AMIC
rum ni, • et lu dis un, c'esl-à-dire, c'est vrai ! ■ Il en élait de même quand le fidèle receMÎt la saint* communion : i Lorsque en receTaiit (l'eucharistie), dit le même Père, tu dis Amtn, c'est que tu confesses d'esprit que tu reçois le corps du Christ. Le prêtre te dit li cobfs du christ (c'était la formule antique), lu réponds Amen, c'està-dire, c'est vrai! f
\mK:T. — '^.\'3.ri.ViiemenitdeteceUtia$ii<pie* dont le* fonction» tacrées. m. 12.
AHULA. —On appelait ainsi anciennement e vase dans lequel on oNrait le vin â la liturgie {Ordo Roman. BiblioUt. Patr,). On donnait le nom de hama à ceux de ces vases dont la panse ètail arrondie en forme de globe (Pellic. Polit, ecct. p. 199). Ils étaient nécessaires sous l'ancienne discipline, qui admettait tous les tîdéles à oflHr duïinpourle sacrifice. Les diacres recevaient ce Tin dans les amvlœ, pour le verser ensuite dans les calices. Elles étaient d'un poids souvent considérable, il'or, d'argent, enrichies de pierres précieuses, dans les grandes églises ( Lib. Pontif. In Si/lvetlr. Marc., etc.). Lorsque l'usage des oblations du peuple eut cessé, celui des ainute n'eut plus de raison d'èlre, el on lui substitua ces petites ampoules que nous nommons bareltet.
Dans ses noies i Anastase le Bibliolhè* caire (h vit. S. Vrbanij, Blaucliini reproduit en gravure une amula ou burette, en argent et d'une rare élégance; le miracle de Cana s'y trouve représenté en relteT Ce savant attribue le monument au quatrième siècle ; le \u]et qui lui sert de décoration indique sans doute le pouvoir qu'a le prêtre de changer le vin au sang de Jésus- Christ, comme Jésus- Clinst changea 1 eau en vin (V les art Cana et Ettckarttlte) Voia un autre vase de même nature, et que cet archéologue regardait aussi comme trés- . ancien, La guérison d'un aveugle par le Sauveur y est représentée.
AMULETTES CDftÉTIENS {Amuletum). — Nous devons exclure tout d'abord les idées superstitieuses que ce mot semble naturellement réveiller: en efTet, aulrerois chei les païens, comme aujourd'hui encore chei les Turcs et les Arabes, il désignait soit certaines lames de métal couvertesde caractères cabalistiques auxquelles ces peuples attribuaient Ha vertu de préserver ou de guérir de Tous les maui, soit certains remèdes propres à
i — AMIL
conjurer les charmes et à repousser les maléflces. On appelait encore ces objets rnupri, d'un vocable grec qui signiRe une chote stupendue, parce que les amulettes se suspendaient au cou, ou PTciicivK, en grec plié, parce que les sentences ou signes en question étaient quelquerois tracés sur des morceaux de papier ou de parchemin roulés (V. Macri. Hiero-Lex. ad h. v.].
Ces pratiques blâmables s'étaient glissées parmi les fidèles des premiers temps ; il paraît même qu'elles furent couvertes d'une certaine tolérance par Constantin (Cad. îheod. a. 16. Dt malefic. leg. iij). Aussi a-t-on trouvé dans tes catacombes divers objet; qui y sont relatifs : par exemple (Boldeiti, p. 506. Uv. iv. n. 41), une petite tessère avec l'image d'un lièvre, amulette qui, chei les païens, passait pour guérir les maux de ventre, et un masque scénique. L'usage de lels objets émanant de croyances superstitieuses fut introduit dans le christianisme par les gnostiques. LesPéres et les conciles repoussèrent toujours ces vaines praliques avec une grande sévérité (V. Thiers, Traité det superst. i pars. 1. v. c. 1). Nous devons dire néanmoins que ces objets sont quelquefois employés comme simple signe de reconnaissance des sépultures.
Mais il est toute une classe d'amulettes sacrés dont l'usage, bien loin de provoquer les censures de l'Église, fut, au contraire, l'objet de son approbation et de ses encouragements. Ce sont certains objets de dévotion, croix, médailles, reliques, fragments des saintes Ëcrilures, portés avec esprit de foi et avec cette confiance raisonnée qu'ils inspirent, >^oit par leur valeur et leur sainteté intrinsèques, comme, par exemple, le bois sacré de la vraie croix ou tes reliques des Saints, soit h raison des bénédictionsdontils sont enridiis, comme les Agnw Dei (V. l'art. Agntu Dei).
Ces saints amulettes furent quelquefois désignés sous le nom de ugolpivi, qui, bien qu'il s'applique plus sirictement k la croix des évèques, quand elle renferme des rehques, s'entend aussi de tout reliquaire suspendu sur la poitrine. On les appela aussi rKTucTuu, comme chez lesJuifs quelques objets analogues (Joan. Diac. In Ap. ad Carol. ap. Macri). Le cabinet des médailles de la Bibliothèque nationale possède un amulette chrélien du deuxième siècle, trouvé dans les environs de Baîrouth (Fr. Lenormant. Mélanget archéot. m. 150). C'est une feuille d'or, sur laquelle est gravée, en caractères grecs, une inscription ainsi interprétée par N. Fr. Lenormant : ■ Je t'exorcise, i> Satan (A croix, purilîe-moi), afin que tu n'abandonnes jamais la demeure, au nom du Seigneur Dieu vivant. ■ Nous pouvons ranger parmi les objets de même nature une pierre gravée, portant, en grec, cette invocation : • Dieu, fils de Dieu, garde! ■> (Perret, t. pi. ivi. U) et celle-ci, dont l'inscription est plus explicite encore ; ■ J'invoque Jésus-Christ de Nazareth, Père, Dieu des armées. ■ Elle appartint à la collection Stosch, et se trouve publiée dans les mémoires de l'académie de Cortoiie (t. vu. p. M.
AHIL
ANAT
Ut. n. n. iS). Tel est encore ce poisson de bronze emichî de TinscripUon cocaic, $alta (Y. l*art. PcMMon). On ayait des médaillons en or, en argent on autre métal, marqués du monogranune du Clirist, qu*on suspendait k son cou, et dont plusieurs ont élé recueillis dans des tombeaux de martyrs (Aringhi. 1. ti. c. 23).
L*usage s*en conserva longtemps encore après
la paix de rËgÙse; Ste GeneTÎéve portait ainsi un médaillon de bronze marqué du signe de la croix. C'est S. Germain d*Auxerre qui le lui avait donné (Giorgi. De monogr.
Chriit, p. 14). Au revers du monogramme du Christ , le pieux chrétien qui voulait se placer sous la protection tutélaire de cet auguste signe, faisait quelquefois retracer sa propre effifîie. Cest ce que nous montre cette médaille de dévotion, pn5e parmi celles qui se conservent ï la bibliothèque vaticane et que M. de' Rossi a publiées dans son Bulletin d'archéologie chrétienne (année i869, pi. 3, en regard de la page 36 de Fédition française). Gostadoni donne un poisson
de verre percé de deux trous, ce qui indique qu*il était disposé pour éfre suspendu au cou comme imuleite (Del pttce simb. n. 20); et Âllegranza
décrit une pâte de verre représentant une nativité, destinée au même usage [Monum.
di Milano. p. 64). On reproduit ici d*aprés Fabretti (p. 594, 122) un curieux amulette en forme de main, tenant une tablette inscrite de • (Y. Vwrt, Acclamation,
'^ûl
racclamation zhos, c vis n. I, !•).
Nous apprenons par les écrits des Pères (V. Lami. De erudit. apaU. p. 529) que les premiers chrétiens se Élisaient aussi des livres des Évangiles une espèce d'amulettes au moyen desquels ils obtenaient des guérisons miraculeuses, et S. Jérôme affirme [In Matih. nr. 24) s'être lui-même conformé à cet usage. Les femmes et les enfants (Isid. Pelus. 1. n. ep. 150. — Chrysost. hom. n. Ad Antioch. In Maùh. hom. Lxxm) suspendaient ces livres divins à leur cou et les portaient partout comme préservatifs, cantenaUnia. S. Grégoire le Grand
{Epiêtolar. 1. xii. ep. 7) envoya à la reine Théodelinde, pour son ûls nouveau-né Adulovald, deui phylactères ou amulettes contre les maléfices ou enchantements c des lamies qui nuisent grandement aux enfants i» : à savoir une croix renfermant une parcelle de la vraie croix, et un exemplaire des saints Évangiles renfermé dans une cassette de bois précieux. Le trésor de Monza conserve encore ces boites, au revers desquelles sont écrites en grec des adjurations analogues à celles que nous avons citées plus haut. On en peut voir des dessins trésfidèles dans Touvrage du P. Mozzoni (Tav. cronol. délia Storia eecl. sec. vu. p. 79).
Mais si les Pères approuvaient ces pratiques en elles-mêmes, ils avaient soin de tracer avec une rigoureuse exactitude la ligne de démarcation qui sépare ici la piété de la superstition ; et S. Augustin, pour ne citer que lui, recommandait instamment aux fidèles de ne pas confondre avec les ligaturée des païens l'emploi des livres saints (S . Aug. In Johan. c. vu).
Dès les temps apostoliques, on portait l'Ëvangile comme amulette, et on Tensevelissait souvent avec les morts. Témoin cet exemplaire de S. Matthieu écrit de la main de S. Barnabe, et qui fut retrouvé dans la tombe de cet apôtre, dans File de Chypre (Morcelli. Kalend, Cpolit. i. 231). Plusieurs sépultures, mises au jour à Rome par la démolition de Fancienne Vaticane, ont fourni aussi des cassettes d^argent, de bronze ou de plomb (Ciamp. Vet. mon. 1. I. c. 16), qui avaient dû renfermer des passages de rËvangiie écrits sur de petits morceaux de parchemin. Enfin on avait coutume de conserver les saints Évangiles dans les maisons pour éloigner les démons (S. Chrysost. In Johan. c. xixi), et de s'en servir pour arrêter les incendies (S. Greg. Turon. De vit, PP, n), (Y. Tari. Féncolpia.)
