‹ Dictionnaire des antiquités chrétiennes [microform]Chapitre 79 sur 281 · COLL · texte numérisé non relu

COLL

COLO

Une inscription d*A.frique, donnée par M. Léon Renier (inscr. de VAlgérie. n. 1891) vient trancher la question : ces signes y sont appelés hederœ distinguentes.

Nous devons cependant noter ici un monument fort singulier, bien que sa singularité même, jointe au peu d'exactitude des dessins de Boldetti, doive nous le rendre suspect : c*est un marbre du cimetière de Sainte-Agnès (V. Boldetti. p. 373) où trois cœurs exactement formés entourent une petite ouverture grillée, destinée, selon toute apparence» à laisser l'œil pénétrer dans Tintérieur du tombeau.

COLLECTES. — V. Tart. StaUons, III.

COLOBIU3I. Le colobium parait avoir été le premier vêtement des diacres dans TËglise romaine. Il leur était tellement propre, que plus tard il fut appelé levitonarium, c'est-à-dire propre aux lévites (V. Suid. Glouar. Vet.) Le cciôhium était chez les Romains un vêlement affeclé aux hommes libres (Servius. In iv Ai^neid.); il fut plus tard réservé aux sénateurs (Cod, Theodoi. 1. xix. tit. 10). C'était une espèce de tunique étroite, se prolongeant jusqu'aux talons, et sans manches, ou dont les manches ne descendaient pas plus bas que le coude, xcXo^oç, qui veut dire coupée et du genre de ceux que les Grecs appelaient exomides. Cette suppression des manches signifiait, selon Cassien (InsiU, 1. 1. c. A), le retranchement, chez les moines, des œuvres et des superfluités du monde : Amputatoi eot habere acliu^ et opéra mtmdi hujut, suggérât abscisio manicarum. Il parait que les apôtres se servaient de ce genre de tunique dans la vie commune : on conserve dans la basilique des apôtres le colobium de S. Thomas (V. Macri. Hierolex. ad h. v). À notre ai*ticle MoineSf nous avons donné une gravure où Ton voit un anachorète assis, tressant une corbeille, et qui est vêtu du colobium (V. cette grav.).

Le colobium était de liti, et s'appelait encore lebiton et lebitonarium ; quelquefois il était orné sur le devant de ces bandes de pourpre appelées clavi (Y. l'art. C^t;tM),et, en bas, d'ornements en forme de petits disques que les anciens nommaient calliculœ (Y. l'art. Caliiculœ). C'est ainsi qu'Âbdias de Rabylone (Codex apocryph. ap. Fabric t. u. p. 671) dépeint le costume de l'apôtre S. Barthélemi : Vestitus colobio albo clavato pur^ pura, induitur pallio habente per singulos angulo$ singulas gemmai, « il est vêtu d'un colobium blanc orné de bandes de pourpre, il porte un pal^ lium ayant des gemmes à chacun de ses angles. » Les plus anciens christs que nous connaissions, ceux de Monza (Y. l'art. Crucifix), sont vêtus de colobia avec c/avt, et sans manches.

Le prêtre qui consacre dans cette fresque du cimetière de Calliste est revêtu du colobium sans manches (V. Tart. Meue). Quant au colobium à manches courtes, Bottari croit le voir dans une élégante figure sculptée sur un sarcophage du cime-

tière du Yatican, que nous reproduisons plus bas (Bott. tav. xxu) d'après cet auteur. Par-dessus le

colobium, ce personnage porte encore le pallim, dont un pan se rabat sur la tête, puis sur les bras, et retombe en arrière.

