‹ Dictionnaire des antiquités chrétiennes [microform]Chapitre 54 sur 281 · I) — BERG · texte numérisé non relu

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l'index et le médius, tandis que tous les autres doigts restent repliés dans.la main : exemptes, un bas-relief où Notre-Seigneur guérit le paralytique, elune fresque qui le montre ressuscitant Lazare (Boit. Liiu). Ailleurs encore, au cimetière de Saint- Calliste, un personnage d'un aspect vénérable, assis, entouré de quelques personnes qu'il paraît enseigner, et ayant à ses pieds un tcrinium plein de volumes (V. l'art. Scrinia), étend ses mains ainsi disposées.

i' On a des exemples de Noire-Seigneur bénissant avec le pouce et l'index seulement : nous ne citerons, pour ce geste spécial, qu'un diptyque de la cathédrale de Milan du quatrième ou du cinquième siècle iBugali. Mem.di S. Celio. p. 280). Hais, en général, ceci n'est que le geste indicatif de quelque objet : c'est ainsi que, à l'abside de Saint-André in BaibaTa, les évangèlistes S. Harc, S. Matthieu et S. Luc monlreul d'une main r£ vangilequ'ils portent dans l'autre (Ciamp. Ytl.mon, i. 343); ainsi encore dans l'arc triomphal de Sainte- Cécile, Notre-Seigneur indique du pouce et de l'index de la main droite le globe qu'il tient sur la gauche. Une belle fresque des catacombes (Perrel. vol. m. pi. Il) monlre .Abraham indiquant de même à Isaac te feu allumé pour le sacrifice.

5* Ajoutons enfin que la liturgie du patriarcat de Constant in opie dispose que l'évèque, quand il oHlcie, bénit le peuple successivement avec tes deux mains, disposées à la grecque; et ensuite avec la droite tenant un chandelier à trois brandies qui représente la Sainte Trinité, et avec la gauche élevant un diandelier k deux branches rappelant les deux natures de Notre- Seigneur Jésus- Christ (Siméon Ihessalon. De templo. p. 222. ap. I^brun. Cérém. de la Mette, ni. 397.] La gravure

représente le patriarche S. Kethodius bénissant selon celle formule.

BERGERS UDORinon Ms). — Ce sujet se présente rarement dans les monuments primitifSi 1»

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diverses Romes souterraine! n'en offrent, croyonsnous, que deui exemples. Cependant on ot»erve sur un fragment de sarcophage du cimetière de Pmdlle (Botliri. 1». cliui) un sujet qui, si l'on wlatel l'attribution que lui donne Bottari, serait le préliminaire de la scène représentée dans les deui autres, et fournirait un troisième aemple. C'est une scène pastorale conçue et oécutèe avec une élégance extrême. U y a trois bergers, dont le premier tient une brebis, le second debout porte une brebis sur ses épaules, le troisième également debout appuie son ^sage sar ses mains reposant sur un long bilon autour daquel est tracée une spirale du haut en bas ; il a le regard dirigé avec une expression de tendre sollicitude vers quatre brebis qui paissent sur le penchant d'une montagne. Tous trois portent le cosinme pastoral ordinaire. I>e même sojet est représenté à peu prés de la même manière sur une médaille de dévotion que nous reproduisons, d'après H. de' Rossi, à l'article BÔ* PotleiD-. Oa croit TOir dans ce tableau la représentation des bergers qui, pendant la nuit de ta natiTÎté, Teillaienlsurteurstroupeaux dans un lieu que S. lérùBie appelle Tour d'Ader (Hieron. Epiil. xtr), et qui furent les premiers à recevoir la bonne nouvelle.

