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nous deseacantm (exciiseï cetto loculion barbare inventée pour peindre plus vivement la perversité de quelquea-uns) : ils ne veulent avoir aucun siège Die, ayant quitté celui qu'ils avaient auparavant, notn]u'ils ï aient été forcés par quelque calamité, mais par pur amour du cliangement. Ils se prévalent des honneurs dus au sacerdoce, recliercliant les lieux où ils en trouvent le plus. •

Les conciles déployèrent souvent toute leur sévérité contre ces indignes ministres. • Il nous a plu, dit celui de Valence en Espagne, que si quelque clerc inconstant et vagabond, con-litué dans le ministère de diacre, ou dans l'onice de prêtre, refusant d'obéir à l'cvëque de qui il a reçu l'ordination, et de remplir assidûment son oflice dans l'église à laquelle il a été attaché, tant qu'il persévérera dans ce vice, il soit privé de la communion et de l'honneur » {V, «fiant Concil. Ayath. can. Li et Epaon, can, vi).

VALETUDINARItM- — V. l'art. Hapitaua.

VASES »EINTS ET SCUUTKS SDR LES lUMBEAlTI

cnBÉTiENs. — Ces vasesétaieut quelquefois un symbole de profession ou un attribut d'emploi eccléssiastique (V. l'art. InilrumenU représenléi mr la tombeaux chrétiens]- Hais les exemples en sont tellement multipliés, qu'il devient tout i fait impossible de les faire rentrer tous dans ces deux catégories, qui au contraire ne constituent que des exceptions assez restreintes. Il faut de toute nécessité leur donner une signification religieuse ;

c'est ce qu'ont fait les interprètes de l'antiquité chrétienne, quoique avec des divergences d'interprétation assez notables.

Le» délires du paradis sont quelquefob Qgurées

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par des oiseaux se jouant et se désaltérant sur le bord d'un vase. Celte interprétation nous parailnil surtout devoir être admise, qusnd ces lases^nt placés au sein d'un bosquet fleuri et accompagnés d'autres emblèmes reconnus pour symboliser k séjour des âmes bienheureuses. Toici un tracent d'une charmante fresque du cimetière de Sainte- Solére (De' Bossi. Romn toit. ni. lav. i], datant da troisième siècle, qui nous paraît répondre par* faiiement à celte idée.

Les uns jr voient une allusion an banquet ceinte (V. Polidori. ^mico calt. t.vui. p. 185). hienei effet n'était plus capable d'atténuer la tii^leiie delatombefet l'onsait que telle était laprincifule préoccupation des lldèles) que ces symboles qui rappelaient aux vivants le bonheur céleste aoqud ils croyaient avec confiance que les défunts éliittil udmis, et dont ils aimaient à graver I'Iudaii augure sur leurs tombes par la formule ij ïia (V. l'art, /n pace). Le tilutiu de viscb-tiji, pi^ par Mamachi {Orig. nt. p. 60), semble donner) cette interprétation beaucoup de fondement :lr marbre reproduit la ligure de cette femme iranquillement assise sur le sol, pressant du bras ;.iiicbe sur sa poitrine un vase en forme de préfiticule, tandis que sa main droite élève une cciu;« avec une expreswon de douce joie, où l'on peut voir comme la traduction de ce verset du psaume (\xn. 7) : Calix meut inebriarw quam prir^ttrm eil! o Mon calice enivrant, qu'il est adroi-

II. — Parmi les interprétations données à ces vases représentés sur les tombeaux, il en est use qui nous parait surtout plausible, parce qu'elle s'appuie sur les passages les plus clairs de l'Écriture et des Pères. D'après ces textes, le vaseeslle symbole du corps humain. S. Paul développe celle doctrine dans son Ëpître aux Romains (ti. \i et suiv.) Tout le monde connaît la recommandation que ce même apOtre adressait aux clirèliefis île Thessalonique (1. Tliess.iv. 4) : ul tciat anmquii' que i'eitrum va» mum pouidere in lanctîlicatieiifm. • que chacun de vous sache posséder son mudaui la sanclilicalion. ■ Les écrivains ecclésiasiiquH emploient fréquemment celte figure: noi n*' fictitia, dit Tertullien {De patient, c. i). LacluK exprime la même pensée dans un élégant laspi' {Div. Iiutit. u. ii) : corpus ut quasi muculva.qi» fanquam domtcilio tànporali spirilui calfii'

ulatur, I le corps est comme un vase, danl ràmr céleste use comme d'un domicile passage. ■

