‹ Dictionnaire des antiquités chrétiennes [microform]Chapitre 59 sur 281 · CANC · texte numérisé non relu

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pénétrée qu'achève d'exprimer sa main gauche étendue vers le Sauveur. Le même sujet se trouve aussi représenté, et d'une manière asseï romplèle sur uu diptyque d'ivoire du cinquième siècle donné par Bugali à la suite de ses Memoiie di S. Celio, p. 3S2. Notre- Seigneur, très-jeune, touche les Aijifriic avec une baguette, il est entouré de neuf personnages, dont l'un verse de l'eau dans l'une des kydriœ d'une amphore appuyée sur son épaule.

CABfCEI, (liseï d'nbord l'arlicle Tranienna).

— Dans les anciennes basiliques, c'était une barrière à jour qui séparait la lolea (V. ce mot) du sanctuaire, et même s'étendait dans toute la largeur de l'église, d'un mur a l'autre. Les cancels étaient quelqueTois de bois, comme dans l'église de Tyr, au rapport d'Eusèbe {Hitt. eccl. 1. 1. c. 4). d'autres fois de marbre, tels que celui qui se voit aujourd'hui à Saint-Clément de Rome, lequel a des espaces ii jour, el d'autres pleins qui sont ornés de croix en relief. Ce cancel est probablement le plus ancien de tous, car, d'après les conjectures les plus plausibles (V. Rossi. Bull. 1870, p. 137), il fut transféré de l'antique basilique â la nouvelle qui est bâtie au-dessus.

Les cancels étaient impénétrables aux laïques, et les Pères renouvelaient de temps en temps les prohibitionsdelËgliseàcet égard. Anciennement, les prêtres et les lévites seuls communiaient à l'intérieur des cancels (V. Samelli. Batrlicogr. p. 86). L'exclusion des laïques ne EOuTTrait pas d'exception, elle s'étendait aux magistrats et aux empereurs, comme le prouve l'exemple de Constantin au concile de Nicée (Euseb. Hist. eccl. v. 15.

— Tliéodoret. i. 7).

L'esprit adulateur des Grecs d'un cûlé, et l'arrogance de quelques empereurs de l'autre, lireut quelquefois admettre ceux-ci à l'intérieur des cancels ; ils allèrent jusqu'à s'asseoir avec les prêtres et i offrir avec eux. Après les empereurs, vinrent les magistrats, et peu à peu l'abus s'étendit A d'autres laïques sans distinction. Nous avons de S. Gr^oire de Kazianze une épitre (Carm. ad epitcopot) oà le grand éièque déplore amèrement cette infraction à l'antique discipline, el rappelle les évèques â la juste sévérité que leur charge leur impose.

S. Ambroise, comme on sait, opposa la sainte fermeté de son âme épiscopale â de tels abus. 11 ordonna que l'empereur Tbéodose eilt son siège en un lieu également séparé du peuple et du dei^é, el hors des cancels, comme nous l'apprend Sozomène [Hitt. ecel. vu. 34). L'empereur resta fidèle aux prescriptions du grand évêque de Hilan, même à Constantinople. S'élant trouvé en cette ville un jour de fête, il alla porter son offrande à l'autel, mats il se retira immédiatement. Et l'évftque Nectaire ayant eu la bassesse d'en demander la cause, le prince répondit qu'il n'avait trouvé qu'à Milan un docteur de la vérité, un homme digne de la dignité épiscopale. U y avait aussi des

CAND — i

(UKtb dans Vatritim de quelques basiliques ; ils régnaienl dans les eutre-cfllonnements du portique, H ils éUient disposés de telle sorte que ceui qui ètjwit btigués pussent s'f appuyer et jouir de la ne des e*ui jaillissant au centre de l'afrium (V. Tirt. Canthanu). Celte fontaine elle-mèroe était enloiirée de cancels.

CAnoELABBE DES JUIFS- — On sait qall j iTait des cimetières pour les Juifs qui, au temps des empereurs, et surtout depuis les Ticloi- ' Tes des Tespasiens, se IrooTaient à Rome en grand nombre et aTsienl fixé leur demeure au delà du Tibre. En 1603, Bosio découTrit sous la voie de Porto, la plus rapprochée de ce quartier, une o^pte, au fond de laquelle on remarquait, pour tout emUème, le chandelier à sept branches ; on j trooTa aussi une lampe d'ar^le ornée du même emUéme (T. Àriughi. n. p. 651), et quelques fragments de marbre où se lisait le nom de la synagogue.Des fouilles pratiquées en divers endroits du même quartier ont fait découvrir des sarcophages et d'autres monuments funéraires appartenant, les ÎDscriprions le prouTenl, aux anciens Juifs, et qui se voient dans les recueils de tteinesius, Spon, Fabretti, Huratori, et surtout dans l'ouvrage de P. Lupi sar Sainte-Sévère (p. 177). Un autre cimetière juif vient de se révéler, il y a fw de temps, près de la voie Appia, tis-à-vis le cinieltére ctvétiea de Saint-Callisle. On j a remarqué des décorations toutes semblables à celles du pranier, et principalement le candélabre, et ta outre plusieurs symboles juifs analogues i ceux que moût rent deux fragments de sarcophages extiùts du tombeau des rois à Jérusalem par N. de Saolcy, et qui font aujourd'hui partie du musée du Louvre (galerie des antiquités assyriennes) : ces symboles sont des pampres de vigne, des grappes de raisin, des citrons, des graïades, des rameaia d'amandier qui rappellent la ver^e d'Aaron, des coloquintes, ornements de la mer d'airain.