Les dem monuments que nous avons mentionnés en commençant, et qui sont aussi des sarco* pbages, représententiesmèmes bergers nu moment Oii ils rendent leurs hommages au Dieu enfant dans sa crèche (V. Aringhi. t. i. p. 615 et n. 355. — Cf. Bottari. tav. lihy et acni). Ils sont au nombre de deux seulement, on les reconnaît à un biloD recourbé qu'ils portent à la main. Sur le

second plan paraissent le bœuf et t'âoe, dont la présence à la nativité a été l'objet de tant de discnssions èrudites (V. le P. Serry. Exareit. ixi. D. 3. — Cf. Bottari). Sedulius était pour l'airirm»tiie, car il compare i l'ine de la nativité celui de l'cotréede Nolre-Sfigneur à Jérusalem :

NoD i[i[ui impar

Oai palalo Cbriilum, licet îd ftmuft Jacealeni, IfDoiit Udkh CMC Deum.

(T. l'art. Bauf [le] il fane).

L'enfant Jésus est enveloppé de langes et, par conséquent, beaucoup plus jeune que dans lesujel de l'adoration des liages qui se voit sur le premier

de nos sarcophages, tout i côté de l'adoration des bergers, et où Notre-Seigneur, vêtu d'une tunique, est assis sur tes genoux de sa mère. Ceci est conforme à l'opinion de S, Jérdme, qui met deux années et plus entre ces deux événements, opinion partagée par S. Ëpiphane [Hercen. i»i. § 39), fort répandue dans les premiers* siècle s, e; probablement adoptée à l'époque où fut sculpté ce bas-relief dont nous donnons ci-contre la reproduction. H. De' Rossi, dans son premier volume d'inscriptions ciu^tiennes de Rome, puUie un fragment de l'an 313 où œsujet est représenté (/ruer, t. I. p. 51).

L'adoration des bergers se voit aussi sur un sarcophage d'Arles (Uillin. Midi de la France, pi, Lxvi. *), mais avec quelques variantes. Ainsi il n'y a qu'un berger qui, le pedum ji la main, se tient detiout aux pieds de l'enfant Jésus couclié dans un berceau en treillis d'osier. Marie est assise près de la tète de son divin (lis ; partout ailleurs elle est absente, ainsi que S. Joseph. Le bœuf et l'âne sont préscnls dans ce bas-relier.

Les deux sujels de l'adoralion de Jésus par les twrgers et par les Mages sont réunis surquelquesuns de ces précieux vases à huile sainte que S. Grégoire avait envoyés i la reine Ttiéodelinde (Houoni. Sec. vu. p. 77). Harie y e.-t assise sur un trône élégant et lient l'enfant Jésus sur ses genoux; à sa droite sont les Mages avec leurs présents; à gauche les bergers, et les anges au-dessus. Au-dessous de ce tableau on voîtles moutons et les chèvres qui par des sauts joyeux s'associent à l'allégresse de leurs pasteurs (V. l'art. Huilet

BIBLIOTHÈQUES CHRËTIENNES. —

Les Pérès et les pasteurs en général de la primitive Ëglise, prenant au sérieux cet oracle divin : ( Les lèvres du prêtre garderont la science, et l'on recliercliera la loi de sa bouche (Halach. n. 7), ■ Labia lacerdotit ctutodienl tcienliam, et legem requirent ex ore ejui, s'appliquèrent loujours â multiplier, pour eux, pour leur clergé et pour le peuple, les sources de toutes les bonnes études ; et l'histoire ecclésiastique constate l'existence de nombreuses bibliothèques dés les temps des persécutions. Ain» S. Alexandre, évèque de Jérusalem et marijr sous Trajan-Dèce (Eusd). Hiit. eccl. VI. Z'j), en avait fondé une dans sa ville épiscopale. Eusèbe témoigne y avoir lui-même puisé de grandes ressources : elle renfermait des lettres et un grand nombre d'autres écrits des auteurs ecclésiastiques de cette époque, par exemple de Bérylle, évéque de Bostra, de S. llippolyle, etc. (Euseb. vt. 20). Le martyr S. Pamphile avait formé à Césarée une bibliothèque tellement riche, que S. Jérôme (Epist. ad MarceUin. 0pp. t. n. col. 711) ne fait pas de difficulté de comparer ce prêtre aux plus célèbres bibliophiles de l'antiquité, Déméirius de Phalère et Pisistrate. S. Pamphile donna celte précieuse collection i l'Église à laquelle il était attaché par son sacerdoce. U esl d'un in-