COLOMBE. — Aucun symbole n'a élé aussi souvent reproduit que celui de la colombe par les premiers diréliens : ils l'ont prodigué dans leurs monuments de tout genre, peintures, mosaïques, tombeaux, lampes, anneaux (Boldetti. p. ^Oii, verres dorés ou peints, etc. Le principal molifd* cette préférence, c'est que la colombe a ét« choisie de Dieu, plutôt que tout autre animal, pour intervenir dans tous les grands mystères de sa miséricorde : elle paraît au déluge, comme messagère de paix, a prmordio divinœ pacis prœco, dit Terlullien (Adv, Valent, n) ; elle vient annoncer aux trois jeunes Hébreux, dans la fournaise de Babylone, leur prochaine délivrance de la fureur des flammes et de la vengeance d'un roi impie (V. Bottari. tav. CLxxxi) ; elle apparaît comme symbole de l'Esprit-Saint sur la tête de Jésus-Christ à sou baptême : ChriUum columba demomlrare folUa, ajoute le même docteur, et sur la tête des apôtres au jcénacle.

Les plus anciennes images de S. Grégoire ^ Grand le font voir avec une colombe sur la tète ou sur l'épaule : c'est ce qu'on appelle la colim^ inspiratrice (Mohin. Hi$t. sanct. imag. p. 265. edit.

COLO

COLO

]uot). C'est aussi comme symbole de TEsprit- SaiDt, et conformément à un antique usage commun à tous les baptistères (V. l'art. Bapliitères), qu'une colombe d'or fut suspendue dans la basilique de Reims au baptême de Clovis.

Le SauTeur lui-même a proposé la colombe comme symbole de la simplicité chrétienne (Matth. X. 16), et tou(e la primitive Église Ta regardée commerhiéroglypbede la pudeur, de Tinnocence, de rhumilité, de la mansuétude, de la charité, de b contemplation, de la prudence contre les embûches de l'ennemi (V. Âringlii. t. ii. 1. 6. c. 35). Pour la simplicité et la douceur, nous avons surtout ce beau passage de S. Cyprien (De unitateEcde», c ix) : In columba venit Spiritus sanctuê animal timplex et lœtum non (elle amarum, c le Saint-Esprit est venu sous la forme de la colombe, animal simple et gai, sans amertume dans le Gel. •

Dans les monuments figurés, on croit qu'elle e>t quelquefois aussi le symbole de Jésus-Christ (V. Terluttien. Adv, Valent, c. ui), et cette opinion se fonde sur ce que Tanagramme numérique de mpcoTfsa, f colombe, • présente la même somme que a et «>», sigles dont on connaît Tapplication à Notre-Seigneur. Le passage suivant de Prudence {Cathemer. hymn, m. vers. 166) ne laisse du moins aucun doute sur l'attribution à la personne du Sauveur :

Ta mihi, Cliriste, columba potens, Sanguine pasta cui cedit avis.

• Tu es pour moi, 6 Christ, cette colombe puissante, à laqaelle cède l'oiseau repu de sang, » c'est-à-dire l'aigle symbolisant le démon.

Sur le disque d'une lampe trouvée naguère au cimetière chrétien de Sainte-Catherine de Chiusi (Cavedoni. Cimit. Chius, p. 99) se voit une colombe dont la tète est surmontée d'une croix ; elle porte en outre un rameau d'olivier au bec, ce qui rappelle le mot de Tertullien (loc. laud.) au sujet de la colombe : divinœ pacit prœco, « messagère de la paix divine. » Il n'est pas douteux que, se présentant avec ce double attribut de la croix et de l'olivier, cette colombe ne soit ici le symbole de Jésus-Christ, de qui S. Paul a dit iColou. 1. 20) c qu'il pacifie par le sang de sa croix la terre et les cieux, • pacificam per $anguinem antci* ejus, sive quœ in terris^ sive quœ in ccdis iunt. Ce précieux monument est, croyonsnous, unique dans son genre, et, comme la catacombe où il a été recueilli, il remonte à la plus haute antiquité.

Elle est employée pour désigner les apôtres, comme symbole de leurs vertus. S. Paulin (£p. xn. Ad Sever.) atteste que, de son temps, on les peignait sous cet emblème, et que, dans la même intention, on représentait des croix surmontées d*une couronne de douze colombes. Nous avons un exemple à peu près semblable, mais un peu plus moderne, dans la mosaïque de Saint-Clément de Rome» qui offre douie colombes parsemées sur

toute rétendue d'une croix où est attaché Jésus- Christ (Bot tari. i. p. 118). Il parait néanmoins que quelquefois, an rapport de S. Paulin (Epiêt. XII. Ad Sever.), les colombes sur la croix signifiaient que le royaume de Dieu est ouvert aux simples :

QusBque super signum résident cœleste columbae, Simplicibus produnt régna patere Dei.

