‹ Dictionnaire des antiquités chrétiennes [microform]Chapitre 37 sur 281 · ANTI · texte numérisé non relu

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Césarée de Maaritanie, aà milieu des ruines d*on édifice de constrnclion romaine, monument inséré par M. Léon Rénier dans ses Inscriptions de VAlgéne, n* 40S5. Témoin encore une antre inscription donnée par Fabrelti (c. x, p. 739), et un fond de OMjpe IrouTé teint de sang par Boldetti, au cimetière de Calliste (Boldetti, taT. ni. n. 4. p. 194), monomeots auxquels les caractères les moins suspects assignent un âge bien antérieur à la naissance de rbérésie arienne. Il est certain cependant que les ariens évitèrent toujours avec soin d^employer cette formule qui condamnait leur impiété (Giorgi» De monogram. Christi. p. 10) ; et il est yraisemblable que ce fut) à dater de cette époque que les catholiques en firent un plus fréquent usage, conmie pour professer avec plus d*éclat leur foi à un dogme qui est la base essentielle du christianisme.

C*est en effet depuis lors que nous voyons surtout les lettres en question introduites dans Tintérienr du nimbe cruciforme qui ceint la tète du Rédempteur (V. fart. Nimbe), rapprochement qui accuse évidemment Tintention de protester contre l^ense^eroent d*Arius (V. Allegranza, Sacr. mon. di Milûno. p. iS). On commença aussi vers le même temps à les suspendre par des chaînettes d*or aux bras d'une croix gemmée (Âringhi, i. p. 381), ou à ceux d*un monogramme cruciforme. L*a et Tu sont ainsi suspendus aux bras d'une croix élégante et légèrement pattée, gravée sur le frontispice d'une petite basilique des premiers siècles, à An- Doonah, en Algérie. (Rev,Archéol. vi* ann. n* part. pLm.fig. 1.2.)

Hais si les catholiques adoptèrent plus universellement ces sigles, notamment sur leurs sépultures, ce n'était point, comme Timagine Ramirez (iVof . ad chrome. Luitprand. p. 362), pour distinguer les tombeaux des fidèles de ceux des sectaires ; car il est avéré que jamais les ariens, non plus qu'aucune autre secte, ne furent en possession des cimetières de Rome (Boldettij p. 537. — Aringhi. n. 434) ; il n'y avait en conséquence pas de confusion possible.

Sur les monnaies. Ta et l'u commencèrent, dès Tannée qui suivit la mort de Constantin, à être tracés aux côtés du monogramme du Christ. Les premières pièces où se remarque ce type sont un aureus de Constance, et une autre médaille du même métal frappée à l'effigie de Constantin le Grand avec la l^ende Victoria maxvma (V. l'art. Numismatique, n. IL E).

Nous ferons observer en passant que cette manière d'exprimer par la première lettre de l'alphabet grec un genre d'excellence quelconque né fut pas étrangère à l'antiquité profane. Martial (v. 26) appelle ironiquement Alpha pœnulatorum un certain Codnis, qui sans doute se faisait remarquer par son élégance à porter la pcsnula.

Comme les lettres symboliques a et <a sont à peu près constamment unies au monogramme du Christ, nous renvoyons à ce dernier mot l'énuméraf ion des diverses classes de monuments où on

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les rencontre plus fréquemment. Nous avons dit à peu près consUmment, car on trouve quelquefois ces sigles, ou tout à fait isolés, comme sur quelques pierres gravées, ou chatons d'anneaux (V. Boldetti, p. 502. lav. ni. n. 32. — V. aussi notre art. Anneaux), ou avec d'autres sigles, par exemple B. M. Bene meriiis ou Bonœ memoriœ (Gruter. 1161. 4), ou encore des deux cétés du Bon Pasteur (Gori, Prœf. ad inscript. Dorii. p. 22). (Quelques sceaux de papes, notamment celui de Deusdedit (an. 614) les font voir aussi accostant un pasteur qui caresse une brebis de chaque main (Ficoroni, tav. xxm. 3).