Le candélabre se trouve encore représenté sur des objets portatifs de Averses es-

des verres i foad d'or : BiHHiarroti ((av. a et m) en avait déji publié trois, le P. Garnicd en donne sept (tav. v), et l'un deceanMmumoUs le reproduit

le type preacrit

parûealai-meme

{Sxod. OT. SI) :

*Sa tige, ses bnndies, ses coupes, ses pommes et

MS lit seront d'une même pièce; ■ il eslsurquel-

ASnq. CBRÉT.

î — CAND

ques lampes d'argile, dont une très-belle dans le recueil de Santé Bartoli [Antich. Lwxme. part, m. n. 5S). H. Perret en donne une qui n'a que cinq branches (iv-xiti. 5) et affecte une forme inusitée. Nous avons dans l'ouvrage de Ficoroni sur les pierres gravées avec inscription [Gem. ont. Hit. part. n. lab. i. nn. 2 et 5) un onyï et un médaillon de cristal qui présentent aussi le candélabre sous une forme élégante.

Or, comme la plupart de ces objets furent trouvés dans les catacombes et fiiés à des tombeaux chrétiens, plusieurs antiquaires, k la tële desquels se place l'illustre Bosio [Roma toUtr. I. ir. cap. 46), ont voulu leur donner une origine et une signification chrétiennes : de même, disent-ils, que les Juifs regardaient le candélabre comme le type du Christ qui devait venir, les chrétiens l'adoptèrent comme la figure du Christ venu, qui dit de lui-même : • Je suis la lumière du monde (Jaan. vin). > Ceci est conforme, il faut en convenir, ï la doctrine commune des Pères, et leur enseignement i ce sujet a pu facilement donner lieu A l'interprétation des monumenl^ que nous venons de signaler, ij. Grégoire le Grand (Homil. VI. In Etech.) dit de Jésus-Christ : t Dans lui, la nature de l'humanité a brillé de la lumière de la divinité, pour qu'il devint le candélabre du monde [V. insup. Clem. Alex. Strom, y.). Bède (ixv la Exod.) y voit la figure des sept dons du Saint- Esprit, et encore celle de Jésus-Cbrist portant les sept Églises dans lesquelles brille la splênHëùr septiforme de TEsprit-Saint (In xixa cap. Exod.) > S. Jérôme (/b cap. iv Zacck.) le regarde comme la flgore de l'Église : i Le candélabre d'or, de l'or le plus pur, s'entend de l'Ëglise. • Et ailleurs (In v cap. katlk.) : • Qu'est-ce que le candélabre? C'est l'Ëglise qui promulgue la parole de vie. i Ailleurs encore {In cap. uEpiil.adPhiUm.): .Tout homme ecclésiastique ayant la parole de Dieu est appelé candélabre. • Le candélabre fut aussi regardé comme la figure de la croix. Théophile d'Antioche {In cap. n Mallli.) : i Le candélabre, c'est la croix du Christ, laquelle a illuminé le monde entier de la splendeur de sa lumière, ■

On voit que l'opinion assignant un sens chrétien et une origine chrétienne au candélabre ne manquait pas d'une certaine base au moins apparente, dans les textes.

Mais les monuments la repoussent. D'abord le candélabre n'a jamais été rencontré dans les peintures murales des catacombes, ni dans les scult^ures sûrement chrétiennes.

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On a cité une pierre sépulcrale du cimetière de Quartus et Quintus (c'est ainsi qu'Aringhi le désigne), sur laquelle le chandelier à sept branches serait associé au monogramme du Christ, au tombeau de Lazare, aux symboles chrétiens du pois* son, de la maison et des balances (Y. Hamachi. Origin. Christ, m. p. 39). M. De' Rossi a publié de nouveau ce marbre (Inscr, Christ. Rom. t. i. p. 210), mais plus exactement que les précédents éditeurs. Or, dans sa gravure, l'objet qu'on a pris pour le candélabre des Juifs ne présente aucun rapport avec ce que nous connaissons en ce genre. Nous ignorons donc sur quel fondement le P. Lupi {Sev. epiiaph. p. 177) a pu ariirmer « qu'il se trouve quelquefois sur les tablettes des loculi chrétiens t. Ce savant a pu être trompé par la ressemblance que, dans des monuments grossièrement exécutés, la palme offre avec le candélabre.

Resteraient les objets mobiles, les verres, les gemmes, les lampes, etc. , lesquels étaient le plus souvent fixés à l'extérieur des loculi comme simples marques mnémoniques, ou moyens de reconnaissance. Or les chrétiens se servaient pour cela indifféremment de choses de toute nature, même païennes. £st-il étonnant dés lors qu'ils aient employé des objets rappelant la religion judaïque, objets qui devaient être très-communs entre les mains des chrétiens venus du judaïsme, lesquels formaient une partie si considérable de l'Ëglise primitive, Ecclesia ex circunicisione ?

