ALLE
grâce, comme il le sera un jour au ciel, parla gloire, dans son corps et dans son âme.
C'est pour une raison analogue que S. Maxime de Turin fait de l'aigle le symbole du néophyte, qui, par le baptême, est renouvelé et inilié à une vie nouvelle (M Bibliolh. PP. t. vi. p. 27). S. Ambroise applique ce symbole à la résurrection du Sauveur (Swm, in Append.), Nous ne pouvons nous dbpenser de traduire ici ses remarquables paroles : i II n'est à proprement parler qu'un seul et véritable aigle, c'est lésus-Chrisl notre Seigneur, dont la jeuiies^e a été renouvelée alors qu'il est ressuscité des morts. Après avoir déposé, en effet, les dépouillas d'un corps corrupliblff, il a refleuri en révélant une chair glorieusi". t
Nous devons avouer que les monuments figurés offrent peu d'exemples de ce symbole, qui cependant fut, sans aucun doute, comme le texte de S. Ambroise nous autorise à le croire, l'un des nombreux emblèmes de résurrection adoptés par les premiers chrétiens. Nous le trouwns néanmoins dans une belle fresi|ue du cimetière de Priscille (Bollari. lav. ax) où se voient deux aigles sur des globes. En beaucoup d'autres endroits, les oiseaux que l'on s'est habitué à regarder, presque toujours sans examen , comme des colombes , pourraient bien être quelquefois des aigles. Il esl souvent bi^ti difficile d'en juger, vu l'imperfection des dessins des anciens ouvrages sur la Rome toidenaine. (V. l'art. Oiieaux.)
ALLELVIAH. — Mot qui signifie laudatt Deum ou lave Deo, ■ louez Dieu, ou louange a Dieu. ■ On désigne quelquefois par ce mot certains psaumes, le cent-quarante-cinquiéme par exemple et les suivants, dont il forme le début: mais le plus communément, c'est la récitation du mot même Âlleluiah. C'est du temps du pape Dnmase cl par les soins de S. Jérûmi-, selon loul.apparence, qu'il fut empi-unlé par l'Église latine à relise de Jérusalem et non point à l'Église grecque, comme on l'a faussement avancé (V. Paint. Higne. t. xm. p. 1310. n. 15.]. S.Grégoire décréta que ÏAlleluiah serait chanté, non plus seulement dans le temps pascal, mais pendant toute l'année (Baron. Ad an. 384. n. 37). On le chantait même aux funérailles; ce rit fut observé aux obsèques de Fabiola, ainsi que nous l'apprenons de S. Jè- Tirae {Epia, ad Océan.), et aux funérailles du pape Agapit, qui eurent, lieu k Constantinople [£'x cod. Yatic. n- 1538); la liturgie grecque ainsi que la mozarabe a conservé cet usage, qui existait aussi sous l'ancienne gallicane, au dire de Baronius (Ad an. 590); l'Église latine l'a aboli en signe de deud (Concil. ToUl. ht. can. 10). Un décret d'Alexandre H a retranché VAlleluiah de la liturgie depuis la septuagésime jusqu'au samedi saint; c'est l.i pratique de toutes les Églises occidentales, et le quatrième concile de Tolède (can. i) a étendu cette régie pour l'Église d'Espagne à tous les Jours de jeûne sans exception.
I Celte formule de louange en langue hébraiqur
ALOC — ;
a été inlroduile dans la messe afla que les (rois langues dans lesquelles fui écrit le litre de la croii y fussent représentées , la langue grecque l'étant par le Kyrie eUiton. Il fut appelé alUlmaticum mélo* par Victor d'Ulique au cinquième siècle {De Peruatt. Vandal. lib. i)-
inciennemcnt on ne le chantait pas à la fêle de la Circoncision, parce que ce jour-là, qui tombe le premier janvier, l'Ëglise jeûnait (V. l'art. Janvier [Cakndei de]) pour protester conlre les désordres par lesquels tes païens le profanaient (Paulin. ep. Il- Àd Sever.). Dans la primitive Église, ce cantique était chanté à l'intérieur du temple par la masse du peuple (Paulin, «p. xii. ad Sever.); les moines s'en servaient pour s'appeler a la collecte ; les fidèles étaient aussi dans l'usage tle le faire souvent retentir, même en dehors de l'eierciee du culte public (Si don. Apollin. 1. ii. epUl.tO), comme manifestation d'une joie chrétienne, par exemple dans les travaux des champs, ou dans les exercices nautiques- En 492, les Bretons, auxquels leur évêque S, Germain avait enseigné à se faire une arme de ce cliant sacré, attaquèrent une armée ennemie en entonnant a/lt/uioA à trois reprises différentes (Polyd. I. uij, et attribuèrent leur victoire i celle invocation.
ALOGIA. — Dans le langage des anciens Pères, ce mot dérivé du grec àXi^sTs;, privé de raiion, désigne l'élat de brulalité où l'homme est réduit par l'intempérance. S. Augustin [Epiit. lxxivi) l'explique ainsi : i Qu'est-ce que Valogta , si ce n'est quand on a abusé de la lable jusqu'à dévier du sentier de la raison! ■ Q n'esl pas sans intérêt de rappeler ici que S. Grégoire de Nazianze lléirit du nom d'alogta le décret par lequel Julien l'Apostat avait interdit aux cliréliens l'élude des lettres humaines, comme si une telle défense élait l'acte d'un homme ivre.
ALUHn. — V. l'art. EnfanU trouvé*.
AMB07I- — Cemolest, selon toute probabilité, dérivé du grec iy^Sanm, monter, parce qu'on montait à l'ambon par des degrés (Catalane. Cod. i Evang. I. u. c.
6). On a encore appelé l'ambon ^fta , sùf[0{ , pulpilum , ragge*ltt*, audilarium, 0$ teniù- . Iribtt-