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On remarque en eiTet que, pour h plupart, les monuments funéraires des premiers chréliens placent à côlé du vase une ou deux colombes, et cela se voit en Gaule comme en Italie (Le Blani Iiticr. dtrit. de la Gaule, t.i. pi. iin,isi:i>i,iivi, iiiix, etc.). Ces deux colombes dénotent communément UQ tombeau bisdme, peut-être celui de deux époux. Le vase vide sjml>olise le corps renfermé dans le sépulcre et les colombes l'iine qui s'en échappe. Ceci paraît surtout évident sur une épitaphe du cimetière de Prétextât (Ad. S. V. p. 17) où la colombe est posée sur le bord du tase

même, d'où elle semble sortir pour prendre son vol. Nous donnons ici une lampe de noire collection où le même sujet est représenté.

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III. — Ces vases ont été pris enfin comme un présage d'élection et de sanctification, les élus étant appelés par la voix de Dieu même des vaut d'élection (Ad. ix. 15), Cette explication est surtout juste quand le vase décore la tombe d'un enfant, ce qui arrive assez fréquemment. H. le che- TalierDe' Rossi est en possession de monumenis inédits qui établissent clairement le dernier sens que nous venons d'assigner au vase.

Il nous en a fait connaître quelques-uns depuis la première édition de ce Dictionnaire. Ainsi quelques musées, notamment celui du P. Kircher et de celui delà ville de Lyon, possèdent des lampes ayant sur leur disquedes personnages engagés jusqu'àmi-corpsdansunvase anse. Ce ne sont point là, pense le savant antiquaire, des images symboliques, mais réelles ; et l'on a voulu indiquer que les chrétiens ainsi représentés avaient été des vases d'élection. Ceci est- exprimé en toutes lettres sur un tombeau du cloître Saint-Laurent tn agro Verano, oiomsi v.s ^ (ChrUli).

Ailleurs (Lupi. Opuic. 1. 1. p. SOI) c'est le navire mystique avec un chargement d'amphores, et au sommet de l'antenne se terminant en trident, forme dissimulée de la croii, on voit l'oiseau, symbole de l'âme échappée de son enveloppe mortelle (De' Uossi. Aoma loU. u. lav. iLii. n. 36). Voici un sujet analogue et plus significatif encore représenté sur un diptyque des suppiém«Jl8 de Passer! à la collection de Cori (Theiaur. vet. dip~ lych. t. m. tab. vu. p. 35). C'est le prêtre Lucianus qui, averti en songe du lieu où reposaient les corps des Saints Etienne, Gamaliei, Nicodéme et Abibon, les voit sous la ligure emblématique de quatre vases de même forme et de différentes matières. Le prêtre dort étendu sur son lit, près

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duquel sont les quatre vases (Baron, an». 41 o), | de lui. Une autre épilaplie (Ibiil. n. -Jj) présente et la persounificati'm du soi^e pbne au-dessus | cette cttrieusc particularité, que le nom de la