La présence de ces petits monuments dans les catacombes ne prouve donc rien de ce qu'on a voulu leur faire dire.

CANON (Kavttv, régula). Le mot canon vient d'un vocable grec qui veut dire règle. Ce mot a, dans la langue ecclésiastique, plusieurs significations. Nous n'avons pas à parler ici du canon des Écritures ; et nous avons consacré un article spécial au Canon de la Messe.

{o II est quelquefois employé pour désigner le symbole, soit la formule de foi qui est le critérium au moyen duquel on discerne l'hérésie d'avec l'orthodoxie, ou, pour nous servir des expressions de S. Maxime de Turin, a la tessère ou marque à laquelle on distingue les fidèles d'avec les perfides, » symbolum tessera est et signaculum, quo in~ ter fidèles perfidosque secemilur (Homil. in symb.). Ainsi, quand le concile d'Antioche (Ap. Euseb. Hist. eccl. vu, 30) dit que Paul de Samosate s'est écarté de la règle de la foi, tcû xxvgvoc, on doit entendre par là que, par sa doctrine, il s'est placé en dehors du symbole de l'Ëglise. C'est pour exprimer la même idée que les Grecs (Y. Socrat. Hist. eccî. 1. II. c. 39) se servent des termes ^po; et &^coi; i7ioTto>(, definitio et expositio fidei, et quelquefois ils disent simplement nion;, fides (Théodoret. Hist. eccl. i. 7). Ces expressions répondent au latin régula fidei, qui est communément adopté par S. Irénee (i. 19), Tertullien (Prœscript. xii) et S. Jérôme (Epist. uv. Ad Marcellin.), lorsqu'il^ parlent des hérétiques et de leur défection des

articles de la foi catholique contenue dans les symboles de TÊglise.

2* Les auteurs et documents anciens donnent aussi le nom de canon au catalogue où étaient inscrits les clercs, pour qu'on sût à quelle Église chacun d'eux appartenait. Le mot xovwv est souvent pris en ce sens dans les actes du concile de Nicée, par exemple au seizième canon : c Quiconque témérairement, et n'ayant pas devant les yeux la crainte de Dieu, et ne tenant point compte du canon ecclésiastique ^ se sera retiré de son Église, etc., • et ailleurs (Can. xvii) : c Qu'il soit exclu du clergé et devienne étranger au canon ecclésiastique. • Ainsi encore, le concile d'Antioche (Can. i) appelle le catalogue des ecclésiastiques « le saint canon », a-^icv xavova, et les Canons apostoliques le nomment xzroO.&'^sv Upx-nxcv, « catalogue hiératique » ou sacré.

Les auteurs latins désignent le même objet sous des dénominations équivalentes : S. Sidoine Apollinaire le nomme album, c liste » (1. v. epist. 8), le concile d'Agde (Can. n), c matricule, » matrîculam (Y. ce mot), et S. Augustin, « tableau des clercs, » iabulam clericorum (Homil. l De divers.). Mais c'est du grec x%vov qu'est dérivé le nom de canonici (Y. l'art. Chanoines), qui généralement est attribué aux clercs de chaque église où ils sont inscrits. C'est sous ce titre que S. Cyrille de Jérusalem (Procatechesis, n. iv), décrivant l'ordre hiérarchique du clergé, désigne le présence de ses membres, xavcvixûv irapcuaia. Dans les actes du concile de Laodicée (Can. xv), ceux des clercs qui étaient chargés du chant dans l'église sont nommés xavcvixct ^cLkrat^ c chantres canoniques. » Les conciles de Nicée (Can. xvi) et d'Antioche (Can. ii) embrassent l'ensemble des clercs dans cette expression générale : c ceux qui sont dans le canon », c'est-à-dire inscrits dans le registre matricule de l'église, rchç tv xoivovi. On en vint même à étendre cette dénomination générique à toutes les personnes qui, à un titre quelconque, étaient portées au catalogue de l'Église, ne fût-ce que comme pensionnaires, c'est-à-dire comme, ayant droit de recevoir d'elle leur subsistance, les moines, par exemples, les vierges et les veuves, etc. (BasiK Epist. I. eanonic. cap. 6). On a enfin donné le nom de canon au catalogue des Saints reconnus ou cano* nisés par l'Église (Y. l'art. Canonisation).

3* On appelle encore canons les lois et constitutions ecclésiastiques, réglant la foi, la discipline et les mœurs, et émanées soit de l'autorité des con^ ciles, soit de celle des papes, soit des paroles des saints reconnues et adoptées pour règle par l'Église : Canonum quidem alii sunt statuta conciliorum, alii décréta pontificum, aut dicta sancto^ rum (Can. i. dist. 3). Nous n'avons pas à traiter ici cette question, qui est du domaine du droit canonique. Nous nous bornerons à donner un court aperçu historique sur les canons dits apostoliques^ considérés comme la plus ancienne expression de la discipline de l'Église primitive. Nous devons au. lecteur ces quelques détails comme mesure deU

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îakor qm s'attache à ces documents qu'il trouvera souTcnt dtés dans ce dictionnaire, et dont, en général, la connaissance est nécessaire pour l'intelligenoe des lifres relatifs à Tancienne discipline deFÉgiise.