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térét infini de voir dans Eusèbe (n. 33) et dans S. Jérôme {De vhr. ilL ni. Epist ad Marcel, loc. laud.), le détail des recherches immenses qu'il fit faire partout pour Fenrichir, aussi bien que les merveilleux résultats qu'il obtint. Malheureusement, l'ouvrage spécial qu'Eusébe avait composé sur ce sujet est perdu : s'il nous eût été conservé, il formerait le monument le plus curieux de l'histoire bibliographique et littéraire de l'antiquité. S. Isidore de Séville assure que le nombre des volumes rassemblés par S. Pamphile s'élevait à trente mille environ (Etym, vi. 6), nombre trèsconsidérable, même en tenant compte du peu de matière contenue dans les volumina ou rouleaux des anciens, en comparaison de nos livres modernes. On sait que cette célèbre bibliothèque fut détruite, probablement à l'époque de la persécution de Dioctétien. Nous devons signaler à la reconnaissance des lettrés les noms d'Âcace et d'Euzoius, deux évoques successeurs d'Eusèbe, qui s'appliquèrent à réparer ces pertes (Hieron. De vins ilîtutr. cxni).

Lors de la persécution de Dioctétien, les Eglises d'Afrique avaient des bibliothèques, puisque cet empereur les fit détruire, et les actes proconsulaires de ce temps en mentionnent une à Girtha (Labb. I. col. 1444). Plus tard, S. Augustin parle d'une bibliothèque à Hippone, à propos d'un livre qu'elle ne possédait pas {De herœt. ad Quoivultdeum, 88. 0pp. vm. col. 27). À Rome, il en existait plusieurs au temps du pape S. Hilaire {Lib, pontif. ap. Labb. iv. col. 1031) Nicéphore {Hist, eccl, xiv. 3) loue le zèle de Théodose le Jeune à recueillir des livres religieux, ce qui suppose une bibliothèque fondée à Constantinople par cet em< pereur, et même, selon quelques-4ins, par Constantin lui-même.

Au temps de S. Grégoire le Grand, Rome était tellement riche en livres, que les princes et les évêques, au rapport de ce pape lui-même (Prœf, in lib. XI. honùL), s'adressaient à lui de toute part pour obtenir des œuvres ascétiques ou littéraires.

On sait que S. Jérôme s'était fait une riche bibliothèque, grâce aux nombreux copistes qu'il avait sous la main {Epist, ti), et Florentins en avait une aussi, comme nous rapprenons dans cette même lettre adressée à ce dernier. Les bibliothèques chrétiennes abondaient dans notre Gaule. S. Sidoine Apollinaire parle avec éloge des collections de livres rassemblés par Ruricius, évêque de Limoges {EpisL v. 15), et par Lupus de Périgueux (Epist. vm. li). Le même écrivain donne les détails les plus intéressants sur la riche bibliothèque que possédait Ferreolus dans sa maison de campagne près de Nimes. Il nous apprend qu'une portion de cette collection, composée principalement de livres religieux, était destinée à l'usage des femmes, qu'une autre, réservée aux pères de famille, contenait les plus beaux ouvrages de la littérature latine, entre autres ceux de Yarron et d'Horace parmi les profanes, ceux de S. Augustin,

de Prudence, et la traduction d'Orîgène par Rufin, parmi les chrétiens {Epist. u. 9. V. les cit. plus bas).

