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aussi question de cette cérémonie dans un décret de Constantin, de Tan 536 (L. xvi Cod, De donat. ant, mipt).
Cette discipline a été conservée et Test encore aujourd'hui par TÉglise grecque. Mais l*Église latine, beaucoup plus austère, Ta supprimée dès que, la simplicité des mœurs ayant disparu, une telle pratique présenta de graves inconvénients.
BALAPfCE. — La balance figure quelquefois sur les sépultures chrétiennes. Une pierre sépulcrale du cimetière de Sainte-Cyriaque (Aringhi, ii. 139) fait voir cet instrument, conjointement avec une couronne ; on le remarque aussi sur un marbre extrait par Bosio des cimetières de la voie Latine (Aringhi, n. 658), accompagné d'une maison^ d'un poiêson^ d*un objet douteux qu'on a pris à tort pour un candélabre et d'une momie dressée sous son édicule (Y. les art. Maison, Poinon, Candélabre). Un monument de même nature, reproduit dans Touvrage de M. Perret (InêcripL n. 37), présente la balance avec un poids. M. De'
Rossi (t. I, p. 86) en rapporte un autt o exemple tiré de Féglise de Sainte -Ce lile à Rome : ici la balance est accompagnée d'une colombe avec le rame^iu d'olivier.
Quelques antiquaires, entre autres Mamachi (Origin, v. 08), ont vu dans cette représentation un symbole du jugement, c'est-à-dire de la pesée des âmes ou psychostasiCf et on sait que les artistes du moyen âge ont fréquemment développé cette idée dans leurs compositions : c'est ce qu'on peut voir en particulier dans le tympan du grand portail de Notre-Dame de Paris et de celui de la cathédrale d'Autun. Et il est permis de regarder ce sujet comme la traduction figurée de ces paroles de YApocalypu (xxu. 12) : Reddere umcuique êecundum opéra tua. Mais sur les deux premiers monuments que nous avons cités, et qui sont à peu près les seuls que nous ait transmis l'antiquité cnrétipune proprement dite, il est important de remarquer qu'il est fait mention du contrat passé entre les acquéreurs des tombeaux et les fouores llontanus et Calevius : vrsicimvs bd qvi.xtiliana se
BUU (vivi$) GONPARàVERVirr LOCV k MORTARV. | CALBVIVS
BENDiDiT {vendidii) àvm trisomv. Nous trouvons donc plus naturel de supposer, avec le docte abbé Cavedoni [Ragguaglio critico dei monum, délie arti Criit. p. 41), que la balance exprime, elle aussi, symboliquement, l'acquisition et la vente per œtet libram.
Quelquefois la balance est, sur les tombeaux, simplement un instrument de profession, comme par exemple dans le titulus d'un nummulaire romain, trouvé au cimetière de Sainte-Priscille (Marini. Papiri diplom. p. 332) : avr. vbiibraiido.
NUH I QVI. VIXIT. Afin. XXXV | ATUU. VALERTIKA. PB-
ciT I HAR1T0. BEHBiiERBNTi. vx. PACE. Des balances en bronze ont été trouvées dans une sépulture franque des temps mérovingiens, par M. l'abbé Cochet {SépulL gaul. etc. p. 253, suiv.),etcet objet marquait, selon toute probabilité, le tombeau d'un ofïlcier monétaire, ou peut-être d'un agent du fisc, d'un comptable quelconque. D'anciens cimetières saxons en Angleterre ont fourni assez fréquemment des objets du même genre. (Cochet Op.laud.ip. 257).
BAPTÊ1IE. — L — Allégories relaiivee au baptême. — Les antiquaires reconnaissent dans un certain nombre de sujets représentés soit en peinture, soit en bas-relief sur les monuments chrétiens des catacombes, ainsi que sur les tombeaux en général, des allusions plus ou moins directes au baptême, et par conséquent au christianisme de ceux qui y reposaient ; et leurs conjectures h cet égard s'appuient toijgours sur le rapprochement des textes les plus clairs avec ces divr rses représentations. Nous citerons les principales de ces allégories.
\' Le déluge, c Cétait, dit S. Pierre (I Petr. ni. 21), une figure à laquelle répond maintenant le baptême, i Et quand Philon dit (De mi, Mos* l. n. vers, fin.), que Noé était « chef d'une génération nouvelle •, il avait probablement, selon GroUus (In c. m Epist. 1 Petr. v. 21), l'intention d'indiquer la même chose. Les représentations de Noé dans l'arche sont innombrables dans nos monuments primitifs (Y. l'art. Noé).
2* Le passage de la mer Rouge, représenté sur plusieurs sarcophages (Aringhi, i. 331), et dans les mosaïques, entre lesquelles se place en première ligne celle de Sainte-Marie-Majeure (Ciamp. Yd.mon. i.tab. ux). Les écrivains ecclésiastiques qui ont vu dans cet événement la figure du baptême (Sedul. 1. 1 Desicco mort.— Greg. Nax. Orat XXXI x. — Prosper. De promiu. pars i. c. 38. — Aug. Serm. cgclii. — Bcda. Quœst. iup. Exod. xx), ont pris leur point de départ de ce passage de S. Paul (1 Cor. x. 2) : • Nos pères ont tous été baptisés sous la conduite de Moïse dans la nuée et dans la mer. »
3* L'eau jaillissant du rocher sous la verge de Moïse (Bottari, xl, pa<nfn)est aussi, selon S. Jérôme (/n îsai. xLvui), S. Augustin (Serm. 352), saint Isidore de Séville (In Gen. xxii), une figure du baptême.
4* L'histoire de la Samaritaine (Bott. lxvi. et alibi). Saint Épiphane (Hœres, lv); enseigne que Notre-Seigneur avait en vue le baptême dans ces paroles qu'il adressa à cette femme : < L'eau que je lui donnerai deviendra en lui une fontaine d'eau jaillissant jusqu'à la vie étemelle » (Joan. iv. 14).
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5* L^eau du Jourdain, sanctifiée par le baptême du Saureur (Àringhi, i. 381. u. 595). On peut dter id Orîgëne (Bomil, xur), S. Grégoire deNyase {De bapi. ChrUt. 0pp. tom. m, p. 315, éd. Morel.) et d'autres encore.
6* Od reconnaît la même intention dans le palmier, qui est le symbole de la victoire remportée par le chrétien baptisé sur les puissances invisi- Ues, et dans le phénix, symbole de la résurrection, et id de la renaissance spirituelle par le baptême (S. Clément. Epût, i ad Cor. xxt). (Y. Fart. Phénix,) 7* 1-e cerf que l'on voit représenté dans une foule de monuments, mais surtout dans les peintures ou bas-reliefs relatifs au baptême, comme dans le baptistère de Pontien, ainsi que sur certaines vasques baptismales (Padaud, De bain. p. 157), est le symbole du catéchumène animé d'un grand désir de recevoir le baptême.