Ces canons sont au nombre de quatre-vingtcinq, on de soixante- seize, suivant Ja division qu'on adopte. Quelques savants, tels que Turrien (Defensio pro canonib. apost.), ont essayé de prou- Ter qu'ils sont dus en totalité aux apôtres euxmêmes ; d'autres se sont contentés de leur en attribuer une partie ; c'est Tavis de Binius (Tit. can, t. 1. ConciL)j de Sixte de Sienne (Lib. n BibL tanetœ. h Clément.), de Baronius (Ad an. 103. n. i4), de Bellarmin (Uh. de script. eccL In Clément.), de Possevin (Apparat. yeTh.Clemens)^ etc. Les docteurs protestants, au contraire, entre autres le ministre Baillé (De pseudigraph. apost. 1. ii), prétendent qu'ils furent fabriqués par quelque faussaire au cinquième siècle. L'opinion commune des érudils (Y. dom Ceillier. Aut. sacr. et eccles. l. m. p. 609) se place entre ces deux extrêmes et tient que, bien qu'on ne puisse pas afTirmer positivement que les apôtres en sont les auteurs, ils remontent néanmoins à la plus haute antiquité et sont l'organe de la tradition apostolique. Cest proprement, de l'avis de ces savants, une collection de divers règlements de discipline établis avant le concile de Nicée, soit dans difîérents conciles particuliers tenus pendant le deuxième et le troisième siècle, soit par les évèques de ce temps-là. On peut ajouter que la collection que nous en possédons, à quelques additions près qui y ooC été glissées par la suite, a dû être compilée au plus tard vers le commencement du quatrième siècle. Cest ce que nous voyons clairement par les témoignages d'un grand nombre de Pérès et de conciles des quatrième et cinquième siècles, qui appuient leurs décisions de l'autorité des canons qu'ils nomment tour à tour canons apostoliques, canons anciens, canons ecclési€utiques, et qui ne S8 trouvent nulle part ailleurs que dans la collection dont il s'agit (V. D. Ceillier. op. laud. pp. 611. suiv.].

Les canons apostoliques furent censurés par le pape Gèlase dans un concile de soixante-dix évèques tenu â Rome en 494 ; mais ce ne fut probablement qu'à raison de leur titre, qui pouvait induire les chrétiens en erreur au sujet de leur origine, et aussi à cause des dispositions contraires aux défîttitions de FËglise que renferment quelques-uns d'entre eux. Mais Denys le Petit en ayant fait, an commencement du sixième siècle, une traduction latine qui ne renfermait que les cinquante premiers canons, sur lesquels ne tombait pas la censure du pape Gèlase, la collection fut reçue avec applaudisisement par l'Église romaine, comme le témoigne Cassiodore, auteur contemporain (De divin. Uction. c. xxni. p. 333. edit. Parisiens. 1589), et ces cinquante canons firent désormais autorité chei les Occidentaux. Nous savons par Anathase le Bibliothécaire (Prœf. ad vu sytod.), 1

que le pape Etienne n'en avait pas approuvé un plus grand nombre dans un synode où il en fut question ; et Urbain II (Ap. Gratian. dist. xxxn. c. 6), Gratien (Dist. xvi), Cresconius, évêque d'Afrique (Conçoit, canon. Ap. Juslel. t. i. et in Breviar. canon, ihid.), n'en comptent pas davantage. Mais ils faisaient loi : Jean II (Epist. ad Cœsar. Arelaiens. t. iv Concil. p. 1757) fit valoir leur autorité contre Gontumeliosus, évêque de* Riez. Ils furent aussi allégués dans la cause de Prétextât, évêque de Rouen, en 577, sous le règne de Chilpéric ; et il ne parait pas qu'ils aient été connus en France avant cette époque (Greg. Turon. Hist. Franc, v. 18). On croit qu'ils étaient reçus en Angleterre vers Tan 670 (Beda. Hist eccl. Angl. VI. 5).

Les canons apostoliques ont été encore en plus grand crédit chez les Grecs que chez les Latins. Car, outre qu'ils les ont admis jusqu'au nombre de quatre-vingt-cinq, comme le prouve le témoignage de Jean d'Àntioche (In prœfat. ad Collect. canon. )^ presque tous leurs écrivains qui en ont parlé jusqu'au sixième siècle ont cru qu'ils étaient des apôtres. L'auteur que nous venons de citer, contemporain de Denys le Petit, et depuis élevé sur le siège de Gonstantinople par Justinien, les donna sous ce titre dans une nouvelle collection des canons de l'Église orientale. Justinien les cite comme ayant les apôtres pour auteurs, dans sa noveile à Épiphane, patriarche de Gonstantinople ; et ils furent solennellement approuvés par le concile in trullo (Can. ii), comme ayant été reçus et confirmés par les Pères qui les avaient transmis sous le nom des apôtres. Le second concile de Nicée, qui compte pour le septième œcuménique, les reçoit avec le même respect que ceux des dix premiers conciles généraux. Ils furent même placés dans le canon des Écritures par S. Jean de Damas (Lib. IV. De fide orthodox. c. 18). Pholius (Cod. 112. et prœf. in Nomocan.) et Blastares (In Prcemédit.) sont les seuls d'entre les Grecs qui aient témoigné quelques doutes au sujet de leur origine apostolique.