AN ATHÈIIE ('Avaihiaa) . — I. — On entendait par anathéme, dans l'antiquité, tout objet qui, offert à la Divinité, était suspendu dans les temples et ne pouvait plus désormais être employé à un usage profane (Justin. M. Ad quœ$t. cxxi) . Chez les premiers chrétiens, on appela de ce nom soit les choses qui étaient offertes pour servir d'ornement aux églises, soit les vases ou autres ustensiles dont ]a piété des fidèles les enrichissait. Tous ces objets sont désignés dans le texte grec de S. Luc par le mot àvaO:Q|xaTa (xxi. 1), et Eusèbe, décrivant la ba« silique du Sauveur à Jérusalem (De vit. Constant. m. 38), appelle les grands cratères d'argent dont les chapiteaux des colonnes étaient ornés, pulcherri^ mtitfi imperatorit donarium^ àva^pia, et il ajoute un peu plus loin (40) qu'on ne saurait dire de combien d'ornements de ce genre, tant en or qu'en pierres précieuses, le même empereur Constantin avait embelli ce temple. Théodoret et Sozomène donnent aussi le nom d'optaiH^ra aux ustensiles de Tautel, aux vêtements précieux des évéques,etc.
Les offrandes d'objets de cette nature étaient très-fréquentes dans la primitive Église (Y. Optât. Milev. De êchim. 1. ni. c. 3. — Greg. Il PP. Epist*
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L ap. Labb. t. tii). Cependant le mot anathème, dans un sens plus restreint, a été employé le plus communément à designer les ex-voto que les Gdèles suspendaient aux colonnes des églises en actions de grâces de qudque faveur obtenue de Dieu. G*est peut-être aussi parce qu'elles étaient suspendues aux colonnes des églises pour être à la portée de la Tue du public, que les sentences d*excommunication furent nommées anathémes (Y. Bingham, Origin, eccL 1. yiii, c. 8. t. nu p. 249. édit. Hall.). Quoi qui! en soit, les ea>-voto étaient certainement usités au cinquième siècle, car Théodoret raconte (Serm. vin. Ad fent. De martyr,) que, reconnaissants des guérisons obtenues , les fidèles suspendaient dans les sanctuaires « des simulacres d'yeux, de pieds, de mains.... exécutés en argent ou en or • : alii oculorunij alii pedum, aHt manuum si" mularra,.,, ex argento^ auroque confecia; et le témoignage de S. Paulin fait remonter cet usage jusqu'à la fm du quatrième siècle (Nat, m).
IL — On appelle aussi anathémes certaines formules d'imprécations qui se rencontrent souvent sur les monuments chrétiens, sépultures, diplômes, donations, testaments, etc. L'intérêt qui s'attache à cette matière nous oblige à citer quelques exemples. En voici qui s'adressent aux violateurs des tombeaux : halb perbat iNfiBPvLTvs || iageat nom
RESVRGAT II CVM IVDA PARTBM HABBAT {| 81 QVIS SBPVI^
CKVM nvMc II vioLAVERiT (Bosio, p. 456), fl qu'il meure d'une mauvaise mort ; qu'il reste sans sépulture; qu'il ne ressuscite point (pour la gloire) ; qu'il partage le sort de Judas celui qui oserait violer ce tombeau. • — qvisqvis || boc svstvlbrit ||
AVT LABSBRIT II VLTOIVS 8V0 || RVM MORIATVR (ReiUeS,
p. 1000, n. 441). Cette dernière inscription a cela de remarquable qu'elle fait envisager comme la la plus grande des disgrâces le malheur de mourir le dernier des siens. — qvi.... Hv^G septlcrvh estur-
BAVERIT CBRI8TV8 BIT El ANATHEMA (GaZZera. ISCT,
Piem, p. 457, c celui qui aura troublé le repos de ce sépulcre, que le Christ lui soit anathéme. i —
SI QVIS II SE. PBABSVMSERIT. CONTRA || HVNC TVHVLVM. MBW. BIOLA II RE ABBA. IlfDB. IRQVISITIO || NEM. ANTB.
TRiBvifAL. i>Mi'. NRi. (Grutcr, 1062, n. 1), « si quelqu'un était assez présomptueux pour violer ce mien tombeau, qu'il réponde (de ce crime) devant le tribunal de Notre-Seigneur. » — sites ikcvrrat
IN TIPO, SAFFIRB BT || AnantàE QVI BVM LOCVM SINB PA- RENTES Il APERVERiT (Lupi. Sev, 24), fl qu'il soit traité comme Saphire et Ananie, celui qui aurait ouvert ce lieu sans mes parents.... i — qvi a ||
BOC B088A REMOVIT A || NATEMA BIT.... (De BoiSSiCU,
Inscr. de I^on, p. 599). — -ji qvis wrnciu \\ volvm
VIOLARE TBMto || VERIT IRAM M INGVfOf || BT ANATHBHA
SET (Gazzera, licriz, crist, del Piem, p. 45), « si quelqu'un tentait de violer ce tombeau, qu'il soit anathéme. i — abeatanathbiia||aivda6iqvi8alterw
OVINE 8VPER II POSVBR.... ANATHEMA ABEAS DA TRICBNTI Il DEGBH BT OCTO PATRURCHAE QVI CHANONES|| BXP08VE- RVNT ET DA 8CA ZPI QVATVOR || BVANGEUA ( ReiueS,
p. 965. n. 290), « qu'il soit anathéme avec Judas celui qui ensevelirait un autre homme sur moi....
qu'il ait anathéme de la part des trois cent dixhuit patriarches qui ont exposé les canons, et de la part des quatre saints Évangiles du Christ. §
Cette imprécation par les pères de Nicée, en même temps que par les quatre Évangiles, témoigne que les chrétiens vénéraient les conciles, organes sacrés de la tradition catholique, presque à l'égal des livres inspirés du Nouveau Testament. Nous retrouvons la même formule dans le testament d'un évêque rapporté parPadaudi (Desacr. Bain. p. 164. n. 2), d'après un manuscrit de la bibliothèque Chiggi. Ce prélat confirme le don de tous ses biens à un monastère par une excommunication, lata judiciali êententia, en y ajoutant un anathéme contre quiconque oserait changer, ravir ou usurper ces biens : Sit maledictus a Domino Deo omnipolenti, et a trecentii decem et odo Deiferis pa-irUnu, et hceres maledictionis Judœ proditoris, « qu'il soit maudit par le Seigneur Dieu tout-puissant et par les trois cent dix-huit pères Deiferit (Porte-Dieu) ; qu'il soit l'héritier de la malédiction du traître Judas. » L'épithète de Deiferi, appliquée aux pères du concile de Nicée, est digne de fixer l'attention. Des anathémes analogues furent fulminés par les conciles et en particulier par ceux d'Auxerre et de Mâcon, aussi bien que par les pères et les évêques contre ceux qui retiendraient ou détourneraient les offrandes et legs faits aux églises (Jacut. Exercit. philoL ad septdcr. tit. Bontuœ et Mennœ. Romae, 1758).
Les trois cent dix-huit pères du concile de Nicée, qui avaient souscrit la condamnation d'Arius, furent de tout temps eh singulière vénération dans l'Église, comme le prouvent toutes ces pièces et bien d'autres encore. Le prêtre Grégoire ( Ap. Baron. An, 325), qui a écrit leur histoire, dit que Dieu voulut faire éclater leur sainteté par le don des miracles, et que leurs reliques furent dotées du privilège de Tincorruptibilité. L*Église d'Orient leur a consacré le 28 mai, comme on le voit dans le ménologe des Grecs.
L'inviolabilité des tombeaux fut toigours, chez les chrétiens, l'objet d'une vive préoccupation ; le système de sépulture isolée et personnelle qu'ils avaient adopté dans leurs cimetières souterrains, où, à l'exemple de la sépulture du Sauveur, un locultu tout neuf était creusé pour chaque corps, qui ne devait plus en être dépossédé par un autre, en offre une preuve toute primitive. Voici une inscription grecque qui nous fournit un curieux témoignage de cette jalouse sollicitude : ei ab tis
TOAMHZE ETÏPON BAAEIN A0SEI TOlZAAEAtOIX : fl Celui
qui oserait introduire un autre corps dans ma tombe, qu'il paye une amende aux frères, > c'està-dire au trésor de l'Église, colkgium Fratrum (Y. de' Rossi. jR. S. i, 106). Le motif de ce soin si exclusif était puisé dans le respect dû à des corps qui avaient été les temples dis V Esprit-Saint, et les tabernacles de la divine eucharistie, bien plus que dans une vaine crainte de voir leur résurrection devenue impossible par la dispersion de leurs membres : erreur qui put bien entrer par excep-»
ANAT
ANCR
tioo dans quelques esprits grossiers, comme semblent rindiquer certains monuments épigrapbiques, mais contre laquelle proteste toute la tradition catholique. Les chrétiens restèrent toujours étrangers à des craintes si puériles, et ils répondaient à ceux qui les leur attribuaient (Minuc. Félix. Oetav. p. 397, Lugdun. fiatav. 1672) : c Disputer à Dieu qui a fait Thomme le pouvoir de lui rendre sa première forme.... ne serait-ce pas le comble de Textraragance et de la stupidité? N'est-il pas plus difGçile de donner Télre à ce qui n*est point que de reproduire ce qui a existé? Croyez-vous que ce qui se dérobe à la faiblesse de notre vue, se trouve anéanti pour la Divinité T Tout corps, soit qu*il se réduise en cendre ou en poussière, soit qu'il s^exhale en vapeur ou en fumée, est soustrait à nos sens, mais il existe pour Dieu qui en conserve les éléments. Nous ne redoutons rien, quoi que Ton puisse dire, de la sépulture par le feu ; mais si nous inhumons les corps, c'est pour suivre la meilleure et la plus ancienne coutume, • necy vC crediUst ulium damnum sepuHurœ time-' fiuft. Conséquents à ces principes, et voulant témo^er de la confiance où ils étaient que le Seigneur saurait bien, au grand jour, réunir leurs memhres dispersés et reconstituer leurs corps rédm'ts en cendres, plusieurs martyrs, entre autres S. Polycarpe, S. Pécmien, S. Fructuosus (AcL tinc, ap. Ruin.), manifestèrent publiquement leur joie de périr par le supplice du feu.
