‹ Dictionnaire des antiquités chrétiennes [microform]Chapitre 45 sur 281 · BAIN · texte numérisé non relu

BAIN

scène d*aveugles s'entr'aidant dans leur marche hésitante est admirablement décrite dans ces vers de Dante (Purg, xni) :

« Cosi H ciechi a cui la roba faite, Stanno a' perdoni a chieder lor bi»ogna, E Tuno* 1 capo sopra l'altro awalla. »

« Ainsi les aveugles qai manquent de pain se tiennent aux pardons (églises), où ils quêtent pour leur besoin, et l'un appuie sa télé sur l'autre. »

Le passage du poêle florentin semble être la description exacte de la gravure ci-dessus :

BA£?fS CHKZ LES PREMIERS CBRéviENS. — Ou pCUt

en distinguer de deux espèces : les bains purement hygiéniques elles bains liturgiques.

1* Les Saints Pères ont quelquefois blâmé Tusnge immodéré et voluptueux du bain (Clem. Alex. Pœdag, \, m. c. 9), et on en a conclu qu'ils proscrivaient le bain lui-même. Les faits protestent contre cette conclusion* S. Jean TÈvangéliste fréquentait les bains publics à Éphése, puisqu'il en sortit un jour qn^il y avait rencontré Thérélique Cérinthe (S. Iren. Idv. hœru. m. 5) ; et dans leur fameuse lettre aux chrétiens d*Asie, les fidèles de Lyon et de fienne mettent au nombre des fléaux dont la persécution les accable la privation du bain (Ap. Euseb. Hid. eccl. v. 1). L'austère TertuUien usait du bain, tout en condamnant l'abus qu'on en faisait : • Je ne me bve pas la nuit aux saturnales, afin de ne pas perdre la nuit et le jour. Je me lave pourtant à une heure convenable et salutaire, qui m'entretienne la dialeur dans le sang. Il me sufiira d'être glacé et pâle, quand on m'aura lavé après ma mort (ApologeL ztn). i S. Augustin, après la mort de sa mère, se baigna • pour calmer sa douleur i . [Confeu, a. 12.)

Dans l'intérêt de la décence, l'Église avait sévèrement interdit le mélange des sexes dans les bains (Conlefier, Pairu apott. t. n. Nol. ad CmiUt, opoiiA.

Les premiers cliréliens usaient des bains comme d'une expiation préliminaire, toutes les fois qu'ils s'étaient souillés par le pédié, principalement par les impuretés de la chair; et avant cette purification extérieure, ils n'auraient pas osé ni se mettre eu prière, ni entrer dans le temple de Dieu. Ce tait est attesté par les Pères des deux Églises, et d'abord par S. Chrysostome (Homil. xna in 1 ad Cor.); nous dtons en latin : Quare ad halnetan poti peccatum curris ? Nonne qtâa immundiorem onuâ luio te ipêum censés ? a Pourquoi cours-tu au bain après le péché (un péché quelconque) ? N'estce pas parce que tu te regardes comme plus immonde que toute espèce de fange? a S. Cyrille de Jérusalem parle dans le même sens (Catech. vi), et

nous savons par Tbéophilacte (In Cor. i. c. 6) que cette pratique dura depuis le quatrième siècle jusqu'au onzième. Pour l'Église latine, nous citerons le témoignage de S. Grégoire le Grand (DiaL lib. IV. c. 32). Ce pape raconte, sur rautorité de llaximinianus, évêquede Syracuse, qu'un certain Curialis qui le samedi saint s'était rendu coupable d'un grand crime, pascali sabbalo virgunculam depudicarat, se leva de grand malin, et, poursuivi par le remords de sa faute, s'empressa d'aller au bain, comme s'il devait laver dans l'eau la tache de son âme, ac si aqua balnei lavaret maculant peccati,

2* Bains liturgiques. Pour le peuple d'abord. Les fidèles en usaient pour se préparer à la célébration des saints mystères, notamment à rapproche des grandes solennités (Paciaud. De saer. Christ, bain. c. ii). Les catéchumènes devaient aussi se baigner avant de recevoir le baptême (S. Aug. EpisL Liv. et alibi), soit par respect pour le sacrement, soit afin que les fonts dans lesquels le catéchumène était immergé, selon la discipline primitive, ne fussent point souillés. Nous avons un curieux passage de S. Zenon de Vérone (Invitât, ad font, vi) oiji cette opération préparatoire au baptême est ainsi décrite : • Voici que le balneator ceint attend, prêt à oindre et à essuyer (le corps), jam balneator prœcindus expectat, quod unctuit quod iersui opus est prœsUturus. On voit ici que la profession de balneator était une de celles que les premiers chrétiens pouvaient exercer (V. Lami, De erudit. apostolor. p. 250) ; et celui qui attend le catéchumène est représenté dans ce texte de S. Zenon avec tous les instruments de celle profession, le vase à parfum, la strigile, le linge pour essuyer le corps.

Mais c'était surtout aux ministres des autels que le bain était prescrit en certaines circonstances et particulièrement la veille des prindpales fêtes, et c'est i ces sortes de bains que s'applique plus strictement la qualification de liturgique que nous leur avons donnée.

Une inscription antique du recueil de Reinesius (p. 1001. n. 442) atteste Texistence d'un bain près

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