4* Les écrivains de l'antiquité ecclésiastique, ainsi que la loi romaine, appliquent le nom de canon à une sorte de tribut qui, sous l'empire, atteignait la propriété foncière, et qui se payait en nature, savoir : en blé, vin, huile, fer, cuivre, etc., pour le service de l'empereur, d'où lui vient le nom de specierum collatio. Il fut quelquefois aussi appelé indictio cakokica.

Dans sa deuxième apologie, S. Athanase (p. 778. edit. Paris. 1627), ayant à se défendre de l'accusation d'avoir imposé aux Égyptiens, en faveur de son Église d'Alexandrie, un impôt de tuniques de lin, se sert du mot canon pour l'exprimer» Nous citons en latin : De lineis nempe stichariisy quasi ego caronek (xavova) ^gyptiis imposuissem. Sozomène rapporte le même fait dans des termes analogues. Ainsi encore le Code théodosien a un titre spécial (lib. xrr. tit. 15) sur le c carox frutnentaire de la ville de Rome », De camonb frumèn'-

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tario urbiê Romœ, ce qui doit s*entendre du tribut en grain qui était levé sur les provinces d*Afrique au profit de la ville reine.

Ailleurs le même tribut est appelé jti^afio, mot dérivé de jugum, et qui signifie Tespnce de terrain qu*une paire de bœufs, jugum, peut cultiver dans une année. Souvent aussi on le nomme capitatio ou capita, et ceux qui le percevaient, cephalœotœy de xctjf&Xri, capui, 11 était perçu trois fois par an, de quatre en quatre mois : ce qui le fait appeler par Sidoine Apollinaire « les trois tètes > tria capita^ ou f Géryon le monstre aux trois tètes », dans une charmante boutade qu*il adresse à Tempereur Majorien, pour lui demander d*ètre exonéré, lui et sa chère ville de Lyon, d'une si lourde charge (Garm. xiii. Ad Majorian. vv. 19 et 20) : t Figure-toi, dit-il, que nous sommes des Géryons, monstres à trois tètes : et ces tètes, pour que je mène une vie heureuse, coupe-les moi toutes les trois > :

Geryones nos esse puta, raonstrumque tributum, Use capita, ut vivam, tu mihi toile tiia.

Baronius et quelques autres auteurs ont soutenu que les terres de TÉglise étaient exemptes de cette indiclio canonica. Mais il est prouvé que quelques Églises seulement, celles de Thessalonique, d'Alexandrie et de Constantinople, jouissaient à cet égard d'un privilège spécial (Cod. Theodos, lib. xi. lit. 1-33). Aussi S. Ambroise, dans son discours contre Auxentius {De iradend. basilic), a-l-il pu dire : « Si Tempereur nous demande un tribut, nous ne le refusons pas; les champs ecclésiastiques payent le tribut.... Nous payons à César ce qui est à (îésar, et à Dieu ce qui est à Dieu. »

5» Canons évangéliques d'Eusèbe. Ces canons se trouvent fréquemment mentionnés dans les livres relatifs soit à l'histoire ecclésiastique en général, soit à la critique du Nouveau Testament, soit à la liturgie. Nous croyons donc, en leur consacrant ici quelques lignes, faire une chose utile aux commençants, auxquels ce dictionnaire est surtout destiné.

Les canons évangéliques ont été composés par Eusébe pour faciliter Tétude comparative des quatre Évangiles. Ce sont des tables indiquant, au moyen de certains chitTres rangés sur des colonnes parallèles, tous les passages qui ont ensemble quelque rapport, ou qui n'en ont point (Y. S. Isidor. Uispai. Origin, vi, 14). Un travail semblable avait déjà été tenté par Anunonius, évèque d'Alexandrie (V. la lettre d'Eusébe en tète de ses canons). Eusébe de Gésarée le reprit en sousœuvre et le perfectionna. Ces tables devaient être placées en tête des exemplaires des quatre Évangiles. Les mêmes chiffres se trouvaient distribués le long des marges à côté de chaque verset, avec le numéro du canon auquel il fallait recourir. Le chifTre qui marquait le verset était en noir, et le numéro du canon était en rouge, au-dessous. Ainsi, quand le lecteur voulait savoir si tel verset, par exemple celui de S* Matthieu où il est dit que,

Jésus-Otirist étant descendu de la montagne, un lépreux s'approchant de lui l'adora en disant : c Seigneur, si vous voulez, vous pouvez me guérir, » se trouvait aussi dans S. Marc et dans les autres évangélistes, il portait d'abord ses yeux sur le chiffre tracé à celé de ce verset, puis les reportait sur celui de dessous, qui marquait le numéro du canon ou de la table à laquelle il fallait recourir. Il s'arrêtait dans celle table à la colonne particulière à l'Évangile de S. Matthieu, et y trouvant aussitôt le chifTre qu'il cherchait, il examinait, dans les autres colonnes parallèles des autres Évangiles, si S. Marc, S. Luc et S. Jean, ou seulement l'un d'entre eux, avaient rapporté le même

fait.