Dès le quatrième siècle , la coutume impie de rioler et de dépouiller la demeure des morts était d^ fort répandue. Nous en avons pour preare les nombreuses épigrammes que S. Grégoire de Nazianze avait composées contre celte sorte de malfaiteurs et que les fidèles inscrivaient sur leur tombe comme une protection. Muratori le^ a publiées dans ses Analecla grœca. Mais ce n*est qu'assez tard, c^est-à-dire dans le cours du sixième siècle, que la jalouse sollicitude dont nous parions plus haut se traduit par des imprécations plus ou flooins Tîolentes contre les violateurs des tombeaux. Auparavant, dans des temps où la mansuétude du Christ était encore toute vivante dans la société de ses enfants, les marbres ne font lire que d'humbles prières et de douces adjurations, comme celles qui sont exprimées sur un Ithf/M romain de 451 (De' Rossi. i. 351-752) :
kSaf%0 vos PU GJUSTTM || RE MIHl AB AUQVO VIO || LEN-
TiAM (violerUia) fut et ne sepvl || cbvm hbvm violette, f je vous adjure par le Christ que violence ne me s4Ht pas faite par qui que ce soit, et que mon sépulcre soit garanti contre toute profanation. » Et encore est-ce là le premier exemple d'une telle précaution que la religion des tombeaux avait rendue inutile dans les premiers temps. En 584, nous trouvons encore une formule très-modérée, attoidu qu'elle se contente d'exprimer pour condition à l'acquisition du tombeau, qu'il sera garanti contre toute violation : svb uxa.... condhio-
■EH (sic) VT BOC II EOEVH HOH NOLBTVE SEPVLCRVE (Id.
ib. p. 5i5). £n 522 (Id. n. 980), ce n'était qu'une
simple mention d^une concession perpétuelle faite par le pape Hormisdas : possbdatvr locvs.... hb Qvis rehobat, et celte mention suÀlsait pour le faire respecter.
m. — Le nom d'anathéme est encore appliqué à l'excommunication majeure infligée par le pape, par un évèque ou par un concile. Plusieurs décrets ou canons de conciles sont conçus en ces termes : « Si quelqu'un avance ou soutient telle erreur. .. qu'il soit anathème. » La source de cette discipline se trouve sans doute dans ce passage de S. Paul (Galai. I. 8) : « Quand nous vous annoncerions nous-mème, ou qu'un ange descendu du ciel vous annoncerait un Ëvangile différent de celui que nous vous avons annoncé, qu il soit anathème. § On trouve dans l'ouvrage de Martène sur les rites {De ant eccl. rit n. 324) quelques formules trèsanciennes d'excommunication. Dans la septième (p. 325), l'excommunié, comme nous l'ont fait lire déjà quelques inscriptions, est voué au sort des personnages les plus maudits dont l'histoire fasse mention, et en particulier à celui des grands persécuteurs de l'Église : Fiat hahUaiio eorum.,,, cum Chore, Datan et Ahirorij Judi atque Pilato, Anania atque Sapphira, Nerone aique Decio, Herode, JtUianOy Yaleriano, et Simone Mago, fl que leur habitation soit avec... Coré, Datan et Abiron, avec Judas et Pilate, Ânanie et Saphire, avec Néron et Déce, Hérode, Juhen, Valérien et Simon le Magicien. »
AiVGRE. — L'usage des emblèmes marins joue un grand rôle dans la partie figurée de l'antiquité chrétienne ; et l'ancre est un des objets qu'emploie le plus souvent, dès les premiers âges de la foi, ce genre de symbolisme, qui prend sa source dans le Nouveau Testament. L'ancre, -h à-pcupa vouruni, était, d'après S. Clément d'Alexandrie (Pœdag, I m. n. 106), l'un des principaux symboles que les premiers chrétiens faisaient graver sur leurs anneaux, et plusieurs des byoux qui en portent l'empreinte sont parvenus jusqu'à nous (V. l'art. Anneaux, fig. 2).
Prise dans son sens naturel, l'ancre est Tespoir et souvent l'unique ressource du navigateur au milieu des orages et de la tempête. Aussi les anciens y attachaientHils un sens religieux, et l'appelaient-ils sacrée, anchoram sacram iolvere, disaient-ils pour exprimer l'action de lever l'ancre. Dans son livre des hiéroglyphes, Pierius (xvui. 15) dit qu'elle est comme le symbole du salut et le type de la délivrance, salutis ac prœsidii typus comtituilur»
Les premiers chrétiens comprirent les nomhreuses relations de l'ancre considérée symboliquement , soit avec les orages inséparables de la vie humaine en général, soit, et bien plus encore, avec la position agitée que leur faisait la persécution, dont le souffle mettait sans cesse en péril la
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barque du Christ. Aussi est-elle Tune des plus anciennes images qu'ils aient fixées aux parois et aux divers monuments de leurs cimetières, afin de se souvenir que, dans la tempête des passions haineuses déchaînées contre T Église, Fassistance d*en haut était Fancre de salut qui les garantissait contre le naufrage (Bédé. In cap. vi Marci). Tel est le premier sens que Ton peut attribuer au symbole de Tancre, c'est celui qui dérive le plus directement de Tacception qui lui était donnée par les païens et qui ne fait ici que changer d'objet.
Mais nous croyon<: que Raoul-Rochelte est égaré par son préjugé favori, quand il prétend (Mém. de VAcatL des imcripl, t. xm, p. 225) que Tancreest un symbole de salut plutôt que d'espérance. A nos yeux elle est av.mt tout une tessére d'espérance, c'est là son sens chrétien par excellence. « Nous avons, dit S. Paul (Hehr. vi. 18), une puissante consolation, nous qui avons cherché à saisir l'espérance qui nous est proposée, espérance qui sert à notre âme comme d'une ancre ferme et assurée, et qui pénètre jusqu'au sanctuaire qui est au dedans du voile, où Jésus est entré comme notre précurseur, » tpem quam ticut anchoram hahemus animœ tuUnn ac firmam,,., S. Ambroise nous a laissé un élégant commentaire de ce passage (/n verbaApost, ad Hebr. vi). Plusieurs Pères, notamment S. Ghrysostome (Inpsalm. x et xx), développent aussi les sens mystérieux de l'ancre. Ruftin d'Aquilée (In psalm. clv) nous semble les résumer tous dans ces paroles : « Le navigateur, quand il craint la tempête, jette son ancre. Nous aussi, si nous avons l'ancre de l'espérance fixée en Dieu, nous ne redouterons aucune tempête de ce monde. •
lies monuments figurés conflrment ici les données de la tradition écrite. On sait, et nous démontrerons en son lieu (V. l'art. Noms des premiers chrétiens), que les symboles tracés sur les épitaphes contiennent souvent une allusion des plus claires au nom du défunt. Or le savant chevalier de' Rossi {De monum. ixotn exhib. p. 18) aflirme avoir trouvé sur des tituli portant des noms dérivés de spes ou 'Xtti;, espérance, trois fois l'image de l'ancre, à savoir sur l'épitaphe d'un ELPiDivs et sur deux autres encore inédiles du cimetière de Priscille, de deux femmes, ELPizvsA et spes; et celle-ci, au bas de laquelle est aussi une ancre, a été recueillie au cimetière de Sainte-Agnès (Perret, v. pi. uv. 1.1) : blpw et cv- RiACE FEcrr. Le cardinal Mai, ou plutôt Marini (CollecL Val. v. 449) donne la suivante, qui est accompagnée d'une ancre et de deux palmes : spes PAX TiB, « espérance, paix à toi ! » L'ancre accompagne aussi des épitaphes portant les noms agapes, agapetes, AGAPETvs(in sched. Rossi]. On ne saurait attribuer au hasard un fait si souvent répété. Mais il y a plus encore : il s'est rencontré au cimetière de Prétextât (De* Rossi, ib,) quelques marbres sans inscription, marqués seulement d'une ancre cruciforme ; or à l'extrémité de la traverse de la croix de cette ancre était écrite la lettre s toute
seule, qui est évidemment l'abréviation ou la sîgle du mot iXTctc, espérance.
Mais ce qui achève la démonstration, en assignant à la figure de l'ancre un sens plus complet et plus déterminé, c'est que le signe du poisson ou du dauphin qui était le symbole du Fils de Dieu Sauveur, ou bien son nom grec ixerc, lui sont presque toujours associés (V. Lupi. Epitaph. Sever. p. 64. — Gostadoni. Pesce. passim. — Vettori. Num. œr, rxplic, in fin.). 11 est clair que le
rapprochement de ces deux symboles exprime V pérance en Jésus-Christ, et équivaut à ces formules si communes sur les marbres chrétiens : spes
m CHRISTO, spes in DEO, spes nV DEO CHRISTO, « PCSr
pérance en Jésus-Christ, en Dieu, en Dieu-Christ. • Cette intention parait avec non moins d'évidence dans le premier dessin ci-dessus, où la haste de l'ancre est croisée avec le Xi qui, comme on sait, est la première lettre du nom du Christ, x9^^^*' C'est le monogramme du Christ sous une forme spéciale. Ce n'est pas tout : au lieu de Tixerc figuré ou écrit, la formule hiéroglyphique présente souvent, au sommet de l'ancre, la croix ellemême, et proclame dans son symbolique langage, et par une tessére unique, que c la croix est le fondement de l'espérance du chrétien • . C'est ce qui s'observe sur une pierre gravée (De' Rossi. ixerc. p. 19), plusieurs fois publiée.
Les ancres des anciens, telles que nous les voyons sur leurs monuments, avaient souvent audessous de l'anneau une traverse qui leur donnait tout à fait l'apparence d'une croix, et ce sont celles que nous appelons cruciformes. C'est ce que nous voyons dans une foule de monuments de toutes les contrées de l'ancien monde, entre autres sur un fragment inédit de pierre sépulcrale de
Cherchel (Algérie), dessiné par M. le commandant Sériziat. Mais voici un petit monument où l'inteo-
ANGE
ANGE
lion de figurer la croîx*se montre dMne manière pluséridenteet tout à fait originale. (Test le chaton d\ine bague de bronze du cabinet de M. Drury- Fortnum de Stamniare flil (Middlesex), oii i^ancre
est croisée par une autre ancre à une seule patte et croisée ellemême (Broch. in-8*, p. 3). Peutêtre, dit le savant abbé Greppo {De quelques particularités des cultes paiensj p. 24), celte forme contribua-t-elle autant à fixer le choix des chrétiens sur ce symbole/ que les paroles de S. Paul (que nous avons citées plus liaut), et qui donnent Tancre elle-même comme tessére de Tespérance.
Quand Tancre figure sur les tombeaux deç chréûems et des martyrs, ce qui est très-fréquent (Y. Lapi. Sever. pp. 136, 137. — Boldetli, 566, 370, etc. — Fabretli, 568-569, etc., etc.), les interprètes de Tantiquité ecclésiastique y voient encore un emblème de la fermeté dans la foi, de la constance dans les supplices (Chrysost. In psalm, x). On die Pindare et d^autres anciens qui la considéraient déjà à ce point de vue, pro firmitate Pindarus una vtitur andiora (Pierius. Valer, lib. xlv). S. Afaxime de Turin (Homil. Lxxvm. De 5. Euseb,) emploie la même figure pour caractériser la stabilité dans la foi qui brillait dans S. Eusèbe de VerœU.