La forme minuscule ou mieux peut-être la majuscule onciale del'o parait être la. seule reçue dans les monuments chrétiens. Le P. Garrucci {Hagioglypta. p. 168. not.) affirme que la majuscule n, dans le groupe en question, ne se rencontre absolument sur aucun monument authentique de la primitive Église ; et il se fonde sur cette donnée pour rejeter une pierre annulaire publiée avec pleine confiance par Costadoni, où un dauphin est gravé entre I'a et n. M. De' Rossi regarde aussi cette gemme comme fausse. U n'est pas impossible néanmoins de trouver quelques exceptions à la règle posée par le savant jésuite ; mais elles sont extrêmement rares dans l'antiquité proprement dite. On a remarqué (Y. Ciampini, Vet. monim. n, p. 69) que l'anagramme numérique du mot ireptoTc^, colombe, autre symbole de Jésus- Christ, produit la même somme que les sigles A et u, et que par conséquent ces deux symboles doivent avoir le même sens.

APOGRISIAIRE (Apoerisarius, dèfrcKj^taaptc;). — Ce mot, dérivé du grec àwo)cpimç, réponse, désigne, d'une manière générale, un envoyé, un agent d'afiaires, un porteur de réponse: ce qui a fait donner aussi à ce fonctionnaire le nom de responsalis.

Dans le langage ecclésiastique, c'est le délégué d'un pape, ou d un évêque, ou d'une Église quelconque, qui résidait près de la cour impériale, pour y poursuivre les causes ecclésiastiques et autres négociations de ses commettants. L'origine de cette charge remonte à Constantin ou à une époque de peu postérieure à ce prince (Hincmar, epist. m. c. 13. 14, cf. Macri). Nous avons la définition suivante dans la sixième Novelle de Justir nien : « Ceux-là sont appelés apocrisiaires, qui gèrent les affaires des saintes Églises. » Un peu plus loin (c. n.), ce même empereur décrète qu'aucun évêque ne soit longtemps absent de son siège ; que si la nécessité l'oblige à poursuivre quelque cause en cour, qu'il en chai*ge Vapocrisiaire de son %lise, à qui cette charge incombe, ou son économe ou quelque autre clerc. Cette loi ne suppose pas clairement que les apocrisiaires appartinssent au clergé, mais nous avons d'autres autorités qui paraissent l'indiquer. Ainsi Libéra {Breviar, c. xn. — cf. Bingham, n. 78) affirme qu'Anatolius, diacre d'Alexandrie, fut, à Constantinople, apocrisiaire de Dioscore, ce qui lui fournit

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l'occasion d'être nommé évèque de Gonstantinople après la mort de Flavien. Nous savons aussi que cet emploi, qui supposait nécessairement une certaine habileté dans les affaires, conduisait souvent au souverain pontificat : ainsi S. Grégoire le Grand, Vigile, Pascal, Sabinien avaient élé apocrisiaires de rÉglise romaine avant d'être papes, et étant diacres. Peut-être ce nom de diacre qui leur est donné est-il moins le litre d'un ordre sacré que celui de la fonction de délégué ; car le mot ^loxovoç a en grec le sens du latin nUnister, ministre, envoyé. Ce qui nous inclinerait à le croire, c'est un texte de S. Grégoire le Grand, qui, écrivant à Tempereur Phocas (Epist. xliu), pour s'excuser d'avoir laissé quelque temps cette place vacante à la cour de ce prince, ne désigne fapocrisiaire que sous le nom de diacre : Quod permanere in palatio juxta aniiquam conmetudinem apostolicœ sedis DiACONEH vestra serenitat non invenit^ non hoc meœ negligentiœ^ ud graviêêimœ necessitatis fuit^ c si votre sérénité n'a pas trouvé, résidant au palais, selon l'ancien usage, un diacre du siège apostolique, ce n'est point l'effet d'une négligence de ma part, mais bien celui d'une grave nécessité. » Quoi qu'il en soit, c'est là l'origine des légats et nonces apostoliques.

Les monastères avaient aussi leurs apocrisiaires, accrédKés, non point auprès des empereurs, mais auprès des évêques sous la juridiction desquels ils étaient placés, afin d'y poursuivre les causes intéressant soit le monastère lui-même, soit quelqu'un de ses membres. Ce fait nous est révélé par une novelle de Justinien (lxxix. c. 1), disposant que, dans le cas de nécessité, les moines doivent répondre par Porgane de leurs apocrisiaires, soit respon-^ sales. Et ceux-ci étaient aussi quelquefois pris parmi les clercs, comme le prouvent les actes du cinquième concile général (Act. i), où nous voyons un certain Theonas se prévaloir du titre de prêtre et d'apocrisiaire du monastère du mont Sinaî. Plus tard, les empereurs donnèrent îe nom d'apocrisiaires à leurs ambassadeurs, et même à un envoyé quelconque. Nous faisons ici cette observation d'après Suicer {Thesaur, i. 465), pour mettre le lecteur à même de ne pas confondre dans les auteurs anciens l'acception civile du mot apocrisiaire avec sa signification ecclésiastique.