Gomme la plupart de ces collections, formées le plus souvent par les évèques ou les prêtres étaient destinées à l'instruction des fidèles et des clercs, elles possédaient les livres de l'Ancien et du Nouveau Testament, ainsi que leurs commentaires qui, dés les premiers siècles, formèrent une des principales branches de la littérature chrétienne. Malheureusement nous avons à regretter la perte de beaucoup de ces travaux d'exégèse. Tatien avait composé les Harmonies des Évangiles, que nous ne possédons plus. Ammo* nius, un des maîtres d^Origène, avait, lui aussi, réuni en une seule narration les récits des quatre évangélistes. S. Jérôme {Epist. ad Alças.) attribue aussi à S.Théophile d'Antioche un livre d'Harmonies évangéliques. De tout cela il ne reste rien; mais ces notions peuvent nous donner une idée des richesses que, sous ce rapport, possédaient déjà les bibliothèques de ces temps primitifs.

Ensuite venaient les œuvres des Pères, principalement celles des apologistes, les discours et homélies des plus célèbres orateurs chrétiens, les décrets des conciles, les œuvres de controverse contre les hérétiques, les actes des martyrs, les ouvrages déjà existants sur l'histoire de lËglise, et en particulier sur Thagiologie ; en un mot, tous les écrits se rapportant à la foi, à la morale, à la conduite chrétienne, à la discipline.

Quoi qu'il en soit, ce serait se faire une bien fausse idée de l'esprit qui animait les chrétiens primitifs, que de leur supposer un zèle étroit et mal entendu qui eût exclu de leurs bibliothèques les auteurs profanes de la Grèce et de Rome. Et ici l'exemple leur venait de haut : car, comme le remarque l'historien Socrate (hisl. eccl. 1. m, c. 24), S. Paul lui-même avait puisé dans la littérature profane une érudition qui se manifeste par des citations d'Epiménide de Grète, par exemple {Tit. 1, 12), d'Euripide (1 Cor. xv, 33) etd'Aratus (Act. aposi., XVII, 28). Aussi les écrivains de l'antiquité, philosophes, orateurs, poètes, historiens, n' étaient guère moins recherchés par les fidèles que les auteurs ecclésiastiques. « Ne répudions pas les études séculières, dit Origène {Conir. Cels. iv, 44), sans lesquelles les études divines ne sauraient exister. Que l'enlant, dès qu'il est en âge de connaître, apprenne et goûte d'abord ce qui est de Dieu et de la foi ; en vain l'école lui pariera-t-elle ensuite de ses dieux et de ses fables, il les rejettera comme un homme averti d'avance, si on lui offre une coupe empoisonnée, se garde d'y porter les lèvres c (Y. aussi Tertullien, IdoL). On sait que cet illustre docteur (Origène) possédait des copies exécutées avec un grand luxe calligraphique des principaux chefs-d'œuvre de l'antiquité païenne (Euseb. vi. 3), et il ne fallut rien moins que la dure nécessité de se créer des moyens d'existence, pour le déterminer à se dé< faire de ces beaux livres, dont la valeur devait être assez considérable, puisque, en compensation.

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Tachetair s'engagea à lui payer une rente viagère de quatre oboles par jour. — Dans le litre quHl oonaposa en fateur des jeunes gens adonna à rétiide de la littérature profane, S. Basile leur reoommandait la lecture d^Homére, d*Hésiode et de Tbêognis (Socrate, Hût, eccL^ lu, 16). U leur signalait un choix des plus célèbres philosophes, et ne se montrait difBcile qu'en ce qui concernait les poètes comiques; il leur proposait pour eumple Moise versé dxas les sciences des Égyptiens et Daniel dans ceUes desChaldéens.