D^autres Pères l'ont regardée comme le symbole de la conscience, laquelle, par ses reproches et ses avertissements, empêche le chrétien de naufrager dans Tabime du péché (Chrysost. homil. nr. in Lttzar, — Paulin. Natal, n S. Felic); d'autres, comme celui de la pauvreté et de la tribulation, qui. par les salutaires épreuves qu'elles font subir à rhomme, Tempêchent de varier, et l'établissent solidement dans la vertu (Hugo. In Hebr. vi).
ANGES. — 1. — Les anges ne paraissent pas aToir été introduits dans la composition des tableaux chrétiens avant le quatrième siècle. Ils figurent même très-rarement avec leurs attributs particuliers dans les divers monuments de Rome souterraine. Nous ne pensons pas en effet qu'on puisse regarder comme des anges ces petits génies qui y parussent quelquefois, par exemple aux quatre angles d'une charmante peinture du cimetière de la porte Latine (Àringhi. t. n. p. 29. — Y. le sujet gravé à Tart. Vigne) , ni ces autres génies ailés qui jouent avec des coqs sur un beau sarcophage de marbre du cimetière de Sainte-Agnès (Id. n. p. 167), motif emprunté à l'antiquité profane, ni enfin ceux qui, dans les sculptures d'un grand nombre de tombeaux, soutiennent soit une coquilhB renfermant le buste d'un ou de deux personnages (Id. I. p. 325), soit la tablette destinée à recevoir Tépilaphe (id. i. p. 615), ce qui se voit quelquefois même sur de simples pierres tumulaires (Lupi. Sever. epitaph. p. 51. tab. vm. n. 3).
yous pourrions cependant citer, comme excep* ti<m, un ange ailé conduisant par la main le jeune Tobie, dans une fresque du cimetière de Priscille,
datant du deuxième siècle, s*il faut en croire d'Agincourt (Peinture, pi. vn. n. 3). Une fresque trouvée en 1849 au cimetière des Saints-Thrason-et- Satumin (Perret, m. pi. xxvi) représente Tobie avec range sans ailes, et vêtu d'une longue tunique. Mais il est plus commun de rencontrer les anges, figurant bimplement sous forme humaine, dans la représentation de faits historiques de l'Ancien et du Nouveau Testament. Ainsi en est-il de l'Ange Gabriel dans une peinture de l'Annonciation au cimetière de Priscille (Aringhi. n. 297. — V. le sujet gravé à l'art. Annonciation) ; c'est un jeune homme sans ailes, sans nimbe, vêtu du pallium sur une tunique à bandes de pourpre. Il étend la main en signe d'allocution vers Marie qui est assise sur un siège à peu près semblable à ces chaires épiscopales taillées dans le tuf au fond de l'abside de quelques chapelles des catacombes (Marchi. tav. xxxYi). Le diptyque de la cathédrale de Milan (V. Bugati. Mem. de S. Celso. Append. in fin.), monument de la fin du quatrième siècle, introduit cependant un ange ailé dans la représentation du même mystère (V. la fig. de l'art. Annonciation). Ainsi encore la mosaïque du portique intérieur de Sainte-Marie-Majeure, qui date probablement de l'époque de la construction de la basilique constantinienne (Ciampini, Yet. mon. i, 211 . tab. l-li), fait voir les trois anges figurant la Trinité (Gènes. xvui), qui apparurent à Abraham dans la vallée de Mambré, et reçurent de lui Thospitalité. Dans un premier compartiment, ils sont debout, et Abraham se prosterne devant eux ; le second nous les montre à table, ayant devant eux les pains cuits sous la cendre et de forme triangulaire que Sara leur a servis. Ici les anges n'ont pas d'ailes, mais seulement le nimbe (V. la Og. de l'art. Trinité). Mais le grand arc de la même basilique est décoré d'une autre mosaïque (Ciampini, Op. laud. i. p. 206. tab. u), exécutée sous le pape Sixte III en 443), où des anges ailés et nimbés paraissent dans le mystère de Tannonciation de la naissance de Jean-Baptiste, à Zacharie, et dans celui de l'incarnation, à Marie.
Mais comme, selon la pensée de S. Augustin (In psalm. lvi), la fonction principale des anges est de prêter au Christ un humble service : Omnes angeli creatura serviens Christo est, outre Tarchange messager de Tannonciation, deux autres anges se tiennent respectueusement debout derrière le siège de fa Mère de Dieu, comme pour rendre hommage au Verbe éternel au moment solennel de son incarnation. Et en effet, comme l'Église eut toujours l'intention d'offrir aux fidèles dans les saintes images dont elle ornait ses temples une réfutation palpable des hérésies , nous voyons que , depuis l'apparition de Tarianisme, elle adopta l'usage de représenter Notre-Seigneur assisté de deux anges, pour marquer sa foi à la divinité et à la consubstan-* tialité du Verbe. C'est ce qu'observe le savant Buonarruoti à propos de l'explication du bas-relief du diptyquede Rambona(Ve<rt.p.269). Etla mosaïque qui nous occupe en fournit elle-même une nouvelle
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preuve. Dans la seconde sedion, lu-dessous du tableau précédent, Notre-Seigneur recevant les adorations des Mages est assis sur un trône, derrière lequel deui anges se tiennent debout. Une mosaïque de l'an 400, décorant l'abside de Sainte- Agalhe-M^eure à Ravenne, représente notre Sauveur sur un Irône élégant, escorté de deui aUges ailés et nimbés (Ciamp. Vet. mon. i. tab. ilvi). Celles de Saint- tlicbel et de Saint-Vilal de la même ville en oITrent d'aulres exemples (Id. ib. u. ivnin) apparleamt >u sixième siècle.
Dans loules ces peintures, les anges sont ailés et nimbés, ils sont revêtus dupaJJium blanc, d'une tunique blanche, et d'une ètole bieue pendant de chaque côlé. Au bas du vêlement de trois d'entre eui, on remarque le monogramme 1 (Sur ces sortes de sigles, V. Yirl.ilonogramniatttriet vétemenU), Ou voit par ce qui précède que les types adoptés pour la représenlalion des anges sont d'origine antique. Conrad Brunus, dans son livre Du image* (cap. VI. — cf. Holan. p. 350) en doime une explication que ïolanus reproduit sommairement.
Des fouilles exécutées dans le palais des Césars au mont Palatin en 1 866 onl mis à découvert une lampe d'argile ayant sur son disque Notre-Seigneur appuyé sur une croix ï tiampe allongée et accosté de deux anges ailés et au vol et les mains jointes (Y. de" Rossi. Bu/W. 1867. 1" fasc. — V. le monument gravé à notre art. Serpent). Le monument ne nous parait pas antérieur au septième siècle.
Q. — Voici les principaux attributs que l'art chrèlien assigne aux anges : 1° La forme humaine, afin que les fidèles comprennent combien ces intelligences célestes sont disposées i secourir les hommes, et toujours prèles i exécuter les ordres de Dieu en noire faveur : ffonne omnet (Hebr. i. 14) adminittratorii tpirilui tuni, propler eot qiU hœTeditatem copient laluUt, • ne sont-ils pas tous des esprits délégués pour le service de ceux qui sont appelés à l'héritage du salut? i
3* De* aile*, pour les mêmes motifs : Attgeli* ttti$ Toandavil de te, iU cuttodianl le in omnibu* tii* liMf {P*alm. xc. 1i), « le Seigneur a commandé i
i — ANlib;
ses anges de vous garder dans loules vos voies. >
3" En encevoir, parce qu'ils offrent nos prières i Dieu, selon ce qui est écrit au livre de Tobie (m 34. Sb. xn. 13), et plus explicitement encore dans VApocalypie (viii. 3, 4) : t Et il vint un autre ange, et il se tint devant l'autel, ayant un encensoir d'or ; et on lui donna beaucoup de parfums, afin qu'il présentât les prières de tous les saints sur l'autel d'or qui est devant le trône de Dieu, et la fumée des parfums qui sort des prières des saints s'éleva de la main de l'ange devant Dieu, • et aicendil fumut ineentonim de orationibut lancloTum, de manu angeli coram Deo.
4* La jeunette. D'abord parce que l'Ëcriturc les appelle jeunes, et ensuite parre qu'ainsi l'exigent et leur immortalité qui n'est autre chose qu'une jeunesse étemelle, et la nature de leurs fonctions, qu'ils sembleraient moins aptes k remplir s'ils étaient ou des enfants ou des vieillards.
5* La beauté. Car tel est le type que nous fournissent les Saintes Ecritures, et tels étaient aussi tes anges que le Seigneur ordonna de placer dans le sanctuaire (Exod. i\v. IS), aussi bien que ceux que Salomon mit au milieu du temple et qui étaient de bois d'olivier recouvert d'or (ô Reg vi. 25, '27, 38).
G* Quelqurfoi* la nudité, qui dans l'homme tombé produit la honte, mais chez les anges est une marque de sainteté, de chasteté, d'immortalité, d'innocence. La conscience de la nudité ne vint à nos premiers parents qu'après la fuite de l'innocence. Frédéric Borromée trace cependant ici de sages limites à la licence de l'art [Dt pictura *acra. lib. n. cap. 11).
7* De* attribut* militaire*. C'est ainsi que nous les représente l'histoire des Hacbabées (2 Mach. XI, 8) : Apparuil procèdent eo* equtt in teite candida, armi* aureit, haitam vibrant, t un onalier parut devant eux avec une robe blanche, des armes d'or, et agitant sa lance >. S. Jean Chrysostome avait vu et fort apprécié un tableau de ce genre, plein d'oncUon, et exécuté à la cire fondue, c'està-dire à l'encaustique, procédé d'un fréquent usage cheiles anciens.
8* De* titement* blanci, signe d'innocence et de joie, qui cependant n'exclut pas d'auU'es couleurs. Nais le blanc est préféré, parce que c'est la couleur sacerdotale, et que les anges font un acte sacerdotal, quand ils prient pour nous et dèfendi^nt noire cause devant Lieu (Y. l'art. Ctmleuri [symbolisme des], I. 8).