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dérunle esl écrit en travers du *iise, de lelle sorle que la letlre cenlrale de ce nom se trouve ■u milieu de sa panse : ce nom esl uLornu*. Nous avons toujours pensé que plusieurs de ces vases avaient une signidcation eucharistique. S. Héron de Villefosse veut bien nous signaler un Irês-intéressaDt monument qui change notre conjecture en certitude. C'est une lampe publiée par H. Parenteau (Eimi tur le* poterie» antiquei de l'ouett de la France. PI. v) et dont le disque présente un vase ou calice anse, surmonté d'un jxiisson.Nous n'avons pas à répéter ce qui: nous avons dit de r'iioTG eucharistique en plusieurs endroits de ce [Hctionnaire e1 en particulier aux articles EiKharûlie et Pouton. Hais ne pouvons-nous pas voir dans l'association de ces deux figures sur notre lampe l'application de toute celle doctrine et comme une traduction figurée dn texte de S. Paulin (Ëpiil. iJiiod Pommack, n) : Panii ipte venu et aquœ vitœ piscis ! Elle nous rappelle aussi la fameuse inscription grecque d'Autun (Pitra, Spicil. Sole*m. i. p. 537) : € Pbehds, «iNGE nsou,

"Eofllt, R;rt[XsË]»ï 'neA ïxuv saXi^isi;.

VA8ES SACRES. ~ Nous restreignons ce litre au calice, à ta paléne et â la colombe ou (our eucharistique (V. ces mots). Ce n'est que dans un sens plus large que les lilurgisles mellent au nombre des vases sacrés les autres ustensiles qui ont aussi leur emploi dans la célébration des saints mystères, tels que Vamula, le colum vinarium, l'encej)soir, le fiabellum, etc., â chacun desquels nous avons consacré un article spécial dans ce Dictionnaire.

Ces vases sont appelés • sacrés > pour trois raisons : 1* parce qu'ils sont voués au ministère des aulels par une consécration ou bénédiction spéciale ; 2* parce qu'ils sont exclusivement alTeclés au culte divin, sans pouvoir jamais être employés à un usage profane ; 5' enfin, parce que la facullé de lei toucher est interdite aux laïques et même aux clercs inférieurs.

I. — L'Ëglise eut, dés la plus haute antiquité, des riles el des formules parliculières pour la consccralion ou la bénédiction des vases du lacrifice,

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et les unes et les autres se retrouvent à peu pria intégralement dans les rituels aujourd'hui encorfi notre usage.

Un décret du pape S. Sixte I", qui siégeai! lu temps de l'empereur Hadrien, en là!, et une liomélie de S. Clirysoslome, documents qui seront cités plus bas, sans mentionner d'une nunièrt directe la consécration des vases de l'autel,; (ont néanmoins une allusion tellement éiidenle, que nous sommes en droit de nous en autoriser poor le deuxième el le quatrième siècle, et par conséquent pour les temps intermédiaires.

Les traditions primitives sur celimporiantotitl se trouvent consignées dans les monuments liturgiques les plus anciens. Ainsi, le Sacramentiiredt S. Gélase (Ap. Murator. Ltiurij. itomano kIm. t.i, p. 611) nous fait lire des formules de conucnlion de la paléne, de bénédiction du calice el du vase à renfermer la sainte eucharistie, cérénmits qui se lient k la consécration de la basUique ditmême.

Pour la patène : \d cotuecrandam potntm.- Conueramut el lanclificamut hanc paUnamadatfieiendum in ea corput Dominî no$tri Jm Clirali palienlii emeem pro talule noitra omnium, • am consacrons et sanctiftons cette patène pour; produire le corps de Notre -Seigneur Jésus-Cliri^, souffrant la croix pour notre salut à tous. <

Ici le pontife trace sur la patène le signe de li croixavec l'huile sainte et prononce celle oraisMi: Conieerare el tanctificare dignerit, Domiiu, f<lenamhancperi*lamunctionemettu)tlrambtiu&lionemin ChrUto Jeta Domino noitro.— idaipHL Seigneur, consacrer et sanctifier celle paléne pi' celte onction et notre bénédiction en Jésus-Cbmi Noire-Seigneur. »