8* Alton expliquant un hiéroglyphe baptismal (T. Polidori. Pesce) parle de Timage d'un enfant placée sur un poisson. L^enfant est le baptisé, le poisson est le Christ, de qui Tévêque Orienlius a dit dans son Ccmmoniioire (Ap. Munster, Symb. i. p. 19) : Pûeis natus aquis, auctor bapiimatU ipte est (S. Hieron. In ptal. xli). (Y. les art. Passage de la mer Rouge, McUse frappant le rocher, Samaritaine, Cerf, et encore Cana.)
11. — Les principaux noms donnés au baptême dans Fantiquité sont : 1* Indulgentia (Conc, Carthag. ap. Cypr. n. xa. p. 5S4), ou peccatorum remittio (Aug. De frapf. v. 21), ou abliuio peccatorum (Greg. Ifyss. Chrat, in Christ. bapt,),pietatis lavarrvm : ces noms expriment le principal effet du baptême, qui e^ la rémission des péchés. 2* Regeneraiio (Cyrill. Hieros. Catech. prœf. n. i), et umiio (Gr^. Nax. Oral, xi. De bapt.), camiê abjecUo, « répudiation de la chair i (Vict. Utic. Pergecut. vandal, 1. n), innovatio ou sacramentum vitœ nowF, — unda genitalis, — nativitas secunda, saluiaris regenerationis, — renovationis lavacrum, vitale lavacrum (Y. Yicecom. Ant, Bapt, rit, I. i. c 5). allusions à la vie nouvelle et à la sanctification que ce sacrement confère. 5* Considéré sous le rapport de la lumière divine qu'il porte dans nntelligence, il a été appelé illuminatio, fuTtopA (Clem. Alex. Pcedag, i. 6). 4* Saltu, parce que son résultat définitif est le salut étemel (Aug. 1. i. De pecc, remiu, 24). 5* Signaculum Domini, <tgnaculum Christi, udutare signaculum (Clem. Alex. Quis dites salvetur. ap. Euseb. Bist. eccl. ui. 35), parce qu'il est le signe de l'alliance de Dieu avec l'àme régénérée, ou bien encore, selon S. Jean Chrysos(ome (Hom. m. In 2 Cor, Ti), la tessère qui distingue les soldats de Jésas-€lirisl d^avec ses ennemis. S. Grégoire de Kaiianze (Orat, xl. de bapt,) l'appelle aussi açpa'^;, qu'on peut traduire par sigillum « sceau t, et ailleurs {Orat. ead.) • communion du verbe i, parce que ce sacrement nous unit au Yerbe, nous assode à sa passion et à sa mort, et fait que nous ne sommes qu'un même corps avec lui. 6* On trouve dans les Pérès une foule d'autres vocables relatifs,
soit à rauftear cFa baptême, soit à sa nature, soit à aen efTet, soit au caractère qu'il imprime dans Fâme, par exemple : Regius character, — charac^ ter dominicus, — donum Christi, — iniiiatio, — consecratio, etc. (Y. Bingham. Orig, eccl, \. x. ci. §10, «caractère royal, — caractère du Seigneur, — don du Christ, — initiation, consécration, i 7* Le jour du baptême est parfois nommé accepnoNis DiES (Fabretti. p. 566), ce qui doit s'entendre de la réception du Saint-Esprit par le baptême, ou mieux peut-être de Vadmission du néophyte au sein de l'Ëglise. Cette locution était commandée par la discipline du secret. Une épitaphe romaine de l'an 278 (De* Rossi, Inscr. i. p. 16) semblerait supposer qu'il s'agit de la réception de la grâce de Jésus-Christ par le baptême; car le jour du baptême du défunt est marqué par ces mots : QTi GRATiAM àccEPfr D. 11. [Domini nostri) die xif lAL. OCTOBRES. Marinî donne une inscription grecque (Arval, xx) qui renferme une formule presque identique à celle-ci : kaauc. HMiuiMEnoc. thn. kafiN. TOT. etor, ([ui bene consecutus est gratiam Dei, m. Discipline, — i* Primitivement, les évêques seuls, successeurs des apôtres et héritiers de leurs pouvoirs (Matth. xxvm. 19), administraient le baptême solennel (Tertull. De bapt, xvii). Les prêtres, sous l'autorité des évêques étaient aussi les ministres ordinaires de ce sacrement (Constit, apost, ni. 11). Les diacres ne les conféraient qu'en vertu d'une délégation épiscopale (Ibid, viu. 28). Dans le cas de nécessité, les laïques pouvaient baptiser, pourvu qu'ils ne fussent pas bigames et qu'ils eussent reçu le sacrement de confirmation (Concil. lllïb, can. xxxvm).
2* En général, chez les Latins, le baptême ne s'administrait qu'aux vigiles de Pâques et de la Pentecôte (Tertull. De bapt, xix). La même disci<» pline s'observa dans la plupart des Églises d'Orient jusqu'au quatorzième siècle, époque à laquelle on commença, dans ces Églises, à baptiser le jour de l'Epiphanie ou Théophanie (S. Léo I. Epist. xvi), il en fut de même en Afrique (Yict. Utic. De per-^ secut, vandal, 1. ii). A Jérusalem, l'usage s'était établi de baptiser au jour anniversaire de la dédicace de l'église bâtie par Constantin sur le Saint Sépulcre (Sozom. n. 26). Dans l'Église gallicane, on baptisait le jour de la Nativité de Notre-Seigneur, témoin le baptême de Clovis, qui eut lieu ce jour-là (Grcg. Tur. De glor, confess, c. lxxvi. xcxvi), et même le jour de la nativité de S. Jean- Baptiste (id. Hist, Fr, viu. 9). Il ne s'agit ici que du baptême solennel ; quant au baptême privé, il s'administrait, dès les premiers siècles, toutes les fois que la nécessité l'exigeait et sans distinction de jours. Le témoignage de TertuUien à cet égard est on ne peut plus formel (De bap'ism. m); après avoir parlé de radmini:>tration du baptême aux solennités de Pâques et de la Pentecôte, il ajoute : cceterum omnis dies Domini est, omnis hora, omne tempus habile baptismo; si de solemni" taie interest, de gratia nihil refert, « la solennité peut être moindre, la grâce est la même. » Y.
