‹ Dictionnaire des antiquités chrétiennes [microform]Chapitre 63 sur 281 · V. — Quels noïers EarLoviiEXT les CBRiTIE^s · texte numérisé non relu

V. — Quels noïers EarLoviiEXT les CBRiTIE^s

T3RRilSS KE vInT PAS TRiniR l'eIISTEUCE DES UIIETIÈ-

HE8. Disons d'abord que celle difficulté n'existe pas pour les deux premiers siècles, pendant lesquels aucune dissimulation n'était imposée aux fidèles, soit pour l'excavation, soit même pour la décoralion de leurs cimetières. Pleine liberté leur était laissée !i cet égard : l'entrée des souterrains était connue de tout le monde, et s'ouvrait sur la voie publique ou dans le fianc des collines. Dès le commencement du troisième siècle, il devint nèce^ saire de voiler l'accès des catacombes, pour des raisons qu'il serait superflu d'énumérer ici. Ce n'est

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que depuis celte époque que la question proposée a s<»i application» et encore n*est-il pas possible d^l répondre autrement que par des conjectures, car les documents liistoriques font défaut sur ce détail dont les modernes se sont seuls* préoccupés. On peut supposer qu*aprés aToir broyé et réduit en poudre le tuf granulaire, on le vendait, bien moins dans des Tues mercantiles, que pour Yoiler sous les apparences d'un trafic la Téritable cause de ces excaTations : ce qui était d'autant plus facile que souTent, comme nous Tavons vu ci-dessus, les cimetières chrétiens étaient creusés au-dessous des latonûes on des carrières de sable. Peut-être se ser- Tait-oo de ces matériaux pour combler les yallées si fréquentes dans la campagne de Rome, de sa natore ondulée et gibbeuse, comme l'appelle le géologue Brocchi {Stalo fisico delV agro Romano. p. 85). On a pensé encore qu'on en formait quelquefois de petites collines artificielles sur lesquelles on jetait des graines d'herbes et de plantes qui poussaienl rapidement sur un tel sol et sous un climat si favorable.

11 est un tait que nous pouvons du moins donner comme certain, c'est que, lor$qu*on avait tiré parti de toutes les parois d'un corridor pour y ensevelir Je pJas grand nombre possible de cadavres , à /a galerie n'offrait aucun monument, tels que chapelles, cryptes de martyrs illustres, lieux de réunion, etc., on y transportait, parce qu'on le pouvait sans inconvénient, la (erre provenant des fouilles. On conçoit qu'un tel expédient dut absorber une grande partie de cette matière embarrassante, fieldetti (Cimit. p. 6) atteste avoir souvent rériûé Je iàit par lui-même et particulièrement à Toccasion de fouilles pratiquées en 1716 au cimetière de Sainle-Agnès. On y découvrit des galeries toutes comblées de terre du haut en bas, et dont les parois contenaient jusqu'à douze rangs de loculi superposés, tous exactement fermés par des tableUes de marbre ou de terre cuite, avec des épitaphes grecques et latines ; plusieurs de ces tombeaux avaient pour ornement des verres à fond doré repré:»entant des sujets chrétiens (V. l'art. Fonds de coupe), mais aucun ne portait les objets regardés comme indices du nuirtyre. Néanmoins des galeries renfermant des tombeaux de martyrs forent quelquefois ainsi comblées, afin de soustraire ces saintes reliques à la fureur des idolâtres. Ceci se réalisa probablement à l'occasion de Ja persécution de Dioclétien (Buonarruoti. Prefitz, p. iS), et aussi lors de l'invasion des Lombards et des Goths.

fie nos jours encore, les nouveaux explorateurs des catacofnl>es rencontrent souvent des galeries ainsi ot»truées; et plus d'une fois le chevalier De' Rossi a dû se glisser, pour examiner de prés les peintures des Toutes, dans les gaines produites par l'aflaissement successif que ces terres rapportées ont subi dans le cours des siècles.

TI. — Les pnEinEas caniriEiis eurent-ils toujoues LA rmormiiTi exclusive des catacombes? Nous avons démontré précédemment que ces cimetières sont

l'œuvre des chrétiens seuls; cela suppose déjà im« plicitement qu'eux seuls y eurent leur sépulture, et que les païens n'y furent jamais admis. Mais comme des écrivains d'une certaine autorité ont avancé le contraire, nous devons entrer id dans quelques détails pour rétablir la vérité dans ses droits.

1* Disons d'abord qu'une répugnance réciproque, aussi prononcée chez les idolâtres que chez les chrétiens, s*opposait à cette promiscuité de sépultures.