La bénédiction du calice esl précédée d'im monilion analogueà la précédente; voici li fwmule de bénédiction, où l'on remarquera qu'oH mention spéciale est faite de la personne qui > lait exécuter le calice à ses frais : Dignart, ftmine, calicem ittum in utum miniiUrii tti f* famuli lui devoUone formalum, ea landificaliiM perfundere, qua Melchisedecli famuli lui ucnii" calicem perfuditti; et quod arte vet métallo efia non potett allnribut dignum, fiât tva benedidiii" pretiotum, ■ daignez, Seigneur, répandre fur n calice formé, pour l'usage de votre minislère, par la pieuse dévotion de votre serviteur, la in*« sancliQcation que vous rêpandiles sur If cilift du sac ri lice de votre set^iteur Helchisededi; ff que ce qui ne peut être digne de votre autel pir le prix du métal ou hi perfection de l'irt. devienne précieux par votre bénédiction. •

La bénédiaion du vase eucharistique (leur « colombe), minitlerium Domini noilri eorpent)'ruluiii. « destiné à porter le corps de Notre-Wgneur Jésus-Chrisl. » comme s'exprime 1* pr^'*' ou monition, n'est pas moins digne de remirqu' ^ Oiimipoteni Tiinitai inieparohilin, nwaiiM ""' tri* opem tuœ benedielionii infunde, at per todri» henedictionern hoc vatculum undificebir, el <v^

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poris ChrikU novum êepulcrum Spirittu Sancti gratta per/iciatur, c toute-puissante et indivisible Trinité, répandez sur nos mains le secours de votre bénédiction, afin que par notre bénédiction ce petit vase soit sanctifié, et que, par la grâce de l*Esprit-Saint, il devienne un nouveau sépulcre du corps du Christ. »

Ces formules, à l'exception de la dernière, sont reproduites à peu prés textuellement dans le Sacramentaire de S. Grégoire (edit. Ménard. p. 154).

Celles des vieilles liturgies des Gaules en différent très-peu, témoin celle que nous lisons sous ce titre : Benediclio calicis et patenœ et turris^ dans un Sacramentaire gallican publié par Mabillon (Mm. Ital., t. i. p. 389) diaprés un manuscrit du septième siècle de la bibliothèque du monastère de Bobbio.

L'usage de consacrer et de bénir les vases sacrés eat aussi de toute antiquité dans les Églises orientales. Les liturgies copte et syriaque contiennent des formules non-seulement pour la consécration de la patène, qu'ils appellent disque, et du calice, mais encore pour celle de la cuiller et de Téponge (Y. l'art. Grecs [instrum. liturgiques]). Voici, d'après la version ialine deRenaudot (Lilurg. orient, t. i. p. 55), les principales bénédictions qui sont annexées à la liturgie copte de S. Cyrille :

1* Pour le disque et ses voiles : Or€Uio consecrationis disci et velorum ejus : « Que le dominateur Seigneur Dieu, Seigneur bon, étende ses bras saints, et sanctifie ce disque plein des biens qu'il a préparés à ceux qui aiment son nom saint, assis au festin de mille ans (ceci n'a rien de commun avec l'erreur des millénaires, et ne signifie pas autre chose que la félicité céleste, recumbentibus in convivio annorum mille). Et maintenant, Seigneur, ami des hommes, amator hominum, étends la main divine sur ce disque béni, qui doit être rempli des particules, soit des restes de ton corps saint, qui sera ofTert sur l'autel du sanctuaire de la sainte Église de la cité N. Gloire à toi, avec ton Père bon, et l'Esprit-Saint, maintenant et toujours. »

2* Pour le calice, Oratio pro calice et mappulis ejus: • Dominateur Seigneur Jésus-Christ, véracité, perfection, verax, sine vitioy Dieu et homme en même temps, dont la divinité n'est pas séparée de rhumanilé, qui as répandu ton propre sang, par ta volonté, pour ta créature, impose ta main divine sur ce calice, sanctifie-le et le purifie, afin qu'il porte ce sang précieux, et qu'il soit remède et rémission à tous ceux qui en boiront véritablement. Gloire à toi (comme ci-dessus). »