Le même sens doit être attribué à la fresque du cimetière de Prétextât, que nous donnons plus loin.

Elle désigne encore parfois les fidèles, en rappelant soit les vertus qu'ils doivent reproduire en eux (Paulin, ibid.), soit le baptême où ils ont été régénérés, par exemple dans une mosaïque de Ravenne du cinquième siècle, où on voit des colombes se désaltérant dans une fontaine (Cianip. Vet. mon, i. tab. l&v), soit le breuvage divin de reucliaristie auquel ils participent, figuré sur le fameux sarcophage de Saint -Ambroise à Milan, par un calice où deux colombes s* abreuvent (ÂUegmnza. Mon. Crist. di Mil. tav. vi. 2).

Elle est prise pour symbole du martyre, par exemple dans une image de Ste Agnès sur un verre doré (Buonarr. tav. xviu. 2), parce qu*elle figure mystiquement l'Esprit-Saint qui donne au clirétien la force de devenir martyr; — de TËglise, et, s'il y a deux colombes, de TÉglise ex circumciilone et de TÉglise ex genUbus (Macarius. Hagioglypt. p. 222) ; — de la résurrection : on voit sur un iitulus de Trêves (Le Blant. In$or. chrét. de la Gaule, I. 550) deux colombes au bas de cette inscription dont elles seihblent être la traduction figurée : hic amantiak hospita caro iacet; — de In fidélité conjugale, quand, à la frise de certains sarcophages bisomes, au centre desquels sont deux époux en pied ou en buste, sont figurées des colombes becquetant des fruits (Bottari. tav. cxxxvii et passim) ; — de la paix, notamment quand la colombe porte au bec un rameau d'olivier. Ainsi deux colombes posées sur les bras d*une croix gemmée et surmontée du labarum (Bott. i. p. 118) seraient, au sens de quelques interprètes, l'expression figurée de la paix donnée à TÉglise par Constantin.

La colombe peut être quelquefois un signe de douleur, gemeniet ut columbœ, dit le prophète Nahum (ii. 7). Tel est probablement le sens des colombes que fait voir un sarcophage antique (Bottari. tav. xxxvni), posées sur deux arbres, entre lesquels une mère, dans Fattitude de la prière et de la douleur, semble pleurer son enfant bienaimé, enseveli dans ce tombeau : Satvrhuivs et

1IV8Â FILIO DTLCISSIMO FECERVNT.

On se fonde sur un passage de S. Grégoire (Homil. XXIX. !n Evang.) pour regarder les colombes au vol comme le symbole de Tascension de Jésus-Christ, ou des âmes des martyrs et des fidèles délivrées des entraves du corps (Psalm. cxiiii. 7) : Anima nosira sicut passer erepta est de laqueo venanlium : laque us contrittu est et nos

COLO

COLO

liberati iumuM : « notre âme, comme le passereaa, a été délivrée du filet de Toiseleur; le filet a été rompu, et nous avons été sauvés; » telle était sans doute la signification d*une colombe d*or qui était suspendue sur le tombeau de S. Denys à Paris (Greg. Turon. De glor, mart, 1. i. c. 72). Et ceci serait la contre-partie des oiseaux qu*on rencontre parfois, notamment sur les mosaïques (V. Boldelti. Cimit, p. 23), renfermés dans des cages (V. Tort. Oiseaux) , de même que, durant celte vie mortelle, Tâme est restée captive dans la prison de la chair.

L'appel de Tâme par le divin époux parait être exprimé à peu prés comme au Cantique des cantiques : Surge, columba mea et vent (a. 10), c lève-toi, ma colombe, et viens, » sur un sceau

chrétien portant, à Tentour d*une colombe, cette touchante légende ; vENi SI AMAS, « viens, SI tu aimes »

(Macarius. Uagioglypta. p. 239) ; de même que deux colombes, tenant en leur bec un grain de blé (De Boissieu. Inscr. de Lyon. p. 581), seraient le symbole de Ta me bienheureuse se nourrissant du froment céleste.