Les canons d'Eusèbe étaient au nombre de dix (S. Uieron. Prœf in iv. Evang. ad Damas. 0pp. t. I. p. 1436). Le premier indiquait tous les endroits qui se trouvent dans les quatre Évangiles ; le second, ceux qui ne se lisent que dans S. Matthieu, S. Marc et S. Luc; le troisième, ce qui est rapporté par S. Matthieu, S. Luc et S. Jean; le quatrième, les endroits parallèles de S. Matthieu, de S. Marc et de S. Jean ; le cinquième conciliait S. Matthieu avec S. Luc; le sixième, S. Matthieu avec S. Marc; le septième, S. Matthieu avec S. Jean; le huitième, S. Luc avec S. Marc; le neuvième, S. Luc avec S. Jean ; enfin, dans le dixième, figurait, sous quatre colonnes difTèrentes, ce que chacun d'eux avait écrit de particulier.

Ces tables se trouvent à la tète de la Bible de S. Jérôme (0pp. t. i. edit. Martianay. et edit. Migne. t. x. col. 526), avec la préface de ce Père sur les quatre Évangiles, préface où il explique au pape Damase, à qui elle est adressée, tout le système des canons évangéliques d'Eusébe. Ce grand docteur avait traduit les canons d'Eusébe pour la même raison qui avait engagé celui-ci à les composer, c'est-à-dire pour rétablir la pureté des textes, dans lesquels une grande confusion s*était depuis quelque temps introduite. En effet, on avait cru pouvoir ajouter à l'un des Évangiles ce qu'il avait de moins qu'un autre en certains endroits, ou ce qu'il n'avait pas dit dans les mêmes termes : de telle sorte que l'on trouvait dans S. Marc des choses qui étaient dans S. Luc, ou réciproquement, sans que le lecteur qui n'était point sur ses gardes pût distinguer ce qui appartenait réellement à chacun. Eusébe avait adressé ses canons évangéliques à Carpien, par une lettre qui est imprimée en tête de l'ouvrage.

CANON DE LA MESSE. — L — Les anciens ont donné à celte vénérable formule différents noms, dans lesquels se reflète le profond respect qu'elle a toujours inspiré. Ils l'ont appelée tour à tour ■ le légitime t, legitimum (Optât. Milev. 1. Il), ce qui équivaut à peu près à « prière canonique a, c'est-à-dire réglée par la loi ou canon de l'Église, canonicam precem, comme s'exprime S. Grégoire le Grand (1. vn. epist. 64) ; c le secret

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oala secrète (Id), » ucreium et êecretam, prière qui se dit secrètement, ou à toix basse; f Tactk», > adionem ou agenda (Ap. Strab. De reb. ecd. ixii)» Taction par excellence; c la prière mystique, » mysticam precem (S. August. De Trinâ. m. 4). Cette prière a été nommée canon, aa dire des liturgistes, t parce qu'elle renferme la conrectitm légitime et régulière du sacbe- K5T. ff Cest la définition de Walfrid Strabon (\'. loc. lawi.Y quia est légitima et regularis sacransn amfedio. Celle du Micrologue est conçue à peu près dans les mêmes termes (Cf. Durant. De riiib. Eccl, cathoL ï. u. cap. 22. p. 385). t Le canon de la messe, dit enfin Grancolas [Traité de la messe, p. 102), est le corps des prières qui précèdent et qui suivent la bénédiction ou la consécration de rEucharistie. »

IL ~ L'origine de chacune des oraisons dont se compose le canon de la messe est recouverte d'une certaine obscurité. Mais il est du moins un fait éc\a\ani comme le soleil : c'est que sa formule, essentiellement sacramentelle, a pour auteur Notre Seigneur Jésus-Christ lui-même, qui a donné une vertu tonte-puissante à ces augustes paroles : # Prenes, mangez, ceci est mon corps ; faites ceci en mémoire de moi. Buvez-en tous, car ceci est mon sang (Luc. xxii. 19 et 20). »

Quand S. Grégoire le Grand affirme (I. vu. ep. 64. Âd Joan, Syracui,) que la coutume des apôtres était de consacrer l'hostie offerte par la seule Oraison dominicale, affirmation que du reste une saine critique ne saurait admettre absolument, il ne reot parler que de Taccessoire, jugeant superflu de faire mention des paroles sacramentelles dont rÉglise s'est toujours servie, et sans lesquelles on ne conçoit pas même la consécration eucharistique, t Le sacrement, dit S. Ambroise, est opéré par la parole; du Christ, • sacramentum Chrisli sermone conficitur (Ambros. De myster. c. II). Aussi la forme de la consécration est-elle la même dams toutes les liturgies, sauf quelques variantes sans aucune importance, et laissant toujours intacte la parole du Sauveur, variantes qui se font remarquer dans la hturgie de S. Jacques, dans celles des Constitutions apostoliques, de S. Basile, de S. Chrysostome.