3* Pour la cuiller : Oratio pro cochleari: « Dieu, qui as rendu ton serviteur Isate digne de voir le chérubin dans la main duquel était la pincette avec laquelle il enleva un charbon de l'autel et l'approcha de la bouche du prophète, maintenant encore, ô Dieu, Père tout-puissant, étends ta main sur cette cuiller, dans laquelle doivent èlre reçus les membres du corps saint, qui est le corps de ton Fils unique, Seigneur, Dieu, et notre Sau-

veur Jésus-Christ. Bénis-la, sanctifie-la, donne-lui la vertu et la gloire de la plncette, qui est dans la main du chérubin, parce que à toi appartient la puissance, la gloire, et l'honneur, avec ton Fils unique Jésus-Christ, Notre-Seigneur, et l'Esprit- Saint, maintenant et toujours. »

Le droit de consacrer les vases de l'autel était réservé aux évêques. Nous en avons la preuve dans le traité d'Innocent III sur le sacrifice de la messe (Lib. I. mysterior. miss. cap. ix) : ad pontifices spécial... vestes et vasa consecrare. Parmi les vertus que l'on exalte dans S. Antpnin {Ipsius vit, ap. Sur.), il est fait une mention spéciale de son zèle à consacrer les autels et les calices : nullas altarium aut calicum consecrationes prœtermisit.

H. — La seconde raison pour laquelle les vases de l'autel sont appelés « sacrés > , c'est qu'ils ne devaient plus être employés à un usage profane, ni vendus, ni donnés, ni aliénés d'une manière quelconque. Le point de départ de cette discipline est sans doute dans le soixante-douzième canon apostolique portant : vas aureum, vel argenleum, vel vélum sanctificatum nemo amplius in suum usum coHveriat, — • que nul ne se permette de détourner à son usage personnel un vase d'or ou d'argent ou un voile sanctifié. » Nous aimons à rapprocher de cette autorite celle de S. Jean Chrysostome, qui doit lui être à peu près contemporaine : « Ne vois- tu pas ces vases sacrés, dit ce Père (Homil. xiv. ad Epkes.)^. Ne sont-ils pas réservés à un seul usage ? Est-ce que quelqu'un oserait s'en servir pour autre chose! > — Non vides sacra illa vasa ? Nonne ad unum illa semper uturpantur ? Audetne quisquam illis ad aliud quicquam uti ?

Cette doctrine, professée et enseignée par les Pères et les Docteurs, passa un peu plus tard dans la législation ecclésiastique. Un des neuf canons supplémentaires du concile quinisexte, canon que l'on attribue à la fin du septième siècle (680), défend t à tout prêtre, ou clerc, ou laïque, de détourner à des usages étrangers un calice, une patène ou tout autre vase sacré et affecté au culte divin. Car quiconque oserait boire autre chose que le sang du Christ dans le calice sacré où se reçoit ce sang divin, et d'appliquer la patène à un autre ofQce que le ministère de l'autel, celui-là doit se souvenir avec terreur de l'exemple de Baltliazar, qui, pour avoir employé les vases du Seigneur à des usages communs, perdit la vie en même temps que son royaume : » Nam quicumque de calice sacro, quosanguis Christi accipitur, aliud bibil prœter Christi sanguinem, et patenam ad aliud officium habet quam ad altaris miniiterium, (feterrendus est exemplo Baltassar, qui dum vasa Do" mini in usus communes assumpsit, vitam pariler cum regno amisit (Labbe. Concil. t. vi. col. 1204).

Dés Tan 675, un concile d'Espagne, le troisième de Drague (Labbe. t. v. col. 907), s'était occupé de cette matière, et avait disposé t que si un prêtre ou un diacre était surpris à vendre quelqu'un des vases du ministère de l'Higlise, aliquid de vasis mi^ nisteni Ecclesiœ, fût tenu pour dégradé de son ordi-

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nation, comme ayant commis un sacrilège » : quia sacrilegium commisit, placuit eum in ordinatione ecclesiaêlica non haberi (cap. ii. can. zvii).