Nos pères dans la foi ne faisaient en ceci que se conformer religieusement aux traditions de l'Ancien Testament. Il suffit d'ouvrir les livres saints pour voir quelle sollicitude les patriarches mirent toujours à s'assurer un tombeau hors du contact des infidèles. On sait qu'Abraham repoussa constamment les offres des Uéthéens qui voulaient ouvrir à Sara leur plus noble sépulture : In electit sepulcris nostris sepeli mortuam tuam {Genêt, xxm. 6), ff ensevelis ta morte dans nos sépulcres choisis, » et qu'il tint à acheter un terrain particulier pour lui et sa famille. Jacob, sur le point de rendre le dernier soupir, exigea de Joseph la promisse solennelle de ne pas laisser ses restes dans la terre d'Egypte : Ut au feras me de terra hac, condasque in sépulcre majorum meorum (Gènes. xLvn. 30), « je veux que tu m'emportes loin de cette terre, et que tu m'ensevelisses dans le sépulcre de mes pères, f Joseph , à son tour , demanda la même grâce à ses frères et presque dans les mêmes termes : Asportate ossa mea vobiscum de loco isto {Gènes, l. 24).

Les mêmes motifs de religion firent toujours une toi aux premiers chrétiens d'imiter en ceci l'exemple des patriarches ; et nous ne croyons pas que l'on puisse trouver dans toute l'histoire ecclésiastique une seule exception à cette règle inviolable. S. Gyprien reproche avec la plus grande sévérité à Martial, évêque hérétique d'Astura, d'avoir porté l'oubli des principes chrétiens jusqu'à ensevelir ses enfants dans des sépulcres profanes et au milieu des étrangers (Gyprian. Epist. Lxvin). Il est avéré, d'une autre part, que, dès le commencement, on offrit «l'adorable sacrifice sur les tombeaux des martyrs ; or qui pourrait faire à la piété et à la délicatesse religieuse des premiers chrétiens l'injure de supposer qu'ils eussent jamais consenti à célébrer le plus redoutable des mystères, à prier, à psalmodier dans des lieux souillés par la présence des ossements d'hommes profanes, qui, selon les principes les plus fermes de leur croyance, étaient les ennemis de Dieu et voués à des supplices étemels?

Telle est la scrupuleuse réserve qu'inspira toujours aux chrétiens la religion des tombeaux. Ils eurent horreur de tout contact qui eût pu souiller des corps devenus par la participation aux sacrements les temples de l'Esprit-Saint et promis à une glorieuse résurrection (V. les rrt. Anaihhne. n. II. et Sépultures),

Les païens ne furent pas moins susceptibles sur

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ce point ; mais leurs répugnances avaient pour mobile Torgueil et le mépris. Qui ne sait combien les Romains en particulier étaient exclusifs en matière de sépulture T Cicéron nous apprend que, à une époque de si peu antérieure à Tére évangélique, la religion des tombeaux était à Rome tellement rigide, qu'on regardait comme un sacrilège d*y introduire des rites étrangers aux mailres du sépulcre et d*y réunir des personnes appartenant à des races ou à des familles différentes (De leg, ii. 22). La pyramide de Gaîus Gestius est encore debout et la tour de Caecilia Metelia n'est pas détruite ; or ces monuments restent comme un double témoignage de Pintolérant orgueil de ces maîtres du monde. Ces personnages n 'avaient-ils donc pas leurs sépulcres de famille où ils auraient pu reposer avec leiu*s aïeux! Si le lieu de la sépulture des Gestius nous est inconnu, nous savons encore par Cicéron (Quœêt. Tusc, i. 7) qu'elle était située sur la voie Appia, non loin du môle de Csecilia. Et cependant ce Gaîus, membre obscur d'une race qui, bien que plébéienne, ne fut pas sans illustration, voulut avoir un tombeau particulier pour transmettre son nom à la postérité. Quant à Caecilia, nous ne saurions rien de son existence, si elle n'eût pris soin de nous apprendre par son épitaphe qu'elle était fille du triomphateur des Cretois et l'épouse de Crassus.

Auguste élargit un peu le cercle de l'égoïsme -personnel, mais sans sortir de Tégoîsme de famille : son mausolée, au Champ de Mars, dut recevoir avec ses propres cendres celles de ses proches et de ses familiers, et il parait même que jusqu'à Nerva les empereurs n'eurent pas d'autre sépuhure. Hadrien voulut avoir le sien . afin de s'abriter lui et ses proches sous un monument incomparable. Les familles patriciennes imitèrent d'aussi prés qu'il leur fut possible celte vanité exclusive. Les colombaires vinrent donner satisfaction à ceux dont les ressources n'égalaient pas l'orgueil : mélange d'affrandûs , de marchands, d'artistes, parmi lesquels se glissait furtivement quelque esclave qui avait pu réunir le léger pécule nécessaire pour faire les frais d'une petite urne et d'une étioite niche. Et celte sépulture était encore placée sous la sauvegarde de la foi publi* que, des imprécations et des amendes.

