CERF
de Virgile auquel il est emprunté. Le premier est pour l'Ancien Testament (Cap. v. p. 1219). De creatione muudi (Gènes, i).
Principio cœlam ac terras, camposque liquentes,
^ (£neid. vi. 724)
Lucentemque Klobum lunaB {£n, yi. 723), solisque labo-
1res (^n. 1. 7U)
Ipse pater staluit (Georg. i. 333); vos, o clarissima mundi
{Georg. i. 5)
Lumina, labentem cœlo quaî ducilis annam,
{Georg, i. 6)
leneus est vobis vigor. et cœlestis origo ; * {jEn. I. 730)
Nam ncque crant astrorum ignés, nec lucidus «Iher
(^n. III.5S5).
Sed non atra polum bigis sub nocte tenebat
(jEn. Y. 721).
Et chaos in prxcens tantum tendebat ad umbras
{£n. VI. 578),
Quantus ad aBlhercum cœli suspectas Olympum
(iBn. VI. 579).
Pour le Nouveau Testament, nous choisissons ce quatrain, qui a pour objet la naissance de Jésus- Christ (Cap. II. p. 1293 du vol. cité de la Bihlioth. des PP.), De nativitate Jesu Christi (Matlh. ir. — Luc. Il):
lamque aderat promissa dies {/En. ix. 107), quo tempore
[primum (Georg. i. 61) Exlulit os sacrum {jEn. viii. 591) divin» slirpis origo
Hissa sub imperio venitque in corpore virtus
Mixta Deo {£n. vi. 661) subiit chari geneloris imago
{/En. 11. 560).
CERF. —L'Écriture (Psalm. xxvni. 9. — Cant. II. 17) emploie souvent le symbole du cerf pour exprimer diverses idées morales, et les premiers chrétiens, s'inspirant des livres saints, le représentèrent sur leurs monuments avec des intentions analogues. Ils le regardaient, suivant ses diverses propriétés, comme le symbole de Jésus- Christ (Ambros. De interpell. David, c. i.), des apôtres (Hieron. In Isaiam. c. xxxiv. — Beda. In psalm. xxvin), des prédicateurs, des docteurs, des fidèles (Cassiod. In psalm. xli), des Saints (Origen. In Cant. ad fin.), des pénitents. À raison de sa timidité et de la vitesse de sa course, il signifie la crainte de l'âme chrétienne à rapproche des dan-< gers qui menacent sa pureté, et la promptitude avec laquelle elle doit fuir. Diaprés Namachi (Origin. Christ, m. 89), il indiquait aux fidèles nonseulement ce qu'ils devaient faire, mais encore ce qu'ils devaient croire contre les hérétiques cataphrygiens, qui enseignaient qu'un chrétien ne devait pas fuir quand il était recherché par les païens pour être mis à mort, erreur à laquelle Tertullien prêta l'autorité de son génie {De coron, milit. c. I.) : Novipastores eorum in pace leones, inprœlio cervos. S. Âmbroise l'applique aux vierges (De virgin. lib. ii), dans la personne de Ste Thècle, qui, la première parmi les femmes à subir le martyre, foula aux pieds et dompta, comme le cerf, l'antique serpent, et courut étancher sa soif aux sources du Sauveur. Enfin, comme les cerfs ont la
coutume de s*entr'aider quand ils ont quelque fardeau à porter, on les prit comme symbole de la charité qui doit animer les fidèles les uns envers les autres (Aringhi. ii. p. 606).