Un autre canon, qui ne se trouve pas dans les actes de ce concile, mais que Ton cite comme en faisant partie (col. 901. can. xxxi), n*est pas moins sévère : il veut « que tout prêtre qui, se prévalant de son titre, aurait tenté de donner, vendre, aliéner à perpétuité un objet quelconque appartenant à son église, soit privé des honneurs de son grade » : donaior, alienaior, ac venditor^ honoriê iui amiêiione muldetur.

Un moyen de concilier aux vases sacrés le respect des peuples et de les préserver des profanations dont nous venons de parler, consistait à y inscrire le nom du donateur. Un des exemples les plus anciens d*une telle pratique nous est fourni par rhistoire de Constantin (Lib, pontif, in Syt^ veslr, XLiv. 15.). Ce prince voulut que la postérité pût lire son nom sur deux patènes d'or et sur une grande coupe du même métal dont il avait fait don à l'église des Saints-MarcelIin-et-Pierre, fondée par lui : Donavil patenas ex auro dua$.,. scyphum majorent ex auro purimmo, ubi nomen Augusti designatur.

Cet usage, auquel la vanité était intéressée souvent autant que la dévotion, devint bientôt vulgaire, el nous le retrouvons surtout dans les bas temps. Ainsi le nom de Charles III est tracé sur le pied d'or d'une coupe d'agate orientale du trésor de Saint-Denys (Félibien. Ilist. de V abbaye de Saint-Denys. p. 547) :

HOC. VAS. XK. TIBI. MEITTR. DICATIT TKRTITS IN rRANCOS RKOIMINE KARLTS

Mais on ne se contentait pas de ces garanties morales, on y joignait des précautions matérielles des plus minutieuses.

Ainsi, en premier lieu, il y avait dans chaque église un registre spécial où les vases sacrés, ainsi que les autres objets consacrés au culte, étaient soigneusement inventoriés ; et de catalogue, appelé brcvis ou commemoratorium, était remis à chaque évèque après son élection. Mais, auparavant, on reconnaissait exactement les objets qui y étaient portés, en présence de témoins et quelquefois même en présence des juges, afin que le Trésor pût en rendre compte, quand il serait appelé à le faire (Y. Vicecom. De miss, apparat. 1. ï. cap. 10).

Secondement, pour mettre les vases sacrés à l'abri des voleurs et des ennemis de la foi catholique, le lieu où ils étaient renfermés était muni d'une forte serrure, comme nous l'apprenons en particulier par le concile de Reims (Ap. Burchard. i. ni. cap. xcvii) : Ëxpleta missa^ calix eum pa-tena, el sacramentorum liber eum vestibus sacerdoialibus in mundo loeo sub sera recondaniur, « la messe étant achevée, que le calice avec la patène, et le livre des sacrements avec les vêtements sacerdotaux soient renfermés sous clef dans un lieu décent. »

La garde de ce lieu était confiée à des fonctionnaires spéciaux, appelés quelquefois mansûmam (V. ce mot), mais dont le véritable nom est «cnophylaces (Y. le mot Scevophylax). a Qu'il y ait dans chaque église, dit le concile de Nicée (can. Lxui), un procurateur, et d'autres aides qui partagent avec lui le soin des revenus et rentes de l'église, et des vases d'or et d'argent, et des vêlements et ornements de l'église, t sit in unaqua» que ecclesia procuraior, et eum. eo alii qui cunm habeant proventuum et reddituum ecclesiœ,,. et wsorum auri et argenti, et vestimentorum et omamentorum ecclesiœ.

Il est question d'un de ces gardiens des vases sacrés, nommé Anastase, dans la vie d'Euthymius par Cyrille l'Ermite (Cf. Vicecom. /oc. laud. I. ti. cap. 6) : Hie autem est sacrorum vasorum auioi Anastasius. Métaphraste (in vil, S. Cynac.) rapporte que S. Cyriaque avait été, lui aussi, dix-huil années durant, chargé de la garde des vases et autres ustensiles sacrés : Sacrorum nuoram, et saeri thesauri eustodia et ecelesiœ cura ociode^ cim annis fidei ejus fuit crédita.