La vile plèbe était jetée pêle-mêle avec les animaux dans ces horribles puticuli, éternel opprobi'e de la civilisation païenne. Enfin ce qui domine en tout ceci, c'est lorgueil de caste, la haine de Tétranger, et l'horreur de son contact et de son voisinage. Or, quand on sait quelle aversion et quel mépris inspiraient aux Romains, et aux païens en général, ces chrétiens que l'on confondait avec les Juifs, déjà en butte à la répulsion universelle; quand on réfléchit aux atroces persécutions par lesquelles se manifestait celle antipathie, peut-on croire que des hommes ainsi délestés, ainsi persécutés, aient pu être admis à partager les tombeaux de leurs tyrans et de leurs maîtres? Donc la supposition que les catacombes aient été dans les pre-

miers siècles du diristianisme la sépulture commune et ordinaire de tout le peuple romain, sans distinction de cuite, est totalement inadmissible.

2* Mais à cette preuve, tcute de raison et de convenance, nous pouvons ajouter une preuve positive, une preuve de fait.

On peut considérer la sépulture chrétienne sous le double rapport de la forme des tombeaux et du système général de ses nécropoles.

La forme ordinaire du tonibeau dirétien est le loculu» : une gaine horizontale, creusée dans les parois naturelles des galeries des catacombes, juste assez spadeuse pour recevoir le cadavre, un peu plus large du côté de la tête, un peu moins du oôté des pieds; elle présentait la forme régulière d*un carré long, quand deux corps devaient y être déposés, parce qu'ils étaient placés en sens inverse l'un de l'autre. Ce système est toujours exactement observé, il n'y a pas d'exception (V. les art. Locus et Locului), Le P. Marchi atteste (p. 58) que, dans tout ce qu'il a lu sur cette matière (et il a lu tout ce qui existe), il n'a pas trouvé un mot qui vienne démentir cette théorie, laquelle est du reste invariablement confirmée par sa longue expérience des catacombes, aussi bien que par le témoignage des plus anciens manœuvres employés aux travaux des fouilles. Les corps sontconstanunent renfermés dans un tombeau neuf, creusé ad hoc, selon les proportions du cadavre auquel il devait donner asile, et fermé par une tablette de marbre ou de terre cuite.

Ceci rappelle naturellement la description du tombeau du Sauveur : « un tombeau souterrain, neuf, creusé dans le roc, fermé d'une grosse pierre : » EtposuU illud {corpui Jesu) in monumento suo nova, quod exciderat in petra. El advolvit saxum magnum ad ottium monumenti (Matth. xxvu. 60). 11 est évident que, en choisissant ce genre de sépulture, les chrétiens eurent l'intention d'imiter celle de Jésus-Christ. A l'exemple de ce divin Sauveur, chacun avait son sépulcre neuf, monumentum in quo nondum quisquam potiius fuerat, « monument dans lequel personne n'avait encore été placé (Luc. xxnt. 55), » et qui, jusqu'à la résurrection, ne devait plus lui être disputé par un autre.

Ce système était celui d'après lequel les Juifs avaient toujours enseveli leurs morts, et il n'est pas douteux qu'ils ne l'eussent apporté d'Cigypte. Mais les chrétiens de Rome n'avaient pas besoin de recourir au texte des saintes Écritures pour en étudier le type. Sans remonter au tombeau d'Abraham et d'isaac à Ëphron, ils avaient sous les yeux des cimetières où toutes ces antiques traditions se trouvaient observées : c'étaient ceux que s'étaient créés les Juifs transférés à Rome, au nombre de plusieurs milliers, peu avant la naissance du Christ, par suite des victoires de Pompée. Deux de .ces dmetières nous sont connus : le premier est situé non loin du quartier qui leur fut assigné sur la rive droile du Tibre, dans les flancs de la colline appelée Monl-Vert, laquelle n'est qu'un prolonge-

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ment du Janicule. Bosio le découvrit en 1602, et il le représente comme parfaitement conforme aux catacombes chrétiennes, sauf les emblèmes qui ici, comme de raison, sont puisés aux sources de TAndeo Testament , et sauf aussi l'aspect misérable qui s*f faisait remarquer. Le second, découvert de DOS jours, est au-dessous de la vigne Rondanini, sur la voie Appia.

En outre des autres raisons qui prouvent péremptoirement le fait de celte imitation, on peut dire avec toute espèce de fondement que les premiers chrétiens furent initiés à ces rites funèbres par ceux des Juifs de Rome qui, en assez grand nombre, comme Aquila et Priscille, par exemple {Àd. xnn. 3), embrassèrent le christianisme. M. Tabbé Greppo, dans un de ses savants opuscule», datant de 1835, a illustré la plupart des épitaphes de la catacombe juive du Mont- Vert, laquelle ne parait pas avoir été explorée depuis Bosio, et que le P. Marchi a vainement recherchée de nos jours. Un autre cimetière juif a été découvert, il 3 a peu d'années, en face de Téglise de Saint-Sébastien. Il se compose de deux parties : Tune d*ongine païenne que les Juirs avaient appropriée à leur usage, et Tautre creusée par euxmêmes. Les dimensions de celle-ci sont moins lastes et leurs dispositions moins régulières que celles des catacombes chrétiennes.

