CANT
corriger était dévolu aux archidiacres, comme nous le Toyons par les canons de plusieurs conciles. Ces copies étaient toujours exécutées avec le plus grand soin, en caractères élégants, et quelquefois même en caractères d'or ou d'argent. On trouTe encore de ces riches exemplaires dans quelques bibliothèques; TÉglise de Turin eo po^éde un qui remonte à plus de mille ans; il y en avait un non moins ancien dans la bibliothèque de Saint-€ermain-de^Prés.
Mais c'est surtout dans Vaction même du saint sacrifice que la plus grande vénération était témoignée à cette prière sacrée. Pendant que le célébrant la prononçait à Faute!, tous les prêtres et les clercs se tenaient profondément prosternés (V. les hturgies des Grecs, dans Renaudot) ; et un clerc ou deux diacres agitaient des éventails pour chasser les mouches et tempérer la chaleur, afin que rien ne pût distraire le pontife en un moment si solennel (V. Tart. Flabellum liturgique).
CATIOTnSATIOIV. — A aucune époque il ne fut permis de rendre un culte public aux Saints, même martyrs, sans Tautorisation des évèques. Mais le mot de canonisation, en tant qu'il désigne un décret du souverain pontife, précédé des longues et scrupuleuses formalités destinées à constater la sainteté d^un personnage, ce mot est relativement moderne, comme la chose qu*ii exprime. Jamais, nons le répétons, rien, en une matière de cette importance, ne fut livré à la dévotion arbitraire des peuples.
Quand un chrétien était mort pour la foi, on élevait un autel sur son tombeau, et on y célébrait le saint sacrifice (V. les art. Arcosolium et Autel) : c'est là la plus andenne, comme la plus simple formule de canonisation. Mais Tévèque était là, ce culte n'était établi que par son autorité, et jamais avant que le martyre eût été prouvé ; et, toutes les fois que la chose était possible, il devait avant tout reconnaître la sincérité des acteê.
Dès le quatrième siècle, l'Église établit une distinction entre les martyrs reconnus et ceux qui ne Fêtaient pas encore, inter vindicatos et non vindicatos. Et telle était la sévérité de la discipline de rÉglise sur ce point important que, au rapport de S. Optât de Hilève (L. i. Adv. Parmen.), une matrone deCarthage nommée Lucille fut réprimandée par Farchidiacre Caedlianus et censurée par son évéque pour avoir fait acte public de culte envers un chrétien qui pouvait être mariyr, mais qui n'avait pas été offidellement reconnu comme tel, nondum tindicatsu: die avait baisé les reliques de ce chrétioiau moment de recevoir la communion. S. Augnstin (CoUat. bremc. ni. il) nous apprend quelle était la manière de procéder de FËglise à cet égard. L'évéque dans le diocèse duquel un martyr avait soafTert, envoyait les actes de sa passion au primat ou au métropolitain qui, avec l'assistance des autres évèques de la province, examinait mûrement la cause, et, s'il y avait lieu, décidait que 06 personnage devait être placé au
nombre des martyrs ayant droit aux honneurs publics dans FÉglise. Et cette discipline touchant l'examen et l'approbation des actes avait une raison d'être toute spéciale en ces temps où plus d'une fois l'hérésie eut aussi ses martyrs (Ëusèb. Hisl. eccl. IV. 14. vin. 10). L'Église devait donc s'enquérir avec soin, comme s'exprime S. Jérôme [Comment, in ps. cxv), de la cause qui avait fait le martyr, quœ martyrem facity causa inquirenda est, de peur de décerner des honneurs immérités à ceux qui étaient morts hors de sa communion (Augustin. De DonatisL). Ce n'était donc qu'après l'approbation des actes par l'autorité compétente que les noms des martyrs étaient inscrits aux diptyques et qu'il était permis de les honorer d'un culte public (Y. Fart. Diptyques).
Ainsi, la canonisation des Saints tire son origine des diptyques, et n'est point une imitation de Fapothéose des païens (Benedict. XIV. De serv. Dei beat, et canon. 1. 1. cap. i. n. il), comme l'ont avancé quelques savants hors de notre communion. En effet, dit le cardinal Bona (Rer. liturg. 1. ii. cap. 12. n. i), écrire dans les diptyques les noms des évèques morts en odeur de sainteté, c'était une espèce de canonisation, ou de béatification. ÏX il le prouve par ces paroles de S. Denys l'Aréopagite (De eccl. hierarch. iz. 24) : t La récitation des saintes tables, qui se fait après la paix, proclame ceux qui ont vécu avec constance, et avec constance sont parvenus au terme d*une bonne vie. » Telle fut la discipline de l'Église jusqu'au dixième siècle. Jusque-là, chaque évèque avait le droit d'approuver, pour son diocèse, les actes d'un martyr ou d'un confesseur, et de les mettre, du consentement du métropolitain, au nombre des Saints, mais sans que leur culte pût dépasser les limites du diocèse. Les canonisations générales^ réservées au souverain pontife, et étendant le culte des Saints à toutes les liiglises de Funivers catholique, commencèrent à être en usage au dixième siècle seulement] (V. Benedict. XIV. loc. laud.).
CAPfTHARUS 00 PHIALA. — Au centre de Vatrium ou de Vimpluvium des anciennes basiliques se trouvait une fontaine ou citerne pour Fusage du peuple, qui s'y lavait les mains et le visage, avant d'entrer dans la maison de Dieu pour participer aux saints mystères (V. les art. Atrium, Ablutions, Communion). Eusèbe en fait une mention spéciale à propos de l'Église de Paulin (x. 4). S. Paulin (Natal 5. Felic. x. poem. 24. edit. Paris. 1685) donne cette élégante description de la citerne qu'il avait ménagée dans son église de Noie:
Denique cislernas adstroiimus undique teclis Caplori, fundente Deo, de nubibus amnes, Unde Autant pariter plenis cava marmora labris-
c Enfla nous avons construit des citernes, ponr recaeillir des toits d'alentour les eaux que Dieu verse des nuages, d'où elles coulent aussi en abondance dans les vasques de marbre. •