VEAU
VEfA
thus rem tacratam ponigat... Le concile d'Agde, tenu en 506, va jusqu'à interdire aux clercs non constitués dans les ordres sacrés l'entrée du ««cretarium, où étaient conservés les vases consacrés
au culte divin.
Nous devons dire néanmoins que divers passages de Tordre romain supposent que les acolytes furent quelquefois admis à porter les vases sacrés à Fautel ; mais il y est clairement expliqué que ces ministres inférieurs ne les toucliaient qu'avec un voile, mappulo (Cf. Vicecom. Op. laud, lib. vi. cap. 4).
VEAU (symbole). — Les antiquaires regardent cet animal comme le double symbole de Jésus- Christ et du chrétien ; Aringhi a réuni (lib. vi. c. 32) de nombreux témoignages des auteurs ecclésiastiques sur lesquels s'appuie cette opinion. Il symboliserait Jésus-Christ, parce que Kotre-Seigneur s'est fait victime et s est immolé sur la
croix.
S. Clément d'Alexandrie (Pœdag, 1. i. c. 5) rappelle que souvent les chrétiens sont aussi dé^ignés dans les saintes Écritures sous Fembléme du veau, encore à la mamelle (viluli lactenles), chez lequel on remarque cette mansuétude et cette innocence que Dieu exige de nous pour prix de son amour. C'est pour cela sans doute qu'il est quelquefois représenté près du Bon-Pasteur (Buonarruoti. Vetn, lav. v. fig. 2).
Des veaux sont sculptés fréquemment dans les chapiteaux des plus anciennes Églises, à Milan par exeiriple, etAllegranza (Sacri monum. di Mil, p. 125) rapporte le singulier exemple d'un de ces animaux jouant de la lyre. La présence de ce sujet à Milan s'expliquerait par un passage de S. Ambroise où il est dit que la lyre figure notre chair, laquelle, comme cet instrument, rend un son agréable à Notre-Seigneur, figuré lui-même par le veau, victime ordinaire dans les sacrifices anciens, alors que cette chair est domptée et parfaitement soumise à l'esprit (S. Ambres. De inter^ pellat. David, ad vert, confitebor tibi in citdara, Deus).
VELAMEN MYSTICUM. — L — Les Pères et les autres écrivains ecclésiastiques qui ont écrit sur les rites du baptême, en outre des vêlements blancs que les néophytes gardaient pendant huit jours, font mention d'un voile dont on couvrait leur tête après l'onction sainte. On peut voir en particulier, sur cette question, Théodulphe d'Orléans (De bapUsm, cap. xvi) et Raban Maur (De instit.cîcric. hb. i. cap. 29), qui rapportent la tradition des premiers siècles. On a cru découvrir une allusion à cet usage dans un passage de S. Grégoire le Grand (£pf5^v. lib. VII. Ad Januav, episc. Calait.), où ce pontife dit qu'un Juif qui avait embrassé la foi de Jéuus-Christ se rendit deux jours après son baptême dans la synagogue, et y déposa lebirrushhnc dont il avait été revêtu à sa sortie des fonts, birmm alhum, quo de fonte
surgenê induiu» /titrai. Nous ne saurions admettre cette interprétation : le birrus n'était point une coiffure, mais une sorte de manteau (Y. Part. Birrus), et il est évident que ce nom ne désigne ici autre chose que les aubes ou vêtements blancs du baptême.
Nous citerons avec plus de confiance S. Augustin, qui a écrit ces paroles on ne peut plus claires dans un de ses sermons {Serm. ccclxvi) : i Aujourd'hui sont les octaves des enfants (les nouveaux baptisés) : on doit voiler leur tête, ce qui est un indice de liberté ; velanda sunt capita eo- Item, quod est indicium libertatis. Ce texte est précieux, en ce que non-seulement il établit Pusage du voile en question, mais qu'il nous apprend en outre qu*on le quittait aussi à la fin de Foctave.
Une nouvelle preuve nous est fournie par Théodore de Cantorbéry, auteur du septième sikle. • A l'ordination d'un moine, dit-il dans son pènitentiel, l'abbé doit chanter la messe et procorr cer trois oraisons sur sa tète ; qu'il lui voile b tète pour sept jours, et que le septième jour il lui enlève le voile. Comme, au baptême, le prêtre relire le voile des enfants» velamen infantumiollU, de même l'abbé doit-il retirer celui du moine, parce que son ordination est, au jugement des Pères, un second baptême, où les péchés sout remis comme dans le premier. »
II. — Il est donc évident que ce voile n'est autre chose que celui qui plus tard est désigné àitu l'ordre romain (De sabb, sanctA sous le nom de chrismale, et nettement di^tingué de la robe blanche : deporianiur ipsi infantes ante eum H dat singulis stolam candidam et chrismale ; • les enfants (les nouveaux baptisés) sont conduits devant l'évêque, et il donne à chacun une tlok blanche et un chrismale.