APOTRES. — Il n'y a guère que S. Pierre et S. Paul pour lesquels l'art chrétien ait adopté et à peu près constamment respecté depuis le quatrième siècle des types de convention. Nous considérons ici les douze apôtres collectivement et abstraction faite de tout caractère individuel. A l'exception de S. Pierre, qui de très-bonne heure est représenté avec les clefs (V. l'art. Cle/s de S. Pierre), ce n'est pas trop avant le quatorzième siècle qu'on imagina de donner à chacun des douze apôtres un attribut spécial (V. Buonarruoti, Vetri. p. 99). Jusque-là ils ont un attribut commun et unique, le volume roulé qu'ds tiennent de la main gauche.

I. — Leurs représentations symboliques sont probablement les plus anciennes; voici les principales : 1* Les agneaux ou mieux les brebis (V. l'art. Brebis) au nombre de douze : comme des agneaux ils ont été immolés pour le Seigneur (Durant, Ao» Uon. div, offic. l. i. c. 3. n. 10), ainsi qu'il le leur avait prédit lui-même : Ecce ego miUo vos sicut agnos inter lupos, c je vous envoie comme des agneaux au milieu des loups (Luc. x. 5). • Ils sont ainsi figurés dans d'anciennes mosaïques (Giampini, Vet. mon. n. tab. xxiv), dans les bas-reliefs des sarcophages (Bottari, tav. xxvniet alibi). Il y a presque toujours un treizième agneau placé sur un monticule d'où jaillissent les quatre fleuves (V. Fart. Fleuves), et qui représente Notre-Seigneur. A l'appui du symbolisme des apôtres par les agneaux, nous pouvons citer un monument qui en offre la preuve matérielle : c'est un bas-relief de la basi-^ lique de S. Marc de Venise, représentant les douze agneaux, au-dessus desquels sont inscrits les mots 01 ATTorroÂOi, « les apôtres. »

2* Le cerf. A défaut de monuments, nous avons, pour ce symbole le témoignage de S. Jérôme (In Isa. xzxiv) et celui de Bède (Inps. xxvni).

3* Les colombes, parce que Notre-Seigneur leur avait adressé cette recommandation : Estote simplices sicut columbœ, « soyez simples comme des colombes (Matth. X. 16). i Nous savons par S. Paulin (Ep. \n. Ad. Sev.) qu'on peignait les apôtres sous ces emblèmes sur les murailles des basiliques, et son église de Nola était ornée d'une croix environnée d'une couronne composée de douze colombes. Auyourd'hui encore, on voit dans l'abside de Saint- Clément de Rome une croix en mosaïque où Notre- Seigneur est environné de douze colombes (Bottari, I. p. 1 1 8) ; et Hillin a publié un sarcophage d'Arles (Midi de la Fr. Atlas, pi. lvi) sur la frise duquel les apôtres sont figurés par douze colombes rangées six par six des deux côtés du chrisme qui occupe le centre. Le même sujet parait sur la tranche de la table d'un autel antique que nous avons reproduit à l'article Autel (V. ce mot).

4* Le palmier. Quel(|ues mosaïques de basiliques romaines (Ciampini, Vet. mon. n. lab. 23) montrent les apôtres représentés en persomie, et à côté de chacun d'eux un palmier. S. Thomas (Expos, in Cant. v) enseigne que cet arbre symbolise les apôtres, parce qu'il exprime par la hauteur de sa taille leur élévation dans l'Église de Dieu, et par les idées de victoire qu'il réveille, leurs victoires sur la persécution par le martyre, et sur l'idolâtrie par l'ascendant de leur parole.

5* Ces paroles adressées par Jésus-Christ à ses apôtres : Faciam vos piscatores hominum, c je vous ferai pêcheurs d'hommes (Matth. xix), ■ autorisent, ce semble, à voir leur représentation emblématique dans des personnages occupés aux diverses opérations de la pêche, lesquels figurent dans le bas-relief d^un curieux sarcophage du cimetière du Vatican (Bottari, tav. xlu). (V. l'art. Pêcheurs.)

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