S" Une ceinture. Ils sont loitjours ceints quand ils apparaissent aux hommes: Prœeincti circa pectara tonitaurei* [Apoe. xv, 6), « ceints autour de la poitrine de lones d'or, ■ pour montrer qu'ils sont prêts k exécuter les ordres qui leur sont conllés (S. Greg. lib. xxvni Uoral. cap. 8). La ceinture est aussi un symbole de chasteté.
lO* De* omeTnent* de pierrtt précieutet, selon les traditions de la loi antique, et aussi pour des motifs suggérés par la raison elle-même. En effet ce n'esl pas un simple ornement, c'est le symbole
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de l'éclat des différentes yertiis, comme les qua* tone pierres qui brillaient sur la poitrine du grand prêtre (Éxod. xxTni. 17) lui rappelaient les deToîrs de son office. Et pour en donner quelques exemples, le saphir est le symbole de leur chasteté; le cristal qui, comme Tobserve S. Basile (/if Hexamer. liomil. n), rivalise avec l'air en transparence, est le symbole de la pureté de leur substance; l'hyacinthe est celui de leur conversation céleste; Témeraude, celui de leur nature tou« jours verdoyante et jeune.
il* Bs tant quelquefois enveloppée de nuagee, soit parce que leur demeure propre est dans les deoxy soit parce que souvent ils ont représenté Ih'ea lui-même dans les nuées ; soit parce que, comme la lumière du soleil n'est transmise aux bommes qu^à travers les nuages vaporeux qui les en séparent, ainsi la lumière de la vérité divine est communiquée par leur intermédiaire aux mortds selon la capacité de chacun.
12* [U ont les pieds nus. On peut croire que c'est ainsi qu'ils apparurent aux patriarches ; et les ministres de Dieu sont ordinairement envoyés pieds nus, comme nous le voyons par l'exemple d7saîe, de Ifoïse, des apôtres. Ajoutons que, diaprés les Écritures, les hommes saints, dont toute fapplication est de mener sur la terre une vie angéiique, se sont toujours abstenus de chaussure (Josué. T. 15. 16. — Exod. m. 5. — Hatth. x. 9. 10). Ced nous rappelle encore que ceux qui remplissent ici-bas l'office des anges doivent être dégagés de toute affection déréglée, afin de fournir plus aisément leur carrière toute spirituelle.
15* On assigne aux anges divers instruments» qui nous rappellent, tantôt la colère de Dieu dont Us sont les ministres, comme le glaive ; tantôt sa miséricorde dont ils sont les organes à notre égard, comme les attributs de la passion ; tantôt la justice qu'ils exercent en son nom, comme la ba* lance. La trompette réveille l'idée du jugement dernier, et les autres instruments de musique celle des saintes voluptés du séjour céleste.
14* La mosaïque de Sainte-Agathe de Ravenne déjà citée (Y. la gravure plus haut) fait voir aux deux côtés du trône du Sauveur les archanges Michel et Gabriel, ayant à la main un bâton, ou une haste, ou mieux encore un roseau d'or. Cet attribut donné aux anges se reproduit plus d'une fois dans les monuments de l'antiquité chrétienne. Il fait allusion au passage de V Apocalypse où il est dit que S. Jean vit un ange portant un roseau d'or (cap. xxi. 15). Or ce roseau était une espèce de toise destinée à mesurer la cité céleste dont TApôtre donne la description ; et ce passage concorde avec celui d'Ézéchiel sur le même sujet (xl. 5) : Et ecce vir cujus erat species quasi speciesasris, et funiadus lineus in manu ejus^ et calamus men^ turœ in manu ejus, f et voici un homme dont le regard brillait comme l'airain étinceiant, et dans sa main un cordeau de fin lin, et un roseau pour mesurer. •
15* Quelques monuments anciens placent prés
des anges, des séraphins particulièrement, des mscriptions rappelant la principale fonction qu'ils exercent prés de Dieu , qui est de chanter devant son trône l'hymne que nousavons appelée séraphique : SAifCTvs, 8ANCTVS, 8AICCTVS. C'cst cc quo uous voyous dans d'anciennes fresques découvertes il y a peu d'années dans la basilique de S. Laurent, extramuros de Rome. Des deux côtés de ia tète des anges sont inscrites les sigles ses. ses.
16* L'Église plaçait des anges sur les colonnes des autels ou des ciboria, aujourd'hui elle les place sur les gradins : nous le voyons dans beaucoup de temples chrétiens, notamment dans ceux de Tordre des chartreux. Ce vénérable usage signifie que les esprits célestes assistent au redoutable sacrifice de nos autels : Non enim dubites, dit S. Ambroise, assistere angelum^ quando Christus assistit, Christus immolaiur (In cap. i Lucœ), On trouve des témoignages analogues dans S. Grégoire le Grand (lib. iv Dialog. c. 58), dans S. Bernard (Serm. de vit. ingratit,), dans Innocent 111 (lib. m De sacr. allar, myster. c. 24). S. Jean Chrysostome enseigne en cent endroits la même doctrine. De pieux auteurs, entre autres Jean Mosch (Prat. spiritual, c. iv), et non pas S. Sophrone conmie l'affirme Molanus, pensent même qu'un ange est attaché à chaque autel consacré.
ANIMAUX RBPRésEiiTés sur les mohumbihb CHRériBNs. — Ces sortes de représentations, dans les catacombes, dans les églises et basiliques, sur les tombeaux, constituent un fait connu de tous ceux qui ont acquis une connaissance, si superficielle qu'elle soit, des monuments chrétiens des premiers âges. Nous ne portons point la manie du symbo lisme jusqu'à supposer que chacune d*elles renferme un sens allégorique. Nous avons toujours tenu pour certain que souvent ces animaux ne se trouvent là que dans un but de pur ornement, et par suite d'une tradition des arts de l'antiquité, et nous sommes heureux de voir cette opinion aujourd'hui partagée par le chevalier De* Rossi, dont l'autorité est si grande en archéologie [De monwn. IxeTN exhib. p. 14).
Tels seraient, à notre avis, ces dauphins (Âringhi. I. p. 555. H. 303. 315, etc.), ces oiseaux (Id. l. 547. 551. 561, etc.) disposés symétriquement dans les angles des cubicuH^ dans les peintures de voûtes des catacombes. Tels encore ces hippocampes, ces griffons (Millin. Iftdt de la Fr. pi. lxv.) et autres monstres marins dont les anciens aimaient à décorer leurs demeures et leurs tombeaux. Tels enfin ces dauphins entrelacés, tantôt avec une ancre, tantôt avec un trident, et qui servent comme de remplissage dans les peintures murales (Y. De Rossi. op laud. tab. u.
n. 5) . Nous hésiterions même beaucoup à assigner invariablement une si-
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gnification symbolique à ces oiseaux, colombes ou autres, qui se montrent aux frises de certains sarcophages» béquetant des fruits dans de petites corbeilles (Âringhi, p. 281, 299, 311), ou à d*autres oiseaux de différentes espèces qui sont entremêiés avec une singulière élégance dans des pampres, servant d'encadrement à des fresques (Id. i. p. 569), etc. Ce sont là le plus souvent, nous le répétons, de simples motifs d*omementation indifférents en eux-mêmes et qui par conséquent ont pu, sans inconvénient, être empruntés par les chrétiens aux habitudes de Part antique.
11 n'est pas douteux néanmoins que nos pères dans la foi niaient eu quelquefois Tintention de figurer ainsi Fâme du défunt dans les délices du paradis (V. Tart. Paradis). Dés tes premiers temps du christianisme, Tusage s'était établi de peindre, graver ou sculpter dans les oratoires des cimetières, ainsi que sur les tablettes de marbre ou de terre cuite qui fermaient les loculi, des animaux symboliques, et en particulier des colombes, d'autres oiseaux (Y. les art. Oiuaux et Colombes) au vol ou renfermés dans des cages, des tourterelles, des paons; des quadrupèdes, tels que le lion, le tigre, le bœuf, le cheval, Tagnenu, le cerf; des poissons, etc., animaux symboliques à chacun desquels un article spécial est consacré dans ce dictionnaire. Il n'est pas même jusqu'au groupe du dauphin enlacé à l'ancre ou au trident qui ne puisse se prêter à une signitication arcane, car rien ne s'oppose à ce que l'on voie dans le trident, comme cela est admis pour l'ancre, une des nombreuses formes dissimulées de la croix.
Des cimetières souterrains, l'antique usage des représentations d'animaux symboliques passa aux églises proprement dites, et s'y maintint jusqu'au seizième siècle (V. Allegranza. Monum. di Mil. p. 136). On a prétendu que, interrogé par Olympiodore au sujet dune basilique qu*il voulait construire, S. Nil, disciple de S. Chrysostome (In ad. concil. Nicam. Labb. vin. 875), lui avait interdit ces sortes d'images comme entachées d'idolâtrie. Ce Saint ne proscrivait point ceux de ces animaux que la primitive Église avait adoptés pour le sens religieux qu'elle leur attribuait, mais bien seulement l'abus qui s'était introduit de peindre sur la façade et sur les murailles intérieures des basiliques des scènes profanes, de chasse ou de pèche, qui n'étaient propres qu'à distraire les fidèles des choses saintes et à réveiller en eux des appétits sensuels (V. Borgia. Decruce Velit. p. 122). S. Paulin s'excusait d'avoir fait exécuter des peintures de cette sorte sur les parois de sa basilique, en disant qu'il l'avait fait en faveur de la multitude des paysans qui affluaient de toute part à l'occasion de la fête de Saint-Félix. Gomme les agapes étaient encore en usage à cette époque, il espérait que de telles images, attirant l'attention de ces hommes grossiers, les empêcheraient, par celte utile distraction, de se laisser aller à Tivresse et à l'intempérance. Quoi qu'il en soit, il est avéré que la coutume d'orner de ces sortes de peintures les églises
en dedans et en dehors fut universelle ; le diacre Florus l'atteste pour les Gaules (Cf. Mabill. t. vi AnaleeL). De riches étoffes, où des animaux de toute sorte étaient peints ou brodés, étaient aussi employées à la décoration des églises (Y. Boldetti, p. 302).
Des animaux symboliques se trouvent représentés sur les tombeaux ; c'est ce qu'on verra aux articles consacrés à chacun d'eux. On lira aussi à VBTiïde Noms des premiers chrétiens des détails sur ceux des animaux qui offrent avec le nom du défunt des rapports phonétiques, comme par exemple une truie sur le tombeau de porcella, un âne sur celui d'oNACsB, une chèvre sur celui de capRioLA, etc.
ANNE (FftTB DB saikte). — Y. l'art. Fêtes tmmobilesy n. Yl.