Mais s'il est naturel de supposer que les chrétiens de Rome modelèrent leur sépulture sur celle des Juifs, il n'est pas moins probable que les uns et les antres eurent un prototype commun dans les crjptes sépulcrales de la Palestine et des autres nations sémitiques. On retrouve le système des sépultures souteiTaines (V. De' Rossi. A. S* t. i. p ^) en Phénicie et dans les autres parties de l'Asie Mineure, dans la Ghersonèse Tauride, dans )e$ principales stations maritimes des Phéniciens, à i^rthage, à Malte, en Sicile, en Sardaigne, etc. Les É'rusques et les peuples voisins Tavaient aussi a<i«)pté. A Rome même et dans les autres cités du Laiium, les paiens creusèrent dans la pierre et dans le tuf des chambres rectangulaires avec arco* foliaeiloculi semblables k ceux des chrétiens. Fabretli, Bartoli, Mabillon et d'autres encore en citent des exemples (De' Rossi. loc. laud,),

Mab il est essentiel d'observer que chez les nations non chrétiennes on ne trouve communément qut»des chambres isolées, pour un ou deux tombeaux, ou tout au plus pour une sépulture de famille : l'isolement et la séparation sont le système normal de ces peuples. Les cimetières chrétiens, au contraire, sont d'immenses labyrinthes, serpentant dans les entrailles de la terre, et dont les corridors, garnis de tombes dans toute leur étendue, ^veloppent et relient entre elles, dans leurs ramiûcations inûnies, toutes les cellœ sépulcrales pratiquées dans une aire déterminée. Tel est, sauf quelques exceptions sans importance, le caractère ^ la sépulture de la grande famille chrétienne, ^te observation, qui n'avait pas échappé aux anciens archéologues, a été renouvelée de nos jours.

Quant aux laculi en particulier, bien que leur forme soit à peu près la même, ceux des fidèles se distinguent néanmoins d'avec ceux des païens par une circonstance non moins caractéristique. Ces derniers, en règle générale, restaient ouverts, c'està-dire que le cadavre n'était ni muré ni clos dans sa niche. Au contraire il l'est toujours dans celles des chrétiens. Et la raison de cette différence, c'est que les cellœ sépulcrales des anciens, n'étant point destinées à être fréquentées par les vivants, étaient fermées pour ne plus s'ouvrir, tandis que les cryptes chrétiennes restaient toujours accessibles aux fidèles, pour qu'ils pussent aller prier sur les tombeaux de leurs frères et y célébrer les saints mystères à l'occasion de leurs natalitia. G'est en cela seulement que leurs tombeaux différaient de celui du Sauveur, qui, comme l'atteste l'Ëvangile, fut fermé et scellé.

Mais si ces deux classes de sépultures différent par ces caractères essentiels, elles se distinguent plus encore l'une de l'autre par des accessoires caractéristiques.

11 est extrêmement rare qu'un marbre chrétien ne porte pas quelque marque indubitable de christianisme : c'est d'abord l'inscription, dont le style respire un parfum de piété impossible à méconnaître,' et dont les formules, bien qu'infiniment variées, rappellent sans cesse la douce croyance h la résurrection de la chair, et expriment, en conséquence. L'idée d'un sommeil passager, dormit in pacty d'une déposition provisoire, depotitus^ depositio (V. l'art. Inpace); ce sont des figures symboliques dont l'originalité ne saurait être contestée (Y. l'art. Symboles , et tous les articles spéciaux sur chacun de ces symboles); ce sont des peintures et des sculptures dont les sujets sont invariablement tirés des saintes Écritures, et qui, elles aussi, sont relatives à la vie bienheureuse dans le ciel et à la résurrection finale (V. les art. Paradis^ Lux, Refriyerium. Représentations de repas, etc., etc.).

U est donc évident que si un tombeau païen se trouvait parmi les sépulcres des catacombes, il se trahirait lui-même par sa physionomie étrangère, et l'œil le moins exercé le reconnaîtrait sans peine. Or nous pouvons affirmer que jusqu'ici les cimetières chrétiens de Rome n'ont pas offert une seule tombe s'éloignant du type que nous avons décrit.

Cependant, pour ne rien négliger de ce qui peut éclairer le lecteur sur un point si important de nos origines, nous allons examiner rapidement les deux principales objections de nos adversaires.

Première objection. On dit quil s'est rencontré dans les catacombes romaines des sépultures absolument semblables aux colombaires païens, \^ colombaires païens, sépultures collectives, ainsi nommées parce que les urnes cinéraires y étaient rangées dans de petites nîdies dont l'ensemble présentait l'apparence d'un colombier, se trouvaient placés à peu de distance des voies romaines; ils étaient creusés à ciel ouvert, et ne s'engageaient dans la terre que par leur partie inférieure. Mais comme ils ne vont pas jusqu'aux bancs solides des

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roches Tolcaïuques, on a dû soutenir le pourtour de Texcavation par des murailles artificielles, construire des Toutes au-dessus et des escaliers à l'intérieur.

