TRIN
discernement des reliques, afin de ne point donner dans Terreur.
Le lecteur qui serait curieux de connaître le cérémonial qui accompagnait les translations aux siècles du moyen âge, les fêles, processions triomphales, etc., pourrai! jeter un coup d'œil sur les Vies des papes de cette période au Liber poniiftcalis, enlre autres sur cel'es d Honorius 11, de Martin V, de Paul l*', de Pascal l",etc.
TRIANGLE.— Ce signe n*est pas très-commun sur les monuments chrétiens ; c'est pourquoi sans doute les auteurs qui se sont occupés des symboles du christianisme primitif l'ont à peu près totalement négligé. M De* Rossi e.-t le premier, à notre connaissance, qui lui ait accordé quelque attention, et nous ne ferons que résumer ici ce qu'il en dit dans un savant travail inséré au quatrième volume du Spicilége de Solesmes, p. 497, sur quelques inscriptions de Carthage. Les exemples de ce symbole qui figurent ici sont à peu près les seuls connus. Le premier est tiré d'Aringhi (Rom. suht. t. i. p. 605), le deuxième et le troisième de Lu pi (Sev. epUaph, p. 64. 102), le quatrième de Boldetti (Cirnit. p. 402), le cinquième et le sixième renfermant Va et lu et accostant le monogramme du Christ figurent sur un tUului de provenance lyonnaise, découvert par M. De' Rossi dans un manuscrit de la bibliothèque Barberini, et publié par M. Edm. Le Blant (!ruci\ chrét. de la Gaule, t. i. p. 107), enfm le septième est tracé sur le cinquième des marbres africains illustrés par le savant archéologue romain.
On doit observer que tous ces triangles, sous une forme ou sous une autre, sont invariablement unis au nom du Sauveur, ce qui autorise à penser qu'ils doivent avoir quelque relation avec sa personne. Or, pour assigner quelle est la nature de cette relation, il faudrait connaître au juste la signification du triangle. Personne n'ignore que, dans la pratique de Ficonographie moderne, il est pris pour le symbole de la Trinité. Jusqu'où remonte cette attribution du signe du triangle? C'est ce qu'il serait difficile de dire, et rien ne prouve que l'antiquité l'ait connue ; rien, dis-je, si ce n'est les monuments que nous rapportons ici, et auxquels on ne saurait assigner un autre sens. Li présence de ce symbole sur un marbre d'Afrique donne, ce semble, une certaine valeur h cette interprétation ; il s'y trouverait comme un acte de foi au mystère de la Sle Trinité, dogme pour lequel cette contrée eut tant à souffrir de la part des Vandales. Si l'on accorde ce premier point,
nous serons en droit d'en conclure que le triangle atteste la divinité de Jésus^hrist toutes les fois qu'il est joint à son auguste monogramme, ce qui a lieu dans tous les cas jusqu'ici connus (V. fart. Tiiniié). S. Zenon de Vérone suppose (lib. i. tract. 14. 4) que dans les premiers siècles on distribuait aux nouveaux baptisés certains médaillons portant une triple empreinte qui, dans L'opinion de Maffei (OtMi-miz. t. VI. art. 1. p. 221), n'était autre chose qu'un symbole relatif à la Trinité au nom de laquelle s'administre le baptême, denaiium aureum triplici» numismaiU unione signatum. Une grave dinicullé semble, il est vrai, s'opposera ce que les paroles de l'évèquede Vérone soient prises à la lettre: on ne saurait admettre que, dans l'état de dénûment où se trouvait PÉglise, elle pût distribuer une médaille d'or à chacun de' .ceux qu'elle admettait au baptême, et qui étaient en grand nombre. Cependant ce Père revient fréquemment dans ses œuvres sur cet objet, qu'il désigne ailleurs (Tract. A^aneoph,) par unum $Upendhm. Quelques interprètes n'ont vu là qu'une expression symbolique indiquant les trois sacrements, du baptême, de la confirmation, de l'eucbarislie, que le néophyte recevait le même jour: Uriplicu numismatii unione êignatum. — Le sens naturel est, à notre avis, seul admissible, et nous pensons ou que la tradition de la médaille d'or constituait, quant à la nature du métal, un usage particulier à l'église de Vérone, ou que l'épithéte aureut exprimait métaphoriquement la valeur morale qui s'attachait à l'objet matériel, comme mémorial du baptême. On peut citer à l'appui de cette interprétation le couvercle d'une urne baptismale publiée par.MûnteriSjfm^. p. 49. tab. i. 26), sur lequel se voient trois poissons disposés en forme de triangle: les poissons désignent les baptisés et le triangle la Ste Trinité.