ANNEAU ÉPI9COPAL. — L'anneau que portent les évêques est le signe de leur alliance avec leur Église (Durant. De ritih. Ecoles, p. 267), alliance contractée par l'élection, ratifiée par la confirmation ou institutioTi du souverain pontife, consommée par la consécration de l'élu (V. Cancellieri. Origine eduso delV anellopescatorio^eic,,
A la cérémonie du sacre de Tévêque, on bénit l'anneau, et on le lui met au quatrième doigt de la main droite. Le pape Grégoire lY, élu en 827, assigne à cet usage la raison suivante dans son livre De cultu pontifUnim : « Les anneaux (épiscopaux) ne doivent point être mis à la mahi gauche, sans tenir compte du préjugé païen relatif à la veine cordiale, nullius venœ cordialis habita ratione quœ geniilitaiem capere videtur; mais toujours à la droite, comme plus digne, puisque c'est elle qui distribue les saintes bénédictions, sed omnino in dextera, tanquam digniore, qua sacras benedicUones impenduntur. C'est pour cela que, à la consécration soit des souverains pontifes, soit des autres évèques, on met l'anneau à leur main droite.» Par ces mots venœ cordialis, le pontife fait allusion à cette opinion reçue de son temps, que le quatrième doigt avait une veine portant le sang droit au cœur.
Yoici quelle était, dans l'ancien ordre romain, la formule de tradition de l'anneau : Accipe anurlum discretionis et honoris, fidei signum, tU quœ signanda sunt signes, et quœ aperienda suntprodaSy f reçois Tanneau de discrétion et d'honneur, signe de la foi, afin que tu scelles ce qui doit être scellé, et que tu révèles ce qui doit l'être. ■ La plupart des devoirs de l'épiscopat sont exprimés dans cette formule.
L'anneau a toujours été regardé comme l'un des insignes les plus essentiels de la dignité et de la juridiction épiscopales (Y. Isid. Hisp. 1. 1 De ecdes, offic. c. 5) ; témoin la fameuse querelle des investitures par la crosse et l'anneau, qui agita si fort rËglise et l'Empire au moyen âge, principa-
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lemenl sous le règne de Tempereur Henri IV et le pontifical de S. Grégoire VU.
Plusieurs sa? ants ont cherché à jeter quelques doutes sur Tantiquité de Tanneau épiscopal ; ils se sont fondés notamment sur le silence d*Alcuini d*Amalaire et de Raban Maur. Mais quelle que soit Tautorité qui s'attache aux noms vénérés de ces lilurgistes du neuvième siècle, que devient la preuve négative qu*on prétend tirer de leur abstention, en présence des arguments positifs que nous fournissent les monuments écrits et figurés deVantiquité la plus respectable! Nous nous contenterons d*un petit nombre de citations, qui, graduées par siècles en remontant vers l'origine, suffiront, pensons-nous, pour entourer d'un jour décisif cette intéressante question.
Mais préalablement, le lecteur sera peut-être bien aise d'avoir sous les yeux un monument de œ genre, le plus ancien qui soit venu à notre connaissance. G*est Tanneau de S. Arnoul {Arnulpàitt), évèque de Metz en 614. Après quelques autres, M. leBIanta donné (ïnscr, chrét, de la Gaule^ t. I, p. 4ii) Vempreinte du chaton, qui, sur une agate opaque d'un blanc de lait, dont la couche înférïeure est de quartz hyalin, fait voir un poisson à demi engagé dans une nasse, tandis que deux autres poissons, à droite et à gauche, se dirigent vers rorifice de la nasse (Ib.). Aucun sujet n^éCait plus propre à orner la bague d'un évèque ; les poissons représentent ici les fidèles pris aux filets des péchiuri d'hommeê. Cette pierre aurait une importance bien supérieure encore à celle que lui donne la date de l'anneau dans lequel elle est enchissée, si, comme le conjecture le savant
académicien, elle était antérieure à la fin du quatrième siècle. Le dessin que nous donnons ici a été pris sur une empreinte et une photographie exécutées avec la permission de Mgr Tévèque de Metz et que nous a communiquées M. Tabbé Thiel, directeur du séminaire.
Les témoignages postérieurs au septième siècle sont tellement nombreux et irrécusables, que nous ne croyons pas nécessaire de dépasser cette époque, qui d'ailleurs marque à peu près la Hmite, un peu vague, entre Tantiquité et le moyen âge, limite que notre dessein ne nous permet pas de franchir. Nous ferons seulement observer en passant que l'usage de l'anneau épiscopal, entre beaucoup d*autres autorités qui le constatent pour l'époque carlovingienne, a pour lui le témoignage d'un auteur bien grave aussi, et contemporain des trois écrivains dont on voudrait faire prévaloir le silence contre la tradition ecclésiastique la plus sâre : cet auteur n'est autre que Hincmar, archevêque de Reims, qui, dans une lettre adressée à Aventius, évèque de Metz, sur les rites de la consécration des évèques, mentionne formellement la tra<iition de l'anneau (Cf. Gerbert. Yet. iiturg, Ale^ mon. pars i, p. 255).
Or au septième siècle, c'est-à-dire en 633, nous avons le quatrième concile de Tolède, qui assigne à l'évèque, en outre du bâton pastoral et de Vorartum, l'anneau : Si episcoptu sit, orarium, anulum et baculum coram altari de mamhta epigeoporum recipiai (Aquirre. Conc. Hisp, t. ii, p. 484), fl qu'il reçoive l'anneau... devant l'autel des mains des évi^ques. » En 625 vivait S. Birin, premier évèque de Dorchester, et sa tombe, ouverte quelques années après sa mort, fit voir un anneau d'or et une croix pectorale de plomb (Surius, Ad diemDecemb. m). On peut rapporter encore, pour la même époque, la lettre ou le décret de S. Boniface IV, promulgué au concile de Rome de 610, où il est fait meniion. de monachis anvloponiificali mbarrhatis, c'est-à-dire des moines élevés à la dignité épiscopale, dont l'anneau est présenté ici comme l'insigne essentiel. Voilà pour le septième siècle.
QerbeTi (YeL liturg. Aleman. pars i, p. 255) cite, parmi les livres rituels de l'Allemagne, un pontifical de Salzbourg de l'an 600, lequel contient une formule pour la bénédiction de l'anneau épiscopal, et une formule de tradition absolument identique à celle que nous avons rapportée plus haut d'après l'ordre romain Le premier concile d'Orléans, célébré en 511, nous fournit encore, pour le sixième siècle, une autorité imposante, et tout à la fois un exemple mémonible. Dans une lettre adressée aux évèques composant cette sainte assemblée, Clovis met à leur disposition la délivrance des prisonniers, tant clercs que laïcs, capturés dans la guerre des Goths. 11 exige seulement qu'ils revêtent du sceau de leur anneau pastoral les actes qu'ils lui adresseront à ce sujet, s'engageant à les reconnaître pour authentiques à celte marque : Veêtras epistoloÊ de anulo vestro infra signatoê, tic ad nos omnimodis dirigantur et a parte nottra prœcepUonemlatam noveritis eêêe firmandam Nous citons cette pièce importante d'après Grégoire de Tours (édit. Migne, col. 1158). Ceci autorise à penser que, à cette époque reculée, les évèques faisaient graver leurs noms ou leurs monogrammes sur leurs cachets. Au même siècle se présente l'imposant témoignage du sacramentaire de S. Grégoire, édité par Angelo Rocca, lequel contient une formule pour conférer l'anneau à l'évèque, et cette formule n'est autre que celle que nous avons rapportée (V. Dusaussay, Panopl. epiêc. p. 181), et de plus l'autorité non moins respectable de S. Isidore de Séville, qui, à propos de la consécration des évèques, s'exprime ainsi {De offic. Ecoles. 1. n. c. 5, p. 34) : Episcopo autem, dum consecratur^ datur baculus, daturet anulus, propter signum pontificalis honoris, vel signaculum secretorum, « à Tèvèque, quand on le consacre, on remet le bâton, et on remet l'anneau, comme signe de l'honneur pontifical, et le sceau des secrets. »
Mais on peut faire remonter bien plus haut encore l'origine de l'anneau épiscopal. Nous en trouvons des traces non contestables, dès le quatrième siècle, dans les écrits de S. Optât de Milève (lib. i.
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Ad Parmenion.) : c Les hérétiques n'ont pas les clefs que S. Pierre a seul reçues, ni l'anneau par lequel il est écrit que la fontaine a été scellée, nec antdum, quo legitur fons este tignatus. Et, un peu plus loin, ce Père revient sur la même pensée. Quelques critiques ont pensé, il est vrai, que Tanneau, comme les clefs, était pris ici dans un sens allégorique, ou que S. Optât voulait parler dans ce passage du sceau [De anuîo quo foru hapiism. signât. Y. NoL ad Optât Milev,) que les évêques avaient coutume d'apposer sur les fonts baptismaux depuis le commencement du carême jusqu'au baptême solennel du samedi saint (Sarnelli, Di varie sorte di anelli. Lett. eccles. t. m, p. 84). Mais de telles difficultés s'évanouissent devant cet autre texte du même docteur et du même livre : • Le pontife porte Fanneau, afin qu'il connaisse qu'il est l'époux de son Église, et que pour elle, à l'exemple du Christ, il sacrifie sa vie, s'il le faut, ut se sponsum Ecclesiœ cognoscat^etpro Hla animam, si necesse sity sicut Chriêtus, ponat. b
D'ailleurs si le passage en question présentait quelque obscurité, il s'expliquerait encore par le témoignage d'un autre Père du même siècle, S. Augustin, témoignage que nous avons rapporté plus haut, et où le saint évêque d'Hippone consigne un fait qui lui est persomiel, à savoir : une lettre écrite par lui à l'évêque Victorinus et scellée du cachet de son anneau {Epist. ccxvn). Nous aurons Toccasion de parler plus bas de Panneau du pape S. Eusèbe, qui siégeait en 310. Nous pouvons maintenant produire un exemple du troisième siècle, celui de S. Gaîus qui occupait la chaire de S Pierre en 283, fut martyrisé en 396, et dont Tanneau lut retrouvé dans son tombeau, ouvert en 163S (Aringhi, Rom. subt. t. u, p. 436). Or il n'y à pas de raison de supposer que S. Gaîus soit le premier évêque qui ait porté un anneau comme sceau et insigne épiscopal. D'ailleurs les dernières paroles du texte de S. Optât, au si\jet des divers usages de l'anneau remis i l'évêque à la cérémonie de son ordination, ut mysieria scripturœ a perfidis sigillet, sécréta Ecclesiœ resignet^ c qu'il scelle les mystères de l'Écriture pour les perfides, et réserve les secrets de l'Église, » se rapportent évidemment à la discipline du secret et doivent par conséquent s'appliquer au temps où cette disciphne était en vigueur, c'est-à-dire à i'ftglise primitive, à l'Église des persécutions. Selon les plus anciens liturgistes (Durant, De rit, Eccles. 1. n. c. 9. n. 37), l'évêque ne devrait porter l'anneau à l'annulaire que quand il officie pontificale* ment, et, en toute autre circonstance, à l'index, parce que, comme symbole du silence, ce doigt fut ap[^é dans l'antiquité sHentiarius^ ou encore salutaris, à raison des avantages qui résultent de la discrétion.