Reste la qaesti<m de savoir à quelle époque a été fixée la forme intégrale du canon telle qu'elle existe aujoofd'bui. H serait malaisé de donner à celte question une solution précise. A la vérité, les auteurs les plus graves ont toujours regardé le canon comme étant de tradition apostolique; et ici le grand principe de prescription proclamé par S. Augustin pour les choses dont l'origine est inconnue, trouve sa plus légitime application. Le pape Yigile, qui vivait vingt-cinq ans avant, affirme positivement : Canùnicœ précis textum.,.. tx apôdolica iradiiiane accepimus (Ap. Labbe. C<meU. t V. p. 313), et c*est la raison sur laquelle il se fonde pour recommander le canon à la vénération des Espagnols, auxquels il l'envoie. Plus encore, S. Isidore de Sévilie (L. i. Offic.

c 15) va jusqu'à attribuer à S. Pierre lui-même Tordre de la messe et des oraisons de la consécration : Ordo missœ, vel orationum, quibus oblata Deo sacrificia consecrantur, primum a 5. Petro institutus est.

Sans doute, ceci ne doit pas s'entendre d'une manière rigoureuse, dans ce sens que les apôtres aient écrit et nous aient transmis textuellement cet ordre dans l'état où nous le possédons ; cela veut dire seulement que les prières de l'oblation du sacrifice non sanglant viennent des apôtres quant à la substance, qu'elles furent fixées et complétées d'après leurs instructions dès les temps apostoliques, et qu'elles ne lardèrent pas à revêtir, sous leur inspiration presque immédiate, la forme définitive qu'elles ont toujours conservée depuis. £t en effet, il n'est pas impossible de démêler des traces des principales oraisons du canon dans des documents de beaucoup antérieurs aux premiers sacramentaires écrits qui sont parvenus jusqu'à nous.

11 est permis d'abord de reconnaître une allusion évidente à la première de ces oraisons où nous prions pour t la Ste Église catholique.... répandue sur toute la terre, » pro Ecclesia sancta catholica.... toto orbe terrarum, dans ces paroles de S. Optât de Milève : Offerre vos dicUis pro Ecclesia toto terrarum orbe diffus (lib. n). Les quatre oraisons : Quam oblationem, — Qui pridie quam pateretur, — Vnde et memoresy Domine , — et Supra quœ propitio^ se trouvent formellement mentionnées dans le livre De sacramentis, qu'on attribue ordinairement à S. Ambroise, mais qui, dans tous les cas, date de son temps (lib. iv). Enfin Fauteur anonyme du livre intitulé QiMPationes Veteris et Novi Testamenti (Quaest. xliv), qui nous apprend qu'il écrivait trois cents ans après l'expiration des semaines de Daniel, ce qui répond au quatrième siècle de notre ère, affirme (Quaest. cix) que Melchisédech est prêtre, à la vé-^ rite, mais non pas grand prêtre, t comme le supposent les pontifes dans Toblation, t ut inobla^ tione prœsumunt aniistiles. On ne saurait désigner t plus clairement celle des oraisons du canon qui commence par les mots Supra quœ propitio ac sereno vu/Zu...., oraison où se lisent en effet ces paroles : Sicut obtulit summus sacerdos tuus Melchisédech,

Nous ne devons pas oublier de faire remarquer que l'auteur du traité De sacramentis invoque les quatre oraisons contre les hérétiques, et comme venant d'une tradition déjà alors fort ancienne. D'où nous sommes en droit de conclure que le canon tel que nous le récitons aujourd'hui re« monte au berceau même du christianisme. On trouvera d'autres citations analogues à celle-ci dans l'ouvrage de Durant [De ritib. Eccl, cathoL loc. laud.); et Renaudot, dans la savante dissertation qu'il a mise en tête de son ouvrage (LOur* giarum oriental, collect. t. i. p. 1), établit avec une grande force l'origine apostolique du canon, par la conformité qui règne en cela entre

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les liturgies grecque, syriaque, cophte et latine. Ceux qui ont prétendu assigner au canon de la messe une origine relativement moderne, en ont attribué la composition tantôt au pape Gélase, tantôt à Voconius, évèque de Gastellane en Mauritanie, tantôt à Mussus, prêtre de Marseille, parce que, d'après Gennade (De script. eccL), ces trois personnages auraient écrit des sacramentaireê. Mais les auteurs que nous avons cités plus haut comme ayant parlé d'une manière plus ou moins claire des oraisons du canon, ont précédé ceux-ci d*un, de deux siècles et plus. Ce qu'il y a de vrai, c'est que S. Gélase inséra le canon dans son sacramentaire, mais sans y faire aucun changement. Il le reçut tel que Tavait laissé S. Léon, qui, entre autres perfectionnements apportés par lui à la liturgie, ajouta, si nous en croyons le livre du pontife romain (In Leon,I), à la sixième oraison du canon, ces paroles : Sanctum sacrificium, immo" culatam hostiam. Ceci prouve donc que le canon était écrit au moins un demi-siècle avant S. Gélase. Et tout ce que ce même livre pontifical nous apprend des travaux de S. Célestin sur la liturgie, suppose évidemment qu'à l'époque de ce pape, qui siégeait en 422, dix-huit ans avant S. Léon, Tordre de la messe était déjà constitué et le canon fixé par écrit, bien que l'auteur n'en parle pas d'une manière explicite.

