‹ Dictionnaire des antiquités chrétiennes [microform]Chapitre 75 sur 281 · CIBO · texte numérisé non relu

CIBO

propre à leurs chefs. De là des collisions qui obligèrent, dès le septième siècle, les conciles à limiter les droits que s'attribuaient les chorévèques (Conc. HUpal, n. 7); et au huitième, le pape S. Léon U leur défendit de consacrer les prêtres, les Tierges, les églises et le chrême (Resp. ad epUc. GalL et Germ,) ; les conciles de ce siècle et du suivant renouvelèrent à leur tour ces dispositions. Enfin au neuvième siècle, leur juridiction s'amoindrit tellement, qu'il ne leur resta plus d'autorité que sur les clercs mineurs, et le dixième leur vit enlever tous leurs droits, qui furent transférés par les évèques soit aux archiprètres, soit aux vicaires généraux : de telle sorle que peu à peu, et avant la fin de ce siècle, la dignité et l'office de chorévèque cessèrent complètement d'exister.

CHRÊME. (saint). — Dans le principe, l'huile fut l'unique matière du saint chrême, chez les Latins comme chez les Grecs (Cypr. Epist. lxx. — Optât. Milev. De schinn, Donat. 1. vu. — Basil. De Spir. S, c. xvu). C est vers le début du sixième siècle qu'on commença à mêler avec l'huile le baume, qui autrefois se trouvait en Judée (Greg. Magn. Comment, in Cant, c. i. — V. Dissert. Mieh. Amat. de opobalsamo), et les Lalins usèrent du chrême ainsi composé à peu près jusqu'au seizième siècle. Mais comme, vers cette époque, les Espagnols apportèrent un nouveau baume des Indes, Paul m et Pie IV permirent aux Lalins de lui donner la préférence (Y. Pellicia. i. p. 33). Les Grecs ont coutume, en outre du baume, de mêler à l'huile une quarantaine d'espèces d'autres aromates, dont on peut voir la curieuse nomenclature dans leur eucologe (Gap. De chritmat. conficiendo).

La consécration du chrême fut toujours réservée aux évèques, qui le distribuent aux curés de leurs diocèses (Epist. Gelas, PP. ap. Mabill. Mus. îtal. 1. 1. — Renaudot. Perpét. de la foi. i. 5. p. 171). Du premier au cinquième siècle, aucun jour n'était spécialement affecté à cette consécration; c'est depuis le cinquième siècle qu'elle est filée au jeudi de la semaine sainte (Sacrant. Gelas.). Celte règle ne fut cependant pas adoptée partout immédiatement; car les évèques de la Gaule, à celle époque, consacraient le chrême en un jour quelconque (V. Conc. Meld. an. 845). Les Grecs, bien que, comme l'Ëgiise laline, ils aient adopté le jeudi saint, consacrent néanmoins du chrême en quelque temps que ce soit, s'il vient à leur manquer.

Le rit de consacrer le chrême est attribué par S. Basile aux apôtres (Ihid.), et plusieurs aulres Pères ont suivi ce sentiment. Dès le cinquième siècle, la consécralion du chrême avait lieu à la seconde des trois messes qui se célébraient le jeudi saint, et celte messe était, pour ce motif, appelée missa chrismatis (Uenard. In Sacram. Greg.p. 75). Chez les Grecs, comme cette cérémonie était réservée aux patriarches, elle s'accomplissait avec une grande pompe (Baillet. Fêles mobiles, jeudi saint). ^ (V. les art. Baptême et Confinnation).

Il y avait, dans l'antiquité, un vase en forme de patène, destiné à contenir le saint chrême : il s'appelait patena chrismatis : Patenam argenteam diritmalem oblulit, dit Anastase le Bibliothécaire an sujet de S. Sylvestre.

CIBORIUM. — Les anciens appelaient cihorium, en grec xi6i»piov, un baldaquin soutenu par deux ou quatre et même six colonnes, et qui recouvrait l'autel des basiliques, et même, quoique beaucoup plus rarement, celui de ces petites églises qui se rencontrent dans les catacombes. On peut citer plus d'un exemple de dborium établi daos ces dernières conditions. Ainsi, d'après Boldetti (Osservaz. p. 14), il en existait un dans une chanh bre du cimetière des SS. Marceliin et Pierre. Avant lui, Bosio en avait trouvé un au cimetière de Pamphile, sur l'ancienne voie Salaria (t. i, p. 559), et ce dborium, plus grand que les autres, était d'une élégance exceptionnelle, orné de peintures et de feuillages. Enfin, M. Stevenson, jeune archéologue du plus brillant avenir (Cimit. di Zotko, p. 31), en signale un nouvel exemple dans le cimetière de Zotius qu'il a savamment illustré. Dans celte position, c'est-à-dire dans les chapelles cimeiériales, le ciborium indiquait ordinairement qu'un corps de martyr était déposé sous l'autel.

Quoi qu'il en soit, ici, comme dans les basiliques proprement dites, le ciborium était et est encore de forme demi-sphérique, arqué sur ses quatre faces, et présente comme la figure d'un petit temple dans le grand. De là vient que, au moyen âge, l'église elle-même fut appelée xiêtt^icv, ainsi que nous l'apprennent Paul Silentiaire, et les autres écrivains Grecs, dont les témoignages ont élé recueillis par Du Gange (Copolis Christian, lib. lu. c. 62). Quelquefois, au-dessous du grand ciborium, dont les colonnes portaient siu* le sol, il y en avait un autre qui appuyait ses piliers sur l'autel même (Anastas. lÀb. pontif. passim. — Goar. — Mazocchi. De cath. eccles. Neap. —Greg. Turon De glor. mari c. xxvni). Mous pensons que, quand les deux baldaquins existaient ensemble, le plus petit, placé audessous du ciborium proprement dit, était ce qu'on appelait perislerium, cx)lombaire, parce qu'il abritait immédiatement la colombe contenant la sainte eucharistie. C'est ce qui explique comment S. Perpeluus, évêque de Tours, put léguer au prêtre Amalaire (au cinquième siècle) paisterium et cfh lumbam (Y. Part. Colombe eiu^riHique). 11 est évident que l'objet légué devait être un objet portatif.

Le ciborium était souvent orné de fleurs, d'où lui vinrent les noms de lilia, malum, et toujours surmonté d'une croix. On peut voir des ciboriait forme antique dans la plupart des anciennes basiliques de Rome, à Saint-Clément par exemple, à Sainte-Agnès, sur la voie Nomentane, etc. S. JitD Chrysostome atteste qu'il en existait déjà de son temps, et les voiles pendant autour de l'aulci dont parle ce Père (Homil. m. In c. i Epiât, oi Ephes.) le supposent évidenmient : ces voiles 0^

Page 1