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aussi Valois (NoL àd Euseh. HUt, eccl. vu. 11). 3* Depuis Constantin, l'administration solennelle du baptême n*avait lieu que dans les baptistères proprement dits, construits près de Téglise (Y. Tart. Baptistères). Les épreuves ducatéchumenât (Y. Tart. Catéchuménat) étant subies, la teille de Pâques ou de la Pentecôte, les élus se rendaient à Péglise vers midi pour le dernier scrutin ; ils y retournaient de nouveau vers le milieu de la nuit, et alors, après la bénédiction du cierge pascal, avait lieu celle de l'eau, selon la tradition apostolique (Gyprian. Episl, lxx. ad Januar, — ConstiL apost. vu. 43). Après quoi, Tévèque demandait aux catéchumènes sMls renonçaient au démon, au monde ^ à ses pompes, et ceux-ci répondaient affirmativement. L*évêque leur demandait ensuite s'ils croyaient au Père, au Fils, au Saint- Esprit (Cyrill. Catech, mystag. u), et ils prononçaient leur profession de foi à la Sainte Trinité. Cette discipline était commune aux Grecs et aux Latins. Ceux-ci interrogeaient le catéchumène sur chacun des articles du symbchs et spécialement sur ceux qui étaient controversés par les hérésies en circulation dans le moment (Y. Pelliccia. Eccl. polit, t. I. p. 23).
Ces rites préliminaires accomplis, le diacre présentait à révèque les catéchumènes nus (Cyrill. Catech. vn); les diaconesses remplissaient ce ministère pour les femmes (Chrysost. Epist. ad Innoc. PP.), et, bien que les deux sexes fussent séparés, les catéchumènes étaient cependant recouverts d*un voile quund ils entraient aux fonts et quand ils en sortaient (Const. apost. m, 16). Alors révèque, assisté des diacres (Ordo Rom. ap. Mabill. Mus. Ital. t. u), et se tenant sur le degré inférieur des fonts, plongeait trois fois le catéchumène dans Teau, et à chaque immersion invoquait une des personnes de la Sainte Trinité (Tertull. Adv. Prax.). Cette manière de baptiser par une triple immersion s*est conservée chez les Grecs jusqu'au huitième siècle (Damasc. £/>»<. de Trisag. ap. Pellic,), et, dans TËglise latine, jusqu'au sixième seulement, époque depuis laquelle une seule inunersion fut en usage. On doit croire néanmoins que le baptême par infusion n'était pas inconnu aux premiers siècles (Sandini, Hist. fanUl. sacr, c. vni). U est évident, en eflet, que, en une seule séance, S. Pierre n'avait pu baptiser trois mille personnes par immersion (Act. u. 41), et une autre fois cinq mille (Act. iv. 4). Walfrid- Strabon atteste que le baptême par infusion était reçu de son temps, c'est-à-dire au neuvième siècle (De reb, eccl. c. xxvi). Le P. Marchi nous a montré et expliqué au musée Kircher une patère en bronze ornée de sujets allégoriques relatifs au baptême, et que ce savant croit avoir servi dans les premiers siédes à baptiser par infusion. Il est à présumer cependant que l'immersion et l'infusion étaient employées simultanément, comme on le voit dans certaines représentations du baptême de ^otre- Seigneur et dans celle du baptême de Théodelinde et d'Agilulpbe (Y. Ciamp. Yet. mon. n. tab. iv. v).
Quand la vasque était trop étroite pour que le catéchumène pût y être plongé en entier, on versait de l'eau sur hi tête, afin de satisfaire aux exigences de la discipline qui voulait que le corps entier fût atteint par l'eau salutaire (Y. plus bas à propos des monuments).
Après l'immersion, qui était la forme essentielle du sacrement, le prêtre qui assistait l'évêque, dans l'Église latine, oignait de l'huUe sainte le front du catéchumène encore debout dans les fonts sacrés (Constit. apost. m. 15), et l'évêque lui mettait sur la tête un voile appelé ckrismale (Greg. M. l.vii. ep. 5). (Y. Fart. Velamen mysticum.) un le revêtait ensuite d'une robe blanche, qu'il gardait jusqu'au dimanche après Pâques, qui, pour ce motif, était appelé, dans toute l'Ëglise, Dominica in aibis depositis. L'usage de porter des vêtements blancs pendant toute l'octave est indiqué dans le Code Théodosien, k l'occasion des fêtes de Pâques et de la Pentecôte : Quitus, y est-il dit (xv. 515), ccdestis lumen lavacri imitantia novam sancti baptismatis lucem vestimento testantur (Y. l'art Aubes baptismales).
Quelquefois on donnait au nouveau baptisé une couronne de fleurs, de feuilles de myrte ou de palmier (Marlène, De ani. Eccl. ritib. 1. i. c. 12. n. 4). Un passage de Tertullien (De pudicit. ix) semblerait supposer que, en Afrique du moins, le néophyte recevait aussi un anneau, car il atteste que l'on rendait cet anneau aux chrétiens tombés, lorsque, à l'exemple de l'enfant prodigue, ils revenaient à la communion de l'Église. S. Zenon de Yérone parle aussi d'une médaille d'or (Y. Tart. Trinité), Si nous en croyons l'abbé Rnpert (Yicecom. Op. laud. p. 759), le néophyte recevait encore des souliers bénits, qu*il gardait huit jours comme Ip robe blanche et le voile mystique, et qu'il quittait, après ce délai, dans le baptistère. On donne pour raison de cet usage que les souliers étant faits avec de la peau d'animaux morts, sont rimage de la mort du Sauveur, à laquelle le néophyte se trouve associé par son baptême : consepu- Iti enim sumus cum illo per baptismum ( Rom . vi. 4) . En certains lieux, l'évêque, ou un prêtre, ou un diacre lavait les pieds du nouveau baptisé (Pellicc. loc. laud.) qui les gardait nus pendant huit jours. Quand le néophyte avait revêtu sa robe blanche, on lui mettait un flambeau à la main (Ambros. Ad virg. laps. v. — Y. Part. Cierge baptismal); l'évêque allumait un grand ciei^e avec le feu réservé du vendredi saint, et le faisait porter devant lui par un clerc, tandis que, suivi des nouveaux baptisés, il se rendait processionnellement du baptistère à la basilique, où, avant de célébrer la liturgie, il leur administrait le sacrement de confirmation (Y. l'art. Confirmation). On leur donnait ensuite à manger du miel mêlé de lait, pour marquer leur entrée dans la véritable terre promise (Tertull. De coron, mil. m. — Uieron. Ad Lucif.).
Il n'est pas aussi facile d'expliquer la coutume où l'on était de leur donner aussi du lait mêlé avec
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da vin doui, coutume parfaitement constatée par les auteurs anciens et en particulier par S. Clément d'Alexandrie (Pœdag, i. 6) et S. Jérôme {In lioiam). Et les passiges de ces Pères supposent éTidenmient que cette cérémonie était distincte de la précédente.