Knfîn, quand la colombe parait sur les tombeaux, surtout si elle a le rameau d'olivier, nous croyons avec Boltari (t. n. p. 42), Muratori {The-

saur. p. 1890. n. 7). et M. de* Rossi (ixerc. p. 17), qu'elle signifie In paix donnée à Tàme fidèle, et

équivaut à la formule iir page. Cette opinion s«c trouve pleinement confirmée par une remar^ quable inscription du Musée du Vatican (Marinî . Ài-vali. p. 266), où la colombe avec la branche d*olivier est accompagnée du mot fax, et d*un« manière plus claire encore par le témoignage de; S. Augustin (Lib. n. De doctrin. christ, c. 17). Dans ces conditions, la colombe rappellerait dono la formule si fréquente sur les marbres chrétiens :

SPIRITVS IN PAGE, — ^ SPIRITVS TVVS IN PAGE. MaiS il nc

restera plus à cet égard Tombre d'un doute si, à cet emblème vient se joindre Tixerc, représenta-lion symbolique du Christ, ce qui compléterait ainsi la fonnule : spiritvs tvvs in page et in ghristo, solennelle acclamation qui caractérise les marbres chrétiens de la plus ancienne époque (Y. Tart. In pace).

On doit sans doute reconnaitre une intention analogue dans des lampes en forme de colombe qu'on allumait à certains jours près des tombeaax des fidèles et des martyrs (Buonarr. Fdri.p. 125). On peut voir une lampe de cette forme dans Fortunio Liceti (De antiq. lucem. i. vi. c. 50) ; le recueil de Bellori (Antiche luceme, parte lu. tav. sxvi) renferme une autre lampe, où, au sommet d'un chrisme rectili^ne placé verticalement sur le disque, est posée une colombe. On trouvera un sujet de même genre à notre article Agneau^ I, 6'. Enfin une colombe au vol appuie son bec sur le sommet du chrisme dans un sarcophage de Saint-Aquilin de Milan, et Allegranza (Monum.di Miïano, tav. i) y voit l'image de Tàme du défunt.

Deux colombes, d'après le même principe, dénoteraient un tombeau bisome, probablement le tombeau de deux époux. C'est l'interprétation la plus plausible que l'on puisse donner à cette charmante peinture d'arcosolium, tirée du cimetière de Prétextât (Perret, i. c. p.L\i>).

^;hj

COLOMBE EUCHARISTIQUE. ^ C'était un vase en forme de colombe où, dans les premiers siècles, on réservait la sainte eucharistie pour les malades, sans doute parce que la colombe était regardée comme l'un des symboles de Jésus-Christ (Y. Tart. Colombe). Ce vase était suspendu par une chaine au ciborium ou baldaquin, et descendait jusqu'à une certaine distance de l'autel, soit dans les églises proprement dites, soit dans les baptistères oii Ton conservait la sainte eucharistie pour la communion des nouyeaux baptisés (Nartène. De antiq. Eccles. ritib. 1. I. — Mabillon. Comment, in ord. Rom. in Itin. Ital. p. 186).

Primitivement, ces colombes étaient d'or, mais un peu plus tard on en fit en argent, comme le prouve le testament de S. Perpeluus, évèque de Tours, qui sera cité plus bas. Il y en eut aussi en

cuivre doré : telle était celle que Mabillon dit avoir vue au monastère de Bobbio (It.

Ital. p. 2! 7). On en montre une aujourd'hui encore à Saint-Nazaire de Milan, qui est dorée en dedans et émaillée au dehors ; Allegranza l'a publiée (Monum. sacr. di Milano, tav.i), et nous là reproduisons ici.