Comme les chrétiens, au contraire» travaillaient, ainsi que chacun sait, dans les entrailles de la terre, il arriva quelquefois que la partie la plus élevée de leur excavation rencontra par hasanl la partie basse d'un colombaire. Non-seulement ces rencontres avaient lieu contre la volonté des fossoyeurs chrétiens, mais encore elles les exposaient à de grands dangers et pouvaient amener des malheurs irréparables. Aussi, à peine s'étaient-ils aperçus de ces ouvertures accidentelles, qu'ils se hâtaient de les fermer par de solides maçonneries. Le P. Marchi (p. 60) en cite un exemple qui s'offrit à ses yeux en 1842, dans une de ses périlleuses explorations au cimetière de Sainte-Agnès, et son guide lui témoigna que des faits tout semblables se révélaient fréquemment. Aujourd'hui, il est vrai, plusieurs de ces murs de séparation ont cessé d'exister ; il serait peut-être plus exact de dire que ces antiques substructions se sont affaissées par le fait des alluvions qui en ont miné les fondements et entraîné les matériaux, qu'il est possible de retrouver souvent à d'assez faibles distances. La ruine de ces travaux peut aussi en partie être mise sur le compte de la cupidité, dont le génie malfaisant s'est porté plus d'une fois à piller les colombaires et à profaner les catacombes. Ce peu de mois doit Suffire pour réfuter ceux qui, sans prendre la peine d'examiner les faits et de consulter les conditions des lieux, se font à priori des systèmes de conciliation entre le christianisme et le paganisme, compromis que repoussent également et la loi exclusive du Christ et l'histoire de son Église : Qttœ societas lucis ad tenebras? (2 Cor. iv. 14), A Quelle société peut-il y avoir entre la lumière et les ténèbres? 9.

Deuxième objection. On allègue qu*un certain nombre de tombeaux des catacombes portent des inscriptions païennes. Or, comme ces inscriptions sont sépulcrales pour la plupart, on s'est cru 'en droit d'en induire que des corps d'idolâtres étaient admis dans ces hypogées.

La présence de ces marbres profanes parmi les sépultures de nos pères est un fait positif; mais il n'est pas moins certain qu'ils n'y ont été introduits que par le fait des chrétiens, qui s'en emparaient pour les employer comme de simples matériaux et sans se préoccuper des épitaphes qui y étaient inscrites. C'était une affaire d'économie et pas autre chose. Et les conditions dans lesquelles ces marbres se rencontrent nous en fournissent une preuve palpable. Tantôt, en effet, ils sont places de façon que les lignes se présentent perpendiculairement ou sens dessus dessous ; tantôt la partie écrite' est tournée vers l'intérieur du loculus, comme pour la soustraire aux regards ; ou si elle se présente en dehors, les lettres ont été préalablement remplies avec de la chaux ou du ciment, ou biffées avec le ciseau ; tantôt la tablette s'élant

trouvée trop grande pour l'ouverture à laquelle on la destinait, on l'a brisée en partie pour qu'elle pût s'y adapter, et alors l'inscription se trouve plus ou moins tronquée. On en a rencontré qui, bien que fixées à un loculus ne pouvant contenir qu'un seul corps, constataient en propres termes la sépulture de plusieurs personnes, ou même de plusieurs générations d'enfants, de serviteurs et d'affranchis. D'autres fois, le marbre est gravé sur ses deux faces : d'un côté est une inscription païenne, de l'autre un titidus chrétien , et ces monuments sont assez communs pour qu'on en ait fait une classe à part, connue sous le nom d'inscriptions opistographes.

Que s'il arrive, et le cas est excessivement rare, qu'aucune des précautions que nous venons d'indiquer n'ait été prise pour indiquer qu'on n'avait d'autre vue que d'utiliser un marbre qu'on avait sous la main et qui ne coûtait rien, c*est-à-dire si, par exception, il se rencontre quelque inscription païenne placée dans des conditions normales, on doit l'attribuer le plus souvent à la hâte extrême qui présidait presque toujours au ministère de la sépulture, si périlleux en temps de persécution, et quelquefois aussi à l'impéritie d'un fossory qui, ne sachant pas lire, prenait pour chrétienne une inscription appartenant à un idolâtre. Marangoni a donné, à la suite de son ouvrage intitulé : Âda sancti Victorini (p. 139-172), un assez grand nombre de ces inscriptions païennes trouvées dans les cimetières chrétiens.

VU. — Quels sont les mohs, et quelle est la

POSITION RESPECTIVE DES DIFFÉREIITS CINETièRES DE LA

ROME SOUTERRAINE? Voîci d'abord l'exposé sommaire du système que s'était fait le P. Marchi sur cette double question.

D'après le savant Jésuite (V. Monum. p. 70 et suiv.), les cimetières romains doivent être rangés dans deux grandes divisions ou systèmes : le système transtibérin , le premier en dignité , parce qu'il renferme la pierre fondamentale sur laquelle Jésus-Christ a voulu asseoir son Église, c'est-à-dire le corps du prince des apôtres, et le système cisiibérin, dont le point de départ est le lieu où reposent les restes de l'apôtre des nations.