Dans les temps tout à fait primitifs, l'Église romaine ne confiait le soin des vases précieux qii'atii diacres, et le martyr S. Laurent est un des plus illustres de ces gardiens. « (1 présidait, dit Prudence (Peristeph. hymn. ii. v. 41 seqq.), au trésor des choses sacrées, gardant l'arcane de la maison céleste sous des clefs fidèles, dispensaol les richesses offertes (les offrandes des fidèles aux pauvres) : •

CUnstris sacrorum pneerat, Cœlestis arcanum dorous Fidis gubernans clavibus, Votasque disiHïnsans opes.

m. — Nous lisons au Livre pontifical que. dés le commencement du deuxième siècle, une constitution du pape S. Sixte I"', qui siégeait en loi, restreint aux seuls ministres de l'autel le droit àe toucher les vases sacrés : hic conatiluit ut miniHeria sacra non tangerentur, nisi a ministris {Ub. pontif. in S. Sixtum). Et nous avons la constitution elle-même dans le droit (can. In sancta àf consecr. dist. i.); elle est tirée de la deuîiêro? épitre de ce pape : « Que votre sagesse sache, très-chers frères, que, dans ce saint siège apostolique, il a été statué par nous, et par les autres évèques el prêtres du Seigneur, que les vases sacrés ne soient pas touchés par d'autres qne pir les hommes consacrés et voués au Seigneur : fi sacra vasa non ab aliis quam a sacratis Dominoque dicatis contrectentur hominibus.

On peut tirer une preuve toute pareille de U douzième épitre du pape Sotère (173), où il s'êléw avec véhémence contre les prétentions de femmt^ (V. l'art. Diaconesses) qui se prévalaient de leur consécration au service de Dieu par une chasteté perpétuelle, pour se permettre de toucher de leur> mains les vases du sacrifice, c prétentions qui, aui yeux de tout homme sage, doivent être tenues pour

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dignes de répréhension » : quœ omnia reprehensione digna esse nulli recte sapienium dubium at (can. Sacrator, xxiii.).

Que si la faculté de toucher les vases sacrés était refusée aux personnes vouées par état au service du Seigneur, à plus forte raison était-elle interdite aux personnes vivant dans le monde. Aussi voyons-nous S. Grégoire de Nazianze (Orat. xxv. adÂrianoê) repousser avec indignation la calomnie qui lui attribuait le crime d'avoir livré à des mains impures et scélérates les vases de la divine liturgie, dont aucun profane ne devait approcher : « J'aurais livré les vases sacrés aux mains des impies? Qu'est-ce à dire? À un iNabuzardan, chef des cuisiniers, ou à un Balthazar, qui prostitua à ses orgies les saintes coupes, et recueillit le digne châtiment de sa folie! »

Hais il est très-probable que, même antérieurement à toute loi ecclésiastique en cette matière, les lois des Juifs avaient été mises en pratique dans l'Église chrétienne. Or nous savons par des textes innombrables (ceci est encore une réflexion de S. Grégoire de Nazianze [Orat. i. apologet.]), nous savons que, soit dans les prêtres, soit dans la matière des sacrifices, pas la moindre tache même corporelle n'était exempte de censure, mais qu*au contraire il était prescrit par les lois que des parfaits offrissent des choses parfaites, et que pas un profane ne pût toucher une stola sacerdotale ou un vase sacré quelconque. »

Mais parmi les ministres mentionnés dans la constitution de S. Sixte, quels étaient ceux qui avaient le pouvoir de toucher les vases sacrés ? Car il est certain que tous ne l'avaient pas. L'ambiguïté des termes de ce document, a sacris Dominoque dicatis hominibus, a ministriSf nous oblige, pour étudier la question, à invoquer d'autres autorités.

Il est bien entendu que les prêtres sont ici hors de cause.