L^anneau épiscopal doit être dW et orné d'une pierre précieuse, sans in taille ni figure quelconque (Durant. Op. et loc. /and.). L'or avertit l'évêque de l'obligation où il est de reproduire en sa personne les qualités de ce précieux métal : sa
ductilité, en se montrant toujours doux et misérieordieux envers tous; sa pureté, par l'intégrité de sa doctrine et de ses mœurs ; son éclat, par la splendeur de ses œuvres et de sa réputation ; son poids, par la gravité de sa tenue et de sa vie ; sa valeur : de même que l'or est le plus précieux des métaux, ainsi l'évêque doit se montrer le plus parfait des chrétiens (A. Dusaussay, PanopL episc. p. 197, seqq.)-
Que les anneaux épiscopaux aient été, dans l'antiquité, ornés d'une pierre précieuse, c'est ce qu'on pourrait conclure de Tusage des fidèles eux-mêmes sur lequel nous nous sommes sufGsamiuent étendu ailleurs (Y. l'art. Anneaux), et plus encore d'un grand nooibre d'anciens monumenls de ce genre qui se voient dans les musées. Nous sommes en outre autorisés par une foule d'exemples, entre autres par ceux de S. Augustin, de S. Ebr^esile, de S. Agilbert, et surtout par celui de S. ArnouJdont l'anneau est reproduit ci-dessus, à penser, contre Topinlon de Durant, que la défense d'y graver des symboles ou d'autres sujets clirétiens n était pas aussi absolue qu*il le suppose. Diaprés Dusaussay ( Op. laud. p. 215), l'anneau sigiliaire du pape S. Eusébe portait sur l'une des faces de son chaton le monogramme de son nom, sur l'autre le monogramme du Christ Du reste, Topinion du célèbre liturgiste peut se concilier avec les faits, en la prenant dans ce sens qu'il n'est pas convenable à un évêque de porter un anneau décoré d'images profanes, comme cela eut lieu plus d'une fois à cette époque de réaction passionnée en faveur des chefs-d'œuvre de l'art antique qu'on appelle la renaissance; on vit alors des évêques et des papes même orner leurs doigts de pierres païennes. Mais rien*ne s'oppose à ce que le sceau d'un successeur des apêtres soit revêtu de quelque sujet édifiant et propre à réveiller des idées pieuses, soit en lui-même, soit chez les fidèles.
L'usage le plus vulgaire de l'anneau épiscopal, celui qui lui est commun avec tous les autres, est de sceller les lettres, comme nous l'avons vu par l'exemple de S. Augustin, et d'imprimer aux actes de leur autorité le sceau de l'authenticité, ainsi que le prouvent les instructions données par Giovis aux évêques du premier concile d'Orléans. Mais il a eu, en outre, de tout temps une destination spéciale et sacrée. Dans la cérémonie de la consécration des autels, l'évêque appose son sceau sur la petite boite de reliques que l'on place sous la table consacrée. Dès la plus haute antiquité, il a servi à sceller les reliquaires. Quand Syroès, fils de Chosroés, roi des Perses, eut rendu aux chrétiens le bois sacré de la vraie croix, cette adorable relique fut trouvée intacte, et on reconnut que les sceaux n'avaient souffert aucune atteinte (Baron. Ad an. 637). Ce sont des sceaux de ce genre qui établirent aux yeux de S. Louis l'identité des firiigments de la vraie croix et celle de la couronne d'épines que ce saint roi avait roçus de l'empereur Baudouin II et fait rapporter de Constantinople en France (V. Dusaussay. Martyrol.GaU. xi. kal. jan.).
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(kl comprend que, eu égard à tous ces saints usages auxquels il est affecté, Panneau des évèques ait dû être, dans tous les temps, Tobjet d^une «rande vénération. C*est ce sentiment de pieux respect qui • sans doute a fait naître la coutume de le donner à baiser aux clercs dans certaines parties de la liturgie, et aux simples fidèles en diverses circonstances, notamment avant la réception de la sainte eucharistie. (On trouvera dans le septième chafMtre de la Panoplia episcopalis d'André Dusaussay de longs et intéressants détails sur ksâgmfications mystiques de Tanneau épiscopal.)
;. — A Texemple de tous les peuples de l*antiquité, et des Juifs en particulier, les premiers chrétiens, même dès le temps des apôtres, avaient adopté Tusage des anneaux en or, en argent, en pierres précieuses (Prudent. Peristeph, hymn. i. v. 857) ; on a recueilli à Rome d'innombrables objets de ce geiu*e, dans les cimetières des diréliens et des martyrs (Y. Boldetli. p. 502, seqq. — Marmachi. 1. 1. 56-261 et passim. — Perreto iv. pi. xTt). Nous voyons même par les écrits des Pères, et en particulier par ceux de Tertuilien (De habiL muUer. v), de S. Clément d'Alexandrie (Pœdag. n, 12), de S. Cyprien {De disciplin. et habit, nrg.), de S. Jérôme {Epist, ad Lest,), que cette coutume n'avait pas tardé de dégénérer en abus. Ces docteurs de rÉgUse s*é1èvent avec une extrême sévérité contre la prodigalitèdeTor et des pierreries.
On montre à Perouse une bague d'améthyste qui, d'après une pieuse tradition , ne serait autre que Fanneau nuptial de la Ste Vierge (Dusaussay, PanopL epitc. 194). L'église de Sainte -Anne à Rome conserve aussi, au dire de Baronius (NoL Horlyroi. Rom. vu. kal. aug.), l'anneau nuptial de cette auguste mère de Notre-Dame.
U est probable que les anneaux en usage parmi les fidèles étaient exécutés par des artistes chrétiens, car la profession d'orfèvre était une de celles qui n'étaient pas interdites aux fidèles (V. Fart. Rrofeuions des premiert chrétiens). U y avait aussi parmi eux des lapidaires et des graveurs sur pierres fines (Lami. De erudit. apast, p. 268).
Les plus communs des anneaux usités dans ces temps primitife sont de simples cercles d'ivoire sans aucun ornement; on en trouve beaucoup h Textérieur des tombeaux, et on a supposé que plusieurs avaient été faits avec cette intention fu- (Boldetti, 504). (V. l'art. Acclamation.) nous devons parier surtout ici des anneaux destinés à être portés au doigt par les vivants, et qui sont les plus nombreux et les plus intéressants. Cest cependant toigours dans les tombeaux qa*on recueille les objets de cette nature, parce que les anciens avaient coutume d*y enfermer les choses que les défunts avaient possédées et aimées pendant la vie. Qui ne sait les trésors de ce genre qui furent tirés du sarcophage de Timpératrice Marie, femme d'HonoriusT Nous apprenons de S. Grégoire de Tours (De glor. eonfess. xxxt) qu'on avait trouvé de son temps dans un antique sé-
pulcre de marbre de la basilique de Sainte Yérand le corps d'une jeune fille qui avait des anneaux aux doigts. Les sépultures franques, germaines et saxonnes explorées par M. l'abbé Cochet (Normand, sauierr. 547, 351 et atib. ) ont fourni aussi un grand nombre de bagues , la plupart en bronze, quelques-unes en argent et en or, le plus souvent passées encore au doigt du défunt. La plus remarquable de toutes est celle de Childèric, recueillie dans son tombeau à Toumay.
On peut diviser les anneaux chrétiens en sept classes principales.
1* Des anneaux très-simples, en bronze ou en fer, sans chaton ni empreinte quelconque, et appelés ansulœ par quelques auteurs ecclésiastiques, et par S. Augustin en particulier (Doctrin. Christ. n. 20). Tel est celui que S. Saturus, au moment de son martyre, prit au doigt du soldat Pudens et qu'il lui rendit ensuite teint de son sang, selon le récit qui se trouve consigné dans les actes de Ste Perpétue et de Ste Félicité (Ruinart. p. 88).
2* Mais la classe la plus riche sans contredit comprend les anneaux omés de symboles chrétiens, de ceux principalement que désigne S. Clément d'Alexandrie (Pcedag. m. 106) comme les plus convenables au sceau d'un disciple de Jésus-Christ : —k.La colombe, qui y est quelquefois seule (Boldetti, 502. tav. m. 27), ou accompagnée d'autres attributs, tels que le Bon Pasteur, l'ancre, le poisson, Jonas, etc. (Costadoni, Del pesce simb. di Cristo. n. 12). Un anneau d'or cité par M. De' Rossi (\^ç. Index, n. 97) est orné de deux pierres, dont l'une offre le poisson, l'autre une colombe et un arbre, avec l'inscription juulu. Ce type a des variétés infinies, pour lesquelles nous renvoyons à notre mémoire sur les anneaux des premiers chrétiens (p. 17). — B. le poisson. Ce symbole est celui qui se rencontre le plus souvent sur le genre de monument dont nous parlons. La dissertation du P. Costadoni sur rix<^; symbolique (Ap. Calogera. série i. t. xli. p. 226, segg.) est suivie d'une planche qui en contient un certain nombre, dont quelques-uns ont été reconnus pour faux; M. De' Rossi en mentionne néanmoins encore avec pleine confiance une trentaine qui tous montrent soit le mot ixerc, soit la figure du poisson, tantôt accomgagnée de l'inscription ihgotg ou ihcotc xpectoc, ou d'autres symboles (pour les détails, voy. le mém. cité plus haut). U s'en trouve un certain nombre où sont gravés deux poissons accostant une croix ou une ancre cruciforme (Costadoni, L /.) Ce sont, à notre avis, des bagues nuptiales. En voici une apportée d'Alexandrie d'Egypte par M. Alexis Von Fricken, qui a bien voulu nous on communiquer une empreinte. On pense que, eu égard à leur élégance, les anneaux et pierres annulaires portant cet emblème ne doivent pas être postérieurs au quatrième ou au cinquième siècle. — G . Le navire. Quand il est isolé, il signifie l'heureuse navigation vers le port de l'éternité ; mais il est le symbole de l'Ëglise,
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quand il repose sur le dos d'un poisson, comme dans la pierre annulaire illustrée par Aléaiidre (Nav, Eccles. réfèrent, gymb,) , et dans quelques autres semblables (V. les art. Navire et Égliie).Le même sens, à notre avis, doit être assigné à une gemme antique du cardinal ÉCienne Borgia (De cruce Velit. 213) où se voit un pilote qui n*est autre que Jésus-Christ, et six rameurs de chaque côté qui représentent les douze apôtres. — D. La lyre, qui est un des objets assignés par S. Clément d'Alexandrie, se trouve rarement isolée sur les anneaux arrivés jusqu'à nous. Le seul que nous connaissions figure dans le livre de M. Perret (vol. IV. p. XVI. 60). Une gemme du musée Yeltori fait voir la lyre, mais aux mains d*Orphée (Mamachi,ni.