Ce symbole se trouve représenté, non-seulement dans les mosaïques (Ciampini. De sacr. œdif. cap. iv), des tombeaux (Ciamp. Yet. monim. II. c. 3), des peintures d'une époque basse (Bottari. tav. xlit), ce qui fait croire à M. Rochette qu'il avait été adopté assez tard, mais encore sur des fresques fort anciennes, telles que celles qui se voient dans une crypte du cimetière de Sainte- Agnès (Bottari. iii. tav. cixvu), et aux quatre coins d'une peinture de voûte du cimetière des Saints- Marcellin-et-Pierre (Id. n. tav. xcix), et encore dans celle de la tribune ancienne de Saint-Jean de Latran, où on voyait deux cerfs et une croix au milieu (Crescembeni. Chiesa laieran. p. 150). 11 orne aussi le disque d'une lampe fort antique donnée par Casalius (Cf. Mamachi. Driq. Christ. m. p. 89). Millin (Midi de la Fr. pi. Lvni. 4, lix. 5. xxxviii. 8) a publié plusieurs sarcophages du injdi de la France où deux cerfs se désaltèrent à deux ou quatre ruisseaux qui s'échappent d'une mon-
tagne sur laquelle est un agneau, symbole de Jésus-Christ.
Mais le symbole du cerf avait surtout avec l'administration du baptême des rapports fondés également sur les textes bibliques (Ps. xli. 5) et sur les monuments relatifs à ce sacrement. Ifous ne citerons que la peinture du baptême de Notre- Seigneur dans le baptistère de Saint-Pontien (Boit. tav. xLiv), où un cerf regardant fixement Teau du Jourdain manifeste l'ardent désir de s'y désaltéi^r : Quemadmodum desiderat cervus ad fontes aquai-um, symbole de l'homme qui aspire ardemment après la grâce du baptême, ita desiderat anima mea, ad te, Deus. On voit sur un nymjAtnan de Pisaure (Paciaudi. De sacr. Bain. p. 154) et aussi sur un beau sarcophage de Ra venue (Ciamp. Yet. mon, H. p. 7. tav. ni. d) deux cerfs qui s'approchent avec avidité d'un vase comme pour s\ désaltérer, et qui expriment aussi l'ardeur du catéchumène pour le sacrement de la régénération. U n'est pas douteux que le cerf avec le vase n'eût aussi une signification eucharistique; et si nous ne la voyons pas plus souvent développée dans les œuvres des Pères, il ne faut attribuer ces réticences qu'aux rigoureuses prescriptions de la loi du secret. M. Perret donne (it-xvii. 6) un fragment de Terre représentant un cerf au pied d'un arbre. Ceci rappelle les représentations de chasse que les païens retraçaient souvent sur ce genre de monuments (V. Buonarr. Vetri. tav. xxnr. n. 5), et n'offre pas par conséquent des caractères suffisants de christianisme.
CHAI — li
CBAIRE. — I- — la chaire, cathedra, est le jîége où, dès le berceau de l'Ëglise, l'évêque s'assied pour présider l'assemblée des fldéles et InridFesser la parole de Dieu, pour coDférer les uiois ordres, et consacrer les évëques : elle est te pincipal sjmbote de l'autorité épiscopale.
f La plus ancienne et la plus vénérable de Iwtes les cbaires est celle où siégeait S. Pierre pour œeigner dans la maison du sénateur Pudens. Ce monnment qui, depuis dii-huit siècles, est en possession de ta rénération du monde entier, est exposé au toad de l'abside de Saint-Pierre tu Vatican, au-dessus du trAne du sonverain pontilé, et soutenu par les statues colossales des quatre gnads docteurs de l'Ëglise, S. Ambroise, S. Augustin, S. Athanase, S. Chrysoslome. Cette chaire a la forme des chaises curules des ancien s Romain s, eSe est ea bois omë de marqueteries d'iTOire, reprnentaat les travaux d'Hercule : ce qui laisse le choix entre l'opinion supposant que Pudens ofTrit au prince des apAtres un si^e profane, probablenienl le ùége gt*taloire dont il se servait tui-méme, et celle d'après laquelle ce même sénateur en aurait rail eiéculerunpoureette destination sacrée, opiuion