Nous croyons qu'il ne peut exister non plus aucun doute au sujet des diacres. Le témoignage de S. Cyrille d'Alexandrie, dans son traité De adoratione in spirituet verilate (lib. xiu.), suffirait à lui seul pour nous éclairer à cet égard : c Quand riiostie non sanglante est consacrée, est-ce que les diacres ne portent pas les vases les plus sacrés, est-ce qu'ils ne prêtent pas leur service le plus assidu dans toutes les choses nécessaires, » Dum illa incruenta hostia consecratur^ nonne diaconi. sacratiora vasa ferunt, et accuratam in omnibus rébus necessariis observantiam exhibent ?

Et ce qui vient corroborer ce témoignage, c'est qu*un canon du concile de Laodicée, tenu en 481 (can. XXI.), interdit aux sous-diacres de remplir l'office du diacre, c'est-à-dire de porter dans leurs mains les vases saints, le calice et la patène.

A cette époque, le sous-diaconat ne comptait pas encore au nombre des ordres sacrés ; et si aujourd'hui encore, à la messe solennelle, le sousdiaçre ne tient la patène qu'enveloppée dans un

voile, c'est probablement en mémoire de l'ancienne discipline.

Nous^ devons faire observer néanmoins que dans rÉglise de Rome, à la messe pontificale, les diacres eux-mêmes ne touchaient point les vases sacrés de leur main nue : peut-être était-ce par respect pour la puiss.'mce suprême du vicaire de Jésus-Christ. L'ordre romain mentionne ce rite en diiTérents endroits. Voici notamment ce qui se lit au chapitre De ordine processionis ad ecclesiam sive missam : Levât calicem archidiaconus de manu subdiaconi, et ponit eum super altare juxta oblationes, pontificis a dextris^ involutis ansis cum assertario (ou mieux peut-être asservatorio) suo : c l'archidiacre prend le calice de la main du sous-diacre, et le place sur l'autel près des oblations, à la droite du pontife, les anses étant entourées de leur enveloppe. » Plusieurs autres passages du même monument liturgique mentionnent ce rit : cum dixerit per ipsum et cuh ipso, levât (archidiaconus) cum ASSERTARIO caliccm per ansas, et tenet exuîtans illum juxta poniificem, « lorsque le célébrant a dit per ipsum et cum ipso, l'archidiacre soulève le calice avec Vasservatorium et le tient élevé devant le pontife. » Cum assertorio in cornu altaris posito, involvens per ansas caliccm^ c enveloppant le calice par les anses. » Ponit ponlifex oblationes in loco suOy et archidiaconus calicem juxta eas, dimisso in ansis ejus assertorio ^ toujours le voile jeté sur les anses du calice.

Nous avons vu plus haut que le pouvoir en question était refusé aux sous-diacres, et voici le texte du vingt-unième canon de Laodicée sur lequel nous nous sommes appuyé : Quod non oportel ministros locum habere in diaconis, et sacra vasa tangere» Par le mot ministros^ on doit certainement entendre les sous-diacres, puisqu'ils sont ici opposés aux diacres dont on leur interdit d'usurper les fonctions. Au surplus, une autre version porte subdiaconos^ et Zonaras l'interprète ainsi dans son commentaire sur ce passage : t 11 appelle ici « ministres » les hypodiacres : » ministros hic hypodiaconos nominal.

Cette interdiction dut cesser dans l'Église latine dès que les sous-diacres furent admis parmi les ministres sacrés (chez les Grecs le sous-diaconat est toujours compté parmi les ordres mineurs). La première donnée certaine que nous connaissions à cet égard est de l'an 622, et émane du premier concile de Brague (cap. xxviii) : Item placuit, disent les Pères de cette assemblée, ut non liceat cuilibet ex lectoribus sacra altaris vasa portare, nisi iis qui ab episcopo subdiaconi fuerint ordinati, « il a plu qu'il soit interdit à tous les lecteurs de porter les vases sacrés, excepté à ceux qui avaient été ordonnés sous-diacres par l'évêque. •

Quant aux clercs inférieurs, ils furent toujours privés de cet honneur, comme il paraît par le canon que nous venons de citer, et encore par le deuxième concile de Rome (cap. ix) : Nullus lector vel ostiarius vasa sacrata contingat, nullus acoly*

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