81. nol.), et encore estil permis de douter que le monument soit chrétien. — E. L'ancre (ci, pour le navire et Vancre).
Elle est ordinairement cruciforme, c'est-à-dire qu'au-dessous de l'anneau elle est munie d'une traverse qui donne à sa partie supérieure la forme d'une croix (V. Bottari, m. li)). EHe est souvent accostée de deux poissons ou enlacée à un dauphin (Lupi. Epitaph. Sever» M. 64. not. i); quelquefois, placée entre le I et le X iniliales du nom de Jésus-Christ, et une fois entre les. lettres X et B, ce que Bottari interprète par
xi'iCTOG Bioc, Christui vita, € le Christ c*est la vie. »
Les symboles indiqués par S. Clément ne sont pas les seuls qui furent adoptés par les premiers clirétiens. Nous avons de liurs anneaux où sont giavées les sigles A et » ; d'autres qui portent le monogranme du Christ tantôt seul, tantôt accosté de l'A et de l'w, ou de deux palmes (Boldetti, ib.
nn. 29-31. 50-33.— Vettori. Nitm. œr. 52), tantôt accompagné du Bon Pasteur et d'une palme (Perret, îoc. laud. n. 49), ou du labarum et de la croix (Id. 53) ; quelquefois c'est le Bon Pasteur, tantôt isolé (Id. 61, 82, 19), tantôt avec Ja palme et le chrisme (Id. 49), avec une colombe sur un olivier (Id. 2) ; tantôt entouré de son troupeau, avec une couronne d'étoiles sur la tète, deux arbres à sa droite, le tugurium et le chien à sa gauche (Id. 80), etc., etc.; on y trouve parfois la palme, associée à d'autres suyets, ou isolée (Id. 25, 34, 13); ou bien encore l'agneau ou la brebis, avec quelquesuns de leurs attributs habituels, le nimbe, le chrisme, la croix, etc. ; ou enfin le paon (Id. 28) ou le coq (Id.66), le lion (Boldetti, tav. iv.35),etc. Toici un charmant chaton de bague où une femme
orante est placée entre deux monogrammes du
Christ et deux colombes. Une améfhvi^te de la
bibliothèque de Turin est ornée
d'une tige de vigne chargée de
raisins entre deux épis : ce sont
les deux éléments de l'eucharistie ;
mais la pierre ne doit pas être très-ancienne.
3* Viennent en troisième lieu les pierres annulaires où sont représentés soit le portrait de Notre-Seigneur d'après le type traditionnel adopté par la primitive Église (V. Fart. Jésus-Christ), soit quelque fait de sa vie, par exemple sa nativité. Ce que nous connaissons de plus ancien et de plus curieux en ce genre, c'est une calcédoine blanclie offrant la tète du Christ jeune et imberbe, représentée de profil, et accompagnée de son nom en caractères grecs xptcTOY, et au-desi^ous un poisson. Ce bijou, attribué au deuxième ou au troisième siècle, est placé comme vignette par M. Raoul Rocbette au frontispice de son Discours sur les types imitatifs qui consiituetit Vart du christianisme,
La nativité est représentée conune il suit sur une de ces gemmes imitées qui ne sont autre chose que du verre coloré (Yettori, Num. csr, explic, p. 37. tab. ni). L'enfant Jésus enveloppé de langes et couché dans la crèche, à travers les montants de laquelle paraissent de face le bœuf et l'âne. A droite, brille l'étoile des Mages; à gauche, la lune, symbole de la nuit qui couvrit la naissance du Sauveur. Au-dessous de la crèche se trouvent Marie voilée, à demi couchée sur un petit lit, et Joseph assis. La tète de Notre-Seigneur est ornée du nimbe crucifère, celles de Marie et de Joseph portent le nimbe uni. i]e fut là sans doute un type répandu chez les premiers chrétiens, bien que les exemples arrivés jusqu'à nous soient rares (V. l'art. Nativité), Comme figure du sacrifîcede la croix, BOUS avons, sur un anneau de bronze, le sacrifice d'Abraham (Drury Fortnum. Of pnger-rings of the early diriâiian période p. 21). (Y. la grav. à l'att. Abraham.)
4'' On gravait aussi sur les sceaux et les anneaux l'image des Saints, par exemple celle de S. Pierre et de S. Paul retracée sur une cornaline que rapporte Mamachi [Costumi, prefaz.), et cet usage s'est continué au moyen âge pour les sceaux des papes : l'effigie des deux apôtres figure sur celui d'Eugène IV avec cette épigraphe : sib âhtlo capi- TVM nuKCKPvif APOSTOLOBVH, fl SOUS l'amicau des tètes des princes des apôtres. » Nous apprenons de S. Jean Chrysostome que, de son temps, les chrétiens portaient des anneaux ornés de l'image de S. Me-* lecius (Ap.Metaphr. et vu Synod.). Nous en citons beaucoup d'autres exemples dans notre mémoire spécial (pp. 32-33).
5* Les anneaux et pierres enrichis d'acclamations, dont la plus fréquente est vivas » dbo qui se lit sur plusieurs de ceux du recueil de Ficoroni, sur un sceau de fer gravé dans l'ouvrage de P. Lupi (Sev, epitaph. tab. u. p. 57). Il existe un chaton d'anneau où elle est inscrite autour
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d'un buste comme l« légende des médaiUes (Pw^ r«t, ii-im, 14). Quelquefois elle est jointe >u aotn de la personne à laquelle l'inneau Alait destiné : MisiwiHT TiTis is DEo. ( Dieudouné, vis ta Dieu! * (Ficoroni, VII, 30.) Telle est encore la légende d'une baguc d'or du troisième siècle an» ri enant au ' de BMuld :
On nnoBolre souTcnt
aasù ma m dko,
• respénnee en IKen, ■ et d'autres formules ei- ' «s idées d'espérance et de vie si chères atu premiers cbrér?-";t; ■=^^,- . liens. Nous possé-
~'~' ~~ —--Ç.' -, dons une bague en iniire qui fait lire, I nutour du inono- I grammedu Christ, la légende : tictoiB .
Avu. Void la reproduction de cet anneau, qui a été trouvé il j a peu d'années dans le quartier Saînl-Geor^es à Lyon.
6* Les anneaux revêtus de caractères qui les nagent tndubiUbleroenl parmi ceux que l'antîqnté appelait tignalarii, parce qu'ils étaient des* Unes i marquer du sceau du nuitre les objets qui hù sppartenaîenl. Ces anneaux sont munis d'une petite irfaque de métal, montée sur te cercle ou SOT Panneau proprement dit ei portant la nom du pnpriètaire gravéi par exemple : vitalis (fioldetti, p. 307. tav. IV. n. 59). Nous avons, sur une pile jaune dn recueil de H. Perret, le nom de rwuou accompagné d'une palme et d'un poisson (n. 45); celui de H. Le Blant (t. i. pi. n. 316) nous fait cooaailre un anneau trouvé à Haulchic (Uainaul) avec le nom manexitn, précédé d'une croix.
La [daque métallique afTecte sonvenl la Ibrme d'une plante, de pied, comme lur le sceau d'un chrétien du nom de ranTvNivs que nous donnons ici.
» ^ ANiSO
7* Parmi les anneaux chrétiens onrant quelque particularité digne d'attention, nous signalerons enâu ceux auxquds est adaptée une petite clef, et que, pour celte raison, r«ntiquilé appela annuli ad clavet ou ad re~ rutn cuMtodiam, parce qn' on s'en servaitpour ouvrir et fermer des cassettes (Forlun. Liceti. De anulù antiq p. 147). On portail ces anneaux au doigt, alln de ne pas s'exposer à perdre la cleflNicolai. Detisî. cet. p. 147). On peut wiir dans Boldelti (tav. iv, n. 36, 57) deux exemples de ce genre de sceaux, dont l'un a la clef toute senle, et l'autre, avec la clef, un chaton en (torme de cachet (ci-contre), parce que les anciens.
Ceci Tient sans doute de la tradition antique qui faisait de cette image ou empreinte de pied un sfmbole de possession : pedit poiilio (Peliccia, t. m, p. S37). Il ; avait d'autres sceaux de celle forme qui ne portaient point le nom du propriétaire, mais un symbole, le chrisrae, par exemple, on une acclamation telle que celle-ci : sfes in deo (Perret, ib. h, 6). [Y. l'art. Plante* de pied*.)
AITIQ. CHHÉT.
non contents de fermer leurs cassettes avec des clefs, y apposaient encore quelquefois un sceau en cire qu'ils marquaient de l'empreinte de leur cachet, lequel, pour ce nutif, s'appelait eiroginphu* on ctTOgrapkut.
Cette destination toute profane des anneaux ad elaeet était commune aux paiens et aux chrétiens. Hais ceux-ci portaient en outre, par dévotion, des anneaux munis de petites cleils qui avaient été sanctiUées par le contact des reliques de quelque Saint, et dont plusieurs renfermaient de la limaille des chaînes de S. Pierre (V. l'art. Am»ktie*) ; il est probable que ceux qui ont été recueillis dans les catacombes de Rome (et celui que nous avons reproduit n'a pas une autre provenance) appartiennent à cette dernière classe : c'étaient des espèces de talismans ou d'amulettes chrétiens. Les souverains pontifes envoyaient aux princes, en guise de reliques, de ces clés d'or que l'on avait auparavant fait desi^endre ad hauriendam *anctilatem, * pour y puiser la sainteté, > sur les corps de S. Pierre et de S- Paul par une petite fenèlre pratiquée au-dessus de l'autei de la confession (V. l'art. FmetteUa confe»*ionU]. U paraît que ce fut S. Grégoire qui donna cours à cet usage, si toutetois il n'en est pas le premier auteur. Il semble du moins qu'on soit autorisé a le conclure de divers passages de ses épitres qui ont trait à cette circonstance, et qu'an peut lire d.-ins BoldelU (p. 507). (V. fart. Anntau ipUcopal.)
AlVNONCIATIOn DE u viBMK. — Le plus ancien monument qui, à notre connaissance, retrace cet auguste mystère est une fresque du cimetière de Priscille(BotUri, tav. cuxn). Un jeune