4* Après la réception du baptême, le néophyte était rôbj^ des félicitations des assistants, à raison de sa délivrance des chaînes du péché et de son admission au nombre des enfants de Dieu. Nous avons parmi les Pères de FÉglise plusieurs témoins de ce touchant usage, entre autres S. Cyrille de Jérusalem (Caiech, mytiag. i) : c Entendez, dit-il à ceux qui se disposaient au baptême, entendex la voix du prophète qui tous crie : Lavez-vous, soyez purs, (Aei de vos âmes les souillures qui les déparent, aGn que le diœur des anges puisse chanter en votre honneur : bienheureux ceux dont les iniquités sont remises et les péchés effacés ! t S. Jérôme (1. m. adT. Pelagian.)ti^. Sévère d'Alexandrie (De hapi,) semblent nôême supposer que ces dernières paroles qui sont de David {Ps. xxxi. i) constituaient la formule liturgique de ces félicitations, laquelle était répétée trois fois : Tum qui adUani^ dit ce dernier, ter hœc responsa dicuni : Beaii illi quomm remiua tutU deUcta, et quorum teda tttni peecata. S. Grégoire tie Nazianze, Nicetas et d*autres affirment que ces chants joyeux qui accueillent les nouveaux baptisés sont le pré- Iode des hymnes du ciel.
Enfin, toutes ces cérémonies étant accomplies, les néophytes fléchissaient les genoux, élevaient vers le del leurs yeux et leurs mains, et adressaient a Bien une ardente prière, afin de pouvoir porter intacte jusqu'au tombeau la robe de leur baptême; et nous savons par les Constitutions apostoliques (1. vn. c. 44) que le passage de TOraison dominicale qui est relatif à la rémission des péchés faisait partie intégrante de cette prière. S. Jérôme l'affirme également (I. m. adv. Pelar çian.) : hmpieio tllo quod de u scriptum ett : beati quorum remiaœ $uni iniquitatet et quorum tecta Moii peecata^ dicuni : et dimitte robis débita nostra! Aujourd'hui ce sont les parrains et les marraines qui récitent POraison dominicale, et Ton voit jusqu'où remonte cet usage.
5* Dès les premiers temps, et en dépit des sévérités de rSglise, Pabtts s'était introduit de ne recevoir le baptême que fort tard, quelquefois même au tenne extrême de la vie (1^. Fart. Néophyte). Nous avons un grand nombre d'inscriptions de néophytes baptisés dans un âge avancé et morts quelques jours après leur baptême (Y. Fabretti. p. 5^5. n. 59) : ex dis accephoiibs sve vmr dibs Lvn ; d*antres aTant même d'avoir quitté les aubes du baptême : m alusrecessit (Le Blant. i. p. 476) :
ALBAS 8CA8 0CTABA8 PA8CHAE AD SEPVI.CRVM DEP08VTT
(Fabretti. p. 577. n. 70). Beaucoup de textes anciens attestent le même fait,- et dans les mêmes termes : /n aUn$ receuil Ingomere» (Greg. Tur. Hi$t. Fr. EpHom. c. xx); in albig transienê requietcit,,, HupinianuM (Id. De glor, confeu. Lrr).
AHTIQ. CHRÉT.
6* Les nouveaux baptisés étaient appelés pi/^r 2 infantes par les SS. Pères (Zeno Veron. Invitât, vm ad font, et alibi. — Clem. Alex. Pœdag. 1. i. c. 5. 7), et quel que fût leur âge; nous voyons cette qualification appliquée à des hommes de trentecinq et trente-sept ans dans les inscriptions chrétiennes (Mabill. De re dipl, siippl. 15. — Lupi. Epitaph, Sev, p. 19). Au dimanche in aibis depotitiêj l'introït de la messe commence par ces paroles qui expriment la même idée : Quasi modo geniti infantes.
V Nous trouvons dans les inscriptions antiques plusieurs autres noms qui font allusion au baptême. Le plus commun de tous est fidelis (Y. ce mot), qui désigne toujours, et exclusivement, une personne baptisée (Gruter. mlv. — Fabretti. p. 529. n. 485. — Le Blant. i. p, 577 passim). Ainsi il n'y a pas de pléonasme dans ces paroles de S. Augustin (Confess. vui. 6) : Pontianus .. Christianus quippe et fidetis erat. On rencontre aussi fréquemment atiarépif, accepti, illuminati (Yettori. iVtwi. œr. explic, p. 97). Plusieurs écrivains de rantiquité ecclésiastique, entre autres Théophile d'Antioche (Opp, Justin. M. in append.) et S. Cyrille de Jérusalem (Catech. mystag. m) ont enseigné que le nom de chrétien était dérivé du saint chrême dont on oignait le front du néophyte : Eujus enim sancti dirismalis, dit ce dernier, donc accepto, appellamini Christiani. Certains noms propres, parexemple RBRATV8(Bosio. p. 407. — Murât. Nov. thés. 1951), expriment la renaissance spirituelle par le baptême. (Y. fart. Noms des premiers chrétiens, — Noms propres y deuxième classe, n. 1.) lY. — Monuments. Ils sont de deux espèces, ceux qui représentent le baptême de Notre-Seigneur par S. Jean-Baptiste, et ceux qui reproduisent d'autres scènes relatives à Tadministration de ce sacremei^t.
1« Le baptême de Jésus-Christ est peint sur les parois d*un baptistère antique (Aringhi. r. 581) dans le cimetière de Pontien (Y. l'art. Baptistères); à en juger par le style, la peinture est postérieure au baptistère lui-même, et date probablement du sixième siècle (Bottari. i. p. 200. — Buonar. Vetri. p. 66). En outre du sujet principal, on y en remarque d'autres qui ont avec lui de mystérieuses analogies : c'est Moïse frappant le rocher (Y. plus haut cette figure du baptême) et la multiplication des pains, qui pourrait bien ici figurer la multiplication des enfants de Dieu par le baptême. Le même s^jet est sculpté en bas-relief sur un sarcophage qui dénote aussi une époque un peu basse (Aringhi. u. p. 555). Ici S. Jean reçoit dans une espèce de patère l'eau qui tombe d'un rocher, et la verse sur la tête du Sauveur plongé, ainsi qu'au monument précédent, dans le Jourdain jusqu'à la ceinture. Il en est de même sur un médaillon de bronze donné par Yettori (Num, œr, explic.) y et où est inscrite cette légende : redemptio filiis homlxvx ; et dans une curieuse mosaïque du quatrième sièclt^ servant de décoration à l'abside de Santa Maria in Coamedm de Ravenne(Ciamp. Yet.mon,u.{àb. xxiii/
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Hais celle moulqae aflre lueciroomiuice digne d'obsenalÎMi : c'est que, i cMé de ^«U'^&igae^^, eSl un autre personiuge usii, porUot wn roseai à la mail), el ayanl pràs de lui un vase pencfai, ce qui n'est autre chrâe qae Ja penowiiflotiiMi d* Joui^in d'après le tfpe en usage daaa l'antiquité pour la personnification des Beuws (V. l'art. /mitdaia). Un uroophage delà Gaule (Hiiiin.JfiiA'^Jd Fr. allas. pL uv. 11), préseale celle siogidariU que Notre-Seigneur ; est ni oomplétecBenl m el dans les proportions d'un enrant de dix au. Jean- Bapliste tient la main sur la télé du Saii*ear. et se dispose à le placer smis une chute d'eau qui descend d'un rocher élevé. Ici. ctwune dans les monuments précédents, la cokmlie vole au-dessus de la lÊte de Jésus-Cbritt.