On croit que la colombe est le plus ancien des vases eucharistiques employés dans le culte public TertuUien appelle TËglise columbœ domus {Contra Yalentinian. c. m). Si l'application de ce texte à l'objet qui nous occupe était indubitable, ce serait

COLO - i

le premier lémoignage de l'inliquité en sa faveur ; Buûil e&l plus probable qu'il s'applique à Jésus- (ïrisl lui-même (V. l'art. Colombe). Si l'on en croit 11 fie de S. Basile attribuée i S. Ampliiloque (Ap. Bolland. t. ii. jun. c. 9. d. 3), et que mis dions dans la traduction de CombeHs, ce Père se serait servi de cette espèce de vase : Citm faiem ditùittel in tret parUt.... tertiam parlem a aitmiba aurea depotitam, desuper tacrum atlan mpendit, ■ lorS([u'il eut divisé le pain en Irais parties, il déposa la troisième partie dans h driombe d'or, qu'il suspendit au-dessus de l'au- Id. ■ On trouTe dans S. Clirjsostome et dans Sedolius des allusions qui ne laissent guère de ^c#au doute : ces auteurs représenleiu le corps de ièsus-Chrisi sur l'autel comme revêtu du Saint- Etpht. c'esl -à-dire de la colombe qui en était l'emb|èrae : Sfnrifu âaiulo contatitum (Cbrysos. ftom. Bo.Adpop Antiodten.}. Sedulias {Epitt. ut) exprime la même pensée dans ces vers :

Nous ne manquons pas d'autorilés qui éta- Missent pour l'Église grecque, et même pour la {duparl des Églises d'Occident, l'usage de suspeâdrela colombe au eiborium (V. folliccia. De eacliariU. infirmor. 0pp. t. m. p. 44). Hais Hakilloo soutient que. dans les églises d'Italie, elle reposait sur l'autel même. Comment j était-elle GiéeT Cestce qu'il ne dit pas. Les textes anciens, suppléant à son silence.' nous semblent établir qoe la colombe y était renfermée dans une tour d'ujent. Eu effet, dans l'invenlaire si ex.icl qu'Anastase le Bibliothécaire nous a transmis des dons faits aux églises de Rome par divers peraxutages, la colombe n'est jamais oflerle sans la (onr qui en est comme le complément nécessaire. Ainsi le pape S. Bilaire donne a l'oratoire ou baptistère du Latran lurrem argenteam.... et co~ bmAam avream. Il est Évident que l'objet le plus précieux par la matière devait être le principal et probablement être renfermé dans l'autre. Constantin donneâ la basilique du Vatican pofenam.... mm ture et columha. Le pape S. Innocent, à une autre église, lurrem argenUam ciim columba, toujours la tour avec sa colombe. Hais que ces tours ne fussent pas suspendues, c'est ce qui ne nous ett nullement démontré. D. Martêne atteste que d» son temps encore une lour d'argent était fuipetidme dans l'église d'un monastère de Tours, et dans plusieurs anciennes basiliques de Rome, Botammenl à Saint-Clément, à Sainte-Agnès sur la nue Nomentane, à Sainl-LaurenI hors des murs. I^oos avons remarqué, en efTel, nous^néme, sous b coupole du eiborium de ces églises, une boucle de fer a laquelle était attachée la chaîne.

La plupart des antiquaires, entre autres Pellicôa{Ikpoia. ecelet. m. 57)etBottari (i. 66) nous sentUent confondre deux choses que les textes distingoent neltemenl, la colombe et le peritleritoK. L'étfmologie elle-même, indique asseï que

» — COLO

l'un était le récipient de l'autre. Husleurs liturgistes (V. l'arl. Ciborium) atlcstent que sous le eiborium était quelquefois un aulre petit baldaquin ou pavillon. Or nous n'hésitons pas à y reconnaître ce qu'on appelle le perûferium, itipiBrfpioï, ■ colombaire •, qui devait abriter et comme envelopper la t colombe, * nipior^px. Ces deux objets allaient ensemble, et nous TOjons, en 475, S. Perpetuus, évêque de Tours, disposer dans son testament, en faveur du prêtre Amalaire, d'un periiterium et d'une colombe : peritlerium et cotttmbam argenUam ad repatilorium. La définition de Du Cange (âJounr. latin, au voc. Columba) suppose, en outre, que la colombe contenait une autre pixide, et un texte ancien qu'il cite atteste que la sainte eucharistie était enveloppée dans un linge, in lintço mundo, et que le tout était renfermé dans la colombe. Tout ceci n'est pas sans quelque obscurité.