1* C'est prés de la voie Comelia, là où la colline du Vatican commence à s'élever au-dessus du niveau du champ triomphal, non loin d'un des côtés du cirque et des jardins de Caligula, qui furent plus tard ceux de Néron, que fut déposée la dépouille mortelle de Pierre, dans les entrailles d'un terrain abreuvé du sang des victimes de la première persécution. Les témoignages les plus anciens attestent que nul ne saurait compter le nombre des martyrs qui dorment en ce lieu, où plus tard vinrent aussi se ranger autour de leur chef la plupart des premiers successeurs de S.Pierre, Linus, Cletus, Ânacletus, Evaristus, Sixtus, Telesphorus, Iginus, Pius, Eleutherius, Victor. Telle est la tête du cimetière du Vatican, lequel, pour obéir aux exigences des différentes couches de ter^ rain, s'étend entre le midi et le couchant, évi-

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tant la direction de l'orient et le septentrion.

Le cimetière des Saintes-Rufine-et-Seconde, situé dans la forH blanche^ et celui des Saints-llarius- Xarthe-Audifax-Abachum, pratiqué dans un lieu dit ad Symphasj bien qu'ouverts sur cette même Toie Cornelia, ne sauraient néanmoins, à raison de leur trop grande distance de Rome, être considérés coomie unis à celui du Vatican. Mais entre les ^ûies Cornelia et Aurélia, à une égale distance de Tune et de Tautre, le P. Marchi a trouvé une portion de cimetière avec arcotoUa^ cuhicula et peintures prinûtÎTes.

A une légère distance de la ville, sur la voie Aurélia, les documents écrits, aussi bien que les obs^rratiotts locales, attestent Texistence des cimetières de Saint-Calépode, de Saint-Jules, pape, de Saint-Félix, pape, de Lucine, soit des Saints- Processos-Harlinus^t-Agathe.

Fidèle à son système de communication et d'enchainement des cimetières entre eux, système que cependant il abandonna longtemps avant sa mort, sur les observations péremptoires de M. De' Rossi, lesquelles reviendront plusieurs fois dans le cours de ce travail, le P. Marchi s'était persuadé que le dernier groupe, dont nous venons de parler, combiné avec celui des Saints- Abdon-et- Sennen, devait former, à raison de la situation des monticules, une ligne de communication aboutissant à celui de Pontien. 11 ne trouvait pourtant pas le moyen de relier à ce système le cimetière de Generosaïuf terfvm Philippt, placé aussi, il le supposait du moins, le long de la voie PortuensU^ mais hors de la ligne.

Là se termine le système transi ibér in.

2' Le tombeau de S. Paul forme le centre des cimetières de la voie d'Ostie et le point de départ du sTstéme eistibérin. Ces souterrains ne se développent point du celé du couchant, où ils trouvaient le Tibre pour barrière, ni vers le septen- Irion, où s'étend la plaine conduisant à Rome, plaine toujours sujette aux débordements du fleure, mais au levant et au midi, c'est-à-dire vers cette chaîne de petites collines qui s'élèvent audessus du niveau habituel des débordements du Tibre. Les limites tracées ici par la nature aux premiers chrétiens ne leur ont permis de pratiquer dans celte région que cinq cimetières, lesquels portent les noms de Lucine, de Saint-Timothée, de CoroodiUa, soit des Saints-Felix-et-Adauctus, de Saint* Zenon et de ses compagnons (dit aussi de Saint-Anastase), et de Saint-Cyriaque. Ce dernier étant séparé des autres par un espace de cinq milita, force a été au savant Jésuite d'avouer qu'il donne un démenti, au moins partiel, à sa théorie.

Sur la pente du mont de Saint-Paul s'ouvre au;ourd liai le cimetière de Lucine, lequel s'étend quelque peu sous la nef transversale de la basilique, et plus amplement sous le mont, soit sous le chemin de traverse qui enchaîne les voies d'Ostie avec TArdéatine et l'Appia.

Sur la voie Ardéatine, le P. Marchi a pu recon* nailre la justesse des documents qui lui indiquaient

les cimetières de Sainte-Balbine, de Saint-Marc, de Saint-Damase, des Saints-Marc-et-Marcellien, des Saints-Nérée-et-Achillée, des Saintes-Petronil!e-et- Dumitille. Celui de Saint-Nicomède étant situé à sept milles de Rome, se détache forcément aussi du système de concaténation, bien qu'il appartienne au groupe de la voie Ardéatine.

Dans l'histoire de Rome païenne, la voie Appia porte le nom fastueux de reine des voies romaines. Cette gloire lui vint soit de la magnificence des édifices et des tombeaux dont elle était bordée, soit du privilège qu'elle avait de servir au passage des nations conquises, soit des nombreux et célèbres événements qui se rattachaient à son nom. L'histoire de la Rome chrétienne lui confère des titres de gloire incomparablement plus solides et plus légitimes. Elle peut, à raison du nombre et de la vaste étendue de ses cimetières, et plus encore à raison de la multitude et de la célébrité des martyrs qui y reposent, être appelée à juste titre la reine des voies chrétiennes. Les cimetières qu'elle possède sont ceux des Catacombes, ad catacumbas^ de Prétextât, de Galliste, de Cécile, de Lucine, de Zéphyrin, de Sotère, d'Eusèbe-et-Marcel, d'Urbain, de Janvier, de Félicissime, d'Agapite, de Tiburce, de Valèrien, de Maximus-et-Cyrinus.