Koiis serions infini, si nous voulions rappeler ici les témoignages attestant que la littérature profane était oontinuelleroentrecommandée^ux chrétiens parleurs docteurs. Bornons-nous à l'exemple de S. Augustin, qui au sujet de la bibliothèque d'Hippone {Ub, de HœreL Ad Quodvultdeumj cap. Lxxxvui), nous apprend qu'on y lisait Homère et Tirgfle {Cimfa$. un et xiv) et sans doute aussi les livres qu'il nomme dans sa Cité de Dieu et que possédait sa bibliothèque {De civit Dei. vi. i), entre autres Platon, Yarron, Gicéron, Salluste, Perse, Térence, Tite-Live, Lucaui, Sénèque, Denys d'Balicamasse, Justin, Apulée, Nigidius le mathématicien. Porphyre, Claudien (Y. Petit-Radel. Reckerckes sur /es biblioth, anciennes, p. 35 et suiv.).

L'association des écrivains profanes avec les auteurs chrétiens dans les études des fidèles de la primitive Église se trouve attestée, pour notre Gaole.par Sidoine Apollinaire, dans sa lettre à Donidius (Lib. n, epiM. 9), où il nous a laissé une description pleine de charme des doux passe-temps d'une société polie et lettrée au dnquitee siècle. 11 parle avec une prédilection marquée des lectures qui remplissaient une partie de la journée dans les maisons de campagne des sénateurs Ferréol et Apollinaire, où il recevait une amicale hospitalité. Là, les livres pieux étaient surtout entre les mains des femmes : ne quod inter matronarum cathedras codicee erant, stylui lu religionu inveniebatur. Pour les pères de famille, c'étaient des ouvrages de haute littérature, qui vero per subsellia pairum famUiaSj ii cothumo laiiaris eloquii nobilitabantur, ouvrages dont les auteurs déploient une égale habileté dans des sujets différents. Ainsi, des écrivains d*une science semblable, S. Augustin et Varron, Horace et Prudence, reposaient côte à côte dans ces bîUiolhéques d'élite, et faisaient tour à tour, bien que sans doute à des degrés différents, les délices de ces chrétiens aux mœurs élégantes et studieuses : nom êindlis scieniiœ viri, hinc Augiulintu, kinc VarrOf hinc Horatiuê, hinc Prudentiut lectita-haniwr.

C'est dans ces arsenaux que s'étaient armés de toutes pièces les Pères de l'Église, dont l'immense érudition nous étonne aujourd'hui, les Clément d'Alexandrie, les Ladance, les Augustin, les Cassiodore, les Isidore de Séville, les Hilaire de Poitiers. S. Augustin a dit de ce dernier Père, ainsi que de quelques autres (De doctrm. Christ. 1. xl, 61), qu'ils étaient sortis de l'Egypte, comme Moïse,

chargés d'un riche butin, qu'ils mirent à profit pour l'édification de l'arche sainte : nonne aspi^ cimui quanto auro et argento et veste suffarcinatiu exivit de Mggpio Cyprianus dactor suavissimus et martyr beatissimus? Quanto Lactantius^ quanto Yictorinus, Optatus, Hilarius ? Ce qui veut dire que ces grands hommes avaient puisé dans l'étude des lettres humaines cette prodigieuse connaissance de l'antiquité, de sa mythologie, de ses erreurs, de ses vices, qui les mit en possession des arguments invincibles par lesquels ils confondent le mensonge et anéantissent la calomnie, armes puissantes dont les apologistes des siècles suivants eussent été privés, si les docteurs de la primitive Église eussent partagé les préjugés ridicules mis plus tard en honneur par l'ignorance et la paresse.