assez peu vraiseniblalile ; mais, dans celte denùêre supposition, tes dessins dont il est décoré auraient un sens symbolique, et feraient allusion auttranux de S. Pierre, ainsi qu'aux nombreuses ncloir«s remportées par lui sur les divinités du pjganisme (V. Foggini. De Romaao ilin. Pétri et e/nieopalu. p. 1 62. — Cf. Corlesii. De Roman- itin. jtttitqiu prineipis apoitolor. Append. Monwn. c. m). A moins que, comme H. de' Rossî l'a fait dernièrement après avoir examiné le monument eipoiê i l'occasion des fêles de S. Pierre et de S. Paul. à moins que l'on n'admette que ces ivoires furent ajoutés postérieurement et sans autre intention qne d'embellir la chaire S Silvestre est représenté dans l'ancienne mosaïque de Saint~Iein deLatran, assis sur un siège que Uampmi atlirme Are de la forme de celui de S Pierre {De tacr »ii{. p. II. lab. n. n. 7). Un grand nombre de martvrologes anciens font mention de la fête de la chaire de S. Pierre à Anlioclfe (Boltand Ad dtem ftbr. 23) et i Rome (Baron, toi ad marlyrol Stun. \% jant.). Mais ilestprouté aujourd'hui qu'elles étaient l'une et l'autre a Rome et rappe laient les deux voyages de l'apôtre (V 1 art Filet immoMet, II, 3).
V Dams la plupart des cryptes des catacombes, on remarque au fond de I abside, un siège taïUe dans le tuf et qjDi n est antre (.hose que la ctiaii e du pon life (Harclii Monum dette arit Crut tab xuv-MiTii et alih ) Une chapelle du cimetière de Sainte-Agnès en a deux (Botlari.
tav. cuxTui) : on suppose que l'une des deux était
) — CMAI
peut-être destinée aux évèques de passage dans la ville étemelle, quand ils assistaient aux njnaxe; ou bien encore le siège d'un ancien pape, conserva par respect pour sa mémoire ; mais il nous parait plus pr^hle qu'il était préparé pour l'installation des évèques à la cérémonie de leur sacre, car nous savons d'après hUber PontipcalU [InJoan. III) que jusqu'au temps de Jean III, qui vivait dans la se< coode moitiédu sixième siècle, l'usage s'était maintenu de consacrer tes évèques dans les catacomlies.
H. Perret donne {Calae. v. pt. ixii) une pierre lumulaire où est grossièrement retracée l'image d'un évêque ou d'un prêtre, assis dans une de ces chaires d'une simplicité toute primitive, et étendant ta main en signe d'allocution vers une femme debout et une brebis, qui sont sans doute l'une la représentation abrégée, mais naturelle, l'autre l'expression symbolique de l'auditoire (V. l'art. X^neauj.Deux verres publiés par leP.Garrucci(retri ornati di jig. inoro. tav. xïi. 4 et 6) représentent aussi un personnage assis sur une de ces chaires, et paraissant porter ta parole. On a trouvé des cliaires épiscopales dansi d'autres cimetières encore que ceux de Home, à Chiusi en Toscane, par exemple (Cavedoni. Cimit. Ckiut. p. SO). L'une de celles-ci est acostée de deux sièges sacerdotaux taillés en forme de chapiteaux.
3° Il se trouve dans certains carrefours de ces mêmes cimetières des sièges tout semblables et que leur position ne permet pas d'attribuer au même usage. Le P.Harclii(pp. 186. 190) risque la supposition qu'ils ont pu servira t 'administration de ta confession sacramentelle; mais N. Cavedoni regarde comme plus vraisemblable {Ragguaglh critico. p. 9) qu'ils étaient destinés aux diaconesses que plusieurs fresques nous présentent assises sur des sièges tout semblables A nos yeux l'attribution reste incertaine (Y I art Exomologese, 111, ou la question est (.^aminée au point de jvue de la confession sacramentelle)
4* Dieu le Père ncevant les dons d Abcl et de Cain (V 1 art Abel et Caïn) la Sie Viei^e, dans
le sujet si fréquemment reproduit de l'adoration des Hages (V. cet article), sont assis sur des