En outre des arguments qui précèdent, on peut prouver Tantèriorité du canon au quatrième siècle par deux considérations d'un grand poids. La première, c'est qu'il n'y est fait aucune mention des confesseurs, mais seulement des martyrs, ce qui est une coutume caractéristique des trois premiers siècles (V. l'art. Culte des confesseurs). En second lieu, le catalogue des apôtres y est écrit dans un ordre qui n'est point celui de l'édition vulgate des Évangiles. Donc le canon a été composé avant le travail de S. Jérôme, car avant ce Père une grande perturbation s'était produite dans le texte des Évangiles; c'est S. Jérôme qui y rétablit l'ordre en les corrigeant sur les exemplaires grecs : il ' nous l'apprend lui-même dans sa préface.

m. — Anciennement le canon se récitait à haute voix, dans l'une et l'autre Église; et, après les paroles de la consécration, tout le peuple répondait Amen. Ce n'est guère que depuis le dixième siècle que, pour prévenir certaines profanations, Tiisage et la règle ont été dans l'Église latine de le prononcer à voix basse. Deux faits néanmoins semblent nous autoriser à penser que, même dans les premiers siècles, la discipline à cet égard ne fut pas uniforme : c'est d'abord le nom de secretum ou sécréta que S. Grégoire le Grand donne au canon (V. plus haut. n. I.); en second lieu, nous voyons au sixième siècle Justinien porter une loi prescrivant la récitation du canon à haute voix, pour les Églises d'Orient. Cette loi eût été sup^ue si la pratique qu'elle prescrivait eût déjà été en vigueur.

Le respect que l'Église professa dans tous les temps pour cette sainte formule était tel, que ja-

mais il ne fut permis à un particulier quelconque d'y rien changer ; et l'histoire a conservé comme un grave événement le souvenir de l'addition de cinq ou six mots, diesque nostros m tua pace disponas^ faite par S. Grégoire le Grand, à l'oraison Banc igitur (Bédé. Hi$t, eccl, ii. i. — Walfrid. Strab. De reb, eccL c. xxii. — Joan. Diac. Vit. S. Gregor. c. ii. n. 17).

Cependant, en outre du texte immuable du canon qui se disait tous les jours, il y eut, dés les temps les plus anciens et probablement depuis S. Gélase, ceHaines additions spéciales pour les principales fêtes de l'année, telles que Pâques, l'Ascension, la Pentecôte, l'Epiphanie, le jeudi saint, etc. Singula capitula diebus apta subjungimus^ dit le pape Vigile (loc. laud.)\ et ces additions sont les mêmes que nous faisons encore aujourd'hui aux fêtes solennelles. On les trouve dans les plus anciens sacramentaires ; le cardinal Oona en cite un (Rer. liturg. 1. n. c. 12) de la bibliothèque de la reine Christine de Suède, où se lisent beaucoup de ces capitula, exprimant l'objet pour lequel on offre le saint sacrifice à chacun de ces jours. Grancolas a réuni (Les ancien, liturg. p. 622) toutes ces variations d'après le sacramentaire gélasien.

Dès les premières années du moyen âge, on ajouta, dans celles des oraisons du canon où les apôtres et les martyrs sont nommés, les noms de quelques Saints particuliers à chaque Église. Ainsi, nous trouvons dans Ylter Italicum de Mabillon (t. I. pars altéra, p. 281) un sacramentaire tiré d'un manuscrit du septième siècle, qui fait lire au Communicantes sept noms de plus que le romain actuel, et parmi ces noms, deux de Saints de l'Église gallicane : S. Hilaire, S. Martin, S. An>broise, S. Augustin, S. Grégoire, S. Jérôme, S. Benoît. Au huitième siècle, le pape Grégoire lU, ayant construit, dans la basilique de Saint-Pierre, un oratoire en l'honneur de tous les saints, ajouta au canon les paroles suivantes, qui ne devaient être récitées que dans ce seul oratoire et à la seule messe composée ad hoc : sanctorum tuoruni mar^ tyrum ac confessorum perfectorum justorum, quorum solemnitas hodie in conspectu gloriœ tuœ celebratur (V. De' Rossi. Due monum. inédit spettant. a dueconcil. Rom. de sec. vm. ad. xi).

Des additions semblables avaient lieu pour l'oraison super diptyca ou Mémento des morts (V. Pellicia. Polit, eccl. i. 272), et aussi pour celle qui suit le Pater ^ Idbera nos, Domine.., Ainsi le manuscrit de Cologne, d'après lequel Pamelius a édité le sacramentaire de S. Grégoire (LUurg, eccl. Latin, p. 182), après les noms de la Ste Vierge et des SS. Pierre, Paul et André, porte entre parenthèses : Nec non et beato Cyriaco martyre tuo, et sancto Martine confessore tuo. D'autres manuscrits ajoutent des noms différetils, selon les Églises spéciales à l'usage desquelles ils ont été employés.

Afin qu'aucune erreur ne pût se glisser dans les copies du canon, le soin de les revoir et de les

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