On a trouvé dans ces derniers temps sous un monticule nommé Mont-d^Or, très -près de l'hypogée des Scipions, un cimetière chrétien, d'une haute antiquité, sur le compte duquel les documents anciens, aussi bien que les auteurs de la Rome souterraine, gardent un silence absolu, silence dont il est curieux de rechercher les motifs. Il est probable que les chrétiens de la seconde moitié du troisième siècle durent l'abandonner parce que, par suite de l'élargissement de i'enceinte des murailles de Rome sous Aurélien, il se trouva renfermé dans la ville, et devint ainsi d'un accès difficile et dangereux. On descend atgourd'hui dans ce souterrain par deux entrées différentes, l'une à une faible dislance de la porte Latine, l'autre au niveau de la voie Appia, en face de la partie orientale de l'arc de Drusus, de sorte qu'il est comme à cheval sur ces deux voies célèbres.

Quant aux cimetières de la voie Latine, ils portent les noms d'Apronien, de Sle-Eugénie, de Gordien-et-Épimachus, de Simplicius-et-Servilianus, de Quartus-et-Quintus, et de Terlullinus. Ces cimetières sont tombés dans l'oubli, à cause de la condamnation de la porte et de l'abandon presque total de la voie Latine. Un accès ouvert au P. Marchi, par une propriété privée, l'a mis à même d'explorer une faible partie de celui d'Apronien.

Après la voie Latine vient la Labicane, mais k une assez grande distance. Ses cimetières ont une étendue qui ne le cède guère à celle des souterrains de 1 Appia et des deux Salaria ; ils ont pris les noms des martyrs qui y furent ensevelis. Tiburtius,les SS. Marcellin et Pierre, les quatre couronnés, qui sont Claudius, Nicostratus, Sempronianus et Castorius, Ste Hélène qui agrandit et décora probablement ceux des Saints-Marcellin-et-Pierre

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(V. Narchi. tav. vi et vu), enfin celui dit ad duoi lauroi. Là se trouve encore un cimetière qu*on a souvent désigné sous le nom de Gastulus, mais sans motifs suflisants, dit notre savant guide.

La distance qui sépare la voie Prénestine de la Labicane est peu considérable; aussi les premiers chrétiens, qui avaient pu multiplier à leur gré les sépultures sous celle-ci, purent s'abstenir d'en faire autant sous la première. Toutefois Boldetti, suivant les traces d'un /bMor qui, durant quarantecinq ans, avait parcouru la Rome souterraine, découvrit, à deux milles de la ville, sur la gauche de la voie, un cimetière primitif, mais dévasté; et un des anonymes de Salisbury raconte que c près de la voie Prénestine était une église dédiée à S. Stratonicus, évèque et martyr, et à S.Gaslulus, dont les corps étaient ensevelis à une grande profondeur. 9 Or, sous ie pontificat de Clément X, un cimetière fut découvert sur la droite de la voie Labicane, à un mille de Rome. Habillon, qui était alors à Rome, le vit, Fabretli le vil aussi, et, sur la foi d*mie inscription tronquée, celui-ci crut devoir y reconnaître le cimetière de Castulus. Hais le témoignage de l'auteur de ritinéraire cité plus haut semble trancher la question en faveur de Topinion qui place sur la voie Prénestine le tombeau de Castulus et le cimetière qui porte son nom.

Les cimetières de la voie Tiburtine sont compris, dans les documents anciens, sous deux noms seulement. Mais là où les noms sont rares, les sépulcres souterrains abondent. Les cimetières à droite de la voie sont ceux du campus VeranuSf soit de rillustre matrone et martyre Cyriaque, qui les fit creuser, du moins en partie, sous une de ses propriétés. Sur la gauche de la même voie s'ouvrent ceux qu'on désigne sous le nom de Saint-Hippolyte, et qui furent décrits par Prudence dans un célèbre passage que nous avons cité plus haut.

Le cimetière de Saint-Hippolyte se dirige vers la voie Sombre (via Cupa), qui est une route secondaire, laquelle, partant du côté septentrional extérieur du camp des Prétoriens, coupe par le milieu les villx et les vignes placées entre la voie Tiburtine et la Nomentane ; et sous cette mèn:e voie Sombre aboutit et s'étend aussi le cimetière de Saint-Nicomède, le premier qui se rencontre sur la droite de la voie Nomentane, et auquel succède celui de Sainte-Agnès.

Un cimetière dit ad nymphas, celui de Saint- Alexandre et celui des Sainls-Primus-et-Felicianus ad arcus Numentanos, étant situés au delà de l'Anio, à des dislances trop considérables, bien qu'ils appartiennent à cette voie, ne font pas partie du système des cimetières suburbains.