Le principal motif de cette pratique était san> doute de conserver le chrême sur le front du baptisé et de l'empêcher découler. Le chrismale iwi aussi une signification mystique ; il était le signe de la royauté sacerdotale acquise par le baptême. Albinus Flaccus, ainsi que beaucoup d'autres auteurs, l'expliquent dans ce sens : sacro dirismek caput perungitur, et mystico tegitur velamine ttt intelligat se diadema regni et sacerdotii dignitatem portare; « sa tête est ointe du saint chrême et recouverte du voile mystique, afin qu il coiaprenne qu'il porte le diadème royal et la dignité sacerdotale (Alb. Flac. De divin offic. cap. Detah. sanct. — Raban. Maur. De instit. cleric. c.2j.- Ivo Carnot. Serm. de sacram, neophyt,, etc.). »
IlL — Son nom de voile mystique lui ueiit. selon toute apparence, de ce que le baptênje eii souvent appelé par antonomase mysterium» daiiî les œuvres des Pères, et notaniment dans celle^le S. Ambroise (De Spirit. sanct. c. n), de S. Jérôme (ad cap. G de Amos.), de S. Isidore de Séville liib. ii' De offic. c. 20)... On en donne encore une autre raison : c'est que, en mémoire de la passion du buveur, qui est la source de la grâce conférée par le
VÊPR \
baptême, m voile Je Un blanc était bordé d'un ill rouge. — Cette inlerpréUlion esl de Guillaume Durand {Ralionat. divin, offic. I. ti. cap. De tabb.); il artinue que cet usage existait encore de sou temps dans l'église de Narbonne. Les Éthiopiens l'ont conservé Jusqu'à nos jours (V. VIcecom. De rit. bapl. p. 754).
IV. — Les riches acheUient de leur argent le Toile mystique qui devait servir ji leur baptême, r£glise le foui-nissait aux pauvres, mais le même voile pouvait servir successivement k plusieurs personnes. Un passage d'Ives de Chartres semble supposer (Serm. de lacratn. neoph.) qu'il élail consacré par une bénédiction spéciale; car une fois déposé par le néophyte, le huitième jour après son baptême, il était acquis à l'Église et ne pouvait plus être affeclé a un usage profane.
Le baptistère était le lieu où se faisait par le ministère des prêtres la déposition du voile mystique.
VÊPRES. — V. l'art. Office ditin, III.
VEHSLTS. - V. Officedivin, Append. 1'.
VERTITS ET YICE8 (lbdrs beïmésïktations sMKoLiguKs). — C'est surtout au moyen âge que l'art clirélien s'est exercé dans ce genre de symbolisme. Ainsi sur une des portes de bronze du baptistère de Florence, eiécutée en 1330 par André de Pise, on voit l'Espérance et la Charité représentées pardeux figures humaines, l'une avec les mains jointes, l'autre avec un flambeau allumé. Nous citons ce fait placé, par sa date, en dehors des limites ((ui nous sont prescrites et auquel nous pourrions joindre celui de Giollo peignant, d'après les conceptions alléfjoriques de Dante, sur une des murailles de la fameuse chapelle de VArena, à Padoue, les personnifications des vertus et des vices (V. J.J. Ampère, Voyagt Dantaque, Padoue), parce que le type s'en retrouve exactement dans l'antiquité. Nous en pouvons signaler un exemple sur un riche sarcophage du cimetière du Vatican (Bosio. Homa tott. p. 75), où étaient renfermés les corps des papes Léon I", 11, 111, IV, Dans la frise qui régne au-dessus d'un arc élégant, abriUnl Notre-Seigneur debout, entouré de ses disciples, se voient à mi-corps deux figures, dont l'une, qui, d'après l'interprétation des savants, serait l'Espérance, joia lies mains et élève les yeux au ciel, l'autre lient une torche allumée et serait le symbole de la Charité, vertus qui brillèrent d'un si vif éclat dans les apAtres.
Cet usage de représenter sous figure humaine les vertus et les affcclions morales est de toute antiquité, chez les écrivains aussi bien que chez les artistes. C'est ca qu'atteste S. Paulin [Epitt. ivi. num. 4, edil. Paris. 1085} ; el Spet, et Nemeii$ et Amor, atifue eliant Furor in tîmulacrii coluntur, • et l'Espérance, et Némésis, et l'Amour, et aussi ta Fureur sont llgurées dans des simulacres. > Les