Tous les Pères, même ceux qui se sont montrés le plus sévères pour la lecture habituelle des auteurs profanes, les ont admis comme base essentielle de l'éducation littéraire. Cela est si vrai que, pendant que l'Église vécut sous le coup des prohibitions de Julien, de savants chrétiens s'efTorcèrent d'en atténuer, autant que possible, les déplorables effets, en composant sur des sujets pieux, pour l'usage de la jeunesse, des livres imités de ceux des païens. Une fois l'apostat disparu, on reprit l'étude des classiques, et S. Grégoire de Nar zianze, bien loin de la condamner, ne craint pas de dire qu'il y aurait folie à le faire, c et que ceux-là ne voient les choses qu'à demi, qui n'en ont pas uneparfaite connaissance. • Cette étude, ditledocte Mabillon (Traité des études monast. p. 363), polit l'esprit, fortifie et perfectionne la raison, forme le bon goût et le jugement. Elle est en quelque sorte nécessaire pour entendre les Pères et fournit la manière de soutenir les vérités de la religion contre ses adversaires, ce que ne fait pas l'Écriture sainte, qui n'en fournit que la matière.

Dès le troisième siècle, l'Église de Jérusalem fut fondée avec l'adjonction d'une bibliothèque (Eusèb. Hist. eccL, vi, 21 ), et dès lors aucune église ne s'établit sans être pourvue de la collection des livres jugés nécessaires à l'instruction (V. Petit-Radel. Op. laud., p. 26). Cette bibliothèque était placée dans celui des secretaria qui s'ouvrait à la gauche de l'abside, ad îœvam sacrarii bematis, disent les vieilles chroniques monacales (Cf. Cancellieri. De secret. Basil, vatic. t. i. p. 325). S. Paulin avait écrit sur la porte de la sienne ces deux vers , qui prouvent qu'elle était ouverte à tous les fidèles désireux de lire et de méditer les saintes Lettres (Epist. xxxn. 46) :

SI QVEU SAUCTA tkhet hiditandi ik ligb tolchtas,

DlC POTEMIT nSSIOENS SACUS UlTEIlDEni UBftIS.

« Si quelqu'un est pris du saint désir de méditer It loi, — U pourra en ce lieu se pénétrer des livres sacrés. »

Il y avait aussi des bibliothèques dans les baptistères, témoin celle que le pape S. Hilaire avait établie dans celui de Latran (Anastas. In Hilar.).

Les lecteurs ecclésiastiques avaient la garde de

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la bibliothèque, et même le droit d'emporier les livres chei eui, afln de s'eiercer à les lire correctement en public. Tous cw déUils et beaucoup d'autres non moins intéressanls sont consignés dans les actes proconsulaires de Ciriha dèji. rites (V. Lami. De tndU. apost. p. 507). (Pour les biblioUiéques monasUques, V. larl. Moines, n. VI.)

BlRRiJS. — C'était une espèce de manteau ou de capote qui se porlait sur la tunique, quelquefois même sur la toge.

Tantôt il était boulouné sur lapoitrine,è peu prés comme ' le Télement qui couvre les épaules de SS. .^bdon et Sennen (Y. l'art. Abdon el Sennen); lanlôl libre el flot- Unt comme dans la figure que (tous donnons ici et qui représente ce diacre au cimetière deSainlJules{Bosio.

b8i) ; tantôt relevé sur l'é- IMule (Id. 565). Le binvt fit d'abord partie du costume militaire, et alors il était court et étroit ; mais dès qu'il fut adopté dans la rie civile, ses formes se développèrent de façon i couvrir toute la personne, et on s'en serrait pour se préserver du vent et de la pluie. Le biiru* était un des vêlements que portait S. Cjpnen, et dont U se dépouilla au moment de. son martyre : te laeema birro expoliavil (Ad. ap. ''.9. edit. Veron.). On voit un peu fim

Btàn. I

loin que le samt martyr, après s'être agenouillé quitte encore la dalmatique et ne garde que la tunique, in linea tletil, ce qui suppose que le birn* se portail par-dessus tous les autres vêlements