On trouve sur les deux Saîares des indices irrécusables de plus de dix cimetières. Ceux de la nouvelle qui inclinent vers lorient portent les noms de Sainte-Félicité, de Saint-Saturnin, des Sainls- Chrysante-et-Daria, des sept vierges Salurnina, Uilaria, Dominanda, Rogantina, Paulina et Donata, de Sainte-Hilaria, des Jordani et de Saint-Sylvestre. Ceux qui se trouvent vers l'occident de la Sa-

I lare vieille sont indiqués sons les noms des Saints- Pamphile-et-Quirinus, Hermés-et-Basilla, Protuset-Hyacinthe, Jean Blastus-et-Maurns. Le cimetière des Saints-Uennès-et-Basilla se termine sous la montée du Concombre (talita del Cocomero). Mais cliez les auteurs modernes, tous ces cimetières, principalement sur la Salare nouvelle, sont compris sous la dénomination générale de Priscille, tandis que les écrivains anciens appliquent ce nom à un cimetière spécial.

Les cimetières des deux Salares, étant creusés dans les flancs de collines d'une grande élévation, s'enfoncent dans les entrailles de la terre plus que ceux d'aucune autre voie romaine, et ont souvent jusqu'à quatre et cinq étages de galeries superposées les unes aux autres. On ne sera donc pas étonné du nombre considérable de degrés qu'il fallait descendre pour arriver au cimetière des Saints- Pamphile-et-Quirinus, ces degrés étaient au nombre de quatre-vingts, selon l'un des anonymes de Salisbury, et de soixante-dix d'après celui de Malmesbury.

Du haut des monts Parioli et de la montée du Concombre, sous lesqueb s'arrête le cimetière des Saints-llermès-et-Basilla, qui est le dernier de la Salara vieille, on découvre l'ample vallée au-dessus de laquelle, un peu plus au couchant qu'au septentrion, surgit le monticule qui depuis plusieurs siècles ])orte le nom de Saint-Valentin. C'est là que se trouve le cimetière du même nom, dit aussi de Saint-Jules, non que ce pape en soit le fondateur, mais parce qu'il l'agrandit et bâtit une basilique près de ^n entrée. H ne parait pas qu'il en existe d'autre sur la voie Flaminienne : le mouvement et l'agitation du Champ de Mars que traverse cette voie eussent rendu les sépultures chrétiennes plus dangereuses en ce lieu que partout ailleurs. Au surplus, l'absence de roches volcaniques dans la colline sous laquelle la Flaminia passait, se dirigeant vers le pont Molle, en rendait l'excavation, sinon tout à fait impossible, au moins d'une difficulté extrême. Aussi les souterrains du Mont- Valentin, si Ton considère la masse confuse et la variété des substances qu'y ont déposées les eaux et dans lesquelles les chrétiens n'ont pu pénétrer qu'au prix d'incroyables fatigues, sont encore plus merveilleux que ceux du Mont-Vert et doivent être regardés comme un prodige de la constance et de la vertu chrétiennes, plutôt que comme une œuvre commune de l'industrie humaine.

Sur le point de toucher au terme de cette longue bien qu'incomplète énumération, nous ne saurions omettre d'observer que, dans la région de l'Ësquilin, dansun lieu dit Unuê Pileaius, près de l'ancienne église de Sainte-Bibiane, le bibliothécaire signale un cimetière sous le nom de Saint- Anastase, où ce pape fut enseveli, ainsi qu'Innocent, son successeur immédiat. Ce cimetière appartint, à son origine, au système suburbain; il fut renfermé dans l'enceinte de la cité par l'extension des murailles sous Aurélien.

Telle est la classification proposée par le P. Mar-

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cfai. Nous aTons tenu à Texposer ici, malgré les défectuosités que les études nouvelles, celles des deux frères De* Rossi en particulier, y ont signalées ; ce trayail est un jalon dont on ne saurait se dispenser de tenir compte, à raison de bon nombre de notions topographiques et autres qui conserrent leur utilité. La science est un édiûce qui se fait graduellement, et reconnaissance est due à chacun des ouTriers qui y apportent leur pierre

(Y. len* nn ci- après). Néanmoins, comme la plupart des lecteurs auraient peine à se reconnaître dans cette nomenclature où tant de noms se heurtent et s'accumulent, nous plaçons ici sous leurs yeux un tableau synoptique des cimetières suburbains, dressé par M. De' Rossi et où d'un seul coup d*œil ils pourront se rendre compte du système' complet de la Rome souterraine (y.Roma sott. 1. 1, p. 207).

K5 TOUS MMACICS

àppia.

Ardealina.

OskieosU.

Porloensis.

AoKlia.. .

Coinella.

FUmima. ....

Qifiu Cnouneiis.

Salaru Vetns.

Salaria JVoTa.

Momantina.

Tilmrtiiia.

aMCTliRES MAJKUnS

LECR5 ROMS PRIMITIFS

j r-ii«-.|Z«Phyrini.

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