L» simple ImuifTsion. selon le type le plus anôen, te voit sur un diptyque de Itilan du quatrième ou du cinquiènie siècle. Le précorseur appuie une main surlalâle do Jésus, plongé jusqu'aux genoux dans le Jourdain, et, circonstaDce inusitée, tient de l'autre main un roseau (V. B«gali. Hem. di S. Celw. p. 382). Va très-ancien bas-reUeT de l'église de Honu bit Toir l'immersion comme cidessus, mais en même temps une colombe, qui, d'un vase renversé qu'elle tient à son bec, répand de l'eau sur la tÉle du Sauveur (V. Frisi. Mem. dtlla chiaa Mouxeu. p. 7S. lav. ir). S. Jean-Baptlsle esta droite, et à gaucheesl un ange qui garde dans ses mains la tunique ou aube baptismale de Noire-Seigneur.
Ailleurs c'est par le bec que la colombe verse l'eau, «unme dans une repr^entalion symbolique où un agneau baptise un autre agneau (lean-Bap* liste baptisant le Clirist) : c'est un curieux ba»relief du sarcoplmge de Junius Bassus que nous reproduisons à l'art, ipuau (i, 3). Le même tjpe se trouve figuré, mais au naturel, sur une cuiller d'argent ématUé, trouvée a Aquilée en t792 (M<uzoni. tec. n, p. 47), et dont voici le dessin :
tés sur un iiympJuBHH de Piiaure (Paciandi. Ite Baim. p. 137. tab. m). Ueui clercs, une croix à la main, eiorcisenl un homme agité par l'esprit ma-
Dans d'autres monumenta, la colombe, un rameau d'olivier au bec, descend pràt de la léte du néophyte, tandis que l'eau s'échappe d'un vaie suspendu dans lu nuage. Une aoène de ce genre est figurée en creux sur un fragment de verre Irouvè toul récemmeol (1876) à Ro«m (De' Rossi. B^liet. 1876, pi. i). Nous avons tenu ile reproduire ici, à cause de sa rareté : il est, à noire connaissance du moins, te premier monumeait de cette classe trouvé jusqu'à ce jour, ocrant une représesXalion O0Bun6moralive dubapttote. Nais, faute d'espace, le dessin a dà être ^gnéde son texte et reporté «hu le n* 2 ci-aprés.
2* PInsiears rites du catéduunénat sont sculp-
lin, et complètement nu, s«)on l'ancienne discipline. D'un cAlé de ce groupe est un clerc qui garde les vètonents du calécliuméne, et de l'autre un second clerc qui, comme l'inditpie le livre qu'il tient appuyé sur sa poitrine, n'est autre que le (ecfeiir ou catéckitU, appelé par S. Cyprien {Epitt. iiiv) doclor attditntiwn {V. la gravuie de l'art. Exoreittet). Deux fragments de sarcophage publiés par Ciampini [Kef. mon. ii. tab. iv et v) font voir les cérémonies du baptême lui-même. Le premier représente, croil-on, la reine Tbéodelinde et son époux Agilulpbe, roi des Lombards, recevant le baptême par immersion et par infusion eu même temps, et le second Henri I, duc de Bénévent {dixième siêcJoJ : celui-ci est à genoux et regoit le baplême par infusion, bien que, i une faible distance de lui, soit figurée tue cuve baptismale, derrière laquelle se voit un autre personnage i genoux tH les mains jointes. Cn peu en arrière est un serviteur ou un clevc qui lient toute prête la robe blanche que le néophyte doit revêtir après son baplême. Cequ'ilyade singulier dans ces deux monuments, c'est que le ministre du sacrement est vêtu d'habits séculiers, tandis que parmi les personnes dont se compose l'assistance se trouvait des moines. Ciampini s'efforce d'expliquer cette anomalie, mais il n'y réussit que médiocremait.
La mosaïque de Tancienne façade de Saint-Jean de Latran, dont on peut voir la reproduction dans Ciampini, otTraii le tableau du baptême de Conslaulin par S. liylveslre, selon une ancienne tradition, soutenue ai^oqrd'bui encore par plusieur* écrivains : la tête de reropereur était nimbée (Ciamp. Sacr. aidif. tab. u. fig. 4), et il Fecevait le baptême par immersion et par infusion tout ensemble. Nous avoni un exemple de la simple immersion beaucoup plus ancàen que tout ce qui précède dans les peintures réeemmeul découvertes nu cimetière de Saint-Calliste, et ^'il nous a été donné de contempler nous-mêmes. On ena fait des copies qui sont au musée chrétien de Latran, et
iMMs en donnons id un croq«B pris nr les lienx. D Tint tbaemr que le prêtre qui bqitiBe porte vm KlMmen i la main gauche.
Mais OD se rendra un compte plas exact encore de l'administra lion loleniietle du baptême par imiDersion, en cofltnoplant une trèsancienne pdnlure de l'église de Ste-Pudentienne que noos reproduisons d'après Ciampini ( Vel. nwnhn. t. n. Ub. n, B. 1). là, U scène est cooqriéte : deux «èophytrâ dans la
pantife baptisant, «n pcTMiMnge qui peut être le pamin, plusieurs femmes dent l'nne est probebteneot b floamine, et doDt les antres tiennoit entre leurs mains le* ««frca dont les Rou-
Teaia baptisia dorrant être revèlus à lenr sortie des fonts (T. l'art. Anbet baptùmalu].