THIIVITË. Ce n'est qu\ ssezlard que les chré^ tiens s'essayèrent à représenter la Divinité sous une forme humaine (V. l'art; Dieu). Tracer une image matérielle des mystères de la Ste Trinité était plus dangereux et plus difficile encore. On eut recours d'abord à un symbole, celui du triangle, dont les exemples sont rares sur les monuments arrivés jusqu'à nous; Rome en fournit deux autres. Lyon un, un ou deux se sont Irourés en Afrique (V. l'art. Triangle). L'apparition du Seigneur à Abraham sous la ligure de trois anges à forme humaine (Geties. xviii) fut toujours regardée par les Pères et par l'Église primitive comme une figure de la Trinité.
C'est assurément dans cette intention que ce sujet se trouve reproduit dans l'ancienne mosaïque de Sainte-Marie- Majeure, monument du cinquième siècle (Ciainpini. Yeimonim. i. tab. u.I)tin voit d'abord le patriarche rencontrant les trois anges, devant lesquels il se prostenie, n'en saluant qu'un seul, comme l'obsen'e S. Augustin : Très vidit, unum adoravit (Augustin. 1. n Contr. Maxim, c. 16), rendant ainsi hommage au Dieu
un en trois personnes ; lionne, dît le même Kte, mut erat koipet, in tribu», qui venit ad pati-em Abraham? (Strm. cl»i). Du peu plus bas
les Irais divins hôtes sonl assis à une table, et deTanl cliacun d'eux esl un petit pain de forme (riangulaire, ce qui n'est pas sans une inleiriion s;rmbolique évidente. Cette seconde scène est aussi reproduite dans une mosaïque de Saint- Vital de Havenne (Ciampint, Vet. mon. i. tab. ii), dont nous donnons ici un croquis.
Les représentations antiques du baptême de ^olre-Seigneur offrent une image plus frappante encore de la S:e Trinité ; les trois personnes y apparaissent distinctement, le Père dans la main qui sort du nua^e, et tient lieu de la Toix disant :
Celui-ci ut mon filt bienaimé; le Fils, queS.Jt-iH baptise dans le Jourdain ; le S^iiiit -Esprit, figuré par la colombe (V. l'art. Baptême). Telle était sans doute la peinture de l'église de Saint -Félix deNola que S. Paulin décrit ainsi:
Tolo corvKtt Tri ni la* mTit«rio,
• U Trinité brilie de (oui récla
ciel, -
Contre l'opinion de Ciampini [Vet. mon. n, p. 6t), nous verrions une représentation de la Ste Trinité dans une mosaïque des Sainls-Cômeet-Damien, datant du dixième siècle (Id. (ab. xvi). Notre-Seigneur enseigne sur la monlugne, une main tient une couronne suspendue sur sa télé, et on sail que cette main esl la représentation hiéroglyphique de Dieu le Père [V, l'art. Dieu); enlîn le Saint-Esprit est Dguré par une colombe à lète radiée qui vole vers Jésus-Clirîst. Hais un sarcophage récemment découvert et qui fait le plus bel ornement du musée du Lalran présente quelque chose de plus clair encore. La Ste Trinité y est l'eprésentée par trois personnages barbus, et pa< raissant èlre du même ige, pour exprimer la coétemité des trois personnes divines. Elles sont occupées a la création d'Eve. Le Père est assis sur un siège en treillis recouvert d'une di-aperie, et
avec l« tubielUum (V. l'art. Subtellium). Dn second personnage debout devant lui, et qui est le Fils, ayant le visage tourné vers le Fére, tient soulevé le corps d'Eve qui vieut de sortir du liane d'Adam encore étendu à terre. Entln le troisième person-
nage, qui est le Saint-Esprit, se tient debout dei*rîère le siège du Père. Le monument où nous puisons cei intéressant sujet esl de la seconde moitié du quatrième siècle. Il a été trouvé dans les fondemeuls de la basilique de Saint Paul, qui avnit