(Juoi qu'il en soil, il est certain qu'il y avait, dans l'auliquité, des tours où le corps de Notre- Seigneur était déposé immédiatement. C'est ce que supposent tous les liturgisles anciens. L'ancien sacramenlaire gallican, donné par Habillon {Mut. liai. t. I. p. 4S9), renferme une formule de bénédiction pour les vases sacrés où la tour est mentionnée comme parfaitement distincle des autres, du calic« et de la patène par exemple. Dans l'ancienne liturgie gallicane publiée par dom Harténe {Nov. thti. anecdol. t. v. p. 95) se trouve minutieusement décrit le rit de porter à l'autel la four renfermant le saint sacrement. La même cérémonie est indiquée incidemment par S. Grégoire de Tours : Acceplaque lurre diaconu», in qua my»lerium dominiei eorporii habebalur (De glor. martyr. c. uxxvi), • le diacre ayant reçu la lour, dans laquelle le mystère du corps du Seigneur était conservé. • Voici, d'après un ancien diptyque (Paciandi. De cultu S. Joan. Bapl. p. 389), une figure

qui donne une idée exacte de ce rit. C'est S. Etienne portant d'une main la tour eucharistique et de l'autre l'encensoir. [Voyez i l' article Prothèie, une figure représentant la même cèiéraonie chei les

COLO — 1

Grecs.) )fai« alsn mmis tenons poiir trèfl-vnisemblable que œs tours étaient sunnuitées d'une colombe; et les vases de cette forme seraient ntrèmement anciens, car ils auraient leur type dans les vases eucharistiques que les premiers chréliens conservaient dans leurs maisons. Nous en avons mple sur un sarcophage antique (Boltari. tav. m) où, aux pieds d'une 1 prière, est déposé un vase aiïectant â peu près la forme d'une ' tour, e( dont le couvercle arrondi est , surmonté d'une colombe. Voici cet intéressant monument. Des vases d'une nique et ajant aussi une colombe sur leur couvercle se remarquent dans une mosaïque du sitiéme siècle de Saint-ÂpoJIÎnaire de Havenne (Ciampini. Yel. moTÙm. t. ir. cap. M).

COLONNE (sthbole). — Dans les monuments chrétiens, la colonne isolée est ordinairement employée comme symbole de l'Église, qui est appelée par S.Paul (1 Timolh. m. Ib) columna et fimtamtntum veritatit. On voit dans Buonamioti ( Vetri. tav. iiv. n. S) un fond de verre où est représentée, entre deui personnages qui, selon toute probabilité, ne sont autres que S. Pierre et S. Paul, une colonne surmontée du monogramme du Christ ; sur une pierre gravée publiée par le P. Garrucd {Bagiogiypia. p. 9S3), la colonne, dont le fût est

forme «

orné de douze gemmes, symbole des douze apAtres, porte un agneau, el sur une lampe d'aigle trouvée kLyon{LeB]iiH. Ijucript. chrét. de la Gaule, i. ^61) une colombe. On sait qu'ici c'est Noire-Seigneur qui est symbolisé par le chrisme, l'agneau, la colombe (Y. ces trois mots dans ce Diclionnaire), et l'ensemble des trois compositions signifie, dans l'inlention des artistes, la fermeté el la stabilité que Jésus-Christ communique à son Église.

On a cru distinguer le symbole de Jésus-Christ lui-même dans des colonnes qui se voient aux quatre angles d'une peinture de voûte du cimetière des Saints-Harcellin-et-Pierre (Aringl]i. ii. p. 95), et au pied desquelles sont deux colombes qui élèvent leurs yeux vers elles. Nous croyons que c'est encore l'Église vers laquelle les colombes, symbole des fldéles, dirigent leurs regards comme vers le port du salut; on voit dans la même allilude

Page 1