Pour se prêter à cet usage, le bimu était tissu de laine brute et (frossière, de couleur naturelle en premier lieu, puis blanche sous Auguste et ses successeurs. Dans la suite, il devint un objet de Juie. par la variété de ses couleurs et des oV nemenls dont il était enrichi : Birromm pretia nmul ambUione)itque déclinant, dit Cas-len {De «mot. i^Ul. lib. I. c. 7). Les moines dÉgvpte évitaient les manteaui précieux, ainsi que tout ce qui semait l'ambilion. Les dirétiens pieui se conlenlaientd'ï attacher des croix d'étoffe dune nuance dilTerente et tranchant sur le fond (V DuCang. ad voc. BiVru*). '

En adoptant ce vèlemenl.les clercs lui conservèrent sa primilive simplicité; ils le portaient non- ou brun ; mais la couleur rousse dul être la plus commune, si nous tenons compte de la significalion de 1 expression usuelle, lacerna bima Jci, en effet, le mol lacerna est substantif, et dé- Signe le vêtement lui-même ; birnu est qualiOca- Uf, et tire son origine du grec ^(^t, couleur dt feu; tandw que le bimu, pris comme subslaniif, dérivé de p^p»;, signifie le manteau donl nous par-

Au bimu était adapté un grand capuchon terminé en pointe, lequel préservait la tête et les épaules des intempéries et se déUchait à tolonlé.

On pense que le birrm est l'origine de la moselle actuelle, munie, elle aussi, d'un capuchon, et qui, par l'eiiguité de ses proportions, se rapproclie beaucoup de la forme primitive du bimu. C'est peut-être ce qui a fait croire à Baronius (An. 261) que c'était un vêtement propre aux anciens évèques. U parait plus certain |Y. Du Cange, loc. laud.) qu'il était commun à tous les clercs el même aux laïques. C'est ce que supposent évidemment les textes des plus anciens auteurs qui menlionnent le tirrui des évoques, entre autres S. Augustin, Palladius, S. Grégoire de Tours. S. Césaire d'Arles (Cf. Du Cange, ib.).

BIS0MU8. — V. l'art. Sarco^age, n. 1.

BOEUF (Le) ET L'ANE de li iijitivii*. — La question de savoir s'il y avait prés de la crèche de Notre-Seigneur un bœuf el un âne a été fort controversée. Baronius cite (Ann. i. 5. S) plusieurs Pères en faveur de l'affirmative ; TiJlemonl (Mim. I. 447) pense que leurs témoignages doivent êlre pris dans un sens allégorique. Toujours estil que ce fait, réel ou supposé, s'est conservé dans les traditions de l'art, Iradilions dont le point de départ est sans doute la prophétie d'baîe (i, 3) : Cognovit boi poueuortm tuum et oti'nu* prœtepe Domini eui, t Le bœuf a connu son maître, et l'âne l'étable de son Seigneur. ■

le bcEuf et l'ine se voient surtout dans les nalivités sculptées en bas-relief sur les sarcophages antiques (V. BolUri. lav. iiu. lxix». liuvi. icni). Un fragment de sarcophage de Saiiit-Amhroise de Milan en offre un autre exemple (Allegrania. Monum. di Mil. lav. v) que nous reproduisons ici.

On en trouvera un autre, pris d'une sculpture du Latran, à notre article Bergen (Adoration de$). Kous retrouvons le même sujet sur un sarcofAage d'Arles (Millin. Midi de la Fr. pi. ixvi. 4), sur plusieurs pierres gravées (V. Veltori. Num. or. explic. p. 37. — Veiiuti. Aeadem. di Corlona. l. ïii. p. 45. — Allegr. op. laud. p. 64), sur d'anciens diptyques (V. BugaU. Mm. di S. Celto, in fin.). M. De' Rossi donne un fragment de sculplure de l'an 343 uù cet accessoire de la .Nativité e^t représenté : la tradition qui y est relative élait donc en vigueur vers le milieu du quatrième siècle (Rossi. Intcr. Chritl. Bom. t. i. p. 51).

BREBIS. — Qatad Noire-Seigneur conféra i S. Pierre ses pouvoirs souverains sur son Eglise, il établit une distinction entre les agneaux et les

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