•AFnsTÈRES- — 1. — Il 9St centin que, dsBsIe priacipe, il n'j anit d'anlres baptist^M ^ae les rinèreo el les fontaines ; on biptbait partout oA Ton trsvnit de l'eas. Ce«t ainiri que, près de la vOte de PhiNppa, S. Paul baptisa Ljdie, ram^iaBde de ponrpro {Àd. m. I5)i et qoe te diacre PtiiKppe régèséra, dans la première fon^ taine qoi ae trsvra ï sa portèSi l'eunaque de U reine (>ndsoe (Act. na. K]. S. Jnstin lAp«t»g. H. Àd ÀMbM. imfp.) dit qu'on ne baptisait pas su' trament de bm tenife. A HoUMi on condubatt las BonfOM» GOOTCrtis au Tibre, et TertHltien {Dt bapL c. i) rappdle que te baptême qu'ils recevaient dans ee fleare de la main de S. Pierre était le même qae celoi qui s'administrait dani le Jour* dain. On montre encore de nos jours dans la priton Hamertine le puits miraculeux oii, selon une ancienne traditian, 8. Piwre et S. Paul baptisèrent leon gardiens Processus et Uarlinianus (irmfW. t. I. p. 300. — MoHyrol. Aom. Ad (Non jul. n). Le moine Aoitutinat Paulin enroyè avec lai en Angleterre par le pape S. lk<ègoire baptisaient
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ceux qu'ils avaieBl conquis i la foi dans d» ri- Tières que Bède appelle Trente, fileni et Sualica (ifitl. Afiff. n. c. îè). Nous savons aussi par certains actes de S. ApoIHnaire et de S. Victor, cités par Harlàse (fie mt»i. Eeci. ritib. t. i, p. S), que ces deux apètres conduisaient à la mer leurs calèchumènes pour les initier à la vie chrétienne. On ne doit chercher à cet usage primitir d'autre raison que la nécessilé d'abord et ensuite l'eiemple de Jésu»-Christ qui s'était fait baptiser par S. Jean dans le Jourdain. S. Jérârae atteste que c'était une dévotion fort répandue de son temps de recevoir le baptême dans ce fleuve cunsacré par le Sauveur lui-même, k l'endroit où, suivant la tradition, S. Jean administrait le baptême de pénitence (ffieron. Dt tit. et nom. loc. Bmbr. p. 423. éd.
Marlian. 1690).
11- — I« premier et le plus vénérable bapUstèredel'univera est celui qui fut établi au lieu même oiï Kotre-Seigneur avait été baptisé. Là, dit l'itinéraire attribué k S. Antonin martyr (Marlône. hc. Utud.), est une croix de bois plantée dans l'c^u, et, tout à l'entour, lerodter est revêtu de marbre. C'est li que la foule empressée vîenl recevoir le baptême Is veiHe de r£pH phsnie ; c'est Ik qne, conduite par l'esprit de Dieu, 8te Varie ÉgjP'i'one vint Sollidter cette grice, selon le récit de S. Sf^brone da Jémsalem {De Maria £gypt. in Vit. Sanet, ab leribert. Roew. vulgat. 1. i. Lued.
Bddetti (Cimit. AOj signale la présence de plusieurs baptistères primitifs dans les catacombes, Le plus rentarquable est celui du cimetière de de Saint-fontien (Aringhi. i. 381. — Boit. tav. luv) ; il est décoré de peintures, dont la principale rqx-èsente Notre>3eigneiir baptisé par S. Jean dans le Jourdain [V. l'art. BapUme]. Un y voit aussi UM oraii gemmée et fleurie, dont la travaTM parte, au-^hssus deux candélabres allumés, au-4essouB l'A et l'o saspendus par des cbalnelles. Le pied de cette oroii peinte baigne donc dans la raafae, pour indiquer que c'est la croix du Sai»vew qui communique k l'eau la vertu d'effacer le pécM (V. la pi. SLH du P. Harcbi et la reproduetionquenousenavons donnée â notre art. Croix).
C'est en ce lieu que le prêtre Eusébe baptisa un jeune paralytique nommé lui-même Pontien, nom que peut-être il avait pris à son baptême, et le néophyte bttuva la guérison du corps dans tes «IBX saintes (Ap. Baron. Ad m. 359). Adria et
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l'aulina, conTerlies par ce miracle, y reçnrent nussi le baplème des mains du pape 6. Etienne. Il y a, dans la crypte de la basilique de Sainte- Prisque (Perret, m. pi. ilh) une vasque où une ancienne tradition, jointe à celle inscription ; sce m MCTiGHT, laisse supposer que 8. Pierre administrait le taplème; une tradition analogue, mais fondée sur les actes du pape Libère (Pantin. Concil. t. I. c. H) eiisle pour le cimetière Os- Irien; Libère baptisa, lui aussi, dans ce dernier baptistère, successif ement sans doute et à diverses reprises, quatre mille douze personnes des deux sexes ; et il est avéré que, pendant les persécutions, tous les papes administraient ce sacrement dans les cimetières qui leur servaient d'asile.
Quelques-unes de ces cryptes, entre autres celles de Pontien, du Vatican, et celle de Saint-ileiandre récemment découverle, avaient des sources naturelles; d'autres, celles de Priscille et de Callisle, par exemple, recevaient leur eau, par des conduits, dans des espèces de cilernes qui se voient encore ai^ourd'hui ; enlin quelques-unes pofisédaient des puits, comme les cimetières de Prétextât et de Sainle-Hélèoe (V. Boldetti, p. 40).
III. — Après les persécutions, et dès le temps de Constantin, on commença à construire des baptistères lufr dio, édifices spacieux, et ne dilTérant des églises proprement dites que par leur destination. On les appela chez les Grecs <puTi- OTiipiz ou loca illuminalionii, • lieui d'illumination. 1 C'étaient des édifices A part, rien n'est plus clairement cou staté, si bien qu'il est presque supertlit de citer. Les noms divers sous lesquels ou les désignait supposent tous des constructions isolées et de véritables temples : etxlaite baplùmalet, — baptUlerii batilica (Ambr. epist. xi. Ad UarcelL). — titt^ilxiptitntaiet (Flodoar. Hitt. Rem. 1, I. c. 1!>). S. Grégoire de Tours appelle Umplum baplitterii celui OÙ Clovis reçut le baptême (Hiit. Fr. I, n. c. 51), On trouve des témoignages analogues dans une foule d'écrivains ecclésiastiques, et notamment dans Euscbe {Hùt. eccl. i. 4), dans S. Cyrille de Jérusalem (Catech. myttag. i. n. 3), dans S. Julien, S, Paulin de Noie, S. Sidoine Apollinaire, S. Augustin et d'autres encore dont Bingliara rapporte les textes [Ûrig. eccl. m. 252). TerluUien, quand il parle du baptistère, suppose touiours aussi un édifice distinct de l'égliïe [De coron, lil. m).
On peut en assigner une preuve palpable, pour les premiers siècles, dans un sarcophage du Vatican (BoHo, flom. M«. p. Bljqui présente, sculptées en relief à ses deux eilréraités, des basiliques chrétiennes (Vny. la gravure à l'art. Batiliquei ckrélienws), près desquelles les baptistères se délaclienl très-visiblement, ce qui est surtout remarquable pour l'un d'eux, qui, en oulre, porte audessus de son toit le monograplie du Christ. Nous donnons ici le dessin de ce monument.
