qui siégeait en 81 7, déposa dans l'église de Sainte-Praxède. Dans les translations opérées par ces deux derniers pontifes figurent plusieurs papes, entre autres Anthère, Miltiade, Lucius, Caîus, Zéphirin, Denys, Pontius, Sirice, Anastase, Célestin,etc., parmi lesquels on reconnaît quelques-uns de ceux de la crypte papale du cimetière de Calliste.
Ce qui détermina les papes à s^écarter de la règle qu'ils s'étaient prescrite de laisser intacte la sépulture des martyrs, règle qui était encore en pleine vigueur du temps de S. Grégoire le Grand, c'est l'état d'abandon où les cimetières étaient tombés par suite de l'invasion des barbares et en particulier des Lombards qui, non contents de briser et de profaner les tombeaux, s'étaient même emparés de plusieurs corps saints. On peut lire dans les Osservazioni de Boldetti (lib. i. cap. 12) une peinture saisissante de ces désastres.
Il n'entre pas dans notre plan de parler des cérémonies du même genre que virent le huitième et le neuvième siècle et en particulier de la quantité prodigieuse de corps qui furent, par les soins de Pascal 1*', transférés dans l'église de Sainte- Praxède. Nous nous contenterons de faire observer qu^une inscription qui se lit encore aujourd'hui dans cette vénérable église peut donner une idée de la prudence et des précautions infinies dont l'Église s'entourait dans cette œuvre délicate du