11 est bon d'observer cependant que si l'Église a placé le baptisière hors du temple, elle a voulu qu'il n'en fût éloigné que par une faible distance.
alîn de faire voir que le baptême est la porte qui Introduit l'homme dans l'Église de Dieu (Ourant.
ite rit. eccl. i. l'J). Cet usige a persévéré jusqu'au sixième siècle : à partir de celle époque, on a commencé i transporter le baptistère, d'abord dans le narthex, puis enfin dans Tintérieiir de l'église (Greg. Turon. Hiri. Franc, n. Si). On ne cite guère en France que deux ou trois b.iplislères qui aient conservé, sous ce rapport, leurs conditions antiques: celai de Frèjus, séparé de la cathédrale par un porche; celui d'Aix est aujourd'hui renfermé dans l'intérieur de la cathédrale, mais il était autrefois isolé, et sa forme, ainsi que ses disposilions intérieures, rappelle tout à fait le baptistère de Lalran ; l'église de Saint-Front de Poitiers, regardée comme l'ancini baptist«'e, est aussi isolée.
Qui ne connaît les deux magnifiques monuments de ce genre qui subsistent encore de nos jours à Rome et qui sont dus k (kinstanlin, celui de Saint- Jean de Latran, où cet empereur, selon la tradition romaine, aurait été baptisé avec son fils Crispus par S. Sylvestre, et celui de Sain le-(^ns lance, prés de labasilique de Sainte-Agnès hors des murs [Ciampini. De tacr. cedif. a Coiutantino Maga. conit. p. 130, et tab. xxn. xxx. iiii. ixiu), êdilice qui plus tard servît de mausolée à celte princesse. Si nous osions nous dter nous-méme, nous renverrions pour la description de ce dernier â notre notice Itiitoriqut, liturgique et archéologique fur le cttlle de Ste Agnèt (p. 60. in-8, Lyon. 1847). Quant à celui qui est annexé à la basilique de Sainl< Jean de Latran, son état actuel est liù aux restaurations modernes des papes Grégoire XUI, Clément VIU, Urbain VIII et Innocent X, et nous n'avons pas a nous en occuper. Le bas-relief gravé ci-dessus est probablement la reproduction exacte de la forme primitive du baptistère conslantinien : la haute antiquité du sarcophage où il se trouve sculpté nous autorise à le supposer.
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La cuTe baptismale, la même, croit-on, qui ienii au baptême de Constantin (dans Thypothèse da baptême de cet empereur par S. Sylvestre), esl une urne antique de porphyre. On pense aussi que les diapelles ëesées aux deux côtés du baptistère par le pape S. Hilaire ou peut-être par Sixte DI {Ub. Poniif, In Xùitm III), occupent Templaeement de deux pièces du palais de cet empereur (Ciamp. Socr. asdif. 33). Anastase le Kbljotbécaire nous a transmis une énumération des dons faits à ce baptistère par le grand Constantin. « La cuye était toute recouverte à Tintérieor et à Textârieur de lames d*argent très-pur, du poids de trois mille huit livres. Au milieu, m medwfoniit, des colonnes de porphyre qui supportaient une phiala d*or (Y. l'art. Cantharw), où se brûlaient, an jour de Pâques, deux cents livres de parfums.... Il y avait un agneau d'or très-pur du poids de trente livres, lequel répandait l'eau dans le bassin. A la droite de l'agneau était une statue du Saniveur en argent très-pur, de cinq pieds de haut, pesant cent soixante-dix livres. A la gauche, celle de S. Jean-Baptiste, de cinq pieds de haut, tenant à la main noe tablette où étaient écrits ces mots : Ecce agnus Dà, ecce qui tollU peccatum mmmii. liem^ sept ceriis d'argent, répandant Teau, et du poids de quatre-vingts livres chacun ; enfin un encensoir d'or orné de quarante-deux pierres précieuses, et pesant dix livres. >
IV. — Les baptistères étaient autrefois fort spacieux, soit à cause de la multitude qui s'y rendait pour recevoir le baptême, soit parce que ce sacrement s^administrait ordinairement par immersion (V. Part. Baptême, n. III). De là cette appellation uff« et»TiarQpi6v, magnum illwninatorium, qui leur fut quelquefois appliquée. Ils étaient même assez vastes pour que des conciles aient pu s'y tenir : ce fait est oonstaté par Du Cange et Suicer, d'après les actes des conciles de Chalcédoine et de Carthage (ConcU. Ckalced. act. i. — Suicer, ad voc. <»MTttfT«p<c«)y et mieux encore peut-être par une mosaïque de Saint-Jean in fonte de Ravenne, où l'idée d'un concile est représentée hiéroglyphiquement par deux diaires épiscopales et le livre des Évangiles ouTort sur une table (Y. Ciamp. Vet, mon, I. tab. xxxviu. et notre art. Conciles). Ils étaient ordinairement divisés en deux parties, afin c|ue les deux sexes s'y trouvassent séparés (Cyrill. Uieros. Caieeh, — Aug. De civ, Dei. 1. xxu. c. 13); d'autres fois, il y avait deux baptistères distincts. Xoos voyons cependant dans le bas-reliet d'un sarcophage illustré par Ciampini {Yet mon. ii. tab. it) qu'Agilulphe, roi des Lombards, et sa lenome Tbéodelinde, furent baptisés dans la même vasque.
Au centre de l'édifice se trouvait une cuve en pierre (Joan. Diac. ùe eccL Lateran. c. xn), ronde, ou en forme de croix (Greg. Tur. De glor, mart, 1. 34). La cuve ou piscine était à fleur du pavé; on y descendait, du côté droit, par trois degrés ; il y avait trois autres marches à gauche, pour sortir (Isid. De dimn offic, i. 34), et une septième au milieu, où sans doute se tenait le pontife qui admi-
nistrait le baptême : c'était l'image du tombeau de Notre-SelgneuT, dont le baptême est le symbole : Conupidti enim tunuu cum illo per baptismum {Rom. vi), • nous avons été ensevelis avec lui par le baptême, t C'est pour cela que les vasques baptismales eurent quelquefois la forme d'un tombeau. Dans les baptistères somptueux, on voyait ordinairement, au milieu des fonts, soit une urne de marbro, soutenue par une base élégante et de laquelle l'eau jaillissait pour retomber de diverses manières dans la vasque; soit une simple colonne se terminant par une figure d'animal, un agneau d'or du poids de trente livres au baptistère de Latran, lequel versait l'eau par la bouche, ou d'un cerf d'argent comme ceux que le pape S. Hilaire ajouta au même baptistère et pour le même usage. On employa jusqu'à des colombes d'or.
En certains lieux, outre la principale piscine, il y en avait d'autres plus petites dans le pourtour du même édifice. Le baptistère de la cathédrale de Verceil, d'une origine fort ancienne, offre cette particularité qu'il renferme deux sièges, l'un pour le prêtre, l'autre pour le parrain (Miilin. Voyage dans le Piémont, ii 345) .
La structure des baptistères était souvent fort élégante. Leur forme était ordinairement octogonale : exemple celui de Latran, qui est peut-être le plus ancien de tous ceux qui subsistent aigourd'hui ; et encore celui de Sainte-Thècle de Milan, comme nous l'apprenons par une antique inscription qui se lit dans Gruter et Montfaucon (Aniiq. expl. suppl. t. u. 1. 8. c. 2), celui de Florence, celui de Pise dont voici le plan par terre, ceux
de Saint-Zénon de Vérone, d'Aix en Provence, de Fréjus (Y. Lupi. Dissert, u. p. 109), et presque tous ceux des anciennes villes du midi de la France. A Riez, un petit temple circulaire (c'était un panthéon), orné de huit colonnes corinthiennes, et surmonté d'une coupole, fut changé en baptistère dés les temps les plus reculés, le quatrième siècle probablement. Celui de Pise, dont nous donnons le plan horizontal ci-dessus, est un de ceux qui reproduisent le plus exactement les formes antiques. Il y en avait de forme hexagonale, tels que ceux
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de Sieiuie, de Parme et d'Aquilée. Cette dernière forme se retrouve aussi dans lés conliée&orientale s Nous aimons à en donner id un exemple provenan de DeirSela, dans la Syne centrale (De Vogué, pi. 117). La coupole dominant la vasque est soutenue por six colonnes, et Ton voit à rextérieur un portique qui conduit au baptistère.
Il y avait aussi des baptistères ronds, tels que eelui de Pistoiè (Lupi. ib.). Celui que décrit S, Paulin (Epist. xii Ad Sever,) avait la forme d'une tour. Celui de Bari, dans la Pouille, qui date du quatrième siècle, esl rond à Textérieur, et intérieurement il a douze pans, dont jadis chacun portait rimage de Tun des douxe apôtres (T. Selvaggio. AnUq, Crût instit. m. 39).
Y. ^ Autrefois, il n'y avait qu'un baptistère par diocéi^e ou ville épiscopale, et il en fut ainsi à Rome durant plusieurs siècles, au témoignage de Yisconti (De rît, bapiitm, i. g). Cet usage s'est maintenu dans plusieurs villes de l'Italie, notamment à Florence, à Pise et à Bologne, du moins pour la ville épiscopale. La principale raison, c'est que, diais les premiers siècles, l'administration du baptême était réservée aux évèques. On lit en effet dans l'histoire ecclésiastique que souvent des Églises veuves de leur pasteur sollicitèrent instamment leur retour, parce qu'une multitude de peuple mourait sans baptême ; Macri en cite plusieurs exemples (Hiero-Lexic. ad voc. Baptisierium). C'est au sixième siècle seulement que des baptistères commencèrent à être concédés aux paroisses rurales, ainsi qu'il ressort des dispositions des conciles d'Auxerre (An. 577. can. xvm) et de Meaux (can. xlui). Le rit ambrosien n'admet pas la bénédiction des fonts dans les églises paroissiales aux vigiles de Pâques et de la Pentecôte* Cette bénédiction ne se fait qu'à l'église mé*iropolitaine: les curés viennent y chercher l'eau baptismale et la portent prooessionnellement dane leurs églises respectives (Maeri. ibid,).
Eu ^ard aux convenancee de la discipline ancienne, le$ baptistères des premiers siècles avaieni une telle abondance d'eau qu'ils reaeemblaievt i des lacs ou à des rivièrea» si bien qu*on les appelait natatorium ou piêcina (Socrate. Hitt. eccL
vu. 17). Aussi les évèques avaient^ils soin de choisir pour bâtir leurs baptistères des lieux où se trouvaient des sources ou des cours d'eau. Le pape Ilamasa, pour établir celui du Vatican, fit descendre du lanicule de grands cours d'eau, et voukat perpétuer lui-même la mémoire de ce fait par une inscription métrique qui fut fixée dans la muraille de cet édifice et que Baronius rapporte d'après un trèthaneien manuscrit, sous l'an 584 (V, aussi Prudence. Pm$teph. xji). Un fait analogue est aitiibué à S, Lin, second évèque de Besançon, par Dunade (HuL de VégL ville et ddoc, de BeâonfOH, 1750. p. 27-37). Le tribun militaire Onnasius céda sa maison, afin de livrer passage au cours d'eau qui devait alimenter le baptistère que voulait construire Tévêque, et sur l'emplacement duquel fut bâtie plus lard l'église de Saint- Jean-Baptiste. A Aquilée, un baptistère fut établi sur la rivière Alsa (Berloli. Aniidiità di Aquileia. Yenec. 1759).
Ceux denos lecteurs qui désireraient des notions plus détaillées sur la structure des baptistères, sur leurs proportions et leurs diverses parties, sur la question de savoir quaod ils furent transportés dans le nartkex» quand ils furent investis du droit d'asile, etc., etc., pourront consulter Durant (De ritih. EccL cuthoL c. xix), Yisconti (Observai, ecckmavt. t. 1. 1. 1. De rilib, baptiim,). Du Cange (Glossar. edit. Paris. 1675), Martéue (De arUiq, Eccles.^ ritib. 1. i), Suicer (Thetaur, eccleeiasl, voc. ^Ttsmiptov)^ Bingbam (Origin, et antiq. eccle$iad. t. m. 1. 8. c. 7), Lupi (Dmert. e leU, t. i. dissert.
1), etc.
VI. — La conaécmtioQ des baptislèi*es avait lieu régulièrement cooaaie celle des basiliques ellesmêmes, et la formule de cette consécration se retrouve dans l'Ordre romain. Un des principaux rites de la dédicace des baptistères consistait à y transporter soleuneliement des reliques de martyrs. S. Grégoire de Tours l'atteste formellement de lu»><nême (But, Franc, 1. x. c xxxx. 19) : bapiiâUriÊtm ad ipsam baiilicam œdificari prœcepi, in quo êanctorum Johanni» et Sergii martgriê pignata coilocavi^ < j'ai fait ceosiruire un baptisiére prés de la basiliqiie (de Tours, où S, Marlin et ses successeurs avaient reçu la consécration épiscopale), et j'y ai placé des reliques des SS. Jean et Sergitts martyrs. » 11 nous apprend ailleurs (VU. Pt^. c. VH. ^) qu'il y avait, dans le baptistère de Dijon des reliques d'un grand nombre de saints : nudtœ âanctwrtm reUqmœ tenebantur. QuelqaeftMS même on bâtissait les baptistères sur les tom* beaux des martyrs; rbymne vn de Prudence porte ce titre : De loco in qiào martyree pam smU, çtu nvfic baptisierium esl.
La pompe la phis imposante présidait à la conséeration des baptistères, si nous en jugeons par ce que rapporte d'une cérémonie de ce genre S. Sidoine Apollinaise (lib. iv. ep. 15)» Elle se foisait, au milisu d'im grand concours «de peuple, par l'évêque, assisté d'un nombre coosklénble de mi* nistres, et elle était suivie d'un festin. Ces sortes